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Twilipo

Quelques participations à la « twittérature ».

12-04-13

en réponse à @45car 12 Avr Se diriger tout droit vers les prolongations.

Se diriger vers tout, seul droit du papillon.


en réponse à @49car 12 Avr Après une semaine de débat le texte a été adopté.

Après musiques et samba l’avoine a été récoltée.
Après des années de célibat l’amour a été adopté.

26-04-13


en réponse à @47car 26 Avr Puisque la mort est la mise en abyme de la vie.

Puisque la rime est la mise en baume de la vie.
Puisque le mime est la mise en robe de l’envie.

29-04-13


Contribution au fil #eausanso sur lequel un concours pour les scolaires était organisé: écrire un tweet sur l’eau sans utiliser la lettre « o ». Voir aussi monocycle, écrit également sur ce fil.

Je vaux gués en pédale auprès de lac, haute dune, aure apaisée.


Réponse à @hacettepecna 29 Avr A votre avis twitter aura un effet positif ou negatif sur l’orthographe?? ,)

Posé la caisse t’y ont, ces lards: Aize ou Dreux ?

3-04-13


Homosyntaxisme sur une déclaration de J-Y Le Drian concernant G Le Guen.

«Le Guéant…C’est une dérive individuelle de favoritisme…Ça existe, on le savait. C’est un paumé qui devient ministre.» (J-Y Drille)

4-05-13


Contribution humoristique au fil #eausanso (voir plus haut)

Un uragan tut nir suleva la pupe du carg dans un bruhaha épuvantable. Le musse cryait se nyer. Le radi envya un SS.


3 réponses à @Lipodrom 4 Mai ‘ : Homéotéleute, paréchèse ou prosonomasie ? L’illustration de chaque mot comporte exactement les mêmes voyelles que celui-ci.

homéotéleute  – monter cette butte sans but nous rebute dès qu’on débute
parèchèse –  partent à part les parents épars séparés par paresse
prosonomasie  – prose d’Asie prise dosée

5-05-13


Réponse à une série de « Je me souviens » twittés par @fbon sur le thème des débuts de l’informatique.

Je me souviens de cette dame, « la perfo », qui tapait sur cartes IBM nos programmes en Algol 60. On lui disait merci dans les en-têtes.

7-05-13


Réponse à @49car 20 min Des salves de propositions infinitives en pâture.

Des salives de limaçons infectent rave et laitue.

15-03-14


Pantoun lipogrammatique sur les voyelles de « pantoun » en réponse à @RevuePantouns 11 mars #pantoun – au pont où ton tonton nu tanna ta tata, ta nana nota un pantoun pop #lipogramme

Sur l’atoll dormant court
Un paon au long dolman
D’art fol ornant sa cour
Tout brûlant va l’amant

29-03-14

Terine en bienvenue à @coquelimot @KalimSohan @anick_r

C’est l’amoureuse des mots
C’est un artisan du conte
C’est la voix communicante

Sur l’onde communicante
Vont se bousculant nos mots
Pour le rêve qui se conte

Quand se referme le conte
Dort brise communicante
Au cœur tinte l’or des mots

11-07-14

En 2011 Robert Rapilly initia la liste aux beautés du tærcœt : rime avec ligature, remplaçée dans les rimes suivantes par chacune des 2 voyelles. Voici un essai de tærcœt en twoosh.

« Pauvre dieu fou d’occire, onde abusant son œil,
Quand en l’obscure mer se coulait, Dylan Eil
Ton. » Et l’hôte étranger grave répondit « Oïl. »

25-11-14

Ces deux twoosh, le second lipogrammatique, sont des contributions à l’Oulipien de l’année

Mes livres non écrits ne sont point néant. En bibliothèque, mots, groupes, flottent en un vain remplissage, ils m’échappent. Ah plagiaires !
Mes textes errent, éléments et même sentences, emmêlés entre de délétères bêlements. Je désespère de les déceler. Hé, cessez de me répéter !

26-11-14

Pantoun adressé à @PantunSayangAFPà l’occasion du quarantième anniversaire de la présentation par  Simone Veil du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse.

Veil fit ce métier de ministre
En dépit des cris et rejets
Femme ris de l’hiver sinistre
Fière chéris les vents légers

27-11-14

Cette séquence vocalique sur a,e,u est une réponse à un message « Dimanche à st Lazare les pas se sont perdus » d’Hélène Verdier (@h_verdier), accompagnant une belle photo

pas perdus
halle du malheur
passe nuage sur gare musante
quand seul attends humant l’embrun

9-3-15

Réponse à ‏@aucoat «Manifestation d’‹oua›» un message du 8 mars dont mon poème sur o,u,a illustre la magnifique vidéo.

O fumant bord du lac
Où tantôt sur l’ajonc
Bruant sort un chant long
Qu’amour va modulant

26-4-15

Un exemple de damier «à la talipienne» :

il bâtit
fol rêve
avec son
fil doré

Un exemple de damier «à l’hidalgienne» :

tu bâtis
une rime
d’or ami
de l’ode

Le premier suit la contrainte que j’ai proposée. Le second est un okapi isocèle, proposé par @lautrehidalgo.

Voici une image faisant apparaître l’isocélisme de chacun et la structure en damier du premier:

deux-damiers

1-6-15

Réponse à l’invitation de Lucien Suel à composer un poème express d’après une page proposée sur son site

Mon amour
est plus fort
sur le seuil

Dans la grande salle
une main

2-6-15

Réponse à une photo envoyée sur twitter par Dominique Autrou sous le tag #ouphopo accompagnée de l’alexandrin « À Nantes aussi sont inhumés des mots en rond »

Plaque l’oreille au sol écoute écoute encor
Entends-tu circuler les langues souterraines
Des fluides incertains comme de longues traînes
Promènent ces appels qu’étouffe un noir décor

5-6-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné de l’alexandrin « sous le souffle du vent somnolaient les geckos ». Hélène ayant précisé que les geckos étaient malais j’ai répondu par un pantoun. Visible sur le site Simultanées d’Hélène.

Le mur est tiède le gecko somnole
Le rideau masque une secrète paix
Je contemplais reposant mon idole
Et ses yeux clos sur un mystère épais

16-6-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « las de b(r)onze ou de cendre, qu’auraient-ils pu se dire ? ».

Mes lèvres sont d’airain qu’aucun cri ne desserre
Mais quand je bois le vin dont chante la couleur
De mon regard éteint s’éveille une chaleur
Qui de ton cœur bleu ciel attise l’or solaire

17-6-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné de l’alexandrin « Aux lumières de lait vient s’embleuir la terre ».

La terre m’apparut mûre comme une orange
Exerçant la pression de ma ferme phalange
J’obtins de tous les bleus un céleste mélange
Qui peignit de douceur les épis et la fange

18-6-15

Réponse à @alexkimtran qui, à propos du Sankulipo, m’avait écrit « et le #sarkolipo ça existe ? ».

Ma République à moi c’est l’homme fraternel
Que n’ont pas culotté les grands de la finance
Contre l’Argent mon arme est libre impertinence
Pour partager le pain s’ouvre mon opinel

22-6-15

Réponse à Luc Comeau-Montasse (@aunryz ) m’écrivant : « il me souvient de http://wp.me/p5DYAB-MS  est-ce bien toi ? »

Oui, tu m’as reconnu sous mon palmier complice !
Les mots liés déjà m’ont comblé de délice.
Oulipote rencontre, amicale malice.

28-6-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Poétique de l’espace, et les anges montaient ».

Regarde l’homme en la cage où brille un jour noir
A l’échelle obstinant son élan dérisoire
Escalade en grognant comme un singe de foire
Pour caresser le ciel du fond de l’entonnoir

3-7-15

Réponse à un #ouphopo de Dominique Autrou accompagné du vers « L’ennui du roi dans sa métamorphose ».

Il lui manque deux pieds sa démarche s’entrave
Entre ténèbre et jour se fige son étrave
Fuyant l’armée de fous que la fureur déprave
Il pourrait s’envoler mais reste amer et grave

30-7-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Fantôme assis observant l’ombre des passants ».

Se recroquevillant au creux de l’encoignure
Celui qu’on ne voit pas qui ne fait pas de bruit
Me regarde et moi l’œil perdu dans mon défruit
Je n’aperçois qu’un mur indemne de fêlure

11-9-15

Adressé à Marie-Christine Grimard pour son anniversaire annoncé sur twitter :

Mes vœux tels le zygène à la fleur s’attachant
Au parfum de lavande ouvrant l’aile carmine
Dessinent de leur vol où le feu s’illumine
Une année de bonheur en de paisibles champs

11-9-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « ombres en partition entre clair et obscur ».

Peuple des mondes noirs, peuple des mondes blancs,
Ceux qui scrutent le ciel, ceux qui suivent leur ombre,
Dedans leur différence en tous points ressemblants,
Meurent de solitude en l’exil de leur nombre.

19-9-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « au droit de la lumière, ces colonnes dressées ».

La forêt des  vivants, immobile, l’enclôt
Dressant dans le silence un piège de lumière.
Et lui, qui s’éblouit à leur obscur halo,
Pesamment tend au ciel sa nudité de pierre.

23-9-15

Réponse à Bernard Maréchal qui avait écrit le 20 septembre «La doxa antique avait un IXE et la belle absente en eût été plus tordue, si c’est possible ! Chapô ! »

Vexant paradoxe !
Intox désaxant Xanthippe !
Climax explosif !

26-9-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Ville rose s’offrant au soleil ferronnier ».

L’échelle, le marteau, la tenaille, le clou
D’or honoraient un dieu souffrant, que pauvres aiment.
Mais sur le mur de sang, par un astre jaloux,
De ses prêtres le coeur fut montré, noir emblème.

2-10-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « du garde-corps seule l’ombre défie la rouille ».

Des angles surgira la bissectrice atroce
Les parallèles deux à deux s’accoupleront
Sinus et cosinus frôleront l’aviron
Figures rouilleront rongeant matheuse bosse

7-10-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « pampres et branches, rouges et Noir étreints d’automne ».

La grappe entre mes doigts pesait
et je sentis
La lourde tiédeur automnale
empourprer tendre
Mes tempes où s’était posé
couleur de cendre
Un battement d’aile aurorale
au ralenti

10-10-15

Réponse à un défi lancé par @Alexis_dfr à Jean-Yves Fréchette, lui proposant l’écriture sur twitter d’un abécédaire. Evidemment, c’est un twoosh.

A bu cidre doux et fut gris Ho ivresse jolie Kil litre magnum nous ouvrent porte qui rend soir tiède Unis vin whisky xérès yodlent Zoroastre 

26-10-15

Réponse à un tweet  de Roselyne Cros renvoyant à une page sur ipagination où elle propose de composer des « haïkus d’automne » sur le mot « potiron ».

A nos peaux tirons
Les rides crépusculaires
Lorsque vient l’automne

26-10-15

De nombreux tweets répondent à l’invitation, sous la bannière #6mots, à écrire une histoire en six mots. la participation ci-dessous vise à une réponse en twoosh.

-Anticonstitutionnellement ? -Constitutionnellement. -Constitutionnellement ? -Conflictuellement ! -Conflictuellement ?? -Incontestablement.

29-10-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « alors vint sur l’estran cette laissée de rouge ».

Il marchait sur les eaux scintillant en silence
Sa silhouette avait du ciel le bleu léger
Un doux sillon de paix longtemps se propageait
Mais son reflet luisait de sang et de souffrance

31-10-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « mâchoires déchaussées sur dune en déshérence ».

Ils voulurent bâtir l’escalier vers le ciel
Jour après jour ajoutant la pierre à la pierre
Mais nul n’a pu franchir la porte meurtrière
Qui laisse apercevoir le monde exponentiel

4-11-15

Un landay, en réponse au signalement par Christine Simon d’une belle page de « Nuit & jour » consacrée aux « Landay : poèmes anonymes des femmes pashtouns« .

D’un poème la femme ouvrira
Le mur de sa prison. Le soleil elle sera.

10-11-15

Un landay version twoosh.

strass quartz choix trop prompts feints trophées frustes
quels bruits qu’aient crus grands sphinx qu’on broie plomb pour diams c’est pschitt

22-11-15

Haïku en réaction à l’annonce de la cessation d’activité de Recours au Poème éditeurs, motivée par les attentats du 13 novembre à Paris

ami, dit le vent
les volets de ta fenêtre
ne les ferme pas

25-11-15

Après une erreur de date dans le Sankulipo, pour le jour dont le nom est « nèfle ».

Je suis venu trop tard
La nèfle avait passé
L’air fin dans mon costard
J’ai l’air du trépassé

26-11-15

Inspiré par un tweet de @lhebdoculture donnant une retranscription du chant du rouge-gorge qui se trouvait être un alexandrin repris dans mon troisième vers.

l’alexandrin se clame à gorge déployée
quand l’oiseau chamarré chante -obit ou coït
hic tic tic, tsi-ih, tsirlip tsit, tsirrilitsit
et dans mon cœur renaît l’âme ce jour broyée

26-11-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Levée de nuit et chouette lance un dernier chant ».

Blanc harfang va hagard, balançant chant glaçant.
Entends-le répéter des sentences démentes.
Il rit, dit script divin, ni inscrit, ni fictif.
Son long propos confond Chronos, Mort, plomb, flot d’or,
Sûr du futur : humus brut, tumulus, mur nu

3-12-15

Réponse à @bituur_esztreym qui avait écrit « carré en son recès / aède cantile courant de cédraie / à coudraie, âcre ».

Cantile-t-il, l’aède, aidé?
courant? carré?
Coudé cèderait?
Cédant, coudrait!
Que ressent-il en son recès?

5-12-15

Inspiré par « A spasso, a braccetto » publié sur son blog par Giovanni Merloni.

Ils m’ont marié avec la Peur
Il me faut apprendre à l’aimer
Devant la mire du snipeur
Grave je fume un calumet
Tenant la main que ne soumet
La morsure du froid rampeur

11-12-15

En réponse à un tweet envoyé la veille par Hélène Verdier, signalant une vidéo  « A la recherche du vortex »

le poète qui pleure en plaignant le poète
pleure-t-il en plaignant le poète qui pleure ?

12-12-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « au jour le jour jour après jour le délignage ».

D’une ligne tracée au secret de son coeur
S’écrivait en secret le chemin qui s’élève
Son solide bonheur était baigné de sève
O fracture ô naufrage ô silence vainqueur

20-12-15

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « traçant le ciel traçant les vents la cloche tue ».

il tombe du beffroi de sourdes vibrations
qui vous glacent d’effroi même l’oiseau sur l’arbre
se fige et le ciel blanc de cette heure de marbre
répercute en tremblant la fin d’une passion

1-1-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « rêves séléniques d’encycliques pensées ».

secret révélé       de l'ève éprise et sereine
terre enfin s'irise     et cette céleste reine
en cette glèbe si triste   imprime l'empreinte
de ses reflets inclinés      éphémère étreinte

( e/i format 5/7/5 // 7/7 // 5/7/5  )

1-1-16

Dans ma réponse aux vœux d’Hélène Verdier « On peut vivre sans contrainte / Bonne année oulipienne Noël » :

j’étais un cheval
mon galop fut entravé
je devins oiseau

12-1-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « c’était un temps de tant de mains déraisonnables ».

ta main court sur ma peau comme on effleure l’eau
faisant en moi courir une onde silencieuse
où ton reflet mouvant me paraît un falot
qui pénètre la nuit d’une âme tortueuse

25 et 27-1-16

Inspiré par le Sankulipo du jour , @alex_krbo m’avait envoyé le mini tercet

Sorti des fers
Saucé au verre
Stylé d’enfer

Ma réponse lipogrammatique fut la suivante :

Serres de fer
Esse sévère
Stèle d’Enfer

« Satan d’Afar »
Sassa savant.
« Stalag fada ».

Sort tord dos fort :
Osons sot vol.
Stop. L’or fondons.

Sûr, tu fus dur
Sur un cru, vu
Summum du fût !

Sir T. dit « fi ».
Ici vit riz,
Strict litchi frit.

27-1-16

A @fourmiune  qui m’avait écrit

humides
des rivières d’amour
remuent
ma douve amadouée
d’ouvrière dévorée

j’ai répondu :

rivière moirée
où rôde âme dérivée
d’amour irradiée

10-2-16

A @novellabbassano qui avait écrit

« Livre d' Histoire:
en ce jour de l' an 2016
un gouvernement de « gauche »
inscrivit dans la Constitution
les outils de répression
nécessaires à la dictature
d' extrême droite
qui lui succéda »

j’ai répondu :

de leurs mains peureuses
ils ont fabriqué des armes
enfanté la mort

10-2-16

Anniversaire de la mort de Pouchkine

ce n’est pas l’amour
qui fait taire le poète
c’est la balle au ventre

25-2-16

Après une absence prolongée de Twitter

Joie de vous rejoindre !
Dans mon baluchon : soleil,
Parfum de garrigue.

26-2-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « il faudra bien un jour canonner les horloges ».

Comment sans le concours de quelque bouche à feu
Tuer le temps -cet inquisiteur implacable ?
Il débranche mon âme, il m’enserre en son cable,
Il gouverne mon pas du fond de son enfeu.

26-1-16

Réponse à un #ouphopo de Dominique Hasselmann  accompagné du vers « Madame Azoulay frappait d’emblée un grand coup. ».

Pour un art abordable
Réduisons nos alex
andrins. Plus de retable.
Sortons le Rolleilflex.

14-3-16

Pour le Pi Day ( écrit 3.14 aux Etats Unis )

Set reçu à tinel, gère une manip : pi n’a menue règle, ni tau, certes.

16-3-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné de l’alexandrin « Ô ciel restant de marbre aux offrandes muettes ».

Deux vasques. L’une au ciel ouvre éclose sa fleur,
L’autre inclinant son col se referme frileuse.
L’une que ronge un flot d’amour et de chaleur.
L’autre éteinte à jamais dure, indemne pleureuse.

22-3-16

Réponse à un quatrain

« Fringante reine
Que rien ne freine
Feignant la peine
Défait sa traîne »

qui m’avait été adressé par @alex_krbo .

Feignant la rage,
Défait suffrage :
Fringante page
Que rien n’outrage.

16-4-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « vent d’ouest, prendre le large cap vers les bleus ».

en vain je fis un signe au vaisseau de silence
qui suivait sans me voir un cours mystérieux
invisibles des fils le reliaient aux cieux
et cette lente nef allait sans turbulence

14-5-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Comment est-ce possible mais pourtant ça l’est ».

Dans le granit nous ciselions la cathédrale.
Plus que le ciel nous éleva, cime d’azur.
Notre âme y sentit l’effleurer un souffle pur,
Mais la Lumière apparut, faille gutturale.

6-6-16

Réponse inspirée par une photo jointe à un tweet de Dominique Autrou.

Oh les belles couleurs des chemins divergents
Qu’il te faut arpenter parmi les blouses blanches,
Masquant d’un rire fier que tu souffres et flanches.
T’escorte pour toujours l’odeur des détergents.

23-6-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Franges du Bray, es war fünf Uhr à l’aube rouge ».

Quand la plaine était noire et l’arbre calciné
Mon œil mort a cherché dans le halo céleste
Un début de réponse au tocsin qui sonnait
Le feu me souffla danse et t’envole et proteste

23-6-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « En prismes et biseau un éclat d’arc-en-ciel ».

Le monde que j’observe à mon carreau biaisé
Révèle entrelacé dans l’amère grisaille
Un filet de couleurs fraîches comme un baiser
Et ma géométrie à cet éveil tressaille

26-6-16

En réaction à un texte de Giovanni Merloni, réagissant lui-même au Brexit.

Europe

Etrange créature oeuvre d’un bel amour
On trouve au lieu de mains caressantes le ventre
Se substitue aux yeux cette bouche égocentre
Elle va dévorant ses pères imprudents
Dont la berceuse s’est éteinte pour toujours
Car en place du coeur ils lui ont mis des dents

1-7-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « gorges psychédéliques des cœurs de pavot ».

Astronome cherchant en vain la verte étoile
En corolle ton ciel se creuse et t’engloutit
Pour toi pauvre artisan d’un monde inabouti
De l’abîme empourpré le secret se dévoile

8-7-16

Annonce de mon absence pendant les congés d’été.

Demain rejoindrai les cohortes lentes
Torrides chemins obscure forêt
Fêtes au gré de haltes nonchalantes
Rares instants où joyeux vous lirai

10-7-16

Un palindrome et son exégèse.

Panem et foot:

 » Eli gagnera, hélas, euro : morue sale hareng agile. « 

exégèse :

Seul Dieu sait le résultat
Car chacun dans cette nasse
Empêche que l’autre passe
Et c’est pour tous la cata

29-8-16

Pour annoncer mon retour sur twitter.

Aujourd’hui revenant des cimes solitaires
Retrouver tant d’amis quand j’ai rouvert twitter
M’a comblé d’un bonheur que dieux ne feront taire

29-8-16

En réponse à un message de Brigitte Célérier dans lequel nous avions vu l’annonce d’une interruption de son site Paumée

Elle qui marchait va s’asseoir
Eux qui ont lu tant de lumière
Lui disent merci reste fière
Et goûte la brise du soir

21-9-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Commencer par Alger puis finir par Tokyo » et annoté d’une mention « aeiou » qui a donné la contrainte.

Dans le sillon brûlant de l’inconnu aller,
Licou cassé, griot hurlant teint d’or du sable,
Importunant les ripoux, valets, pions mutables,
Vif, courant vers l’introuvable ilôt. Nu, baller.

21-9-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « retour d’enfance au jeu de l’herbe follement ».

Enfin mais, aujourd’hui, l’herbe, qu’est-ce qu’elle a ?
Ce chahut de couleurs, d’ondoyances crissantes
Emmêle au ras du sol des roseurs indécentes.
Son ris zinzibulant cingle mon calme plat.

30-9-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « grand chêne vagabond dit ses derniers saluts »

ils se tinrent blottis sous la ramure immense
dans cette ombre mourante à l’humide splendeur
perçant la froide écorce à la pesante odeur
ils sentirent le feu d’une intacte espérance

30-9-16

Réponse à une photo mise sur tweeter par Dominique Autrou

ma ville est une pluie
ma ruelle a la larme
mon lampadaire essuie
le sang gris de son arme

le trottoir a déteint
le volet sa filoche
abat mais ce mur cloche
bleu qui tous nous repeint

2-11-16

Twoosh lipogrammatique posté à mon retour d’un long week-end

ma disparition pour la toussaint
hormis la parution d’un bigollo par jour impair
a fini aujourd’hui
ravi amis d’ouvrir vos twits foisonnants

2-11-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Veines noires battant sous le sang des forêts ».

Jouait votre or léger dans les rais de lumière
Dans la brise en riant s’envolait généreux
Je vous aimais et puis d’un coup tout sonna creux
L’amer flot de la mort coulait dans vos artères

 14-11-16

Encouragement adressé à Hélène Capel qui dans un tweet m’annonçait relever le défi d’écrire des poèmes en 140 caractères ( donc des « twoosh » ) Ce texte est un sonnet twoosh.

arrivant
au défi
de l’écrit
va rêvant

te souhaite
y saisir
le désir
et la fête

persévère
à ce jeu
courageux

et fière
vole sur
vent d’azur

19-11-16

En réponse à un défi d’Hélène Capel sur twitter, un twoosh (texte de 140 caractères) lipogramme en e :

de l’érèbe se décèle l’enflement de l’éternel regret d’éphèbes blessés en ces rêves désespérés et le vent sème en terre les serments rejetés

21-11-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Il fallut bien panser les plaies, penser les plaies ».

Comme elle est transparente et comme elle est fragile
La voulant visiter d’un élan trop brutal
L’effleurant déchira son derme de cristal
Fêlure d’où se perd la lumière hémophile

25-11-16

Réponse à Ingrid Valencia qui m’avait écrit sur twitter « un murmure, un billet, une paupière, l’après-midi »

le vent, le chemin, la lumière, le temps

30-11-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Noël bientôt et il pleuvait des flocons rouges ».

Parachevant paroi, paradent parapluies.
Parallèles parcours : pari paranoïaque !
Parsemés par parvis, parfaites parhélies
Paraissent parodier pardon paradisiaque.

10 -11-16

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Lançant au ciel l’épervier roux de sa ramure ».

libre se rit du glacis cotonneux la ligne
qui court mutine électrique et qui fuit
trop tard arborescent la happe la grafigne
un sanglant entrelacs qui mord et la détruit

30-12-16

Beau présent adressé à Hélène Verdier qui m’avait envoyé un message sympa le jour de Noël

hélène réveille
le rire d’hiver
enlève ire vieille
livre rêve en ver

4-01-17

A Giovanni Merloni

a celui dont les poèmes vibrent d’amour
je souhaite un pays aux chaleurs accueillantes
qui retrouve le fil des amitiés riantes
où la colombe enfin nous refera sa cour

5-01-17

A Brigitte Celérier à propos de son blog du jour citant la Disparition de Perec :

Quand Tryphiodorus ouvrit son siphon
Du lavabo tout coula jusqu’au fond

13-01-17

Ajoutant ma voix à quelques messages en acronyme itéré sur le nom de Lucien Suel, voici un petit hommage adressé à ce dernier :

sondant un étang lumineux
sur une épave louvoyante
sourit une étrangère lente
soir ultime écho laguneux

22-01-17

En réponse à Jacques Perry-Salkow qui avait posté une belle anagramme « Le revenu universel / Sur un rêve en veille »

seul un vérin relève

puis

vin élu n’use le verre

8-02-17

Avec 3 jours de retard (4 février) palindrome pour les 117 ans de Prévert:

Né de là, si rien n’oit à votre ver, Paris étonne si mis en notes. Ira Prévert ovationné : irisa l’Eden.

8-02-17

A Marie-Noëlle Bertrand qui avait twitté un beau ciel pour Aslı Erdoğan

Passe le rivage
Nulle crainte du nuage
Poursuis ton sillage

8-02-17

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Le cœur gelait à fendre l’âme du grand frêne ».

De mon arme de fer j’ai pénétré ton corps.
J’ai déchiré tes chairs en fragments gémellaires.
Je cherchais le secret de tes charnels accords
avec les vents bleutés. Rien. Deux croix solitaires.

28-02-17

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Au seuil des giboulées un champ de sorgho sec ».

fiers vieillards oubliant la soif et la disette
ils dressent le rempart d’une intacte vigueur
devant cet envoyé doux brumeux zigzagueur
sachant le glaive à nu sous la belle grisette

1-03-17

twoosh #6mots gentils à l’intention de #DonaldTrump

antiségrégationnismes désemberlificoteraient pseudo-incompréhensibilités contre-révolutionnaires psychopathologiquement inconstitutionnelles

11-03-17

A Isabelle Pariente-Butterlin qui avait annoncé sur twitter la mise en ligne sur son blog d’un épisode de sa série Renaître ( premier mouvement)

un instant la note
pianissimo fait vibrer
notre firmament

21-03-17

Commentaire en réponse à celui de Brigitte Celérier à mon poème pour la Ronde de mars 2017 mis sur le blog de Guy Deflaux « La plume et le plomb »

à l’échafaud du résistant monte le chant
l’espoir qui se module et se déploie et vibre
quand le corps se défait la salve le fauchant
poursuit vers après vers son déferlement libre

23-03-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Sur les ports étalés j’amarrais les nuages ».

Ils étaient assemblés droits massifs et moroses
Pour eux le guitariste aux mille doigts légers
Lança l’onde fantasque aux rythmes insurgés
Fleurissant leurs yeux gris d’amélanches écloses

28-03-2017

Participant à une pétition « Fermez tous les comptes qui tweetent des menaces de viol envers les femmes ! » retransmise par Jacques Perry-Salkow, j’ai copié sur twitter le commentaire que j’y avais laissé. C’est un twoosh monovocalique.

Les mecs déments entêtés d’enfermer les femmes en serves femelles se révèlent de ternes déchets, près d’être rejetés en l’éternelle géhenne.

30-03-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « paupières d’airain noir sur un monde en biseau ».

leur vie est découpée en cases qui s’ignorent
nul de ce puzzle faux ne discerne la clé
assemblant des lambeaux que la nuit vient cercler
eux de leur œil myope aperçoivent l’aurore

07-04-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « diagonale des roses au coupant du matin ».

regarde bien regarde le monde à l’envers
ton oeil laissant de biais un peu de chair l’éprendre
au travers baignera dans l’absurdité tendre
où s’anime le glas d’espaces trop ouverts

25-04-2017

Réponse à Brigitte Celerier décrivant sur son blog Paumée « la lente et difficultueuse entrée d’un éléphant de bois dans le Musée lapidaire (oeuvre d’Andries Botha) »

au milieu d’une jungle où rôde le chacal
le géant de bois clair balançant une trompe
pose sur moi son doux regard patriarcal
ma peur et ma douleur à sa chaleur s’estompent

27-05-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « déroulèrent au ciel mille langues secrètes ».

élève-toi sors de l’ombre lève la tête
myriade anonyme à l’espoir indistinct
ton chant de bouche en bouche enfreint la loi secrète
qui te courbait la nuque et gravait ton destin

8-05-2017

A l’approche du deuxième tour des élections présidentielles.

pour la fraternité votons contre la haine
le lendemain menons un combat résolu
pour l’égalité contre un détestable élu
la liberté se gagnera malgré la peine

4-05-2017

A Floriane Austruy qui avait écrit « On fête les Floriane, et J’attends en secret ! »

elle  a paru   dans   sa robe   de fête
sur son chemin   les arbres fleuris
inclinaient   leur feuillage neuf
sur   le   sable   sa   sandale
imprimait des mots   tendres
le   vent   les   répétait
à   tous   les soleils
  elle    avançait
ouvrant grand
ses   yeux
neufs

4-05-2017

A l’approche du deuxième tour des élections présidentielles.

La louve blonde entre ses dents crache la boue
Arrêtez le bras fou qui veut un flot de sang
La griffe qui meurtrit la serre qui écroue
La bouche qui salit de son verbe indécent

13-05-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Au déplié des pierres amortir les nuages ».

dérive lentement un navire de pierre
indifférent à cet immense enfer gelé
où des corps nébuleux qu’on cesse d’appeler
immobiles danseurs boivent l’ombre dernière

25-05-2017

A Dominique Autrou ( @aucoat ) lors d’une discussion sur twitter concernant les contrepèteries, et mentionnant aussi le Pont de l’Alma, où Dominique avait cité la liste Oulipo comme un lieu propice à leur élaboration.

La belle au zouave dit « Crue dense près du pont »

7-06-2017

Réponse, en holorimes interne à la 6-4-3-2, à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « De ta bouche sans voix tu nous hélas en vain ».

L’âme en terre en tas, là, l’amante errante alla.
 » Ah fume, rôt. Las : fut, meurt. Oh la fumerolle ! »
Ah parole à part haut la pare. Ô l’appât : rôle ?
Elle, assez lasse hélas, héla… scella… céla.

25-06-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Enjolivant nos vies nous bouclerons les bâches ».

de ce cheval de braise au naseau frémissant
à l’envol véhément on a plié les ailes
contenu sa fureur de capots de ridelles
d’une chape sanglé va bel et quiescent

30-06-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « S’armèrent d’un compas pour repeindre le ciel ».

nous avons écarté les rebords de la nuit
terribles ciseaux noirs où notre âme se clive
dans l’instant suspendu notre rêve dérive
on aperçoit le signe et l’on vole vers lui

28-07-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Silence de cristal sous le passant du pont ».

Nous nous sommes croisés, transparents l’un à l’autre,
Et la lumière à flots jouant autour de nous
Nous fit aveugles, froids, avançant à genoux
Seuls, récitant sans voix de pauvres patenôtres.

7-8-2017

Lors d’un bref passage sur le réseau :

en ma courte escale
le plaisir est toujours neuf
de vous retrouver

18-8-2017

En réponse à une anagramme de Jacques Perry-Salkow « Les suprémacistes / Esprits émasculés » faisant référence aux événements survenus cet été aux Etats-Unis :

Klan aide Trump :
Tank déplia mur

18-8-2017

Lors d’un bref passage sur le réseau :

je reviens de loin
bientôt je repartirai
que vos voix sont chaudes !

4-9-2017

Lors de ma rentrée sur le réseau

le cercle d’amis
la place que je retrouve
le bon feu de joie

4-9-2017

En réponse à @plinous qui avait écrit : « Pour moi, l’oulipo a toujours constitué une bonne définition négative de la poésie. Ici, la nuit s’alourdit après « mort. » »

Le poème, ô, aime.
– Négatif ! ( hâtif )
Défini. Fini.

Constitue : y tue
l’oulipo.
Lit.
Peau.

6-9-2017

En réponse à @aliensh qui avait annoncé la soutenance de son deuxième master :

s’exilant de l’éden où l’on doit se soumettre
dans la steppe arpentant le roc mètre par mètre
ils cherchent l’eau sans rien devoir sans rien promettre
la faim les ronge mais ils savent qu’ils sont maîtres

5-9-2017

Journée d’aise en saignant

12-10-2017

Dans le hashtag #3mots

Aile, mât, souris.

9-11-2017

En ce jour où les twits peuvent atteindre 280 caractères, un twoosh :

Entrouvrir le frigo se verser une bière
S’asseoir en ce fauteuil qui soutient les lombaires
Savourer chaque instant sourire et puis se taire

suivi du commentaire :

… car je pense qu’un #twoosh restera toujours à 140. Comment s’appellera donc le #280 ? #twinsh ? Bof, a-t-il quelque intérêt littéraire ?

11-11-2017

#anagramme dédiée à ceux qu’il impatiente :

Chatouillons
Nicolas Hulot

23-11-2017

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Sous les chapes de gris dardées de mille pierres ».

sereine elle a paru majesté de souffrance
dans son corset d’orgueil en silence elle allait
la foule bourgeonnait tourbillonnant ballet
que fendait la splendeur d’une altière espérance

27-11-2017

Pour relayer un message de Jacques Perry-Salkow « Podcast du Vivarium de palindromes dans la Danse des mots sur RFI http://fr-fr.radioline.co/podcast-danse-avec-les-mots-rfi …  » cette anagramme :

Le vivarium de palindromes
d’un vampire d’or visa le miel.

( Egalement posté sur la liste Oulipo )

1-12-2017

Jacques Perry-Salkow m’ayant remercié pour l’anagramme ci-dessus, je lui ai répondu ceci :

Eh, merci plutôt de ces
tempêtes : l’écho du cri !

6-12-2017

Jour de la mort de johnny Hallyday. Une anagramme :

Jean-Philippe et Johnny sont morts ô nuit cruelle.
Nul jet ni joyeuse strophe : pilonné, il rompt chant.

7-12-2017

A deux twitteurs amoureux d’Oulipo, qui s’étaient querellés à propos d’une question d’antériorité concernant mon anagramme sur Jean D’Ormesson, juste décédé :

Désolé de votre altercation
Ecrire est pour moi source de joie
Dans nos yeux que la flamme rougeoie
Fraternelle en commune passion

10-12-2017

Réponses à un « ironème » de Bernard Maréchal « L’avalé de larves, en sa voix. »

Non loin de là va laide Lise : erre.

La mort, hyène, est là tard, hante : aise.

21-12-2017

Pour le passage à l’hiver :

Solstice d’hiver :
Torches livides.

23-12-2017

Participant à un échange de vœux lancé par Lucien Suel :

A mon tour je vous souhaite en ce moment de liesse
De goûter la chaleur la paix et la tendresse

21-12-2017

Participant à un échange de vœux lancé par Giovanni Merloni :

qu’à vos larmes fonde
la glace et que vos yeux tendres
voient enfin le feu

1-1-2018

En réaction à une phrase trouvée dans les vœux du Président de la République, demandant à chacun de se demander chaque matin ce qu’il peut faire pour la france :

#questcequejepeuxfairepourlepays réponse pour quatre matins :

Contribuer à le débarrasser de ses parasites
Démasquer leur serviteur mis à la tête de l’Etat
Avec tous ceux qu’ils veulent asservir relever la tête
Abattre les temples de l’argent bâtir celui du bonheur

4-1-2018

Réponse à un #ouphopo d’Hélène Verdier accompagné du vers « Vertige des cimes dessus la mer de craie ».

l’œil dans le vide il cherche un amour en allé
ô lumière qui fut chaleur et qu’un vent givre
plus un signe au feuillet arraché de ce livre
mais la brisure nette et le gouffre gelé

4-1-2018

A Novella Bonelli-Bassano  dont je découvre tardivement le retour sur twitter.

Ton retour je découvre avec tant de retard,
Mais surtout avec l’ivresse du bonheur rare
Quand on retrouve enfin celle dont le regard
Rend le monde si beau que les oiseaux s’égarent

7-1-2018

Anagramme à l’occasion de l’anniversaire de Francis Poulenc.

Les Mamelles de Tirésias
Liesses ! L’âme met là désir

10-1-2018

Pangramme un peu long ! Mais qui reprend tous les mots d’une phrase célèbre. Ecrit après l’annonce d’un jugement condamnant une Femen pour exhibition.

Ce vieux juge, de femme ayant poitrine nue,
Fumant de rage, a fustigé l’exhibition.
Son whisky bu, porta l’estoc avec passion.
Devinez qui est blond : la réponse est connue !

10-1-2018

Après le signalement sur twitter par Françoise Gérard d’un billet sur les premiers voeux d’Emmanuel Macron.

Hier Napoléon
Le Petit. Vient aujourd’hui
Pétain le Microbe.

17-1-2018

Anagramme écrite le jour de l’abandon de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

Notre Dame des Landes :
Sol d’Eden rasa dément !

18-1-2018

Quatrain accompagnant le relais d’un message de Giovanni Merloni signalant son bel article « Suffit-il d’une visite à Auschwitz pour apprendre à combattre la banalité du Mal ?  »

Le Mal en ses grands bras berce l’âme en chantant
Et l’enfance malade, en sa messe d’antan,
S’attrape à sa caresse. Hélas elle l’attend,
La charrette de l’ange avançant dans l’étang.

1-2-2018

Pour relayer l’annonce d’un article d’Hélène Verdier Confrontations, Irving Penn, Francis Bacon, Paul Rebeyrolle de la citation en peinture et en photographie :

des visages
dévisagent
des vies âge

1-3-2018

En réponse à @franceculture annonçant le printemps des poètes :

Le Printemps des poètes ?
– Délit : pompe tes pensers !

8-3-2018

En réponse à @anthropiatweete qui avait répondu négativement à un twit par la phrase « Suis encore en cours, je décline » :

Le soleil suit son cours il décline il s’endort
Dansent les amoureux sous l’astre au croissant d’or

10-3-2018

Haïku accompagnant le relais d’un message de Giovanni Merloni signalant son article «  Le Calame ou l’Art de la Paix dans l’œuvre de Ghani Alani» :

danse du roseau
rire des volutes d’encre
déploiement de l’âme

16-3-2018

Commentaire accompagnant le relais d’un fait divers rapporté par Dominique Autrou :

pour l’homme qui souffre
l’instant d’un pauvre sourire
a le bleu d’un ciel

19-3-2018

Haïku bivocalique accompagnant le relais d’un message de Brigitte Celérier signalant son article du jour «  paumée: Musique dans l’après-midi» dans lequel il est question de J.S.Bach :

Bach déplace l’âme.
Lancé, l’appel caressant
Réfracte l’enfance.

19-3-2018

Haïku accompagnant le relais d’un message de Novella Bonelli-Bassanno en hommage àMarielle Franco militante des droits de l’homme assassinée le 14 mars au Brésil :

la femme fauchée
nuit noire sur un pays
mais les poings se lèvent

23-3-2018

Anagramme à l’occasion d’une déclaration stupéfiante de Philippe Pétel, doyen de la fac de droit de Montpellier, soutenant une action violente aux relents d’extrême droite au sein de son établissement :

Philippe Pétel, doyen de la fac de Montpellier.
Le dol pénal cède fol myrte de Philippe Pétain.

25-3-2018

Tanka en réponse à Lucien Suel qui avait posté « Ne pas confondre le dasein et les lasagnes. »

m’étant régalé
ce soir d’un terme du choix
repu je souris

jusqu’aux profondeurs de l’être
l’or des tomates m’inonde

3-4-2018

Lors du début du long mouvement de grève des cheminots.

dans la nuit de glace
salut à vous cheminots
claire est votre flamme

5-4-2018

Réaction à l’interview d’un dirigeant de la SNCF.

Ils ont décidé
Que l’ »usager » devient « client »
Tout un peu plus meurt

5-4-2018

En réponse à @_nils_ qui écrit « Je n’ai jamais aimé les petits pois carottes. Notez l’alexandrin de l’assertion présente. »

Pourtant, quand l’ouvre-boîte tourne, quel plaisir !
Un doux parfum sucré traverse la cuisine.
Il vient de sa fadeur caresser la narine
Et s’entrouvre une lèvre humide de désir.

5-4-2018

Lors du cinquième anniversaire de mon inscription à Twitter.

alors ça
twitter m’en prévient
cela fait tout juste cinq ans
que j’ai fait partir mon premier et timide tweet

c’était juste
pour participer
à votre concours @LesLivreurs

depuis lors
la twittérature

me possède

A ce bigollo, @Wanatoctouillou a réagi en écrivant « Ne te laisse pas séduire ! ». J’ai répondu :

Je me suis laissé séduire,
mon œil a lui de fièvre,
j’ai tendu les bras,
ouvert la bouche.
J’ai suivi
la belle
ombre.

6-4-2018

A la mort de jacques Higelin

Jacques Higelin
lâche jigs : quine.
Qui ? – Lâche, j’en gis.

13-4-2018

Après la conférence du Président de la République à la Conférence des Évêques de France.

L’Emmanuel met
La République en marché
Prêtre, dis amen

Prosterne-toi devant l’Arche
De la Nouvelle Alliance

23-4-2018

Répondant à l’invitation suivante de Jean-Yves léopold « Voici les rimes de ses huit vers, imaginez mon poème ! faites-moi part de vos idées !… je tweeterai ensuite mon petit huitain 🙂
mille ans
jours
m’appela
abîmes
changeants
sublime
lourd
tomba »

j’ai rajeuni de mille ans
sont revenus les beaux jours
quand une voix m’appela
la voix montait des abîmes
et dans ses accents changeants
le parfum d’un vent sublime
chassa mon nuage lourd
lors ma colère tomba

23-4-2018

Inspiré par une page émouvante de giovanni Merloni, annoncée sur twitter : « Avec le temps (Col tempo sai…) »

et pourtant des splendeurs
et pourtant un regard humide et bon

au vieux cerisier moussu
le fulgurant envol des pétales tourbillonnant
dévoile ces discrètes rondeurs au vert tendrement nimbé du premier soleil

3-5-2018

M’introduisant dans un échange d’anagrammes de « Mille neuf cent soixante huit » entre Jacques Perry-Salkow et Elle Bruxe

Titis en niche ont allumé feux.

4-5-2018

Plaisanterie ajoutée dans le fil #6mots

Doux poucaillou, nix hibougenou chourava joujoubijou.

9-5-2018

A propos d’une décision hallucinante de D Trump juste après une visite de E Macron. (Une version corrigée a été mise dans le Journal).

Freluquet se pensait le maître de l’enfer
Et croyait des sermons donner à Lucifer
Celui-ci caressant de sa patte de fer
Son fessier lui aura leçon cuisante offert

16-8-2018

Après une longue absence liée à l’organisation du concert Memorial dans le cadre de l’opération VoCE 2018.

ivre d’avoir chanté de cent bouches ardentes
la mort et la chaleur la terreur et l’amour
je reviens avec vous goûter le point du jour
dont le feu danse avec les fous et les démentes

17-8-2018

À theOldpc qui avait répondu à mon message de bienvenue « Merci ! On peut se désaltérer d’emblée par hasard ? »

Par hasard t’attablant,
Passant, chantant sans fard,
À grands hanaps sablant,
Abats l’antan blafard.

21-8-2018

Après la mise en ligne par Dominique Haselmann d’images prises en Angleterre, au bord de la Cam.

jappe la cane
flâne la rame
passe la Cam

29-8-2018

Anagramme après la démission du ministre Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot :
Là l’oison chut

10-9-2018

Anagramme après la démission de la ministre Laura Flessel.

Laura Flessel ?
– Las, le fer l’usa.

11-9-2018

Anagramme pour signaler la disparition de l’émission « Des papous dans la tête » de France culture.

Tel peste, posas Dada nu.

11-9-2018

À @_nils_ ayant répondu à l’anagramme ci-dessus « À repasser ou à lisser ? ».

Avait don : croisait le fer en paix.
Ave, donc, roi ! Zèle fait ramper.

19-9-2018

Après la mort de Marceline Loridan-Ivens.

Marceline Loridan-Ivens :
Vol, ne dis ni race ni larme.

21-9-2018

Lors de l’annonce d’une pétition contre les appels à la haine raciste perpétrés par l’objet de l’anagramme.

Eric Zemmour,
cru, mime zéro.

21-9-2018

A @Faustruy dévoilant sa nouvelle photo.

de l’étoile a mué le scintillement d’ors
du marin l’astrolabe elle affole et déroute
sous un vent saturé de parfums qui l’envoûtent
il accoste sur l’île où le rêve prend corps

26-9-2018

M’amusant de la copie par @pottebonneville d’une proposition de Pôle Emploi à une graphiste : « pour peu qu’elle soit « calme, terre à terre » et ait le sens du contact, une carrière l’attend – dans les Pompes Funèbres. »

de marbre quand le froid vous mord
ne mordez jamais la poussière
cela sert d’être terre à terre
pour devenir un croquemort

1-10-2018

A la mort d’un grand chanteur.

Charles Aznavour
n’usa l’or. Va chez Ra.

4-10-2018

Palindromes anagrammes.

Trop sauté ma rue, tôlé. Macron, étalé là, ténor, cameloteur, âme tua : sport.
Et on a mal. Ô roué, le mac. Très trapu, têtu, part sert : camel… Eu or, ola ! Ma note ?

6-10-2018

Le tableau du peintre Banksy s’est autodétruit juste après sa vente pour une somme énorme chez Sotheby.

Banksy s’autodétruit.
Bouts d’art : ska tue yin.

6-10-2018

Mort d’une grande chanteuse classique.

Montserrat Caballé,
ta clé, l’art, n’a sombré.

5-11-2018

Anagramme

Itinérance mémorielle :
Macronie élimine l’être

6-11-2018

En retransmettant le « Paumée » du jour de  brigetoun https://brigetoun.blogspot.com/2018/11/en-quete-de-petits-sourires.html?spref=tw

elle apprend le geste 
l'image devient magie 
l'amour fait le reste

9-11-2018

En réponse à rusdaboss  qui me demandait si je laisais l’anglais.

Once upon a time
Write English I would
Alas only could
A nursery rhyme

9-11-2018

En réponse à _Thalyn_ qui faisait part de sa découverte grâce à moi des pangrammes

Thalyn, boxez doc, vamp, squaw, fakir, juge !

13-11-2018

Après avoir signé la pétition pour la libération de Ahmet Altan, romancier et journaliste turc, condamné à perpétuité par Erdogan.

Erdoğan matera tous les écrivains libres.
Rude, gobe Altan sans lire : savoir est crime.

14-11-2018

Annonçant mon départ pour Berlin, pour l’achèvement du projet VoCE 2018 :

Quatorze – dix-huit :
Demain je pars à Berlin
Chanter pour la paix.

Dans cinq jours, à mon retour
J’espère être un peu meilleur

22-11-2018

Après avoir signé la pétition pour sauver l’Aquarius :

Au fond de l’enfer
Des héros se sont levés
Pour que vive l’homme

24-11-2018

Anagramme adressée à J. Perry-Salkow

Maman ! Gare !!
– … ??
– Anagramme !!!

26-11-2018

Adressé à ElleBruxe et Souris_Verte dans un échange d’anagrammes sur « Les violences domestiques »

Élimine de sots coqs veules !

26-11-2018

Anagramme adressée à aucoat retransmettant une photo de cjeanney présentant sa phrase « Il n’y a pas d’étrangers sur la terre »

Gaillard entre sans payer ? – rustre !
L’aryen gras l’usera très net, pardi.

27-11-2018

A mon retour de Berlin

à mon retour quel bonheur
d’enfin       dévisager
les belles figures
à qui la ronde
des amis
donna
vie

28-11-2018

Dans la fil « 6mots »

livre
table
chaise
lampe

immobile voyage

30-11-2018

En retransmettant le « Paumée » du jour de  brigetoun « Pourquoi continuer »

navette de haute lisse
elle vient elle va
elle continue
obstinément
à tisser
un fil
d’or

4-12-2018

A propos d’un moratoire, annonce ministérielle face au mouvement des Gilets jaunes :

Un moratoire ?
Roi mena tour !

puis, relancé par une réponse de @sourisverte « Tour romaine, amer tournoi… »:

Manoir outré !

et à une exclamation « Mortauxcons ! » de @dhasselmann

X : Macron, oust !

7-12-2018

Catastrophé par la fin misérable de l’Aquarius :

L’aquarius abandonné.
Quand ban, noirs à l’eau.

7-12-2018

Palindrome bi-twoosh (2 fois 140 caractères) précédé d’une exégèse :

Lentement vient au jour tout écrit oulipien
Mais quand son vol se prend et glisse mieux que skis
Le dormeur ne craindra rien ni l’art exquis
Ni des gauches médias ni du brasier qui vient.

Rio léger géniale tôt ne met s’élever certain: s’écarte vire -de l’étalé suret sur fine latte en if fart ne mêla gel- littérature contrainte
et ni art nocé rut à ret t’illégalement raffine et tale ni fruste ruse la télé dérive traces ni âtre crevé lestement ôte laine grège, loir.

8-12-2018

Sous le hashtag #6mots

cueillis
un mégot
dans
le
caniveau

10-12-2018

Pour l’anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme :

la déclaration universelle des droits de l’homme
héros mal décalés méditent l’avenir d’or du soleil

13-12-2018

Anagramme en réaction à la citation par les media d’une déclaration du ministre de l’intérieur disant que le tueur de Strasbourg avait été « neutralisé ».

« Un homme a été neutralisé. »
Si armé, on mue « tué » en « halté ».

14-12-2018

Anagramme « respectueuse » après une déclaration élogieuse de Houellebecq sur Trump.

houellebecq aime trump
« quel bel homme ! » cria …

22-12-2018

corbeaux

ils passent noirs dans le ciel
les corbeaux
ils sont noirs
le ciel est noir
il passe un grand vol noir

je regarde
je suis noir
je suis corbeau

et le ciel

le ciel est noir et je passe

31-12-2018

Voeux annuels :

Bonne (5×4);(5×4)-(5-4)

Combinez quatre et cinq par multiplication
Du produit retranchez des deux la différence
Que de ces résultats la juxtaposition
Vous apporte l’amour la joie et l’espérance

***
Et en guise de cadeau le prochain tweet en palindrome express.

L’an déplaît au mage
Qui, soja n’aimant,
D’une croix l’image
Impose âprement.

« Zéro, ce dix neuf ! ». Ôte tofu : « En xi décorez. »

1-1-2019

En réponse aux voeux de Giovanni Merloni et des autres participants à La Ronde :

que l’an neuf pour vous
soit branles et farandoles
vertige et passion

15-1-2019

Commentant l’annonce que plus de 250 universitaires, intellectuels et artistes disent leur solidarité avec le mouvement des #GiletsJaunes, un message de @Wanatoctouillou déclare « Si j’étais universitaire, intellectuel ou artiste, j’ajouterais ma signature ! (mais, n’ayant rien réussi, je ne suis rien !)  ». Voici ma réponse :

il faut n’être rien
pour ouvrir la main les yeux
et devenir fleuve

16-1-2019

Réponse à @Trip2Geek qui annonçait son blog de poésie :

alexandrins haïkus ardents octosyllabes

réduisant en cendres
ces racines qui nous privent
de nous envoler

seront la flamme en nous qui danse

25-1-2019

A @baffled qui propose chaque jour d’écrire un haïku (en anglais) sur un mot donné. Ce jour-là, « way » :

leaving my old tree
flying to know what can’t see
way beyond the sea

27-1-2019

En réaction à l’actualité.

Satan

Satan marcha,
dansa,
attrapa.

Satan tracta,
tança,
accapara.

Satan s’avança :
– Pas par là !
s’agaça la plazza.

Satan s’arma,
frappa,
lança sa flash-ball.

Satan parla…
charma…
Grand blabla.

Satan gagna ?
gagna pas ?
Blackjack pas tant marrant

3-2-2019

En réponse à Louis Boyard, président de l’UNL, annonçant sur twitter sa blessure par un tir de flashball.

quand la force est brute
quand la jeunesse est brisée
l’hiver sur la france

le sang la douleur le deuil
mais la tête se redresse

6-2-2019

Aujourd’hui premier défi lancé par Floriane Austruy sur twitter : chaque jour un mot est proposé, que l’on doit intégrer dans un haïku, sous la bannière #1mot1haiku. Ajourd’hui CENSEUR

Censeurs encensés
Susurrent sens assuré.
Assez ! Sus au rire !

sens eut réussi
censeur a serré sa herse
essence a cessé

7-2-2019

#1mot1haiku sur HERITIER

Héritier du vent
Il vague au son de sa harpe
L’herbe des champs danse

8-2-2019

#1mot1haiku sur EPHEMERE

Aime à tire-d’aile
Butine ce jour unique
Péris éphémère

8-2-2019

Inspiré par la bannière #6mots, réponse en 8,6,4,2 mots

Sort. Il est mort,
En fin de compte.

Sort ? Il est.
Fin de compte.

Sort-il
de compte ?

Sort compte !

10-2-2019

Variation sur #6mots

Il est dangereux et interdit de…

et réponse le même jour de ma part (beaucoup d’autres m’ont été adressées)

1 parler
2 penser
3 aimer
4 rire
5 grandir
6 respirer

12-2-2019

#1mot1haiku sur TOI

Sur la mousse tendre
Endors-toi le vent t’effleure
Le merle grapille

séparé de toi
par le mur de la colère
je scrute la nuit

13-2-2019

#1mot1haiku sur HARMONIE

sur un nénup har
un moine au safran chro mo
douce lita nie

longtemps résonnèrent
sous le cèdre en harmonie
leurs chants accordés

14-2-2019

#1mot1haiku sur HANTISE

hantise du blanc
laver et laver toujours
y perdre la chair

hantise du jaune
feuille d’or à feuille d’or
statufier le rêve

hantise du bleu
voler sans retour voler
dans le ciel marin

hantise du rouge
verser et verser le sang
sur la terre aimante

hantise du noir
descendre descendre encore
dans la cendre obscure

15-2-2019

#1mot1haiku sur CHEVAUX

d’un libre galop
fendent la brume oublieuse
les chevaux solaires

16-2-2019

#1mot1haiku sur RETOURNER

sans me retourner
l’ai tirée hors de l’enfer
la nuit nous suivit

16-2-2019

A François Bon annonçant son article « Mécanismes de survie en littérature hostile »

aucun ISBN tatoué sur mes recueils
leur grave troupeau
sous les palmes de mon arbre
cherche la chaleur du soleil et de l’amour
chaque mot
dans une vibration qu’entretient le lecteur
devient sa musique
et m’oublie

18-2-2019

Réponse à un message de Bernard Pivot « Injurier un écrivain et académicien est un exercice intellectuel difficile. Il y faut du talent, un choix original de mots, un humour cruel. Les antisémites qui ont injurié Fienkielkraut étaient navrants de bêtise et de platitude. Sous ces gilets la crasse. »

toi volonté d’écraser l’autre
toi l’argument d’autorité
toi mépris du verbe emprunté
toi courtisane patenôtre
je vous récuse

toi la condamnation sans preuve
toi la ruse du mot fardé
toi l’enthousiasme à lapider
toi poison dans l’eau qui abreuve
je vous récuse

toi le cadenas sur la porte
toi l’insensible majesté
toi le cœur par l’or infesté
toi le sommeil de l’âme morte
je vous récuse

18-2-2019

#1mot1haiku sur NAUFRAGE

merveilleux naufrage
qui m’a vu toucher le fond
d’une amour marine

26-2-2019

Anniversaire de Victor Hugo

Victor Hugo
chut :  » O vigor ! « 

5-3-2019

Après une déclaration du ministre de l’intérieur s’adressant à un député blessé lors d’une manifestation, disant « Ce n’est pas la place d’un député que d’être dans un lieu interdit pour une manifestation »

Ce n’est pas la place pour un ministre de la force brutale et de la violation des droits que d’être dans un lieu où la représentation nationale débat au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

6-3-2019

Répondant à une réflexion de Jérôme Orsoni sur le ressenti des auteurs face aux refus des éditeurs.

de l’ homme qui chante
au sommet de la montagne
est riche le vent

6-3-2019

Sur un quatrain de Guy Deflaux décrivant le rangement du garage.

joyeux tintamarre
strate après strate le calme
gare au tour de reins

7-3-2019

Réponse à un « #ironème » de Bernard Maréchal « Château de tables. »

Chapeau de sable

8-3-2019

un jour ce devint un pays de liberté, d’égalité et de fraternité
un jour ce devint un pays de liberté et de fraternité
un jour ce devint un pays de fraternité
un jour ce devint un pays

12-3-2019

#1mot1haiku sur VILLE

la ville dormait
une forme lente ouvrit
des yeux mordorés

la ville était grise
gris les murs les toits l’asphalte
au balcon jacinthe

13-3-2019

#1mot1haiku sur TRESOR

en haillons pieds nus
exsangue enfin le trésor
il saisit et meurt

quel est le trésor
qui brille plus que tes yeux
quand tu me souris

15-3-2019

#1mot1haiku sur PARFUM

il parle tout bas
sans grammaire et sans mensonge
le parfum
à l’âme

17-3-2019

#1mot1haiku sur ZELE

le chien tout le jour
court plein de zèle et d’amour
pour le maître sourd

20-3-2019

#1mot1haiku sur SORTILEGE

je coule à vos pieds
vos philtres et sortilèges
m’ont changé en fleuve

22-3-2019

#1mot1haiku sur TRAHI

Du prophète mort
Vous disperserez les cendres
Criant  » A trahi ! « 

25-3-2019

En réaction au commentaire du président de la République sur la blessure d’une septuagénaire lors d’une charge de police à Nice bouclée en raison de la visite du président chinois.

Une septuagénaire fut blessée place Tien An Men, lieu interdit, lors d’une charge policière alors qu’elle manifestait pour protester contre l’autoritarisme tendant à la dictature dans son pays. Dans une expression très asiatique notre monarque lui a souhaité une forme de sagesse.

25-3-2019

#1mot1haiku sur SIENNE

Dans le flot des mères
Pleurant leur enfant perdu
Soudain vit la sienne

26-3-2019

Réponse à mon propre #6mots du 10-2-2019 « Il est dangereux et interdit de… »

… manifester sa colère à 73 ans

29-3-2019

Réponse aux anagrammes de Jacques Perry-Salkow lors de la mort d’Agnès Varda.

Agnès Varda
Va, sang de Ra

8-4-2019

Retransmettant le message de @lucasgautheron annonçant la fin de la garde à vue des journalistes interpellés lors de la manifestation des gilets jaunes.

France
intense
en souffrance
romps la démence
entre en résistance
la floraison commence

11-4-2019

#1mot1haiku sur FROISSE

Du bourgeon fendu
Le pétale tout froissé
Du coquelicot

S’évade timidement
Et la colline s’embrase

14-4-2019

#1mot1haiku sur FRUIT

oh cueillir le fruit
laisser couler en mon corps
sa fraîche strideur

15-4-2019

#1mot1haiku sur OUBLI

Pour le héros fête
Danses fleurs chansons médailles
Puis un jour l’oubli

15-4-2019

Voyant les images de Notre Dame de Paris en flammes.

les flammes serpentent
la belle dame chancelle
sous le ciel obscur

16-4-2019

#1mot1haiku sur PARIS

L’enfant de Paris
Baisse les yeux frissonnant
Au vent orphelin.

17-4-2019

Retour sur le drame d’avant-hier.

Notre Dame de Paris :
dé mena rapide sort.

17-4-2019

En réponse à Lucien Suel qui avait retransmis un témoignage « Sauvons la cathédrale du cœur »

Jésus en sandales
Courut le monde appelant
À mettre le feu

En calvaire on l’a figé
Sculpté dans un bloc de pierre

17-4-2019

#1mot1haiku sur PUBLIER

Puissant, bois le vin.
Dans la cendre est publiée
Ta condamnation.

18-4-2019

#1mot1haiku sur MENSONGE

fascinant mensonge
au reflet des eaux malignes
se mire le ciel

18-4-2019

Sur un twit de @PatryckFroissar écrivant « La femme du jour. Lucille Auger Un procès pour avoir décroché le portrait de Macron ? » Camarade Poléon,
Sais-tu de quoi tu as l’air,
Avec cette affaire ?
Tu as l’air d’un macron. 19-4-2019 Pour l’anniversaire du facteur Cheval Ferdinand Cheval ?
Val d’Eden franchi. 19-4-2019 Après un twit de @_Stalker_69_ s’étonnant qu’un militaire pilote la reconstruction de Notre Dame de Paris. Reconstruire Notre Dame ?
Ite, canon, erreur de morts.

19-4-2019

#1mot1haiku sur MOINDRE

à la moindre brise
les pétales égaillés
affolent l’instant

20-4-2019

#1mot1haiku sur SINGULIER

Un humble facteur
Bâtit singulier destin
Le palais des songes

21-4-2019

A Guy Deflaux rappelant la date symbolique du 21 avril.

vingt et un avril
vit nervi gluant

21-4-2019

#1mot1haiku sur CLOS

d’un corps effleuré
au secret d’un jardin clos
naquit la musique

22-4-2019

#1mot1haiku sur GLACE

le chapeau de paille
la glace dans le cornet
l’oublieuse vague

24-4-2019

Lisant la remise de légion d’honneur par Macron à Houellebecq

Macron a décoré Houellebecq :
De banque, ma corolle crochée !

26-4-2019

Au décès de J-P Marielle

Jean-Pierre Marielle
pile : « L’ère, j’en ai marre »

28-4-2019

Heureux de lire un message d’Hélène Verdier après une longue absence.

revint ce matin
la magicienne des arbres
remonte la sève

6-5-2019

Après l’annonce par Eric schultess de la réussite de sa fille Noémie à l’agrégation de chinois.

si vous parlez le mandarin
si vous entendez le chinois
oubliez tout penser chagrin
n’ayez pas un triste minois
voguez par les courants marins
sur une coquille de noix
jusqu’au pays aux tons sereins
où se pressent les Pékinois
au regard fier et souverain
qu’alors en paix sans nul tournoi
l’amitié de tables d’airain
se scelle sous le vent benoît
qui parfumé de romarin
murmure un chant qu’à peine on oit

Voici la réponse reçue:

谢谢您! Traduction : merci à vous !

7-5-2019

Réagissant à la description par Brigitte Celérier sur son blog Paumée du procès de Chantal Raffanel traînée en justice pour avoir scolarisé un mineur isolé.

Mais quelle importance, un enfant ?
Pourquoi tu pleures ?
C’est pourtant l’heure
D’achever qui ne se défend.

7-5-2019

Après l’annonce de la mort de Jean Vanier, fondateur de l’Arche.

Jean Vanier, fondateur de l’Arche,
en ado jucha vrai éden fraternel.

7-5-2019

Choqué par le comportement d’un journaliste à la télévision.

Ce Pascal Praud…
Pas d’ac, crapule.

12-5-2019

Commentant l’article du jour sur le blog Paumée de Brigitte Celérier.

au pommeau de la canne ai gravé quelques mots
qui me rappelleront s’imprimant dans ma paume
que l’amoureuse vie avec ou sans arôme
est la rose obstinée oublieuse des maux

17-5-2019

En réponse à un tweet de Guy Deflaux

Pour ma part, j’espère
Te lire longtemps encor.
Dénonce ! Dénonce !

18-5-2019

#1mot1haiku sur COUPON

Répondez en hâte
Avec le coupon-réponse
Pour recevoir Dieu

18-5-2019

Sur l’actualité

Le concours eurovision :
cil rose ou souvenir con ?

19-5-2019

#1mot1haiku sur INFORME

Trottoir. Tas informe
De cartons. Loques trempées.
Dessous, dort un homme.

19-5-2019

Réagissant à un article d’Anna Jouy écrivant «Si vous êtes un « écrivain-littéraire » , sachez déjà que vous avez 0,01% de trouver un éditeur intéressé car le livre est un objet commercial. Point essentiel. Il n’a quasi plus rien à voir avec la littérature.»

Écrire est pour moi communion
À l’art qui palpite et qui vole.
Être ou n’être édité ? Frivole.
De Liberté flotte, fanion.

20-5-2019

#1mot1haiku sur SECOUSSE

secousse terreur
yeux chavirent bouche hurle
la terre enfin tourne

20-5-2019

Anagrammes

Une amour secrète :
Océan mu ! Reste rue…
Ce m’est une aurore.

21-5-2019

En commentaire à « La pointe de l’iceberg n. 14 » de Giovanni Merloni.

à travers les vitres du passé
je contemple un vivant paysage
s’y surimprime un trouble visage
au jeu du verre à peine effacé
janus aux rire et pleur enlacés
quel sillon laissera mon passage

21-5-2019

#1mot1haiku sur LUMINEUX

les monts lumineux
surgissent dans l’aube pâle
spectres de granit

22-5-2019

#1mot1haiku isocèle sur SAISIR

mords à pleine dents
la côte juste saisie
dont le jus t'enivre

23-5-2019

#1mot1haiku sur MUR

Ubu chut du mur
Sur un tumulus brut. Zut!
Qu’humus fut dur ! Rhum !

24-5-2019

#1mot1haiku sur REUSSIR

Besoin ? entreprendre ?
Réussir ? persévérer ?
Point n’est espérer.

25-5-2019

#1mot1haiku sur CANON

n’affirme jamais
qu’une âme est droite quand c’est
celle du canon

26-5-2019

En réponse à @_nils_  qui m’avait reproché une explication de vote dans un sonnet, disant que poésie et politique ne font pas bon ménage.

Oh oui ! Détestable :
Ménage loupé.
Je plaide coupable.
Serai-je coupé ?

26-5-2019

#1mot1haiku sur SONGER

songe à ton visage
dont le reflet sur le lac
s’efface à la brise

27-5-2019

Remerciement à @Faustruy pour l’organisation de   #1mot1haiku

d’un mot un haïku
nous fait danser tout à coup
rompant le licou

7-6-2019

Je pars un long week-end en pays de soleil
Et risque de devoir espacer les messages
Si le Pataméride en pâtit n’ayez rage
Au retour remettrai de l’ordre à l’appareil

Vous souhaite en éventail disposant vos orteils
D’entendre en ces trois jours plein d’oiseaux au réveil

15-6-2019

Après l’interpellation d’un journaliste.

La France est le pays des Droits de l’Homme,
Croyait le monde. Halt ! Déferle spasme d’SS !

18-6-2019

En réponse à @Wanatoctouillou reproduisant un avis de mise en place dans sa commune d’un plan d’intervention pour proximité d’une centrale nucléaire.

Allons vérifier
La date de péremption
Des comprimés d’iode

19-6-2019

#1mot1haiku sur FRUITIER

pénètre au fruitier
dans sa paille sur ses claies
t’est la joie offerte

20-6-2019

#1mot1haiku sur CONFIER

seul dans la nuit vaine
à la lune souveraine
il confia sa peine

21-6-2019

Répondant à un appel de Poètes sans frontières, retransmis par Giovanni Merloni, organisant une chaîne poétique le 21 juin.

J’avais un revolver. L’elfe s’intéressa :
 » Quel est cet os coudé qui dans ta main scintille ?
– Quand j’ai raison, je tire et l’autre décanille.
– Si tu as tort ? – Je tire !  » Et, voltant, me laissa.

23-6-2019

#1mot1haiku sur CLOCHE

les cloches sonnaillent
sur les adrets parfumés
de l’alpe tranquille

23-6-2019

#1mot1haiku sur CLOCHE et ILE

assis sur mon île
j’entends des cloches au loin
l’accord cristallin

24-6-2019

#1mot1haiku sur CONQUETE

Las d’aimer et boire
Belle conquête d’un soir
Te fuis dans le noir

25-6-2019

#1mot1haiku sur DEPEUPLER

une femme assise
dans son logis dépeuplé
songe à la vieillesse

26-6-2019

#1mot1haiku sur AMUSOIRE… en 6/6/6

pour oublier le noir
cherchait dans l’isoloir
d’impures amusoires

26-6-2019

#1mot1haiku sur AMUSOIRE

mémoire brûlante
d’une amusoire innocente
aux bras d’une amante

27-6-2016

Commentant un « Paumée » de Brigitte Célérier sur la réponse de sa mairie à une requête pour défendre une association de logement de solidarité.

les grands orateurs
la piétaille de la rue
patate et morue

27-6-2019

Sur l’actualité, anagramme.

( Matteo Salvini )
Président décadent, morsure de lad déjà pâli.

( Carola Rackete )
 » J’ai décidé d’entrer dans le port de Lampedusa. « 

29-6-2019

Sur l’actualité, anagramme.

Carola Rackete
à trac aère ? – Lock !

1-7-2019

#1mot1haiku sur LUISANT et CENDRE

Œil luisant. Teint de
Cendre. Mon pauvre soutien.
Doucement, sourit.

19-7-2019

#1mot1haiku sur RAPPELER

ne se rappeler
ni l’enfance ni l’amour
chaque jour dormir

20-7-2019

Anagramme sur une actualité dramatique.

Sot tue sève :
où est Stève ?

22-7-2019

#1mot1haiku sur CAPITAL, RAPPELER et ELEMENT

Je n’arbore pas
Le drapeau du Capital :
Mauvais élément.

( Rattrapage après
Mon école buissonnière…
Mauvais élément ! [bis] )

23-7-2019

#1mot1haiku sur CROISER

C’est doux de croiser
Un homme qui te sourit
Te parle et t’écoute

24-7-2019

#1mot1haiku sur SEPARER

Tant d’années sans toi
Ne m’ont jamais séparé
Des souvenirs forts

25-7-2019

#1mot1haiku sur ENNUI

Vite ne rien faire,
Pour m’épargner les ennuis.
Mûrir ma langueur.

26-7-2019

#1mot1haiku sur ESTIME

L’estime : un habit
Qu’on ne peut enfiler seul
Et qui ne s’achète.

27-7-2019

#1mot1haiku sur CHAGRIN

L’île du bonheur,
Dans la mer d’indifférence,
Fond, peau de chagrin.

31-7-2019

Commentant un message de LCP indiquant, parlant d’un rapport de l’IGPN : « Celui-ci indique (…) à la date de sa rédaction qu’il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de Steve Maia Caniço « , indique @EPhilippePM. Toutefois, des « questions restent encore posées »… accompagné d’une photo d’E. Philippe et C. Castagner.

Le bateleur
Batelait
Le comparse
Compassé

6-8-2019

#1mot1haiku sur GRENIER

Roulement de noix.
La souris court au grenier.
Dors, enfant, sans crainte.

6-8-2019

Deux interventions lors d’un échange entre Floriane Austruy et les participants à son opération #1mot1haiku, parti d’une question sur l’horaire de sa parution :

Huit heures, onze heures
Quinze heures ou dix-neuf heures,
Tout nous est bonheur !

[…]

Un mot, un haïku
Vient pour nous chasser l’Ankou :
On vit, tout à coup !

7-8-2019

Après avoir signé la pétition pour un referendum d’initiative partagée sur la privatisation des aéroports :

au referendum
d’initiative en partage
j’ai participé

12-8-2019

#1mot1haiku sur CHANCE, ENTREE, CHIQUE, JOURNAUX, EXALTANT, BAS

Exaltant ? chiqué ?
La chance aux journaux entrée :
En bas, l’horoscope.

13-8-2019

Après un signalement par Floriane Austruy de plagiats perpétrés par un certain compte sur Twitter

un écho funeste
a fait entendre nos phrases
venant des enfers

16-8-2019

#1mot1haiku sur FENETRE

Ouvrez la fenêtre
Qu’un vent de traverse emporte
Nos heures moisies

17-8-2019

#1mot1haiku sur ANGOISSE

de sa main le don
de ses lèvres la douceur
dans ses yeux l’angoisse

17-8-2019

Faisant suivre un message malheureusement supprimé disant que Twitter ne permettait pas la poésie, des règles listées ne pouvant y être mises en oeuvre.

Dansant, la poésie, aux royaumes bleutés,
Ne porte nulle chaîne et de murs n’a clôture.
Il suffit d’un torrent de joie en l’écriture,
D’un flot d’amour, et de se laisser envoûter.

18-8-2019

#1mot1haiku sur SENSIBILITE

Exquis, jouait Bach
Avec sensibilité
De ses mains sanglantes.

25-8-2019

Plusieurs amis sur Twitter ayant relevé avec humour un message contenant la phrase : « On les voient (sic) moins les surfeurs, là »

Le vrai message :

Jars, je réponds à ma douce qui me cajole,
L’entendant s’irriter au sujet du fermier :
« Ne vas point l’agresser car c’est de ce fumier
Que nous vient du manger et du coucher l’obole. »

Ce qui s’écrit :

« Hon ! » lève oie ( M’oint ).
« Laisse heurt : feurre, l’a. »

18-9-2019

#1mot1haiku sur VENDUS

les bijoux vendus
l’appartement vide et froid
le regard perdu

19-9-2019

#1mot1haiku sur CIPPE

Reste un jardin sec
Le souvenir de ton rire
Le cippe et le vent

21-9-2019

#1mot1haiku sur SORCELLERIE

par le fer l’encens
le feu la sorcellerie
je cherche la vie

22-9-2019

#1mot1haiku sur HEURE

J’ai compté les heures,
Les jours, je compte les ans.
Elle ne vient pas.

23-9-2019

#1mot1haiku sur MAGASIN

magasins fermés
sur vos rideaux métalliques
se peint l’autre vie

25-9-2019

#1mot1haiku sur SILENCIEUX

Toi qui fus témoin
Et qui restas silencieux
Partage le deuil

25-9-2019

#1mot1haiku sur AGITER

Chauffe sans couvrir
Agite avant de servir
Fais naître un sourire

27-9-2019

#1mot1haiku sur ROULEAU

Pousse le rouleau.
Farine et beurre mêlés
Du feu prendront l’or.

27-9-2019

En réponse à un « ironème » de @etienne_cdl   « Ceci est raccord. Ceci est récent. »

Premier est rangé.

28-9-2019

Anagrammes sur l’actualité.

Jacques Chirac est mort.
M’acquit trocs, jachères.

27-9-2019

#1mot1haiku sur BISTRE

du matin au soir
regardait la vie en bistre
et puis s’endormait

1-10-2019

Réponse à un message de Dominique Autrou « Hier à Trelly (c’est dans la Manche) on a commencé de monter une maison en terre (argile, sable, paille) »

de paille et d’argile
la main forte et généreuse
pétrit le bonheur

7-10-2019

Après quelques jours d’absence

Bonheur de retrouver tweeter
Gentes dames jolis trouvères
Vos messages me désaltèrent
Après mes quatre jours au vert

9-10-2019

Inspiré par un extrait du documentaire « Gosses de France » de france 2 sur les enfants pauvres.

de gais enfants passent dans la rue
sont-ils hideux sont-ils jolis
ils rient parlent et respirent
mômes qui passent là
et qu’on ne voit pas
ils n’auront pas
cette nuit
un lit
rien

10-10-2019

Anagramme en l’honneur des prix Nobel de littérature 2018 et 2019.

Ce nobel à Olga Tokarczuk et Peter Handke ?
Là, prenant thé, bock de kola, goûterez cake.

20-10-2019

En réponse à un défi de Jean-Yves Léopold « En 1 seul tweet posté en commentaire de ce tweet-ci, écrivez une histoire, un dialogue, un poème, etc., ce que vous voulez, en utilisant, dans l’ordre ou pas, ces dix mots :

Croire
Camionneur
Vague
Sel
Nymphe
Destin
Chemise
Toi
Bassine
Mouchoir »

tu te crois nymphe
tu n’es que camionneur
tu te crois sel
tu n’es que vague dans la bassine
tu crois qu’un destin s’ouvre à toi
tu n’as qu’une chemise
qu’un mouchoir
que la brume

20-10-2019

#1mot1haiku sur DEMI-VOIX

Oui, claironna-t-il !
Non, fit-il à demi-voix
Pour l’homme aux yeux torves.

21-10-2019

#1mot1haiku sur FROISSE

Visage froissé
comme un vieux papier de soie,
l’aïeul me sourit.

23-10-2019

#1mot1haiku sur ETRANGER, APOSTILLER (et influencé par la découverte den Angleterre d’un camion contenant les corps de 21 migrants)

Corps froids d’étrangers
Qu’apostille en lettres blanches
« Le suprême rêve ».

24-10-2019

#1mot1haiku sur PLONGER

La peur de plonger
Le retint au bord du ciel.
Il y prit racine.

25-10-2019

#1mot1haiku sur CRISE

1mot1haiku-CRISE

26-10-2019

#1mot1haiku sur OURDIR

la croix blanche au coeur
l’épeire ourdit un chef d’oeuvre
l’abeille y succombe

27-10-2019

#1mot1haiku sur SAGESSE

La Sagesse est là,
Assise au banc, nous regarde
Les yeux embués.

28-10-2019

#1mot1haiku sur PIERREUSE

La soupe était fade.
Pain rassis, poires pierreuses.
Mais ils se sourirent.

29-10-2019

#1mot1haiku sur SAGESSE

les bourreaux s’écartent
les lacs glissent de nos cous
le printemps éclot

30-10-2019

#1mot1haiku sur CULTURES

Troublantes cultures
Où dériva mon esquif
Ivre de beauté

31-10-2019

#1mot1haiku sur VESTIGES

Le temps qui voltige
Nous emporte en son vertige.
Restent nos vestiges.

7-11-2019

En réponse à Brigitte Célérier qui sur son blog décrit son action d’alphabétisation au sein de l’association Rosmerta. Elle parle des difficultés avec les sons ch, j, s, e donc ce texte ne comporte ni ch ni j ni s ni e.

paru à l’horizon
grandit un lumignon
qui court fuyant la nuit
va-ton ouvrir à lui
un portail pour dormir
un abri lui offrir
pourra-t-on voir la main
quand la brandit l’humain

16-11-2019

Un « ironème » inspiré par celui de @etienne_cdl  « La fille du rasoir ».

Le film dur à voir.

20-11-2019

Répondant à @GuillaumeCingal qui me demandait un quatrain en anagrammes.

On fait les foins au pavillon d’Armenonville.
Volant dans mon vallon, fuirais pleine folie.
Fleuve, à vil poison non final, dormant, s’allie.
Un fanal voile nos portails. Main fonde ville.

22-11-2019

Avec un jour de retard, mot à Floriane Austruy pour son anniversaire.

tout raté j’étais en voyage
et n’ai pas vu grandir ton âge
mais bissextile est le parcours
me reste encore à te souhaiter
bonheur amour joie et santé
pour trois-cent-soixante-cinq jours

25-11-2019

#1mot1haiku sur SOUPCON

Bon mari, bon père,
Au dessus de tout soupçon.
Sur ses mains leur sang.

26-11-2019

#1mot1haiku sur REMBRUNI

Lune, rembrunie,
S’est en brumes retirée.
J’attends dans la nuit.

26-11-2019

Touché par un texte mis par Brigitte Célérier sur son blog « Suis née… »

je me promenais cet après-midi
j’ai vu des maisons
qu’elles sont petites les maisons
et des personnes vivent dedans
autour des maisons le froid
un grand froid immobile

et puis on lit quelques lignes
qu’une personne a écrites
ces lignes se présentent misérables
et ces lignes qu’on lit
nous font mesurer
notre dimension
notre dimension véritable
notre poids
notre chaleur

27-11-2019

#1mot1haiku sur GONFLER

la côte s’estompe
le vent gonfle la misaine
ne pleure ne rit

28-11-2019

#1mot1haiku sur SIMARRE

la verte simarre
et le tulle de son voile
masquaient un cœur noir

29-11-2019

#6mots :

Cinglons vers les rives du sublime

29-11-2019

#1mot1haiku sur ILLUSION

Rencontrai l’amour
Le pris pour une illusion
Et lui dis adieu

30-11-2019

#1mot1haiku sur FORCE

Quelle absurde force
Tient l’homme que chaîne entrave
Debout sous le fouet ?

1-12-2019

#1mot1haiku sur PENURIE

dans la pénurie
dans l’échec dans l’impuissance
dans le froid l’étreinte

2-12-2019

#1mot1haiku sur COMPLICE

Dans la nuit complice
Ils ont suivi le chemin
De la liberté.

3-12-2019

#1mot1haiku sur CHOEUR

Tout pianissimo,
Un chœur égrène, célestes,
Des notes bleutées.

4-12-2019

#1mot1haiku sur ARRACHER

Respire ! Respire !
Arrache, arrache les dents !
Parle, je te crois.

10-12-2019

Réaction à l’information sur la mainmise de trois hommes d’affaires sur les droits internets liés à la performance féministe « Las Tesis » reprise par les femmes dans le monde entier.

Un : elles accusent
Deux : ils font du fric avec
Trois : la nuit retombe

18-12-2019

Pour l’anniversaire de Novella Bonelli-Bassano :

pour toujours intacte
la capacité du rêve
fleurisse tes yeux

19-12-2019

Pour la journée des migrants

Image

20-12-2019

#1mot1haiku sur AILÉ, PÂLIS

un enfant ailé
traversa mon ciel pâli
tendant des guirlandes

21-12-2019

#1mot1haiku sur VOLETANT

Bruissent, voletant,
Quelques minuscules vies.
Enfin ! Le désordre !

22-12-2019

#1mot1haiku sur PAILLETTE

Sable qu’en vain sasse,
Pitié ! Juste une paillette.
Juste un peu de joie.

22-12-2019

#1mot1haiku sur TÉNÉBREUSE

Naquit fabuleuse.
Vécut rare et glorieuse.
Mourut ténébreuse.

24-12-2019

#1mot1haiku sur ÉCHELLE

Je dresse l’échelle
Pour accrocher aux étoiles
Tes cheveux filants.

26-12-2019

Répondant à un message de Noël de Brigitte Celérier

ce jour fête la naissance
rappelons-nous toutes ces fois
où nous sommes nés

ce jour fête l’enfance
revoyons cet enfant qu’en nous les regrets ont enseveli
et qui respire fort

ce jour fête la fête
que danse en nous cette farandole dont le tintamarre ébranle
toutes les voûtes qui nous glacent

ce jour fête la vie
redevenons
incendies

26-12-2019

#1mot1haiku sur AUGE, ÉVENTAIL

Regarde ton auge,
Paonne, et non l’éventail bleu
Du bel inutile.

26-12-2019

#1mot1haiku sur AMPHORE

L’amphore attendait
Au fond d’une mer sans joie.
La désenvasai.

27-12-2019

En réponse à un « ironème » de Bernard Maréchal « Râtelier de couture. »

Machine à tripoter.

27-12-2019

#1mot1haiku sur FLUIDE

De fluide dentelle
Ondulait une aile blanche
Comme elle dansait.

28-12-2019

En réponse à un « ironème » de Bernard Maréchal « Râtelier de couture. » (suite)

Dentelle au clocher

29-12-2019

#1mot1haiku sur DÉVIDER, PLANER

Drisses dévidées,
Foc gonflé, le voilier plane,
Le diable à sa barre.

accompagné d’un haïku à Floriane Austruy en guise de remerciement :

Floriane glane
Dix-sept syllabes diaphanes.
Plane la forlane.

5-1-2020

Répondant à un haïku de Bernard Maréchal en beau présent sur des tweets célèbres de Donald Trump:

Rire ou pleurer du
Beau présent qui préfigure
L’avenir hideux ?

6-1-2020

Après un twit de @ccastanette sur Bruno Le Maire se comparant à Hermès.

Défilant, jeudi,
Nous crierons qu’Hermès conduit
En enfer les âmes.

7-1-2020

Commentant un twit de la Fédération Internationale pour les Droits Humains dénonçant l’organisation du Dakar en Arabie Séoudite.

je ne suis plus le dakar
les coureurs qui s’y commettent
répondront du sang des têtes
des meurtres de charognards

8-1-2020

#1mot1haiku sur SÉCHER

Jamais un nuage.
La terre sèche et se lézarde.
Le monde est silence.

10-1-2020

#1mot1haiku sur CALFATER

Oreilles calfates,
Homme de bronze coulé,
Sur ton socle, seul.

10-1-2020

#1mot1haiku sur JADIS

Les hommes, jadis,
Dans le soir tiède échangeaient
Des chants printaniers.

12-1-2020

#1mot1haiku sur LACRYMAL, CARRÉ

Triangle est folie ;
Carré grogne, lacrymal ;
Cercle est scintillance.

13-1-2020

#1mot1haiku sur VIRÉE

Vivre : est-ce autre chose
Qu’une virée hasardeuse
Par d’étranges sphères ?

15-1-2020

#1mot1haiku sur LUNE

La lune s’arrête.
Dans ma nuit elle se penche,
Parle et me rassure.

15-1-2020

#1mot1haiku sur DÉSERT

La vie était sable.
La foule était lent désert.
Au vent j’errais, dune.

16-1-2020

#1mot1haiku sur HABILE

Habile, sublime,
Il m’avait promis des ailes !
Maintenant je rampe.

16-1-2020

En réponse à Hervé Sors qui dans #1mot1haiku avait écrit :

« L’habile poète
Va bientôt me commenter
Validera-t-il

Mes quelques balbutiants
Haïkus improvisés »

habile est second
première est une musique
très profond celée

de tes doigts souvent s’élève
ténu ce fragile rêve

17-1-2020

#1mot1haiku sur PRINCIER

Ton port est princier,
Tes paroles sont de fer.
Sous ton pied la joie.

18-1-2020

#1mot1haiku sur SATIN

Elle danse encore.
Le frôlement du satin
D’ivresse m’inonde.

19-1-2020

#1mot1haiku sur SATIN

Mal, je viens à toi
Sans mon soulier de satin,
Amante et boiteuse.

19-1-2020

En réponse à un collage envoyé pour le nouvel an par @cOcOnutzecat haïku fondu composé en prenant les mots de début de chaque ligne.

Pour ? Dans ? – Songez à
Là : Qui, comme il porte, porte,
Il garde le monde.

19-1-2020

#1mot1haiku sur EFFARER

J’observe, effaré,
L’Homme ordonner à la Terre :
Cesse de tourner.

21-1-2020

Anagramme pour l’anniversaire de la mort de George Orwell.

Le Grand Frère se souvient de George Orwell :
un wagon de l’ogre froid serre et verse le gel.

22-1-2020

A propos d’un article signalé par Françoise Gérard concernant la CFDT présentée comme « arroseur arrosé ».

J’ai toujours été syndiqué,
Jamais à la CFDT.
Ce qu’ils font ou ce qu’ils racontent,
On le voit. Moi, je n’ai pas honte.

23-1-2020

À Bernard Maréchal remarquant que dans sa variante comme dans mon original du Pataméride du jour se retrouvait « essorer ».

À qui bien fort s’essore
Ne jetons pas un sort :
Comme gent hareng, saure,
Il prendra son essor.

24-1-2020

À jacques Perry-Salkow et Olivier Garcia lancés dans un long échange d’anagrammes sur la mort de Dieu ou sur « Dieu reste mort  »

Selon l’Intéressé, « Être Moi est dur. »

24-1-2020

Anagramme sur l’actualité.

L’épidémie du coronavirus
vise Macron, l’épi du dieu or.

28-1-2020

Retransmettant un message de Giovanni Merloni saluant le mouvement des sardines.

Les sardines de Bologne :
Brille, onde d’anges osés !

31-1-2020

Après un échange entre « Hussarde » @sweeteucalyptus

« Dans ma besace
Des poèmes
Deux trois mots
Ma bohème
Une trace
Un murmure
Trois fois rien
Mes fêlures
Mon oubli
Un soleil
Un je t’aime.. »

et Floriane Austruy

J’ai mis dans mon sac
Ma poésie et mon trac
Un doux bric-à-brac

ajouté ce petit bigollo :

ma-valise

4-2-2020

Ni l’acre tap létal,
Ni scot art,
Ta bête mort,
Ah chat !
Rome te battra tocsin, là,
Tel pater câlin.

12-2-2020

Réponse à un lipogramme en A d’Emmanuel Glais avec la même contrainte :

L’insolence est-elle
Une perversion du bonheur ?
Peu importe
Si elle permet
De se prémunir contre
Le sommeil éternel.

12-2-2020

je pars à nouveau
auprès de l’enfant malade
amis à bientôt

19-2-2020

#1mot1haiku sur GRIMER

Triste à en mourir
Le clown au miroir se grime
Se regarde et rit

21-2-2020

#1mot1haiku sur TRAVERS

1mot1haiku-21-2-2020

21-2-2020

#1mot1haiku sur BOSQUET

Enfant, ce bosquet,
J’y reconnus Brocéliande.
Preux, j’y chevauchai.

23-2-2020

#1mot1haiku sur MIEL et RUBICOND

la bambine rit
teint miel lèvres rubicondes
quand la bombe explose

26-2-2020

#1mot1haiku sur BILLON et BRUNE

Paye ton billon,
Coulera la brune à flot.
Qu’importe demain ?

26-2-2020

#1mot1haiku sur PÂMER

Sur la fleur se pose,
Boit le nectar, froisse l’aile,
Se pâme et se meurt.

27-2-2020

#1mot1haiku sur CINABRE

Sans un pleur, dans l’ombre,
La longue traîne cinabre
Lentement s’éloigne.

1 et 2-3-2020

#1mot1haiku sur IRISER, AIGUILLON et BALLADE ( en 3 versions )

1

Aux yeux irisés de la dame
Dont l’aiguillon m’a lacéré
Ma ballade désespérée.

2

aux yeux irisés
de la dame à l’aiguillon
qui m’a lacéré

je dédie une ballade
fervente et désespérée

3

aux yeux irisés
à l’aiguillon dont je meurs
ma ballade en pleurs

2-3-2020

Répondant à l’annonce par Jacques Perry-Salkow de la sortie de « Sorel Éros »

Sorel Eros…
Ô sors, réel,
Erres solo.

8-3-2020

Saluant la reprise par Brigitte Celérier de son blog quotidien « Paumée »

La mauvaise herbe a repoussé :
Printemps de toutes les merveilles !
Moi je suis la petite abeille
Qui s’empresse pour l’embrasser.

10-3-2020

Pour le centenaire de la naiwssance de Boris Vian :

Boris Vian ne veut pas crever.
Avoir cent ans, vivre : superbe !

19-3-2020

#1mot1haiku sur TOPIAIRE

tondant mon bois vert
l’on fit de moi le topiaire
d’un jardin désert

19-3-2020

#1mot1haiku sur NAUFRAGE

je plonge et pénètre
l’épave de ton naufrage
dans ta nuit sans fond

20-3-2020

#1mot1haiku sur IRASCIBLE

Du plus irascible
Le sourire s’éclaira
Quand l’enfant chanta

22-3-2020

À Floriane Austruy faisant part du fait que son père avait contracté le coronavirus.

moment d’affection
moment de ressouvenances
moment d’essentiel

où dans la souffrance
on retrouve de l’enfance
l’éclat du bonheur

où dans l’inquiétude
se révèle une personne
dont on sait le prix

22-3-2020

#1mot1haiku sur FANGEUX

certains jours fangeux
l’oiseau ne sait plus voler
mais il chante encore

22-3-2020

Sur un article de Brigitte Célérier, en puisant les mots dans son émouvant texte.

penser à tous
et puis tirer la langue
sourire, se taire

22-3-2020

#1mot1haiku sur SILLONNE

Par Dieu créé, l’homme
L’univers a sillonné
Y semant la mort.

23-3-2020

#1mot1haiku sur CONTRASTE

Le mendiant, le riche :
Hadès rit de ce contraste.
Tous sont invités.

24-3-2020

#ironèmes

La vache ça crée

24-3-2020

Dans le care d’un appel à textes par Pantun Sayang sur le thème « Courage ». Pantun isocèle. (non sélectionné)

Image

24-3-2020

#1mot1haiku sur VOGUER

Voguons, mon amour.
De l’océan dort l’abysse,
Nous étreint la vague.

25-3-2020

Anagramme à l’occasion de la mort d’Albert Uderzo.

Albert Uderzo :
Barde, l’ut ? – Zéro.

25-3-2020

#1mot1haiku sur JURER

Bel amour oublie
Tout ce que tu m’as juré.
Va. C’est l’estuaire.

26-3-2020

#1mot1haiku sur BAGATELLE

Ouvre sa menotte
Accepte la bagatelle
S’enfuit l’œil brillant

27-3-2020

#1mot1haiku sur COSMETIQUE

Elle me bouchonne,
Me panse, me cosmétique,
M’ajuste un ruban…

28-3-2020

#1mot1haiku sur OFFRIR

L’infirmière entra
Il n’avait à lui offrir
Qu’un faible sourire

29-3-2020

#1mot1haiku sur NOIRCI

Qu’avez-vous noirci ?
– La mer, la terre et le ciel !
– Pas le cœur des justes.

4-4-2020

Anagramme sur un préfet de police contesté.

Le préfet Lallement ?
Flet mental : le peler !

9-4-2020

Répondant à un tweet de « Rosa Rosam » ( @intwittoveritas ) diffusant une photo à partir de laquelle elle invite à écrire une histoire en un tweet.

Au 41 rue Bonheur
Plus ne s’ouvrira le rideau
On a vu fondre l’imprimeur
Plus ne tourne la ronéo
Au 41 rue Bonheur

Un petit filet sans couleur
S’écoule jusqu’au caniveau
Pas de couronne pas de fleur
La mort du livre a eu la peau
Du 41 rue Bonheur

14-4-2020

Réponse en rimes babebines à Bernard Maréchal qui, participant au projet du Pataméride par ses variantes, trouva le défi du jour « ardu ».

Comme le dit Bernard, aujourd’hui c’est ardu…
Donc indulgence ! (plus que le Pape au pardon
Qu’à Pâque il adressa quand la cloche tarda)
Poésie plus que contrainte on doit regarder.
Merci d’intervenir donc : j’aime ça, pardi,
Et de contentement je brais plus qu’un bardot !

16-4-2020

Anagramme à l’occasion de la mort de Luis Sepulveda.

Le Vieux qui lisait des romans d’amour,
Doux : d’armes viol l’aima. Nuit se risque.

18-4-2020

À Floriane Austruy qui avait annoncé deux jours auparavant la guérison de son père du Covid 19.

J’avais raté ça !
Grande nouvelle, bonheur
Grand moment de grâce

23-4-2020

#1mot1haiku sur DÉCHAÎNER

Le scherzo déchaîne
Un flot en moi qui s’emporte
Et fouille mon âme.

23-4-2020

#1mot1haiku sur ROULEMENT

Court sourd et lugubre
Le roulement de la houle
Et le jour se meurt.

25-4-2020

#1mot1haiku sur ESCLAVE

aux yeux l’hirondelle
au cœur l’incendie aux pieds
la chaîne d’esclave

25-4-2020

#1mot1haiku sur CHANTRE

Ivre mort, le chantre,
Se trompant de procession,
A rencontré Dieu.

26-4-2020

#1mot1haiku sur CARAPATER

Hagard, quatre à quatre,
Tout à trac se carapate,
Crade, à quatre pattes.

27-4-2020

#1mot1haiku sur ENIVRANT

Rumeur des abeilles
Enivrant parfum de miel
Caresse du vent

28-4-2020

#1mot1haiku sur JEUNESSE

la rivière passe
ma jeunesse l’accompagne
bientôt l’estuaire

29-4-2020

#1mot1haiku sur CONSOLER

Dans sa brume calme
La nuit très douce m’a pris
Et m’a consolé.

30-4-2020

#1mot1haiku sur TUMULTE

Que s’entende fort
Pour la fête du travail
Le joyeux tumulte !

1-5-2020

#1mot1haiku sur SERMENT

Tu sers, je te mens.
Serrés, tels anges amants,
Jeu t’est ce serment.

4-5-2020

1mot1haiku sur ESPAGNE

Sa danse ivre et noble
De l'Espagne qu'elle avait fuie
Revivait la fièvre 

4-5-2020

1mot1haiku sur RÉSERVE

Ses traits sont tirés
La réserve est épuisée
Prend l'enfant et part

5-5-2020

Quelqu’un ayant fiat remarquer la date palindromique miroir 05052020 :

Quand l'élu se targuait, dessus les flots marchant,
De mépriser le jus que de la treille on tire
Son disciple de cet ascétisme osa rire
Ne t'ai-je vu goûter de ce cru qui tient chaud ?

Au saint qu'eau ceint que vin vain ! - Vain, vin !? Saint, qu'os, hein ? - Côt.

13-5-2020

Sur l’actualité, anagrammes :

La relaxe de Cédric Herrou
À cher rôdeur cédera l'exil 

19-5-2020

Pour la mort de Michel Piccoli

À la mort de Michel Piccoli
mi-mai colla cliché de trop

19-5-2020

À @ALipogramme citant « Et vos rêves les loups n’en font qu’une bouchée »

En vos bouches les roux n'ont qu'une lèvre , fées

20-5-2020

Réponse au défi suivant : « Défi : Place les mots suivants dans la même phrase. Cette dernière doit avoir du sens. – Gynécologue – Baliverne – Aqueduc »

il était un gynécologue
n'ayant jamais dit balivernes
il partit sur un aqueduc

au bout de quelques balivernes
vivres manquent à l'aqueduc
ohé ohé gynécologue

tirons z'à court sur l'aqueduc
le sort tombe au gynécologue
c'est lui qui devient baliverne

22-5-2020

1mot1haiku sur 3 mots dont ÉLEVER

Des heaumes d'acier
S'élève un brame barbare
Prélude au carnage

23-5-2020

1mot1haiku sur NON

Flânons, ozonons,
Damnons gnons, ruinons pognon.
Fanons, canons : non !

24-5-2020

Réponse à un défi d’Hélène Paumier : écrire un sonnet de vers initial « Course poursuite avec celui que je dois être »

24-5-2020

Sur un article du blog de Dominique Hasselmann.

une femme qui court
et qui se désagrège
toujours se désagrège 
et toujours pourtant court
pour elle aucun secours
sur cette rive grège 
où sous un soleil beige
se désagrège et court

24-5-2020

1mot1haiku sur DISSIDENCE

Pays de silence,
D'absence, d'indifférence.
J'ai fait dissidence.

25-5-2020

1mot1haiku sur MORSURE

canines du temps
me restent votre morsure
et ma solitude

26-5-2020

1mot1haiku sur REVENIR

Il est revenu
Ses yeux de terreur ont l'ombre
Jamais ne dira

27-5-2020

En réaction à une actualité parue sur twitter.

Je ne me mets pas au balcon chaque vingt heures
Mais si je le faisais nul chant n'entonnerais
J'aurais ma casserole et mon bâton tout prêts
Je frapperais de colère car tu m’écœures

27-5-2020

1mot1haiku sur FICELLE

nouant au bâton
une ficelle un crochet
il pêche les rêves

28-5-2020

1mot1haiku sur POURFENDRE

gifler l'arrogance
pourfendre l'indifférence
buter le mépris

29-5-2020

Anagramme sur l’actualité.

A Minneapolis a vécu George Floyd
né vomi : la police y a fendu sa gorge.

29-5-2020

1mot1haiku sur PAISIBLE

Minneapolis
Paisible ville où l'on meurt
D'avoir la peau noire

30-5-2020

1mot1haiku sur ESCALE

il l'a embrassée
l'escale est toujours si courte
il est reparti

31-5-2020

1mot1haiku sur FILLE

rose pour la fille
rouge sang pour le soldat
pour la mère noir

1-6-2020

Trouvant un défi d’hélène Paumier à ses élèves : « Racontez votre confinement dans un texte abécédaire de 26 mots »

Ah, beau confinement !

Délicieux enfermement, 
folie générale, 
honteuse insouciance.
 
Jaloux képis lorgnaient masques n'obtempérant pas.

Quelle rigolade surent tramer, 
unis via web, 
xystes y zonant !

11-6-2020

1mot1haiku sur PLAINTIF

De l'aigle, plaintif,
Le cri par rocs et névés
Fige ardeurs et hâtes.

13-6-2020

1mot1haiku sur CRAMPONNER

Cramponne la fange
De peur de t'envoler vers
L'horrifiant azur.

14-6-2020

1mot1haiku sur FENTE

du monde j'observe
par la fente de mon œil
ce qui est étroit

15-6-2020

1mot1haiku sur DANSER

Une femme un homme 
Une harmonie une danse 
Un envol un ciel

et ( relisant le mot imposé )

Elle danse il danse 
Vous dansez et tous ils dansent 
Toi et moi dansons 

16-6-2020

1mot1haiku sur ABSTINENT

Au Ciel pénitents
Abstinents et flagellants
Et moi, me marrant.

17-6-2020

1mot1haiku sur COUDOYER

Il va droit devant.
Coudoyant, butant, chassant,
Va, le rire aux dents.

18-6-2020

1mot1haiku sur PROFOND

Me ronge en silence
Enfoui profond dans ma chair
L'ardent souvenir

18-6-2020

Poème fondu en réponse à un collage envoyé par @cOcOnutzecat

Image
L'appel du silence
Reste. Le miroir meurt
Avec le destin.

et sur un autre envoi du même auteur

Image
Temps changent : active,
Écrire aux yeux, aux oiseaux, 
Marges des visages.

19-6-2020

1mot1haiku sur MENTIR

Toujours se mentant
Eurent vie heureuse et longue
Et beaucoup d'enfants

21-6-2020

1mot1haiku sur NACRE

Dans l'écrin de nacre
Reine en ses plis d'émeraude
S'alanguit marine

[ Interruption à combler ]

1-5-2021

Dans la lignée #ironème #ironèmes

En mai fais ce kilt épais.

4-5-2021

En référence à un Appel pour les libertés, contre les idées d’extrême droite

Pourtant c'est facile
De se vautrer dans la haine,
De chasser l'intrus.

Chaque sordide victoire
Masque peurs et désespoir.

5-5-2021

En réponse à l’article du 5 mai du blog « Paumée » de Brigitte Celérier, dont ce tanka est tiré en poème fondu.

juste le départ
d'un directeur de théâtre
comme la fatigue

faisant enfin son effet
après le retour dans l'antre

5-5-2021

À Hugo Le Maltais annonçant son livre « La pluie a fracassé la nuit de 1000 éclats » ce haïku fondu à partir de la quatrième de couverture.

il allait enfant
au fin fond de l'Amérique
en pyjama blanc

6-5-2021

Inspiré par un article du blog d’Arnaud Maïsetti « et tout le travail recommence »

Un jour Marx est né.
Même jour meurt Napoléon.
Macron l'honora.

6-5-2021

Sur le rappel par un tweet d’une position courageuse d’Anna Muzychuk, championne du monde d’échec il y a quelques années, lui faisant perdre son titre pour respecter ses idées.

Ce n'est pas le titre 
Qui confère la grandeur 
C'est d'avoir un cœur

9-5-2021

En réponse à l’article du 9 mai du blog « Paumée » de Brigitte Celérier, dont ce haïku est tiré en poème fondu.

suis allée sur l'île
sans pensée dans la chaleur
aussi imbécile

13-6-2021

#1mot1haiku sur PAPIER

mon papier : le ciel
ma grammaire : l'ouragan
mon encre : le feu

14-6-2021

#1mot1haiku sur DIFFUS

Impression diffuse
D'avoir oublié la vie
Quelque part. Mais où ?

15-5-2021

1mot1haiku sur FRUGAL

nous découvrirons
car monte le thermomètre
un monde frugal

peut-être alors verrons-nous
l'arbre l'étoile l'oiseau 

15-5-2021

1mot1haiku sur VRAI

Cristallin le rire !
Doux l'adieu ! Serein le chant !
La larme, elle, est vraie.

17-5-2021

1mot1haiku sur SURPRENDRE

Près du romarin
Je me surpris à chanter
Parmi les mésanges

17-5-2021

1mot1haiku sur AMENITE

plein d'aménité
il conduit en souriant
l'interrogatoire

puis devant la cour martiale
veut la peine capitale

19-5-2021

1mot1haiku sur MIEN

Ciel terre mer cendre
Mère frère rien n'est mien 
Si ce n'est le vent

19-5-2021

1mot1haiku sur INCONNU

Soldat inconnu
Parfois ravivent ta flamme
Des mains rouge sang

21-5-2021

1mot1haiku sur INGAMBE

Ingambe, très droit,
Dit adieu, jette une rose,
Se retourne et va.

21-5-2021

1mot1haiku sur AVANT

Va savant chaman
Chantant l'Adam d'avant tanks
Marchands charlatans

Traçant ta saga sans fard
Pars dans l'anar harmattan

( référence à Moustaki )

21-5-2021

À Giovanni Merloni à l’occasion du 10e anniversaire de son abonnement à Twitter, ce texte pour lui souhaiter bon anniversaire :

parfois le poète pour un temps 
suspend son chant se penche et respire
alors ses amis dans un sourire
restent longtemps assis écoutant
l'écho sans fin qui va répétant
ses mots où l'âme s'ouvre et se mire

21-5-2021

À Floriane Austruy, qui répond à la question « avec quel auteur.e aimeriez-vous prendre un café ? » par une liste sur laquelle elle me fait figurer

sans sucre pour moi
mais quel plaisir ce serait
Floriane merci

24-5-2021

1mot1haiku sur REVENIR

aux froids repartir
aux temps riants revenir
n'avoir nulle paix

24-5-2021

1mot1haiku sur URGENCE

quelle apocalypse
quel appel est si urgent
que vous m'oubliez

3-6-2021

À Hugo Le Maltais qui écrit « … écrire, s’est l’instinct de soi. »

Ses cris il série 
Et crisse et, sec, risque, et rit,
Et s'écrie « Écris ! »

6-6-2021

En réponse à un message de Brigitte Celérier, montrant ses billets pour le festival d’Avignon. Collage des noms des lieux de représentations;

jardin de chartreuse
mistral du palais des papes
honneur de la vierge

cloître opéra cour lycée
confluence minérale

8-6-2021

Pour l’anniversaire de la mort de Robert Desnos, primitive sur son nom.

Grande ombre des retours diapre les endormis.

15-6-2021

En réponse à l’article du 15 juin du blog « Paumée » de Brigitte Celérier, relatant ses déboires de port de masque Covid, un pantoun.

L'on vit à Sainte Marguerite 
Un prisonnier masqué de fer
Sous un masque de toile enduite
Brigetoun a connu l'enfer

16-6-2021

À Hugo Le Maltais annonçant son livre « La pluie a fracassé la nuit de 1000 éclats » petit poème combinatoire à partir des mots du titre.

la pluie
pleut
la nuit
nuit
l'éclat 
casse

la pluie
nuit
la nuit
casse
l'éclat
pleut

l'éclat 
nuit
la nuit
pleut
la pluie
casse

24-6-2021

À Brigitte Celérier qui sur son site redoute d’être obsolète, une terine :

Obsolètes

De Sizun jusqu'à l'Ob
Laboureriez le sol
Sans trouver qui vous êtes

À l'endroit où vous êtes
Loin du Raz loin de l'Ob
Fertile est votre sol

Une racine au sol
Voilà ce que vous êtes 
Sizun souffle et court l'Ob

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Héméroméride

Ce projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, a débuté le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Pour chacune de ces journées, un mot-clef (ou un groupe de mots-clefs) est mis en évidence.

Une activité journalière vous est proposée : l’écriture d’un haïku ( 5/7/5 syllabes ) additionné d’une contrainte à son propre choix mettant en jeu le mot-clef du jour. Le haïku peut éventuellement être remplacé par une autre forme de micro-poème, tanka, sélénet, chicago, petite morale élémentaire portative… pourvu qu’il ne comporte pas plus de 280 caractères.

Le choix de la contrainte additionnelle est libre ; vous pouvez vous inspirer de celles déjà utilisées, de contraintes oulipiennes à trouver par exemple sur Oulipo, Zazipo ou le présent site, ou en inventer une que vous décrirez en quelques phrases. Voici quelques exemples :

  • obligation d’utiliser le mot-clef
  • beau présent sur les lettres de ce mot
  • lipogramme sur une ou plusieurs lettres du mot
  • pangramme incluant le mot
  • utilisation des voyelles (ou des consonnes) du mot, dans l’ordre où elles apparaissent
  • primitive ( c’était la contrainte proposée dans le positiméride )
  • rimes déterminées par les syllabes du mot
  • etc.

Toute contribution à ce projet sera la bienvenue. Elle peut nous être adressée soit en utilisant la page contact de ce site, soit sur twitter à l’adresse @noel_talipo ( en ajoutant le hashtag #héméroméride ).

Les contributions seront recueillies dans des pages mensuelles. Page de mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

Ci-dessous les contributions les plus récentes :

30 novembre – Journée contre la méthamphétamine

Bernard Maréchal

Quinze Crystal meth
Plus trois métamphétamines,
Cinq Strawberry Quick.

J’ai forcé sur le dosage :
Je veux l’hallucination.

(tanka et pangramme sur mot-clef)

et

Je veux fumer un peu de méthamphétamine,
Du Crystal meth gazeux, du bon Strawberry Quick.

(autre pangramme : alexandrins sur mot-clef)

Annie

La méthamphétamine ? Sur la méthamphétamine je n'ai rien à dire.
Drogue, si peu que j'ai compris
mais qui donc va au paradis ?
L'amphétamine ? Sur l'amphétamine je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Elisabeth Maitre

Cette tempête à Nîmes
Ô mais t'en fais une mine
Ecran fêta Line

(prosonomasie)

Jacqueline Jacquadit

Mais tant fait ta mine
Que tu as pris, je devine
De l'amphéthamine !

Jacqueline Morel

Tina on the ice
Sniffe, glisse sur la glace
Speede et s'extasie

( jeux de mots à partir du mot-clé )

Nicolas Graner

pipe à peine en main
ta tête minée patine
peinte en impatiente

(haïku isocèle, beau présent)

Marc Parayre

Une petite charade à tiroirs :
• Mon premier  est la vitesse du Go ;
• Ce colporteur vous amène mon second ;
• Mon troisième est fabriqué par un fromage grec ;
• Le fortifiant t’encourage à profiter de mon quatrième ;
            …et mon tout est sans doute responsable de ce délire.

 

                             Solution
• Mon premier est « lent » car le goéland ;
• Mon second est « fait » car le portefaix ;
• Mon troisième est « ta » car la feta ;
• Mon quatrième est « mine » car vitamine.
             Mon tout est l’amphétamine

Alexandre Carret

L'âme est en fête, amis naissants à venir !
La méthamphétamine est sans avenir !

( holorimes )

Alain Zalmanski

Bavaroises au narcotique

Mon premier est mettant
Mons second est féta
Mon troisième est mine
Mon tout est une drogue sympathicomimétique
(N-methyl-1-phenylpropan-2-amine) pour vous aider

et

Mon premier émet
Mon second étang
Mon troisième effet
Mon quatrième état
Mon cinquième émit
Mon dernier haineux

Mon entier énerve

Luc Comeau-Montasse

1 croit aveuglément en la seconde note 
2 sait lire dans la géométrie des villes
3 a le bas du dos ivre
4 est aimé de la mer

Solution 

l'en   car  l'en ... FOI ré
fé      car  fé ... lit cité
tam   car  le cul ivre est le propre de celui qui est tam
in      car  in ... est galet

Noël Bernard-Talipo

Dieu dans sa cuisine
Nous a mal foutus
Nous mourrons cousine
Trop longtemps battus

Mais tant fait amine
Que nous rend têtus
Quand trépas clopine
Nous dansons tortus

( solénet avec une homophonie )

1er décembre – Journée mondiale de la générosité

Bernard Maréchal

Générosité ?
Le devoir mêlé de joie :
C’est préconisé.

(séquence vocalique E E O I E)

et

Bonté, charité ?
Bienveillance, humanité ?
Magnanimité ?

Pitié, prodigalité ?
Rien que générosité.

(tanka sur mot-clef)

Elisabeth Maitre

Ignorer ego
grogne, noires intentions,
et générer rires

( beau présent )

Alexandre Carret

Devant la générosité d’Eugène et Rosie
t’es là, gêné, rosi,
tes deux généraux «ite !» dégénèrent.
Aux cités de Gênes,
héros Sith et lants portent.

OU

Devant la générosité de générosité, la générosité de générosité des générosités de générosité l’emporte.

Nicolas Graner

Ce matin, ô délice, je fête ma nativité.
Je me remémore mon origine, ma genèse.
La même date, le site Héméroméride décide de la dédicacer à la générosité.
Ça me va, je dis OK !

( okapi )

Annie

Image
( acrostiche double isocèle )

Jacqueline Morel

L'abondance il offre
Cernunos
En forêt sacrée

( trident )

Noël Bernard-Talipo

le lacet ôté
du sac a libéré le
rire de l'ami

( okapi, à l'instar du mot-clef )

2 décembre – Journée internationale de la samba

Bernard Maréchal

Un fou de Bassan,
Tête en bas et cul en l’air,
Danse la samba.

 (Médaille)
Image

Alexandre Carret

L’héméroméride
Propose parfois un thème
Dont on samba les c...

Nicolas Graner

Souvenir de voyages lointains
Au milieu des années quatre-vingts
Migrant de saklya en isba
Balloté sur de pauvres chemins
Au volant de ma Talbot Samba

( acrostiche )

Robert Rapilly

Potemkine en poussette
tangue haut roule bas
La vogue des sambas
chaloupe sans chaussette

Amateur d’algorithme
j’avale des gambas
Dans l’onde des sambas
on pêche l’algue au rythme

Qui danse en habit guigne
pendant « Marcel Sembat’s
Lonely Hearts Sambas »
la semelle qui couine

Pas un roquet n’enrôle
ni ne fait les cent pas
Seul le pas des sambas
ne se mêle de grolle

Croquenot croquenote
font cadences en bois
Mais où sont les sambas
d’antan faut que ça trotte
Journée internationale de la samba.
Occasion d’une chanson invitant les
jambettes aux jeux de mollets, dont
un calembour par strophe qui masque
le nom d’une autre danse (*) ; Rbt_
(*) Les danses cachées :
- tangue haut
- j’ava(le)
- (ha)bit guigne
- roquet n’enrôle
- faut que ça trotte

Pierre Lamy

À Rio, la foule
danse la Samba
chacun se défoule
comme au Macumba

Avec Eurydice
le bel Orphéo
fou de sa blandice
joue les Roméo.

Ce n’est pas un rêve
au loin sur les flots
le soleil se lève
quand chante Orphéo

À Rio, la foule

danse la Samba


( sonnet sélénite autant qu'élizabéthain inspiré par le film Orféo Négro )

Annie

carnavals du monde
la samba est là
elle nous débonde
sans grand tralala

pour faire un sonyme
un mot fait défaut
cherche un synonyme
carnaval est bot 

( sélénet ; la deuxième strophe est un sonyme )

Jacqueline Morel

Seul se secoue
Sur swing syncopé, suave
Si souple sambiste

( tautogramme )

Elisabeth Maitre

Balthazar dansa
java cha-cha-cha salsa
lambada samba

( monovocalisme )

Jacqueline Jacquadit

Bal sans rap sans slam
Sans jazz-band nana dansa
La samba sans bas.

( monovocalisme )

Noël Bernard-Talipo

la samba s'emballe
belle a mal mâle la lasse
la salsa la blase

( sur les consonnes de « la samba » )
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Pataméride

Ce projet d’un an démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.

On trouvera ici les haïkus quotidiens mois par mois : Palotin, Merdre, Gidouille, Tatane, Phalle, Absolu, Haha, As, Sable, Décervelage, Gueules, Pédale, Clinamen ainsi que les nombreuses variantes proposées chaque jour par les amis.

Explosion du Palotin.

30 avril – 11 palotin – Explosion du Palotin.

Un an a passé
De textes en Oulipo
Le Pata s’éteint

Pour le dernier jour d’existence du Pataméride tous ceux qui le désirent sont invités à se joindre à la fête finale en composant un texte suivant, soit la contrainte du Beau présent en haïku, soit toute contrainte à son goût. Vous pouvez me l’adresser en utilisant la page contact. Voici les contributions à cette journée finale :

Annie Hupé

Patient dans l’attente
suppose illusion sans suite
Ô adulation !

Poétise, idéalise…
Ton pâle lopin. Adieu.

[ Beau présent ]

Bernard Maréchal

Sous ton anus nu,
Exposant ton sexe à poil,
Attends-tu le pal ?

[ Beau présent ainsi que les trois contributions qui suivent ]

et

Bernard-Marechal-patameride-30-04-20-Le-Palotion-mis-en-pieces

et

Bernard-Marechal-patameride-30-04-20-Michaux

et

El Despalotino.

Il est lassé, taiseux, – l’œil suintant, – sans son pote,
Ex-sultan du sud-ouest il n’a plus de palais :
Son étoile s’éteint, – son piano papillote
Sous le soleil douteux de l’ennui népalais.

Étendu sous la stèle, il attend l’antidote,
Naples, Le Pausilippe, et de l’eau sans délais,
Il se plaint, désolé, au lit d’une italiote,
Pinté sous la tonnelle, index aux pistolets.

Passionné ? Pipelet ?… Lusitanien ? Poète ?
Sa tête s’attisait aux patins de Laudine,
Pensant à l’eau latente où ne se noie l’ondine…

Splendide, il dépassa deux oueds sous la planète,
Adaptant, à la suite, à l’oud de son tonton,
Les plaintes de la sainte et l’appel du téton.

Pouilleux du Santal

et

Atout pointe

Il a eu la donne,
L’atout est à pointe.
Il a tous les as,
Il a tous les dix,
Et le deux d’atout,
Et le six aussi,
Le sept, et la suite.
Il expose tout,
Il pose ses as,
Il pose ses dix,
Et on l’applaudit.
C’est tout expédié :
L’exploit est à lui.

Jérémie Piscicelli :

Lui, en l’année pâle
où ses ailes se déploient,
sale au teint, s’expose

[ Beau présent ]

Nicolas Graner :

taillons noix du pope
et on pollua dix pions
poux de lion poilants

[haïku anagrammatique sur « Explosion du Palotin », donc aussi beau présent]

Nicolas a ajouté :

Ton pou, Noël, a dix plis.
Ton loup, Noël, a dix pis.
Ton pouls, Noël, à dix pi.

Emmanuel Glais :

Toute nue, dis-tu
T’exposes ton popotin
Palot le putain

Ex-laotienne
Sans toi ni solution
Nain sans notion

Son exploit tenu
Ôté sa pilosité
L’ilote est au top

Noël Bernard-Talipo :

Moonwalk

[ Bel absent acrostiche ]

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Bienvenues

Pour accueillir les nouveaux abonnés à mon compte twitter j’ai coutume de leur adresser un petit poème. Je cherche pour cela un mot traduisant au mieux ce que la découverte de leur compte et de leur blog m’inspire, et construis mon poème autour de ce mot. Lorsque plusieurs personnes sont accueillies ensemble, ceci équivaut à une forme réduite de logo-rallye. A partir de 2016, je signale les mots de base en italique.

Les personnes accueillies sont citées en retirant l’arobase @ précédant leur identifiant.

Retrouvez les années précédentes en ouvrant le lien : 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021

Année 2021

2 janvier konss_siebert

( interdit )

Je me suis interdit de respirer sous l'eau,
De peindre sur la neige, ou parler dans le vide.
Je déroule ma vie, acagnardé, livide,
Et guette d'un œil sec le bout de mon rouleau.

22 janvier CiePeau Clinamen__

( hurler, étoile )

elles hurlent ce soir dans le ciel lent qui tourne
dans le scintillement qui dérive et revient
les étoiles qu'enferme un essaim diluvien
qu'une éternité noire en son silence enfourne

6 février anikgimonets luz_marcha

( chocolat, honnête )

sombre fou dont ma bouche élit l'amer baiser
je t'aime ô chocolat dont la fusion m'enivre
puis-je honnête rester quand ta lave délivre
d'instincts profonds et nus le volcan attisé

6 février Damien__D VBegude

( diversité, abreuvoir )

Forts, petits, colorés, noirs, tournent les oiseaux
Et leur diversité près l'abreuvoir enchante.
Mais d'ordre le gardien, c'est le félin, qui hante,
Bondit, croque. Un silence endeuille nos mazots.

1er mars KHCadenas

( chasseur )

Le chasseur aperçoit au point de l'oeilleton
La boule qui palpite et s'apeure et qui tremble
De la cible à son oeil l'oeil implorant ressemble
À l'étoile qu'efface une aube de coton

1er mars MaxencePigree RepMurmure Contrefoutoir abdel_khanoum 866linde

( publier, fouiller, venir, impossible, dorloter )

les bans sont publiés les fiancés timides
fouillent dans leur courage un bonheur à venir
vents chantent le temps impossible à retenir
où l'on fut dorloté bientôt viendront les rides

16 mars Oussama45681389 HillmanMarc Velazquezjavi16 Imiravyo

( nouveau, composer, nu, pays )

emprunte le chemin nouveau dont le vent t'a confié la clé
vers la berge où l'onde compose une musique ruisselante
écoute écoute et baigne nu dans la lumière étincelante
pays des herbes en révolte où nul piochon ne vient sarcler

16 mars AmiralDantes polisseurdevers bituur_esztreym GamondesAlain

( chimie, café, promeneur, personne )

sur son banc savourant la chimie obsédante
d'un torride café l'homme observe les pas
des promeneurs que le soleil ne chauffe pas
personne ne le voit seul il regarde et chante

18 mars Alyscamps wordsinthelight martinjanello

( nuit, voleur, bonheur )

profonde était la nuit mon sommeil était doux
le voleur de bonheur fila par la fenêtre
emportant mes chansons me laissant mon mal-être
depuis je cours et crie implorant les vaudous

4 avril moodbadmood_ novendecameron konekola

( citer, collectif, monstre )

Quand leurs chefs ont cité les grimoires moussus,
En colère ils se sont massés, larrons et gnomes.
Lors, dressant le rempart collectif de leurs paumes,
Dans un joyeux chambard, du monstre eurent dessus.

11 avril JPRhaiku EtienneDesdoui1

( étoilé, nucléaire )

Cet éclair étoilé en ton oeil qui m'éprend,
Le velours de ta peau, ta voix que je vénère,
Est-ce juste chimie ? Division nucléaire ?
D'un rouage, ce flot de paix me délivrant ?

18 avril NGlauf EtudierT SAcrostiche jane_dill c_simondebergen

( espère, théâtre, amour, libre, subtil )

est-il fou d'espérer dans le théâtre d'ombres
où des lambeaux d'amour flottent sans s'accrocher
est-il vain d'être libre au pied de ces murs sombres
quand sourd le chant subtil d'une eau sous le rocher

2 mai OhSylvie christi99830943 Jean_Vernet_GE fredericPaulo dbourrion mstrk

( folle, mots, partager, sécurité, écran, aiguillonner )

La folle ébullition des mots qui se bousculent
Aux lèvres, partageant un trop plein d'émotion,
Fait sauter la sécurité. Sous la pression
L'écran fond, l'aiguillon saigne, les sens basculent.

20 mai BFleurot assiselafileuse ocardineau galaelly AymericJanier GorgsPrc1

( voyage, indiscipliné, cahier, flâner, étoile, ulcération )

Des voyages parfois dans la nuit nous entraînent
Cœurs indisciplinés nous fermons le cahier
Pour flâner sous l'étoile et dans l'ombre noyer
L'ulcération des sens aux heures qui s'égrènent

29 mai profestceque C2goals SaintGraalde daddy92722422 AlNox5 Frustratedharm1

( carnet, régner, anachronique, devenir, exercice, poésie )

J'écris vers après vers dans un petit carnet 
Des paroles où règne un fiel anachronique.
Quel devenir à cet exercice anomique
Où jette Poésie au vent son cache-nez ?

15 juin FraPa_92 Hamsik06493216 trou_blanc

( malice, honnête, clair-obscur )

Le chien doux sans malice à ses pieds, l’œil honnête.
Elle boit lentement, dans le soir apaisé,
Puis dans le clair-obscur, par un dernier baiser,
S'abandonne à la mort sa nouvelle conquête.
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Positiméride – Archimède

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Archimède

26 mars – 1er Archimède – Théophraste

Ton chien de troupeau
Chérit l'alpe austère.
Court, charge à propos.
Héros sans mystère.

27 mars – 2 Archimède – Hérophile

Haine et rancœur
Parchemins fielleux charme corrompent
Hardi flinguez

28 mars – 3 Archimède – Erasistrate

Elle aurait souri.
Sans tourner la tête,
Le cœur assombri,
Suivrait mort, attraite.

29 mars – 4 Archimède – Celse

Chante la sueur
L'acné la grosseur
Cheveux mal tressés
Chante les gros seins
Corps déliquescent
Car telle est splendeur
Cenelle à mes yeux

30 mars – 5 Archimède – Galien

Goûtant le vin béni
Gobant l'hostie en pain
Grand chapelain s'ennuie

31 mars – 6 Archimède – Avicenne

Au vent qui court je rends bon gré
Ma vie s'incline à son chant frais

( isocèle )

1er avril – 7 Archimède – Hippocrate

Chois, ripes.
Perds trop :
Carreau !
Sang, tripes.

2 avril – 8 Archimède – Euclide

De tous ces loups qui dansaient,
Le plus câlin - fils du ciel ? -
Met d'un croc belle oie dressée
En succulent tian de fiel.

3 avril – 9 Archimède – Aristée

L'amour brisé te rend beau.

4 avril – 10 Archimède – Théodose de Bithynie

Ton chant se fond,
Dépossédé,
Dans le bruit triste,
Cheyenne évincé.

5 avril – 11 Archimède – Héron

Hélé par l'orant
L'homme répond Non

6 avril – 12 Archimède – Pappus

Pied à pied
Pour deux sous
Pieu au poing
Frappe au sang

7 avril – 13 Archimède – Diophante

Dingue ! Idiot pur !
L'homme au chant triste,
Doigts fins, jodhpurs,
Chasse art tantriste.

8 avril – 14 Archimède – Apollonius

faim
passion
illusions
sans fin douleurs

( boule de neige de syllabes )

9 avril – 15 Archimède – Eudoxe

séduit
déçoit
expie

10 avril – 16 Archimède – Pythéas

Ployé, touchai le Grand Saint.
Payai très cher : me chassa.

11 avril – 17 Archimède – Aristarque

marais poisseux
tableau gris
qui fut
mer

( boule de neige fondante de syllabes )

12 avril – 18 Archimède – Eratosthène

Je prends l'air
Tu souris
Trois heures sonnent

13 avril – 19 Archimède – Ptolémée

Porte. Volets.
En murs scellée,
Portant voile,
Ferme le ciel.

14 avril – 20 Archimède – Albategnius

Va libre enfant
Tends le poing
Conquiers
Punis

15 avril – 21 Archimède – Hipparque

Hère impur, portant marque jaune,
Honni, frappé, matraqué, hué,
Chut Juif, pris par la traque en meute.

16 avril – 22 Archimède – Varron

Viendra l'ordre immolant.
Vous, vauriens rayonnants,
Vous saurons peur donner.

17 avril – 23 Archimède – Columelle

Ce soir seul,
Où me lie
Maillon tel

( Cordon tel
qu'au mort seul
linceul lie ),

Sec bois lie,
Soumis tel
Pouilleux. Seul.

( térine )

18 avril – 24 Archimède – Vitruve

Viens vite fier trouvère
Voltigent cor luth viole
Vent dicte rauque verve

19 avril – 25 Archimède – Strabon

Astre errant d'aube au couchant,
Se tenir au bon moment
Sur ta route ? Abandonnai.

20 avril – 26 Archimède – Frontin

Frères qu'on tente à minuit,
Affrontons un trouble instinct.
Souffrons. L'honneur vaut prison.

21 avril – 27 Archimède – Plutarque

Parle peu
Tait la mort
Qui lui vient

22 avril – 28 Archimède – Pline l’Ancien

Par la main d'un zélote ai d'un coup discerné
L'appel qu'insensé lance au noir ce ciel de blancs.
Catégories
Twittérature

Variantes du Sankulipo

Au fil du temps, de nombreuses variantes du Sankulipo  ont été proposées par des amis sur la liste Oulipo et sur twitter. Merci à tous pour tant de richesse ! Toutes ces variantes ne respectent pas parfaitement la forme du haïku, mais ceci n’enlève rien à leur beauté. Plusieurs, notamment celles de Guy Deflaux et  parfois Bernard Maréchal, sont de plus des beaux présents sur le nom du jour.  On les trouvera ci-dessous, regroupées par auteurs, dans l’ordre d’apparition de ceux-ci sur le Sankulipo :

Novella Bonelli Bassano

15 mai – 26 floréal – Fusain

Une fée soyeuse,
nue, noua son ennui.
Oiseau fuse en feu.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Épave peinée,
épie envie avinée.
Une vie noyée.

19 juin – 1er messidor – Seigle

Îles assiégées.
Aigles à l’ œil aigu.
Là où le sel gèle.

22 juin – 4 messidor – Véronique

Rêve – à vie – niqué :
revenu à un euro !
Œuvre renvoyée .

25 juin – 7 messidor – Concombre

Ennui comme brume
amer m’encombre, me noie.
Un embrun marin.

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Aubaine écoula,
inoubliable nabab.
Linceul colonial.

Accable l’oubli :
aubaine nabab nia.
Linceul colonial.

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Rebelle brûla,
l’air éberlué, loyal
libéra le lieu.

Aurore luira,
brillera l’air ébloui.
Boréale bleu.

Lire le réel,
élabore l’oublié.
L’ire brûle l’ aile.

Oublie le labour,
erre libre le Bélier.
Obéir à l’air.

 24 juillet – 6 thermidor – Prêle

Parole apeurée,
Âpre râle, perle pâle.
Polaire repli.

Peur. Ourler la plaie.
Epier l’aile ployée.
Pleur perlé, luira.

Peau, épée rouillée.
Repliée, pleura pilleur.
Le réel péril.

Proie, elle paya.
Épeler parole peur.
Le rire pillé.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Rime arme à misère.
Âme use, remue, resserre.
Amères issues.

Amour,os usé.
Émoi amusa Éros.
Au soir, arômes.

Émue,ormes soyeuses.
Amies si amoureuses.
Rose mer, au soir.

Sérieuse : os usés ?
Marre? Miasme enrayer ?
Essayer armoise !

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Me cache en cette yourte.
A côtoyer charme autarcie.
Trace, ma terre ocre.
Écumer horreurs.
Chercher. Aime,écoute cœur.
Marcher. Chaste aurore.
Tuerie au couteau.
Horreur ! Châtier auteur!
Un atroce crime.

Macère chômeur.
Marteau en tête,meurtri.
À tache trimeur.

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Rieuse air osa.
Arioso rayé.Au soir
essaya yoyous.

Aïe! Si errer
os usés essayera!
A s’asseoir ira.

Sa rose irisée
sera au soir arrosée.
Aurore a souri.

Sa sosie arrosa.
Oie raseuse assise,sue.
Soir,rassure oiseau.

Aires à oiseau.
Ira à rusé rouerie.
Au soir,eau à rose.

29 juillet – 11 thermidor – Panic 

Paniqua,nouée
au coin. Épine piqua.
Une peine nue.

Nue, au coin nouée.
Inouïe panique. Peau.
Épine piqua.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

La couleur cisèle.
Console, ensorcelle cœur.
Œil, lueur enlace.

Une île recluse.
Un coin colonisé, au loin.
En créole écrire.

Lira, écrira.
Errance saluera.
Secouer le sens.

Une claire lueur.
Lune, corail ciselé.
Ciel auréolé.

A l’œil en enclos.
À l’écran s’aliéner
Neurones aérer !

Enroule sa rose,
la licorne câline.
Luisance lunaire.

31 juillet – 13 thermidor – Abricot

Ce caribou rit.
Ce corbeau,tout beau,tout beau.
Et toi au tricot !

Tic-tac-tic: le rat
tue cette tête toc-toc.
Et toi au boulot!

Cet abruti trace :
autocar à toute barre…
Et toi? Toi tacot !

Obéit au trac,
ce bureaucrate courbé.
Et toi : rire et troc.

Buta et rata.
Tria tout ce bric-à-brac.
Et toi : cœur carré.

Acerbe terreur.
Ce cri atroce écarter .
Ce cœur abriter.

Bâtir récit.
Écriture traître roc
et trouée acérée.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Acculée,clouée?
Si abolis l’absolu.
Bascule l’oubli.

Cisèle ciboule.
Ail se lie à basilic
Ici beau soleil.

Cette crise isole.
Ici-bas les oubliées.
Oiseuses, au bal.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Rusera au soir.
Si aïe bêle brebis.
Sera aube rose.

Absorbé biaiseur
à briser amies ira.
Si rares baisers.

Béer essaya
oiseau rieur irisé.
À l’ air ruera.

Ébaubir, oser.
Reboiser bribes broyées.
Brasser rires sûrs.

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Gamme âge égaya.
Vive magie ouï aigu!
Ouï,ma gemme aimée.

4 août – 17 thermidor – Lin

L’anneau l’aliéna.
Ennuya le lien loyal.
La lune, alliée.

Elle ou lui. Noyée
Annulée, l’aile liée.
A la lie nouée.

Ulule la nuit.
L’inouï non-lieu ânonne.
Alinéa nu.

5 août – 18 thermidor – Amande

Une aide mondaine.
Indemne ondée. Ennui mine.
Aumône au noyé.

6 août – 19 thermidor – Gentiane

Toi.Tatoué, nu.
Tout éteint. Tête agonie.
Ego atténué.

Guettait une note.
Un ton, à tige tenu.
Geignait ta nuée.

8 août – 21 thermidor – Carline

Liane roulée,
la racine lacunaire.
Renonce nacrée.

Ici né un cri.
Râle nu aciéré.
Crécelle rayée.

Noir océan cru.
Recoller ce carillon.
Errance élirai.

9 août – 22 thermidor – Câprier

Câpre épicera.
Apéro procurera.
Caprice rieur.

10 août – 23 thermidor – Lentille

Lente litanie
tente lutte étiolée.
A tonné,la nuit.

La toile niée
a teinté, a entaillé.
Étoile a lui.

11 août – 24 thermidor – Aunée

Une union nouée
Ennui ânonne en nuée.
Un anion inné.

16 août – 29 thermidor – Coton

Ce contact te nuit
te coince, t’anéantit.
Tenue nutation.

Ta tête contient.
Une note nuancée.
Un ton continu.

En attente. Nuit.
Entonna incantation.
Océan conta.

17 août – 30 thermidor – Moulin

La lune illumine
un maillon inanimé.
Immolé moineau.

Aime l’innommée.
Elle mon âme lamine.
Amie, là, ma main.

Elle, immune au mal,
à unanime mêlée.
A nul unie. Loin.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Nourrir opinion
en peur erronée prôner:
urne pourrira.

En pourpre ornerai
épine, ruine, peine.
En rire pourrai.

En or parerai
un papier nu ou un pré.
Un rien nourrirai.

Erreur épépine.
En ire épie, nappe, opère.
Ornière apeurée.

19 août – 2 Fructidor – Millet

Ô toi le lutin!
Luit lente et têtue étoile…
A toi l’amulette!

Ta télé allumée :
tout inutile, élimine !
Ta tète limite.

Titillée, tuée.
Allumette emmaillotée.
Elle tait, mouillée.

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Annonça le réel.
En découla un plaidoyer.
Lucide éconduire.

La prudence couine,
raille, d’acide édulcore…
Cordiale, ânonne.

Ne regarde rien.
-le nœud coule une audience.-
L’endolori réel.

Elle ne cilla,
ni rien ne lui pardonna.
(l’) Aile déploya .

De l’innocence elle
dédicacera l’adieu.
Dure épée d’opale.

D’un rire nacré,
elle, un océan a éclos.
La douce naïade.

Rira de l’air d’or.
Parlera de ça, de rien
Elle, inénarrée.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Suis nouée rongée.
En urgences incongrues.
Un songe rogne encre.

Agressa, cogna.
Os nécrosé a écorné.
Scène résignée.

Guerre récusée,
en rouge course gercée.
En acier, encaisse.

Nuage cerné.
Un courage nécessaire.
Une agonie nue.

22 août – 5 Fructidor – Saumon

Némésis amuse,
en monomanes moissons.
Émane non-sens.

Unisson mina,
omise icône nomma.
Sa menue oasis.

Assommée, assumai.
Mon sas,mon âme assonais.
Saison en osmose.

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Sature, abêtis.
Sabote bêtise et brute.
Sérieuse, butée.

Sa bouture arrose.
Eau, et rit sa tubéreuse!
Aube, et soie est sa robe.

Bruiter t’a usé.
Sueur auteur situera.
Reboiser le but.

Braises tu étais.
Au soir ta rose s’est close.
Été ,tu riais.

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Sourcière racine !
– ironise une sorcière. –
Eau noie, sucre érode.

Souricière en cours…
courons! Écroué, récuse
un casier corsé.

Sa ruse nuira :
Icare en air a noirci !
-Ricane un oiseau-.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Tu quittes pays.
Épopée où tu te tapis.
Peau autopsiée.

Quiète, se tait
cette opaque pietà.
Optique épuisée.

29 août – 12 Fructidor – Fenouil

Lunaire, la fée
noua folie au fil de laine.
Féline à l’œil fin.

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

Ce rire navré !
Ici un rêve chavire,
en âcre ruine.

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Tant naïve! Tout
était ton néant,ta nuit.
Une vie éventée.

Un vent entêtant,
et toi atone et voûtée.
Vaine invitation.

Toi,vêtu d’envie.
Ta vanité t’envoûtait.
Inavoué étau.

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Larmes amères.
A la muraille arrimée,
remuer sans issue.

Mémoire railler.
La misère museler.
Suaire immolé.

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

A fée a obéi,
ébaubi béa,- au feu ! –
Aube bafouée .

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Naguère érigée.
En berne, agonie ignorai
une guerre borgne.

Origine guérie
une gerbe enrubannée.
Neige enrobe aurore.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Etait ton noyau.
Etait ta note étonnante.
Etait ta nuit nue.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Pour air a épieu.
Pour parure a oripeau.
Pour rire a eau pure.

27 octobre – 6 brumaire – Héliotrope

Parole perlait.
Telle étoile reluit,
prophétie irréelle.

Trop a toléré !
Par la pierre l’a ployé,
pétale replié.

Altier il parle.
Tout torpille et il répète
théorie étiolée .

La rouille te lie.
Ta plaie triture et appuie.
Pâle lueur tue.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Oser se ruer
à la lisière du soi.
Ourler le soleil.

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Ce cri ricocha.
A curer ire échoua.
Au rire arraché.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Oiseuse fila.
Esseulée lissa le fil.
Sa folie siffla.

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Ce moi écumer.
Remuer. Écorce amère
macère ce cœur.

Armure, acre émoi.
Acier rime ici mura.
Amour émacié.

5 novembre – 15 brumaire – Dindon

Un’ aide nia.
Au dénué dédia
inouï dédain.

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

En cases:censure
nos errances nécrosa.
Cassure à nos sens.

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Rallia la zone,
ulula râle azuré.
Le réel enrôle !

Lazare roula.
Le zélé élu loua
le loyal lever .

9 décembre – 19 frimaire – Sabine

Si anobie sonne,
un bois abuse au noyau.
Insanes besoins.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Isolés lésés.
Le laïus usa la loi.
Oiseaux exilés

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Le traître a pourri
ta pierre. Étire l’aile et
ta terre palpite.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

Lire l’orée où
Là, l’aurore auréola,
Réelle, la lueur.

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Amer. Érodé,
à rude vie amadouer.
Vidé,dériva.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

En écume coule,
mélancolie calcinée.
Cyclone menace.

Malice en monceau
acculée calme lamine
Liane nouée

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

Chair en dédicace.
Lynché , déchu , l’idéal !
Un ciel élimé.

15 avril – 26 germinal – Lilas

Le soi essaya
Le si,le oui ,a usé
L’issue a saisi

17 avril – 28 germinal – Pensée

Se pèse, se pense.
Se nappe en épaisse peine.
Épine épuisée.

28 avril – 9 floréal – Hyacinthe

Ton chant entêté,
à une icône noyée,
te hante et t’enchaîne.

L’autre Hidalgo

20 mai – 1er prairial – Luzerne

en urne un rune.
nulle lune en ruelle.
elle, lue : ruez !

25 mai – 6 prairial – Mélisse

Soumis le molosse
S’amuse. Sous le miel moussu
Il ose le miso.

8 juin  – 20 prairial – Fourche

écorche ce chef
chien féroce ou fourche-fière
accroche ce froc

raccourcir ce chef
ah ! forcer cour, chercher roi
échec au fric !

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Au bar, rue bobo :
Béru bourreau, bru barrée.
Rab à Biribi !

10 juin – 22 prairial Camomille

Au môle il mouille.
Ma came amie, ma môme,
le miel, calme-émoi.

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Où hurle la foule
Roule le cou, roue caillou !
Où levée d’écrou ?

Elle fouille le chou.
Au vol ! hurle la feuille.
Chèvre la fille !

Frivole vélo,
Fourche fière, roue crevée,
Couche à la fraîche.

Force à la friche.
Havre où chauffe le cuivre,
Où rouille le fer.

Flore féroce.
La fleur ivre, la chaleur.
Chou feule, ail rit !

13 juin – 25 prairial – Tanche

Coincée en chêne
Une hache ancienne
Onc ne chante

Un cachet chute.
Une chatte. Enchantée !
Notice étanche !

15 juin – 27 prairial – Verveine

Vu reine à revue,
En ver, errer nue, ivre,
Rue riveraine.

16 juin – 28 prairial – Thym

Momie au totem,
Mite et amitié – Tome huit.

Toute émue ma môme !

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Ô pipi au Pô !
Eau vive nappe Pavie.
Vu, peine au niveau.

Naine avoine en vue.
Poney pie en vain venu !
Pine en avanie !

19 juin – 1er messidor – Seigle

Saga au gala.
Gus, à l’as, gogos saoula.
L’os : Lou au solo !

Légale la sauge !
La liesse à Liège, le glas !
Saoules gueules sales.

Gag à l’Élysée ;
Gauloises glossolalies !
Gaïa a gloussé…

Gilles sous la luge,
Agile, s’use le sguègue.
Y’a os gelé !

Au seuil le soleil.
Soulages, le seul, a l’œil.
La suie a saisi.

Élu au silo
Le geai égale le sage.
La gouaille s’y loge.

Éloge à l’oseille :
Gisèle soulage Louis.
L’œil, à l’ouïe s’allie.

Sage aigle isolé,
À l’œil agile, aiguisé.
Au lasso l’oiseau !

Le gigolo saoul,
Lègue à l’alèse sa glu.
Le sas souillé !

Salsa ou la gigue ?
Il y a gala à l’asile !
Gisèle à la soul.

Le gogo lassé :
Sous l’alèse il se glissa.
La sauge a élu.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Une nonne naine,
En vain, ânonne un ave
Au veau nouveau-né.

21 juin – 3 messidor – Oignon

GAG : au gué y nage !
GONG : eau gaie gagne gaïa !
GUIGNE : au Gôa noya !

22 juin – 4 messidor – Véronique

Onirique union.
En verve, une unique ivoire
Enivre une noire.

Rêverie équine :
En rive, vive virée,
Que ruine quinine !

Nenni ! Qui enivre
Vive vie ! Ne rêve en queue !
Vino ovunque !

23 juin – 5 messidor – Mulet

Étau, meule ou lime
Ultime outil métallo
Mate le moyeu

24 juin – 6 messidor – Romarin

Morne ramoneur,
Narine noire, main énorme,
Murmure : mur-ennui !

25 juin – 7 messidor – Concombre

Mercenaire armé,
À braconne onc ne renonce.
Au brame, bourreau !

28 juin – 10 messidor – Faucille

Aile C, cellule L,
Le flic fouille l’officiel.
Là, le café coule.

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Craie noire, encre dure ?
Ordre ancien, un ordinaire ?
Un cri : incendier !

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Ô! catcheur tricheur,
Cartouche cette ratiche !
Artiche à Ronchin !

10 juillet – 22 messidor – Cumin

Mou, mince, anémié.
Aucun camion ne manie
Ce maçon camé.

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

L’alchimie m’achale !
Michel à la mèche chôme.
Moche chalumeau.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise 

Iroise moussue.
Masure rossée y mue.
Armor as mirror.

Armure à moirer,
À moiser la Marie-Rose.
Mer émue murmure.

Amour, eau rusée !
Aim’ moi s’amusa Éros.
Armoire m’a muré !

surseoir au rosé
essayer eau sms
au soir, se marrer !

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Cachet, cette erreur.
Arracher tête à toute heure.
Ô marteau terreur !

Marcher à côté.
Mater, étamer… rater.
Chômer & trimer !

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Ramer mi amor.
À rire : ma mie a mué.
Amère ma roue.

29 juillet – 11 thermidor – Panic 

Pièce au canapé.
Niépce n’y pionce : canin!
Nièce au piano : coin!

Ce qui suit est rédigé avec @CecileCecdes :

Canopée punie
Pin cyan, à nu, où pie peine
Cep pané, épie

Panacée au pic.
Coppi, épine au pneu, coince !
Picon ou coca ?

Cancan au ciné :
Au pieu, peau nue, opiacé,
Pan couine au pipeau.

Épié, ce copain
Coupe ici un penny nain.
Ce con en cana !

4 août – 17 thermidor – Lin

À l’annuel élan,
Nul n’aliéna ni y lia.
Noel : léonin !

8 août – 21 thermidor – Carline

crincrin criailleur,
ce crooner crâneur écroule.
cruelle crécelle !

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Là, pluie de poudre.
Parole de la perle ?
Délire du loup !

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Marner, ruminer :
Morne uranium m’anémie !
Manière à mouron.

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

offrir un sourire,
ses fesses suries, au noir.
souffrir une année…

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

le chic à la colle
chique ou claque chèque au claque
échec à la cool

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

petit reporter,
taupe paumée du métier.
m’emporter, me taire ?

Au petit ermite
Pirate, pire promit :
Tuerie au pyrite !

Prude tôt paumée :
Importée & répudiée :
Rampe pourriture !

au dada-tattoo :
doudou tâta du matou,
mata iota & rit !

ami d’émeutier
ému, de ton mur paré,
m’emparer pourrait ?

Parade & Pom-Pom :
Du prompt, du piètre déterre !
Ode à pitrerie…

Dompteur du prompteur
Partout troupe t’a trompé
Pompe ! Rampe ! Au trot !

Père m’a poiré
& mère empapaouté !
Merdre pue ! Dada !

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

le mur raille tout’ loi
l’âme m’étir’, même à tort
raye le mot « À », il tait…
(composé en acronyme sur le haïku phonétique du même jour de Bernard Maréchal
LMRTL
LAMÉMAT
RLMAIT)

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

coyote crieur,
l’actualité, elle t’irrite
elle te tolère…

l’autre (le trollé),
cataracte l’étrilla.
ô l’œil ce crotté !

étroit correcteur
& la couille & le clito
au cercueil cala.

croûte recalée !
au coriace retraité :
clairet ou yaourt.

étêter coyote ?
coriace au couteau le cal !
l’écart coûtera !

le crotale éructe,
accorte le loriot trille.
recta coyot’ crotte.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Rugir ou rougir ?
Orage ou orgie au grog ?
Ou rare rigueur

24 octobre – 3 brumaire – Poire

parure épurée,
paroi purpura, eau proie.
Péreire preu ou pou ?

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

barbare et barbant
barbote bar au barbot
barbon ou barbeau ?

Elisabeth Chamontin

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Par l’or, l’œil espère ;
L’oreille a ses osselets ;
L’orteil, lui, repose.

Pareille à l’oiseau
Sur l’épaule paresseuse,
La réalité.

Sur le papier pâle
L’auteur a posé ses lettres.
Ô postérité !

Plaire, plaire, plaire !
Sur l’oasis littéraire,
L’étoile luira.

29 mai – 10 prairial – Faux

Fi ! axée à foi ?
Feu fou ou œuf aux aïeux ?
Fieffée oie, oui, fi !

Guy Deflaux

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Le sort est tressé
Elle espère l’or et sotte
Serre Eros trop près

29 mai – 10 prairial – Faux

EXE faux EXIF
Xi faxe à Xiao ? Faux fax !
Féaux ! Axe faux !

4 juin – 16 Prairial – Œillet

L’ilote et l’élite
Litote : il toilette l’œil !
Et il lit l’étoile

( Beau présent)

6 juin – 18 prairial – Pavot

Papa vapota
Papota, appâta Pat
Pat vota Papa !

7 juin – 19 prairial – Tilleul

Utile, il lit Tite
Elle élit le lit, le tète
Lui, têtu, il lutte

8 juin  – 20 prairial – Fourche

Fureur ce chef cherche
Fourrer ce chou cru ? Horreur !
Ou curer ce four ?

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Chercher, réfléchir
Fille revêche chérie :
Il le vérifie !

13 juin – 25 prairial – Tanche

Nathan t’a tâtée
Tétée, t’attache et étanche
Ta chatte enchantée

18 août – 1er Fructidor – Prune

Un pré nu, purée !
Une pure peur ! Repère ?
Pépère : une rune…

22 août – 5 Fructidor – Saumon

A Mons nous osons !
Au sauna, nous assumons
Nus, massons nos os

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Berbère ? T’es sûr ?
Tu butes sur tes erreurs
T’es beur et tu ruses !

23 novembre – 3 frimaire – Chicorée

Cri ! Ronce : écorché !
Cire… Choc… choir… ricocher
Echo ! Eh, Chéri ?…

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Née fêlée, elle enfle
Né en elle : le FN !
Enfle le FN !

21 décembre – 1er nivôse – Tourbe

Buté, torturé
Brute bourrée : rut bourru
Urètre et… : bébé !

22 décembre – 2 nivôse – Houille

Elle : « Hello ! » ; Lui : « Oui ? »
Lui ! L’élu, elle le hèle,
L’œil huilé : « Ohé ! »

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

Ruée sur ses sous,
Ses ors, ses fourrures russes…
Refus ! Essoré !

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Hein, Nic ? Chié, ce chèche !
En Chine, ni chèche chic
Ni chiné ! Echec !

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

Le prêtre la presse
Lasse, elle sert le repas
Le prélat repart.

1er janvier – 12 nivôse – Argile

Graal érigé.
La régie règle le « La »
Le gala ? Grégaire.

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Râ arde irradie
Rade d’Iroise irisée
Drisse essorée raide

3 janvier – 14 nivôse – Grès

Serge gère ses ergs,
Ses regs, ses serres grésées
Egée grée ses erses

4 janvier – 15 nivôse – Lapin

Alain a pâli
Il n’a ni palan, ni pal
Là, Pina plia.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Silésie ? Ixelles ?
Isis sille… elle s’exile
Liesse : l’Île Ellis !

6 janvier – 17 nivôse – Marne

Ramer amarrée ?
Emma, amère, en a marre !
« A Rama ! » Amen.

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

Barbara, ma « babe »,
A Berre m’a rembarré
Ma mère me barbe !

24 mars – 4 germinal – Tulipe

L’été il pleut peu
Nu-tête l’élite plie
Le peuple pullule

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Père vénéré…
Cher Père revêche : prêche !
Péché repéré

5 avril – 16 germinal – Laitue

Il luttait et l’ail
Lui titillait la luette
Tilleul et… au lit !

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Zélée, Mémé mêle
Emmêle, même, l’Èllez
Le Lez, Èze, Mèze

12 avril – 23 germinal – Marronnier

On nie mon renom ?
Mon armée amène à Rome
Mon âme en airain

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Ni génie, ni poigne
Ni égo, ni opinion
En péon, on peine !

19 avril – 30 germinal – Couvoir

Voici « Cor ou cri ! »
Voir ici : cuir rococo
Oui : « Cocorico ! »

Gérard Le Goff

5 juin – 17 prairial – Sureau

seras rassuré
rare ruisseau ressassé
seras rassasié

6 juin – 18 prairial – Pavot

pavé à pivot
étape type et veto
épave évitée

9 juin – 21 prairial – Barbeau

bar « beau bar » à birbe
« beau bar » à bobo baba
à baba barbu

Annie Hupé

6 juin – 18 prairial – Pavot

Va, petite taupe !
Va ! toute utopie te voit
épave ou pépite.

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Un thème me hante :
un hôte inhumain monnaie
thé, menthe et hymen.

15 juillet – 27 messidor – Ail

Elle a lui, liliale
lui, l’ailé, il l’a louée
il a ululé.

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Va ! Sois avisé,
Secoue ces visions vicieuses,
Sauve ce vaisseau !

14 août  – 27 thermidor – Colza

Allez-y – zizi,
louez cul, couille… Accueillez
Luz à la loyale.

Le cycle écoulé
clouez le ciel au caillou
ici l’alizé.

L’œil zélé allie
celle-ci à l’azalée
celui-là au clou.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

Crayon au contact,
tout à trac tira un trait
traça un contour.

un turc occitan
côtoyant un inconnu
crut ouïr un cri

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Teuton tout tonnant
OTAN t’ôta toute union
OTAN t’anéantit

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Obéir au verbe,
trouver à boire et, au trou.
Braverie béate.

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Barboteur têtu
brave buveur breveté,
vautré, ivre et bête.

Bourbier au bayou,
bateau arrive avarié :
barreur avait bu.

Ubu irrité,
Barbu, aboyeur, têtu,
A buté Toutou !

Beauté avertie
vaut autorité bébête
ou bravoure outrée.

Ta bière au bureau,
ta biture au bar t’a tué :
retour à brouette.

Butor avorté,
Taré, abruti, bêta,
Birbe, rat bâté !

Verrat au rebut,
Brute, baveur à béret,
Roteur arriéré !

Baratte batave,
rotative et brevetée,
bat beurre avarié.

Art : tabou broyeur,
abreuvoir à rêverie,
bouée à revivre.

17 décembre – 27 frimaire – Liège

Galilée : éloge
à l’aïeul égal à l’aigle,
agile, illégal.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Au panier : coing, prune,
courge cornue, poire, orange,
pigeon cou coupé.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ne remuez rien
année zéro remémore
zone en ruine énorme.

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Chute d’eau ! écoute
une anecdote innocente
d’aconit tue-chien.

22 février – 4 ventôse – Troène

Orient ! Tour à tour
notre trône et notre traître.
Routine éreintée.

Bernard Maréchal

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Rare aube barbue,
Babar beurré au bureau
Aura rue barbare !

10 juin – 22 prairial Camomille

Mamie a calé :
Le miel colle à la mamelle,
Elle a mal à l’œil.

Émilie, ma mie,
Ma mie à moi aime l’oie,
aime l’aïoli.

Il aime la loi,
le lama à la mamelle
mime la momie.

Il lime la moelle,
il a mêlé la limaille
à la momie molle.

Camille aime l’ail,
Elle aime l’ami Émile,
Camomille au miel.

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Effluve fleuri
réveille le lévrier :
rififi viril.

Le ver hulule, il
hurle, le ver éveillé,
le vil ver hurleur.

Le livreur huilé
réveille le feu rieur,
furie révélée.

Le lièvre velu
lèche le lierre élevé,
viveur irréel.

Lui, le vieil élu,
réveille le fier filleul,
relève virile.

L’hiver réveillé
a effleuré le vivier,
verre révélé.

Fureur vivifiée,
fière verrue effilée,
lèvre liée, vive.

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

Elle a taillé l’ail,
elle a allaité la laie,
la laie l’a talée.

La caillette tète
la caille et le lait létal,
l’été, alitée.

Variantes avec Quartidi + Caille-lait ( hors contrainte )

L’eider irrité
trille le lied, à la lettre,
drille de la Terre.

La treille taillée,
il titille la tirette
de la tirelire.

13 juin – 25 prairial – Tanche

Tanche tachetée
achetée à échéance,
tentante et cachée.

Ta chatte cachée,
chatte tentante en été,
cachette enchantée.

Échéance : acné,
cancan, encan, chance hachée.
Né, cané, enchêné !

Variantes avec Quintidi + Tanche

Hanche à échéance,
canne cachée en échec,
cadence hachée.

Cantate d’aède,
détachée et chantante,
cadence entêtante.

Tata déchaînée,
tata tannante et tenace,
tata entêtante.

Athée détaché,
entendant ta décadence,
hâte ta décence !

Ta nana cachée,
nattée, décente, attachante,
et ta déchéance…

16 juin – 28 prairial – Thym

Tomate au mammouth,
miette à ma môme muette,
tommette au matou.

Variante avec Octidi + Thym ( hors contrainte )

Eau cacaotée ?
Écume du maté tiède ?
Audace du thym !

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Pivoine veinée
nippone épopée innée,
veine inopinée.

Ô pivoine née
nippone, vive, Poppée,
vive épépinée.

18 juin – 30 prairial – Chariot

Toto a eu tort.
Haricot, rôti, coca,
cacao : caca !

Courir au tacot,
accrocher caca, crachat,
Et choir au trottoir !

19 juin – 1er messidor – Seigle

Louis, le gigolo
esseulé, gelé, essaie
la gueuse soyeuse.

Il lisse Sissi
(elle se gèle le siège).
Sigle l’élégie !

La gosse goulue !
Elle ose, sous le soleil,
la gueuse illégale.

Il glisse le lige !
Lisses sigillées siglées
Gilles se les gèle !

L’oseille au soleil,
là où la sagesse suisse
s’allie à la loi.

Oiselle esseulée ?
le géologue a la gaule,
il ose le goal !

Le Louis a la gale.
Il a la gueule si sale,
le suisse se gausse.

L’igloo isolé ?
Agla-gla, l’auge gelée,
Aglaé s’y glisse !

Éloge au SILO :
SUEL seul élu, à l’aise,
sa gouaille soyeuse.

Il lui a gueulé :
Lison ! Élague les algues !
Sale l’aloyau !

La sauge le saoule ?
La gigue le lasse aussi ?
Essaie l’aïoli !

Les as, à l’asile !
Les logeuses, à la loge !
Les sages, au soleil !

Yoga au gala,
il s’isole à la loggia,
il a son aiguille.

La glaise soyeuse
se lisse sous le soleil,
alliée au loess.

Il a l’œil aigu.
Son sosie sous la loggia,
il l’a aiguillé.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Un neveu, en vain,
voyou aviné, envie
un vin nouveau-né.

Avion en névé ?
Avanie ? Non, vaine vanne,
venin aviné.

22 juin – 4 messidor – Véronique

Une union unique :
un eunuque riquiqui,
une vioque en ruine.

Un rieur qui nique
un renne, quoique rouquin,
ira au requin !

Narine aérée,
rein ruiné, neurone à nu,
veine en avarie.

Roi au rein noué,
quoiqu’une rouquine nue…
Urinoir en vain

Un rire aviné :
renvoyer un ouvrier
Ivoirien ravi.

Navarin ovin,
Un vairon au quinquina,
une oie au Vouvray.

Une nounou rêve
au nouveau-né qui rayonne,
un roi qui arrive.

Une veuve en or,
un nervi nouveau venu,
un ennui en vue !

23 juin – 5 messidor – Mulet

Totem émaillé,
millième œil illimité,
étoile allumée.

Il taillait la tôle,
matait la lame têtue,
toute la limaille.

24 juin – 6 messidor – Romarin

Un rimeur rumine,
nomme une rime ennemie,
amarre un émoi.

Mon âme emmurée
Murmure à une anonyme
Un air anémié.

Mourir, ou muer ?
Une momie ranimée
Erre, énamourée.

Manier, remanier,
marmonner, remémorer,
murmurer, mourir.

25 juin – 7 messidor – Concombre

Cerbère ronronne :
ce croc énorme m’emmène.
Renonce, borné.

Armée inconnue,
mercenaire ricaneur,
menace barbare.

Ce cerne me nomme,
mon encre en berne renonce :
Mécène commerce.

26 juin – 8 messidor – Échalote

Cette côtelette,
accotée à la hachette,
cachée à la hâte.

Lotte à l’échalote,
Côtelette à la cocotte,
Cacao lacté.

Attache le coche.
Et, collé à la culotte :
Yeah! Hue cocotte !

Lâcheté, calcul ?
Actualité têtue :
Tacite a chuté.

L’athlète loyal
Attache le colt au clou,
et latte au chicot.

La chatte ocellée
lèche cet alcool létal,
tète le Léthé.

Le thé, la télé,
tête-à-tête et côte à côte,
la halte à l’hôtel.

L’alouette accouche,
le cachalot la chatouille,
le chacal l’attache.

Actualité :
élite louche ou loyale ?
Élu au cachot !

Alcool et cachou,
lait caillé et cacahuète,
et clac ! le caillot…

Laine et acétate,
châle, et toilette ouatée,
la touche « layette ».

Échec à l’otite !
Le leucocyte illicite ?
Il a lâché l’hôte !

Coolie tatoué,
licol attaché au cou,
ce lacet têtu…

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Athée hésitant,
tient sa satanée absinthe,
anisette hantée.

Absence, néant,
ton tatou assassiné
te hante, benêt !

Bonsaï baobab,
antithèse saisissante,
ta beauté boisée.
Ânes hennissant,
instantané saisissant,
babines béantes.

Sainte et satanée
bêtise, assassinat bas,
et haine insensée.

Une nuit en août
Un sansonnet obstiné
Tisse sa sonate.

Eau bénite en tasse ?
Tisane anisée ! Santé !
Satané sabbat !

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Une douce ondine,
néréide dénudée,
candide naïade.

Énée à Didon
donne un dîner, au dodo,
duo dénudé.

Inodore ennui
d’une aride randonnée,
dernière noyade.

Cadre racorni,
adonné au cacao,
rancunier, acide.

Raideur inconnue,
accourue au coin de rue,
cadence adoucie.

Arène arrondie,
Corrida, corne acérée,
Ardeur incendiaire.

Ce cancer nié,
Dur cadeau d’un cendrier,
Créance anodine.

Crinière aérienne
Narine réincarnée
Canine, innocence.

Une ère de cendre,
Indécence, décadence.
Renoncer. Cyanure.

Dernière créance,
Ordonnance draconienne :
Incendier ce cœur

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Rica t’attacha,
Écorcha ta chair cachée,
choyée, tatouée.

Check your character !
Take care, you are a rat,
Arthur. Take a cake !

( sur artichoke )

Crocea cruce,
Tertia creatura
Ter te hortatur.

Sur une croix jaune,
La troisième créature
Par trois fois t’appelle.

(  ‏ traduction du précédent rédigé en latin )

Cette cicatrice,
écorchure ici écrite,
a tracé ce cri.

Rut caoutchouté :
chouchouter cette chérie,
coucher cette Aurore.

Aorte têtue,
Rechute, cœur rétracté,
Et tic-tac heurté.

Taureau ahuri,
cette cruauté cachée,
acier accrocheur.

Cocotte à rôtir,
Chariot à charcuterie,
Charrette à choucroute.

1er juillet – 13 messidor – Girofle

Fière oie égorgée
effilée, réfrigérée,
grillée, glorifiée.

Fourrure effarée,
l’air égaré, le gorille
griffe le feuillage

Alliage aurifère,
refoulé à la ruelle,
Euro affolé.

Filou aguerri
Glorifie la griffe rouge.
Il a failli fuir

La gorge légère,
légifère l’agrégé :
girolle grillée.

Loulou l’a frôlée ?
Elle lui a giflé l’oreille :
giroflée larguée.

Fière, elle a feulé,
l’a foulé, l’a affalé.
Il a gargouillé.

Loulou ? gigolo !
fieffé gaffeur ! arriéré !
farfelu fêlé !

De lierre fleurie,
fière allégorie guerrière,
figure royale.

Loulou a filé
(Elle lui a fêlé le fion),
La fiole gaufrée.

2 juillet – 14 messidor – Lavande

Le néon dévoile
le dandy de l’avenue,
la venelle vide.

Vénale Nana,
le venin du vaudeville,
la divine dinde.

En aval, navale,
loin de la ville vandale,
Île déliée.

L’envoyé d’Ilion
avoue le dol de l’Hellène
à l’Aède élu.

3 juillet – 15 messidor – Chamois

Causeuse au hammam
eau écumeuse, oasis,
oiseuse au hamac.

Chemise écossaise,
Homme chaussé chic, cossu,
Éméché, se mouche.

Cosmos ou chaos ?
Ah ! Ces souches secouées !
Secousse ou séisme ?

Ose ce coca.
Mâche ce cachou moisi.
Essaie ce haschisch.

4 juillet – 16 messidor – Tabac

Tète ta coca,
ta cité cuit, abattue,
et ta tête boite.

Bébé boit béat :
ta couette a bu cacao.
Bébé bée. Caca !

6 juillet – 18 messidor – Gesse

Ô gai yogi suisse,
soyeuse sagesse assise,
essaie gag osé.

Si sa gueuse sue,
sage, assise sous ses gogues,
essuie sguègue au siège.

7 juillet – 19 messidor – Cerise

Rousseur écossaise,
caresser ce caraco,
rieuse écuyère.

8 juillet – 20 messidor – Parc

Occire ce porc
au croc acéré, coriace,
épicer, recuire.

Couic à ce paria,
procureur au croc rapace ?
Couper ce cou pur ?

Pur porc au curry,
carpe râpée au poireau,
oie au cèpe cru.

Purée épicée,
pécari au curaçao,
crêpe au cacao.

Ce cœur rapiécé
pourrira, pouacre, recru,
repu, accroupi.

Ô prépuce pourpre,
peau pourrie, croupe râpée,
ô puceau repu !

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Minette hautaine,
étonnante émeute intime,
amante imminente.

Tentante teutonne,
inhumaine anatomie,
maintient mon émoi.

Un mammouth mutin
initiait au tutoiement
un mouton muet.

Ton aumône anime
une annamite anémiée
au téton ténu.

Môme au menton mou,
Une momie à moumoute,
Tannée, émiettée.

Tente une amanite !
Inhumation imminente…
Néant, maintenant.

10 juillet – 22 messidor – Cumin

Aucune menace
Ne m’amène au cinéma.
Manon m’a miné.

Énième coma,
Communion en cocaïne,
Mon âme noyée.

Ma menue monnaie,
Une aumône a minima
Au mec anonyme.

Ni Manon ne m’aime,
Ni Nina, Ninon, Nini :
Mon acné me mine.

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Torche courroucée,
Ce cratère crachotait,
Âcre cataracte.

Royauté têtue,
cet autocrate acariâtre
torture au cachot.

Tricheur cachottier ?
Ce correcteur chahuté
écrit au recteur.

Écarte ta hure,
cherche autre couette où coucher !
Ta cruche chérie.

12 juillet – 24 messidor – Orcanète

Cantate concrète,
Concerto contrecarré,
Tercet concentré.

Ton crin tournoyant
réincarne un unicorne,
crinière aérienne.

Aorte coincée.
Coronaire rétrécie.
Tocante arrêtée.

Créancier tenace,
Tractation entérinée,
Euro octroyé ?

Caution, annuité,
Actionnaire et cotation,
Contrat centenaire.

Innocent ruiné,
Tyrannie attentionnée,
Curée écœurante.

Crotos ou un autre,
aucun centaure à crinière
n’étonne écuyère.

Ancêtre acariâtre ?
Attirante éternité ?
Incinération !

Ton crâne entêté,
Ton inertie taciturne,
Rancune incarnée.

13 juillet – 25 messidor – Pintade

Dandy ondoyant,
popotin un tantinet tendu,
entité poupine.

Étudiant idiot,
inaptitude au dédain,
un appât tentant.

14 juillet – 26 messidor – Sauge

Sa gosse assagie,
Sa Sissi assise au gué
Essuie sa sagaie.

15 juillet – 27 messidor – Ail

Lola a eu l’œil :
Elle a lié Loyola,
Aillé l’aloyau.

Leïla, l’oie élue,
Eulalie, l’aïeule ailée,
Lola, la loyale.

L’ailloli à l’eau ?
Alléluia ! L’aloyau
à la lie ? Yalla !

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Sévices vécus :
Eau écossaise vaseuse,
Couscous cacao.

Casse avec as sec !
Succès ? Issue évasive ?
Suivi, caisse, écus !

17 juillet – 29 messidor – Blé

À l’abbaye bleue,
le lai loue l’alléluia,
babille la bible.

Le bailli loyal
A balayé La Balue.
Alibi ? La loi.

Au Boulou, le boy
A oublié la bouillie.
On l’a eu à l’œil !

La belle bêla,
lui balaya le labial
au babil ailé.

Bobo ébaubi
à l’aube bleu libellule :
il a lu Bilal !

Allo Léa ? LOL !
Baloo a loué le bob !
Oublié, le bal !

Le bel aléa !
Il lui a bleui le bulbe,
Lié la babiole.

Il a lu la loi :
« Lie l’abbé au baobab,
Obole à Éole. »

Elle a lu le bail,
Elle a loué le bébé,
Il a babillé.

L’île où le youyou,
Oublié à la bouée,
A lobé la yole…

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

Michel, éméché,
lui a mimé le lama :
la chamelle l’aime.

Malaca lilia
collo amicæ meæ,
milia colloco.

( Bernard Maréchal ‏a fourni la traduction suivante, également sous forme de haïku :

C’est de tendres lis
que j’orne le cou de ma
chérie, par milliers.  )

Malice couillue :
le mioche mouille Amélie,
lui calce le cul.

Méchoui au lama ?
Lie le miel au camélia,
Écume à la louche.

Le mâle coolie,
Calme, amoche l’homme chic
à la couille molle.

Lâche le licou !
Le caillou cale la calèche,
le lama écume !

Le mec à la coule ?
Il macule la cellule.
L’alcool l’a cloué.

Hache-lui la moue,
à ce môme, mouche-le,
écaille-lui l’œil !

Meule-lui le cul,
lime-le à la mamelle,
mâche-lui la moule.

Humilie ce mou :
cloue-lui la miche à la lame,
cloue-lui le cæcum !

Là, comme à l’école,
le cachou à la cellule
a calmé ce mac.

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Baba cannibale,
le nabab à la banane
a calé, banal.

L’abeille au babouin :
« Beau cul bilobé ! Bobo ? »
Le babouin : « La conne ! »

Le nabab bancal
a oublié la bouée
au bal à bobo.

Le nabab à l’eau !
Il a coulé une bielle,
bécane noyée.

Nabab au balcon,
bonobo au cabanon,
colonel cocu.

21 juillet – 3 thermidor – Melon

Ennui ennemi,
la millionième anémone
mine mon émoi.

La lune anémiée
n’illumine nul ami,
môme à l’œil noyé.

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Vivier ravivé,
rivière vouée au roi,
eau y va, ravie.

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Le babil rebelle
oubliera la barbarie.
Bébé libéré.

La bière brûlée
auréole le labeur,
libère la bile.

Le barbouilleur roi
a leurré la libellule,
a bleui l’érable.

 24 juillet – 6 thermidor – Prêle

Parler ou pleurer ?
La paupière perlera,
prière rouée.

Elle ourle le pré,
l’épi, parure pillée,
paille éparpillée.

Pareille à la pluie,
pleure, poupée apeurée,
la paupière pâle.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Assise au miroir,
Marie-Rose a ressassé
sa mémoire amère.

Orme ou merisier,
morose armoire à misères,
sésame moisi.

Ma mère remue
mes mémoires amassées
mises à moisir.

Soirées arrosées,
Mes amours remémorées,
Séismes ou miasmes.

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Marcher à côté.
Mater, étamer… rater.
Chômer & trimer !

Ce cœur rétrécit,
car amertume rétracte.
Charité ? Commerce.

Courir ou marcher ?
M’attacher ? M’accoutumer ?
Mourir ou tuer ?

Eau amère et claire,
territoire maritime,
humeur outremer.

Thermomètre cuit,
accroché à ce hamac
au rythme ouaté.

Armure arrachée,
ma chimère a échoué,
mémoire meurtrie.

Rime recherchée ?
Accroche-toi au miroir,
chercheur arrimé.

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Rumeur au royaume :
mourir emmurée à Rome,
murmure Maria.

Aurore moirée
a remué ma mémoire,
momie emmurée.

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Sûr ! sur sa souris ?
Sa souris rousse a souri ?
Si sa sœur susurre…

Sœur Sourire, osseuse,
Assise sous ses rosiers,
Essuie sa sueur.

Réussir sa ruse.
Resserrer sous soi ses sous.
Surseoir au suaire.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Clérical carré,
cornu, connu, ou salace,
suce curaçao.

Casser les calices,
arroser le colonel,
assaillir la Reine.

La cane claironne
l’accession à la casserole,
saisie à l’oseille. 5-8-5

Le canon assis
à la caserne sereine,
cocasse, coasse.

Carole se casse,
Le liseron s’enracine,
Innocence niaise.

L’encrier ancien,
Sec, noirci, s’encrasse, enclos
au socle ciré.

Osons les Assises
si le caissier alsacien
assassine l’oncle.

Cornac racorni,
Corsaire à l’œil si canaille,
Lascar casanier.

Le ciel laisse aller
une salaison rancie.
Le corail l’accueille. 1/2

Ici, sa carcasse
rassasiera la rascasse,
le colin, la sole. 2/2

31 juillet – 13 thermidor – Abricot 

Couteau tatoueur
Abattoir à Biribi
Bourricot cabré

Abruti au bar,
bureaucrate courbatu,
robot au rebut.

Torture au carré,
ce tabac autoritaire.
Crabe ou barbecue ?

Artère obturée,
court-circuit, tête courbée,
et ton cœur barbote.

Recruteur bourré
rétrécit au cabaret,
cicatrice au cœur

Bébé au berceau
Beau tribut au bureaucrate
Tétée au bureau

Boycotter octobre,
autocrate autoritaire,
courbette au bureau.

Ce tarot t’abat,
Et cette terreur atroce
a broyé ton cœur.

Bécoter autrui ?
Écriture au Rectorat !
Retraite arbitraire !

Boire au cabaret,
carburateur à biture,
tuyauterie cuite.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Bleusaille esseulée,
Culasse calée au cul,
Besace bossue.

Sous le ciel si bleu,
où la balle l’a blessé,
belle, l’eau s’écoule.

Assis à l’école,
il a cessé ses calculs,
laïus illisibles.

Libellule bleue,
elle a secoué les ailes,
aboli le ciel.

Oublie le soleil.
Le siècle s’écoule à l’aise.
Il balaie le sable.

Le cycle social :
à l’aube, les balayeuses,
le bus, le lycée…

Colosse blasé,
baobab sous le ciel bleu,
balise, boussole.

Oasis, oubli,
alcool, asile absolu,
calice accessible.

La cible éblouie,
l’oiseau basculé au ciel
a l’aile cassée.

Il a lu la Bible,
l’a scellée à sa cellule,
ascèse absolue.

Si l’oiseau babille,
le ciel blasé se secoue,
le soleil a lui.

L’aloès blessé,
Lisse, aboli sous la suie,
Oscille, éboulé.

Si la liasse cesse,
la Suisse où coule l’oseille
se saoule à la caisse.

Œil alcoolisé
(il a lui, au ciel, si seul)
le soleil se lasse.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Si brebis aboie,
Barbu ira au bureau :
Ruse réussie.

Saisie au ruisseau,
Si ours bourru a brassé,
Eau sera bourbeuse.

Babar, absorbé,
a osé baiser Barbie
au ruisseau, bourré.

Sobre ou rassasié,
à Biribi, rabroué,
surseoir à sa bière

Sueur, boire au seau,
Suaire, bière, ossuaire.
Béribéri ? Oui.

Sureau ou sorbier,
Arbrisseau si rebroussé,
Osier ou rosier ?

Barbare rieur,
Sa bière rousse irisée
Sur sa barbe rase.

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Ma gomme avouée,
Guimauve, magma vomi,
Mou, mauve, gai gag.

Va via, voyou !
Voyage à Véga, au Gave,
ogive ou youyou !

Ma mamie me gave :
gamma, oméga, yoga.
Guimauve à gogo !

Ma gamme, à Gaveau,
Vouée au veuvage mou,
Avive ma mue.

Voyage gémeau :
Amigo mio, Goya
ou mamma mia ?

Mué au gamma
Où ma vague a voyagé,
Yogi a vomi.

Oui, ma môme aimée
avoue : a gagé ma gemme.
Ému, ai gémi.

Ma magie aiguë
a vu ma veuve Maguy
vouée au gommage.

Momie ou Migou ?
Image vouée au gag :
Gai you-you au goum.

4 août – 17 thermidor – Lin

Le lin l’ennuya.
Annie a élu la laine.
Nylon à Noël ?

Non, le lion n’alla
ni à l’anneau ni à l’île,
l’œil lié à Elle.

Nulle union n’a lieu.
Ni Ninon, ou Line, ou Anne.
Annulé, l’anneau !

Onan ennuyé :
il a l’élan léonin,
la nouille liée.

Une nonne nue,
l’alléluia annuel,
un âne à Noël.

Léonin, Léon,
l’aïeul aille l’aïoli
ou la nouille à l’eau.

Élan annulé :
nulle liane à une lieue,
ni nana à l’eau.

Aliéné ou non,
l’élu n’a eu ni non-lieu
ni l’alène à l’aine.

5 août – 18 thermidor – Amande

Ménade à midi,
Démon nomade demain,
Mondaine damnée.

– On dîne où, Ondine ?
– Au « Domaine Aimé », au Maine.
Amène monnaie !

Amandine, nue,
à demi amadouée,
anime ma main.

Adieu au dodo :
Une dinde amidonnée ?
Un moineau mondain ?

Madonna domine
un dandy demi-mondain,
démodé, immonde.

Monnaie anonyme,
Aumône au môme anémié,
Un dédain immonde.

Madame Didon,
diadème à demi noué,
amidonne Énée.

Madone en émoi,
anadyomène, Nana,
anémone d’eau.

Doña Manaudou.
Ondine à monnaie, menu,
d’immonde ennemi.

Nadine, nommée
Au menu du dénommé
Némo, un Indou !

Adam mime Dieu,
Nu, indemne, inanimé.
Aden ou Éden ?

16 août – 29 thermidor – Coton

Couteau innocent,
Initiation annoncée.
Attention : contact !

Tentation tétée,
ta nicotine atténue
ton inanité.

17 août – 30 thermidor – Moulin

Malin, le lama
au moulin a mimé l’ami,
l’âme molle a lui.

La lune mouillée,
Mamelon inanimé,
M’a illuminé.

L’ennui annuel,
Un animal à l’anneau,
Allié à mon mal.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Prairie pour pipi
Épine pourrie a peur
Un poney pour rire

Nappe en papier noir
Une prière païenne
Pourpre, une poupée…

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Édredon dodu
à la douce odeur de cidre,
cendre enracinée.

Carcan écroulé.
Une dernière corneille
dépèce ce crâne.

Un loup dénoué.
Le caprice d’une œillade.
Audace candide.

Le Pen au placard ?
La procédure a duré.
Colère, ou pardon ?

Ennui incendiaire,
laideur de la cendre nue,
aucune éclaircie.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Courir ou guérir,
courge grise ou surgeon grec,
orge sec ou sèche ?

25 août – 8 Fructidor – Apocyn

Icône inconnue,
innocence inoccupée,
panacée poupine.

26 août – 9 Fructidor – Réglisse

Galère augurale,
royale sous le grésil,
soleil sur l’eau grise.

Gloire à l’égorgeur.
Il a grossi le ruisseau.
L’eau gargouille, rouge.

La soirée grisaille.
Se laisser-aller, relire,
Alléger l’orgueil.

La Guerre rassure.
L’Orgueil leurre la Sagesse,
L’Aigreur égalise.

Si la Ruse souille,
L’Erreur ou la Rage isole,
La Sagesse saoule.

27 août – 10 Fructidor – Echelle

L’alcool au lycée ?
Chiche, allié à la coca !
Calice à l’école !

30 août – 13 Fructidor – Epine-vinette

Tôt venu au vent,
Un pantin épouvanté
vivote, épaté.

31 août – 14 Fructidor – Noix

Anxieux, ennuyé,
En anoxie, un Xanax
A nui à Nixon.

1er septembre – 15 Fructidor – Truite

Territoire étroit.
Torero autoritaire
et taureau têtu.

3 septembre – 17 Fructidor – Cardère

Eau ridée, acide,
Radar au cri du radeau,
aurore cariée.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Un pourri pérore,
une réunion ronronne.
Un paria noyé.

5 septembre – 19 Fructidor – Tagette

Agite ta toge,
guette au gâteau, goûte, à gué,
au gîte tagué.

Toutou agité
Gigotait, tout tatoué,
Goûtait au gâteau.

6 septembre – 20 Fructidor – Hotte

Août à Tahiti.
Yéti têtu, tête haute,
y était tout ouïe.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

L’Anguille et la Truite
ont englouti l’Agouti,
gueuleton goulu.

Un angelot traîne
une auréole étiolée
et grelotte, nu.

8 septembre – 22 Fructidor – Noisette

Atone, au sauna,
toute nue, sans sa soutane,
sa Sainteté sue.

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Une bulle au loin.
Une balle a lui. Holà !
Ballon aboli.

10 septembre – 24 Fructidor – Sorgho

Gros ours gris, au soir,
se gargarise au ruisseau,
assis sur sa graisse.

11 septembre – 25 Fructidor – Ecrevisse

Ascèse assouvie.
Écuyère cuirassée
rêvasse au caveau.

Sourire acéré,
suave sous sa vareuse
carrière assurée.

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Bagarreur bourré,
raid au bar à Biribi :
gradé égorgé.

Adieu au bayou,
égaré au bord du gué,
bourbier gorgé d’eau.

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

Adage gravé
dédié au voyageur :
Arrière, égaré !

Garrigue du Gard
Rêve de Ouagadougou
Gourde gorgée d’eau

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

Sommes amassées,
Sésame suisse essayé.
Séisme, saisie !

Maoïsme mou :
Mao soumis à Emma.
Maïs ou soya ?

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Moyen renommé ?
Remourir à Rome. Amen !
Une énorme erreur !

Roméo ronronne
en ré mineur enroué :
Nourrir mon minou !

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Union enrayée :
Un européen rieur,
Un paria noyé.

Paréo noué,
une poupine pin-up
pérore au piano.

17 septembre – 1re sans-culottide

Verrue verte et rut :
Revu vert tueur rêvé.
– Urètre-étuve !

Vautré au trottoir,
Ta roture t’a voûté.
Retour au terrier !

Trouvère ou trou vert ?
Verre ouvert, ou verrou vert ?
Tarte-art ou tartare ?

18 septembre – 2e sans-culottide

Gagnée à genou,
Une agonie ânonnée
Engage au guignon.

19 septembre – 3e sans-culottide

Litote voilée :
vouvoyer la violette,
tutoyer l’étoile.

Viril, irrité,
A viré Trierveiler.
Elle l’a rivé.

Voltaire a eu tort :
La rêverie te torture.
La vérité tue.

Toilette au réveil.
Autorité rituelle :
Lave-toi l’oreille !

20 septembre – 4e sans-culottide

À peine un penny,
Une nappe inopinée,
Un pain en épi.

21 septembre – 5e sans-culottide

On économise.
On paie une aumône au môme.
Un penny ? Merci !

Espèces précoces,
Écrémées, non consommées,
Escroc économe.

– Ma reconnaissance ?
Mais remercie-moi, au moins !
– Rémunère-moi !

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Roussanne ou Syrah,
Noir rayonnera rosé.
Sois serein, arrose !

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Ni souffrir sans frein,
Ni finir en fanfaron,
Enfouir ses frissons.

Une Russe rousse,
Un fourreau en soie, froufrou,
Éros en fureur.

Néron effréné
Assassina sa nana.
Fou inoffensif !

Si nounours s’ennuie,
Enfarine Raffarin ?
Finir en enfer !

Fourneau, ou sauna ?
Un inoffensif ennui
sniffe sa nausée.

Fourrure soyeuse,
Rose ou rousse ou safranée,
Une souris noire.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Qui a la colique ?
Quoi ? l’alcool choque ? Chiche !
À la queue ! Coucou…

Coq ou hochequeue,
quoi que la coquille lâche,
il a l’aile chic.

La quiche à l’école :
Achille accueille Clélie,
la lèche à la colle !

26 septembre – 5 vendémiaire – Cheval

Le chauve a lâché.
Ah ! la vache ! Elle a léché
le veau à l’œil, va !

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Un thé en attente
Et un thon en théorie
Ont rarement tort.

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

Passion insensée,
Ennuyeuse à son insu :
Saison nauséeuse.

1er octobre – 10 vendémiaire – Cuve

Ce Voconce à Vic ?
CV vu, couci couça.
Caca, va via !

Eau vive au caveau.
Voyou vouvoyé ? Cocu,
ce vioc a vécu !

Coco avoué
avive veuve cuvée.
Vœu à vue : écu.

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

Opéra, retard
pour apparaître au parterre.
Épater Madame.

Mourir pour autrui ?
Apitoyer un apôtre ?
Détrompé trop tard !

Un Prêtre au prétoire,
Une Dame et un tiroir.
Erreur de maraude.

Par étourderie,
perdu matamore armé.
Remettre au portier.

Ordi piraté ?
Ta prière au Dieu Modem
était trop rapide.

Pédiatre empâté
ou empereur empêtré,
même turpitude.

Porte ou parapet ?
Pierre du muret parée ?
Détour du patio ?

Ode au rat péteur :
Arme ta pétoire et tire
Apprête ton trou.

Du miam-miam pourri,
déterré du dépotoir ?
Ta moutarde pue !

Ta Pomme d’Api
appâtait et attirait
ma pomme d’Adam.

Démarrer au rade,
Atterrir au prieuré,
Déprimer au pieu.

Dot imméritée ?
Répudie ta douairière,
prépare apéro.

Marmotte au terrier
Dormait. Marmot atterré
Mordait et tétait.

Du doute : amour morte ?
Pudeur, moue : rut dérouté !
Pipeau : prurit dure !

Totem et Patou !
Tati pourrit au poteau ?
Adieu au papy.

Tâte-moi pour rire,
patate ! et démerde-toi,
adepte du pape !

Auteur réputé,
imprimatur immédiat
et merde imprimée.

Poète paumé,
éditeur autoritaire,
papetier raté.

Mari démodé !
Madame Mado m’a dit
« Adieu, à mardi ! »

Peur de te tromper ?
Arrête d’atermoyer.
Et démerde-toi !

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

Elle aime RTL :
elle a aimé et maté
airelle et Maïté.
(transcription du haïku phonétique
LMRTL
LAMÉMAT
RLMAIT)

Armer l’émirat ?
Le tumulte illimité.
Mitrailler l’émeute !

«El Torerito»
allait muet au martyre.
Le taureau riait.

L’émeute allumée,
et le roitelet mourra,
moral rétamé.

4 octobre – 13 vendémiaire – Potiron

Pour une pépite,
ou pour un penny, Penny
tripote un notaire,

Un notaire éteint,
anéanti par Penny,
artère en rupture.

Popotin pétri
par un prêtre entreprenant,
pénitente part.

Puritain et père,
un ’pitaine épanoui
torture au Pérou.

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Rosir ou surir ?
Désir dérisoire adresse
sourire à Rosa.

Sade a rosi d’aise
au rodéo du désir,
raidi, à dada.

Si Eddy assure,
dardé, rudesse soyeuse,
souris sidérées.

6 octobre – 15 vendémiaire – Ane

Une année inouïe :
un ânon né ennuyé,
un ni-oui ni-non.

no one in a nine
an’ in’ian ‘ona ea’ you
inna yea’ no’ you
(Linton Kwesi Johnson style)

7 octobre – 16 vendémiaire – Belle de nuit

Au bal de l’abbé,
Delon, Dalida, Noël :
la nouba de Baal.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

La loutre criaille,
Elle court à toute allure,
caracole au lac.

Écrit acéré,
à l’âcreté oratoire,
littéraire et crue.

La route ou le rail ?
Autocar ? Il te tuera.
TER ? Il cale.

Écriteau cucul :
« La carotte à la cueillette
(Clôture et toutou) ».

Le lutteur turc rit.
Il t’éclate à la loyale,
carrure érectile.

La cuite au curare
ou le couteau à l’artère :
le clou au cercueil.

La tortue accourt,
elle côtoie le tacot.
Crotte ! il a calé !

Le colt a tiré !
Il court il court le coyote,
et il a la trouille !

Le recteur recrute,
et tirera ta carrière
à la loterie.

La tourte à la caille
recréée à la récré :
la tarte à la couille.

Cet élu raté ?
Il racolait l’électeur.
Récolta la tôle.

Il accélérait,
l’autoroute était étroite :
auréole, au ciel.

Courir au tiercé,
Croire au loto, calculer ?
La roulette tue.

Autocar, tacot,
TER ou Toyauta,
tout aura un coût !

La tôle rouillée ?
Elle roulera, coriace,
ô Coyote Roi !

Coyote rieur,
colle à l’actualité
ta Lyre étoilée !

La culotte à l’air,
il allait au cocotier,
cueillir la citrouille.

Le coyote (l’autre)
le caractériel cloîtré,
Trotte à la retraite.

Céleri coca,
ou la truite à la carotte ?
Croûte au cacao.

Culotté, le troll !
Il raccourcira coyote
au couteau à cuir !

Écrire lettré,
courir le cercle, et l’élite…
Et l’art aratoire ?

Ratière à coyote ?
Elle accueillera la loutre.
Côtelette à cuire !

Lecture cæcale,
Atrocité littéraire,
Ce calice atroce !

Le coyote outré ?
Il aura le cul clouté,
étrillé, raclé !

Raclette à racaille,
Attirail à tailler coriace,
Coyote, à la couette !

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Ruine raisonnée
Sourire sans une ruse
Ou saine ironie

Sourire au rasoir,
rassurer son assassin,
réussir sa ruine.

Anus assuré ?
Ânon sournois en sueur
Essaiera aussi.

Un as ou un roi ?
On a enrayé sa ruse,
on aura ses sous !

Assassin syrien
Un ossuaire insensé
Oasis ruinées

Nuée irisée
sur une ornière noyée,
une rosée saine.

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Tirer sur un noir ?
Notre arsenal le tolère :
On est USA.

La Sultane au lit,
Lassata, non satiata,
Attente à tes nuits.

Le latin lointain
sera-t-il assassiné ?
Intentions létales…

Entretiens ta liesse,
Ton ressort retentissant,
Laisse-toi aller.

Lointaine et râleuse,
ta lenteur sous le soleil
sentait le roussi.

11 octobre – 20 vendémiaire – Pressoir

Sœur pas rassurée
essaie surseoir à sa peur.
Sapeurs pas pressés.

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

Un chancre acharné,
un nouveau navire ancré,
un rire navré.

Un écho rêvé,
une anche aérienne en ré
envoie une aria.

Un cuivre enroué,
Air écorché au crincrin :
Un chœur chaviré.

Un cochon voyeur,
une échancrure envahie.
Évacue, verrue !

Écrivain en verve
cherche chanoine aviné
au crâne chenu.

Crachin en hiver,
nirvâna inachevé,
échine coincée.

13 octobre – 22 vendémiaire – pêche

Haché ! Chic… Chopé ?
Pécho chouchou au cap ? Hic !
Cha-cha-cha, papi !

Chihuahua apache :
Picachou couci-couça ?
Épeiche ou coucou ?

OPEP ou PACA ?
Papi a payé papa.
Ça pue où ça pioche…

Cop épie poupée :
Popeye a pécho coco.
Cap au Chihuahua !

« coyo ? » apocope !
« caho ? » apocope, chou !
« pochoi ? » Ah ! Écho…

P’épuce caché, pipi ?
Cache ce popo,
chope ce cachou.

Coupe épicéa,
cache copeau échappé,
ou hache acacia.

Ha’po a pépie,
Chico a chapeau coupé,
’oucho a chéchia.

Ai chipé choco,
Chico a chipé chipo
épicée… Au pieu !

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Tonton vante un veau :
Navet, eau, vin, tanin, va !
Tâte-toi, tout tient.

En août on nota
une innovation naïve :
avoine étuvée.

Vêtu ouatiné,
Attention ! Névé atteint !
Va-t-en nu au vent !

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Maire amer, Mamère
A l’âme amère au soleil :
Il aime le sel.

Museler l’oiseau,
emmurer l’ours au saloir,
leurrer la marmaille.

Se soûler au mess
Ou s’arsouiller à la messe ?
Essaie le rosé !

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

Beau feu au bayou,
bœuf bouffi bouffé au foie,
bébé au bouiboui ?

19 octobre – 28 vendémiaire – Tomate

Tommy, mate-moi !
Ta matité m’a émue,
aime-moi, matou !

Toyauta muette
meut émeute à Miami,
émoi à Mayotte.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Gros ou gras ou gris ?
Ou rouge-gorge gagé ?
Gare égarée, rare …

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Popeye au pipeau
à Pompéi pépia,
paumé, ému… Poum !

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Recel au cellier,
collier rouillé reculé.
Couler l’irréel.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Pépère râpé !
Rip à ri ou rip à ra,
Paré pour périr.

Pérore, râpure !
Parieur au Pérou puera.
Proprio roué.

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Yéyé à youyou
a ouï yoyo à Yeu ?
Oui, à Eu, Oyé !

Ton tiède dédain
(antidote ou tentation ?)
taquine un eunuque.

29 octobre – 8 brumaire – Scorsonère

Caresse résonne.
Sonnerie nous assassine.
Assassin rassure.

Césaire, corsaire
au sourire carnassier,
cri sans concession.
Son encre rayonne,
nacre sonore, racée,
arc enraciné.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

La liseuse russe
a laissé le seul sourire
au lilas sali.

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Chéri a charrié
or arraché au rocher,
accroché au char.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

La fille au soleil,
Fuselée, aisselles lisses,
Assoiffe ses ouailles.

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Merci au curé,
âcre comme mère aimée,
âme crue, amie.

Rumeur murmurée,
ce mari au cuir coriace
a cramé Marie.

Mûrir à Rio
Ou mourir à Macao ?
Rimer au Maroc !

Mérou au mercure,
Arôme amer au Carême,
Mareyeur marri.

3 novembre – 13 brumaire – Topinambour

Ta beauté barbare
me rattrapera au trou.
Mon amour y meurt.

Tam-tam ou tambour,
Bour et bour et ratatam,
Batterie taboue.

« Pour une amourette… »
Arrête ton baratin !
Promettre et mentir…

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Va via, Nadine !
Un veau divin né en vain,
évanoui, au vin.

Une diva nue,
Nova divine, à nouveau
Venue au divan.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Vache, vie cachée,
chèvre vicieuse à ravir,
revivre au savoir.

Sorcière rêveuse,
Cache ces accroche-cœurs !
Ça va chavirer.

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

Nos carcasses creuses,
Nos crasses ou nos caresses,
Nos soirées rancies…

8 novembre – 18 brumaire – Dentelaire

Derrière la nuit,
il y a la dent du lion,
la terreur du trou.

Détruire, dit-elle,
le tonnerre de l’artère,
arrêter la Terre.

Retarde la ride,
Dérouille l’ordinateur,
Détartre la dent.

Détrône ton Dieu,
Et le Troll te donnera
Le droit d’adultère !

À la douane on donne
le droit à l’Eldorado.
Le douanier t’attend.

Un dur ardillon
Anéantira la truite
Toute endolorie.

9 novembre – 19 brumaire – Grenade

Un dard rengainé,
un grand daron dédoré
au groin dégarni.

Une araignée diurne
ignorée ou dédaignée :
une aurore ardue.

10 novembre – 20 brumaire – Herse

Haro sur Arès,
héros rassasié, rassis !
Hourra sur sa sœur !

Huissier hérissé
essaie sa rosse au haras,
sourire serré.

11 novembre – 21 brumaire – Bacchante

Niche inhabitée :
Ton caniche cabotin
Étonne un coyote.

Coyote innocent
Achète cahute ancienne,
Une botte étanche.

Yéti ou babouin ?
Un coyote tibétain
a conchié Tintin.

Coyote tchétchène
a bétonné une botte,
niché à Chatoï.

Coyote entiché,
cahin-caha coïtant,
bichonne une chienne.

Canine en attente,
coyote à Château-Chinon
Béthune ou Nancy…

Un coyote Ossète
Chuchotait à Natacha :
Beauté, bath ta botte !

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Râleur, le zazou.
Il a loué l’alizé.
Elle a lu : « Roulez ! »

13 novembre – 23 brumaire – Garance

Un genou rougi,
ce gnou écorné ricane,
enrage, cerné.

14 novembre – 24 brumaire – Orange

Une graine aigrie.
Une orange noire, rouge.
Une aurore noire.

15 novembre – 25 brumaire – Faisan

Sa noise sans fin,
son feu sans sens, inouï,
nous a nui. Au fou !

16 novembre – 26 brumaire – Pistache

Pas touche à pastis
Pas touche à pipi-caca
Pas touche à hip-hop.

Secoue cette peste,
ces théistes psychopathes,
et ta cécité !

17 novembre – 27 brumaire – Macjonc

J’ai joué ma joue,
joui jeune, aimé ça, oui,
joué mon ennui.

Un énième enjeu,
une menace connue :
ennemi nommé.

Camé au coca,
j’ai noyé mon innocence.
Mon coma commence.

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Cigogne en Guinée,
Gynéco à Cucugnan,
Guano à Nancy.

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

Aimer Roméo,
même courroucé ? Merci !
Ce mou raccourci ?

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

La lueur élue
ira à l’oreille ourlée,
l’auréolera.

21 novembre – 1er frimaire – Raiponce

Rêne raccourcie,
apeuré, éperonné,
un ânon renonce.

22 novembre – 2 frimaire – Turneps

Patates pourries,
et notre soupe au nitrate :
nourriture saine.

Terroriste à terre,
assassins anéantis,
un espoir renaît ?

Un étron s’ennuie :
son poseur s’est assoupi
sur son petit pot.

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Un faon a flâné,
a fouillé le foin au loin.
Il a filé, flou.

Un filou floué
fêle la fiole à Lénine,
félon en flanelle.

Alain Afflelou,
à Neuilly ou à Lunel,
a l’œil affilé !

25 novembre – 5 frimaire – Cochon

Un chouïa, chouchou ?
Cachou, chenin, cocaïne,
chacun son chichon.

26 novembre – 6 frimaire – Mâche

Ce mamamouchi,
comme un chameau cacochyme,
cache ce micmac.

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Le lâche, le fou,
a lâché l’acier au cœur,
le feu, la folie.

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Lui, le mal-aimé,
L’ami Milou l’a aimé,
Limé, emmiellé.

29 novembre – 9 frimaire – Genièvre

Vinaigre avarié :
Un gouverneur aviné
a viré au gin.

Une veuve noire
rayonne, revigorée,
égorge une rouge.

1er décembre – 11 frimaire – Cire

Croco courroucé
crie, accroc au cuir racé,
écorce rayée.

2 décembre – 12 frimaire – Raifort

Trotteur au terrier
Truffe frottée au trottoir
Forfait ratifié.

Tartuffe a eu tort,
attiré au feu à froufrou :
foutoir tarifé.

3 décembre – 13 frimaire – Cèdre

Décoder erreur
décorée ou cocardière,
ridée, ordurière.

Douce dédicace
au cadre écœuré radié :
Corde au corridor !

Ce cœur irradié,
ce dur accroc à recoudre,
radouci, courra.

4 décembre – 14 frimaire – Sapin

Passion épineuse
a poussé sous une pesse,
puis passé sans peine.

5 décembre – 15 frimaire – Chevreuil

Ce rêve éveillé :
La varicelle à l’école
Cache la vérole.

6 décembre – 16 frimaire – Ajonc

Aucune innocence :
un Océan inconnu
noie Nice, Ajaccio.

7 décembre – 17 frimaire – Cyprès

Pourrir après ça ?
Pas pressé, si ce sursis
assure ce soir.

8 décembre – 18 frimaire – Lierre

La lueur rouillée
à l’aurore reluira.
Lorelei rira.

9 décembre – 19 frimaire – Sabine

BB baise au bain,
assise en bas, au bassin.
Aubaine, un sein nu !

Obsession : banane.
Babouin, babine baissée,
Aboie au buisson.

Un beau bonobo,
abonné à sa nana,
bisse sa nouba.

Sa babine bée :
Bobonne a baisé Ubu,
béni son oiseau.

Niobé, saisie,
ses bébés assassinés,
insensée, bannie…

11 décembre – 21 frimaire – Erable sucré

Baobab, ébène,
Bolloré brûle la brousse :
arbres balayés.

Brebis rassurée
sur le Causse libéré
salue le soleil.

L’Alsace esseulée
a écrasé ses rebelles.
Recul calculé.

12 décembre – 22 frimaire – Bruyère

Bérurier beurré
a broyé bar au bouiboui,
a barri, bourré.

13 décembre – 23 frimaire – Roseau

Rousseau a osé
rassasier sa sœur au soir,
essorée, rassise.

Serrure serrée,
sa soyeuse souris rousse
sourira, rusée.

Sissi, sous sa soie,
susurre au Sire ses ruses.
Soirée arrosée.

Sueur à Roissy ?
Ossuaire au RER ?
Sursis au suaire.

16 décembre – 26 frimaire – Pignon

Gelé, il gargouille
L’eau gloutonne l’englua
Il ira au gour

18 décembre – 28 frimaire – Truffe

Ta fée t’attira
Et t’a fait frotti-frotta,
Tout fou, terrifié.

19 décembre – 29 frimaire – Olive

Le velu avoue.
Il a loué la Volvo,
avalé la valve.

21 décembre – 1er nivôse – Tourbe

Buté, abattu,
barbu baratté à terre,
tâte tabouret.

23 décembre – 3 nivôse – Bitume

BB a tout bu !
Au toubib ! Ta mie titube,
Taboue, abêtie.

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

Fuir fiefs à soufis,
Fous rusés, afros rasés,
Au rosier farsi.

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Enchaîné en Chine,
un nonce chiche en chichon
a cané, noyé.

26 décembre – 6 nivôse – Lave

Voilà la vie. Va,
à vau-l’eau ou à vélo,
veule ou avili.

27 décembre – 7 nivôse – Terre végétale

Gratte ta guitare,
Et vire le virelet,
Allégro largo.

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

Et prêt à partir
sur tes petites spartiates,
pour rire et parler.

31 décembre – 11 nivôse – Granit

Attention au tigre !
Un groin grognon guette et gratte
ton gratin garni.

1er janvier – 12 nivôse – Argile

Le garou gelé
gargouille à la gare, agile.
Le gorille rage.

Élargir le rire
Reléguer la guerre au large
Larguer le geôlier

Google au goulag !
Gloire à la règle allégée !
Griller le Graal !

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Drossé sur sa rade
de Désirade à Iroise,
radeau redressé.

Rodéo sordide
de Rio à Rosario,
sierra sourde au raid.

3 janvier – 14 nivôse – Grès

Aiguiser rasoir,
rosser régisseur grigou,
égorger à gage.

Agir assuré,
saisir sa gorge irisée,
essuyer sueur.

Sagesse, rigueur :
ressurgir au Gai Rosé,
s’asseoir égayé.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Alexis s’exile.
Il laisse sa seule alliée,
Alix, isolée.

7 janvier – 18 nivôse – Pierre à chaux

Apéro copieux.
Papou accroupi, cireux,
a craché cachou !

Cache-cœur écru,
Écuyère au chapeau roux,
Houri ou harpie ?

Priape pourpreux,
Paré, prépuce roupieux,
Approche, curieux.

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

Babar a barri.
Rambo armé a ramé.
Bambi a bramé.

9 janvier – 20 nivôse – Van

Evviva VVana !
Ave ! VVana au névé
aviva Navy.

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Le Pape épaula.
L’artilleur, la tripe à l’air,
pirouetta. Loupé !

L’OULIPO l’allaite,
Et le Papou, retapé,
l’appelle « Papa ! »

Tortore au tripot
pour la retraite à Toto :
rillette, apéro.

13 janvier – 24 nivôse – Cuivre

Vivre au carré, croire
au vice, varier, river
ce cœur à ce cou.

14 janvier – 25 nivôse – Chat

Ce touche-à-tout tchatche
et chouchoute ta cocotte…
Hâte-toi, et couche !

15 janvier – 26 nivôse – Etain

Téton tatoué,
Une nonne toute nue,
Nattée et tannée.

16 janvier – 27 nivôse – Plomb

Myope à l’œil mouillé,
il palpa la mal-aimée,
l’emmena au bal.

17 janvier – 28 nivôse – Zinc

Un canon couina.
Ceci n’a nui à Ninon :
la zouz a nocé.

19 janvier – 30 nivôse – Crible

Le club l’a roulé :
Aller à la librairie ?
Ribéry recule.

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Gagnaire, effréné,
au fourneau fanfaronna.
Foira un fourrage.

Fourrure fournie,
Greffier fier, frigorifié,
Renfrogné, ronronne.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Pérignon ranci
ou Cognac aigri ? Un pingre
négociera ça !

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Dormir à midi,
amadouer ma diva,
dévider ma vie.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ma murène a ri,
Ma zouz a muré ma rue.
Réanimez-moi !

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Inca au Congo,
en Guinée, iguane en cage,
à Ouaga, un cygne.

1er février – 13 pluviôse – Laurier

La lyre rouillée,
Alliée au râle à la rue,
Leurre le railleur.

2 février – 14 pluviôse – Avelinier

Vouloir ou valoir ?
L’avenir a réveillé
la veille ou l’envie.

3 février – 15 pluviôse – Vache

Vioc voué au choc,
Avachi va au caveau
Ou cuve à Vichy.

Chihuahua vivace
A couché avec ce veau.
Chevauché accouche.

8 février – 20 pluviôse – Serpette

Si Éros t’attise
et si Priape te presse,
ose résister.

9 février – 21 pluviôse – Thlaspi

Les Alpes pelées,
le soleil les époussette.
Halte à l’hallali.

10 février – 22 pluviôse – Thimèle

L’homme à l’omelette :
Telle matelote au lait,
Elle m’émeut, miam !

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Ton acidité
Additionnée à ton ton,
Dénonce ta haine.

Cette déchéance
Atteint ton chant citoyen
Et te douche, Annie.

13 février – 25 pluviôse – Lièvre

Le livre relu
A voulu lui révéler
La rue où elle œuvre.

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Rosetta s’arrête,
stationne sur une route
et nous instruira.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Leçon animale,
la limace de Lucien
annonce Suel.

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

Ni dédain ni haine
à l’école de Noël :
on donne, il concède.

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Un roi, une reine,
Un cœur annoncé renonce.
Racine ou Corneille ?

23 février – 5 ventôse – Bouc

Ce Boccace? au bac ?
Ciao, cobaye au beau bec !
Bacbuc y a bu.

3 mars – 13 ventôse – Fumeterre

Rat fumé au four,
frotté au fer à farter,
et friture au trot.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Arrivé au Havre,
échoué à ce rocher,
va voir ce rêveur.

6 mars – 16 ventôse – Epinard

Pinard au dîner ?
Un appeau pour un pipeau :
Panard dru au pieu.

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Orion au nadir
D’un croc d’airain arrondi
Couronna un roc.

(lipogramme pour le 80e anniveraire de Georges Perec)

8 mars – 18 ventôse – Mouron

Néron, ironie,
A monnayé une arène
Où rumeur mourra.

9 mars – 19 ventôse – Cerfeuil

Le cerf à l’office,
Ficelé à l’écuelle,
Fricassé à l’ail.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Passé le péril,
Aller s’asseoir au pressoir,
Laisser l’apéro.

13 mars – 23 ventôse – Cochléaria

Achille a couru,
La racaille hurla ce cri :
Lâche ce caillou !

15 mars – 25 ventôse – Thon

Tête-à-tête en août :
Une nonne toute nue,
Un athée tenté.

20 mars – 30 ventôse – Plantoir

Une année en or
En annule-t-elle une autre ?
Elle l’entérine.

22 mars – 2 germinal – Platane

Le pape en allé,
Atalante, lente, pâle,
Pète la patène.

23 mars – 3 germinal – Asperge

Pioupiou épuisé
S’agrippa au gros poussoir :
Aspergea pissoir.

25 mars – 5 germinal – Poule

Paul au youpala
appelle le poilu pâle :
« Pipi ! Paul a plu ! »

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Junon qu’il enjôle
Enquille l’eunuque en joie :
Une nouille, une oie.

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Fée frigorifiée
Offre effigie gore.
Érigé, Roger !

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Pépère penché
Cherche cèpe vénéré.
Échec. Énervé.

2 avril – 13 germinal – Morille

Œillère ? Oreiller.
Rimmel rime elle ? Olorime.
Mémoire emmêlée…

4 avril – 15 germinal – Abeille

L’abbé à la baille !
Blé allié à la bible,
Bilal le balaie.

10 avril – 21 germinal – Gainier

Araignée gênée,
Ingéniée à engranger,
A gagné gangrène.

11 avril – 22 germinal – Romaine

Amène, Marion
A ramené Morano
À Marine amère.

21 avril – 2 floréal – Chêne

Une noce chic
Où caché on chouine, non ?
Nanananana !

23 avril – 4 floréal – Aubépine

On a bu bonbonne
À Beaune. On a bu bibine,
On paya bonbon.

Aziz Zaâmoune

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Amour, os usé
Émoi amusa Éros
Éros énergumène.

Céline Verdier

1er août – 14 thermidor – Basilic

A l’eau lisse hélas
Elue la syllabe coule
au cil las baissé

Marie-Noëlle Bertrand

16 août – 29 thermidor – Coton

Un nain enceinta,
à Cayenne, ta cocotte,
une catin têtue.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Ingénue cousine,
Sa gorge sage en écrin
Eros, a rosi.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Colloque au Chili.
Le cacique a la colique,
cloaque alcoolique.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

L’auteur culte écoute
l’oracle, le catleya
écarlate éclot.

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Et vite, Baratte !
Barbare veut votre beurre.
Ribot bat bouvier.

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Ô, âme loyale,
loue l’Élu ; ému, il a
aimé l’Aïeule

JW Chan

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

à Rome, au Maroc
ai cru au crime ; merci !
amer carême …

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

allo Lorelei;
elle a rouillé à l’oreille
ou à l’aréole ?

Nic Sirkis

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Fleur fauchée, cachée…
Fâché le chef au fichu !
… Fleur hachée… fichue…

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Évidée de merde,
Vidée du derme vomi, …
Rêver de vraie vie.

28 janvier – 9 pluviôse – Peuplier

Par pilier pil’poil
Pour leurrer Raoul-la-poule…
Prière pliée…

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Coin-coin-coin-coin-coin,
Gong cogné, nage engagée,
En cage encoignée.

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

Bobo bleuira ;
Il élabore le bleu,
Lui, bel boréal…

Et mes propres variantes

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Barbu a bu bière.
Au bar aboie boer, bourré.
Rabroué, boy rue.

10 juin – 22 prairial Camomille

A mal calculé
La lame à l’écueil l’accule
L’eau le cueille il coule

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

L’orfèvre rêveur
Livre or à folle filière
Ouvre féerie

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

L’école l’accueille
Il y calcule et il lit
O le toit laïc

13 juin – 25 prairial – Tanche

A chaîne attaché
Chien tatoué hoche tête
Cantonné à niche

15 juin – 27 prairial – Verveine

Veuve erre, navrée.
Ne reverra vie en rêve.
Vienne reine noire.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Pavane au piano
Eve opine épanouie
Peine évanouie

21 juin – 3 messidor – Oignon

Nuage a gagné
Neige au genou gêne engin
Guigne : angine aiguë

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Abbaye sans hôtes.
O sainteté abstenue,
Abaissée, honteuse.

5 juillet – 17 messidor – Groseille

La grille à l’asile
Isole les salles grises
Le soleil s’éraille

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Ton char court au trot
Ta trace au hourra te hâte
Retour te tuera

15 juillet – 27 messidor – Ail

Aïeule, où alla
L’élue à la yole ailée ?
— A l’île liliale.

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Vois ce vase ové
Sis, évasé, au caveau.
Sa veuve a vécu.

17 juillet – 29 messidor – Blé

l’élu a bu l’ale
la belle au bal a bâillé
oublie, libellule

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Vie rêvée ou vraie ?
Erre, vire, arrive ou va.
Roue avive erreur.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Au ru, marié
Mire sa muse rieuse.
Mère erre morose.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Elle a caressé
L’écureuil en laine rousse.
Cilla l’œil en soie.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Là, close, la belle
Sous la bascule oublieuse.
Le sable s’écoule.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Sabre abaissera.
Osera briser barrière.
Baisera, boira.

4 août – 17 thermidor – Lin

A l’anneau lié,
L’âne a ioulé, ululé.
L’ennui noya l’île.

7 août – 20 thermidor – Ecluse

Il se colle au sol,
Laissé seul, colosse las.
L’eau coule soyeuse.

8 août – 21 thermidor – Carline

La reine accourue
Enlace un roi lacéré
Au crâne incliné

11 août – 24 thermidor – Aunée

Nue inane a nui :
Noya oie ionienne
En une eau unie.

12 août – 25 thermidor – Loutre

Retour au terril
Toute la terre arrêtée
Toiture trouée

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Ta barbe rasée,
Tu bois une bière rousse,
Ris et te ressers.

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Nous croyons sourire.
Nous nourrissons nos soucis,
Courons sans succès.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Tu passes ta soupe…
Ta tête pèse, tu pestes.
Stop ! Es-tu si sot ?

31 août – 14 Fructidor – Noix

Inouïe nuée !
Un néon noie naine nue
Aux anneaux inox.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

En ce trottoir noir
Un inconnu rencontré
Rit. Et tout renaît.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Une noire pie
A pipé parure ornée.
Un paon en a ri.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

A retenir, gare !
En e le log égale un.
En un, le log ? – nul.

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Hulule bébé.
Hola, le bib a bouilli :
Labiale huée !

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Bodéga barda.
Barbu darda barre au bide !
Dauba badeau raide.

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

Adora veau d’or
Dévida vague raga
Révéra Gaïa

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

A ses aises sise,
Masse à masseuse soumise,
S’essuya, s’aima.

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Une rime amère
A narré ma noire ruine.
O mère marine.

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Père a renié.
Peine noire a réparée.
Epurée, a ri.

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Serrure si sûre ?
Un assassin s’insinue
Ruse réussie

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Sassa sa farine
Enfourna fouasse anisée
Fourrée au raisin

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

L’alcool a la clé :
Accueille cacique ou cloche.
Au ciel ale coule.

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Héritier martyr,
Au Minotaure traîné,
Attire Ariane.

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

Sa passion passée,
Une année au pays, nu,
Apaise sa peine.

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Dos redressé, raide
Se serre au dossier si dur,
Ridé, désossé.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

Tel rit à l’aller
A tort : éclatera la
Colère au retour

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Susurre, serine,
Sans raison narre, ressasse,
Assène son ire

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Ce riche navire
En ce havre a chaviré.
Avare ruiné.

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Barge, non barrée,
Erre et, bang ! bugne une berge.
Un engin ruiné.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Tentée, une nonne
Entonne une énième antienne
A tue-tête, à none

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Pape a aimé pompe.
Pâmé, a payé impie.
O appui pipé !

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Le car accélère,
Caracole… il racle rail.
A l’aile écaillée.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Préparé au pire
A parié pair, rieur.
Erreur… A payé.

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Quand a tout ôté,
Tout donné, tout dénudé,
Tondu, quitte nid.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Il l’a saluée
Elle l’a laissé lisser
L’arlèse soyeuse

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Fileuse affolée
A sa filasse souillée.
Fil suiffé s’affale

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Au mar macéra
Coriace mûre amère.
Remue : arôme acre.

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Divine, au divan,
Une diva dénudée,
D’envie dénuée.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Vachère curieuse
Se hisse sur ses échasses.
Oh ! Vice avéré !

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Rôle rare : Lear !
Rire, lazzi, auréole,
Ola, raillerie.

13 novembre – 23 brumaire – Garance

O race encagée :
Ruine, génie gangrené,
Racine niée.

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Un gong inconnu,
En une conga cogné,
Egaya ce coin.

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

Rire à l’oreiller.
L’or a roulé, l’oeil a lui.
O rare aréole.

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Une fille, un faune.
Elle l’affole, il effeuille
La fine flanelle.

25 novembre – 5 frimaire – Cochon

Chienne à niche couche
Canne en ce cheneau cancane
Hyène au chêne hue

26 novembre – 6 frimaire – Mâche

Amie émaciée
A mâché chaume haché
Hachich ou chimie

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Ils cherchent le fer
Chef alloue or à la fée
Elle offre le feu

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Ouaille mal aimée,
L’émeu mâle, aile élimée,
Il l’a immolé.

29 novembre – 9 frimaire – Genièvre

Une vaine guerre.
Vague génie a gagné :
A ruiné rivage.

30 novembre – 10 frimaire – Pioche

Apache chopé
Paye ce chapeau chipé,
Ou écope coup.

2 décembre – 12 frimaire – Raifort

Terreur ou forfait
Tout fortifie ta fierté
Traître atterré fuit

6 décembre – 16 frimaire – Ajonc

En jaune coucou,
Ce jeune Cajun joue un
Cancan enjoué.

8 décembre – 18 frimaire – Lierre

Lyre à l’air ailé
Auréolera l’élue
Au rire railleur

10 décembre – 20 frimaire – Hoyau

Haie a haï houe.
Hie ouïe, oie a hué.
Ohé ! Ay ou eau ?

12 décembre – 22 frimaire – Bruyère

Bourreau a broyé.
Beau barbare a aboyé.
Roi rieur a bu.

13 décembre – 23 frimaire – Roseau

Ruse réussie
Eros au soir susurra
Rosière a rosi

14 décembre – 24 frimaire – Oseille

A l’île laissé
Seul il a salué l’eau
Soyeuse au soleil

17 décembre – 27 frimaire – Liège

O l’agile goal !
Ailé, il égale l’aigle.
La Ola le loue.

23 décembre – 3 nivôse – Bitume

Atemi bat môme.
Au tatami, maté, bute,
Boîte et tombe. Boum !

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

O soierie froissée
Sur sa rousseur effrayée
Ses frousses fuyeuses

Souffre, affairé, sue.
Scie, arase, fore, fraise.
Au soir offre, fier.

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Une chaîne au cou,
nié, honni, couche nu
Un chouan chenu.

26 décembre – 6 nivôse – Lave

Va la vieille vive
Elle lave l’oule ovale
Elle avale l’eau

27 décembre – 7 nivôse – Terre végétale

Vertige à la grotte
La galerie vague t’ouvre
La voûte ogivale

28 décembre – 8 nivôse – Fumier

Femme au rire amer
Offre au fou rare murmure.
Murée, âme fière.

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

La lettre est postée
Sa prose t’apportera
La prière éprise

30 décembre – 10 nivôse – Fléau

La foule affolée
A fui. La fille a foulé
L’aïeul affalé.

31 décembre – 11 nivôse – Granit

Gratte ta guitare
Entonne au tango rageur
Ta route et ta ruine

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Au sud arde Râ
Darde ses arides rais
Sa sueur radieuse

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Lasse, elle s’isole.
L’os usé, l’aile luxée,
Elle a l’œil au sol.

6 janvier – 17 nivôse – Marne

Ma rue animée
Marie au murmure un rire.
Moi ? rien. Emmuré.

7 janvier – 18 nivôse – Pierre à chaux

Accrochée au croc
Harpe a croupi échouée
Peur a rayé Paix

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

O boire ma bière !
Amie amère ! Mourir
Au beau rire ambré.

9 janvier – 20 nivôse – Van

Une vive inane
A vu Eve en eau venue
Au venin vouée

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Il tâte ta plaie
Etire et palpe l’épaule
Peu à peu tout plie

11 janvier – 22 nivôse – Sel

Il sue au soleil.
Il s’essuie, las, l’œil au sol,
Sale, usé, lésé.

16 janvier – 27 nivôse – Plomb

La pluie a molli
Belle palombe mouillée
A l’aile emmêlée

18 janvier – 29 nivôse – Mercure

Rire, croire amour.
Mûr, emmurer coeur marri.
Courir au mouroir.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

Relire la Loi
Railler leur ire arriérée
Le réel luira

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Gaffe au feu orange,
Freine ! Un fourgon noir, garé,
Rugira au rouge.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Génie au ping-pong
Par un coup piégé, coupé,
Gagne coupe en or

25 janvier – 6 pluviôse – Laurier tin

La terre a tourné
La nature, lente roue,
Retourne à la nuit

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Amer ouvrier
Rêve d’arriver à vivre
Ou mourir armé.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ne m’emmure ô norme
A moi rire, azur, amour
Non, rien ne m’arrime

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Un cygne inconnu
Nage en une igue ignorée,
Ange en une cage.

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

La barbe rebelle,
Braie à la bure brûlée,
Erre le barbare.

31 janvier – 12 pluviôse – Brocoli

Il accueille l’aube.
Il a bu au broc l’eau claire.
Au cou la bricole.

1er février – 13 pluviôse – Laurier

Ruelle où l’eau roule
Où l’aurore a l’air rouillée
La lyre y rira

3 février – 15 pluviôse – Vache

Voici ce voyou.
Ho ce chic ! ce cheveu chauve !
O vie avachie…

5 février – 17 pluviôse – Lichen

Elle couche nue.
Il lui câline l’échine,
La hanche inclinée.

6 février – 18 pluviôse – If

Ouï « Au feu ! » au fief
Fieffé fou fie fieu à fée
Oie a fui off : ouf !

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Echine tendue
Enchaîné toute une nuit
Cadence te hache

12 février – 24 pluviôse – Trainasse

Ta traîne en satin
S’étire. Tu suis ta route.
Sereine est ta nuit.

14 février – 26 pluviôse – Guède

A digue du gué
Doge, aidé à dégager,
Gai, a gagé guide.

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Un roseau tressé
Retenait une eau riante.
Une truite errait.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Le calme en ce lac
Où ma nacelle m’emmène
Annonce l’écueil.

19 février – 1er ventôse – Tussilage

Le soleil se tait.
Saule lisse l’eau égale
Sous l’étoile sage.

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Il a l’encre noire,
Il a le rouleau nacré,
Il écrira l’or.

21 février – 3 ventôse – Violier

Le veilleur a vu
L’île où l’or ourle la rive
Vire le voilier

26 février – 8 ventôse – Violette

Voilette levée
Il vit à l’œil velouté,
Ovale, la taie.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Au chai verre chiche,
Rare chou, have cochon.
O riche avarice !

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Acide canard !
Ocarina, donne un do,
Accorde ce cor.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Elle a pris plaisir
A parler à l’oiseleur
A la prose ailée.

14 mars – 24 ventôse – Pâquerette

Pourquoi te quitter ?
Pourquoi partir, prêt au pire,
O pourquoi périr ?

17 mars – 27 ventôse – Sylvie

L’oiselle s’élève,
Elle vole, l’aile valse.
Le soleil se voile.

Le sol se soulève.
Ville valse sous la vase.
Le soleil se voile.

21 mars – 1er germinal – Primevère

Ma rivière mauve
Où parmi remou moiré
Amour m’arriva

22 mars – 2 germinal – Platane

La pointe plantée
Entaille au païen l’épaule
L’Elu le piétine

23 mars – 3 germinal – Asperge

Au propos aigri
Propose prose apaisée.
Ris : orage passe.

24 mars – 4 germinal – Tulipe

Ta télé te plaît
T’attelle, tâte et te plie
T’étiole la tête

25 mars – 5 germinal – Poule

La pipe à la lippe
Il l’épouille poil à poil.
Elle, pâle, piaille

26 mars – 6 germinal – Bette

Tout bu, au bouiboui !
Beau bobby, boyau buté,
Abattu, titube.

27 mars – 7 germinal – Bouleau

Belle bulle bleue
A l’aube loba, liliale,
La belle éblouie.

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Jolie, à la lune,
A jailli la jonque au loin.
Au quai nulle joie.

29 mars – 9 germinal – Aulne

La liane annula
Au lion l’élan noué.
L’aïeul le lia.

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Gaffe : égorgeur fou
Offre gaufre, fourre au four !
A fuir, griffe rouge.

1er avril – 12 germinal – Charme

Coucherie, chair crue.
Amour coriace au hamac.
Mourir au harem.

2 avril – 13 germinal – Morille

Il aima le rôle.
Il mima l’âme murée,
Immorale, amère.

3 avril – 14 germinal – Hêtre

O théâtre ! Rite
Où rue hère et tutoie roi.
O rire, ô terreur !

4 avril – 15 germinal – Abeille

Oubliée, au bal
Où l’élu a bu l’eau bleue,
La belle a bâillé.

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Mal aimé, là, mol
Il a la moelle mouillée,
Le moi immolé.

7 avril – 18 germinal – Ciguë

G.O. égaya
Gogo au coca éco
O âge gaga

8 avril – 19 germinal – Radis

Au sourire d’or
De sa sœur au sari rose
Ado s’irradia

9 avril – 20 germinal – Ruche

Choc. Roue accrochée.
Cocher couché, écorché,
Chu, cuir arraché.

10 avril – 21 germinal – Gainier

Gai, règne un roi nu.
Ni gain, ni rage, ni guerre,
Ni rouage noir.

11 avril – 22 germinal – Romaine

Armée a rayé
Une ruine au mur orné,
A rien ramenée.

13 avril – 24 germinal – Roquette

Retour quatre à quatre,
Ou t’arrêter au troquet ?
Rire ou tout rater ?

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Piège ou gagne-pain ?
Une guigne où gêne poigne :
Année en apnée.

15 avril – 26 germinal – Lilas

Allai seul à l’île.
Sous le saule, au seuil salé,
Saluai l’oiselle.

16 avril – 27 germinal – Anémone

Mon âne a mué !
Anonne une âme anonyme
Au moine ennuyé.

17 avril – 28 germinal – Pensée

Sa nasse posée,
Assoupi, noie ses pensées.
Poisson passe au pas.

18 avril – 29 germinal – Myrtille

Il militera
L’Elite le matera
Il mourra martyr

21 avril – 2 floréal – Chêne

A chienne une niche
Nonce couche à Chenonceau
A ce nain Cayenne

23 avril – 4 floréal – Aubépine

A peine payé
On a bu, babine bée.
O nouba païenne !

25 avril – 6 floréal – Ancolie

Connue à l’école.
A la colle, il la câline
Un an… Il annule

26 avril – 7 floréal – Muguet

Agite-toi, môme.
Au totem, tout tatoué,
Gigote au tamtam.

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Une pluie de bergeries

Le Sankulipo, cycle d’un an de haïkus lipogrammatiques basés sur le calendrier républicain, qui avait commencé le 1er mai 2015, s’est donc achevé le 30 avril 2016. Pour fêter l’achèvement de cette aventure, chacun était invité à écrire un texte sur une contrainte oulipienne de son choix, à partir de la chanson de Fabre d’Eglantine « Il pleut, il pleut, bergère ». Cette page rassemble les poèmes qui m’ont été envoyés pour cette occasion. Merci à tous leurs auteurs.

Abécédaire

A-t-elle bien suivi la météo du jour ?
Bergère, peu prudente, va, sans parapluie,
Conduire son troupeau tout bêlant alentour
Dans la verte pâture à l’herbe épanouie.
Et voici que soudain l’orage tombe à verse.
Fort, sûr de lui, avance, à la langue perverse,
Gaillard et bien vêtu, un poète aux beaux yeux,
Honnête en apparence et très libidineux.

Il l’aborde et l’invite à marcher à sa droite :
« Je connais un abri, viens avec moi, marchons ! »
Kebabs anticipés, ou merguez, les moutons
Lassés vont à l’abri. Bergère, maladroite,
Met sa main dans la main du séducteur poli,
Ne sachant pas qu’il la conduit tout droit au lit.
Obligeant, le galant la présente à sa mère,
Puis à sa sœur, et la conduit dans la chaumière.

« Quitte donc cette robe à côté des tisons,
Réchauffe ta peau nue. En corset, tu es belle !
Sur ma litière viens, comme une douce agnelle.
Tu ne manges donc pas ? Sens-tu mes pâmoisons ?
Un flambeau brûle en moi, plus chaud que ce mélèze.
Vois ce qu’a fait l’orage : il faut que je te baise.
William est mon prénom, je suis le fils du roi
Xavier, et je t’épouse et t’en jure ma foi… »

Y faut-il croire ou non ? Ce Pâtre d’Églantine,
Zélé puis nonchalant, interrompt sa comptine.

Bernard Maréchal
(Acrostiche alphabétique)

Tendre berger
Jolie bergère

Tu peux cacher Mémère
Ce joli ventre oblong
Porter une guêpière
Le laçage tient bon
Car par ce fagotage
Qui se dira surpris
Avec tes rembourrages
Tu ne fais pas un pli

Tu peux brider Pépère
Ton ventre turgescent
A ta sous-ventrière
Enfile tes passants
Même si ça condamne
Une part du plaisir
A pisser comme un âne
Tu ne vois rien venir

Si Compère et Commère
S’attachent au devoir
Une seule grammaire
Se conjugue le soir
Leur canapé vacille
Emoi dans la maison
Panache d’escarbilles
Sous un coup de canon

Qui la croirait amère
La soupe des vieux os
Si Mémère et Pépère
La sortent du frigo
A remonter en selle
Pour refaire à dada
On retrouve des ailes
Et on n’en mourra pas

Guy Deflaux
(Homomorphisme  : homorimes)

Le temps est en tempête

Le temps est en tempête
presse tes bêtes   elles bêlent
rentre en venelles vertes
bergère preste preste
j’entends en des chênes et frênes
des thermes en effervescences
le vent d’est s’est levé
le reste se perd en ténèbres

Entends le stress des vents
enfler et embêter les gens
prends cette entrée senestre
c’est celle des temples grecs
et je crèche en ces éléments
mère et Hélène en prennent
les clés c’est l’ entrée
de ce belvédère

Rêve rêve mère
et Hélène rêve
c’est cette bergère
qe je mène
sécher ses vêtements
près des cendres
Hélène telle femme de mes ex-frères
rentre les bêtes

Cette belle , chère mère
est près de ses bêtes
le bébé chèvre espère
des blés tendres
et les sens de cette bergère se désespèrent
elle se dévêt près de ce mec
elle est belle , mère
et c’est l’eveedence

je t’emmène becqeter
prend cette chèze près des fenêtres
ces cendres de mélèze
percent entre tes dentelles
c’est les tempêtes
elles te stressent
je sens q’elle cherche de l ède
et je m’empresse vers elle

C’est le rêve de cette bergère
rêve rêve
et qe je bêze tes lèvres
c’est excellent
ne reste verte bergère
mère et tel berger se rendent
chez le père de tes rêves
celer ces senteements

Philippe Simon
(Monovocalisme)

La Bergère acrostiche et l’Auteur Bel Absent

« Viens au chalet, joyeuse bergère impudique,
Puisque hiver pleut bien dru, je t’offre un grog chez moi. »
« Mon chien jappe vers toi, ce gardien famélique.
Vois : quand il fait bien chaud, je glapis mon émoi.
Gros paillard, vif bouquin arrachant mon jupon,
Cheval pensif ! Je beuglerai mieux qu’un mouton.
Holà, mon grand coquin, j’avais soif, j’ai trop bu !
Couche d’enfer, voilà que jouit mon beau corps nu !
Quand hyperactif dort, je veux manger, baiser !
Mon gros bœuf, cher mouton qui dors, je peux veiller ? »
Joufflu veut épouser bergère qui moucharde.
Ce pelvis magnifique, aujourd’hui roux, bavarde.
Quand le pochard l’enjambe, fort comme un gros veau,
Ce gros vit pique et jouit, chaud baiser au flambeau.
Fallait-il qu’aujourd’hui public l’ait vu, gamins ?

Bernard Maréchal
(Bel absent sur « Fabre d’Eglantine »)

L’Hébergement
 (bergerade)

L’averse est là, bergère,
Presse tes agnelets.
Rentre-les chez ma mère,
Allez, dépêche, allez !
J’entends, dans les branchages,
La drache avec fracas ;
Les éléments en rage
Lancent de grands éclats.

Entends cette tempête
S’avancer en crachant ;
Cherche à cacher ta tête
À ma dextre, en marchant.
Regarde ma cabane
Et là, devant l’entrée,
Ma mère et ma chère Anne :
L’étable est préparée.

Belle vêprée, ma mère,
Chère Anne également.
J’amène ma bergère
En cet appartement.
Vas te sécher, ma belle,
Devant cette flambée.
Anne, parle avec elle.
Entrez, bêtes trempées.

Gardez de près, ma mère,
Ce cheptel pantelant ;
Préservez de la terre
Les agnelets bêlants.
Assez : je pars près d’elle.
Elle est en place, là,
Très belle en ses dentelles ;
Mère, regardez-la !

Venez manger à table
En me serrant de près ;
Cette branche d’érable
Va s’enflammer exprès.
Belle, prends de la crème !
Elle n’en mange pas ?
De la tempête extrême
Se ressentent ses pas.

Entre ces draps blancs, reste,
Sage, à te prélasser.
Permets ce tendre geste :
Tes lèvres embrasser.
Ne tremble pas, bergère ;
En allant prestement
Chez tes parents, j’espère
Sceller l’engagement.

Nicolas Graner
( Bivocalisme )

Il pleueueueueu !

Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons ;
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons :
J’entends sur le feuillage,
L’eau qui tombe à grand bruit ;
Voici, voici l’orage ;
Voilà l’éclair qui luit.

Il pleueueueueu !

Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant ;
Prends un abri, bergère,
A ma droite, en marchant :
Je vois notre cabane…
Et, tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne,
Qui vont l’étable ouvrir.

Il pleueueueueu !

Bon soir, bon soir, ma mère ;
Ma sœur Anne, bon soir ;
J’amène ma bergère,
Près de vous pour ce soir.
Vas te sécher, ma mie,
Auprès de nos tisons ;
Sœur, fais-lui compagnie.
Entrez, petits moutons.

Il pleueueueueu !

Soignons-bien, ô ma mère !
Sont tant joli troupeau ;
Donnez plus de litière
A son petit agneau.
C’est fait : allons près d’elle.
Eh bien ! donc, te voilà ?
En corset, qu’elle est belle !
Ma mère, voyez-là.

Il pleueueueueu !

Soupons : prends cette chaise ;
Tu seras près de moi ;
Ce flambeau de meléze
Brûlera devant toi :
Goûte de ce laitage ;
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage ;
Il a lassé tes pas.

Il pleueueueueu !

Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y jusques au jour ;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère, et moi, demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.

Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes…
Blancs moutons

Guy Deflaux
(« A noter que Fabre d’Eglantine a dû changer la musique ce cette chanson, lorsqu’il s’est aperçu qu’il s’apprêtait à commettre un plagiat par anticipation de la chanson de Nougaro “ La pluie fait des claquettes ” ! »)

Bergère en centon, pour une crèche modernisée

Il pleut, et le vent vient du nord.
Moutons et chiens, tout venait de rentrer
Au seuil de ma pauvre chaumière.
A quoi pensez-vous, bergère,
Quand l’ombre se répand et brunit le feuillage,
Au bruit de l’eau qui va mouvant les herbes grêles
Comme un souffle d’un vent d’orage,
Sous l’éclair des cieux rougissants ?

La tempête naissante est grosse d’un tonnerre,
Et l’approchant toujours, mais sans jamais l’atteindre,
À l’abri du grand froid en une vaste grange,
Marche, et tout en marchant dévore le passé.
Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Tiens ! La petite bête est morte.
Mes sœurs, priez, ma mère… ô mère, êtes-vous là,
Dans le foin capiteux qui réjouit l’étable ?

Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Chaque sœur à l’appel de la cloche s’élance
Pour une bergère insensible.
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire ?
Plus de feu pour sécher le linge des lavoirs ?
J’y apporte du feu de trois fois trois tisons.
Soyez donc de la compagnie,
Pâtre, chiens et moutons, toute la bergerie.

Viendrez-vous le soigner enfin ?
Le piétinant troupeau pressé des brebis passe.
Cette litière est vieille : allez vite aux greniers.
L’agneau broute le serpolet.
Allons chez nous, ma mie, ô ma Muse à l’œil bleu !
Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
Qu’on voit fleurir dans son corset qui bouge !
Je me dis : Qu’elle est belle ! Et bizarrement fraîche !

Mets ta chaise près de la mienne,
Tu n’y seras pas sans emploi.
A la lueur de mon flambeau,
Qui brûlera, combien de soirs, l’hiver ;
Les fleurs, le miel, ô mon amie, et le laitage,
Ah ! tout est bu, tout est mangé ! Plus rien à dire !
Et, pleurant, elle attend l’orage qui s’apprête,
Lasse et ses beaux yeux bleus déjà presque endormis.

Rien ne me vaut l’abîme de ta couche ;
Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre.
L’oubli puissant habite sur ta bouche,
Et j’irai te baiser et le front et les yeux.
Tu souris ? Tu rougis ? Que ta joue est brillante !
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
Demander l’avenir à la grande Nature.

Bernard Maréchal
 ( Centon sur les œuvres de :
BANVILLE Théodore de
BAUDELAIRE Charles
CERTON Salomon
CHÉNIER André
CROS Charles
DESBORDES-VALMORE Marceline
DU BOIS-HUS Gabriel
GAUTIER Théophile
GILL Charles
GOHORRY Jacques
GOURMONT Remy de
GUÉRIN Charles
HUGO Victor
LA FONTAINE Jean de
LAMARTINE Alphonse de
LECONTE DE LISLE Charles-Marie
MUSSET Alfred de
RICHEPIN Jean
RIMBAUD Arthur
SAINT-AMANT Marc-Antoine Girard de
SAMAIN Albert
VERHAEREN Émile
VERLAINE Paul
VIGNY Alfred de
WALLER Max )

la bergère dans le sainfoin

Nuées, eau : fuyons !
On essuie sa faune ; enfin,
on ose ses fesses.

Nicolas Graner

sans soin nous naissons
enfin saufs, nous nous fanons
nos saisons enfuies

Annie Hupé

El deshospitalizado

Je suis le blanc mouton, ma bergère me presse,
L’orage d’Aquitaine abolit ma chaumière.
Il pleut sur le feuillage, et l’éclair blanc me stresse.
Vite, prends un abri ! Entends-tu le tonnerre ?

Tiens, vois notre cabane. À droite elle se dresse.
Sœur Anne, cours ouvrir l’étable de ta mère.
J’amène ma bergère, en marchant, qui s’empresse
Près de vous pour sécher : fais-lui plus de litière.

Suis-je agneau en corset auprès de ces tisons ?
Mon tant joli troupeau odore encor la laine ;
Près de moi ce mélèze flambe à perdre haleine.

Mais tu ne manges pas ce laitage ? Soupons.
Dors bien ! Voilà ta couche, y arrive Morphée.
Ne rougis pas, bergère à la bouche de fée.

Bernard Maréchal
(Hybridation avec le Desdichado de Gérard de Nerval)

L’hospitalisée

Acné, acné, bergère :
Herpès et blancs boutons ;
Allons sous la lumière
Soigner ces comédons.
Je vois sur ton visage
Un pus brun qui t’enduit ;
Voici que ce curage
Sèche ta peau qui luit.

Sais-tu que cet ulcère
Ne sera pas méchant ?
L’air assombri, bergère
Adroite, en arrachant
Des doigts cette membrane,
Préserve l’avenir :
L’ornière à ta peau fane,
Capable de guérir.

Ce soir, belle impubère,
Essayons le rasoir ;
Contournons ce cratère,
Et bien mieux qu’un racloir,
Il va sécher ta lie.
Apprête ta toison
Et fais fuir ta sanie.
Prends un petit coton.

Soignons bien cet ulcère,
Ta maladie de peau :
Elle vient de l’artère
Et du gigot d’agneau.
C’est maladie vénielle,
Qui te vitriola.
Nous prendrons la truelle :
La glaire périra.

Sur ton derme, la glaise
Te donne un teint de bois ;
Grattons cette falaise,
Collons-y de l’empois.
Avec un bon plâtrage
Ravivons tes appas.
Et s’il faut un sablage,
Nous n’hésiterons pas.

Rajoutons une couche,
Séchons pendant un jour ;
Demain prends une douche,
Décape tout autour,
Rouge comme un cautère.
Mais si c’est trop vilain,
C’est dans le cimetière
Que finira le soin.

Bernard Maréchal
( Homomorphisme )

Hospitalité intéressée

bergère mouillée   moutons blancs    éclair luisant
                  chaumière proche

bergère abritée     abri adroit     tonnerre roulant
                   cabane ouverte

bergère séchée    mère accueillante  tisons brûlants
                    sœur complice

                   litière soignée
                   joli troupeau
                   petit agneau
                   beau corset
                   tu ne manges pas
                   l’orage
                   t’a lassée

bergère couchée    bergère endormie   bergère baisée
                   bergère épousée

Bernard Maréchal
( Morale élémentaire )

Sous les pluies, la chimère.

Il entend, il passe, nuage,
Cours tes immenses ciels ;
Glissons sous mon galet,
Côte, vite, dédions.
Je penche sur la houle,
L’ouragan qui dit à longs pas :
Voici, voici la crinière ;
Voilà le sable qui danse.

Écoutes-tu la dune ?
Elle s’étend en bêlant ;
Coule une bise, flanc
À ma déchirure, en murmurant :
Je taris notre éclair,
Et, frémis, voici haïr
Mon bord et mon toit, girouette,
Qui accablent la minute asséchée.

Glacé martinet, funèbre orage, mon sol,
Mon vol, arbre, noir jardin ;
Je tressaille ma toile
Près de vous pour ces cimes.
Ranime, livre-toi, ma pluie,
Auprès de notre goutte ;
Feuille, multiplie-lui tonnelle,
Brisez, hurlants arceaux.

Juxtaposons bien, ô ma marche !
Son tant convulsé perron ;
Riez plus de cascatelles
À ses fiévreuses dentelles.
C’est posé : allongeons près d’elle.
Eh bien ! Donc, te voilà
En fronton ? Qu’elle s’incline obsédante !
Mon chemin, recueillez-là.

Amusons-nous : soulève ce ruisseau ;
Tu provoqueras près de moi.
Ce torrent de flots
S’étendra devant toi :
Ris de ces coquillages.
Mais tu ne te recouches pas ?
Tu te voles de la pitié ;
Il a passé tes fleurs.

Eh bien ! Voilà ton feuillage,
Chantes-y jusques aux jasmins ;
Mire-moi sur tes pétales
Exhume une belle-de-nuit de l’astre.
Ne jonche pas, rayon,
Mon volubilis et moi, demain,
Nous tomberons chez ta cloche
Lui recourber tes vrilles.

Bernard Maréchal
(Chimère : le texte source T, « Il pleut Bergère » voit ses substantifs, ses adjectifs, et ses verbes remplacés dans l’ordre par ceux de trois textes cibles, choisis sur le thème de la pluie :
S, Pluie, de Théophile GAUTIER,
A, La pluie, de Maurice ROLLINAT,
V, Le chant de l’eau, de Émile VERHAEREN )

Au bar de l’églantier

Il pleut, il pleut fillette
courons nous abriter,
je vois une guinguette
j’y boirai ta beauté,
dans son ombre en cachette
en ôtant nos cirés
nous serons tête-à-tête
l’un vers l’autre attiré.

Le devenir s’apprête
la possibilité
que je te décorsète
sans bénédicite.
Mais le barman tempête
l’autre l’a piraté :
« Quoi pour vous deux, piquette
bière, soda, du thé ? »

Rien que le bleu fillette
de tes yeux, envoûté
j’y vais faire trempette
y boire, y habiter.
Ton regard, ma poulette
ton visage enchanté
je serai le poète
de ton éternité.

Fred Léglantier, Le Mouton qui mouille (2013)
P/O Annie Hupé
(Hybridation avec le texte « Le bistrot » de Ian Monk, texte proposé par Zazie mode d’emploi pour  l’Oulipien de l’année)

Etrange fin de bal

Miteux, piteux, bébête
Crève gênants boutons
A front, cou, bras. Mauviette.
Hé ! Peste kiffe adon ?
Lent, Pendu le seuil  passe,
Beau, qui monde à sang duit.
Toi, dis-moi, si Mort chasse,
Bois damné lait qui nuit.

Prends, Pendu, le poète,
Si route, en cahotant,
Fend un lacs, s’y déjette,
Maladroite, en tâtant.
Le Froid pose sa patte :
Eh bien, soit. Tire lit,
Arrête ébats, coeur mate
Qui contrecarre oubli.

Prompt, droit, son doigt m’appelle.
Ah voeux à démon noir
Altèrent ma cervelle.
Et je cours tout le soir,
Crâne fêlé, sac vide,
Dauber ce corps girond,
Coeur, chair, suif, don tacite :
L’enfer me prit, mourons.

Boisson bientôt amère,
Mon sang sort, gin nouveau,
Flot né d’une rivière
A fond de gris caveau.
J’étais l’arçon des èves,
Terrien ! L’on me doit l’art
D’enjôler : quelle est sève ?
A terre, broyé, jars.

Où donc vent sème graine ?
Sur le parterre froid
Celant l’eau de géhenne
Nu et ras et sans croix.
Trouble je renais, hâve,
Laid. Sur l’étrange tas
Brut, je pends, grelot grave,
Pris à qat et ecsta.

N’est rien Loi, s’abat foudre
L’or y brûle. L’autour
Saigne, noir sur la poudre.
Tremble un air létal, lourd.
Je souris à ces pestes.
Ma ferme et roide main
Fouit mon legs, mon reste.
Puis le cancer bat grain.

Noël Bernard-Talipo
( Homovocalisme – le titre en anagramme de l’auteur de la chanson)

La bergère et le pot-au-feu

Perrette dans la tête ayant un Pot au feu
Bien mijoté en cordon bleu,
Prétendait cuisiner un beau mouton à l’huile.
Mais l’orage venant, elle allait à grands pas,
Espérant la chaumière et l’abri d’une tuile,
Car mouton foudroyé ne fait pas bon repas.
Notre bergère ainsi mouillée
Entendit la voix éraillée
D’un bellâtre fort laid, employé comme agent
Du chef de l’Hôtel-Dieu. Il faisait la corvée…
Il la prit par la main et lui dit : « C’est urgent,
Le tonnerre a grondé, gracile
Délurée, ô poulette au moutonnier blason ;
Ma cabane n’est pas fragile,
Je ne peux te laisser mourir sous les frissons.
La porte est bien graissée dans l’étable aux moutons.
Ma mère est accueillante et ma sœur raisonnable :
On ne te vendra pas l’assiette de jambon,
Nul ne t’empêchera de te mettre à la table.
Pour le prix d’un baiser tu verras du nouveau…
Je te verrai sécher au milieu de l’hutteau. »
Perrette là-dessus, sautée et transportée,
Le corset tombe : adieu vertu, bonjour nuitée !
La dame le sait bien : coucher à l’œil ? Proscrit !
Sans rancune ainsi étendue,
Bien tisonnée elle sourit
Sans grand danger, et dévêtue.
Bien abrité, selon son souhait,
Elle a sauvé l’agneau de lait.

Quel conscrit ne bat la campagne
En espérant trouver compagne ?
Une Nicole rousse, une bergère douce,
Dont le corsage et la frimousse
Valent bien qu’on se mouille et qu’on porte rescousse.
On flatte sa blancheur, on lui montre sa flamme,
Quand elle est gironde, on la trousse.
Grâce au tonnerre on monte un drame,
On lui fait peur, on fait le brave, et ça suffit :
On l’escorte, ravie, au trône du défi ;
Le lit est roi, il pleut à peine,
On la remmène vite à son père pleurant,
Sans accident. Sait-il qu’on a fait la fredaine ?
Il n’y eut pas délit flagrant.

Fabre Libertine.
P/O Bernard Maréchal
(Hybridation avec la fable de La Fontaine)

Les bisous

La bergère était nue, et conduisait son chœur,
Moutons qu’elle gardait sous l’orage sonore,
Et le chiche feuillage offrait à la lueur
De l’éclair vigoureux un abri aux pécores.

Le tonnerre approchant, elle sentit son cœur
Battre et rouler craintif dans sa poitrine fière,
Et, ravie en extase, vit venir son vainqueur,
Le pâtre généreux proposant sa chaumière.

Il ouvrit son étable au troupeau déprimé,
Et sa mère et sa sœur soufflèrent sur la braise,
Ranimant les tisons au mélèze allumé
Qui, comme elle, chauffait autant qu’une fournaise.

Les yeux fixés sur lui, prête à tout bécoter,
D’un air vague et rêveur elle séchait, si rose
Que sa candeur unie à sa docilité
La faisait agneau neuf dont le berger dispose.

Dans son corset étroit, faisant saillir ses seins,
Sa taille était mobile, et la litière indigne
Réchauffait ses moutons larmoyants et sereins ;
Ensuite elle s’assit à la table bénigne.

On soupa de laitage et d’un repas frugal.
Puis l’heure du repos sonna, et sans chemise,
Et sans rien déranger, le berger libéral
Sut calmer sa misère à la couche promise.

Il croyait voir en elle un ange du destin,
La blanche Calliope, et sur sa bouche en herbe,
Il gagna la bataille et surprit le butin
Que jusqu’au jour sans fin, il lutina, superbe !

Mais l’orage fini, il fallut bien partir,
Et comme le péché commis dedans la chambre
Exigeait une excuse, chacun d’eux, sans rougir,
S’amenda, et promit le mariage en décembre.

Charme Gourgandine
P/O Bernard Maréchal
(Hybridation avec « Les bijoux » de Baudelaire )

La chanson de Gille et Jehanne

Gille et Jehanne sa commère,
Moutons pressés sous le feuillage,
Rencontrèrent une chaumière
Et s’abritèrent de l’orage.

Gille et Jehanne la bergère
S’approchèrent d’une cabane,
Et sous la pluie la brave mère
Ouvrit l’étable avec sœur Anne

Gille et Jehanne se séchèrent
Et firent bonne compagnie.
Près des tisons, plus de misère,
Petite sœur fut accueillie

Gille et Jehanne à la litière
Mangèrent le petit agneau,
Et sans corset, et sans colère,
Tuèrent le joli troupeau

Gille et Jehanne ont faim légère,
Ils soupent cul sur une chaise,
Brûlent maison de la fermière
Avec un flambeau de mélèze.

Gille et Jehanne ont fait prière.
Ils s’embrassent à pleine bouche.
Ils iront demain tuer père,
Et puis baiser dessus sa couche.

Gille et Jehanne font la guerre :
Elle ira tuer des Angloys,
Gille ira baiser petit frère.
Tous deux brûleront sur le bois.

Macabre de Jeannine
P/O Bernard Maréchal
( A la manière de Villon, à la rencontre de Tournier )

Le sosnet de l’hospitalité
Le sosnet du morse alité

Ce sont tes moutons mouillés ? J’entends qu’il pleut trop.
Je veux bien t’aider chère bergère : ils sont blancs.
À grand bruit sonne l’éclair, l’orage est si gros !
Je sais un abri : voici l’étable, un bon plan.

Ma mère est ici, Anne sœurette est là-haut.
C’est un beau troupeau. Entrez, venez, tire au flanc !
Près de nos tisons, agneaux, moutons, tous au chaud !
À la table enfin, mangeons joyeux ce beau flan.

Eh bien ! sans corset, chérie, hélas, tu es belle !
Vois-tu mon flambeau ? Touche, chauffe tes deux mains.
Tu sens mon amour ! Laisse baiser tes beaux seins.

Ne sois pas timide, accepte aussi que je bêle !
Veux-tu, sans rougir, venir baiser près du four ?
Ton père est couché, laissons pleuvoir dans la cour.

Table de Frangine
P/O Bernard Maréchal
(Sosnet, une contrainte proposée par Nicolas Graner : c’est un sonnet dont chaque vers écrit en langage morse un SOS : trois mots brefs, trois mots doubles, trois mots brefs)

Bergère gère un doux douzain bègue

Eh ! belle bergère, gère tes mous moutons !
L’éclair clair luit ici : vois que l’orage rage !
Si le tonnerre n’erre, il va tomber belle eau.
Viens donc te sécher chez ma bonne mère amère.
Après l’étable, table ? Et si tu manges, ange,
Luira le flambeau beau, et c’est lui qui chaud chauffe.
Dans notre autre cabane, Anne te tendra draps.
Voilà qu’au joli lit ton corset s’est défait ?
Déjà nous voilà las de ces baisers aisés,
Encore corps à corps, l’âme à la litière hier ?
Après coup, courons plaider des deux mains demain,
Et coucher chez ton père, lui demander des dés.

Bernard Maréchal
(Poème pour bègue)

Centon sous la pluie, en canon

Ô bruit doux de la pluie Bergère vite allons Pour un cœur qui s’ennuie Rentre tes blancs moutons Quelle est cette langueur Sans doute le tonnerre Qui pénètre mon cœur Prends un abri bergère Sans amour et sans haine Eh bien voilà ta couche,
Mon cœur a tant de peine
Laisse moi sur ta bouche Alain Zalmanski
( Centon sur « Il pleure dans mon cœur » de Verlaine )

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Germinal

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de germinal.

21 mars – 1er germinal – Primevère

Prier : rêverie…
Errer pépère… Périr !
Pire, même : vivre !

( Guy Deflaux : beau présent )

22 mars – 2 germinal – Platane

A l’appel pétant
Le Pape épate Atalante
Tenant la patène

( Guy Deflaux : beau présent )

23 mars – 3 germinal – Asperge

Sa rage passée
Serge agrège sa paresse
A sa passagère

( Guy Deflaux : beau présent )

24 mars – 4 germinal – Tulipe

Il palpite, pâle…
il pelote la louloute.
Au pieu, peau à peau !

( Marie-Noëlle Bertrand )

25 mars – 5 germinal – Poule

Epopée loupée
Poêlé le poulpe pollue
Ô ! Le popo pue !

( Guy Deflaux : beau présent )

26 mars – 6 germinal – Bette

Bête, Bébé tète
Bébé tète et Bébé bée
Bébête tétée

( Guy Deflaux : beau présent )

27 mars – 7 germinal – Bouleau

La belle a le ‘bulbe’…
L’abbé la loue : l’aube bée…
« Ô ! Le beau bébé ! »

( Guy Deflaux : beau présent )

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Loque, quoique jeune
En juin, il nique Junon :
Elle l’enquiquine

( Guy Deflaux : beau présent )

29 mars – 9 germinal – Aulne

Elan annuel
Nue elle ulule à la lune
Nulle, la nana !

( Guy Deflaux : beau présent )

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Rire, foire, orgie
Egérie gorge griffée
Féérie foirée

( Guy Deflaux : beau présent )

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Au chêne penché,
Venu cacher une peine,
Cœur à nu, rêvai.

1er avril – 12 germinal – Charme

Ma mère, cramée,
Cherche à m’arracher ma came
Mâche, crache… : Echec !

( Guy Deflaux : beau présent )

2 avril – 13 germinal – Morille

Momie, le limier !
L’œil miro, l’oreille molle,
Le méli-mélo !

( Guy Deflaux : beau présent )

3 avril – 14 germinal – Hêtre

Être hère éthéré
Être Rhète et te terrer ?
Errer : T.E.R. !

( Guy Deflaux : beau présent )

4 avril – 15 germinal – Abeille

Elbe … La belle île !
La bible… Bal à Babel
Là, l’abbé il baille.

( Guy Deflaux : beau présent )

5 avril – 16 germinal – Laitue

O ta loi létale
Ote de l’étoile l’œil
Et d’Eole l’aile

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Allez-y mollo !
La zouloue émue zézaye.
Là, mezzo, zazous !

( Marie-Noëlle Bertrand )

7 avril – 18 germinal – Ciguë

Ceci ÉGÉE : gué !
Ceci, GUCCI : guige, écu
Ici gigue : GIEC !

( Guy Deflaux : beau présent )

8 avril – 19 germinal – Radis

Dard raidi dira
A dada à sa Raïssa
(Aida, si assis…) !

( Guy Deflaux : beau présent )

9 avril – 20 germinal – Ruche

Erreur cher curé :
Rechercher hure crue, huche ?
Echec : heure échue !

( Guy Deflaux : beau présent )

10 avril – 21 germinal – Gainier

Ni génie, ni âne
N’érige Anne en égérie
Rengaine gnian-gnian

( Guy Deflaux : beau présent )

11 avril – 22 germinal – Romaine

Marinier en mer
N’a rien ramené, amer
Ma mère en amarre

( Guy Deflaux : beau présent )

12 avril – 23 germinal – Marronnier

Une main amie
M’a ramené à mon rire,
Moi, morne rimeur.

13 avril – 24 germinal – Roquette

Roué, torturé…
Que quêter, que tortorer ?
Tourte et rototo !

( Guy Deflaux : beau présent )

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Pan ! Un gnon, ippon
inopiné, un nippon
poupin a gagné.

( Marie-Noëlle Bertrand )

15 avril – 26 germinal – Lilas

Il alla à Saïs
Là il a saisi Lisa
Lisa l’a sali !

( Guy Deflaux : beau présent )

16 avril – 27 germinal – Anémone

Némo, on me nomme
Ma môme ânonne mon nom
Manon : ma nana !

( Guy Deflaux : beau présent )

17 avril – 28 germinal – Pensée

Ses pépées pesées
NS en pense « nénés »
Pense ENSEP, NS !

( Guy Deflaux : beau présent )

18 avril – 29 germinal – Myrtille

Le termite trime
Tire le myrte et l’étire
Tri millimétré

( Guy Deflaux : beau présent )

19 avril – 30 germinal – Couvoir

Ouvrier couvreur
A rayé verrière. Avoue.
– Viré, va crever !

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Ventôse

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de ventôse.

19 février – 1er ventôse – Tussilage

Sous les gaies saillies,
les gags salés à gogo,
seul, l’Auguste sait.

( Marie-Noëlle Bertrand )

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Ne recueille ici
ni l’innocence incolore,
ni l’encre colère.

( Annie Hupé )

21 février – 3 ventôse – Violier

verrouille le livre
ouvre le réel au rêve
éveille la louve

( Annie Hupé )

22 février – 4 ventôse – Troène

Ta terrine étonne !
Ta truite attire rentier,
Reine ou roturier.

23 février – 5 ventôse – Bouc

Abbé ébaubi
Aboie  » Cacao ou boue ?  »
A ce bouiboui bio

24 février – 6 ventôse – Asaret

O triste satyre
Ta rosière t’a rossé
Tu sors essoré

25 février – 7 ventôse – Alaterne

Le train ralentit,
La roue triture le rail.
Retour. Nuit natale.

26 février – 8 ventôse – Violette

Il volte à vélo,
louvoie, lévite en volute…
Le voilà, Lulu !

( Marie-Noëlle Bertrand )

27 février – 9 ventôse – Marceau

Ai cru ! Ai couru !
O rue où crime a commerce.
Mourir. Comme ça.

28 février  – 10 ventôse – Bêche

Ce bobo cocu
Hocha caboche, ébahi.
Bouche bée, a bu.

29 février – 6e sans-culottide – Révolution

Ce jour spécial ajouté pour l’année bissextile a fait l’objet d’une invitation à contributions en belle absente. Vous trouverez ces contributions sur la page spéciale « Révolution »

1er mars – 11 ventôse – Narcisse

En un recoin noir,
Une couseuse inconnue
Caresse ses sous.

2 mars – 12 ventôse – Orme

Où erre ma mie ?
Murmure mari ému,
Amer à mourir.

3 mars – 13 ventôse – Fumeterre

Martyre, âme forte,
Retire ta fière armure.
Au fer offre-toi.

4 mars – 14 ventôse – Vélar

Il arrive à vivre
Raillé, viré, vile larve,
Le rire à la lèvre.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Echo à ce cri.
Acre aveu, cœur chaviré…
Ouvre ce verrou.

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 mars – 16 ventôse – Epinard

Pendard de renard
Prend un perdreau pour dîner :
Rapine peinarde.

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Un roi du crayon
Incarna un don nourri
D’un or inconnu

( Nicolas Graner : Lipogramme en hommage à Georges Perec, qui aurait eu 80 ans aujourd’hui. )

8 mars – 18 ventôse – Mouron

Rome, arène morne,
M’emmène amour à mourir.
Renierai mon Nom.

9 mars – 19 ventôse – Cerfeuil

La carafe a fui.
L’eau fouaille feuille à feuille :
Recueil effacé.

10 mars – 20 ventôse – Cordeau

Odeur adorée.
Douceur du décor ocré,
Au cœur accordé.

11 mars – 21 ventôse – Mandragore

Gamine endormie.
Gardien. Regard de dédain.
Mur nu, barreau dur.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Après les ripailles
arrosées au reuilly rose,
s’assoupir repue.

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 mars – 23 ventôse – Cochléaria

La cruelle cloche
Croche l’oreille à l’aurore.
L’heure écorchée hurle.

14 mars – 24 ventôse – Pâquerette

Parquer au piquet
pi, rapport trop peu pratique,
et opter pour tau.

( Nicolas Graner  pour le Pi Day  : le 14 mars se note 3.14 dans les pays anglo-saxons)

15 mars – 25 ventôse – Thon

Hyène, en tâtonnant,
A atteint ta haute tente
Et hante ta nuit.

16 mars – 26 ventôse – Pissenlit

L’épaule pliée,
Puissant, il pousse et la tonne
Assaille la pente.

17 mars – 27 ventôse – Sylvie

Au val, le soleil.
Soie vive sous les lilas,
s’élève l’oiselle.

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 mars – 28 ventôse – Capillaire

Il coupe le cercle.
La colère au cœur il parle :
Oui, l’oracle pleure.

19 mars – 29 ventôse – Frêne

Roi né en enfer,
Roi noir, au feu raffiné
Enfourne une fée.

20 mars – 30 ventôse – Plantoir

Le pilote rate
Une planète riante.
Il ripe au néant.

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Pluviôse

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de pluviôse.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

À l’aurore Ariel
railleur, a leurré l’oreille,
l’or royal rouillé.

( Annie Hupé )

21 janvier – 2 pluviôse – Mousse

Ma môme : sa moue
Amuse Mamie, assise
Sous ses mimosas.

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Naguère, un augure
fou, à frangine aguerrie
fourgua un griffon.

( Marie-Noëlle Bertrand )

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Un orage en coin,
Poing cerné par neige crue,
Grain-écrin orange.

( Nic Sirkis )

24 janvier – 5 pluviôse – Taureau

Retire ta tiare,
O roi traître au rire outré.
Roture t’arrête.

25 janvier – 6 pluviôse – Laurier tin

Le rire te tue,
Toi… Éternue et retire
La tour à Noël.

( Nic Sirkis )

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

À ma mode, ami,
mi, ré, do, midi me morde,
ravie me dévore.

( Annie Hupé )

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Rimez, remuez !
Murez Zoé au zoo !
Zéro azuré…

( Nic Sirkis )

28 janvier – 9 pluviôse – Peuplier

Le pape éploré
Appelle le peuple élu
A prier pour rire.

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Icône ancienne :
une nonne nue égaie
un ange coincé.

( Marie-Noëlle Bertrand )

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

Robe bariolée
briller au bal, babiller…
Au balai, la belle !

( Annie Hupé )

31 janvier – 12 pluviôse – Brocoli

Broc ou bric-à-brac
Cribla bac à crabe au club,
Éclair bleu brûlé…

( Nic Sirkis )

1er février – 13 pluviôse – Laurier

Le rire éraillé,
L’aïeul a raillé le rail.
Leur ire erre, à Yale.

( Nicolas Graner )

2 février – 14 pluviôse – Avelinier

Il a voulu voir
La ville où le violon
Réveille l’envie

3 février – 15 pluviôse – Vache

Achève ce choc :
Avoue ce vice caché,
Ce vivace échec !

( Nicolas Graner )

4 février – 16 pluviôse – Buis

Eau, basse, soyeuse.
Aube biaise a baisé baie.
Ibis y a bu.

5 février – 17 pluviôse – Lichen

Achille a conçu
A l’hélicon, la chaconne.
En écho, l’échec !

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 février – 18 pluviôse – If

Au fou ! À Ifé,
F. fou fieffé.. Oui ? Feu ! Où ?
Au foie ! Aïe, aïe, aïe !

( Annie Hupé )

7 février – 19 pluviôse – Pulmonaire

Le roi mal aimé
Réprime l’imprimerie
Où perle la rime.

8 février – 20 pluviôse – Serpette

Pâtre, apprête-toi
A passer sept étés tristes
Sur ta terre usée

9 février – 21 pluviôse – Thlaspi

La photo sépia
Où luit la tête pâlie
Et l’aïeul palpite.

10 février – 22 pluviôse – Thimèle

La motte. Le lait.
Il mêle l’eau et le thé.
Il aime le miel.

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Déchu ! Ni nation
ni attache, dénudé,
ce noyé te hante.

( Annie Hupé )

12 février – 24 pluviôse – Trainasse

Sous un astre noir,
tonne ton rire sonore,
Saturne, tyran !

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 février – 25 pluviôse – Lièvre

Il a relié
Le livre où Valère raille
L’avare avili

14 février – 26 pluviôse – Guède

Adage à Douai,
Ode à Gaïa, gigue d’eau,
Aa égaya!

( Annie Hupé )

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Saint Rasoir, sers nous :
triste sottise en transit,
arrête son train.

( Annie Hupé )

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Célimène alla
où cela mène – à la cime.
Clinamen exclu.

( Annie Hupé )

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

L’idole déchue
Déniche une ondine douce
Loin loin de l’Eden

18 février – 30 pluviôse – Traîneau

Notre terre tourne
Tout naît, tout rit, tout traîne et
Retourne au terreau