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Un mouvement perpétuel

Enviant de ces gens la passion tenace
Il pose des billets à tâtons puis frémit
Lorsque le défiant l'abusant on rit fort
Un cave mise gros ça va valser un coup

Pâle il sent sinuant l'envahir mal brutal
C'est l'hiver s'imposant et bat le sang de glace
Bille filoute passe passe ralentit
Bondit sort du rail et sans égards te dit « Non »

Du rouage nocif enrage l'inconnu
Au grand déni du sort mise sitôt jurant
Et pâle tripotant d'un doigt ossu l'argent

Il sent l'infortuné chant qu'ont brûlants désirs
Tocsin fou la bille sans nuance dit « Non »
Du rouage nocif enrage l'inconnu
https://taliporefleuri.files.wordpress.com/2021/06/0b315-1280px-automates-jaquet-droz-p1030490.jpg
Les automates Jacquet-Droz, musée de Neufchâtel (CH)                                                          (Rama, Cc-by-sa-2.0-fr)

Ce poème est ma participation à l’opus du 15 mars 2015 de « La ronde », un échange entre blogs sur un thème donné – ici « Le jeu ». Il a été publié sur le blog de Dominique Autrou tandis que sur talipo j’accueillais Hélène Verdier pour son beau tombeau de Stéphane Mallarmé.

Ce sonnet non rimé est composé selon la contrainte du jeu de la vie, à partir du vers « Enviant de ces gens la passion tenace » extrait du poème de Charles Baudelaire « Le jeu ». Dans cette contrainte inspirée d’un célèbre automate cellulaire, toutes les voyelles, déterminées par application des règles de cet automate, sont imposées. En appliquant ce jeu au vers de Baudelaire, j’ai observé qu’à partir du quatorzième vers une répétition infinie se met en place, d’où l’idée de mouvement perpétuel bien en accord avec le sens du poème.

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Poèmes accueillis

La ronde du 15 mars : jeu

La ronde est un échange périodique bimestriel de blog à blog sous forme de boucle. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite. Pour chaque échange, un thème, un simple mot : aujourd’hui «Jeu».

Pour ma première participation à la ronde, je suis heureux d’accueillir Hélène Verdier.

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Valvins, le jardin vu par la fenêtre de la chambre de Stéphane Mallarmé.

Hélène Verdier écrit à propose de ce texte:«Voici donc, en 707 signes (espaces comprises) un tombeau de Stéphane Mallarmé. faisant suite à ma visite à Valvins à l’automne dernier.– 707 signes, – 7 vers de 12 syllabes, deux fois, séparés par 1 vers monosyllabique, 1 vers qui tend, dans sa forme, le Ô des poètes, vers l’impossible zéro.L’ensemble fait bien sûr référence au dernier poème : un coup de dés jamais n’abolira le hasard, qui contient 707 mots.cf : le nombre et la sirène, par Quentin Meillassoux, Fayard, 2011.»

Pour ma part je suis très honoré d’être accueilli chez Dominique Autrou qui publie «Un mouvement perpétuel». Voici comment, ce mois-ci, va la ronde :

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Cent mille millions de poèmes: numéro trois

Le vieux pêcheur breton de brun prit une prise
pour du gouffre du nez exciter le fin fonds
sur le très vieux buffet choisit une cerise
une permise et le seul jour de Dormition

Souvenez vous toujours de ces îles de Frise
où l’on vit ces milliers échoués de bleus thons
nous regrettions un peu ce flot de belles prises
lorsque nous percevions les feux en les buissons

On sèche le poisson turbot ou molve lotte
on fume le requin sur le sel on le frotte
lorsqu’on rejoint le port le vendeur est grognon

En réponse à un message de Françoise Guichard sur la liste Oulipo disant, le 14 janvier 2012 (perte du triple A par la France):
« Une lettre vient d’être supprimée. Je propose qu’on réfléchisse collectivement. En effet, les conséquences de l’évènement sont lourdes et de nombreuses répercussions sont dès ce jour prévisibles. Nous nous devons d’être prêts pour nous y confronter du mieux que nous pouvons. »
J’avais envoyé le texte ci-dessus introduit par:
« Pour préserver l’oeuvre d’un scripteur doublement délictueux en ses propres nom et prénom, je propose de corriger l’un de ses livres en « Cent mille millions de poèmes », ce qui, outre une légère réécriture, peut heureusement se compléter d’une simple suppression des tercets ultimes de tous les sonnets. Il est loin d’être sûr que les oulipiens puissent de même trouver des corrections qui disculpent tous les écrits qu’ils vénèrent. »

 

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han xin

serf obscur
ver de terre
rejeté
mère morte
tu sors du
crépuscule
duc de guerre
trop seul

osé subterfuge
route des surplombs
ce coup de stupeur
dresse l’empereur
sur les peuples

qu’espérer de tels succès
quel gré quel or quel éloge
le corps percé cou tordu
tu meurs

Posté sur la liste Oulipo le 9 décembre 2011 avec la présentation suivante:
Un écrit chinois du IIIe siècle posait le problème suivant au sujet du général Han Xin très célèbre en Chine :
« Combien l’armée de Han Xin comporte-t-elle de soldats si, rangés par 3 colonnes, il reste deux soldats, rangés par 5 colonnes, il reste trois soldats et, rangés par 7 colonnes, il reste deux soldats ? »
La solution est basée sur le théorème des restes chinois. La plus petite valeur positive est 23, c’est pourquoi dans ce qui suit on trouve successivement trois strophes de 23 syllabes rangées d’abord par 3, puis par 5, et enfin par 7, complétées par les restes correspondants. Ce texte retrace librement les épisodes de la vie de Han Xin. En raison de la fin brutale de ce dernier, les lettres de son nom ont disparu de ce texte, écrit seulement avec les lettres qui restent.

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quine

ce matin les enfants sont sortis dans la rue
la ville était emplie de leurs appels joyeux
quand les parents toujours reposaient endormis
les oiseaux n’avaient pas encor lissé leurs plumes
les gouttes de rosée brillaient dans le soleil

après avoir joué à un deux trois soleil
repeint d’un arc en ciel les plaques de la rue
après s’être affublés de parements de plumes
ils se sont élancés en défilé joyeux
leur rire a réveillé les clochards endormis

vous qui souffrez du froid tristes corps endormis
venez vous réchauffer au baiser du soleil
et partager notre soulèvement joyeux
venez prendre d’assaut le pavé de la rue
répandre dans le ciel un nuage de plumes

ils ont ouvert la cage du serpent à plumes
d’un souffle ont libéré les elfes endormis
dryades et chi lin ont envahi la rue
tous se sont accrochés aux rayons du soleil
pour grimper dans le ciel en rigodon joyeux

les larmes ont séché dans un souffle joyeux
les haillons ont fait place au chatoiement des plumes
la glace de nos coeurs a fondu au soleil
des rêves doux ont caressé les endormis
et des bosquets de fleurs ont recouvert la rue


Contribution tardive au printemps des poètes. thème = enfance
Contrainte oulipienne: Quinine = choix de 5 mots placés en fin de vers. Dans chaque strophe ils sont disposés selon une permutation 12345 -> 51423 -> 35214 …

Publié le 18 mars 2012

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Holorimes préélectorales

Gueule de bois des électeur prolétaires. Se voyant plus démunis que des poètes réduits au silence, ils préfèrent briser là et retourner à leurs occupations.

O l’an : de nouveau l’œnomanie fait station
Oh l’an d’eux nous vaut le nome à niffer. Ce tas scions.

Holorimes : lus à haute voix, les deux vers sont identiques.
Peut-être même un troisième sens pourrait-il surgir sans crier gare.
Posté sur la liste Oulipo le 9 janvier 2012

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Pangramme pour écrivain manchot

Mon joli ko: philo ou yin ?

Un « pangramme pour manchot »  a été proposé sur la liste Oulipo par Jean Roche:
«  Le pianiste Paul Wittgenstein étant revenu manchot de 14-18, divers musiciens dont Maurice Ravel, Richard Strauss, Sergueï Prokofiev, ont composé spécialement pour lui. On a quand même bien dû faire le pangramme pour écrivain manchot ?
WEBER GREFFEZ CE QATAR VERT DE SEXE »
Le 31 décembre 2011 j’ai envoyé en réponse la contribution ci-dessus avec le commentaire suivant:
Pour un autre écrivain manchot (de l’autre bras), amateur du jeu de Go.

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C’est un saccage

C’est un saccage de veines, de thrombocytes et de plaquettes. Il est plongé dans la lypémanie, la hideur et l’hystérie au bord de la démence. Un brusque coup de téléphone et une peur pernicieuse a coupé sa pompe à oxygène jusqu’à l’étouffement. Nets ou diffus, les thrombocytes, lui dit-on, fomentent le figement général de son sang. Contre la circulation de ce fluide s’immiscent de mouvants faisceaux de plaquettes proliférant comme en champagne les bulles. Ses veines s’arc-boutent contre l’afflux sinistre de ce poison que ne vaincront ni l’hématologue ni son hydréa. Ce tourment, il faut le supporter sans espoir. Le venin arrive partout. Ecoutez le gong du soir.

Contribution adressée le 16 décembre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie (décrite comme homosyntaxisme) consiste à remplacer les mots du texte de départ par des mots de nature équivalente (verbe pour verbe, etc.)

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ananyme anonyme

Nous portions en nous
les nourrissons de demain:
nous sommes des bouffons
car nous cochons des curetons dans vos salons
et ne rejetons
poivrons,
rognons,
marrons,
bières
ni vers des moucherons.

Participation à un « ananyme anonyme » proposé par
Gilles Esposito-Farèse le 18-10-2011.Il s’agissait de composer un texte en utilisant exactement la liste de mots proposée.
La liste des mots était:
bières bouffons car cochons curetons dans de demain des des des
en et les marrons moucherons ne ni nourrissons nous nous nous
nous poivrons portions rejetons rognons salons sommes vers vos

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transports

âme  intacte
obstinément   refuse  une  amitié   grise
une histoire isotherme épaisse et feutrée
respire
laisse chez elles  les humeurs apaisantes
enfin   déclenche   le   séisme   hurleur
songe
les fleurs des prés se fanent  silicosées
le  milieu  naturel  flingue  le   semeur
le sage
caractère  autrefois  calme  et  généreux
le  crâne   fissuré   gesticule  et  sert
autrement
les aimantes  pensées  recuites  en  fiel
le chêne penchant  sectionne  ses racines
le crépuscule
se glisse ocre linceul
                        ne  rien  confier

Contribution à l’opération « Dis moi dix mots » envoyée le 3 décembre 2012. La liste des mots était âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports. Voici la description que j’en ai faite sur la liste Oulipo:
D’abord, quel est l’intrus dans cette liste de mots ? « transports » car c’est le seul ne comportant pas de « e »: j’en ai fait le titre. Tous les autres mots figurent à raison d’un tous les deux vers.
Ensuite, quel est le PPCA (plus petit commun alphabet) de ces dix mots ? acefghilmnoprstuz
Donc tous les mots de ce texte sont écrits dans cet alphabet, et -sauf le titre- comportent la lettre e.

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