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Pauvre sole

Pauvre sole
Au fond vit
Souffre et râle

Ô mer sale
Satan vole
L'homme rit

Comme si
Mort cavale
Et vérole 

Essai d’une nouvelle contrainte, la terine berrychonne, proposée sur la liste Oulipo par Michel Clavel, qui la décrit ainsi : « Les finales vocaliques permutent selon les règles de la terine et les consonnes d’appui restent fixes comme dans les rimes berrychonnes »

Posté sur la liste Oulipo le 7 septembre 2021

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Journée du Mystère Des Oulipotes

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix.

Le 8 juillet, seul de l’année où nous n’avons pu trouver de journée mondiale ou internationale, a été décrété « Journée du Mystère des Oulipotes » et a donné lieu à un riche ensemble de contributions. Les contraintes, non dévoilées dans l’héméroméride, sont explicitées ci-dessous.

Bernard Maréchal

Tu dis le mot « lettre »
Sur liste oulipo ?
L’esprit doit s’y mettre
Pour polir des mots.

Lettres mystérieuses
Pour dépoussiérer
Les rimes miteuses,
Puis les dérouiller.

Sortir des litotes
Où tout se dissout,
Et des polyptotes
Des puristes fous :

Mystères limpides
Pour liste oulipo,
Mes rimes stupides
De petit Pierrot.

(sélénets et beau présent)

et

Mystère des oulipotes :
Le dieu mort s'y est posé.
Le myope sort des étuis
Et pousse solide myrte.
Os du mystère, lépiotes,
Dieu y pelote ses morts.
S'il t'y mord époussetée,
Myste, sois étole prude.

(prophétie en huit anagrammes)

Rémi Schulz

jeu puéril ou vaine anecdote

pour qui refuse l’élan mutin

tout ce fatras emberlificote

le rustre comme le philistin

les nicodèmes et les bigotes

l'indélicat y perd son latin

mystère opaque des Oulipotes

 

pour coder la fable rigolote

il se faut détenir un dessin

un fantasme su sans antidote

émotif on y vient et revient

étrange cuisine qu'on mijote

suivant l’aptitude de chacun

mystère intime des Oulipotes

 

pour la décoder tel numérote

tel rumine le texte oulipien

tel tire le fil de la pelote

tel surdétermine et à la fin

découvre comme ça se tricote

logique clé du trésor surfin

mystère vaincu des Oulipotes

 

qui n’a tête vide de linotte

avouera n'être qu'un ripolin

et pourra crier saperlipotte

je ne sais encore quel moyen

élargit au-delà des jugeotes

un écrit digne d’un magicien

mystère infini des Oulipotes


( l'isocélisme et l'acrostiche oblique sont mis en évidence par l'image ci-dessous ; s'y ajoute un nombre de lettres égal à 666 et une gématrie égale à 7992, avec 7992 = 666 x (6+6) 

Elisabeth Maitre

Ecrire contraint
fol imaginaire fuse
pensée libérée

Jacqueline Morel

Mais qui sont les oulipotes ?
Virtuoses de la plume
Même passion les anime

Érudits poètes
Leur art nous révèle
La beauté du monde
Et l'infini des possibles

( HOG )

Annie

laisse le vent
courir devant
car la terre

lui a souri
là-bas aussi
adultère

c'est le credo
de l'oulipo
son mystère 

( sur le schéma de rimes de la « Chanson d'automne » de Verlaine )

Nicolas Graner

Oh, qu'allez-vous lire ?
Un sélénet ? Non !
L'acrostiche ? On vire :
Idiot, jeu bidon.

Pas plus : plat pangramme
Où on offrirait,
Tiens, trois tautogrammes
Et vieux whisky frais.

( quadruple prétérition )

Alexandre Carret

Mis au sottisier, l’oulilipotien (*) s’tâte ici ou là, rêve de folles prairies nues, ombrées, de belles muses. Près d’elles, va ici ou là ; vient, si insouciant, le vers à la rime facile, ici ou là-haut, pour plaire aux oulipotes en tiaulée- amis ? - si vous lisez ces lignes-là, de là ou d’ici !

(acrosémantiche avec noms de fleurs)


(*) L’oulilipotien est un mini-oulipien rêvant un jour d’être un oulipote.

Noël Bernard-Talipo

Quel trophée offre un jeu chébran, grave et sadique,
Mystifiant jeune et grand plus que ce bleu vishnou ?
Quel djinn hante, mutin, ce golf privé de balle,
Qui par chemins, jouissif, va d'un genou oblique,
Saoul d'un vin chaud fragrant bu au pot jusqu'au moût ?
Il chante au vent gonflé d'abjects mots qu’ouït pibale,
Fol spam  qu'on voit jaillir du bagout d'un chinou.

( Belle absente )

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Cent mille millions de poèmes: numéro trois

Le vieux pêcheur breton de brun prit une prise
pour du gouffre du nez exciter le fin fonds
sur le très vieux buffet choisit une cerise
une permise et le seul jour de Dormition

Souvenez vous toujours de ces îles de Frise
où l’on vit ces milliers échoués de bleus thons
nous regrettions un peu ce flot de belles prises
lorsque nous percevions les feux en les buissons

On sèche le poisson turbot ou molve lotte
on fume le requin sur le sel on le frotte
lorsqu’on rejoint le port le vendeur est grognon

En réponse à un message de Françoise Guichard sur la liste Oulipo disant, le 14 janvier 2012 (perte du triple A par la France):
« Une lettre vient d’être supprimée. Je propose qu’on réfléchisse collectivement. En effet, les conséquences de l’évènement sont lourdes et de nombreuses répercussions sont dès ce jour prévisibles. Nous nous devons d’être prêts pour nous y confronter du mieux que nous pouvons. »
J’avais envoyé le texte ci-dessus introduit par:
« Pour préserver l’oeuvre d’un scripteur doublement délictueux en ses propres nom et prénom, je propose de corriger l’un de ses livres en « Cent mille millions de poèmes », ce qui, outre une légère réécriture, peut heureusement se compléter d’une simple suppression des tercets ultimes de tous les sonnets. Il est loin d’être sûr que les oulipiens puissent de même trouver des corrections qui disculpent tous les écrits qu’ils vénèrent. »

 

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han xin

serf obscur
ver de terre
rejeté
mère morte
tu sors du
crépuscule
duc de guerre
trop seul

osé subterfuge
route des surplombs
ce coup de stupeur
dresse l’empereur
sur les peuples

qu’espérer de tels succès
quel gré quel or quel éloge
le corps percé cou tordu
tu meurs

Posté sur la liste Oulipo le 9 décembre 2011 avec la présentation suivante:
Un écrit chinois du IIIe siècle posait le problème suivant au sujet du général Han Xin très célèbre en Chine :
« Combien l’armée de Han Xin comporte-t-elle de soldats si, rangés par 3 colonnes, il reste deux soldats, rangés par 5 colonnes, il reste trois soldats et, rangés par 7 colonnes, il reste deux soldats ? »
La solution est basée sur le théorème des restes chinois. La plus petite valeur positive est 23, c’est pourquoi dans ce qui suit on trouve successivement trois strophes de 23 syllabes rangées d’abord par 3, puis par 5, et enfin par 7, complétées par les restes correspondants. Ce texte retrace librement les épisodes de la vie de Han Xin. En raison de la fin brutale de ce dernier, les lettres de son nom ont disparu de ce texte, écrit seulement avec les lettres qui restent.

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Holorimes préélectorales

Gueule de bois des électeur prolétaires. Se voyant plus démunis que des poètes réduits au silence, ils préfèrent briser là et retourner à leurs occupations.

O l’an : de nouveau l’œnomanie fait station
Oh l’an d’eux nous vaut le nome à niffer. Ce tas scions.

Holorimes : lus à haute voix, les deux vers sont identiques.
Peut-être même un troisième sens pourrait-il surgir sans crier gare.
Posté sur la liste Oulipo le 9 janvier 2012

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Pangramme pour écrivain manchot

Mon joli ko: philo ou yin ?

Un « pangramme pour manchot »  a été proposé sur la liste Oulipo par Jean Roche:
«  Le pianiste Paul Wittgenstein étant revenu manchot de 14-18, divers musiciens dont Maurice Ravel, Richard Strauss, Sergueï Prokofiev, ont composé spécialement pour lui. On a quand même bien dû faire le pangramme pour écrivain manchot ?
WEBER GREFFEZ CE QATAR VERT DE SEXE »
Le 31 décembre 2011 j’ai envoyé en réponse la contribution ci-dessus avec le commentaire suivant:
Pour un autre écrivain manchot (de l’autre bras), amateur du jeu de Go.

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C’est un saccage

C’est un saccage de veines, de thrombocytes et de plaquettes. Il est plongé dans la lypémanie, la hideur et l’hystérie au bord de la démence. Un brusque coup de téléphone et une peur pernicieuse a coupé sa pompe à oxygène jusqu’à l’étouffement. Nets ou diffus, les thrombocytes, lui dit-on, fomentent le figement général de son sang. Contre la circulation de ce fluide s’immiscent de mouvants faisceaux de plaquettes proliférant comme en champagne les bulles. Ses veines s’arc-boutent contre l’afflux sinistre de ce poison que ne vaincront ni l’hématologue ni son hydréa. Ce tourment, il faut le supporter sans espoir. Le venin arrive partout. Ecoutez le gong du soir.

Contribution adressée le 16 décembre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie (décrite comme homosyntaxisme) consiste à remplacer les mots du texte de départ par des mots de nature équivalente (verbe pour verbe, etc.)

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ananyme anonyme

Nous portions en nous
les nourrissons de demain:
nous sommes des bouffons
car nous cochons des curetons dans vos salons
et ne rejetons
poivrons,
rognons,
marrons,
bières
ni vers des moucherons.

Participation à un « ananyme anonyme » proposé par
Gilles Esposito-Farèse le 18-10-2011.Il s’agissait de composer un texte en utilisant exactement la liste de mots proposée.
La liste des mots était:
bières bouffons car cochons curetons dans de demain des des des
en et les marrons moucherons ne ni nourrissons nous nous nous
nous poivrons portions rejetons rognons salons sommes vers vos

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transports

âme  intacte
obstinément   refuse  une  amitié   grise
une histoire isotherme épaisse et feutrée
respire
laisse chez elles  les humeurs apaisantes
enfin   déclenche   le   séisme   hurleur
songe
les fleurs des prés se fanent  silicosées
le  milieu  naturel  flingue  le   semeur
le sage
caractère  autrefois  calme  et  généreux
le  crâne   fissuré   gesticule  et  sert
autrement
les aimantes  pensées  recuites  en  fiel
le chêne penchant  sectionne  ses racines
le crépuscule
se glisse ocre linceul
                        ne  rien  confier

Contribution à l’opération « Dis moi dix mots » envoyée le 3 décembre 2012. La liste des mots était âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports. Voici la description que j’en ai faite sur la liste Oulipo:
D’abord, quel est l’intrus dans cette liste de mots ? « transports » car c’est le seul ne comportant pas de « e »: j’en ai fait le titre. Tous les autres mots figurent à raison d’un tous les deux vers.
Ensuite, quel est le PPCA (plus petit commun alphabet) de ces dix mots ? acefghilmnoprstuz
Donc tous les mots de ce texte sont écrits dans cet alphabet, et -sauf le titre- comportent la lettre e.

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soir avec gong

Etouffant presque, j’arrive dans le vent. Un enfant saute et fait un tonnerre de plus. Des pas dans l’herbe: un homme veut la pluie d’une soudaine abondance. Contre lui asséné, le vent est un bélier dont les coups poussent la pluie. Des fils minces infiltrent ma fenêtre. Le cadre, ce soir, est gris sous les frondaisons. Je fouette. On dirait qu’un tonnerre diffuse de nets éclairs. Avec l’orage, la pluie change. Persistante pluie et tonnerre en coups brusques se dessinent. Une bande dans le vent hurle là haut. Dans quelle lecture se sont-ils plongés sous la pluie, le tonnerre et le vent du soir ?

Contribution adressée le 2 octobre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie a été ainsi décrite sur la liste Oulipo:
Sans modifier la signification, j’ai juste changé le sens

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