Bienvenue sur le site talipo
Dernier tanka dans Hydrea: 29 mai
meurs d'un génocide
meurs dans les bras de ta mère
meurs à peine né
meurs dans la malédiction
meurs sans avoir su chanter
30 août : La mairie de Strasbourg retoque une plaquette des bibliothèques dont une illustration représente des maisons où se lit un graffiti « Stop genocide » !
Madame la Maire
interdisez-moi chez vous
car toujours je crie
Arrêtons le génocide
Retrouvons visage humain
4 juillet : Un centre commercial sera construit sur le site d’un camp de concentration.
de l'enfermement
de la honte de la faim
de la destruction
de l'âme et du corps des femmes
des chairs torturées
que sert de se souvenir
qu'absolve le bulldozer

Dernier texte dans le recueil Oripeaux ( 17 septembre 2026 )
Un souvenir de Gatien
Elle était en robe bleue
Gatien, surveillant son sillon, se rappelle et tandis qu'il suit le pas tranquille du cheval revient le souvenir de cette matinée sous un soleil radieux, où cette inconnue montant de la vallée s'est arrêtée pour souffler un instant au bord du champ, et quand elle a tourné les yeux de son côté leurs regards se sont croisés, comme un frisson courut le long de son échine, puis il s'est redressé, essuyant son front du dos de son poignet, juste pour voir l'étrangère poursuivre sa marche et disparaître au tournant du sentier sans avoir prononcé la moindre parole.
La terre est légère, le cheval tire puissamment, le soc ouvre une saignée parfaitement droite, rejetant de côté la vague noire dont Gatien regarde le déferlement monotone en se rappelant tous les mots qu'il n'a pas prononcés, tous les gestes qu'il n'a pas esquissés, tous les sourires qui n'ont pas répondu à celui que cette inconnue lui a, s'en souvient-il, adressé, mais vraiment s'en souvient-il ou ne fait-il qu'imaginer le léger relèvement de ces lèvres, l'éclat dans ces yeux pleins d'une douceur qui maintenant encore le caresse ?
Des filles, bien sûr qu'il en a connu, qu'est-ce que vous croyez, Gatien se redresse et son air fiérot amuse les bergeronnettes et les mantes religieuses, des tas qu'il a plaisantées, qu'il a fait danser, qui ont chanté avec lui du temps qu'il allait aux fêtes il n'y a pas si longtemps, et ses bras s'arrondissent en étreignant un souvenir d'épaules et ses narines s'écartent en respirant à nouveau des parfums provocants, tandis que le cheval étonné de ne plus sentir la tension sur son licou s'arrête net et le soir tombe sans se presser.
Les jours ont déjà bien raccourci remarque-t-il en pénétrant dans la tiède semi-obscurité juste adoucie par l'ampoule de vingt watts éclairant un peu les mains rêches affairées à l'épluchage de patates dont les fins copeaux tombent dans le tablier de la Mère qui sourit au sourire de Gatien tirant une chaise pour délacer ses lourds souliers et qui questionne d'une voix joyeuse M'as-tu bien monté des carottes du jardin, que je viens de passer les dernières dans la soupe et puis tous deux s'enveloppent dans un silence apaisé.
Il a bien fallu, pense tout à coup Gatien, et s'interrompt dans la lecture des morts dans le journal pour la Mère qui se récriait parfois à la mention de la Jeanne des Échandeaux ou de la Mirabel qu'on la croyait partie depuis longtemps celle-là, et qui ne lève pas la tête au mutisme soudain de son fils, il a bien fallu reprendre, quand le Père est tombé d'un seul coup, et bien sûr c'était fini, les fêtes, car abattre seul le travail de deux, bien sûr il peut s'en sortir, surtout que la Mère fait encore tout à l'intérieur, et Gatien renifle.
Se penchant pour fermer les volets de l'étroite fenêtre, Gatien reste un moment écouter la brise du soir fredonner dans les branches en égaillant leurs feuilles, dont l'odeur humide noie sa mélancolie bercée par la clarté vacillante d'une lune qui joue avec les nuages fugitifs, dont la glissade emporte sa pensée dans un royaume où tout est doux et scintille, habité par une magicienne en robe bleue qui lui sourit et parle une langue merveilleuse à laquelle il répond avec joie, goûtant la paix annonçant la venue de l'hiver.
Voir la page de ce texte
… et la dernière poterie
Affable
Corbeau louche
sous l'ombrage
tient fromage
dans sa bouche.
Renard dit
- Ben, pardi,
tu m'enchantes
quand tu chantes !
Lors l'oiseau
mis en joie
son museau
grand déploie.
Le coulant
dégringole.
Le galant
fort rigole,
saisissant
la pitance
prise sans
violence.
Journal
9 juin : Reprise de twilipo avec une contribution sur Mastodon et Bluesky.
Le iule n'ulule
Libellule hurle et hue
L'urubu lugubre
9 juin : Donald Trump organise un tournoi de MMA pour fêter son anniversaire (ou l’anniversaire des États Unis).
Once there was MAGA
and this meant some nonsense
I can't remember.
Now there's MMA which means
« Murder Marginal Again »
Cliquez ici pour retrouver le journal en intégralité.
L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.