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Oripeaux

Hier dort

Hier dort.
Mort, gente,
Air chante.
Flaire ort,

Pause or.
Erre ante
Ose : ente
Hier mort.

Air flaire,
Pause, erre.
Ose hier.

Air pause.
Ose air.
Ose. Ose. 

La liste Oulipo a beaucoup exploré les généralisations de la notion d’acrostiche. Parmi celles-ci on trouve les sonnets autoacrostiches d’hémistiches par vers, proposés par Gilles Esposito-Farèse. Le présent sonnet de dissyllabes en est un cas particulier, où on peut remplacer « hémistiches » par « mots » : on peut lire dans la colonne de gauche toute la seconde moitié du sonnet ( à partir du 8e vers ).
Publié sur la liste Oulipo le 30 juin 2022.

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L’agression suprême

Catastrophe !
Mais j'ai résisté.
Quand les chantres bien placés sont les premiers violeurs
Que nos moralisateurs nous rendent notre dignité.


     Ça l'os
     Ruer pu
     Met-il o barde loti
     Lâvat Rome net


calosruerpumetilobardelotilavatromenet

cal o sru erpu m e tiloba rdel o ti la va tro me ne t
lac o urs upre m e abolit ledr o it al av ort em en t

lacoursuprêmeabolitledroitàlavortement


     La cour suprême abolit le droit à l'avortement. 

Anthony Etherin vient de proposer une nouvelle contrainte qu’il a baptisée « aelindivider », actuellement étudiée par la liste Oulipo. Voici la définition qu’il en donne :  » Deux poèmes utilisent les mêmes lettres, dans une suite de palindromes connectés.  » La décision de la cour suprême des États-Unis annulant la légalisation de l’avortement est l’occasion d’essayer cette contrainte en guise de protestation.
Publié sur la liste Oulipo le 25 juin 2022.

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L’âge d’or

Au tournant de ma vie
Rencontrai l'âge d'or.

L'adolescent qui aime
Finit son chant en grave ut.
Se mire et ne voit que le tain,
Sans ouïr une sirène usant sa rage.
L'aurore nue chaque aune qu'il parcourt, nu,
Doigt désignant une tôle que domine la dune :
« De cet abri je contemple l'ère où toujours marais étouffe cris ».
Amis, entre les vents,
Qui sifflent la fillette issue de la rue
Où l'on peut s'envoler comme eider.


L'adolescent qui rime
Finit son chant en grave,
Et se mire, et ne voit que le nain sans cuir,
Une sirène osant sa nage.
L'aurore tue chaque rune
Qu'il parcourt au doigt,
Désignant une iole que domine la lune :
« De cet abri je contemple l'are où toujours garais ».
Étouffe cris, émis entre les dents qui sifflent,
La fillette ossue de la rue
Où l'on peut s'envoler, comme rider. 

Sur une suggestion de Nic Sirkis développée par Gilles Esposito-Farèse, la Déviation/Variation consiste à écrire deux textes identiques à l’exception de certaines lettres. Ces lettres mises bout à bout reconstituent deux phrases, l’une codée par le premier texte et l’autre par le second. Le poème ici présenté réalise ainsi le codage conjoint par les deux dernières strophes des deux vers du distique initial. L’identité des textes porte ici sur les seules lettres, compte non tenu de la ponctuation, et les lettres distinctes sont toujours placées au début d’un mot : ces propriétés ne font pas partie de la contrainte.
Note : on trouve dans le wiktionnaire « iole » admis pour « yole » et « garène » pour « garenne ».
Publié sur la liste Oulipo le 10 juin 2022.

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Oripeaux

derrière les vitres

l'hiver file
le cercle se ferme
persiennes scellées et mes lèvres
le réveil déréglé s'inverse et le temps se freine
le verre de mes fenêtres se teinte de gris persillé de perles gelées
et je reste en ce prisme livide imprégné de mes velléités chétives entre l'éveil et le déclin de ce ciel inerte

vient léger
derrière les vitres
tel le rire des grives ivres
le petit cri d'invite de l'espiègle fillette
elle erre vive de pré en pré entre les spectres des pins empesés de neige

elle émet
de ses lèvres fines
ce minime signe indistinct
et revient le silence éphémèrement brisé
je tire le pêne viens vers elle et même si le pied ripe je me dépêche
de l'index levé vers ses lèvres elle m'intime de ne rien dire et tend ce même index vers les pics ceints de nimbes éthérés

de ses cils
frêle penne vibre
de ses dents brille le fier rire
de ses tresses d'ébène glisse le bercement
elle prend le sentier invisible en plein hiver et m'emmène en terres de gel

elle est reine
de ces neiges vierges
ces névés irisés de ciel
ces pierriers relevés de fins pendentifs de givre

me révèle
immense et limpide
cette sereine liberté

et je rêve
de rendre infinie

cette étreinte 

 

Grand bigollo bivocalique.

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La faute harmonique

accédant
au livre maudit
qui ouvrait la leçon du mal
j'appris à trahir mon maître sans jamais sortir
du paradis pâlissant qui m'avait jadis empli d'un bouillant amour pour l'art

sombre nuit
où chancelai nu
sous la main noire qui flattait
mû par un fol instinct comme couru d'un sang d'or

haletant
j'ai mangé sans faim
un poison fade m'a nourri

tout devint
sauvage jardin

où m'enfouis 

Dans ce bigollo lipogramme en E chaque vers présente toutefois une faute ( ou un clinamen ) dont, relativement au nombre de syllabes, l’emplacement se rapproche de plus en plus du nombre d’or [ou de son inverse selon le calcul] au fur et à mesure que croît la longueur du vers : 2/3 ; 3/5 ; 5/8 ; 8/13 ; 13/21.
Publié sur la liste Oulipo le 10 mai 2022

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Chorégraphie

Commune pesanteur,
Balançant, envoûtante.
Torses doucement étreints.
Envolement coordonné déferle charnellement,
Vaguant somptueusement,
Très enamourant. 

On combine ici deux contraintes récemment proposées sur la liste oulipo, la première par moi, l’autre par Gilles Esposito-Farèse: la 3-bambochade et la 3-sympathie stricte.
Publié sur la liste Oulipo le 7 mai 2022

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félicités

flirts indifférents
triste stratégie grégaire
dérogations tièdes

discothèques surchauffées
frileuses filles sifflées 


Poursuite de l’exploration de la polysympathie inventée par Gilles Esposito-Farèse. Dans ce tanka nous avons une 5-sympathie stricte : deux mots consécutifs partagent exactement 5 lettres communes.
Publié sur la liste Oulipo le 6 mai 2022

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Oripeaux

Aumône

Cheval efflanqué,
Que quelque feuille frémisse,
Printanière aumône :
Sauteras avidement
Tant ressentiras
Chaleur renaissant, divine,
Redonner espoir. 




Gilles Esposito-Farèse a récemment proposé la notion d’architog parmi les extensions oulipiennes de la notion de tanka ; il propose aujourd’hui une contrainte de polysympathie d’ordre N dans laquelle deux mots consécutifs possèdent N lettres en commun. La N-sympathie est stricte si deux mots n’ont jamais N+1 lettres en commun. Le poème ci-dessus est un essai d’architog avec 3-sympathie stricte.
Publié sur la liste Oulipo le 2 mai 2022

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Poèmes accueillis

Empreinte de la Saint-Valentin

La ronde est un échange périodique bimestriel de blog à blog sous forme de boucle. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite. Pour chaque échange, un thème, un simple mot : aujourd’hui « Empreinte(s) ».

Je suis heureux d’accueillir Guy Deflaux.

La ronde autour du mot empreinte(s) tourne dans ce sens :
JP Boureux chez
Guy Deflaux
noël talipo
Élise L.
quotiriens
Dom A.
Hélène Verdier
le promeneur
Céline Gouël
JP Boureux

[ première publication sur l’ancien Talipo 15 février 2016 ]

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Poèmes accueillis

Vers terrestres

Ether, glebe, embers, the deep,
The elements descend, senselessness whelms them well.
Essences, bees, trees : these sleep,
even effervescences : yes, here’s hell.

The sphere seems ever less engendered,
the begetter herself bereft.
Then let’s meet, ye seers, ye brethren : let her be defended !
Be the steel fetters cleft.

                                                                        Timothy Adès

Timothy Adès, membre de la liste Oulipo, est un poète anglais qui s’est fait une spécialité de traductions dans sa langue de poèmes, et notamment de poèmes français. Je suis très honoré qu’il ait écrit cette belle traduction de mon poème Terre, dont il a repris l’écriture monovocalique. Comme l’original, ce poème a été écrit lors de la Journée internationale de la terre nourricière. On retrouvera ce poème sur sa page Facebook

[ première publication sur l’ancien Talipo 25 avril 2015 ]

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