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le téléphone tous les jours

il faut cultiver l’impatience
dans le ciel gris de nos rues plates
où le vent s’est arrêté
le vent contrebandier de l’amitié
le vent s’est fait arrêter par imprudence
il sifflait
il faut libérer le vent
débrancher les éoliennes
débrancher le téléphone
décrocher les poupées du manège
tourner tourner comme la souris
la chauve souris qui cherche le vent de la nuit
il faut souffler tous ensemble
les verriers les sopranos les vestales
les bronchitiques les tuberculeux les amiantés
les dragons les aquilons les fujins
les phoques les vieillards les forgerons
ne pas arrêter de souffler
s’arracher les poumons
s’éclater les tympans
s’exorbiter les yeux
et si ça ratait
s’il ne repartait pas le vent
catastrophe s’il ne repartait pas
les murs aveugles des maisons resteraient visqueux dans l’ombre mauvaise
les parterres de lino glissant pueraient sans fin la lessive saint marc
les poussettes inutiles resteraient cadenassées aux cages d’escaliers
à l’hyper-drive le carbone ensevelirait la file des voitures
les bancs publics déserts se couvriraient de feuilles mortes
sur les bureaux que la mélamine aurait figés
sur les bureaux où se tapirait l’écran froid du touchpad
où pas une feuille vingt-et-un vingt-neuf-sept ne se tiendrait prête à l’envol
la sonnerie
la sonnerie dans le vide et l’incolore
toujours
tous les jours
grise et solitaire
la sonnerie d’appel masqué

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Articles

un de la une alla de l’un à l’une
las d’aduler le halo de la lune
de l’au delà héla un nul  élu
des « le » aux « la » l’un à la une est lu



Le 14/06/2012, Gilles Esposito-Farese a écrit :
« Parmi les dizaines de spams que je reçois quotidiennement,
j’ai vu ce matin le titre  » 3 articles pour le prix de 2! « .
Eh bien la liste oulipo fait mieux encore. En voici par
exemple quatre pour le prix de 2 :  » La une donne le la. « 
Qui tente d’en accumuler davantage ? »
J’ai fait la proposition ci-dessus, qui en contient 8 dans le premier vers et 8 dans le dernier

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Crash test incongru

L’asservi tondu
murant son dépit
-rituel maso-
opina du chef.
Le gros dur siffla.

Dévot du ricard,
l’appétit dodu,
rosi, parfumé,
cru salop festif,
il but des canons.

Dit: « Tu es bardot !
Le froc chu, migrant,
tu vas m’obéir. »
Après, rit tordu,
crocs brillants, du serf.

Orbital succès :
l’hirsute crado
cabré dit : « Mon cul!
L’ethno nu rira
sur ta tombe, zig ! »

Jurant comme dix,
l’occit sans ruser.
Démon rugissant,
il hume la mort,
part vers l’inconnu.

Partant des 5 voyelles aeiou on obtient par une quinine littérale 5 permutations (au lien que voici on trouvera l’explication de la quinine; la quinine littérale applique le même principe sur des lettres au lieu de mots):
aeiou
uaoei
iueao
oiaue
eouia
On réexécute les mêmes permutations, obtenant 5 strophes.
Enfin, chacune de ces voyelles est incorporée dans une syllabe pour donner le texte final.

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la rivière

mon enfant
tu vois la rivière
son courant t’invite au grand large
tu   redoutes   sa   fraîche   accolade   et   tu   frémis
de tes yeux
tu vois la rivière
ma voix tremble en t’encourageant
de ton corps
tu sens la rivière
t’accueillir

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Mosaïque

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

est-il sombre est-il clair cheveux bruns ou roux
parle-t-il fort ou doux
c’est un homme qui ne se voit pas en entier
c’est l’homme tout en mosaïque

les uns me disent qu’il inonde les couloirs des frais ruissellements d’une joie simple et belle
quelques amis le croient en voyage
la fille aux cheveux de cuivre connaît sa blessure enfouie
l’un sait qu’il prend le bus l’un connaît sa voiture

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux

qui l’a vu les armes à la main courir sans respirer dans les rues serpentines
pour quelle affaire chez le banquier son regard dur
une malade a reçu sa visite ce matin
oh sa voix métallique pour humilier son collègue au point de non retour

est-il grand baraqué porté sur le sexe
on m’assure qu’il s’agenouille à la messe
il emprunte certains jours le sentier qui s’enfonce à flanc d’ubac et traverse un bois saturé de senteurs de mousse et de chanterelle sans réduire son allure quand une échelle mal fixée franchit une barre de rochers en surplomb au dessus des lacs où se reflète le camaïeu vert des alpages

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

lorsque la flamme bleue se coupe il relève sa visière et vérifie la soudure
on  dit qu’il déteste le gruyère
il possède un ami qui lui parle et rit fort
au parc la fillette orange considère un instant le monsieur qui s’est arrêté puis elle redémarre sa trottinette
il garde son portable sur vibreur

c’est l’homme qui attrape l’avion sans bagage
c’est le timide en arrêt devant une porte entr’ouverte
c’est l’ombre qui s’efface au bord du trottoir

cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

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Clore sa nuit

« C’est où l’Iran ? »
Lou, se cirant
cil, se tourna :
« Où, n’est clair;
Oncle, iras-tu ?
— Un sort à ciel:
Car tu n’es loi. »
Lou, craintes:
« Croit à lunes ! »
Laïc, torse nu:
« L’arc tue soin,
Soin tue l’arc. »

Dialogue en ulcérations. Posté sur la liste Oulipo le 27 novembre 2012.

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Dans la ronde éternelle

0                  Dans la ronde éternelle
1                  Retournant en poussière
2                  Je cherche en vain le sens
3                  Au milieu du chaos

4                  Personne pour m'aider

5                  Et je me laisse fondre
6                  Emportant avec moi
7                  Ces profondes richesses
8                  Que la plume et le vent
9                  M'ont offert en présent

10                 Rugueux et taciturne
11                 J'apprends avec lenteur
12                 L'impuissance qui hante

13                 Les sables solitaires
14                 Me donnent à toucher
15                 La trop grande clarté
16                 Des confuses pensées
17                 Où tout se désintègre

11                 J'apprends avec lenteur
16                 Des confuses pensées
7                  Ces profondes richesses
1                  Retournant en poussière

4                  Personne pour m'aider

13                 Les sables solitaires
9                  M'ont offert en présent
12                 L'impuissance qui hante

6                  Emportant avec moi
15                 La trop grande clarté
17                 Où tout se désintègre
3                  Au milieu du chaos
10                 Rugueux et taciturne
2                  Je cherche en vain le sens
8                  Que la plume et le vent
14                 Me donnent à toucher

5                  Et je me laisse fondre
0                  Dans la ronde éternelle 

Première participation à l’hommage organisé par le site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien de l’année, qui vient d’être désigné en la personne d’Étienne Lécroart. La numérotation renvoie à chaque dessin de E. Lécroart illustré par le vers correspondant. Chaque vers apparaît deux fois : d’abord dans l’ordre des numéros attribués aux dessins d’EL, ensuite dans l’ordre (lignes/colonnes) où ces dessins apparaissaient sur le site lorsque je l’ai consulté (cet ordre se modifie périodiquement). Tout lien même vague entre un vers et le dessin de même numéro est l’effet d’un hasard aussi peu fortuit que possible.

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L’oiseau à gueule

Suisse comme More.
N’ont ni repos ni répit.
Envoyé d’enfer dévore
Corbac, pic, bovin hapi,
Capri, vil chacal.
Hallali sur qui glapit.
Rapace ducal
Et fond l’âme seule
Son élan bancal
Ne sauve d’ongle ni gueule.

Une première version en alexandrins du même poème :

Les spires de son vol pétrifient Suisse et More.
Dès que survient, point de repos ni de répit.
Voyez venir d’enfer fier envoyé: dévore
Corbac, oryx, cochon, baby, bovin hapi,
Capri, papy gaga, pic, ara, vil chacal.
Hallali qui s’abat sur l’appât qui glapit.
Dès qu’est paru fatal le rapace ducal
Une onde désolée tombe et fond l’âme seule
Et le fuyant sujet dans son élan bancal
N’évite ni l’estoc des ongles ni la gueule.

Le 15 mai 2012 Pascal Kaeser a écrit  sur la liste Oulipo: « Rappel : la roue-mémoire est une forme poétique brevetée Kaeser. La succession des mètres 5777575557 est une configuration combinatoire qui permet par
décalage d’obtenir les 8 triplets possibles de deux objets (ici 5 et 7). Le schéma de rimes est celui de la classique Terza rima. »
Pour mieux matérialiser les 8 triplets, je me suis demandé quel caractère distinctif leur attribuer à chacun. Une idée m’est venue: imposer à chaque triplet un lipogramme en trois des lettres de l’alphabet: abc, puis def,ghi,jkl,mno,pqr,stu,vwx; les deux dernières yz étant interdites aux deux vers extrêmes peu touchés par les précédentes contraintes. Ceci donne en résumé les interdictions suivantes sur chaque vers:
5 abc yz
7 abc jkl
7 abc jkl stu
7 def jkl stu
5 def mno stu
7 def mno vwx
5 ghi mno vwx
5 ghi pqr vwx
5 ghi pqr
7 pqr yz
Pour tout dire j’avais d’abord oublié la contrainte métrique d’où la première version en alexandrins.
Posté sur la liste Oulipo le 24 mai 2012.

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Branle gai

Organisme oint d’écoute, on te salue !
Tu créas âme d’innommés, ô tuant code.
Ode, ulcérant Anu: j’avoue sévir menu,
Âne de moulin, cœur peiné, ô fada pur.

Suant aède aime opus noir encarter.
Ne fuir une chape ? admis au nom du fou.
Boxe au mur mur une niac, chie au dieu.
Fécond létal, unique combat, rune nu.

Un cerne ocre dû à gemme au cou mutin.
Rit neuf éburné, choral remédie, bal,
Matin et nid qu’émie prou main douce.

Écran orienté, tain qui dira une âme :
Émacié va, musoir, l’indenture en pal.
Larme ne crève où nain guide, ô givré.

Exemple de quatorzine littérale monobouturée: Sur une liste de 14 lettres on pratique les substitutions usuelles des quenines. On intercale ensuite exactement une lettre entre chacune des lettres de cette quatorzine.
J’ai remarqué que Raymond Queneau comporte précisément 14 lettres: reculant devant la difficulté du « y » et du « q » j’ai pris comme semence les lettres « RAIMONDCUENEAU ».
Vient alors:
RAIMONDCUENEAU
URAAEINMEOUNCD
DUCRNAUAOEEIMN
NDMUICERENOAAU
UNADAMOUNIECRE
EURNCAEDIANMUO
OEUUMRNNACIADE
EODEAUIUCMARNN
NENORDAEMACUUI
INUEUNCOARMDEA
AIENDUMERUANOC
CAOINEANUDRUEM
MCEAUORIDNUENA
D’où, en notant en minuscules les lettres ajoutées dans les intervalles:
oRgAnIsMe OiNt D’éCoUtE oN tE sAlUe
tU cRéAs AmE d’InNoMmEs O tUaNt CoDe
oDe UlCéRaNt AnU j’AvOuE sEvIr MeNu
aNe De MoUlIn CoEuR pEiNé O fAdA pUr
sUaNt AèDe AiMe OpUs NoIr EnCaRtEr
nE fUiR uNe ChApE ? aDmIs Au NoM dU fOu
bOxE aU mUr MuR uNe NiAc, ChIe Au DiEu
fEcOnD lEtAl, UnIqUe CoMbAt, RuNe Nu
uN cErNe OcRe Dû A gEmMe Au CoU mUtIn
rIt NeUf EbUrNé ChOrAl ReMèDiE bAl
mAtIn Et NiD qU’eMiE pRoU mAiN dOuCe
éCrAn OrIeNtE tAiN qUi DiRa UnE âMe
éMaCiE vA mUsOiR l’InDeNtUrE eN pAl
lArMe Ne CrEvE oU nAiN gUiDe O gIvRe
Note: musoir = terme militaire : partie la plus avancée d’une ligne de front.
Posté sur la liste Oulipo le 14 mai 2012.

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Aïe ! coups !

Pas cossard ? Pas casse !
Hors ! Crocs: pas ça. Pas oscar…
Ah ! Oh ! Sarko part.

Posté sur la liste Oulipo le 5 mai 2012

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