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transgression pour elle et moi

mon amour
mon cœur s’excave
en crevasse sonore

aux ramures une mouvance
susurre un vocero morose

mon amour
mon cœur a vu ce mur
une rancœur en moi se verse
aucun recours ne se verra

o ma reine en ces murs
ose ma souvenance
arrose une rose encenseuse
nous sommes encor en romance
aucune morsure
aucun accroc

amour en mon cœur ne mourra

Prisonnier strict: aucune lettre à hampe ni jambe, aucun accent, etc. Deux clinamens (exceptions), une pour elle et une pour moi
Poème composé en lien avec la contrainte
.

Publié le 6 février 2011

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Pataméride

Ce projet d’un an démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.

On trouvera ici les haïkus quotidiens mois par mois : Palotin, Merdre, Gidouille, Tatane, Phalle, Absolu, Haha, As, Sable, Décervelage, Gueules, Pédale, Clinamen ainsi que les nombreuses variantes proposées chaque jour par les amis.

Explosion du Palotin.

30 avril – 11 palotin – Explosion du Palotin.

Un an a passé
De textes en Oulipo
Le Pata s’éteint

Pour le dernier jour d’existence du Pataméride tous ceux qui le désirent sont invités à se joindre à la fête finale en composant un texte suivant, soit la contrainte du Beau présent en haïku, soit toute contrainte à son goût. Vous pouvez me l’adresser en utilisant la page contact. Voici les contributions à cette journée finale :

Annie Hupé

Patient dans l’attente
suppose illusion sans suite
Ô adulation !

Poétise, idéalise…
Ton pâle lopin. Adieu.

[ Beau présent ]

Bernard Maréchal

Sous ton anus nu,
Exposant ton sexe à poil,
Attends-tu le pal ?

[ Beau présent ainsi que les trois contributions qui suivent ]

et

Bernard-Marechal-patameride-30-04-20-Le-Palotion-mis-en-pieces

et

Bernard-Marechal-patameride-30-04-20-Michaux

et

El Despalotino.

Il est lassé, taiseux, – l’œil suintant, – sans son pote,
Ex-sultan du sud-ouest il n’a plus de palais :
Son étoile s’éteint, – son piano papillote
Sous le soleil douteux de l’ennui népalais.

Étendu sous la stèle, il attend l’antidote,
Naples, Le Pausilippe, et de l’eau sans délais,
Il se plaint, désolé, au lit d’une italiote,
Pinté sous la tonnelle, index aux pistolets.

Passionné ? Pipelet ?… Lusitanien ? Poète ?
Sa tête s’attisait aux patins de Laudine,
Pensant à l’eau latente où ne se noie l’ondine…

Splendide, il dépassa deux oueds sous la planète,
Adaptant, à la suite, à l’oud de son tonton,
Les plaintes de la sainte et l’appel du téton.

Pouilleux du Santal

et

Atout pointe

Il a eu la donne,
L’atout est à pointe.
Il a tous les as,
Il a tous les dix,
Et le deux d’atout,
Et le six aussi,
Le sept, et la suite.
Il expose tout,
Il pose ses as,
Il pose ses dix,
Et on l’applaudit.
C’est tout expédié :
L’exploit est à lui.

Jérémie Piscicelli :

Lui, en l’année pâle
où ses ailes se déploient,
sale au teint, s’expose

[ Beau présent ]

Nicolas Graner :

taillons noix du pope
et on pollua dix pions
poux de lion poilants

[haïku anagrammatique sur « Explosion du Palotin », donc aussi beau présent]

Nicolas a ajouté :

Ton pou, Noël, a dix plis.
Ton loup, Noël, a dix pis.
Ton pouls, Noël, à dix pi.

Emmanuel Glais :

Toute nue, dis-tu
T’exposes ton popotin
Palot le putain

Ex-laotienne
Sans toi ni solution
Nain sans notion

Son exploit tenu
Ôté sa pilosité
L’ilote est au top

Noël Bernard-Talipo :

Moonwalk

[ Bel absent acrostiche ]

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Bienvenues

Pour accueillir les nouveaux abonnés à mon compte twitter j’ai coutume de leur adresser un petit poème. Je cherche pour cela un mot traduisant au mieux ce que la découverte de leur compte et de leur blog m’inspire, et construis mon poème autour de ce mot. Lorsque plusieurs personnes sont accueillies ensemble, ceci équivaut à une forme réduite de logo-rallye. A partir de 2016, je signale les mots de base en italique.

Les personnes accueillies sont citées en retirant l’arobase @ précédant leur identifiant.

Retrouvez les années précédentes en ouvrant le lien : 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021

Année 2021

2 janvier konss_siebert

( interdit )

Je me suis interdit de respirer sous l'eau,
De peindre sur la neige, ou parler dans le vide.
Je déroule ma vie, acagnardé, livide,
Et guette d'un œil sec le bout de mon rouleau.

22 janvier CiePeau Clinamen__

( hurler, étoile )

elles hurlent ce soir dans le ciel lent qui tourne
dans le scintillement qui dérive et revient
les étoiles qu'enferme un essaim diluvien
qu'une éternité noire en son silence enfourne

6 février anikgimonets luz_marcha

( chocolat, honnête )

sombre fou dont ma bouche élit l'amer baiser
je t'aime ô chocolat dont la fusion m'enivre
puis-je honnête rester quand ta lave délivre
d'instincts profonds et nus le volcan attisé

6 février Damien__D VBegude

( diversité, abreuvoir )

Forts, petits, colorés, noirs, tournent les oiseaux
Et leur diversité près l'abreuvoir enchante.
Mais d'ordre le gardien, c'est le félin, qui hante,
Bondit, croque. Un silence endeuille nos mazots.

1er mars KHCadenas

( chasseur )

Le chasseur aperçoit au point de l'oeilleton
La boule qui palpite et s'apeure et qui tremble
De la cible à son oeil l'oeil implorant ressemble
À l'étoile qu'efface une aube de coton

1er mars MaxencePigree RepMurmure Contrefoutoir abdel_khanoum 866linde

( publier, fouiller, venir, impossible, dorloter )

les bans sont publiés les fiancés timides
fouillent dans leur courage un bonheur à venir
vents chantent le temps impossible à retenir
où l'on fut dorloté bientôt viendront les rides

16 mars Oussama45681389 HillmanMarc Velazquezjavi16 Imiravyo

( nouveau, composer, nu, pays )

emprunte le chemin nouveau dont le vent t'a confié la clé
vers la berge où l'onde compose une musique ruisselante
écoute écoute et baigne nu dans la lumière étincelante
pays des herbes en révolte où nul piochon ne vient sarcler

16 mars AmiralDantes polisseurdevers bituur_esztreym GamondesAlain

( chimie, café, promeneur, personne )

sur son banc savourant la chimie obsédante
d'un torride café l'homme observe les pas
des promeneurs que le soleil ne chauffe pas
personne ne le voit seul il regarde et chante

18 mars Alyscamps wordsinthelight martinjanello

( nuit, voleur, bonheur )

profonde était la nuit mon sommeil était doux
le voleur de bonheur fila par la fenêtre
emportant mes chansons me laissant mon mal-être
depuis je cours et crie implorant les vaudous

4 avril moodbadmood_ novendecameron konekola

( citer, collectif, monstre )

Quand leurs chefs ont cité les grimoires moussus,
En colère ils se sont massés, larrons et gnomes.
Lors, dressant le rempart collectif de leurs paumes,
Dans un joyeux chambard, du monstre eurent dessus.

11 avril JPRhaiku EtienneDesdoui1

( étoilé, nucléaire )

Cet éclair étoilé en ton oeil qui m'éprend,
Le velours de ta peau, ta voix que je vénère,
Est-ce juste chimie ? Division nucléaire ?
D'un rouage, ce flot de paix me délivrant ?

18 avril NGlauf EtudierT SAcrostiche jane_dill c_simondebergen

( espère, théâtre, amour, libre, subtil )

est-il fou d'espérer dans le théâtre d'ombres
où des lambeaux d'amour flottent sans s'accrocher
est-il vain d'être libre au pied de ces murs sombres
quand sourd le chant subtil d'une eau sous le rocher

2 mai OhSylvie christi99830943 Jean_Vernet_GE fredericPaulo dbourrion mstrk

( folle, mots, partager, sécurité, écran, aiguillonner )

La folle ébullition des mots qui se bousculent
Aux lèvres, partageant un trop plein d'émotion,
Fait sauter la sécurité. Sous la pression
L'écran fond, l'aiguillon saigne, les sens basculent.

20 mai BFleurot assiselafileuse ocardineau galaelly AymericJanier GorgsPrc1

( voyage, indiscipliné, cahier, flâner, étoile, ulcération )

Des voyages parfois dans la nuit nous entraînent
Cœurs indisciplinés nous fermons le cahier
Pour flâner sous l'étoile et dans l'ombre noyer
L'ulcération des sens aux heures qui s'égrènent

29 mai profestceque C2goals SaintGraalde daddy92722422 AlNox5 Frustratedharm1

( carnet, régner, anachronique, devenir, exercice, poésie )

J'écris vers après vers dans un petit carnet 
Des paroles où règne un fiel anachronique.
Quel devenir à cet exercice anomique
Où jette Poésie au vent son cache-nez ?

15 juin FraPa_92 Hamsik06493216 trou_blanc

( malice, honnête, clair-obscur )

Le chien doux sans malice à ses pieds, l’œil honnête.
Elle boit lentement, dans le soir apaisé,
Puis dans le clair-obscur, par un dernier baiser,
S'abandonne à la mort sa nouvelle conquête.
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Pierrot pleurait

Au clair de la lune
Au bord du ruisseau
Pierrot pleurait une brune
Ô pauvre puceau
Sans plume sans tune

De son nocturne pinceau
L’astre au doux visage
Se penchant muet arceau
Caresse amant sage

Sèche le long pleur
Et la joue après l’orage
Revêt la couleur
D’ivoirin nuage
Va solitaire voleur

Essai de combinaison de deux contraintes récemment proposées par Gilles Esposito-Farèse. La première, se basant sur la « plus petite suite sans cube » précédemment introduite et étudiée par lui, dont les premiers termes sont 0, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 0, … consiste à associer à chaque zéro un vers de longueur 5 et à chaque 1 un vers de longueur 7, obtenant ainsi une rythmique volontairement irrégulière.
La seconde contrainte est l’adoption d’un schéma de rimes « irréductible », c’est-à-dire tel que le poème ne puisse être décomposé en deux parties employant des rimes indépendantes. Ici, l’une des combinaisons mentionnées par Gef : AbAbA bCbC dCdCd.
Posté sur la liste Oulipo 12 juin 2020.

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le jeu de la mer

Oh toi
oh la mer

ma loi
ma foi
et ma vie

Tu vas
et je mue

au sel
je me fie

je lis
ce don
et je ris

*****

Au pas
de ce jeu

si pur
si fol
tu es cri

La fin
je ne dis

un mat
ou un nul

ni roi
ni fou
je ne fus

*****

Du cap
où je gis

le sol
en feu
je ne mis

Je bée
et je rue

le raz
au roc
ne se lie

Où est
le lé sec

le bar
où je bus

et mol
nu vil
je me tue

Le haïku oulipien généralisé (HOG) défini par Jacques Roubaud, est un poème comportant un nombre premier de vers, de syllabes par vers et de syllabes dans le poème ( en particulier le haïku et le tanka vérifient ces conditions). Gilles Esposito-Farèse a poursuivi cette généralisation avec la notion de renga oulipien généralisé (ROG), puis avec la notion de fractog, une construction fractale obtenue par itérations successives à partir de deux exemplaires minimaux de HOG et où le décompte d’un très grand nombre de sous-structures (vers, strophes, etc.) est premier. Un exemple d’une telle structure est le suivant :

2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3

2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3


2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3

2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3


2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3

2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3

2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+2+3
2+3 + 2+3 + 2+2+3

Dans cette structure, GEF note par des nombres les longueurs en syllabes de chaque vers et les subdivisions successives (strophes, parties, sections, chapitres, …) sont dénotées par des symboles tels que « + » (sans ou avec espace), retour à la ligne, saut de ligne simple ou multiple. Dans le présent poème j’ai exploré ce que donnait cette même structure en appliquant les nombres aux longueurs des mots et abaissant d’un cran les dénotations des subdivisions (vers, strophes, etc.) Posté sur la liste Oulipo le 27 février 2020.

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Conte du poète désormais inutile

Tu prendras repentir, de soleil ars vicié,
D’un spasme tel usé, trouvère en citadelle :
Tôt forclore chant vert ; dolé, l’être scier.
Tonnerre stupéfiant ! Air vital à venelle.

Proser, flore veillant, n’impose net acier.
L’acide vent tournant a, virant, taré stèle.
Cesse ululer vers le désert ! Tâte foncier !
Départ du violon. Dur. Esprit tire échelle.

Il part, prend le flot nu, trace, tiré de rets.
Sur la rose du vent cille âne et rit à pente.
Repère-t-il décor à stuc ? Pur pillard, tente.

Lent parle, impuni, de tels cupides arrêts :
Ce fleuve, vers ce port tirera, roi, la honte !
Las va tourner, sort de ville dire ce conte.

Ces temps-ci la liste Oulipo travaille beaucoup sur les carrés magiques. Parmi les défis lancés, celui de Rémi Schulz qui a proposé le carré diabolique suivant
13 03 06 12
02 16 09 07
11 05 04 14
08 10 15 01
L’adjectif « diabolique » tient à ce que non seulement les sommes des lignes, colonnes et diagonales est égal à 34, mais que ce nombre est aussi la somme des 14 carrés d’ordre 2 pouvant être extraits du carré ci-dessus. Remplissant alors ce carré de listes de lettres de longueur égale au nombre de la case, il a proposé :
CROISERENVRAI LES MAINSP OETEDULEVANT
SE NTIRLEPIEDTRAPUD ESLECTEUR SDUREEL
TENTERLEFLO TCARR ELOP INIATREVANTANT
CESTLORD REECHOVOTI FALETREUNIVERSE L
Ces listes sont telles qu’en lisant les lignes on obtient :

Croiser en vrai les mains, poète du Levant,
Sentir le pied trapu des lecteurs du réel,
Tenter le flot carré, l’opiniâtre vantant,
C’est l’Ordre, écho votif à l’être universel.

Le défi consistait à écrire un sonnet dont chaque ligne serait anagramme de l’un des 14 carrés d’ordre 2 extraits. Ainsi les lignes du présent sonnet sont anagrammes de
CROISERENVRAI LES SE NTIRLEPIEDTRAPUD
MAINSP OETEDULEVANT ESLECTEUR SDUREEL
TENTERLEFLO TCARR CESTLORD REECHOVOTI
ELOP INIATREVANTANT FALETREUNIVERSE L
CROISERENVRAI MAINSP TENTERLEFLO ELOP
LES OETEDULEVANT TCARR INIATREVANTANT
SE ESLECTEUR CESTLORD FALETREUNIVERSE
NTIRLEPIEDTRAPUD SDUREEL REECHOVOTI L
SE NTIRLEPIEDTRAPUD TENTERLEFLO TCARR
ESLECTEUR SDUREEL ELOP INIATREVANTANT
NTIRLEPIEDTRAPUD ESLECTEUR TCARR ELOP
LES MAINSP NTIRLEPIEDTRAPUD ESLECTEUR
TCARR ELOP REECHOVOTI FALETREUNIVERSE
CROISERENVRAI OETEDULEVANT CESTLORD L
Ce texte est la troisième réponse après celles de Rémi Schulz et de Gilles Esposito-Farèse.
Posté sur la liste Oulipo le 11 mars 2019.

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Voix, grandes eaux.

Cet enfant tête en l’air ne se fera-t-il prendre
À sortir dans la nuit, parlant vingt fois d’avoir
Compris qui a donné au monde de pouvoir
Répondre, quand les dieux regardent sans entendre ?

Son père lui a dit qu’il ne faut jamais rendre
À celui dont le cœur n’arrive pas à voir
La belle heure qui passe et, restant, croit vouloir
Cette chose qu’il semble à tout moment attendre.

Mais qui aime sentir, jusque vers lui, venir
La femme, le jeune homme, et dans sa main tenir
Une petite vie où deux bons yeux vont être,

Alors cent terres, oui, mille mers, vas devoir
Aller trouver pour un jour, en sa maison, mettre
Ce rien des premiers temps qu’il demande à savoir.

Ce sonnet, comme celui qui précède, suit la contrainte du sonnet à vocabulaire limité (basée sur les 175 mots les plus fréquents) proposée par Gilles Esposito-Farèse, qui en présente trois exemples sur son site.
Posté sur la liste Oulipo le 10 juillet 2018.

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Après ça, que répondre ?

Cet homme que la mer arrivant pensait prendre,
Un jour où tout semblait dire  « Je vais t’avoir  »
Où Dieu lui-même le regardait sans pouvoir
Faire rien contre l’eau qu’on n’aime pas entendre,

A parlé d’autres temps, en ce moment de rendre
Une vie où jamais de ses yeux n’allait voir
La femme de son cœur, croyant ses mots, vouloir
Donner sa main, rester avec lui, puis attendre.

« Enfant, je sentais quand allait le coup venir,
Connaissant où passer, quelle chose tenir.
Je comprenais un peu que devenir et qu’être.

À l’heure de la nuit, ma tête va devoir
Trouver maison de terre où pour toujours se mettre,
Et le monde de moi sortir et ne savoir.  »

Ce sonnet s’astreint à n’utiliser que les 175 mots les plus fréquents, selon la nomenclature établie par Etienne Brunet. Cette contrainte de vocabulaire limité, déjà bien étudiée sur la liste Oulipo, a été réactivée par Gilles Esposito-Farèse proposant d’écrire un sonnet dont étaient imposés les quatorze mots (tous des verbes) placés à la rime.
Posté sur la liste Oulipo le 3 juillet 2018.

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Révolution

Désorganisation, pognon colonisé,
Bookmakers compromis, spoliation gloutonne,
Dérogations, complots, consortiums empoisonnent
Nounou, poupon, bougnoul, prolo robotisé.

Sonores compagnons, repoussons composer.
Décochons horions, dégoupillons hormone,
Dépossédons voyou, ploutocrate, gorgone.
Exproprions prompto bourgeois couperosé.

Horloges tourneront, métronomes courront :
Apollons contrefaçonnés toujours mourront.
Pourquoi courtiserions bourbon mythologique ?

Organisons corpos, occupations, convois,
Arborons gonfalons, survoltons portevoix.
Détrônons zigoto molto soporifique.

Dans ce sonnet, tous les mots comportent exactement deux O. Cette contrainte a été proposée par Gilles Esposito-Farèse qui appelle de tels mots des « doublets ». Il en donne un merveilleux exemple sur le cas plus difficile des doublets en U.
Posté sur la liste Oulipo le 14 avril 2018.

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Nudité

Quelle épreuve plus dure, au musicien poussif,
Qu’exécuter au luth un funèbre prélude
Quand une affreuse pluie, au remous incursif,
Submerge un instrument soudain devenu rude ?

Quel refuge plus sûr, pour un cœur refusé,
Qu’une ruelle aveugle où toutes heures pleurent,
Enfouissant un amour aussi fou qu’abusé
Sous une armure brute, où doux souvenirs meurent ?

Autrefois, pur bonheur. Au jourd’hui sourde nuit
Où nulle lune pour un nocturne sourire
Adoucissant celui qui bruyamment soupire.

Sous une voûte brune, où sourd un creux ennui,
Une goutte parcourt une joue esseulée
Qu’essuie un pouce gourd. Luit sanguine aube ourlée.

Ce sonnet irrégulier met en œuvre une contrainte proposée ces jours-ci par Gilles Esposito-Farèse sur la liste Oulipo. Appelée par lui « singleton », elle consiste à imposer à tous les mots de comporter exactement une certaine voyelle, ici le U.
Posté sur la liste Oulipo le 8 avril 2018.

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