Catégories
Oripeaux

nu intégral

Oie, à eau,
y a - aïe aïe aïe -
ouï youyou.

Une nouvelle contrainte intitulée « contrainte nudiste » ou « aconsonantisme final » (selon Gilles Esposito-Farèse) a été proposée récemment sur la liste Oulipo par Alain Chevrier. Elle impose que chaque mot se termine par une voyelle « toute nue ». C’est une forme adoucie de l’aconsonantisme (n’utiliser que des voyelles) dont le hog ci-dessus est un exemple.
Posté sur la liste Oulipo le 15 mars 2026.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

L’invention de Bechdel

Anne entre première
Jocelyne hésite un peu

- Oh là cette odeur
- J'ai horreur des araignées
- Et quel bric à brac...
- Rien de bon, tout à jeter
- Oh ! la belle malle !
- Attends, je t'aide à l'ouvrir.

Avalanche d'os.

- Super malle ! Je la veux !
Vingt ans que j'en cherchais une.

J’ai fortuitement découvert le « test de Bechdel » censé juger les représentations des personnages féminins au cinéma. Pour passer le test une œuvre doit satisfaire à une triple condition : « Il faut qu’il y ait au moins deux femmes dedans, qui parlent ensemble, et d’autre chose que d’un homme. »
Et en littérature, le test fonctionne-t-il aussi ? Voici pour l’essayer un dialogue en hypertog composé dans le cadre de l’« Oulipien de l’année », hommage du site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien Bernard Cerquiglini.
Posté sur la liste Oulipo le 13 mars 2026.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Hier est rayé

Quand se nippa sans lacs, grincha
ce campanile. Accent chagrin.
Rêvant mâchait. La coupa grain :
vent rêche aima, coula, grimpa.
Alors à joue larme sécha
l'orage où âme, l'art chassé,
elle a celé. Naître est passer.
La haie laisse traîner ses pas.

Une contrainte proposée sur la liste Oulipo par Rémi Schulz qui l’a baptisée « lohomeri » consiste à composer des vers dans lesquels chaque groupe de deux syllabes est inversé. Ainsi dans le poème ci-dessus les deux premiers vers s’écrivent phonétiquement : « kan se ni pa san lac grin cha » et « se kan pa ni lac san cha grin ».
Posté sur la liste Oulipo le 27 février 2026.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Le prix de la vie

silence

le grand arbre
allonge ses branches
du vent les caresse l'archet
il fuse un rondeau joyeux dont les notes scintillent
au pied des montagnes rougeoyantes l'arbre et le vent en secret chantent l'amour
de sa voix claire à cet hymne le rossignol allie sa sereine mélodie et voici l'aurore qui frissonne de bonheur

de la sève
s'étanche la soif
dans les ténèbres de l'humus
la feuille aux oiseaux révèle un monde aborigène
elle écrit dans le ciel les stances d'un mystérieux poème où rire et pleur s'enlacent

fraîche l'ombre
qu'en ces rameaux goûtent
l'écureuil la bergeronnette
qui se cachent se rassurent sautillent s'affairent

mais de l'arbre
s'excave le tronc
de galeries où la mort rampe

vent mauvais
fracas de la chute

puis silence

Ma sœur Jacqueline est décédée le 14 janvier 2026. Pendant une partie importante de sa vie, elle s’est consacrée à la poésie. J’ai composé ce bigollo en pensant à elle. La structure en bigollo est plus visible sur l’image ci-dessous.

Le prix de la vie: précédent – suivant

Catégories
Poèmes accueillis

Diois miroir de Pan

La Combe Noire

Au bois la nuit où tout est seul
La rivière parle à son vide.
Douce noirceur, chante en silence
Dans le songe d’un élan plein.




Le Haut Canal


Visage de cristal, dame de la rivière,
Etrange, étrange fée se mirant sous les eaux
Dans le revers du ciel, à plumage d’oiseau…
- Mais étaient-ce les algues au fil de l’eau légère ?




Le Petit Rossignol


Les prés aux yeux de marguerites
Voltigent de sourires bleus

Les prés aux yeux de scabieuses
Pleurent une alouette enfuie

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu devant sa tombe lors de ses obsèques. Il décrit trois lieux situés dans la commune de Châtillon-en-Diois chère à l’auteure.

Les poèmes de Jacqueline : Précédent Suivant

Catégories
Poèmes accueillis

Armature

   Mes arbres sont morts et leur vêtement n’est pas de ce monde. Les feuilles des arbres ne sont qu’un printemps, leur éternité est dans leur carcasse qui prend son élan selon ce qu’ils sont – toujours différents.

O mes arbres morts ! Ordres pétrifiés d’une force vive ! Arbres de mon âme et de mes poèmes, dont toute harmonie est dans la structure – arbres rigoureux, oublieux du vent dans vos feuilles vaines, dressés vers les hauts de pleine lumière, à peine tordus, aux branches brisées qui s’écartaient trop. Arbres, mon amour se dépouille en vous pour un cri plus droit.

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.

Les poèmes de Jacqueline : Précédent Suivant

Catégories
Poèmes accueillis

Assez j’ai pris une part affouagère,

Assez j’ai pris une part affouagère,
Brûlé mon dû à la hache gagné
L’herbe des champs qui est tant soulagère
Vient le moment qu’il faut l’écobuer.

Faut-il partir aux terres étrangères
Où je n’ai pas de lopin désigné
Sans savoir qui trouvera plus légères
Les mottes fauves après moi remuées ?

Ce n’est pas tant ce qui se perd ou reste
Qui peut compter, si je n’ai pas le choix,
Ni en plein vol la graine, ni le geste

Ni les cailloux en bout de champ lancés.
Mais c’est qu’il fait en cours de route froid
Et j’ai payé ma part de feu assez.

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.

Les poèmes de Jacqueline : Suivant

Catégories
Oripeaux

L’abécédaire de Nithard

Affreux bazar ! Capharnaüm ! D'entrer fait gémir huit intruses jalonnant la mansarde nauséabonde où pourrissent quelques ruines suintantes.

Toc, une vieille valise usagée tombe, se rompt. Quelle pluie ! Omoplate, naviculaire, maxillaire, lunatum... jonchent, innombrable horde, guéridon, fauteuil et dallage.

Copines beuglent : Alléluia !

Voici ma première participation à l’hommage à Bernard Cerquiglini sur le site « Zazie mode d’emploi » qui comme chaque année honore un « Oulipien de l’année » : un texte de ce ce dernier est proposé à tous pour en proposer des réécritures, le plus souvent en utilisant une contrainte oulipienne. Le présent texte est un abécédaire aller-retour, les initiales des mots successifs étant dans l’ordre A, B, C… Toutefois, sont évitées les lettres valant plus de 10 points au scrabbles ( K, W, X, Y, Z ) comme l’avait fait Georges Perec pour sa contrainte de la belle absente.
Posté sur la liste Oulipo le 27 décembre 2025.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Le prix de la vie

la voyageuse

se posant
près des sources vives
de son aile multicolore
la voyageuse a tiré une plume très belle
accroupie elle la trempe dans des coupes emplies de teintures chatoyantes
cette rémige caresse l’étoffe et bientôt affleurent des coloris limpides que traversent des marbrures mystérieuses

turbulents
les yeux grands ouverts
des groupes d’enfants souriants
s’assoient sous l’arbre immense où se chamaillent des singes
et la voyageuse pince les cordes d'une vina qui résonne sonore

sa chanson
dans l'ombre des branches
s'étire en guirlande joyeuse
sous laquelle ondulent des statuettes de bronze

l’œil riant
les sages les prêtres
tendent leurs mains parlent de paix

au matin
par le vent reprise

s'envola

Peintre, sculpteur, poète, musicienne, ma sœur Florence Rastogi, qui signait Marateste, était l’épouse du peintre Jagdish Rastogi. Elle est décédée le 14 octobre 2025. J’ai composé ce bigollo en pensant à elle. La structure en bigollo est plus visible sur l’image ci-dessous.

Le prix de la vie: précédent suivant

Catégories
Oripeaux

ballade d’hiver

l’épais silence
de cette ville
qui dort
sur ma souffrance
glisse immobile
et mord

sans une larme
vague je marche
sans fin
croisant quel carme
quel patriarche
j’ai faim

au ciel vacille
l'étoile atone
du temps
et moi chenille
orde piétonne
j'attends

Après l’automne, l’hiver, que j’ai essayé de rendre plus âpre par le passage à 2 syllabes des vers courts et l’inversion des féminines et des masculines. Petit essai des rimes alternées pour voir ce que ça donne. Bof, c’est un peu moins dansant que les plates.
Posté sur la liste Oulipo le 5 décembre 2025.

Oripeaux : Précédent Suivant