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Crobonacci

sable
rocs
un homme
que comprime
une gangue froide
le balbutiement d'un dessein
à tire d'aile envolé vers le vide inconnu

Deuxième participation à l’hommage organisé par le site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien de l’année, qui pour 2022 est Étienne Lécroart. La longueur de chaque vers ( 1 1 2 3 5 8 13 ) renvoie au dessin correspondant. Cette liste est le début de la suite de Fibonacci de départ 1-1.

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Babèle moi dix mots qui racontent la prison

s’envaser en un univers incarcéré a un caractère insensé : un transport sans rien voir, enserré comme un acarien venimeux, amène en ce morne chez soi où se saisira autrement songe ou vécu naturel : même air, même saison, mais aucun souvenir où confier son âme. aucune vision ne ravive une histoire connue. sournoise maison où s’assassine un penchant sans cesse inexcusé, maison noire aux amours sevrés.

L’opération « Dis moi dix mots » 2012 consistait à écrire un texte contenant les mots suivants:
âme,autrement,caractère,chez,confier,histoire,naturel,penchant,songe,transports
Le site Zazipo a proposé d’y participer en choisissant librement un texte dans le site : J’ai choisi « Le Retour de Babel » de Georges Perec. Ce texte, avec son passage de limite imaginaire, m’a fait penser à un prisonnier: Cette contrainte consiste à s’interdire toutes les lettres à jambes ou hampes ainsi que tous les accents.
Mais il n’est pas possible dans le cadre des « 10 mots » de réaliser un prisonnier sans un nonuple clinamen (exception à une règle oulipienne), car seul le mot « âme » respecte cette contrainte.
Ce texte mis sur la liste Oulipo le 16 mars 2012 a ensuite été mis sur son site par Zazipo.

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soir avec gong

Etouffant presque, j’arrive dans le vent. Un enfant saute et fait un tonnerre de plus. Des pas dans l’herbe: un homme veut la pluie d’une soudaine abondance. Contre lui asséné, le vent est un bélier dont les coups poussent la pluie. Des fils minces infiltrent ma fenêtre. Le cadre, ce soir, est gris sous les frondaisons. Je fouette. On dirait qu’un tonnerre diffuse de nets éclairs. Avec l’orage, la pluie change. Persistante pluie et tonnerre en coups brusques se dessinent. Une bande dans le vent hurle là haut. Dans quelle lecture se sont-ils plongés sous la pluie, le tonnerre et le vent du soir ?

Contribution adressée le 2 octobre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie a été ainsi décrite sur la liste Oulipo:
Sans modifier la signification, j’ai juste changé le sens

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Raymond Queneau penche sa valise

Ce poème est une contribution à L’Oulipien de l’année, rubrique du site Zazie mode d’emploi dans laquelle chaque année, en l’honneur d’un membre de l’Oulipo, un texte de lui est proposé à toutes les réécritures. C’est cette année Raymond Queneau dont un des Cent mille milliards de poèmes est donné. Inspiré par une intense activité de la liste Oulipo sur ces acrostiches internes (l’expression en acrostiche n’étant pas forcément en début de vers) on tente ici d’aligner de tels acrostiches internes sur deux colonnes successives, tout en cherchant une forme évoquant le contenu du poème – ici une valise penchée.
La disposition amène à masquer un peu la forme sonnet juste signalée par une majuscule au début de chaque strophe.
Posté sur la liste Oulipo le 24 mai 2020.

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