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Journal 2022

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18 janvier : Lecture d’une tribune collective « Fermons les zones d’attente »

Pays des lumières
La France a su fabriquer
La nuit la plus noire

La punition carcérale
Pour délit de vouloir vivre

16 janvier : Nous apprenons le décès de Michelle Grangaud, membre de l’Oulipo. En sa mémoire :

L'averse t'atterre.
Ce pan qui cède, puis l'eau
Fait veuve la lyre.

Ce haïku est en presque homophonies sur son haïku qui avait été le support de l'hommage que le site Zazie mode d'emploi lui avait rendu, comme Oulipienne de l'année 2017.

5 janvier : Sur un bon mot du président.

Un irresponsable
N'est donc pas un citoyen ?
Mots peu responsables !

L'auteur s'il n'est citoyen
Peut-il être président ?

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Tract : LRU et Fioraso

Un préliminaire

C’t’ LRU, tumulus du Sup, qu’un nul Ubu du cru crut l’humus d’un futur brun, fut un summum du truc cucul, but nul d’un club d’us durs. D’un CHU, d’UFR, du CNU, chut un « Zut ! » cru, mû d’un flux plus dru qu’un jus chu d’un cumulus.

Le tract

La loi LRU, loi soi-disant d’autonomisation du sup, qu’imposa N. Sarkozy à tous labos, UFR, instituts français participant à la construction, la transmission ou la valorisation du savoir, fut un trauma magistral. Jalon d’un train d’accrocs à nos lois issu d’un accord Bolognais, il connut un impact sans comparaison, tous nos savants du plus insignifiant au plus grand d’un coup contraints au joug du capital, au carcan du contrat, à la confrontation, aux mauvais coups, à l’opacification s’imposant sur nos statuts. Tandis qu’un tri signa la priorisation d’un taux minimal d’instituts qu’on favorisait à loisir, la plupart, « promus » canards boîtant, subit par sous-dotation ou par dislocation un choc frontal visant à la disparition.

Effet des décrets de V. Pécresse, l’excellence s’est présentée en référence extrême. Elle étend ses effets délétères envers recherche et ensemencement. Ses sentences perverses engendrent détresse et perte de self-respect des gens enserrés en ses rêts.

Multipliant manifs ou sit-in, tous corps confondus, chacun a fait savoir son indignation. Il faut sortir du carcan fatal qui pourrit l’important dispositif français du sup, un outil crucial pour la construction du savoir, un maillon concourant à la formation d’artisans du futur.

VOUONS AU PLUS TOT LA LOI LRU
A L’ABROGATION

Or la loi Fioraso dont on lit l’avant-propos, loin d’affadir la loi Sarko, va droit dans son aggravation. On voit dans son dispositif non l’apport d’air frais dont on a tant soif mais la prolongation d’accords Bolognais dont il assoit son inspiration.

Alors faisons savoir à N. Fioraso l’irritation croissant dans la nation. S’imposant à l’idiot diktat Bolognais, faisons saillir à jamais la raison.

Il s’agissait dans cet essai d’explorer ce que peut donner une contrainte oulipienne dans un texte aussi éloigné de la « littérature » qu’un tract. Pour son contenu, ce texte se conforme à tout ce qu’on s’attend à trouver dans un tract (contenu que par ailleurs je reprends volontiers à mon compte).
Pour la forme, il suit diverses formes de lipogramme : Lipogramme en « e » pour le début, monovocalisme en « e » pour le paragraphe sur V Pécresse, lipogramme en « e » et « u » pour les derniers paragraphes sur N Fioraso. Ainsi pour les deux ministres sont utilisées seulement les voyelles de leurs noms.
Après coup, adjonction d’un préliminaire, monovocalisme en « u ».

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le téléphone tous les jours

il faut cultiver l’impatience
dans le ciel gris de nos rues plates
où le vent s’est arrêté
le vent contrebandier de l’amitié
le vent s’est fait arrêter par imprudence
il sifflait
il faut libérer le vent
débrancher les éoliennes
débrancher le téléphone
décrocher les poupées du manège
tourner tourner comme la souris
la chauve souris qui cherche le vent de la nuit
il faut souffler tous ensemble
les verriers les sopranos les vestales
les bronchitiques les tuberculeux les amiantés
les dragons les aquilons les fujins
les phoques les vieillards les forgerons
ne pas arrêter de souffler
s’arracher les poumons
s’éclater les tympans
s’exorbiter les yeux
et si ça ratait
s’il ne repartait pas le vent
catastrophe s’il ne repartait pas
les murs aveugles des maisons resteraient visqueux dans l’ombre mauvaise
les parterres de lino glissant pueraient sans fin la lessive saint marc
les poussettes inutiles resteraient cadenassées aux cages d’escaliers
à l’hyper-drive le carbone ensevelirait la file des voitures
les bancs publics déserts se couvriraient de feuilles mortes
sur les bureaux que la mélamine aurait figés
sur les bureaux où se tapirait l’écran froid du touchpad
où pas une feuille vingt-et-un vingt-neuf-sept ne se tiendrait prête à l’envol
la sonnerie
la sonnerie dans le vide et l’incolore
toujours
tous les jours
grise et solitaire
la sonnerie d’appel masqué

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Oripeaux

Articles

un de la une alla de l’un à l’une
las d’aduler le halo de la lune
de l’au delà héla un nul  élu
des « le » aux « la » l’un à la une est lu



Le 14/06/2012, Gilles Esposito-Farese a écrit :
« Parmi les dizaines de spams que je reçois quotidiennement,
j’ai vu ce matin le titre  » 3 articles pour le prix de 2! « .
Eh bien la liste oulipo fait mieux encore. En voici par
exemple quatre pour le prix de 2 :  » La une donne le la. « 
Qui tente d’en accumuler davantage ? »
J’ai fait la proposition ci-dessus, qui en contient 8 dans le premier vers et 8 dans le dernier

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Oripeaux

Crash test incongru

L’asservi tondu
murant son dépit
-rituel maso-
opina du chef.
Le gros dur siffla.

Dévot du ricard,
l’appétit dodu,
rosi, parfumé,
cru salop festif,
il but des canons.

Dit: « Tu es bardot !
Le froc chu, migrant,
tu vas m’obéir. »
Après, rit tordu,
crocs brillants, du serf.

Orbital succès :
l’hirsute crado
cabré dit : « Mon cul!
L’ethno nu rira
sur ta tombe, zig ! »

Jurant comme dix,
l’occit sans ruser.
Démon rugissant,
il hume la mort,
part vers l’inconnu.

Partant des 5 voyelles aeiou on obtient par une quinine littérale 5 permutations (au lien que voici on trouvera l’explication de la quinine; la quinine littérale applique le même principe sur des lettres au lieu de mots):
aeiou
uaoei
iueao
oiaue
eouia
On réexécute les mêmes permutations, obtenant 5 strophes.
Enfin, chacune de ces voyelles est incorporée dans une syllabe pour donner le texte final.

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la rivière

mon enfant
tu vois la rivière
son courant t’invite au grand large
tu   redoutes   sa   fraîche   accolade   et   tu   frémis
de tes yeux
tu vois la rivière
ma voix tremble en t’encourageant
de ton corps
tu sens la rivière
t’accueillir

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Mosaïque

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

est-il sombre est-il clair cheveux bruns ou roux
parle-t-il fort ou doux
c’est un homme qui ne se voit pas en entier
c’est l’homme tout en mosaïque

les uns me disent qu’il inonde les couloirs des frais ruissellements d’une joie simple et belle
quelques amis le croient en voyage
la fille aux cheveux de cuivre connaît sa blessure enfouie
l’un sait qu’il prend le bus l’un connaît sa voiture

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux

qui l’a vu les armes à la main courir sans respirer dans les rues serpentines
pour quelle affaire chez le banquier son regard dur
une malade a reçu sa visite ce matin
oh sa voix métallique pour humilier son collègue au point de non retour

est-il grand baraqué porté sur le sexe
on m’assure qu’il s’agenouille à la messe
il emprunte certains jours le sentier qui s’enfonce à flanc d’ubac et traverse un bois saturé de senteurs de mousse et de chanterelle sans réduire son allure quand une échelle mal fixée franchit une barre de rochers en surplomb au dessus des lacs où se reflète le camaïeu vert des alpages

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

lorsque la flamme bleue se coupe il relève sa visière et vérifie la soudure
on  dit qu’il déteste le gruyère
il possède un ami qui lui parle et rit fort
au parc la fillette orange considère un instant le monsieur qui s’est arrêté puis elle redémarre sa trottinette
il garde son portable sur vibreur

c’est l’homme qui attrape l’avion sans bagage
c’est le timide en arrêt devant une porte entr’ouverte
c’est l’ombre qui s’efface au bord du trottoir

cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

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Clore sa nuit

« C’est où l’Iran ? »
Lou, se cirant
cil, se tourna :
« Où, n’est clair;
Oncle, iras-tu ?
— Un sort à ciel:
Car tu n’es loi. »
Lou, craintes:
« Croit à lunes ! »
Laïc, torse nu:
« L’arc tue soin,
Soin tue l’arc. »

Dialogue en ulcérations. Posté sur la liste Oulipo le 27 novembre 2012.

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Oripeaux

Dans la ronde éternelle

0                  Dans la ronde éternelle
1                  Retournant en poussière
2                  Je cherche en vain le sens
3                  Au milieu du chaos

4                  Personne pour m'aider

5                  Et je me laisse fondre
6                  Emportant avec moi
7                  Ces profondes richesses
8                  Que la plume et le vent
9                  M'ont offert en présent

10                 Rugueux et taciturne
11                 J'apprends avec lenteur
12                 L'impuissance qui hante

13                 Les sables solitaires
14                 Me donnent à toucher
15                 La trop grande clarté
16                 Des confuses pensées
17                 Où tout se désintègre

11                 J'apprends avec lenteur
16                 Des confuses pensées
7                  Ces profondes richesses
1                  Retournant en poussière

4                  Personne pour m'aider

13                 Les sables solitaires
9                  M'ont offert en présent
12                 L'impuissance qui hante

6                  Emportant avec moi
15                 La trop grande clarté
17                 Où tout se désintègre
3                  Au milieu du chaos
10                 Rugueux et taciturne
2                  Je cherche en vain le sens
8                  Que la plume et le vent
14                 Me donnent à toucher

5                  Et je me laisse fondre
0                  Dans la ronde éternelle 

Première participation à l’hommage organisé par le site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien de l’année, qui vient d’être désigné en la personne d’Étienne Lécroart. La numérotation renvoie à chaque dessin de E. Lécroart illustré par le vers correspondant. Chaque vers apparaît deux fois : d’abord dans l’ordre des numéros attribués aux dessins d’EL, ensuite dans l’ordre (lignes/colonnes) où ces dessins apparaissaient sur le site lorsque je l’ai consulté (cet ordre se modifie périodiquement). Tout lien même vague entre un vers et le dessin de même numéro est l’effet d’un hasard aussi peu fortuit que possible.

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Héméroméride – janvier

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de janvier.

1er janvier – Journée mondiale de la paix

Bernard Maréchal

Perses venaient aux Thermopyles au galoP ;
Artémision : match nul, tant pis pour AthénA !
Il fallut Thémistocle, et la flotte, et voicI
Xerxès battu à Salamine, et c’est la paiX.


(double acrostiche)

et

Image
 ( petite morale élémentaire portative )

Alexandre Carret

Si vile, Roma
n’a guère aidé bravement 
Alain. T’es rieur
Tant que foire Renaud, elle,
peint ta rade et déménage.



(filigramophone :
« civile » - « Romana » - « Guerre et » - « des braves » - « mentale » - « intérieure » - 
« tanque » - « foireux » - « re Noël » - « pin » - « tarader » - « des ménages » )

Annie

Tuerais-tu merles et puffins ?
Si j'ai faim.

Pourquoi es-tu si contrefait ?
Pesants faix.

Attends-tu la fin des palais ?
Non, la paix.

Toujours de nouveaux sacrifices
le bruit, la fureur plus épais
quand s'accroissent les injustices
et la faim, faix contre la paix.


(ovillejo )

Jacqueline Morel

Par-delà les monts et les vals
Aspire à offrir son rameau
Immaculée, pure colombe
Xanthophobe : la Terre est en feu...


( acrostiche )

Nicolas Graner

Appuie fort sur le champignon !
S'il produit un gaz oxydant,
Aux soubrettes nous enjoignons
De l'enlever sans accident.

Moralité :
Pressure lactaire ! Ozone ? Deux bonnes vont l'ôter.

( katrainbour )

Noël Bernard-Talipo

Paix, ami
Paix à ta smala
À l'an naissant va sans tracas
Saisissant l'instant dansant l'art sans fin jaillissant

Sans carcan
Saisis l'air filant
T'attirant à l'astral jardin

Clairs matins
Naïfs chants aimants

Sang vivant


( bigollo bivocalique ) 

2 janvier – Journée de la science-fiction

Bernard Maréchal

Le tapis volant
Et la baguette magique ?
Mieux que le laser !
***
Et les bottes de sept lieues ?
C’est « Retour vers le futur » ! 

----- 

« Science sans fiction
N’est que ruine de l’I.A. »
Disait Rabelais.
***
Un scientifique écrivain
Est-il un robot lettré ? 

(2 tankas)

Alexandre Carret

Préparons l'hiver
Un bon feu, un film de guerre
L'adjudant sourit.

Moralité :
Le beau chêne oscillant se fixe, scions profond derechef
Le boche et nos science-fictions pros font d’heureux chefs

( vers nord-sud )

Annie

la scientologie
la science-fiction
avec la magie
causes de friction

j'aime mieux le monde
les fleurs, les oiseaux
telle science immonde
abuse des mots  

( sélénet )

Jacqueline Morel

Élan créatif
Imaginaire exalté
Pour tous les possibles

Jacqueline Jacquadit

Pour croire à la science
Il nous faut quelque agrément
D'un joli récit.

La science crue si fiction.

( fable express )

Noël Bernard-Talipo

Si chaque grand savant, jouant de belle plume,
Composant vers bancals, flèche jusqu'au dégoût -
Imbu d'un fat hors jeu que plombe ingrat volume -
Éveilleurs du jeu fol qu'empêche son bagou,
N'avortons nul chant pur que son joug fade embrume.
Chiffre pervers ? Jamais ! N'abdique telugu
Et brave esquif, jugé pêcheur d'or, tout rallume.

( acrostiche et belle absente )

3 janvier – Journée de la paille

Bernard Maréchal

Chapeau d’Italie ?
Homme couché sur la chaise ?
Vin de Poligny ?
***
Un feu de seigle ou de blé ?
On peut tirer à la courte !

(tanka filigrane)

et

Ils voulaient boire à la paille,
Et rajouter de la baille
Au bon lait de notre boille,
Fondue à l’école Boulle.
Mais l’Europe s’est boulée :
La loi anglaise est boutée
Hors de France sur un boutre.
On va la pendre à la poutre.

( doublets de Carroll )

Nicolas Graner

Couché sur la pomme,
un chapeau mis sur la bitte,
il boit à la botte.

Comme un rat en queue de fer,
l'homme gratte un feu dans l'œil.

( filigrane )

Jacqueline Morel

Ces sept brins de paille
Tresserai pour toi
En ferai médaille
De paix et de joie

À ta boutonnière
Ce nœud de moisson
Entend ta prière
Et marque affection

( sélénet )

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

armée de gris de blancs et de jaunes changeants
et démentirait presque Larbaud mais ce n’est
pas la mer de 
        paille
 ce sont les bords de Seine
cernés de quais refaits et d’entrepôts itou
l’identité de l’eau ce sont ses abords

( autocitation cf. https://seenthis.net/messages/693158 )

Alexandre Carret

Terine berryCOchonne
-------------------

Au bas de la rue PAILLEron
On voit un vieux loup emBOIter
Le pas à trois porcs faBRIQUant
Trois maisons dans l’air PAILLEté.

Un loup soufflant et giBOYant
Que les cochons soBRIQUEront :
« Grand méchant loup » en riPAILLant.

Les trois petits cochons BOIront
A l’abri d’un mur BRIQUEté.

 ( Terine berrychonne de syllabes : 
Les rimes tournant sont en - té - ron
Les syllabes d'appui sont paille - bois - brique ) 

Jacqueline Jacquadit

La paille et le grain
Lire la plage latine
La graille et le pain.

( haïku d'anagrammes )

Noël Bernard-Talipo

Il pipa la paie.
Elle le lie à la pile.
Elle l'épila,

Le pila, plia, pela.
Épaillé, piailla.

( beau présent )

3 janvier – Journée de la paille et 4 janvier – Journée mondiale du braille

Annie

une rime à paille
c'est pas compliqué
en choisissant braille
un quatrain bouclé

entre paille et braille
que j'ai rapprochés
tricotons la maille
les voici liés

( sélénet )

4 janvier – Journée mondiale du braille

Bernard Maréchal

« héméroméride »
Un coup sur les doigts
Quand ton enfant braille :
Tu marques des points !

Tu tâtes les points
Sur le bout des doigts
Quand tu lis du braille.

Pour écrire en braille,
Imprimons des points
Sensibles aux doigts.

(terine)

Alexandre Carret

Un porc aux petits pois
cuit au lait cru de bique.
C'est la recette en braille
Qu'un méchant loup se pique
De suivre. Il dit « Babaille,
Je m'en vais dans l'Aubrois
Souffler les murs en paille
d'un cochon, ou en bois,
ou en tout sauf en brique. »

( terine berrychonne :
les rimes tournantes sont ois - ique -aille
et s'appuient sur les éléments fixes p - b - br )
Image

Nicolas Graner

voir la transcription ci-dessous
Délivré par Louis Braille, écris
des livres et parle, ouïs, braille et crie !

( holorime )

Jacqueline Morel

Résonne son cri
L'oiseau braille et rit
Déploie sa traine aux cent yeux
Plumage hypnotique
Iridescentes couleurs
Sa gorge bleue gonfle
Paonne émerveillée succombe

( HOG – Utilisation du mot-clé )

Noël Bernard-Talipo

Elle raille l'arbre :
Belle, à l'air libre, babille
Il bée là brellé.

À l'Érèbe ira la belle,
Il rira, l'arbre rebelle.

( beau présent )

5 janvier – Journée des oiseaux

Bernard Maréchal

Sang vaut les lois :
S’envolait l’oie.
Haussa ailes
Au Sahel.
-----
S’envole effraie,
Sans volets frais
Éternels,
Et terne aile.
-----
Sans plus, me dois
Cent plumes d’oie
À l’autel :
Hâle ôte ailes.
-----
Là, pie et geais
Dansaient si elle
L’a piégée
Dans ces ciels.

( 4 ouïseaunets holorimes et autres variantes minimalistes )

et

Son cheval est nerveux, son colley impatient
Aboie aux ciels trop bleus des moineaux insouciants.

Si Ella piaffe,
Lassie endure
Ciel à piafs :
Là, cyans durs.

( ouïseaulorime )

Alexandre Carret

J’ai des chènevières
Où tarde à pousser l’herbe
Et tourne au tons de lierre.
La beuh, dans les bouerbes
Arables, ne génère
Ni vérole ni gerbes.
D’odorantes linières
Sarçaient le sol superbe.

( acrosémantiche avec des noms d'oiseaux :

[Geai des chênes] -vières
[Outarde] à lever l’herbe
[Etourneau] tons de lierres.
[Labbe], dans les bouerbes
[Ara bleu], ne génère
[Niverolle] ni gerbes.
[Dodo] -rantes linières
[Sarcelle] -e sol superbe. )

Nicolas Graner

Quand seront achevés tous les petits bouleaux,
quand les Californiens seront devenus gros,
quand l'ultime estivant partira au galop,
quand l'absence d'action ne sera plus leur lot,
on entendra chanter en trilles les oiseaux.

    Boulaie aboutie,
    séquoia épanoui,
    aoûtien évanoui,
    aboulie adoucie,
    moineau ioulera.

(panvocalisme isocèle : tous les mots sont composés des cinq voyelles A, E, I, O, U et de deux consonnes, comme le mot-clef)

Annie

Va, tu es mignonne
ont dit les oiseaux
Quand il polissonne
parmi les roseaux

l'autan la courtise
maître qui rend fou
L'outarde exorcise
avec le hibou

( solénet, chaque vers contient les 5 voyelles )

Jacqueline Morel

oiseau écroué
crie, rêve air, cieux, évasion
secourir oiseau !

( prisonnier )

Robert Rapilly

L’ATTAQUE DES OISEAUX 
d’après Aristophane.
Scène dans une comédie musicale inachevée.
Martin Granger avait pimenté ces répliques
de rythmes hip-hop enlevés. Bird lives. 

————————

LE CHŒUR :
— Celui-ci, l’a-t-on déjà vu ?
— Peut-être bien, au dépourvu...
— Toi, dis donc, aux grandes oreilles,
chassais-tu point geais et corneilles,
tenant une fronde à la main
et semant la mort en chemin ?

ESPÉRON s’abritant derrière COPINON :
— On t’accuse de braconnage,
de plumaison après carnage...

LE CHŒUR :
— Toi, malandrin récidivant,
onc ne m’as-tu cloué vivant
dessus la porte d’une grange
sans un remords qui te démange ?
— Enfermé sous d’étroits barreaux ?
— Cuit dans un bouillon de poireaux ?

COPINON & ESPÉRON :
— On nous harcèle, on nous assiège ;
nous voici serrés dans un piège !

LE CHŒUR :
— Aux armes, les piafs, à l’assaut !
— À bas l’assassin et le sot !
— Portons une charge mortelle,
déployons largement notre aile !
— Il nous faut recouvrer nos droits :
coquins qu’ils s’en mordent les doigts...
— Encerclons-les ces deux canailles,
pour la dernière des batailles !

COPINON puis ESPÉRON :
— Comment résister, Copinon ?
— Prends tes outils de marmiton !
— Comment survivre à tel déboire ?
— À coups de louche et d’écumoire !

(à suivre... mais il n’y a pas de suite !)

Marc Parayre

« Ne dis pas de gros mots ! » va répétant l’adulte…
Le jour des passereaux, va-t-on oser l’insulte ?
De tous les noms d’oiseaux chacun sera traité :
Petit bruant zizi, vil emberizidé !
Élégante avocette ! ou bien pipit farlouse !
Vieille huppe fasciée, non pas gueuse mais grouse
Cygne tuberculé ! Gros moine macareux !
Grosbec casse noyaux ! Méchant traquet motteux !
Cacatoès banksien, ou casoar à casque !
Obscur pingouin torda ! Talégalle fantasque !
Outardes houbaras ! Urubu virtuel !
Espèce de pouillot ! Bref, oulipote en ciel.

Noël Bernard-Talipo

Impérieuse l'oie
Au cœur des roseaux
Dont la plume ondoie
Contemple les eaux

Et la brume noie
De secrets réseaux
La luisante voie
Baignant les closeaux

( rimes induites par le mot-clef )

6 janvier – Journée mondiale des orphelins de guerre

Bernard Maréchal

Même si leur père
Est mort tout glorieux,
Orphelins de guerre
Sont bien malheureux.

Ils font leur prière,
Et souvent, sans bruit,
Vont au cimetière,
Pleurer, vers minuit.

(solénet sur mot-clef)

Annie

Or, rompu chaque lien, saigne absurdité - gidouille terraquée.

( primitive de « orphelins de guerre )

Alexandre Carret

Sans trésor, félins,
A Delhi, les Thraces firent
Cent-treize orphelins.

« Or !, fait l’un d’eux guère né,
Orphée ! l’Inde gaie renaît ! »

( vers 1 et 3 holorimes ; vers 4 et 5 holorimes )

Jacqueline Morel

Pierre grise, froide
Est écrit : « Morts pour des rois »
C'est l'Épiphanie
Les rois guidés par l'étoile
Apportent or, myrrhe, encens
Et bonne galette :
Rêve d'orphelin...

( HOG )

Noël Bernard-Talipo

son corps pue l'honneur
il saigne un sang d'ange gris
meurt père irréel

( primitive de « orphelins de guerre )

7 janvier – Journée de la quenouille

Bernard Maréchal

Un vieux royaume en kilt jadis tombe en quenouille ?
Chez les rois wisigoths, on prend femme fertile. 

(pangramme alexandrin de 81 lettres sur mot-clef)

Nicolas Graner

La quenouille, ou n-ouille, est une généralisation de la sextouille.

Certaines quenouilles portent des noms particuliers : bidouille
(quenouille d'ordre 2), trifouille (3), quartouille (4), quinouille (5),
sextouille (6), nonouille (9), découille (10), etc.

L'oulipien Ian Monk a composé de nombreuses quenouilles en chti,
appelées chtouilles.

(extrait de Wikipedzouille)
( cf. quenine sur Oulipo )

Annie

Image
( haïkupé )

Jacqueline Morel

Trois belles filent le destin
La première tisse le fil
La vie ne durera qu'un temps

Il sera long ou court le temps
À chacun unique destin
L'autre belle déroule fil

La troisième coupe le fil
Intransigeante sur le temps
Veille sur la fin du destin

( terine )

Alexandre Carret

Choisir La Quenouille,
C’est opter pour la beauté
et le bel ouvrage.

Nul ne dessine une ville
Plus vite que nos rockers.

Dit autrement :
La Quenouille orchestre à pas sonnants - tonitruants - des chantiers,
Laque New-York et strapassonne Anthony ; truande et chante : « Yeah ! ».

( holorimes )

et

Fais que ce succube
Me donne vite un garçon
Qui héritera.

et que mon bien parte en couilles
Plutôt que tombe en quenouilles. 

( cf. https://fr.wiktionary.org/wiki/tomber_en_quenouille#fr )

et

En quenouille, je filais des manteaux.
Dément tôt, je filais en quenouille.

( cf. https://fr.wiktionary.org/wiki/filer_en_quenouille )

Noël Bernard-Talipo

                    Épilogue

Je t'apprivoise, ô sommité, les vindictes de quatre annexionnistes,
La laiterie, les paysages noirs aux tétons couronnés.
Zézaye ton air et cette ligne déporte,
Tant qu'Alison, la vigneronne accroupie à la fraîche,
Qui d'un poudrier retors et d'un dentier mouillé,
Sa querelle châtrée a quasi déprisée,
Lanterne, cille une fusillade, chancelle de baisailler,
Et dans tout un numéro se précipite pour s'exalter ;
Afin qu'à mon plancher j'embusque mon rebond,
L'amoureuse Isabeau qui sous-entend auprès d'elle.

( à partir de « Épigramme » de Philippe Desportes  qui contient le mot « quenouille »
Règle S+7à14 ; V+7à14 : on remplace un substantif (verbe) par celui situé 7 à 14 rangs (au choix) plus loin dans un dictionnaire ; ici le Littré.
Ainsi quenouille -> querelle ) 

8 janvier – Journée internationale du bain moussant

Bernard Maréchal

Trop de baignoire ramollit,
Une douche froide endurcit.

-----

Dans son bain moussant,
Dès qu’il regarde sous l’eau,
Bébé se sent mou.

(médaille sur mot-clef) 

Annie

Image
( petite morale élémentaire portative )

Alexandre Carret

DEbout
MAman,
LE sein !

MA main
DEssous
LE banc.

DEmain,
LA boue
LE sang.

--
Sorte de terine de bouts (sans main).

Jacqueline Morel

Rituel enchanteur
Quelques bougies ci et là
Musique apaisante

Se plonger avec délice
En eau douce bienfaisante

Noël Bernard-Talipo

j'offris mon corps nu
aux ablutions dans un tub
où j'oubliai tout

au frais parfum du savon
long frisson m'a parcouru

( lipogramme en E )

9 janvier – Journée mondiale de la Corse

Bernard Maréchal

Cette île est un monde :
Sur ses côtes, rien qui morde,
Nulle feuille morte.

Sur ses plages, pas de morse,
Île de beauté, la Corse.

(tanka et doublets de Carroll)

Alexandre Carret

Serré, crossé sec,
Ce cercocère recosse,
Rosse ses escrocs.

(beau présent)

et

  Décor sage pour des 
    Corps s'agitant : Son 
    Corsage à terre, une 
    Corse, à genou,
    Corsa jeux et pièges.

Annie

ce corse croasse
carrée sa carcasse arrose
ses escrocs cassés

Éros sacre ses caresses
Cérès crée - rosace, écorce...

(tanka, beau présent incarcéré sur « la Corse »)

Jacqueline Morel

Hauts reliefs ocrés
En flots bleus Corse se mire
Corés pétrifiées

( anagrammes )

Nicolas Graner

Ses sols arasés
    ocres colorées
    rocs sacrés, cercles créés
    lacs salés à sec

Ses colères ressassées
    clercs accros à l'or
    escrocs à crocs acérés
    crosses caressées

Ses races locales
    scarole essorée
    ers à la corolle rose
    écorce ocellée

(beau présent et haïkus imbriqués)

Noël Bernard-Talipo

au mat amarrée
du maure tête muette
émeut âme dure

( beau présent sur « tête de maure » )

10 janvier – Journée mondiale Tintin

Bernard Maréchal

Hergé jalouse sa tata,
Mais Haddock aime bien téter
Du bon whisky chez un titi.
C’est vrai ou faux, mon bon Tintin ?
Pourquoi grattes-tu les totos
Qui te viennent de ton toutou,
Milou, ce danseur en tutu ?

(babebine, pangramme)

Annie

Tintin ? Sur Tintin je n'ai rien à dire.
Chacun le dit juste et gentil
Voyageur, vient-il aux terrils ?
Hergé ? Sur Hergé je n'ai rien à dire.

( cf. « L'herbe » de Queneau )

Jacqueline Morel

La houpette au vent
Ce héros toujours vaillant
Plaît toujours autant

Alain Zalmanski

Pas de Tintin sans Milou
Pou de satin, mite en lin

( anaphones )

et

Image
( expression et synonymes )

Alexandre Carret

.


( poème minimaliste )

et

Ce Pape aventurier lancera à 0
Cinq pétards allumés, lampromètre à 0
La Lune poursuivra - 7 Longues Lieues - Pie 7.

Texte écrit avec les initiales :
cpalà0cpalà0
llp7llp7
qui donne en braille le dessin ci-dessous.
Image

Pierre Lamy

Un soir, sur la Licorne, Haddock pinte en silence.
Il ne discerne au loin, sur l’onde et sous les cieux,
que le bruit des tam-tams que frappent en cadence
des keums audacieux.

Un autre en sa fusée, Haddock peste en silence.
Sur Séléné, nul bar, mais la noirceur des cieux.
Il rêve à Moulinsart, aux whiskies en cadence,
secs et délicieux.

Alphonse, au Purgatoire est contraint au silence.
Il en a ras le bol de contempler les cieux.
Il rêve aux avirons qui frappaient en cadence
les flots harmonieux.

Noël Bernard-Talipo

Zouave ! Moule à gaufres !
Bachi-bouzouk, joyeux drille !!
Clown, paltoquet, zèbre !!!

( pangramme )

11 janvier – Journée contre le trafic d’êtres humains

Bernard Maréchal

Le trafic ? Sur le trafic je n’ai rien à dire.
Quiconque trafique aujourd’hui
Continuera pour son profit.
Les êtres humains ? Sur l’être humain je n’ai rien à dire.

(cf. « L’herbe » de Queneau)

et

Dans trafic il y a fric.
Dans humains il y a main.
Dans un être humain,
Le trafic.
Et dans tant d’êtres humains
Se tient la main du trafic,
C’est la main du fric.
Le trafic ?
Contre le trafic des êtres,
L’être doit lever la main,
Arrêter le fric
Du trafic,
Le trafic de l’être humain.

(tog de 13 vers et 73 syllabes)

Jacqueline Morel

Appel d'affligé
Battu, bafoué, oublié
Flot agité tue

( prisonnier libéré )

Alexandre Carret

Cet esclavagiste
Cherchant son humanité
devient schizophrène.

Quelles sont donc mes valeurs ?
Et celle de cette femme ?

et

Être ou ne pas être ?
(humain en promotion)

Annie

Image
( poème isocèle )

Noël Bernard-Talipo

Achetez ces êtres
Spécimens d'humain
Je les vends par mètres
De main à la main

Cueillis par mes reîtres
Signez parchemin
Vous vous rendez maîtres
Du must de demain

( sélénet )

12 janvier – Kiss a ginger day ** Journée des roux

Bernard Maréchal

Qui fixa ce show ?
Comblez nos vœux pour toujours :
Kiss a Ginger Day !

-----

Ce whisky que j’aime
Porte le bonheur aux roux.
Buvez-le, grands fous !

(Deux pangrammes de 54 lettres)

Annie

Les roux ? Sur les roux je n'ai rien à dire.
Des mots qui sentent le roussi ?
Jeanne d'Arc les entend aussi.
L'évêque Cauchon ? Sur l'évêque Cauchon je n'ai rien à dire.

( cf. « L’herbe » de Queneau)

Jacqueline Morel

Fière allure au loin
Flamboyante chevelure
Son kilt, son tartan...

C'est lui ! Je le reconnais
Je cours, l'étreins et le baise

Alexandre Carret

A roux, E blond, I brun, U chauve, O bleu, Cheveux
Je dirai quelque jour l'alopécie naissante.
Ah, carcan gras plein de pellicules et lentes
Où progresse un lupus fort érythémateux.

Golfes clairs grisonnant aux abords de mes tempes
Lustre du crâne fier, poil blanc, tête de vieux
Plaque rouge indiquant un psoriasis squameux
Dans la tonsure ébouriffée par la cisampe.

User d'un traitement avec des stéroïdes ?
Car à trop clairsemer, on ne voit que des rides.
Que la chimie me vienne en aide ou je suis chauve !

O, Suprême chignon surmontant une frange,
Je te teindrai en bleu, j'aurai des cheveux d'anges
O, perruque au rayon shampoing, tu me sauves ! 

( cf. « Voyelles » de Rimbaud )

Noël Bernard-Talipo

vois comme s'ébroue
ce rebelle roux
comme il fait la roue
qu'est grand mon courroux

gare qu'on le roue
de bosses de trous
vite qu'on l'écroue
hop sous les verrous

( rimes induites par le mot-clef )

13 janvier – Journée mondiale sans pantalon

Bernard Maréchal

Derche qui s’exhibe,
Fessier rieur, subversif,
Visez ce derrière !
***
Je suis ému, sidéré,
De ces fesses débusquées.

(Tanka et lipogramme en PANTALON)

Jacqueline Morel

Nombreux fans l'admirent
Veulent tous même culotte
Fier Pantalone

Annie

Jour sans pull ni slip,
sans pantalon donc lipo!
Lipo ? Libido ! 

( lipogramme en E )

Alexandre Carret

O ma reine, veuve du para – direct homme -
Ton cœur a régné dans la branche d’orme et le tronc.
O tu mets en terre vivement ton serre-tête.
Les romains t’ont couvert d’or ou jais faste et tarbouches.

---


Homard / Aine
Veuve du paradis / Rectum
Thon / Cœur
Araignée / Dent
Labre / Hanche
Dormelle / Tronc
Hotu / Mésentère
Vive / Menton
Cerf / Tête
Lérot / Main
Thon / Cou
Ver / Dos
Rouget / Face
Tétard / Bouche 


Paon / Talon

( chicagomophone )

Noël Bernard-Talipo

imberbe berger
je rêve sur ce verger
que je vis semer

mes brebis y veux bercer
du murmure de ce fifre 

( lipogramme en PANTALON )

14 janvier – Journée pour habiller son animal de compagnie

Bernard Maréchal

Animaux à poil ?
C’est d’une indécence rare !
Habillons-les tous !

Bosco culotta son âne,
Et Perrault botta son chat.

(tanka)

et

Par vent froid, mon chat,
Poil doux bien chaud sous mon pull :
Beau garçon, minet !

(primitive)

Alexandre Carret

Habillez bien votre
Animal de compagnie
Nana a la chtouille

et

Habiller son ami, mâle de compagnie

Annie

animal de compagnie
aide ma ligne, mon cap

( anagramme )

Jacqueline Morel

Chat noir aime rat,
Le doux, le confort mais part
Dans grand nuit veiller

(  primitive )

Noël Bernard-Talipo

C'est un gars qui partout voit le mal
Obsédé par ce qu'il voit qu'on a
Méfiant pour un si pour un ni

Point heureux de se trouver là ni
Ailleurs il trouve partout le mal
Gémissant d'espoirs que jamais n'a

Non jamais de bonheur il n'y a
Ici bas pour ce pauvre homme ni
En ce ciel qui pour lui brille mal


( terine acrostiche ) 

15 janvier – Journée du chapeau

Bernard Maréchal

Chapeau rond breton,
Ou chapeau de cardinal,
Porter le chapeau
***
C’est la seule solution
Pour travailler du chapeau.

( tanka )

et

Sous son grand chapeau,
Le tricheur dissimulait
L’œil qu’on lui pocha !

( médaille justifiée sur le mot-clef )

Annie

Sa coiffe, une ombelle
où loge un cerveau
boucle la ficelle
autour du chapeau.

L'unique fleur rouge
de ce jeune fou
amoureux sans doute,
figure un bijou.

( solénet, référence à la carotte sauvage, en anglais « Queen Anne's lace », objet d'un poème de William Carlos Williams)
Image

Alexandre Carret

Mon premier but mon deuxième
Mon deuxième possède personnellement mon premier

( charade )
Solution

Mon premier but mon deuxième
-> C'est "cha" car "cha" picha "po" ( Chapi Chapo )

Mon deuxième possède personnellement mon premier
-> C'est "po" car "po" a son "cha" ( poisson-chat ) 

Jacqueline Morel

Un tour de magie ?
Je scrutai le haut de forme
Mais rien n'en sortit

Désillusion, désespoir
Abîme au fond du chapeau

Noël Bernard-Talipo

Apache, capé,
a échappé à épée :
échec au pacha !

Caché, a pêché chaca,
a happé cèpe haché.

( beau présent )

16 janvier – Journée de la nourriture pimentée et épicée

Bernard Maréchal

Cumin ou piment,
Cette épice épicurienne,
Nourriture inouïe,

Mue un pet inopportun
En petit éternuement.

et

Un épicier innocent
T’incorpore, impertinent,
Ce petit piment…

Cette nourriture irrite
Ton intimité trompée.

( deux tankas et beaux présents )

Alexandre Carret

Ma papille s’agace
de la rude caresse
d’une petite épice
ardente comme Éros
Et demain mon anus 

( isocélisme et rimes en as-es-is-os-us )

et

Dans le cyberespace
On soigna un herpès
Avec un peu d’épice
Et, vulgaire topos,
Une once de prépuce 

( babebine justifiée à rimes alternées )

Jacqueline Morel

Éteindre le feu
Et l'embrasement des sens
Calmer appétit

Vite, un grand verre d'eau fraîche
Encore, encore et encore

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

tee-shirt Oaxaca : deux petits bonhommes, l'un : "me enchilé manito"
( petit poème visuel (tee trouvé à Oaxaca, Mx) :
me enchilé manito : frère, j'ai la gueule en feu )

Nicolas Graner

Piments et épices
M'incendient le bec :
Mes lèvres crépissent,
Les plis restent secs.

En ce précipice
Le remède vient :
Imbibé de pisse,
Je me sens très bien.

(sélénet bivocalique)

Crépir : au sens archaïque, se froncer, devenir grenu.

Le choix du remède a été imposé par la rime et ne constitue pas une
recommandation officielle.

Annie

Sel, poivre et curry
cumin, curcuma
cannelle, carvi
safran, paprika.

Pas si vite.. en poivre
on distinguera
blanc, vert, rouge et noir,
    de l'Himalaya
    de Madagascar
    ou de Malabar.

Bien sûr j'en oublie
mais pas le mélange
des "épices Rabelais".

( HOG ) 

Noël Bernard-Talipo

sinistres délices
les piments et les épices
giflent mes gencives

je m'enivre m'incendie
et je deviens écrevisse

( bivocalisme )

17 janvier – Journée Internationale de la cuisine italienne

Bernard Maréchal

La cuisine italienne ? Sur la cuisine italienne je n’ai rien à dire.
Pizza saumon à Helsinki ?
À Berlin, des antipasti ?
La mondialisation ? Sur la mondialisation je n’ai rien à dire.

(cf. « L’herbe » de Queneau)

Annie

Image
( haïkupé )

Pierre Lamy

Mon voisin d'en face est un pizzaïolo
loin, très loin d’avoir l’oreille alexandrine :
il pond des rondeaux, les mains dans la farine,
mais en onze pieds. C’est plus rigolo.
On dit que naguère il fut fort en philo,

qu’il aurait chopé la veine ultramarine
après un rallye aux pubs de Saint-Malo
et en pincerait pour la belle Appolline.

Suivant les conseils de sa chère Mamma,
afin d’afficher, son penchant pour la rime,
l’homme a calligraphié « La Pizza Rima »
en tratatello sur sa jolie vitrine.

Ça fait classieux dans le panorama.

( quasi-sonnet )

Nicolas Graner

Pizza au thon, museau de boeuf, olive grecque.

( pangramme sur l'alphabet italien, alexandrin romantique, hétéroconsonantique à un Z près )

Jacqueline Morel

L'enfant est ravi
Il visite l'Italie
- Que préfères-tu
Parmi ces beaux monuments ?
- J'adore la pizzéria !

Alexandre Carret

Ma qué, Talipo
Tou ozé parler dé ma
Couzine italiane ??? 

Noël Bernard-Talipo

Divine, ovidienne,
Cuisine capitolienne,
Insigne, illumine.

Origine magicienne :
Insémine indiscipline.

( à l'instar des mots-clefs, tous les mots contiennent au moins deux I et finissent par NE )

18 janvier – Journée mondiale des synonymes

Bernard Maréchal

Journée, jour, clarté,
Éclat, gloire, apothéose,
Divinisation ?

Mondiale, internationale ?
Planétaire, universelle ?

(tanka sur mot-clef)

et

Est-ce un homonyme,
Ce mot si benêt,
Ou un synonyme
Pour le solénet ?

Ces mots en –onyme
Ne sont pas nombreux.
Le dernier, « sonyme »,
Est fort savoureux.

(solénet auto descriptif)

Jacqueline Morel

Des mots adéquats
À l'égal de leurs semblables
À peu près pareils

Paraphrase équivalente
Approchante ou similaire

( tanka - synonymes )

Annie

L'anonyme et l'anaphore
entre deux vers discutaient
"L'élégante métaphore
laisse certains insatisfaits".

"Trop de répétitions lasse
il faut varier l'expression"
l'anonyme arguait, vivace.
Que faire ? Telle est la question.

Son frère, le synonyme
à merveille y répondrait
taquin, l'oncle paronyme
un grain de sel y porterait.

(clotilde)

Alexandre Carret

Prologue
----------
Ici, la concierge
Tient des cahiers plein de notes
Sur tous les Aubois.
---

Chapitre 1
-----------
Si Lou est à jour,
Claire voit, à part, Hans E.
Au bout, vers Turgy.
---



( le chapitre 1 ci-dessus est homophone à
---
Silhouette Ajour
Claire-voie Apparence
Aube Ouverture J
---

synonymes de jour  pour ce  jour des synonymes )

Pierre Lamy

Zap, Bill et Snoopy, 
Rex, Médor et Rantanplan
sont des cynomymes

Nicolas Graner

Traitement cosmique des à-peu-près

Journée
jour
extérieur
physique
terrestre
Mondial
universel
complet
adéquat
Synonyme
remplaçant
aide
prêt
rétribution
Journée

( chaque mot est un synonyme du précédent, selon le dictionnaire du
CRISCO )

Noël Bernard-Talipo

les gémissements
illimités des prisons
de cette vieillesse

écrasent notre ressort
d'une atonie psalmodique

( synonymie sur « Chanson d'automne » de Verlaine )

19 janvier – Journée de la boîte de conserve

Bernard Maréchal

Postale, à malice,
De Pandore ou d’allumettes,
Crânienne ou de nuit,

Chaque boîte de conserve
Est une boîte à images.


(tanka filigrane sur mot-clef)

Annie

Temps plein d'idées ! Prendre
les outils avec des gants
Prendre de vitesse
la musique et les ordures
pour les bijoux de Pandore. 

( filigrane sur boîte )

Nicolas Graner

Ah, les discothèques !
Je me demande à quoi ces
boîtes de cons servent.

Jacqueline Morel

« Rillettes de marmothon
Au miel et petits oignons »
Elle reste coite
Devant cette boîte
Horrifiée, court s'informer
Sur la nouveauté
Le marchand sourit
Face à sa mine ahurie
- Madame, vous vous trompez
Soyez-en assurée
Ce met délicat
Sûr, il vous plaira
Ce fin produit de réserve
En cette conserve
N'est autre qu'un bébé thon
Élevé au biberon
Sur ce la dame s'enfuit
Jamais il ne la revit

(Sardinosaure en historiette)

Alexandre Carret

Six condés boitent de conserve au zoo 20,
Si cons, déboîtent, de concert, vos os,
Vingt Sikhs ont des boîtes de conserve aux ovins.

( homophonie )

Pierre Lamy

Près d’un millier de thons s’emboîtent de conserve,
au large d’Agadir, au sein du même banc.
Épisodiquement, l’un du millier s’énerve
et s’en va vivre seul, fiérot comme Artaban.

Sans doute ignore-t-il que du ciel bleu l’observe,
un vorace escadron fort d'un cent de forbans.
Lors, sur l’aventureux, ils piquent de conserve.
En moins d’une seconde, il s’en va succombant.

( avec une homophonie )

Noël Bernard-Talipo

L'Arabe sourit
Et le désert chatoyant
S'étend merveilleux

( primitive de « la boîte de conserve » )

et

J'ai pas d'ouvre-boîte
J'ai qu'un vieux couteau
Ma couche est étroite
Me couvre un manteau

La faim me tenaille
Mes pieds sont dans l'eau
L'on me dit racaille
L'on me dit soûlot

( sélénet )

20 janvier – Journée des manchots

Bernard Maréchal

Voyez les manchots :
S’ils tombent sur la banquise,
Les voit-on chômant ?

(médaille sur le mot-clef)

Annie

manchots, grands pingouins
sont-ils du sud ou du nord ?
vivants, disparus ?

( lipogramme en E )

Jacqueline Morel

Col bas
Pan sous
Patte autour
Devant derrière

Manche haut

( chicago )

Nicolas Graner

On disait jadis :
s'il fait froid, prenez un buste
de Napoléon.

Privé de bras, ça vous donne
un Bonaparte manchot.

Alain Zalmanski

À Las Vegas ou Reno les bandits manchots 
nous tondent la laine (du Pingouin), sur le dos

Alexandre Carret

Pour trois emmanchés,
Ce type de la Mancha
Fait un One man show.

Mais il a récemment chu
Et depuis lors, l’homme en chie.

(babebine)

Noël Bernard-Talipo

Ce cadet fracasse,
Ravage, rabat
Ces terres de grâce.
Ces arbres abat.

Des fèves, des raves
S'efface art secret
Des bergères graves
Et d'âge sacré.

( sélénet pour la main gauche mais avec accents : quand on l'écrit sans accents ni ponctuation, il est totalement composé en frappant les touches de la main gauche sur un clavier français :
AZERT
QSDFG
WXCVB )




( Illustration du poème d’Annie, 15 janvier : source Wikimedia Commons )