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Un mouvement perpétuel

Enviant de ces gens la passion tenace
Il pose des billets à tâtons puis frémit
Lorsque le défiant l'abusant on rit fort
Un cave mise gros ça va valser un coup

Pâle il sent sinuant l'envahir mal brutal
C'est l'hiver s'imposant et bat le sang de glace
Bille filoute passe passe ralentit
Bondit sort du rail et sans égards te dit « Non »

Du rouage nocif enrage l'inconnu
Au grand déni du sort mise sitôt jurant
Et pâle tripotant d'un doigt ossu l'argent

Il sent l'infortuné chant qu'ont brûlants désirs
Tocsin fou la bille sans nuance dit « Non »
Du rouage nocif enrage l'inconnu
https://taliporefleuri.files.wordpress.com/2021/06/0b315-1280px-automates-jaquet-droz-p1030490.jpg
Les automates Jacquet-Droz, musée de Neufchâtel (CH)                                                          (Rama, Cc-by-sa-2.0-fr)

Ce poème est ma participation à l’opus du 15 mars 2015 de « La ronde », un échange entre blogs sur un thème donné – ici « Le jeu ». Il a été publié sur le blog de Dominique Autrou tandis que sur talipo j’accueillais Hélène Verdier pour son beau tombeau de Stéphane Mallarmé.

Ce sonnet non rimé est composé selon la contrainte du jeu de la vie, à partir du vers « Enviant de ces gens la passion tenace » extrait du poème de Charles Baudelaire « Le jeu ». Dans cette contrainte inspirée d’un célèbre automate cellulaire, toutes les voyelles, déterminées par application des règles de cet automate, sont imposées. En appliquant ce jeu au vers de Baudelaire, j’ai observé qu’à partir du quatorzième vers une répétition infinie se met en place, d’où l’idée de mouvement perpétuel bien en accord avec le sens du poème.

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Poèmes accueillis

La ronde du 15 mars : jeu

La ronde est un échange périodique bimestriel de blog à blog sous forme de boucle. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite. Pour chaque échange, un thème, un simple mot : aujourd’hui «Jeu».

Pour ma première participation à la ronde, je suis heureux d’accueillir Hélène Verdier.

https://i1.wp.com/cluster015.ovh.net/~talipo/wp-content/uploads/2015/03/verdier2.jpg
https://i1.wp.com/cluster015.ovh.net/~talipo/wp-content/uploads/2015/03/image-verdier-ronde.jpeg
Valvins, le jardin vu par la fenêtre de la chambre de Stéphane Mallarmé.

Hélène Verdier écrit à propose de ce texte:«Voici donc, en 707 signes (espaces comprises) un tombeau de Stéphane Mallarmé. faisant suite à ma visite à Valvins à l’automne dernier.– 707 signes, – 7 vers de 12 syllabes, deux fois, séparés par 1 vers monosyllabique, 1 vers qui tend, dans sa forme, le Ô des poètes, vers l’impossible zéro.L’ensemble fait bien sûr référence au dernier poème : un coup de dés jamais n’abolira le hasard, qui contient 707 mots.cf : le nombre et la sirène, par Quentin Meillassoux, Fayard, 2011.»

Pour ma part je suis très honoré d’être accueilli chez Dominique Autrou qui publie «Un mouvement perpétuel». Voici comment, ce mois-ci, va la ronde :

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Le Talipot

Il dresse vers le ciel son tronc de colosse. La brise d’orient berce l’éventail de ses feuilles démesurées. Leurs dentelures découpent dans l’espace des jaillissements étoilés qui rythment le regard.
Vénérable vieillard, l’arbre se tient très droit, ému du murmure maladroit des amants qui dissimulent leur bonheur dans la pénombre complice de sa ramure.
Ce matin des enfants ont poussé un grand cri: regardez le talipot, il a fleuri ! Les villageois se massent en cercle au pied du centenaire. Jamais au fil des ans ne lui était venu cette parure immaculée. Il projette orgueilleusement ses longues tiges constellées de perles de lumière.

Sait-il, ce grand palmier dont la stature impose le respect, sait-il que cette éclosion fulgurante sera suivie, dans peu de temps, de sa mort ?

Dans les yeux de tous ceux qui sont venus l’entourer, ces yeux émerveillés par ces inflorescences nacrées, on voit l’ombre du désespoir. Le sort a jeté son verdict sur l’arbre téméraire qui défie le créateur par une si parfaite beauté.

Le talipot ce matin a fleuri, et de sa cime un panache de neige se courbe majestueusement en scintillante giboulée.



Merci à Isabelle qui m’a autorisé à reproduire la photo du talipot sur son site « Isa Bidouille ». On reconnaîtra également une partie de cette photo dans le bandeau d’en-tête de ce blog.

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si la chaise

si la chaise est confortable
lève toi d’un bond
si tu vois la lumière
crève ton œil
si le toit te garde au sec
arrache les tuiles

quand le tourbillon te déportera
que ton sang répandu brouillera ta conscience
que le froid percera ton rein de seringues fulgurantes

ne regarde pas en toi
ne regarde pas derrière
accompagne la glissade sans espoir

des couleurs hallucinées te gifleront au visage
des sonorités noires sueront du sol englueront tes oreilles
de glaciaux attouchements se loveront sur tes jambes
tes souvenirs s’arracheront
laissant des plaies qu’un acide empêchera de cicatriser

as-tu peur
oui tu as peur
allonge ton pas exténué
tu es sur la route poisseuse
qui mène à ce que personne ne veut rencontrer
allonge le pas



Publié le 20 mai 2012

 

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Cent mille millions de poèmes: numéro trois

Le vieux pêcheur breton de brun prit une prise
pour du gouffre du nez exciter le fin fonds
sur le très vieux buffet choisit une cerise
une permise et le seul jour de Dormition

Souvenez vous toujours de ces îles de Frise
où l’on vit ces milliers échoués de bleus thons
nous regrettions un peu ce flot de belles prises
lorsque nous percevions les feux en les buissons

On sèche le poisson turbot ou molve lotte
on fume le requin sur le sel on le frotte
lorsqu’on rejoint le port le vendeur est grognon

En réponse à un message de Françoise Guichard sur la liste Oulipo disant, le 14 janvier 2012 (perte du triple A par la France):
« Une lettre vient d’être supprimée. Je propose qu’on réfléchisse collectivement. En effet, les conséquences de l’évènement sont lourdes et de nombreuses répercussions sont dès ce jour prévisibles. Nous nous devons d’être prêts pour nous y confronter du mieux que nous pouvons. »
J’avais envoyé le texte ci-dessus introduit par:
« Pour préserver l’oeuvre d’un scripteur doublement délictueux en ses propres nom et prénom, je propose de corriger l’un de ses livres en « Cent mille millions de poèmes », ce qui, outre une légère réécriture, peut heureusement se compléter d’une simple suppression des tercets ultimes de tous les sonnets. Il est loin d’être sûr que les oulipiens puissent de même trouver des corrections qui disculpent tous les écrits qu’ils vénèrent. »

 

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Oripeaux

han xin

serf obscur
ver de terre
rejeté
mère morte
tu sors du
crépuscule
duc de guerre
trop seul

osé subterfuge
route des surplombs
ce coup de stupeur
dresse l’empereur
sur les peuples

qu’espérer de tels succès
quel gré quel or quel éloge
le corps percé cou tordu
tu meurs

Posté sur la liste Oulipo le 9 décembre 2011 avec la présentation suivante:
Un écrit chinois du IIIe siècle posait le problème suivant au sujet du général Han Xin très célèbre en Chine :
« Combien l’armée de Han Xin comporte-t-elle de soldats si, rangés par 3 colonnes, il reste deux soldats, rangés par 5 colonnes, il reste trois soldats et, rangés par 7 colonnes, il reste deux soldats ? »
La solution est basée sur le théorème des restes chinois. La plus petite valeur positive est 23, c’est pourquoi dans ce qui suit on trouve successivement trois strophes de 23 syllabes rangées d’abord par 3, puis par 5, et enfin par 7, complétées par les restes correspondants. Ce texte retrace librement les épisodes de la vie de Han Xin. En raison de la fin brutale de ce dernier, les lettres de son nom ont disparu de ce texte, écrit seulement avec les lettres qui restent.

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totalement indécis

sans savoir quoi
dans un parfum de terreau
les yeux crevés
dire et répéter
parce que trop de bruit dans le moteur
avec une branche de thym
qu’elle sent bon cette branche
et demain qui viendra
demain pour emporter qui
vociférant comme un malade
car elle est là la maladie
du calme camarade qu’est-ce qui te prend
et dans le vent tiède venu d’afrique un brin de laine bleue
pendant que la radio inaudible pile usée
j’ai vu le portier qui claudique
dans son habit noir
merde où est mon ticket de réduction
indifférent à la sitelle qui s’échine
tête en bas dans un roulement de bec
car la réunion est reportée
le fourneau s’est éteint
bientôt le contrôle technique
la marmotte figée droite sur son terrier
à quoi bon de toute façon ils n’apprennent pas leur cours
dieu la tête du nouveau ministre
merci
aujourd’hui quelqu’un m’a dit merci
car la datation carbone quatorze
je regretterai toujours
le portier avec son chien marron
qui bave et bande ses muscles terrifiants
tandis que jésus pleure sur la bande d’arrêt d’urgence

Publié le 18 mai 2012

 

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germination

un jour pareil aux autres
un jour de plein soleil
tu te lèves
et tout a basculé dans la grotte aux mémoires

que s’est-il passé hier
qu’as tu dit
qui t’a crue
devant toi le vertige d’un grand désert blanc

les amis les bonheurs les rires
des moments graves le poids de la vie
un défilé d’images fiévreuses
s’enroule en accéléré dans tes yeux

un jour coché en bleu
sur le calendrier
tu frissonnes
et tu tournes le coin du porche familier

demain tu seras sur la route
tu franchiras des ponts de lianes
tu trouveras des sources dans les regs
tu dresseras des abris tièdes
tu feras chanter des enfants

le soir quand une langueur te bercera
au souvenir des forts instants du jour
se mêleront dans tes rêves
des visages gravés dans l’or des remembrances
le havre de longues étreintes
l’ivre abandon à l’amitié


Publié le 30 mars 2012

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quine

ce matin les enfants sont sortis dans la rue
la ville était emplie de leurs appels joyeux
quand les parents toujours reposaient endormis
les oiseaux n’avaient pas encor lissé leurs plumes
les gouttes de rosée brillaient dans le soleil

après avoir joué à un deux trois soleil
repeint d’un arc en ciel les plaques de la rue
après s’être affublés de parements de plumes
ils se sont élancés en défilé joyeux
leur rire a réveillé les clochards endormis

vous qui souffrez du froid tristes corps endormis
venez vous réchauffer au baiser du soleil
et partager notre soulèvement joyeux
venez prendre d’assaut le pavé de la rue
répandre dans le ciel un nuage de plumes

ils ont ouvert la cage du serpent à plumes
d’un souffle ont libéré les elfes endormis
dryades et chi lin ont envahi la rue
tous se sont accrochés aux rayons du soleil
pour grimper dans le ciel en rigodon joyeux

les larmes ont séché dans un souffle joyeux
les haillons ont fait place au chatoiement des plumes
la glace de nos coeurs a fondu au soleil
des rêves doux ont caressé les endormis
et des bosquets de fleurs ont recouvert la rue


Contribution tardive au printemps des poètes. thème = enfance
Contrainte oulipienne: Quinine = choix de 5 mots placés en fin de vers. Dans chaque strophe ils sont disposés selon une permutation 12345 -> 51423 -> 35214 …

Publié le 18 mars 2012

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Héméroméride – Juin

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de juin.

1er juin – Journée mondiale du lait

Bernard Maréchal

Jadis vachement trait, pourquoi ce frais breuvage
Plus que d’un jet bovin sort d’un frigo chromé ?
Quand je veux fourrager, ta vache alors blasphème :
Viens piquer mon jus chaud ! Gaffe, mon bel ami !

( belle absente )

et

Buvons ce bon jus,
Suc de chèvre ou de zébu,
Écrémé ou non.

( lipogramme en [LAIT] )

Nicolas Graner

Aliment vital
Plaisant liant initial
Climat infantile 

( chaque mot contient les quatre lettres L, A, I, T )

Elisabeth Maître

Son bon lolo bu
Loulou d'Honolulu dort
Rêve et ronfle fort

( lipogramme sur les 2 voyelles du mot-clé )

Annie

quand j'ai faim, j'ai froid
ni chocolat, ni bouillon,
mais un bon lait chaud

( avec le mot-clef )

Jacqueline Morel

Par exception, hors format imposé, ce lai inspiré à Jacqueline par le lait

Que pensez-vous mon cher ami
Du beau présent qu'elle m'offrit ?
Ce fut au cœur d'un chaud été...
Elle apparut telle une fée.
J'avais sellé mon palefroi
Pour quérir l'ombre du sous-bois
Et l'onde fraîche du ruisseau.
Hypnotique, le chant de l'eau
Me guida là où je la vis.
Sur la mousse tout alanguie :
Apparition comme un mirage
Sous le vert tendre du feuillage
Et des milliers d'éclats dorés
Que diffusait la canopée.
De ses beaux yeux verts me sourit,
Et sa blanche main me tendit.
À ses pieds je m'agenouillai
Et d'un baiser je l'effleurai.
Et c'est alors qu'entre mes mains
Y déposa un bol d'airain.
Mes sens ne purent résister
À son contenu parfumé.
Lait, miel, fleurs et plantes sauvages
Constituaient le doux breuvage.
Sa voix mélodieuse me dit :
« Bois ! Que jamais tu ne m'oublies ; »
Hélas, bien sûr, j'obtempérai.
Beaucoup plus tard je m'éveillai
La nuit, seul dans une clairière.
Depuis lors, la raison je perds...
De ma belle je me languis
Mais jamais je ne la revis.

Alexandre Carret

Vois comme tout pousse
Je me revois l'allaiter
Revoilà l'été

( homophonie )

et

MILCH -ants pour POT LAIT-
MILK -i toujours savait al-
LECHE LATTE -rèse ?

( homophonie avec le mot-clef dans plusieurs langues )

Floriane Austruy

A-t-il ail et lait ? 
Lit-il, tait-il l'alité ? 
L'est-il lié à lie ? 

( paronomase )

@FraPa_92

Agile au filet 
Plutôt souple du mollet 
Un peu soupe au lait...

( rime sur le mot-clé )

Noël Bernard-Talipo

L'enfant boit le lait.
L'écolier boit, à sa source,
L'émerveillement.

L'homme mûr ferme les yeux,
Suit les ordres, boit le sang.

( tanka avec le mot-clef )

2 juin – Journée Mondiale pour un tourisme responsable et respectueux

Bernard Maréchal

Je
Veux
Partir
En vacances
Visiter le monde
En bon touriste responsable.

( Fib )

Nicolas Graner

Voir Fidji, Norvège, 
Belize, Koweït, Mexique,
Chypre, avec respect.

( pangramme )

Jacqueline Morel

On le veut éthique,
Alternatif , solidaire...
- Soupir de la Terre -

( sur le thème )

Alexandre Carret

TOUR de la presque-île
ISthME, passage tranquille
REStaurant d’équilles

PONt tendu entre deux mondes 
SABLE fin et fin du monde

( acrostiche généralisé )

et

Je pars visiter
En touriste responsable
Mon monde intérieur

( avec le mot-clef )

et

Du tourisme responsable et respectueux
Tourisme sexuel enduré : stopper cet abus

( vers anagrammatiques )

Claudine Laurent

 Vertes vallées  Dunes dorées 
            Silence
Ruisseau riant   Sentier secret
            Souffle

           Baskettes
             Bâtons
          Bruissement
         Bourdonnement
      Brassage bienveillant

  Nature nacrée   Nature nous
             Merci 

( petite morale élémentaire portative )

Noël Bernard-Talipo

Les hauts responsables
Défilent, de l'air blasé
Qui sied aux touristes.

Le peuple, respectueux,
Les conduit à l'échafaud.

( tanka avec les mots-clefs )

3 juin – Journée mondiale de la bicyclette

Bernard Maréchal

Belle bicyclette,
Mon petit vélo,
Je t’ai dans la tête
Et le ciboulot.

Et dans ce dédale,
Nez dans le guidon,
Souvent je pédale,
Seul, à l’abandon.

( sélénet et mot-clef )

Nicolas Graner

Une bicyclette
C'est un vieux vélo rouillé
Disent mes enfants

Le sens d'un mot change hélas
Plus vite que les mortels

Jacqueline Morel

ô
ce
vtt
sans
selle
dévale
abrupte
descente
étonnante
bicyclette 

( boule de neige )

Annie

en ballade au bord de l'eau
sur ta bicyclette
ou sur ton vélo
tu es à la fête
réjouis le matelot 

( HOG )

Alexandre Carret

Belle bicyclette,
Vois-tu ? comme le vélo,
Je ne t’oublie pas !

Noël Bernard-Talipo

« Sida, jeunet ? » et
As à vélo leva sa
Tête nue : « - Jadis... »

( haïku palindrome, avec un synonyme du mot-clef )

4 juin – Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression

Bernard Maréchal

L’agresseur sait bien
Prendre un enfant par la main
L’enfant innocent.
 
L’agresseur le sait trop bien
Mais les victimes l’ignorent.

( tanka )

Nicolas Graner

Je dédie aujourd'hui mes vers à ces enfants
Qui dans l'inattention ordinaire se fanent
Ceux pour qui le futur a le goût du néant
Relégués pour toujours au statu quo ante
Dont tout projet de vie a été brisé net
Coupables seulement du crime d'être 
Déjà ratatinés entre de rudes bords n'
Autorisant aucun espoir en l'avenir

( les derniers mots forment une échelle descendante )

Jacqueline Morel

Si vaste et ventée
Océane immensité
Et force vivante

(Beau présent avec les lettres des mots-clés)

Claudine Laurent

Enfants impuissants
Victimes de bourreaux lâches
Innocentes âmes

De cris en coups, cruauté
L'agression sabre des vies.

(Tanka - les mots-clefs se retrouvent dans l'ordre, en tête de chaque vers)

Noël Bernard-Talipo

« Sont-ce des enfants ?
Sont-ils vraiment innocents ?
Qui les dit victimes ?

C'est nous les victimes,
Qu'envahissent tant d'enfants,
Nous, les innocents ! »

Bons, purs, innocents,
Ferment leur porte aux victimes,
Leur cœur aux enfants.

( Quenine sur les trois mots-clefs )

5 juin – Journée mondiale de l’environnement

Bernard Maréchal

       Terre éteinte   Rivière morte 
                   Rêve 

          Mont noir   Vent inerte 
                   Rime 

                    Vie 
                  Timorée 
                  Minorée 
                  Méritée 

       Mer réinventée   Rivière verte 
                   Vive 

( petite Morale élémentaire portative et beau présent )

Alexandre Carret

Environnement
Ce mot-même du problème
De l’écosystème.

et

EN VIRant de cap
ON N’ Evitera sûre-
MENT pas l’Aventure.

( le mot-clef réparti par fragments au début des trois vers )

Nicolas Graner

Vive mon terroir,
territoire vert envié,
vitrine rêvée.

( beau présent )

Jacqueline Morel

On cherche l'Eden
Tout en créant un enfer
Stupide être humain

Noël Bernard-Talipo

« Parlez à l'envi
Sans crainte que le chien ronne :
Le silence ment. »

- Le monde entier ment.
Chacun te berne à l'envi
Puis, entubé, ronne.

Autour de toi ronne
La meute qui triche, et ment,
Et bouffe à l'envi.

( quenine sur le mot-clef coupé en trois fragments )

6 juin – Journée de la mini-jupe

Bernard Maréchal

     Jupe courte   Jambe nue
              Lisse

  Vision fugace   Souvenir flou
             Trouble

          Genoux ronds
           Des filles
             Secret
             Révélé

     Peau dorée   Jambe longue
              Bronze


(Petite Morale élémentaire portative et beau présent)

Nicolas Graner

La robe de bal
A dû céder à la mode
De la mini-jupe

( okapi )

Alexandre Carret

Sa jupe trop courte
Laissait poindre son mollet
Grand-père bandait

Jacqueline Morel

Militer au féminin
Se nipper à son idée
Fini jupons et paniers
Voici jupette en satin !

(Quatrain d'heptasyllabes sur le thème – Utilisation dans l'ordre des syllabes du mot-clé en diagonale : 1ère syllabe du mot-clé = 1ère syllabe du 1er vers ; 2ème syllabe du mot-clé = 2ème syllabe du 2ème vers ; etc...)

Noël Bernard

mignonne à ta rose
me piquai le doigt
te garder je n'ose
sous mon joli toit

doux soleil dépose
léger brou de noix
que ta jupe expose
à mon flot d'émois

( sélénet isocèle )

7 juin – Journée mondiale des martinets

Bernard Maréchal

Quand il fouette l’air,
L’oiseau noir de saint Martin
Mérite son nom.

Il nargue, fesses au vent, 
Les martinets familiaux.

( tanka et mot-clef )

Annie

oiseaux qui venez avec la marée
jaloux des pêcheurs des poissons tirés
du flot, enlevés au juste rée

( ouliporime : le mot-clé est partagé en trois fragments placés en fin de vers devant une même syllabe )

Nicolas Graner

Selon les croyances du tantrisme
Après leur mort les plus méritants
Se réincarnent en martinets

Ce n'est pas à coups de martinets
Que les vrais pratiquants du tantrisme
Corrigeraient les moins méritants

Les seuls outils vraiment méritants
Sont les mantras tels des martinets
Qui forgent les esprits au tantrisme

( quenine sur des anagrammes et trois sens différents du mot-clef )

Jacqueline Morel

Ballet incessant
seésyolpéd senif seliA
Et plus vif qu'Éole

éticiléf-uaesio nU
Ses petits jamais n'oublie

( boustrophédon )

Alexandre Carret

MARTINET -me t-
ARTINET des robe-
RTINET liber-
TINET en m-
INET -te avec son
NET en tromp-
ET -
T -e.

(Martine aime tartiner des robertines et libertiner en minette avec son nez en trompette.)

Noël Bernard-Talipo

Resemant sarments,
Fermenterons traminers,
Apremonts, crémants.

Gastronomes prestement
Surmèneront œnomètres.

( chaque mot contient les cinq consonnes de "martinets" )

8 juin – Journée mondiale de l’océan

Bernard Maréchal

        Eaux amères   Vagues épouvantables
                      Écume

   Profondeur vertigineuse   Lenteur majestueuse
                     Mystère

                  Immense bleu
                  Sur le corps
                  De la terre
                  Je te salue

     Solitude solennelle   Puissance éternelle
                      Océan


( petite morale élémentaire et mot-clef ) pcc. Lautréamont

Nicolas Graner

Oceano Inox

Oh ! combien de déchets aux couleurs incertaines
Qui sont partis d'ici vers des côtes lointaines
Hors de leurs conteneurs se sont évanouis !
Combien ont ressurgi par une nuit sans lune
Entre un château de sable et le pied d'une dune,
Qu'on croyait sous les eaux à jamais enfouis !

( parodie )

Jacqueline Morel

Je nage dans l'écume de la vague bleue.
L'écume nage sur la vague bleue.
Dans la vague bleue, je nage sur l'écume.
Dans la Bleue, je nage sur l'écume de la vague.
Je nage dans la vague bleue d'écume.
Bleue est l'écume de la vague où je nage.
La vague où je nage est bleue d'écume.
L'écume est bleue sur la vague où je nage.

( poème carré ou lescurien à partir de 4 mots inspirés par le mot-clé )

Alexandre Carret

AUX SÉANTS
AUSSi gÉANTS
Qu’ObStinÉs dANS 
d’ObSÉdANTS
OCÉANS

( homophonies )

Noël Bernard

il y a trois îles
sur mon petit océan
l'une est un désert

la deuxième est un volcan
sur la troisième j'attends

9 juin – Journée Internationale des archives

Bernard Maréchal

Archives chéries,
Ces rivières asséchées,
Vivaces viviers,

Vrais cahiers hiérarchisés,
Rêves cachés à revivre.

( tanka, beau présent et mot-clef )

Nicolas Graner

            dans la cave
          classe et achève
        soucieux tu archives
          ragots en alcôve
            fond de cuve

( babebine et boule de neige )

Alexandre Carret

Chaque cicatrice
archive mes souvenirs
à fleur de mon corps.

Jacqueline Morel

Piles étagères
Inutilisé l'opus
Amuse le rat.

( okapi )

Noël Bernard-Talipo

M'arrachant
Hors l'hiver des sens
J'ai recherché l'ivre impression

L'amour court
Houle inverse temps

Sans peur crée

( bigollo et primitive de « archives, archives, archives, arc » )

10 juin – Journée du stylo bille

Bernard Maréchal

L’Élysée le teste :
Le stylo bille est stylé !
L’élite obéit.

Si le style est obsolète,
Illisible est le billet.

( beau présent )

Nicolas Graner

STYLOGRAPHIQUE

Incroyable : un
jour, le pays vit,
dit-on, au rythme
du stylo à bille !
Il rend nos syllabus
simples, nos papyrus
nickel. Voyant un
stylo à plume, dis :
« Il est trop fuyant ! »
Un crayon ? Bien
qu'on y arrive,
il y a trop de schmutz.
Alors tu y tiens,
au stylo bille !

( hétéropanvocalismes : chaque ligne contient une fois les six voyelles A, E, I, O, U, Y )

Elisabeth Maître

Je n'ai plus de plume
Elle est au musée
Pleine d'amertume
Près de l'encrier

Fais gaffe à ta bille
Jetable stylo
C'est bientôt la quille
On tape les mots

( sélénet )

Jacqueline Morel

De
la
couleur
pour écrire
sur les blancs nuages
les mots qu'ils porteront vers toi.

( Fib )

Alexandre Carret

De son stylo bille
Elle instille aux billets doux
Un style, ô, habile.

( homophonie )

Noël Bernard

Stylographe ou plomB
Ton effigie traceraI
Yeuse au tronc royaL

Le frénétique soleiL
Obéit au mage sombrE

( tanka isocèle, double acrostiche )

11 juin – Journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau

Bernard Maréchal

Passage à niveau :
Si on passe sans son veau,
Sagesse au panneau !

Si veau passe pas à pas,
Un sage âgé passe au pas.

( tanka et beau présent )

Nicolas Graner

Sensibilisation : passage à niveau
Aucune danse chez nous : paso ni java
Bernard et le papillon : Pivot a sa nage
Cherchait la plage au-dessous : scia nos pavages
Elle fleurit son balcon : Jeanne a six pavots
Fixez bien votre écriteau : vissage à panneau
Innocence de l'enfance : âge à pas nocive
La recette du boucher : nappage à six veaux
Le fief du Marquis de Sade : apanage au vice
Les mémoires de De Gaulle : Yvonne a sa page
Prophète chez les Lombards : Jonas à Pavie
Un créatif occitan : j'innove à Passa
Urinoir pour échassiers : pissage à vanneau
Vous vous trompez de tribu : pas si Navajo

( anaphones ou contrepèteries généralisées )

Elisabeth Maître

Gare au T.E.R.
Ne joue pas au téméraire
Forçant la barrière

Jacqueline Morel

La photo sépia
Révèle le beau sourire
du garde-barrière.

Alexandre Carret

Ce chemin d’enfer
M’ouvre passage à nouveau
Train-train de l’amour

( calembours )

et

Pour sensibiliser au passage à niveau
Il nous faut installer des panneaux à visage

( anaphones )

Annie

Journée universelle d'étude des points d'intersection des routes et voies ferrées

jour mondial d'adaptation aux sas où on franchit un, ou plus d'un rail

pour tout le monde journée d'alerte quant aux passages aménagés pour locos et wagons

les vingt-quatre heures sur la terre entière de vigilance au sujet des passages à niveau

entre le matin et le soir, réflexion à propos des croisements des voies pavées et des voies ferrées

( lipogrammes successifs en A, E,... )

Noël Bernard-Talipo

Toujours, suis tes rails.
Oh passe âges, annivs, eaux,
Tous jours, suite éraille.

Aux pas sages, âne y vaut
Aux passages à niveau.

( les vers de 5 syllabes d'une part, ceux de 7 syllabes d'autre part, sont holorimes )

12 juin – Journée mondiale contre le travail des enfants

Bernard Maréchal

Pour
Tout
Patron
Exploiteur
Les enfants travaillent
Malgré les lois qui l’interdisent.

( Fib )

Alexandre Carret

Qu’un enfant travaille
A produire pour les Hommes
Des jeux et des rêves.

Elisabeth Maître

Tant de petits d'hommes
Sacrifiés au seul profit
D'immondes salauds

Jacqueline Morel

Les yeux sont hagards.
Dans le visage froissé
Une larme perle.

Nicolas Graner

Une journée contre
Le travail, moi je suis pour.
Et vous, les enfants ?

Noël Bernard-Talipo

tout rire avalant
dis le froid de ces enfants
serfs au lent trépas

( primitive sur "Travail Des Enfants" )

13 juin – Journée mondiale du tricot

Bernard Maréchal

Un
Fil,
Deux mains,
Deux aiguilles :
La maille à l’endroit
Regarde la maille à l’envers.

( Fib )

Alexandre Carret

Grand-mère tricote
Tous les fils multicolores
De ses souvenirs.

et

Ressens-tu la faim
et les aiguilles du froid ?
Tricote un champ d’ail !

Annie

chanson de sorcière 

qui tricote
pique et pique et berlifique
croque et croque et lificote
qui trop quitte

( comptine sur l'air de am, stram, gram)

et

Verso tricot

Le tricot m'avait lassée
un zigzag avant,
un retour,
un zigzag avant,
un retour....
L'art m'ennuie, lire m'énerve
Succès, gain inouï
sensations m'amuseraient
Souris ! Essaie le tripot ! 

( aléa furtif généralisé d'écarts -7,0,+7 )

et quelques haïkus lipogrammes en E :

Tricot irlandais
ou risotto milanais ?
Fricot japonais !


Du matin au soir
tricotons. Durant la nuit
comptons nos moutons


Nous jouons, chantons
courons, grimpons, cavalons.
Du tricot ? Jamais !


Alors, maths, chinois
français, latin ? Tu choisis.
Finir mon tricot!


Toujours du plaisir
fait-il chaud : nous nous baignons
froid : nous tricotons.


Bousculons haïku,
oulipo trop normatifs,
tricotons nos mots


Sur l'art du tricot,
tout mon travail pas à pas,
un parfait plaisir

Elisabeth Maître

Il offrit son lit
Lio popotin joli
tapi blotti dort

et

Rôtissons gigot
dorons poissons ronds oignons
ô fricot si bon


( deux bivocalismes sur les voyelles du mot-clef )

Jacqueline Morel

C'est très attristant
Ce tricot trop étriqué.
- Déventripotons -

( prosonomasie )

Nicolas Graner

Travail raffiné
Ineffable création
Ouvrage touchant

( acrostiche de lettres par mots : les initiales des six mots forment « tricot » )

Noël Bernard-Talipo

Poils d'ovins filons.
Tordons torons, bobinons.
Longs soirs tricotons.

Tic, tic ! Doigts vifs, joli point.
Loin vont colis. Loin promis.

( bivocalisme sur les voyelles du mot-clef )

14 juin – Journée mondiale du donneur de sang

Bernard Maréchal

Un donneur de sang
Redonne du sens au don
De sa dose rose.

(beau présent sur mot-clef)

Elisabeth Maître

Son sang sirupeux
salissait ses surrénales
sordide souffrance

( tautogramme )

et

J'offre mon sang d'encre
Un mauvais sang fait maison
Qui veut ce poison?

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

bracelet de l’autre servira 
de symbole frères de sang
non versé le luxe du temps
et le bleu du ciel

Alexandre Carret

Deux cent champs d’honneur
Aux cent-deux donneurs de sang.
Sans leur sang, on meurt.

( prosonomasie )

et

Ton don a sauvé
Notre part d’humanité
Tu nous as reliés.

Jacqueline Morel

Donneurs malgré nous...
Moustique et puce à l'affût
D'un saut ou coup d'aile

D'innocentes proies assaillent
Friands de nectar carmin.

( tanka avec l'un des mots-clefs )

Noël Bernard-Talipo

Ton sang et mon sang,
Là, par ton don, se sont joints
Et je vois la vie.

( monosyllabes )

15 juin – Journée européenne du vent ( de l’énergie éolienne )

Bernard Maréchal

Chaque vapeur voyage
Aux pales d'une éolienne chromée.
Où jonglais-tu, forte brise, mistral amer ?
Débitez d'infinis kilowatts !

(Panscrabblogramme)

Elisbeth Maître

Caresse d'Éole
sur les pales qui s'affolent
ronde farandole

Annie

Grand vent -dix jours
durant- gronde ! In
situ déballons
sort brillant, quel
tesson luira ? 

( quintine de voyelles : AEIOU UAOEI IUEAO OIAUE EOUIA )

(cf. l'Oulipien de l'année 2006 Hervé Le Tellier )

Nicolas Graner

Si par hasard
Sur l'pont des Arts
Tu crois's le vent, le vent maraud
Fais-lui tourner ta dynamo
Si t'as d'la veine
Ton éolienne
Avec le vent, le vent fripon
Pourra remplacer le charbon

(sur l'air de «Le Vent» de Georges Brassens)

Bituur esztreym aka E-M G

 dans l’air des traces abandonnées 
      au vent. guidé toujours par un fil 
            ténu. savoir où fonce l’ardeur...

Jacqueline Morel

Une plume au vent
Effleure la cime
Et le sapin danse

Et le faucon danse
porté par le vent
autour de la cime

Caresse la cime
Harmonieuse danse
Au souffle du vent

( quenine )

Alexandre Carret

On aura beau dire,
Instruments et vieux moulins,
C'était mieux à vent !

Noël Bernard-Talipo

entends-tu
c'est la voix du vent
suivras-tu son appel pressant
auras-tu son énergie auras-tu sa violence

le murmure
qui trouble ta nuit
naît-il d'une harpe éolienne

tu te lèves
tu ouvres la porte

et tu vas

( bigollo )

16 juin – Journée Mondiale de l’enfant africain

Bernard Maréchal

Pour
Les
Enfants
Africains
L’enfance est un mot
Mais pas une réalité.

( Fib )

Nicolas Graner

  rire rare    crac-crac ric-rac
           train-train

   trafic actif    nanti anéanti
            fric-frac

            naître ici
              finir
            incarcéré
            ça craint

arrêté atterré     attente éreintante
              tic-tac

( petite morale élémentaire portative et beau présent )

Elisabeth Maître

Enfant du désert
Gamin des rues des townships
Gosse de la brousse

Que sera donc ton destin
De petit môme africain?

Jacqueline Morel

Regard étoilé
De l'obsidienne œil céleste
Au mien arrimé.

De jolies perles nacrées
Sourire immense échangé.

( tanka sur le thème )

Alexandre Carret

Enfance africaine
Berceau de notre histoire
Chrysalide humaine

Noël Bernard-Talipo

E ncore
N ul bruit
F ranc luit
A urore

N 'implore
T a nuit
A  fui
F iel gore

R ien n'est
I nné
C ourt fronde

A rdeur
I nonde
N euf cœur

( sonnet acrostiche )

17 juin – Journée mondiale contre la Désertification et la Sécheresse

Bernard Maréchal

Direction désert.
Terres rêches, rationnées.
Cérès sèche : échec.

( beau présent )

Nicolas Graner

Le temps reste sec
Le blé en herbe se perd
Le désert s'étend

Les bêtes se terrent
L'expert cherche des remèdes
Les gens désespèrent

( monovocalisme )

Elisabeth Maître

Terre que l'on blesse
sécheresse vengeresse
le désert progresse

et

Le dormeur du val
très bientôt reposera
ensablé brûlant

Jacqueline Morel

Sable sec et ocre
Terre aride torréfiée
Crisse, craque et puis crépite

( prosonomasie )

Alexandre Carret

- Déméter ! Déesse !
Cesse de sécher les terres
Et de les déserter.

- Humain implorant,
Vois plutôt ta pollution !
Bisous amicaux.

(monovocalisme puis lipogramme)

Noël Bernard-Talipo

Mer de sécheresse,
Erg et reg. Cercle de fer,
Le désert t'enserre.

( monovocalisme )

18 juin – Journée de la gastronomie durable