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quine

ce matin les enfants sont sortis dans la rue
la ville était emplie de leurs appels joyeux
quand les parents toujours reposaient endormis
les oiseaux n’avaient pas encor lissé leurs plumes
les gouttes de rosée brillaient dans le soleil

après avoir joué à un deux trois soleil
repeint d’un arc en ciel les plaques de la rue
après s’être affublés de parements de plumes
ils se sont élancés en défilé joyeux
leur rire a réveillé les clochards endormis

vous qui souffrez du froid tristes corps endormis
venez vous réchauffer au baiser du soleil
et partager notre soulèvement joyeux
venez prendre d’assaut le pavé de la rue
répandre dans le ciel un nuage de plumes

ils ont ouvert la cage du serpent à plumes
d’un souffle ont libéré les elfes endormis
dryades et chi lin ont envahi la rue
tous se sont accrochés aux rayons du soleil
pour grimper dans le ciel en rigodon joyeux

les larmes ont séché dans un souffle joyeux
les haillons ont fait place au chatoiement des plumes
la glace de nos coeurs a fondu au soleil
des rêves doux ont caressé les endormis
et des bosquets de fleurs ont recouvert la rue


Contribution tardive au printemps des poètes. thème = enfance
Contrainte oulipienne: Quinine = choix de 5 mots placés en fin de vers. Dans chaque strophe ils sont disposés selon une permutation 12345 -> 51423 -> 35214 …

Publié le 18 mars 2012

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Héméroméride – Juin

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de juin.

1er juin – Journée mondiale du lait

Bernard Maréchal

Jadis vachement trait, pourquoi ce frais breuvage
Plus que d’un jet bovin sort d’un frigo chromé ?
Quand je veux fourrager, ta vache alors blasphème :
Viens piquer mon jus chaud ! Gaffe, mon bel ami !

( belle absente )

et

Buvons ce bon jus,
Suc de chèvre ou de zébu,
Écrémé ou non.

( lipogramme en [LAIT] )

Nicolas Graner

Aliment vital
Plaisant liant initial
Climat infantile 

( chaque mot contient les quatre lettres L, A, I, T )

Elisabeth Maître

Son bon lolo bu
Loulou d'Honolulu dort
Rêve et ronfle fort

( lipogramme sur les 2 voyelles du mot-clé )

Annie

quand j'ai faim, j'ai froid
ni chocolat, ni bouillon,
mais un bon lait chaud

( avec le mot-clef )

Jacqueline Morel

Par exception, hors format imposé, ce lai inspiré à Jacqueline par le lait

Que pensez-vous mon cher ami
Du beau présent qu'elle m'offrit ?
Ce fut au cœur d'un chaud été...
Elle apparut telle une fée.
J'avais sellé mon palefroi
Pour quérir l'ombre du sous-bois
Et l'onde fraîche du ruisseau.
Hypnotique, le chant de l'eau
Me guida là où je la vis.
Sur la mousse tout alanguie :
Apparition comme un mirage
Sous le vert tendre du feuillage
Et des milliers d'éclats dorés
Que diffusait la canopée.
De ses beaux yeux verts me sourit,
Et sa blanche main me tendit.
À ses pieds je m'agenouillai
Et d'un baiser je l'effleurai.
Et c'est alors qu'entre mes mains
Y déposa un bol d'airain.
Mes sens ne purent résister
À son contenu parfumé.
Lait, miel, fleurs et plantes sauvages
Constituaient le doux breuvage.
Sa voix mélodieuse me dit :
« Bois ! Que jamais tu ne m'oublies ; »
Hélas, bien sûr, j'obtempérai.
Beaucoup plus tard je m'éveillai
La nuit, seul dans une clairière.
Depuis lors, la raison je perds...
De ma belle je me languis
Mais jamais je ne la revis.

Alexandre Carret

Vois comme tout pousse
Je me revois l'allaiter
Revoilà l'été

( homophonie )

et

MILCH -ants pour POT LAIT-
MILK -i toujours savait al-
LECHE LATTE -rèse ?

( homophonie avec le mot-clef dans plusieurs langues )

Floriane Austruy

A-t-il ail et lait ? 
Lit-il, tait-il l'alité ? 
L'est-il lié à lie ? 

( paronomase )

@FraPa_92

Agile au filet 
Plutôt souple du mollet 
Un peu soupe au lait...

( rime sur le mot-clé )

Noël Bernard-Talipo

L'enfant boit le lait.
L'écolier boit, à sa source,
L'émerveillement.

L'homme mûr ferme les yeux,
Suit les ordres, boit le sang.

( tanka avec le mot-clef )

2 juin – Journée Mondiale pour un tourisme responsable et respectueux

Bernard Maréchal

Je
Veux
Partir
En vacances
Visiter le monde
En bon touriste responsable.

( Fib )

Nicolas Graner

Voir Fidji, Norvège, 
Belize, Koweït, Mexique,
Chypre, avec respect.

( pangramme )

Jacqueline Morel

On le veut éthique,
Alternatif , solidaire...
- Soupir de la Terre -

( sur le thème )

Alexandre Carret

TOUR de la presque-île
ISthME, passage tranquille
REStaurant d’équilles

PONt tendu entre deux mondes 
SABLE fin et fin du monde

( acrostiche généralisé )

et

Je pars visiter
En touriste responsable
Mon monde intérieur

( avec le mot-clef )

et

Du tourisme responsable et respectueux
Tourisme sexuel enduré : stopper cet abus

( vers anagrammatiques )

Claudine Laurent

 Vertes vallées  Dunes dorées 
            Silence
Ruisseau riant   Sentier secret
            Souffle

           Baskettes
             Bâtons
          Bruissement
         Bourdonnement
      Brassage bienveillant

  Nature nacrée   Nature nous
             Merci 

( petite morale élémentaire portative )

Noël Bernard-Talipo

Les hauts responsables
Défilent, de l'air blasé
Qui sied aux touristes.

Le peuple, respectueux,
Les conduit à l'échafaud.

( tanka avec les mots-clefs )

3 juin – Journée mondiale de la bicyclette

Bernard Maréchal

Belle bicyclette,
Mon petit vélo,
Je t’ai dans la tête
Et le ciboulot.

Et dans ce dédale,
Nez dans le guidon,
Souvent je pédale,
Seul, à l’abandon.

( sélénet et mot-clef )

Nicolas Graner

Une bicyclette
C'est un vieux vélo rouillé
Disent mes enfants

Le sens d'un mot change hélas
Plus vite que les mortels

Jacqueline Morel

ô
ce
vtt
sans
selle
dévale
abrupte
descente
étonnante
bicyclette 

( boule de neige )

Annie

en ballade au bord de l'eau
sur ta bicyclette
ou sur ton vélo
tu es à la fête
réjouis le matelot 

( HOG )

Alexandre Carret

Belle bicyclette,
Vois-tu ? comme le vélo,
Je ne t’oublie pas !

Noël Bernard-Talipo

« Sida, jeunet ? » et
As à vélo leva sa
Tête nue : « - Jadis... »

( haïku palindrome, avec un synonyme du mot-clef )

4 juin – Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression

Bernard Maréchal

L’agresseur sait bien
Prendre un enfant par la main
L’enfant innocent.
 
L’agresseur le sait trop bien
Mais les victimes l’ignorent.

( tanka )

Nicolas Graner

Je dédie aujourd'hui mes vers à ces enfants
Qui dans l'inattention ordinaire se fanent
Ceux pour qui le futur a le goût du néant
Relégués pour toujours au statu quo ante
Dont tout projet de vie a été brisé net
Coupables seulement du crime d'être 
Déjà ratatinés entre de rudes bords n'
Autorisant aucun espoir en l'avenir

( les derniers mots forment une échelle descendante )

Jacqueline Morel

Si vaste et ventée
Océane immensité
Et force vivante

(Beau présent avec les lettres des mots-clés)

Claudine Laurent

Enfants impuissants
Victimes de bourreaux lâches
Innocentes âmes

De cris en coups, cruauté
L'agression sabre des vies.

(Tanka - les mots-clefs se retrouvent dans l'ordre, en tête de chaque vers)

Noël Bernard-Talipo

« Sont-ce des enfants ?
Sont-ils vraiment innocents ?
Qui les dit victimes ?

C'est nous les victimes,
Qu'envahissent tant d'enfants,
Nous, les innocents ! »

Bons, purs, innocents,
Ferment leur porte aux victimes,
Leur cœur aux enfants.

( Quenine sur les trois mots-clefs )

5 juin – Journée mondiale de l’environnement

Bernard Maréchal

       Terre éteinte   Rivière morte 
                   Rêve 

          Mont noir   Vent inerte 
                   Rime 

                    Vie 
                  Timorée 
                  Minorée 
                  Méritée 

       Mer réinventée   Rivière verte 
                   Vive 

( petite Morale élémentaire portative et beau présent )

Alexandre Carret

Environnement
Ce mot-même du problème
De l’écosystème.

et

EN VIRant de cap
ON N’ Evitera sûre-
MENT pas l’Aventure.

( le mot-clef réparti par fragments au début des trois vers )

Nicolas Graner

Vive mon terroir,
territoire vert envié,
vitrine rêvée.

( beau présent )

Jacqueline Morel

On cherche l'Eden
Tout en créant un enfer
Stupide être humain

Noël Bernard-Talipo

« Parlez à l'envi
Sans crainte que le chien ronne :
Le silence ment. »

- Le monde entier ment.
Chacun te berne à l'envi
Puis, entubé, ronne.

Autour de toi ronne
La meute qui triche, et ment,
Et bouffe à l'envi.

( quenine sur le mot-clef coupé en trois fragments )

6 juin – Journée de la mini-jupe

Bernard Maréchal

     Jupe courte   Jambe nue
              Lisse

  Vision fugace   Souvenir flou
             Trouble

          Genoux ronds
           Des filles
             Secret
             Révélé

     Peau dorée   Jambe longue
              Bronze


(Petite Morale élémentaire portative et beau présent)

Nicolas Graner

La robe de bal
A dû céder à la mode
De la mini-jupe

( okapi )

Alexandre Carret

Sa jupe trop courte
Laissait poindre son mollet
Grand-père bandait

Jacqueline Morel

Militer au féminin
Se nipper à son idée
Fini jupons et paniers
Voici jupette en satin !

(Quatrain d'heptasyllabes sur le thème – Utilisation dans l'ordre des syllabes du mot-clé en diagonale : 1ère syllabe du mot-clé = 1ère syllabe du 1er vers ; 2ème syllabe du mot-clé = 2ème syllabe du 2ème vers ; etc...)

Noël Bernard

mignonne à ta rose
me piquai le doigt
te garder je n'ose
sous mon joli toit

doux soleil dépose
léger brou de noix
que ta jupe expose
à mon flot d'émois

( sélénet isocèle )

7 juin – Journée mondiale des martinets

Bernard Maréchal

Quand il fouette l’air,
L’oiseau noir de saint Martin
Mérite son nom.

Il nargue, fesses au vent, 
Les martinets familiaux.

( tanka et mot-clef )

Annie

oiseaux qui venez avec la marée
jaloux des pêcheurs des poissons tirés
du flot, enlevés au juste rée

( ouliporime : le mot-clé est partagé en trois fragments placés en fin de vers devant une même syllabe )

Nicolas Graner

Selon les croyances du tantrisme
Après leur mort les plus méritants
Se réincarnent en martinets

Ce n'est pas à coups de martinets
Que les vrais pratiquants du tantrisme
Corrigeraient les moins méritants

Les seuls outils vraiment méritants
Sont les mantras tels des martinets
Qui forgent les esprits au tantrisme

( quenine sur des anagrammes et trois sens différents du mot-clef )

Jacqueline Morel

Ballet incessant
seésyolpéd senif seliA
Et plus vif qu'Éole

éticiléf-uaesio nU
Ses petits jamais n'oublie

( boustrophédon )

Alexandre Carret

MARTINET -me t-
ARTINET des robe-
RTINET liber-
TINET en m-
INET -te avec son
NET en tromp-
ET -
T -e.

(Martine aime tartiner des robertines et libertiner en minette avec son nez en trompette.)

Noël Bernard-Talipo

Resemant sarments,
Fermenterons traminers,
Apremonts, crémants.

Gastronomes prestement
Surmèneront œnomètres.

( chaque mot contient les cinq consonnes de "martinets" )

8 juin – Journée mondiale de l’océan

Bernard Maréchal

        Eaux amères   Vagues épouvantables
                      Écume

   Profondeur vertigineuse   Lenteur majestueuse
                     Mystère

                  Immense bleu
                  Sur le corps
                  De la terre
                  Je te salue

     Solitude solennelle   Puissance éternelle
                      Océan


( petite morale élémentaire et mot-clef ) pcc. Lautréamont

Nicolas Graner

Oceano Inox

Oh ! combien de déchets aux couleurs incertaines
Qui sont partis d'ici vers des côtes lointaines
Hors de leurs conteneurs se sont évanouis !
Combien ont ressurgi par une nuit sans lune
Entre un château de sable et le pied d'une dune,
Qu'on croyait sous les eaux à jamais enfouis !

( parodie )

Jacqueline Morel

Je nage dans l'écume de la vague bleue.
L'écume nage sur la vague bleue.
Dans la vague bleue, je nage sur l'écume.
Dans la Bleue, je nage sur l'écume de la vague.
Je nage dans la vague bleue d'écume.
Bleue est l'écume de la vague où je nage.
La vague où je nage est bleue d'écume.
L'écume est bleue sur la vague où je nage.

( poème carré ou lescurien à partir de 4 mots inspirés par le mot-clé )

Alexandre Carret

AUX SÉANTS
AUSSi gÉANTS
Qu’ObStinÉs dANS 
d’ObSÉdANTS
OCÉANS

( homophonies )

Noël Bernard

il y a trois îles
sur mon petit océan
l'une est un désert

la deuxième est un volcan
sur la troisième j'attends

9 juin – Journée Internationale des archives

Bernard Maréchal

Archives chéries,
Ces rivières asséchées,
Vivaces viviers,

Vrais cahiers hiérarchisés,
Rêves cachés à revivre.

( tanka, beau présent et mot-clef )

Nicolas Graner

            dans la cave
          classe et achève
        soucieux tu archives
          ragots en alcôve
            fond de cuve

( babebine et boule de neige )

Alexandre Carret

Chaque cicatrice
archive mes souvenirs
à fleur de mon corps.

Jacqueline Morel

Piles étagères
Inutilisé l'opus
Amuse le rat.

( okapi )

Noël Bernard-Talipo

M'arrachant
Hors l'hiver des sens
J'ai recherché l'ivre impression

L'amour court
Houle inverse temps

Sans peur crée

( bigollo et primitive de « archives, archives, archives, arc » )

10 juin – Journée du stylo bille

Bernard Maréchal

L’Élysée le teste :
Le stylo bille est stylé !
L’élite obéit.

Si le style est obsolète,
Illisible est le billet.

( beau présent )

Nicolas Graner

STYLOGRAPHIQUE

Incroyable : un
jour, le pays vit,
dit-on, au rythme
du stylo à bille !
Il rend nos syllabus
simples, nos papyrus
nickel. Voyant un
stylo à plume, dis :
« Il est trop fuyant ! »
Un crayon ? Bien
qu'on y arrive,
il y a trop de schmutz.
Alors tu y tiens,
au stylo bille !

( hétéropanvocalismes : chaque ligne contient une fois les six voyelles A, E, I, O, U, Y )

Elisabeth Maître

Je n'ai plus de plume
Elle est au musée
Pleine d'amertume
Près de l'encrier

Fais gaffe à ta bille
Jetable stylo
C'est bientôt la quille
On tape les mots

( sélénet )

Jacqueline Morel

De
la
couleur
pour écrire
sur les blancs nuages
les mots qu'ils porteront vers toi.

( Fib )

Alexandre Carret

De son stylo bille
Elle instille aux billets doux
Un style, ô, habile.

( homophonie )

Noël Bernard

Stylographe ou plomB
Ton effigie traceraI
Yeuse au tronc royaL

Le frénétique soleiL
Obéit au mage sombrE

( tanka isocèle, double acrostiche )

11 juin – Journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau

Bernard Maréchal

Passage à niveau :
Si on passe sans son veau,
Sagesse au panneau !

Si veau passe pas à pas,
Un sage âgé passe au pas.

( tanka et beau présent )

Nicolas Graner

Sensibilisation : passage à niveau
Aucune danse chez nous : paso ni java
Bernard et le papillon : Pivot a sa nage
Cherchait la plage au-dessous : scia nos pavages
Elle fleurit son balcon : Jeanne a six pavots
Fixez bien votre écriteau : vissage à panneau
Innocence de l'enfance : âge à pas nocive
La recette du boucher : nappage à six veaux
Le fief du Marquis de Sade : apanage au vice
Les mémoires de De Gaulle : Yvonne a sa page
Prophète chez les Lombards : Jonas à Pavie
Un créatif occitan : j'innove à Passa
Urinoir pour échassiers : pissage à vanneau
Vous vous trompez de tribu : pas si Navajo

( anaphones ou contrepèteries généralisées )

Elisabeth Maître

Gare au T.E.R.
Ne joue pas au téméraire
Forçant la barrière

Jacqueline Morel

La photo sépia
Révèle le beau sourire
du garde-barrière.

Alexandre Carret

Ce chemin d’enfer
M’ouvre passage à nouveau
Train-train de l’amour

( calembours )

et

Pour sensibiliser au passage à niveau
Il nous faut installer des panneaux à visage

( anaphones )

Annie

Journée universelle d'étude des points d'intersection des routes et voies ferrées

jour mondial d'adaptation aux sas où on franchit un, ou plus d'un rail

pour tout le monde journée d'alerte quant aux passages aménagés pour locos et wagons

les vingt-quatre heures sur la terre entière de vigilance au sujet des passages à niveau

entre le matin et le soir, réflexion à propos des croisements des voies pavées et des voies ferrées

( lipogrammes successifs en A, E,... )

Noël Bernard-Talipo

Toujours, suis tes rails.
Oh passe âges, annivs, eaux,
Tous jours, suite éraille.

Aux pas sages, âne y vaut
Aux passages à niveau.

( les vers de 5 syllabes d'une part, ceux de 7 syllabes d'autre part, sont holorimes )

12 juin – Journée mondiale contre le travail des enfants

Bernard Maréchal

Pour
Tout
Patron
Exploiteur
Les enfants travaillent
Malgré les lois qui l’interdisent.

( Fib )

Alexandre Carret

Qu’un enfant travaille
A produire pour les Hommes
Des jeux et des rêves.

Elisabeth Maître

Tant de petits d'hommes
Sacrifiés au seul profit
D'immondes salauds

Jacqueline Morel

Les yeux sont hagards.
Dans le visage froissé
Une larme perle.

Nicolas Graner

Une journée contre
Le travail, moi je suis pour.
Et vous, les enfants ?

Noël Bernard-Talipo

tout rire avalant
dis le froid de ces enfants
serfs au lent trépas

( primitive sur "Travail Des Enfants" )

13 juin – Journée mondiale du tricot

Bernard Maréchal

Un
Fil,
Deux mains,
Deux aiguilles :
La maille à l’endroit
Regarde la maille à l’envers.

( Fib )

Alexandre Carret

Grand-mère tricote
Tous les fils multicolores
De ses souvenirs.

et

Ressens-tu la faim
et les aiguilles du froid ?
Tricote un champ d’ail !

Annie

chanson de sorcière 

qui tricote
pique et pique et berlifique
croque et croque et lificote
qui trop quitte

( comptine sur l'air de am, stram, gram)

et

Verso tricot

Le tricot m'avait lassée
un zigzag avant,
un retour,
un zigzag avant,
un retour....
L'art m'ennuie, lire m'énerve
Succès, gain inouï
sensations m'amuseraient
Souris ! Essaie le tripot ! 

( aléa furtif généralisé d'écarts -7,0,+7 )

et quelques haïkus lipogrammes en E :

Tricot irlandais
ou risotto milanais ?
Fricot japonais !


Du matin au soir
tricotons. Durant la nuit
comptons nos moutons


Nous jouons, chantons
courons, grimpons, cavalons.
Du tricot ? Jamais !


Alors, maths, chinois
français, latin ? Tu choisis.
Finir mon tricot!


Toujours du plaisir
fait-il chaud : nous nous baignons
froid : nous tricotons.


Bousculons haïku,
oulipo trop normatifs,
tricotons nos mots


Sur l'art du tricot,
tout mon travail pas à pas,
un parfait plaisir

Elisabeth Maître

Il offrit son lit
Lio popotin joli
tapi blotti dort

et

Rôtissons gigot
dorons poissons ronds oignons
ô fricot si bon


( deux bivocalismes sur les voyelles du mot-clef )

Jacqueline Morel

C'est très attristant
Ce tricot trop étriqué.
- Déventripotons -

( prosonomasie )

Nicolas Graner

Travail raffiné
Ineffable création
Ouvrage touchant

( acrostiche de lettres par mots : les initiales des six mots forment « tricot » )

Noël Bernard-Talipo

Poils d'ovins filons.
Tordons torons, bobinons.
Longs soirs tricotons.

Tic, tic ! Doigts vifs, joli point.
Loin vont colis. Loin promis.

( bivocalisme sur les voyelles du mot-clef )

14 juin – Journée mondiale du donneur de sang

Bernard Maréchal

Un donneur de sang
Redonne du sens au don
De sa dose rose.

(beau présent sur mot-clef)

Elisabeth Maître

Son sang sirupeux
salissait ses surrénales
sordide souffrance

( tautogramme )

et

J'offre mon sang d'encre
Un mauvais sang fait maison
Qui veut ce poison?

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

bracelet de l’autre servira 
de symbole frères de sang
non versé le luxe du temps
et le bleu du ciel

Alexandre Carret

Deux cent champs d’honneur
Aux cent-deux donneurs de sang.
Sans leur sang, on meurt.

( prosonomasie )

et

Ton don a sauvé
Notre part d’humanité
Tu nous as reliés.

Jacqueline Morel

Donneurs malgré nous...
Moustique et puce à l'affût
D'un saut ou coup d'aile

D'innocentes proies assaillent
Friands de nectar carmin.

( tanka avec l'un des mots-clefs )

Noël Bernard-Talipo

Ton sang et mon sang,
Là, par ton don, se sont joints
Et je vois la vie.

( monosyllabes )

15 juin – Journée européenne du vent ( de l’énergie éolienne )

Bernard Maréchal

Chaque vapeur voyage
Aux pales d'une éolienne chromée.
Où jonglais-tu, forte brise, mistral amer ?
Débitez d'infinis kilowatts !

(Panscrabblogramme)

Elisbeth Maître

Caresse d'Éole
sur les pales qui s'affolent
ronde farandole

Annie

Grand vent -dix jours
durant- gronde ! In
situ déballons
sort brillant, quel
tesson luira ? 

( quintine de voyelles : AEIOU UAOEI IUEAO OIAUE EOUIA )

(cf. l'Oulipien de l'année 2006 Hervé Le Tellier )

Nicolas Graner

Si par hasard
Sur l'pont des Arts
Tu crois's le vent, le vent maraud
Fais-lui tourner ta dynamo
Si t'as d'la veine
Ton éolienne
Avec le vent, le vent fripon
Pourra remplacer le charbon

(sur l'air de «Le Vent» de Georges Brassens)

Bituur esztreym aka E-M G

 dans l’air des traces abandonnées 
      au vent. guidé toujours par un fil 
            ténu. savoir où fonce l’ardeur...

Jacqueline Morel

Une plume au vent
Effleure la cime
Et le sapin danse

Et le faucon danse
porté par le vent
autour de la cime

Caresse la cime
Harmonieuse danse
Au souffle du vent

( quenine )

Alexandre Carret

On aura beau dire,
Instruments et vieux moulins,
C'était mieux à vent !

Noël Bernard-Talipo

entends-tu
c'est la voix du vent
suivras-tu son appel pressant
auras-tu son énergie auras-tu sa violence

le murmure
qui trouble ta nuit
naît-il d'une harpe éolienne

tu te lèves
tu ouvres la porte

et tu vas

( bigollo )

16 juin – Journée Mondiale de l’enfant africain

Bernard Maréchal

Pour
Les
Enfants
Africains
L’enfance est un mot
Mais pas une réalité.

( Fib )

Nicolas Graner

  rire rare    crac-crac ric-rac
           train-train

   trafic actif    nanti anéanti
            fric-frac

            naître ici
              finir
            incarcéré
            ça craint

arrêté atterré     attente éreintante
              tic-tac

( petite morale élémentaire portative et beau présent )

Elisabeth Maître

Enfant du désert
Gamin des rues des townships
Gosse de la brousse

Que sera donc ton destin
De petit môme africain?

Jacqueline Morel

Regard étoilé
De l'obsidienne œil céleste
Au mien arrimé.

De jolies perles nacrées
Sourire immense échangé.

( tanka sur le thème )

Alexandre Carret

Enfance africaine
Berceau de notre histoire
Chrysalide humaine

Noël Bernard-Talipo

E ncore
N ul bruit
F ranc luit
A urore

N 'implore
T a nuit
A  fui
F iel gore

R ien n'est
I nné
C ourt fronde

A rdeur
I nonde
N euf cœur

( sonnet acrostiche )

17 juin – Journée mondiale contre la Désertification et la Sécheresse

Bernard Maréchal

Direction désert.
Terres rêches, rationnées.
Cérès sèche : échec.

( beau présent )

Nicolas Graner

Le temps reste sec
Le blé en herbe se perd
Le désert s'étend

Les bêtes se terrent
L'expert cherche des remèdes
Les gens désespèrent

( monovocalisme )

Elisabeth Maître

Terre que l'on blesse
sécheresse vengeresse
le désert progresse

et

Le dormeur du val
très bientôt reposera
ensablé brûlant

Jacqueline Morel

Sable sec et ocre
Terre aride torréfiée
Crisse, craque et puis crépite

( prosonomasie )

Alexandre Carret

- Déméter ! Déesse !
Cesse de sécher les terres
Et de les déserter.

- Humain implorant,
Vois plutôt ta pollution !
Bisous amicaux.

(monovocalisme puis lipogramme)

Noël Bernard-Talipo

Mer de sécheresse,
Erg et reg. Cercle de fer,
Le désert t'enserre.

( monovocalisme )

18 juin – Journée de la gastronomie durable

Bernard Maréchal

La gastronomie
Nous fait visiter.
Mais la sodomie
Nous fait hésiter…

Quand elle est durable,
Ou bien de saison,
On réclame à table
Du râble à foison.

( sélénet sur les mots-clefs )

Elisabeth Maître

J'ai pas trop dormi
Du sable pas trop beau mis
Hue diable marchand

( prosonomasie )

Alexandre Carret

Barbac à papier
Poivrons verre recyclé
Compost de fruits blets

et

Nomme ici l'anomie
Ta gastro au Gastro
Dit Du Râble Durable

( homophonie )

Jacqueline Morel

Regagner le lieu
Entre gourmets s'attabler
Désir rassasié

(Beau présent)

Noël Bernard-Talipo

Super Big Giant
Sauce tomate sucrée
À volonté frites

Voici la gastronomie
La prospérité durable

et

Sur le Strand à Londres
Où de radio danse l'onde
De Gaulle entends-tu

La gueule des anges noirs
Stridulant de tombe en tombe

Entends-tu les bombes
La sarabande des morts
Le deuil bâillonné

Le rire des résistants
L'armée boueuse des ombres

Entends-tu de l'aigle
La monstrueuse agonie
L'ultime sabbat

L'amertume du soir gris
Les aubes de solitude

( renga en beau présent sur le mot-clef )

19 juin – Journée mondiale de la drépanocytose

Bernard Maréchal

Pépère prospère,
Essayant de procréer,
Tâtonne et trépasse.

Désespérante épectase
Dans sa drépanocytose.

( tanka, mot-clef et beau présent )

et

Le whisky gazeux ?
Favorable jusqu'à ma
Drépanocytose !

(haïku et pangramme de 44 lettres sur le mot-clef)

Nicolas Graner

Ce type rond osa  trop à ce synode.  Stop, doyen réac !

( trois anagrammes successives du mot-clef )

Elisabeth Maître

Dans crâne si rose
Et trépané siroter
Dépravé tu oses

et

Des crados qui posent
Des paranos cirrhosés
Des salauds qui osent

( prosonomasie )

Alexandre Carret

DREsser l’infini
PANOrama des possibles
SI T’OSEs, je suis.

et

Falcifieur de formes
Pohémoglobinose S 
Drépanocytode

( Explications :
- La drépanocytose est également appelée anémie falciforme ou hémoglobinose S.
- Le poète est un falSifieur de formes. )

Jacqueline Morel

Sans soucis
Bienheureux tu es
Épargné par la maladie

Sain d'esprit
Bienheureux tu es

Compatis

( bigollo )

Noël Bernard-Talipo

Le gène a muté
Héréditaire le mal
Menace menace

Entre les mains du savant
L'homme remet sa douleur

20 juin – Journée mondiale des réfugiés

Bernard Maréchal

Guerre refusée,
Fuir serrures si serrées,
Errer, ségrégué,

Fuir, se réfugier, surgir.
Guérir : fugue réussie.

( tanka et beau présent )

Alexandre Carret

J'ai fui le réel
Réfugié en Poésie.
Asile des Mots.

et

Sans terre sans blé,
- Qu’est-ce donc être à l’endroit ? -
J’ai rêvé d’Ailleurs.

J’ai rêvé, d’ailleurs,
D’un peuple d’égaux en droit
Qui me ressemblaient.

( homophonies à la rime, quasiment léonine )

et

Pays en exil
- Son peuple est devenu fou -
   Cherche une autre Terre.

Elisabeth Maître

Fuir fureurs guerrières
affronter périls en mer
barbelés frontières

Tenir bon dans la galère
dans l'espoir d'un pays frère

Nicolas Graner

Rongés par la guerre
Emplis de stupeur
Fuyant la misère
Unis dans la peur

Gardés dans des cages
Inconnus partout
Exclus du partage
Suspects avant tout

( sélénet acrostiche )

Jacqueline Morel

C'est emplis d'espoir
Qu'ils bravent tous les dangers
Pour leur vie sauvée.

Mains tendues, cœurs généreux
Tentons de les rendre heureux.

Noël Bernard-Talipo

Il pleut cours bergère
Voici venir le carnage
Entends le canon

Viens avec nous pour ce soir
Jusqu'à la fin de la nuit

( détournement )

21 juin – Journée internationale de la lenteur

Bernard Maréchal

Terreur éternelle ?
Être né lent ne te tue,
Lutteur entêté.

Entre tertre, urne et tunnel,
Tente leur lenteur en terre !

(beau présent)

Annie

Pour écrire la lenteur
je prendrais le temps
ainsi les lentilles
qui trempent avant de cuire
ainsi le talent
qui s'épanouit sans hâte
l'arbre qui croît opulent

( HOG )

Elisabeth Maître

Urgence ça presse
Course effrénée de vitesse
Comme un feu aux fesses

Stop! Retrouve la sagesse
Et de courir enfin cesse

Alexandre Carret

Nous prenons le temps
Pour de l'argent tandis que
Vous prenez le temps

(Haïku réversible)

et

LENTEUR
Entre lunule, Terre et Lune,
nul être en rut.
Lent ru, l’Éternel
Un Réel tû.

( anagrammes de LENTEUR : ENTRELU NULETER REETLUN ENULETR EENRUTL ENTRULE TERNELU NREELTU)

Jacqueline Morel

Interminable seconde
Indolente minute
Pesante journée
Long temps

Lenteur

( chicago )

Noël Bernard-Talipo

lentement le fleuve
emmène d'heures heureuses
le reflet perdu

près de ce flux ténébreux
je reste en ces berges seul

( bivocalisme sur les voyelles du mot-clef )

22 juin – Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe

Bernard Maréchal

Donnons un grand cœur
Organe ardent, et son sang,
Pour l’enfant fiévreux.

(primitive)

Nicolas Graner

Je t'ai jeté un œil
Et j'ai perdu la tête
Je t'ai donné mon cœur
Et demandé ta main
Enté par ton image
Dois-je me mettre en greffe ?

#héméroméride par Nicolas Graner ( polysémie )

Elisabeth Maitre

À la mort donner
sens en ravivant la flamme
d'autrui don d'organe

et

Contre bons soins donne
matière grise et neurones
émoussés atones

Alexandre Carret

GREffE générale !!!
!! Les patrons n'ont pas de CŒUR !!
ORGANisons-nous !

( homophonie )

et

Si tu as la foi
Donne un lobe de ton foie
Dieu te le rendra.

( homophonie )

et

Très cher disparu,
Ton cœur m’a sauvé la vie.
Ta femme apprécie.

et

ORGANES

Gers. Ânons. Orage ! (en gras) ORAGE !
Songeons à ranger son orge sans rage.
Ô ! Gare nos oranges.
Songe arrosé. Nageons !
Gare à nos granges !

Orne. Gros Âne. Gars. Ogre.
A nos âges, on rongera 
Sang, rose, or en sa gorge,
Sans rogne, à son gré, à sage ron-ron.
Âgés ! Os enragés !

Garonne. Gras onagres. Osé organ.
Égarons ! Rageons ! Agréons !

( 35 anagrammes enchaînées du mot ORGANES )

Jacqueline Morel

Ultime cadeau
À la vie par un héros
Tirons le chapeau

Noël Bernard-Talipo

Sur le bord du Don
Un cosaque au bel organe
Se présente au greffe

J'ai reçu par greffe
D'un ténor qui m'en fit don
Ce superbe organe

Que me sert l'organe
Dit-il dans sa plainte au greffe
Je n'ai pas le don

( trois haïkus formant quenine )

23 juin – Journée des Nations Unies pour la fonction publique

Bernard Maréchal

La fonction publique
Manque d’ambition.
Le chef est typique
Par définition.

Il se croit poète
Dans cet élément.
Il chante à tue-tête,
Mais il est clément.

( sélénet et mot-clef )

et

Bon métier la fonction 
Publique une et laïque 
Inepte espiègle un con 
Par décret la critique 

( sur mot-clef, 4 fois 4 mots, le nombre de lettres imposé à chaque mot formant quatrine : 3628/8326/6823/3628 )

Nicolas Graner

La fonction publique :
Planquée, affaiblie, flouée,
Aliénée, coulée.

On la confie à la banque,
Elle en fait un capital.

Un flic, un planton,
Ça ne fait aucun bénef :
Qu'on le licencie !

À quoi bon une bataille ?
Le collectif capitule.

( renga et beau présent )

Elisabeth Maitre

Ah ces fonctionnaires
De parfaits boucs émissaires
Mais si nécessaires

Jacqueline Morel

La fonction publique ?
Qu'en est-il de sa santé
Et de ses valeurs ?

Alexandre Carret

FUNK on  my  ZION
PUB rock and  LICK

(Calembour funkzion publick)
(Funk et Pub rock sont des genres musicaux)
(Zion est une marque de guitare)
(un lick, en musique, est la variation d’un riff)

et

Sur Twitter, les choses
Font que si on publie que
Des nus, ça follow.

(le deuxième vers peut être lu : fonction publique)

Noël Bernard-Talipo

fonction sans ciel
turbin troublant
peur du bilan
rien que du fiel

( primitive sur « fonction publique » )

24 juin – Journée mondiale des amoureux de l’Alsace

Bernard Maréchal

J’aime ton humour,
Et tu peux défier la France,
Alsace au cœur fier.

( primitive de « amoureux de l'Alsace » )

Nicolas Graner

Alti Lieb roscht nitt
Vieil amour ne rouille pas
Me disait Oma 

Elisabeth Maitre

Ce lac classé cèle
sales salaces aselles
lacées écalées

( beau présent sur le mot « Alsace »  )

Alexandre Carret

Mutter veut pour moi
Un mariage avec Alsace
Moi, j’aime Lorraine

Les voisins d’en face chantent
Que je n’aurai pas les deux

Jacqueline Morel

Par monts, onduler
Et aux creux de ces vals, là
Ils sont accolés

( primitive de « amoureux de l'Alsace » )

Noël Bernard-Talipo

Dame au bord du Rhin
Ses beaux yeux dans le lointain
Glissent sans ciller

( primitive de « amoureux de l'Alsace » )

25 juin – Journée des gens de mer

Bernard Maréchal

Marins,
Gens de mer qui mourez,
Toute misère a parfois les yeux bleus.
Haddock va bien.
Là, le clown fait honte.
Et j'ai trop navigué.

(Panscrabblogramme)

Annie

les gens de mer veillent
les légendes émerveillent
les géants s'éveillent

( homophonie )

Nicolas Graner

Gens de mer,
Gens de terre,
Gens de verre,
Gens de fer,

Gens très chers,
Père et mère,
Femme et frère,
Gens pervers,

Gens de lettres,
Frêles êtres
Empêchés :

Je ne cesse
De cerner
Cette espèce.

( sonnet monovocalique )

Elisabeth Maitre

Quittent leur chaumière
Au petit matin
Sur l'embarcadère
Hument les embruns

La voilure est fière
Sous le vent marin
La mer leur est chère
La côte est si loin

( sélénet )

Alexandre Carret

Légende : Mergers
En des mers de sels mêlés
Émerge l’Eden

(beau présent sur LES GENS DE MER - homophonie au premier vers)
(un merger, ou murger, est une "île" au bord d'un champ, résultat de l'épierrage du champ) 

et

En émergé lemme : 
Mer réelle.
Léger regel. 
Elle erre, m’emmêle. 
Gré mène.

(palindrome)

et

Le sel, en Égée,
Des gens de mer, en emmène
Les gemmes mêlées.

Gréer les légères serges.
Errer en des mers gelées.

( beau présent sur "Les gens de mer" )

Gérard Le Goff

Même parfois au bord des mares
Des pensées sur les gens de mer
Bizarrement viennent se mirent
Au fond des mers foule de morts
J'entends leurs entêtants murmures

( babebine avec les mots-clef )

Jacqueline Morel

Un camaïeu teinte orange
Ourlé de mauve et de bleu
Luit sur l'océan et change.
Ondoyant l'horizon se meut.

Et sous la brise légère
Le flot sombre rapaisé,
Respire l'océan-mère,
Berceau immense enténébré.

Ombre chinoise planante
Tournoie le fier goéland.
Et, silhouette stagnante
Un bateau tend son fil d'argent.

(Poème à structure 7/7/7/8 à la manière de Clotilde d'Apollinaire)

Noël Bernard-Talipo

Déesse des sens
Émerge, dresse ses gemmes,
M'emmène en ses sennes.

Règne, mégère. M'enserre.
Erre en ses messes. Régresse.

( beau présent )

26 juin – Journée Internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues

Bernard Maréchal

Le droit au trafic
D’acide ou de LSD
Est très illicite.

L’abus du gros rouge ?
Le fisc le dit très licite :
L’État fait du fric.

Il faut liciter
Le trafic des drogues douces,
Si l’État le gère.

( beau présent)

Annie

l'opium soûlait
câlin souriant du pavot
chantons – la faim fuira

l'oulipo musait
nous captivant, dur aloi
où la main s'affranchit

( chaque vers d'un tercet est anagramme du vers de même rang dans l'autre)

Nicolas Graner

Journée internationale contre l'acalculie et le traitement imagé de drugstores,
contre l'acajou et le train-train illyrien de drouilles,
contre l'acadien et le training illustré de drosophiles,
contre l'académicien et le traineau illustratif de droséras,
contre l'acacia et le trainard illusoire de drop-goals,
contre l'acabit et le train illusionnel de dromadaires,
contre l'abyssin et la trahison illuminante de drôleries,
contre l'abysse et le tragus illogique de droitiers,
contre l'abyme et le tragule illisible de droits,
contre l'abutilon et la tragédie illimitée de droguets,
contre l’abus et le trafic illicite de drogues.

( variante de la méthode Caradec )

Elisabeth Maitre

Des petits dealers
aux tout-puissants trafiquants
ampleur de la lutte

Je combats sans conviction
mes licites addictions

Jacqueline Morel

Comme loups féroces
Horde farouche dévore
Innocentes proies

( collier )

Alexandre Carret

Boudeuse, ell’ laiss’ dès
Le soir dans les boudoirs des
Bouts de LSD.

(presque-holorimes des 1 et 3)

et

Drogué au mot.
Réduisez vos haïkus
Dit mon docteur.

Quel effort
Petit à petit
Je m’en sors.

Le soir
mots = maux
Dix fois

Mots
Je vous hais
?
…
?
… me

J’ai craqué. Des mots :
Paradis artificiels
Et poussières d'ange.

Et tant qu’à faire un tanka,
Mots, venez, dans mes bras !

( tanka précédé d'une sorte de boule de neige fondante de haïkus )

Noël Bernard-Talipo

Facile, le cri du ballet de titis rogues.
Tact, s'il guérit, décale d'îles le fourbi.
Lit sec. Ait clé l'astre fidèle du gourbi :
L'abus et le trafic illicite de drogues.

( alexandrins anagrammatiques )

27 juin – Journée des lunettes de soleil

Bernard Maréchal

Pour tout voir au loin
Sans amoindrir nos visions,
Portons nos lorgnons.

Chaussons nos gros hublots noirs,
Pour noircir nos jours trop clairs.

( tanka et lipogramme en E )

Nicolas Graner

Le temps est nuageux
Un homme courageux
Léger s'envole
Arrivé dans les cieux
Il en prend plein les yeux
Et dégringole

Soleil pâli, visera ciel. Lunette nulle ! Icare, si vil, a plié l'os.

( palindrome )

Alexandre Carret

Lunettes de soleil
Soleillettes de Lune
Etoilettes de Vénus
Lunette d’étoilettes

( calembour )

et

Assistant au coucher de notre Astre solaire
Est venue jusqu’à nous une vague rumeur 
Il passerait nuit blanche en d’autres hémisphères
Lunettes de Vénus et toilette arc-en-Terre
Il danse et sous son orbe, on chante Night Fever
La Tequila Sunrise illumine son verre.
Dans la barque, au matin, on attend sa lueur
Elle tarde à pointer. Inquiet, on espère.
Soleil, Ami, Brillez pour nous, pauvres pêcheurs.

Elisabeth Maitre

Assombrir le monde
baisser le rideau du ciel
offense au soleil

Mettons fin aux ternissures
À bas verres et montures

Jacqueline Morel

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est hemeromeride-jacqueline-morel-27-6-21.jpg
( calligramme )

Noël Bernard-Talipo

Ô gredin soleil
T'observions : périt l'oeil.
Sombre idole, ris !

L'homme immolé, violé,
S'il t'obéit, tombe frit.

( voyelles o,e,i,o,e,i... )

28 juin – Journée du piercing

Bernard Maréchal

Piercing subversif ?
Chantez New York, quidam jaloux !

( pangramme de 43 lettres sur mot-clef )

Elisabeth Maitre

Epeire percée
incisée pincée gercée
crie renie piercing

( beau présent )

Jacqueline Morel

Rencontre magique
Au détour d'un pré
Un corps athlétique
Au grand front frisé

Une grande lyre
Il pointe vers moi
Son anneau j'admire
Il cherche mes doigts

( sélénet )

Nicolas Graner

Se percer les lèvres,
Le nez, le ventre, le sexe,
Est-ce se blesser ?

Trip chic ? Gimmick distinctif ?
Instinct viril primitif ?

( tanka et monovocalismes sur les voyelles du mot-clef )

Alexandre Carret

Peins ce signe perse
Ce singe gris si pressé 
En ce sein percé.

(beau présent sur le mot PIERCINGS)

et

L'oreille percée
D'anneaux, clous et pendeloques
Plus métal que chair

Musée humain, déchirée,
S'ajourant de jour en jour.

et

Piercing tout-terrain
Perforation du front suisse
Petit pont et lobe.

( Match France-Suisse )

Noël Bernard-Talipo

Paréo ! Canga !
Peur : ça n'a guépière aucune.
Guipure au cou. Ange.

( consonnes p,r,c,n,g,p,r,c,n,g... )

29 juin – Journée de l’appareil photo

Bernard Maréchal

Le petit oiseau
Va sortir de son boîtier
Et te capturer.

Dans mon appareil photo,
Tu seras mon prisonnier.

( tanka sur mot-clef )

et

De
Vos
Sigma,
Fuji ou 
Lumix, à New York,
Branchez quel appareil photo ?

(FIB et pangramme de 54 lettres)

Nicolas Graner

Clic
Clac
Déclic
Et des plaques
Technique argentique
Que le numérique détraque

( Fib )

Alexandre Carret

L’appareil photo
Ne distingue les jumeaux.
La faute aux pareils.

(vers 1 et 3 en anagrammes phonétiques)

et

Une photo d'elle
Dans le plus simple appareil
Est une merveille.

Elisabeth Maitre

Rallier le repaire
là, préparer la ripaille
à pâlir papille

( beau présent sur " appareil "  )

Jacqueline Morel

Tel un sphinx de pierre
Le beau chat gris pose et veille
Clic ! Clac ! Dans la boîte !

( Monosyllabes )

Annie

Tu as ton Leica ?
Super ! Mais retourne toi
regarde Calais.

et

À photo − rythmé
d'espace et de temps − s'oppose
cliché, sans mérite.

( deux médailles )

Noël Bernard-Talipo

   appareil photo    caméra stylo
                rush

 projecteur diapo    lecteur cassette
                toile

               soif de
             découverte
               droit à
               l'image
                grand
                frère


surveillance vidéo  reconnaissance faciale
                data


( petite morale élémentaire portative )

30 juin – Journée internationale des astéroïdes

Bernard Maréchal

Des astéroïdes ?
Astres tristes et déserts,
Trésors dérisoires.

Des artistes irradiés ?
Sottes et torrides stars.

( tanka et beau présent sur mot-clef )

Nicolas Graner

Ci-gît mon égérie.
Si pâle, ma métisse
à l'iris hébété,
si belle dès l'aurore
dans sa veste à l'été,
dort ici. Lâchez-y
ses récits de fortune :
« J'eus nom Ursule alors
que j'étais Miss Europe,
jeune aux mines géniales,
à l'audace pas lasse... »

( chaque ligne fait entendre le nom de deux astéroïdes parmi les 37 plus grands de la ceinture principale : Hygie Égérie / Palma Métis / Iris Hébé  / Cybèle Aurore / Vesta Aléthée / Doris Lachésis / Cérès Fortune / Junon Ursula / Thémis Europe / Eunomie Eugénie / Alauda Pallas )

Référence : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_plus_grands_ast%C3%A9ro%C3%AFdes_de_la_ceinture_principale

Alexandre Carret

Ta star oserait
Adorer ta roseraie
Et t'arroserait

(beau présent)

Elisabeth Maitre

Ange Sidéral
Tout En Ronde Orbite Icône
D'Espace Sacrée

( Les initiales des mots successifs écrivent le mot-clé )

Jacqueline Morel

L'astre si doré,
L'ami effaré l'adore.
Phare solitaire

L'âme d'eau, soleil ciré
S'y mire, lascif, docile.

( mots formés avec au maximum phonétiquement les 7 notes de musique )

Noël Bernard-Talipo

érodée tarie
rare terre de désir
erre terrassée

( beau présent )
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Holorimes préélectorales

Gueule de bois des électeur prolétaires. Se voyant plus démunis que des poètes réduits au silence, ils préfèrent briser là et retourner à leurs occupations.

O l’an : de nouveau l’œnomanie fait station
Oh l’an d’eux nous vaut le nome à niffer. Ce tas scions.

Holorimes : lus à haute voix, les deux vers sont identiques.
Peut-être même un troisième sens pourrait-il surgir sans crier gare.
Posté sur la liste Oulipo le 9 janvier 2012

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Oripeaux

Pangramme pour écrivain manchot

Mon joli ko: philo ou yin ?

Un « pangramme pour manchot »  a été proposé sur la liste Oulipo par Jean Roche:
«  Le pianiste Paul Wittgenstein étant revenu manchot de 14-18, divers musiciens dont Maurice Ravel, Richard Strauss, Sergueï Prokofiev, ont composé spécialement pour lui. On a quand même bien dû faire le pangramme pour écrivain manchot ?
WEBER GREFFEZ CE QATAR VERT DE SEXE »
Le 31 décembre 2011 j’ai envoyé en réponse la contribution ci-dessus avec le commentaire suivant:
Pour un autre écrivain manchot (de l’autre bras), amateur du jeu de Go.

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C’est un saccage

C’est un saccage de veines, de thrombocytes et de plaquettes. Il est plongé dans la lypémanie, la hideur et l’hystérie au bord de la démence. Un brusque coup de téléphone et une peur pernicieuse a coupé sa pompe à oxygène jusqu’à l’étouffement. Nets ou diffus, les thrombocytes, lui dit-on, fomentent le figement général de son sang. Contre la circulation de ce fluide s’immiscent de mouvants faisceaux de plaquettes proliférant comme en champagne les bulles. Ses veines s’arc-boutent contre l’afflux sinistre de ce poison que ne vaincront ni l’hématologue ni son hydréa. Ce tourment, il faut le supporter sans espoir. Le venin arrive partout. Ecoutez le gong du soir.

Contribution adressée le 16 décembre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie (décrite comme homosyntaxisme) consiste à remplacer les mots du texte de départ par des mots de nature équivalente (verbe pour verbe, etc.)

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Oripeaux

ananyme anonyme

Nous portions en nous
les nourrissons de demain:
nous sommes des bouffons
car nous cochons des curetons dans vos salons
et ne rejetons
poivrons,
rognons,
marrons,
bières
ni vers des moucherons.

Participation à un « ananyme anonyme » proposé par
Gilles Esposito-Farèse le 18-10-2011.Il s’agissait de composer un texte en utilisant exactement la liste de mots proposée.
La liste des mots était:
bières bouffons car cochons curetons dans de demain des des des
en et les marrons moucherons ne ni nourrissons nous nous nous
nous poivrons portions rejetons rognons salons sommes vers vos

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Oripeaux

transports

âme  intacte
obstinément   refuse  une  amitié   grise
une histoire isotherme épaisse et feutrée
respire
laisse chez elles  les humeurs apaisantes
enfin   déclenche   le   séisme   hurleur
songe
les fleurs des prés se fanent  silicosées
le  milieu  naturel  flingue  le   semeur
le sage
caractère  autrefois  calme  et  généreux
le  crâne   fissuré   gesticule  et  sert
autrement
les aimantes  pensées  recuites  en  fiel
le chêne penchant  sectionne  ses racines
le crépuscule
se glisse ocre linceul
                        ne  rien  confier

Contribution à l’opération « Dis moi dix mots » envoyée le 3 décembre 2012. La liste des mots était âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports. Voici la description que j’en ai faite sur la liste Oulipo:
D’abord, quel est l’intrus dans cette liste de mots ? « transports » car c’est le seul ne comportant pas de « e »: j’en ai fait le titre. Tous les autres mots figurent à raison d’un tous les deux vers.
Ensuite, quel est le PPCA (plus petit commun alphabet) de ces dix mots ? acefghilmnoprstuz
Donc tous les mots de ce texte sont écrits dans cet alphabet, et -sauf le titre- comportent la lettre e.

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Les yeux fermés

Ce qui aujourd'hui se passe en Israël
donne la claire mesure
de ce qu'est devenu le sionisme

J'ai un grand respect pour la religion Israélite
et un intérêt plein d'affection pour le peuple Juif, sa culture bien vivante et ses traditions préservées
mais je condamne le sionisme

Ce qui a pu sincèrement être pensé comme un mouvement de libération
comme l'aspiration à vivre dans un pays de paix et d'amour
comme un rempart contre le racisme antisémite et les agissements les plus noirs envers les Juifs
se présente maintenant comme une entreprise coloniale
comme ce qu'un président français a pu déclarer crime contre l'humanité
comme un régime d'apartheid
dans lequel un peuple entier est plongé dans le mépris l'humiliation et l'asservissement

Les dirigeants français ont édicté qu'être antisioniste
était une forme d'antisémitisme
Ils ont tort
Qu'ils m'emprisonnent s'ils le veulent
mais je condamne le sionisme

Le ministre de l'intérieur interdit
les manifestations à Paris contre les violences israéliennes
Il a tort
car l'histoire se souviendra
des yeux fermés de la France
Pour moi
je condamne le sionisme 

Écrit lors des graves événements survenant en Israël, provoqués par la décision d’établir de nouvelles colonies en expulsant les habitants Palestiniens, et qui font des dizaines de victimes dans la population civile. Ce texte est motivé par l’attitude du gouvernement français dans cette circonstance.

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Un mont qu’on va gravir

Au matin, nous avons un souci:
où voir clair dans la nuit jamais finissant ?
Affliction nous alourdissant,
styx où l'on va croupissant.

Nous avons dû courir sus au dragon.
Nous avons appris qu'inaction n'induit pas toujours paix,
Qu'aussi tous dictats ou notions
sur la signification du mot "droit"
sont parfois loin du bon droit.

Pourtant un point du jour nous sourit
avant qu'on l'ait vu.
Disons qu'on y va.
Disons qu'on survivait dans un pays,
non pas rompu,
mais imparfait.

Nous, fils d'un pays, d'un instant,
Où un souillon au cuir noir,
hoir d'humains mis sous un joug,
qu'avait nourri un cotillon sans mari,
pourrait dans son imagination jouir du pouvoir national,
mais tout au plus discourt pour qui l'a conquis.

Soit, nous manquons d'un poli,
d'un abord parfait,
mais aussi
nous n'avons pas pour but d'aboutir à l'union dans son absolu.
Nous avons pour but d'accomplir l'union sur un horizon.
La construction d'un pays promouvant sans tabou civilisations, colorations,
individus,
conditions d'humain.
Ainsi nous portons nos visions, non sur la situation d'un instant,
mais sur la situation du futur.

Nous proscrivons la division car nous savons qu'afin d'offrir tous atouts au futur,
nous avons d'abord à bannir nos oppositions.
Nous abaissons nos poings
pour ouvrir à tous nos bras.
Qu'il n'y ait aucun tort pour aucun, mais pour tous l'accord parfait.

Qu'un fait au moins soit connu partout :
Autant nous sanglotions, autant nous grandissions.
Autant nous souffrions, autant nous croyions.
Autant nous fatiguions, autant nous risquions.

À jamais tous unis nous irons triomphants.
Non qu'on n'aurait plus jamais à subir un coup dur,
mais on n'ira plus jamais brandir la division.

Un lointain  manuscrit dit qu'un jour
chacun sourira sous son plant aux lourds raisins,
soustrait aux assauts malfaisants.

Si nous voulons agir au diapason d'un si grand jour
nous vaincrons non par poignards brandis,
mais par tous ponts qu'on aura bâtis.
Voilà un jardin à nous promis,
un mont qu'on va gravir,
si nous l'osons.

Car avoir vu jour aux US nous munit,
plus qu'un nom imposant,
d'un passif dont nous nous occupons,
qu'il nous faut assainir.

Nous avons vu la faction s'acharnant à abolir la nation,
plutôt qu'à s'y unir.
Ourdissant la mort du pays, par un coup brutal au pouvoir civil.
Un plan qui a failli aboutir.

Pourtant, si tout pouvoir civil subit parfois un coup brutal,
jamais n'y saurait choir un coup fatal.

Voilà un fait sûr,
nous y croyons dur,
car nous qui nous tournons au futur,
savons l'historial miroir nous tournant un tain pur.

Nous voici au jour du rachat.
Nous pâlissions au jour prochain.
Nous nous trouvions mal instruits
pour pourvoir à un si poignant instant.

Mais par lui nous fut fourni
qu'un opus original soit accompli,
nous offrant horizons, ris.

Alors qu'avant nous voulions savoir :
aurons-nous jamais trait sur la tribulation ?
aujourd'hui nous affirmons :
jamais la tribulation n'aura trait sur nous.

Nos pas n'iront point au sort qui fut,
mais nous irons au sort qui va s'accomplir :
un pays coti mais intact,
compatissant mais hardi,
insoumis, affranchi.

Nous n'avons ni à fuir
ni à faiblir sous l'intimidation
car nous savons qu'inaction ou stagnation
sont la dot qu'auront alors nos gamins.
Pour tout faux pas,
subiront fort poids.

Mais voici un point clair.
Ajoutons l'aidant à l'adroit,
l'adroit au bon droit :
l'amour formant alors la loi
va munir nos fils d'un natif droit.

Laissons donc pour toujours un pays
plus plaisant qu'on n'a connu.

Au fur du soupir gonflant mon thorax d'airain,
nous allons accomplir, d'un pays implosant, un pays imposant.
Nous allons accourir du ponant où sont nos monts chatoyants d'or.
Nous allons accourir du pays mohican battu d'un air marin
où fut avant nous combattu pour bâtir la nation
Nous allons accourir du nord aux conurbations cotoyant d'imposants lacs
Nous allons accourir du sud rôti sous un rayon tropical
Nous allons rafraîchir, radoucir, ragaillardir.

Par tout point connu dans la nation,
par tout coin qu'on dit part du pays,
l'humain flot si mouvant si magistral apparaîtra
contus mais magistral.

Au jour naissant, nous jaillirons hors la nuit,
brûlants, hardis.

Un clair matin naît à qui nous ouvrons l'huis
car il y a toujours un fanal
pourvu qu'on ait un cran suffisant pour voir qu'il luit.
Pourvu qu'on ait un cran suffisant pour nous savoir lui. 

Lors de la prise de fonctions du nouveau président des États Unis d’Amérique, un poème fut récité par Amanda Gorman. : « The hill we climb »
Il m’est venu, moi qui comme le chantait Nougaro suis blanc de peau, le désir de tenter plutôt qu’une traduction une transposition oulipienne de ce poème. Quelle contrainte choisir pour un tel texte ? J’ai pensé à un lipogramme supprimant la voyelle E, blanche d’après Rimbaud. Le texte original a pour caractéristique un fort usage de répétitions, allitérations, jeux de mots que j’ai essayé autant que possible de restituer.

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Oripeaux

soir avec gong

Etouffant presque, j’arrive dans le vent. Un enfant saute et fait un tonnerre de plus. Des pas dans l’herbe: un homme veut la pluie d’une soudaine abondance. Contre lui asséné, le vent est un bélier dont les coups poussent la pluie. Des fils minces infiltrent ma fenêtre. Le cadre, ce soir, est gris sous les frondaisons. Je fouette. On dirait qu’un tonnerre diffuse de nets éclairs. Avec l’orage, la pluie change. Persistante pluie et tonnerre en coups brusques se dessinent. Une bande dans le vent hurle là haut. Dans quelle lecture se sont-ils plongés sous la pluie, le tonnerre et le vent du soir ?

Contribution adressée le 2 octobre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie a été ainsi décrite sur la liste Oulipo:
Sans modifier la signification, j’ai juste changé le sens

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