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Un mont qu’on va gravir

Au matin, nous avons un souci:
où voir clair dans la nuit jamais finissant ?
Affliction nous alourdissant,
styx où l'on va croupissant.

Nous avons dû courir sus au dragon.
Nous avons appris qu'inaction n'induit pas toujours paix,
Qu'aussi tous dictats ou notions
sur la signification du mot "droit"
sont parfois loin du bon droit.

Pourtant un point du jour nous sourit
avant qu'on l'ait vu.
Disons qu'on y va.
Disons qu'on survivait dans un pays,
non pas rompu,
mais imparfait.

Nous, fils d'un pays, d'un instant,
Où un souillon au cuir noir,
hoir d'humains mis sous un joug,
qu'avait nourri un cotillon sans mari,
pourrait dans son imagination jouir du pouvoir national,
mais tout au plus discourt pour qui l'a conquis.

Soit, nous manquons d'un poli,
d'un abord parfait,
mais aussi
nous n'avons pas pour but d'aboutir à l'union dans son absolu.
Nous avons pour but d'accomplir l'union sur un horizon.
La construction d'un pays promouvant sans tabou civilisations, colorations,
individus,
conditions d'humain.
Ainsi nous portons nos visions, non sur la situation d'un instant,
mais sur la situation du futur.

Nous proscrivons la division car nous savons qu'afin d'offrir tous atouts au futur,
nous avons d'abord à bannir nos oppositions.
Nous abaissons nos poings
pour ouvrir à tous nos bras.
Qu'il n'y ait aucun tort pour aucun, mais pour tous l'accord parfait.

Qu'un fait au moins soit connu partout :
Autant nous sanglotions, autant nous grandissions.
Autant nous souffrions, autant nous croyions.
Autant nous fatiguions, autant nous risquions.

À jamais tous unis nous irons triomphants.
Non qu'on n'aurait plus jamais à subir un coup dur,
mais on n'ira plus jamais brandir la division.

Un lointain  manuscrit dit qu'un jour
chacun sourira sous son plant aux lourds raisins,
soustrait aux assauts malfaisants.

Si nous voulons agir au diapason d'un si grand jour
nous vaincrons non par poignards brandis,
mais par tous ponts qu'on aura bâtis.
Voilà un jardin à nous promis,
un mont qu'on va gravir,
si nous l'osons.

Car avoir vu jour aux US nous munit,
plus qu'un nom imposant,
d'un passif dont nous nous occupons,
qu'il nous faut assainir.

Nous avons vu la faction s'acharnant à abolir la nation,
plutôt qu'à s'y unir.
Ourdissant la mort du pays, par un coup brutal au pouvoir civil.
Un plan qui a failli aboutir.

Pourtant, si tout pouvoir civil subit parfois un coup brutal,
jamais n'y saurait choir un coup fatal.

Voilà un fait sûr,
nous y croyons dur,
car nous qui nous tournons au futur,
savons l'historial miroir nous tournant un tain pur.

Nous voici au jour du rachat.
Nous pâlissions au jour prochain.
Nous nous trouvions mal instruits
pour pourvoir à un si poignant instant.

Mais par lui nous fut fourni
qu'un opus original soit accompli,
nous offrant horizons, ris.

Alors qu'avant nous voulions savoir :
aurons-nous jamais trait sur la tribulation ?
aujourd'hui nous affirmons :
jamais la tribulation n'aura trait sur nous.

Nos pas n'iront point au sort qui fut,
mais nous irons au sort qui va s'accomplir :
un pays coti mais intact,
compatissant mais hardi,
insoumis, affranchi.

Nous n'avons ni à fuir
ni à faiblir sous l'intimidation
car nous savons qu'inaction ou stagnation
sont la dot qu'auront alors nos gamins.
Pour tout faux pas,
subiront fort poids.

Mais voici un point clair.
Ajoutons l'aidant à l'adroit,
l'adroit au bon droit :
l'amour formant alors la loi
va munir nos fils d'un natif droit.

Laissons donc pour toujours un pays
plus plaisant qu'on n'a connu.

Au fur du soupir gonflant mon thorax d'airain,
nous allons accomplir, d'un pays implosant, un pays imposant.
Nous allons accourir du ponant où sont nos monts chatoyants d'or.
Nous allons accourir du pays mohican battu d'un air marin
où fut avant nous combattu pour bâtir la nation
Nous allons accourir du nord aux conurbations cotoyant d'imposants lacs
Nous allons accourir du sud rôti sous un rayon tropical
Nous allons rafraîchir, radoucir, ragaillardir.

Par tout point connu dans la nation,
par tout coin qu'on dit part du pays,
l'humain flot si mouvant si magistral apparaîtra
contus mais magistral.

Au jour naissant, nous jaillirons hors la nuit,
brûlants, hardis.

Un clair matin naît à qui nous ouvrons l'huis
car il y a toujours un fanal
pourvu qu'on ait un cran suffisant pour voir qu'il luit.
Pourvu qu'on ait un cran suffisant pour nous savoir lui. 

Lors de la prise de fonctions du nouveau président des États Unis d’Amérique, un poème fut récité par Amanda Gorman. : « The hill we climb »
Il m’est venu, moi qui comme le chantait Nougaro suis blanc de peau, le désir de tenter plutôt qu’une traduction une transposition oulipienne de ce poème. Quelle contrainte choisir pour un tel texte ? J’ai pensé à un lipogramme supprimant la voyelle E, blanche d’après Rimbaud. Le texte original a pour caractéristique un fort usage de répétitions, allitérations, jeux de mots que j’ai essayé autant que possible de restituer.

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Fugitifs

Hydrea

Ces haikus forment un recueil entrepris lors du début d’un traitement médical toujours en cours, pour célébrer la beauté, parfois la laideur, toujours le ressenti fort de la vie.

monts illuminés
merveilleux sentier de crête
poison dans mes veines

Naves, 30 octobre 2011
feuillage d’automne
la mort voyage avec moi
le TGV file

10 novembre 2011

il goûte une poire
branche pourpre et feu de bois
tiède vent d’automne

28 novembre 2011

c’est un bon maçon
sapin au faîte du toit
musique et bonheur

29 novembre 2011

hydrea la la
rire du diable qui danse
et cligne de l’oeil

11 décembre 2011

fenêtre éclairée
femme de dos gestes calmes
table à repasser

11 décembre 2011

pneus sur le gravier
paix du jardin retrouvé
après le travail

11 décembre 2011

ton rire et la neige
guirlandes au sapin voltent
tes baisers m’envolent

29 décembre 2011

jardin de coton
flocon de neige sans hâte
se pose et tout dort

2 février 2012

vibration qui s’enfle
le train approche du quai
l’enfant s’émerveille

24 février 2012

il vient m’agresser
insultes ragots menaces
le ciel bleu gentiane

6 mars 2012

recru de fatigue
floconneux cœur chaviré
ils comptent sur moi

22 mars 2012

où dansent les filles
où dansent leurs compagnons
au son du clairon

19 avril 2012

d’un coup plus de vent
en plein jour tombe une nuit
et l’odeur d’orage

30 avril 2012

brave ordinateur
confident des rires clairs
des soirs d’agonie

30 avril 2012

manif au soleil
cent drapeaux couleurs volantes
l’enfant bat des mains

1er mai 2012

la mort surgira
d’un hallier d’ombres dorées
souriante et chaude

2 mai 2012

ne dis pas « cancer »
trop de laideur nuit trop noire
juste « prolifère »

2 mai 2012

agoni d’injures
mails d’accusation publique
poire aux saveurs chaudes

18 mai 2012

panne d’internet
tous les voyants sont éteints
roue de vie grippée

26 mai 2012

parfum d’églantine
doux brouhaha de la ruche
caresse du vent

28 mai 2012

dans ses yeux lavés
muet appel en dérive
au bord nos orgueils

28 juin 2012

parfaite et limpide
du robinet se libère
la goutte et s’écrase

4 juillet 2012

soir après la pluie
brume enroulant ses volutes
lourd parfum de terre

17 août 2012

le danseur a froid
les projecteurs ont lâché
un chien dans les jambes

25 août 2012

aux rets du grillage
fleur grisante au chèvrefeuille
fend un grand sourire

8 octobre 2012

seringue en horreur
la foudre envahit ma chair
me ronge et me fouille

21 novembre 2012

mots sur un forum
douleur questions peur qui rôde
paix des mots amis

17 décembre 2012

défilé de mode
visages thermoformés
hanches robotiques

10 février 2013

Monsieur qu’avez-vous ?
Madame c’est un cancer
Hors d’ici, voyou

10 avril 2013

il découvre un banc
près du transfo noir de tags
comment c’est s’asseoir ?

16 avril 2013

jambe ventre gorge
tout est béchamelle froide
va-t’en mouche bleue

17 avril 2013

quand le champ de blé
ondule au vent chaud qui frôle
à ton sein ma paume

7 mai 2013

pommes de Cézanne
trente deux millions d’euros
frais goût des reinettes

9 mai 2013

recrute gendarme
sans condition de diplôme
moralité bonne

Affiche vue ce matin, très peu modifiée
15 mai 2013

en ouvrant les yeux
la lumière sourirait
paupières collées

17 mai 2013

dans la main palpite
la truite qui glisse et volte
un coup sec met fin

18 juin 2013

feuille transparente
dont la nervure s’embrase
au soleil couchant

10 septembre 2013

sous le roc obscur
les stalactites de glace
dansent en pleurant

19 octobre 2013

balayer les feuilles
monter quatre pneus contact
flocons et silence

23 novembre 2013

givre sur la vitre
firmament d’ombre argentée
glace dans le coeur

27 décembre 2013

la pluie souriante
caresse la joue bleutée
lave un peu le sang

12 janvier 2014

son rire est un feu
qui m’inonde de chaleur
souvenir de braises

3 avril 2014

certaines douleurs
verront des enfantements
créons la couleur

26 mai 2014

épi bien serré
haut sur la tige bleutée
long ciel immobile

9 juin 2014

l’aiguille de quatre
égrène les mailles douces
patiente caresse

14 août 2014

J’ai cru voir la mort
Dans le reflet d’une branche
Sur l’étang des ombres
9 septembre 2014
La cendre et le vent
De l’homme qui tue un homme
Eteignent la flamme
17 novembre 2014
C’est l’hiver la neige
Sur ce corps que le sang baigne
Pose page blanche
8 janvier 2015
Déception d’automne
La promesse non tenue
La pluie aux yeux mornes
20 octobre 2015
Au lever du jour
Vent chaud balayant la peur
Ouvre nos paupières
15 novembre 2015
ce n’est pas l’amour
qui fait taire le poète
c’est la balle au ventre
10 février 2016 (anniversaire de la mort de Pouchkine)
je n’ai pas dormi
dans la rue aux senteurs tièdes
j’ai mangé la lune
31 mars 2016
un tyran vainqueur
une ville assassinée
un ciel rouge sang
13 décembre 2016
dans le goudron tiède
arrachés à la montagne
mille éclats s’endorment
1er avril 2017
nous t’avons élu
sans flamme et sans illusion
nous résisterons
9 mai 2017
tu courbes la branche
la cerise au front ému
s’offre et ta main cherche
24 mai 2017
le cercle d’amis
la place que je retrouve
le bon feu de joie
5 septembre 2017
la neige sidère
le désespoir de l’asphalte
et le rêve glisse
1er décembre 2017

9 haïkus perdus, je les recherche.

Théâtre des Bouffes,
Ils ont chanté « On est là ».
France au cœur battant.
17 janvier 2020
l’ombre froide avance
nous recouvre nous sidère
glisse le silence
16 mars 2020
il est interdit
de voler alors je reste
devant mon miroir
24 mars 2020
le masque à ta bouche
pose un duvet de mystère
en songe tu passes
16 avril 2020
Sur ton lit. Sans force.
Tu vas mourir tu le sais.
Nous nous sourions.
19 avril 2020
masque de misaine
miroitement de tes yeux
visage au long cours
20 avril 2020
ne pas espérer
ne plus jamais espérer
ne jamais comprendre
20 avril 2020
un vieux sur un banc 
un banc noir sur un trottoir 
dans le froid du soir
3 mai 2021
Val : là où a vu.
Lova. Ô aval voulu !
La ola vola.
17 septembre 2021
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Positiméride – Archimède

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Archimède

26 mars – 1er Archimède – Théophraste

Ton chien de troupeau
Chérit l'alpe austère.
Court, charge à propos.
Héros sans mystère.

27 mars – 2 Archimède – Hérophile

Haine et rancœur
Parchemins fielleux charme corrompent
Hardi flinguez

28 mars – 3 Archimède – Erasistrate

Elle aurait souri.
Sans tourner la tête,
Le cœur assombri,
Suivrait mort, attraite.

29 mars – 4 Archimède – Celse

Chante la sueur
L'acné la grosseur
Cheveux mal tressés
Chante les gros seins
Corps déliquescent
Car telle est splendeur
Cenelle à mes yeux

30 mars – 5 Archimède – Galien

Goûtant le vin béni
Gobant l'hostie en pain
Grand chapelain s'ennuie

31 mars – 6 Archimède – Avicenne

Au vent qui court je rends bon gré
Ma vie s'incline à son chant frais

( isocèle )

1er avril – 7 Archimède – Hippocrate

Chois, ripes.
Perds trop :
Carreau !
Sang, tripes.

2 avril – 8 Archimède – Euclide

De tous ces loups qui dansaient,
Le plus câlin - fils du ciel ? -
Met d'un croc belle oie dressée
En succulent tian de fiel.

3 avril – 9 Archimède – Aristée

L'amour brisé te rend beau.

4 avril – 10 Archimède – Théodose de Bithynie

Ton chant se fond,
Dépossédé,
Dans le bruit triste,
Cheyenne évincé.

5 avril – 11 Archimède – Héron

Hélé par l'orant
L'homme répond Non

6 avril – 12 Archimède – Pappus

Pied à pied
Pour deux sous
Pieu au poing
Frappe au sang

7 avril – 13 Archimède – Diophante

Dingue ! Idiot pur !
L'homme au chant triste,
Doigts fins, jodhpurs,
Chasse art tantriste.

8 avril – 14 Archimède – Apollonius

faim
passion
illusions
sans fin douleurs

( boule de neige de syllabes )

9 avril – 15 Archimède – Eudoxe

séduit
déçoit
expie

10 avril – 16 Archimède – Pythéas

Ployé, touchai le Grand Saint.
Payai très cher : me chassa.

11 avril – 17 Archimède – Aristarque

marais poisseux
tableau gris
qui fut
mer

( boule de neige fondante de syllabes )

12 avril – 18 Archimède – Eratosthène

Je prends l'air
Tu souris
Trois heures sonnent

13 avril – 19 Archimède – Ptolémée

Porte. Volets.
En murs scellée,
Portant voile,
Ferme le ciel.

14 avril – 20 Archimède – Albategnius

Va libre enfant
Tends le poing
Conquiers
Punis

15 avril – 21 Archimède – Hipparque

Hère impur, portant marque jaune,
Honni, frappé, matraqué, hué,
Chut Juif, pris par la traque en meute.

16 avril – 22 Archimède – Varron

Viendra l'ordre immolant.
Vous, vauriens rayonnants,
Vous saurons peur donner.

17 avril – 23 Archimède – Columelle

Ce soir seul,
Où me lie
Maillon tel

( Cordon tel
qu'au mort seul
linceul lie ),

Sec bois lie,
Soumis tel
Pouilleux. Seul.

( térine )

18 avril – 24 Archimède – Vitruve

Viens vite fier trouvère
Voltigent cor luth viole
Vent dicte rauque verve

19 avril – 25 Archimède – Strabon

Astre errant d'aube au couchant,
Se tenir au bon moment
Sur ta route ? Abandonnai.

20 avril – 26 Archimède – Frontin

Frères qu'on tente à minuit,
Affrontons un trouble instinct.
Souffrons. L'honneur vaut prison.

21 avril – 27 Archimède – Plutarque

Parle peu
Tait la mort
Qui lui vient

22 avril – 28 Archimède – Pline l’Ancien

Par la main d'un zélote ai d'un coup discerné
L'appel qu'insensé lance au noir ce ciel de blancs.
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Oripeaux

jeux sur les digrammes

I

Au vagabond s'ouvrit la cité nourricière
Aima le regard franc et la liberté fière
Ivre d'enfin goûter l'abondance plénière
Posant alors son sac sourit à la lumière

Sut Ur. Ulula « Ta rare tétine ! Ton iris à nu ! L’or ! » Ô nolise son asile.

II

La duchesse aux sabots se croyait des jumeaux
Sa douleur au plus noir théâtre fut semblable
Mêla cent pleurs aux cris simples des animaux
Coupant l'appétit au pauvre ô pleur misérable


« Qu’un né ? » erra, Anne. Elle, en no : « Or réez, zoo à aï inné ! Et tu, un nu un naan n’a addé.

Gilles Esposito-Farèse a proposé sur la liste Oulipo divers jeux portant sur les digrammes (groupes de deux lettres). Le premier, qu’il a baptisé hétérodigramme consiste à considérer tous les digrammes formés d’une consonne et une voyelle pris dans la liste des dix lettres les plus fréquentes popularisée par Georges Perec : ESARTINULO. Il s’agit d’écrire un texte en utilisant une fois et une seule chacun de ces digrammes, dont voici la liste :
se sa si su so
re ra ri ru ro
te ta ti tu to
ne na ni nu no
le la li lu lo
Le premier texte ci-dessus, qui répond à cette contrainte, est précédé de son exégèse, un quatrain d’alexandrins isocèle.
Diverses variantes de ce jeu, un peu analogue aux dominos, ont été proposés. Le second texte s’autorise l’utilisation de tous les digrammes possibles d’une consonne et d’une voyelle, éventuellement avec répétition, mais comme aux dominos deux digrammes successifs doivent se connecter par une même lettre. Là encore l’exégèse est un quatrain d’alexandrins isocèle.
Posté sur la liste Oulipo le 6 mars 2019.

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Le prix de la vie

l’attendrissement

celui qui a
lu qui a ri
ravi de ma
prose aurait-ti
fui ne sais où

je me tords le cou
ne restons pas là
je m’en vais chez toi
à portée de tir
toi mon grand ami

tu m’as tendu la main
tu m’as offert un coup
sans aucun autre rite
l’amitié vint sans mal
ton chat fit le trio

ô douleur est-ce une ortie
brusquant ma douce manie
est-ce un dard est-ce une lame
c’est te voir vider ta coupe
t’étendre et sans fin te taire

aujourd’hui ton chemin m’attire
sur lequel s’ouvre la sortie
irai-je seul irai-je en couple
au royaume exempt de demain
trouver l’or caché sous l’émail

Le 25 janvier 2017 est mort Harry Mathews, un des membres de l’Oulipo. HM avait écrit une sextine à anagrammes croissantes intitulée « L’agrandissement » qu’on pourra trouver par exemple dans l’Anthologie de l’Oulipo de Marcel Bénabou et Paul Fournel. Pour un modeste hommage j’ai pensé à une quenine à anagrammes croissantes.
Posté sur la liste Oulipo le 28 janvier 2017.

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Journal 2012

<–   —– Journal —– 2013 –>

26 décembre: Lendemain de fête…  La Vertu vaincue par le Vice, une pièce un peu fofolle en forme de Belle absente

20 décembre: Jour de fin du monde ! Pour célébrer ça, « Belle fin » un petit poème de circonstance (en forme de Bel absent)

5 décembre: Le fest-noz est inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité par l’Unesco ! Une petite pièce dans la forme mise en honneur actuellement par Annie Hupé sur la liste Oulipo, pour m’associer à la joie des Bretons:

1er décembre: Un bon anniversaire à Nicolas Graner !
En son honneur, un nouvel opus de la BLO (Bibliothèque Liste-Oulipienne) a été réalisé: BLO 16
Saluons Gilles Esposito-Farèse, qui a impulsé la réalisation de ce bel ouvrage collectif.

20 novembre: Journée mondiale de l’enfant. Un poème pour la circonstance a été mis en ligne « traits d’union« , contribution sur le site consacré aux journées mondiales.

10 Novembre: Le site Talipo a enregistré sa millième visite.
Pour l’occasion « El vino de cosecha » un poème dans la lignée des variations sur le poème de Gérard de Nerval El Desdichado, exercice cher aux Oulipotes (voir les trois cent réécritures réunies par Nicolas Graner)

<–   —– Journal —– 2013 –>

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Twittérature

Positiméride – Aristote

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Aristote

26 février – 1er Aristote – Anaximandre

Baissent la voix dimanche,
Au chant du prêtre,
D'ardents agneaux s'immolant.
Sang des frères.

27 février – 2 Aristote – Anaximène

La nuit la faux immense avance
Au chant affreux qu'aime répandre
La nonne aux yeux qui montrent l'enfer

28 février – 3 Aristote – Héraclite

Hautes tours,
Grand conseil,
Triste nef.
Chaînes, fers,
Rats, couloir.
Gibet. Nœud.

1er mars – 4 Aristote – Anaxagore

Bannis la paix
Au poing comprime
Manants sans voix
Par sang gouverne

2 mars – 5 Aristote – Démocrite

Dans l'eau morte où courent truite et ver
Dort blême un doux chanteur victime d'un dément
Son chant pur tintait hier

3 mars – 6 Aristote – Hérodote

Chômeur
Perd droit
De froid
Tout meurt

4 mars – 7 Aristote – Thalès

Torchons vaisselle seaux
Tâches au long des faims
Touchons là seul le sens

5 mars – 8 Aristote – Solon

Seul
Ô lune ô nuit
Sans solution
Rien

6 mars – 9 Aristote – Xénophane

Beaux enfants
Vous péchez
Crânement.
Doux et grands,
Vos penchants
Magnifiés.

7 mars – 10 Aristote – Empédocle

Être emporté dans l'obscure allée
des temps précédant l'oscillant heurt,
et comprendre des morts ce lent jeu.

8 mars – 11 Aristote – Thucydide

Trichait moult
Croyait Dieu
Aidait peu

9 mars – 12 Aristote – Archytas

Au vrai ces hippys m'ont appris la force. Ai choyé tant d'amours sans crocs cachés. Y vit l'art frais.

10 mars – 13 Aristote – Apollonius de Tyane

J'ai parfois l'air fol
Comme un oiseau sidéré
Troll fuyant nos dieux

11 mars – 14 Aristote – Pythagore

Ployer
Tricher
S'aigrir
Tordre
Et puis zyeuter l'homme au grand cœur : horreur !

12 mars – 15 Aristote – Aristippe

J'ai gravi ces monts
Grimpé
Passé par d'horribles sauts
Impréparé
Las transi
Sentis ciel m'appeler

13 mars – 16 Aristote – Antisthènes

La nuit tombait
Sur ton chant
Et nos espoirs

14 mars – 17 Aristote – Zénon

Zone
De
Non-
Droit
Fin

15 mars – 18 Aristote – Cicéron

C'est ici qu'errait, zonant,
Ce fricoteur trop connu.
Ça picole et prend nos ronds.
Couic ! Ici, tel drôle, on pend.

16 mars – 19 Aristote – Epictète

Repenti, contrit,
Me traîne à tes pieds.
Mie, comment retrouver
Le précieux creuset de tes yeux ?

17 mars – 20 Aristote – Tacite

Tu pars
Ce soir te prend
Tu pars ce soir
J'attends

18 mars – 21 Aristote – Socrate

Sous nos croix sourd la terreur.
Sabre occira pâtre et gueux.
Seul boit ce prêtre au saint cep,
Seul, droit, ce roi chasse et prend.

19 mars – 22 Aristote – Xénocrate

aux temps ensorceleurs j'attends seul

20 mars – 23 Aristote – Philon d’Alexandrie

pencherai le dos
pendrai frac lyre et sextan
endurerai fers

21 mars – 24 Aristote – Jean l’évangéliste

juges damneurs
lèvres violant
d'anges l'élan
tristes tueurs

(isocèle)

22 mars – 25 Aristote – Justin

Joyeuse, trop vivant,
Jusqu'au soir m'attristant
Jalousais tes frissons.

23 mars – 26 Aristote – Clément d’Alexandrie

Cellule m'enfermant,
Ton froid glacial m'est doux.
J'attends, dingue orgueilleux.

24 mars – 27 Aristote – Origène

« Noir ! Noir ! Noir ! » gueulent en chœur.
Tous trépignent, vénéneux.
L'honneur gît, gorge nouée.

25 mars – 28 Aristote – Platon

Perles à ton cou brun
Pâle éclat te moirant
Appel dansant d'or nu
Pour bel amant t'orna

(isocèle)
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Twittérature

Positiméride – Homère

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Homère

29 janvier – 1er Homère – Hésiode

Phalènes vifs, ondoyeux,
Hadès servit vos desseins.

30 janvier – 2 Homère – Tyrtée

Tout tyran naît d’Éden,
Suit l’Hydre, voit l’Enfer.

31 janvier – 3 Homère – Anacréon

L’amant
Caché,
L’archer
Dormant.

1er février – 4 Homère – Pindare

Pétrirons des farines
Plein cuirons de pains d’orge
Parmi nous de grands rires
Puis irons droit au prêtre
Pour signer doux mariage
Petit monde aimant rêve

2 février – 5 Homère – Sophocle

Sois fort, percheron, cheval fier.
Dans ton pas, charroi court, valse,
Sillon penche, au sol croît le blé.

3 février – 6 Homère – Théocrite

Tanches et loches, rondins, truites,
Ont hanté nos clairs rus : dites-le.
Tachés de noir, secs, morts, l’air et l’eau.

4 février – 7 Homère – Eschyle

Drossa, clochant, yole à sec.
Vieux s’y cacha. Y logeait,
En sa couche au nylon bleu.

5 février – 8 Homère – Scopas

Sois scorpion. Pique aux pieds.

6 février – 9 Homère – Zeuxis

Zygène aux beaux noirs sang.
Zèle amoureux. Poison
Chez teigneux expirants.

7 février – 10 Homère – Ictinus

Ici tu vins sans ruse.
Ici tout rit sans soucis.
Ici ta reine d’un soir.

8 février – 11 Homère – Praxitèle

Pour rien, à deux mains, tue l’élan fier.

9 février – 12 Homère – Lysippe

Les cygnes si purs passent
Les lyres loin s’appellent
Vieille yeuse fripée penche

10 février – 13 Homère – Apelles

J’ai peint les belles
Et les grands.
Puis en l’oubli versai.

11 février – 14 Homère – Phidias

Peur choyai,
Dédain baisai.

12 février – 15 Homère – Esope

Le soir mort passe.

13 février – 16 Homère – Plaute

Par les champs sœurs trottaient
Perles au cou tintaient
Parlaient aux vautours dieux
Paix là-haut outre obvieux

14 février – 17 Homère – Térence

Tout est repentance et deuil.

15 février – 18 Homère – Phèdre

Pencher, ne dire rien.
Puis, honteux d’être en vie,
Prêcher l’heur de ramper.

16 février – 19 Homère – Juvénal

Jour nouveau.
Le mont pâlit.
Juste ouvre le vantail bleu.
Jumeaux, vont meuglant, ballant, joueurs, veaux.
Le grand aigle jouit du vide, en long ballet.
Jeu du vent errant dans les joncs où vit l’enfant sans loi.

17 février – 20 Homère – Lucien

Il peut choisir les vins
Il peut courir les sprints
Les sourcils bien peignés
La bouche où brillent dents
Lance un clair rire franc
Lorsqu’on chute il tue net

18 février – 21 Homère – Aristophane

Bâtardise :
Ethno penche,
Marchandé
Par surprise.
Ton sort : planche
Dans clandé.

( en souvenir de l’Oulipien de l’année 2020 )

19 février – 22 Homère – Ennius

L’ennui naquit du gris
Et donc sans illusions
Jetant fond d’infusion
Tâtant nos vins souris

20 février – 23 Homère – Lucrèce

Il fut courageux, cabré.
Le fou ! Crut frères crânes.
Il eut carrière écrasée.

21 février – 24 Homère – Horace

Héros j’errai crâneur.
Haine ! Orage au carré !
Haut mon drapeau campé,
Haut viols, peur, sang, crocs, feu.

22 février – 25 Homère – Tibulle

Ton vin bleu soûle le vent

23 février – 26 Homère – Ovide

Où vais ?
Fil de l’eau.

24 février – 27 Homère – Lucain

La peur chante au divin
L’amour court au vivant

25 février – 28 Homère – Virgile

Vint l’hiver. Long silence.
Vêtit grège cilice
Vigie borgne et frileuse.

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Positiméride – Moïse

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Moïse

1er janvier – 1er Moïse – Prométhée

premiers sons
mots d’enfant
chants légers

2 janvier – 2 Moïse – Hercule

Chut ! Le rat court sous l’évier.
Chat, rêveur, croque le vent.
Hâte recule au cellier.

3 janvier – 3 Moïse – Orphée

Nos corps proches
Sens et soufre
Penchent l’éden

4 janvier – 4 Moïse – Ulysse

Nous ployons sous les hiers.

5 janvier – 5 Moïse – Lycurgue

Loyal cercueil
Range nous bien

6 janvier – 6 Moïse – Romulus

Par moments ulule au soir
Noir sous l’embrun
L’oiseau seul

7 janvier – 7 Moïse – Numa

Noir brun mat blanc
Nos peaux mêlant
Insoumis
Grands

8 janvier – 8 Moïse – Bélus

Brune glaneuse
Boit délicieuse
Belle eau pleureuse

9 janvier – 9 Moïse – Sésostris

Sans penser
Corseté
Trouve issue

10 janvier – 10 Moïse – Manou

Mangeai mon porc cru
Mirai mon corps dru
Massai ton dos nu

11 janvier – 11 Moïse – Cyrus

Crayon noir trousse
Choyés vers qu’on sut
Clercs tyrans fusils
Cours
J’y retrouvais ces lyres moussues

12 janvier – 12 Moïse – Zoroastre

Zéro
Cercle
Où l’absence
Est cernée

13 janvier – 13 Moïse – Les druides

Lents fleuves
Dériveurs
Vides de sens

14 janvier – 14 Moïse – Bouddha

Buvons au dieu des uhlans.
Bel obus fond, déchirant.
Baroud fou ! Dindons chantants !
Bois, sol, un muid : drèche sang.

15 janvier – 15 Moïse – Fo-Hi

Foi
Croix
Chair
Vin
Fais ton chemin

16 janvier – 16 Moïse – Lao-Tseu

Il va honteux, seul et nu.

17 janvier – 17 Moïse – Meng-Tseu

Mon coeur sanglote au soir venu.

18 janvier – 18 Moïse – Les théocrates du Tibet

Le ciel se tachait
L’écorce craquait
Tout le soir déchu
Tremblait blême et tu

19 janvier – 19 Moïse – Les théocrates du Japon

Les vents sont trop chauds,
Le sol crie  » rideau ! « 
Triste sol dragué,
Jaune, âpre, rogné.

20 janvier – 20 Moïse – Manco-Capac

L’homme avance droit,
Croyant, portant croix.
Mort, à son canon,
Cueille ample rançon.

21 janvier – 21 Moïse – Confucius

Corps souffrant.
Froid au cœur.
Lit. Sueurs.

22 janvier – 22 Moïse – Abraham

L’arbre est fier.
Lâche ma main.
J’abhorre branches, ramure.
S’abattra ma hache.
À mort !

23 janvier – 23 Moïse – Samuel

Sur la mer
Vu l’envol
Des amants
couple fol

(isométrie)

24 janvier – 24 Moïse – Salomon

Soir chaud
Lampions
Maillot
Bain
Restai là comme un oursin

25 janvier – 25 Moïse – Isaïe

Plaisants, sadiques,
Puissants salirent.
Poings serrant, rire,
Disait la fille.
Printemps s’abîment,
Hivers lapident.

26 janvier – 26 Moïse – Jean-Baptiste

Jour cédait.
Nuit boudait.
Petits riens.
Soif, terriens ?

27 janvier – 27 Moïse – Haroun-al-Raschid

Chaland gourd
Dos qui s’en va
Longs roseaux bleus
Couché j’ai froid

28 janvier – 28 Moïse – Mahomet

Meurs caché ou meurs présent,
Meurs casher ou meurs flétri,
Meurs athée ou meurs dévot.

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Positiméride – Bichat

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Bichat ainsi que des deux jours spéciaux de fin d’année.

2 décembre – 1er Bichat – Tycho-Brahé

Tu t’y couchas,
Sombre, amer,
Lâche et seul.
Et, synchro,
Chut l’oubli.
Restas, charmé.

3 décembre – 2 Bichat – Halley

Have allait seule en yawl
Hagards cillaient ses yeux

4 décembre – 3 Bichat – Varignon

Va au travail gagner ton pain.
Va sans rechigner, sans grogner.
Vends ta chair. Signe ton coupon.
Viendra l’or froid, legs insolent.

5 décembre – 4 Bichat – Jean Bernoulli

Je mets à nu
Belle huître
Ton corps au
Lilial grain

6 décembre – 5 Bichat – Roëmer

Sournois
Le mal dernier

7 décembre – 6 Bichat – Sauveur

Sa main s’ouvrit et tout rit

8 décembre – 7 Bichat – Galilée

Globe au bleu vilipendé,
Girant, l’astre ailé se perd,
Gluant floc d’huile et de bren.

9 décembre – 8 Bichat – Harriott

Hymne affreux trahison totem
Théâtre grandiloquent
Tout chiera
Ruse orgueil bonté rut
Hélas rien n’arrive où tout fuit

10 décembre – 9 Bichat – Fermat

Fermerai mon manteau
Coifferai mon calot
Face au fer menaçant
Fuir sera mon salut

11 décembre – 10 Bichat – Poinsot

Partout vais en sifflotant

12 décembre – 11 Bichat – Monge

Mon port langoureux
Mon or dangereux
Mon corps strangulé

13 décembre – 12 Bichat – Daniel Bernoulli

Dans la nuit
Rit le loup
Biche court
L’inconnu
Veille et sait

14 décembre – 13 Bichat – Joseph Fourier

Jeune oiseleur
Prend harfang
Homme heureux
Oiseau mort

15 décembre – 14 Bichat – Newton

Chant déwatté, poignant,
D’un vieux clown tristounet :
Un que web vint broyant.

16 décembre – 15 Bichat – Scheele

source enchantée
eau libre
dors
ce chêne effeuille le temps
couche à tes pieds le vent

17 décembre – 16 Bichat – Davy

Dansant, voyait Dieu, bave aux yeux

18 décembre – 17 Bichat – Cavendish

Crois au vent
Prends son doigt
Bois son chant

19 décembre – 18 Bichat – Geoffroy

Garde ton bluff
Fier guerroyeur
Gris t’est offert
L’effroi ployant

20 décembre – 19 Bichat – Bertholet

Brave serf
Ton charroi
Lentement
Bercera
Ta chair pour
L’autre temps

21 décembre – 20 Bichat – Ritter

L’artiste au triste trait portraiturait Éros meurtrissant fruit et fleur.

22 décembre – 21 Bichat – Lavoisier

Il a vu
Tout l’insu.
Puis est mort.
Tel savant
Pourrit sous
Cippe d’or.

23 décembre – 22 Bichat – Charles Bell

Couché
Parasol
Le sable
Les filles
Chahut marin plage sans but
Et l’oubli

24 décembre – 23 Bichat – Stahl et Barthez

Saut !
Tante
chante
haut.

Lot !
Gente
tente
beau.

Grand,
franc,
teste :

Euh…
Peux
zeste ?

25 décembre – 24 Bichat – Bernard de Jussieu

Boire un grand vin,
Manger, dodus,
De juteux rôts,
Sourire heureux.

26 décembre – 25 Bichat – Vicq d’Azyr

Va, suis ce qui dupe. Au raz, t’y perds.

27 décembre – 26 Bichat – Blainville

Bulles au vin neuf
Vieillis plein d’ailleurs

28 décembre – 27 Bichat – Morgagni

Miroir borgne
Gangue sans tain
Mon corps rougi
Tangue sans fin

29 décembre – 28 Bichat – Gall

Galant, l’élu
Gai, parlait, lent.

30 décembre – Jour complémentaire – Morts

Ma mort :
porte ?
ou puits ?

31 décembre – Jour additionnel – Saintes femmes

Se mariaient
Telles des fées
Et comme heureuses

Se sacrifiaient
Tout essoufflées
Les mains miteuses

S’offrant aimaient
Tendresses fiées
En femmes preuses

S’émancipaient
Nuits persiflées
Fermes meneuses

Soudain vivaient
Terreurs soufflées
Des temps moireuses