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Héméroméride – octobre

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois d’octobre.

1er octobre – Journée Mondiale du chocolat

Bernard Maréchal

Papa fait du chocolat,
Petit frère a picolé,
Maman cuit du brocoli,
Grand-père est un rigolo,
J’aime mieux les Figolu ®.

(babebine sur le mot-clef)

Elisabeth Maitre

Toto attacha
Lola, hala cachalot,
cacha cacao

( beau présent )

Annie

Lasagnes à l'artichaut
Copieux panier d'abricots
Chaud-froid de pommes "gala"

( acrostiches inverse à gauche, direct à droite )

Jacqueline Morel

Tentation exquise
Mille délices subtils
Désir assouvi

( gâteau d'anniversaire : un I -la bougie- dans chaque mot )

Alexandre Carret

Chaque holà alla au choc :
- Hola, Cash ! Cache à l’eau la kalash ! 
- Allo Chacal, le Cachalot la cale au cachot.
- Coche là-haut ! Le chocolat à l’eau choque.
- Chaud chaud, Coco, là, lâche au col !
- Ah ah ! Le chat colle la coke au cola à la chaux.

Ariane Musarde

En tasse bien chaud
Après le cocorico
L'aube l'avala

Jacqueline Jacquadit

Si bis apéro à cacao, repas Ibis !

( palindrome )

Noël Bernard-Talipo

Le patron n'admet pas qu'au pastis on préfère
Un noir breuvage au lait qui ronge l'intestin.
D'une voix de flûtiau Panisse un peu tempère
Son ami dont le fils est parti ce matin.

   Rasé, cria : 
   « Té, chocolat : nitro net ! » 
   Ténor tinta l'oc : 
   « Oh cet air, César ! »


( palindrome )

2 octobre – Journée mondiale du sourire

Bernard Maréchal

J’aime ton sourire,
Ma souris pince-sans-rire.
Je le dis pour rire…

Car tu sais, pour un sou, rire.
Je t’aime pour ton fou rire.

(tanka sur mot-clef)

Elisabeth Maitre

Par ton Sourire Offre
Un Répit Inattendu
Ravivant Espoir

( acrostiche de lettres par mots )

Alexandre Carret

           Elle me   soutire
Un bien trop triste  sourire
        Qui la fait  souffrir.

   Je recommence et  soupire
    Trop de peine à  assouvir.


( prosonomasie )

Jacqueline Morel

Sous le rire : joie
Sous le rire : moquerie
Sous le rire : larmes

( anaphore )

Ariane Musarde

Oser risée sue
User sûre ruse sœur 
Sourire rosé 

( beau présent )

Annie

Quel petit rongeur court dans l'herbe ?
Souris verte

Passant par là qui est surpris ?
Le chat gris

Qui attrape-t-on par la queue ?
L'un des deux

Le dernier vers conte une perte
Buvez à tire-larigot
L'huile et l'eau, tout chaud l'escargot
Le chat croqua la souris verte

( ovillejo )

Noël Bernard-Talipo

sombre ? - aigreur
noir ? - rogne
profond ? - colère
sépulcral ? - rage


sourd ? - ire


( chicago )

3 octobre – Journée des virus

Bernard Maréchal

Voici le virus !
Il me garnit de mucus,
Remplit mes sinus.

Un beau corona virus,
Sans bruit, ça frappe au plexus.

(tanka acrostiche)

et

Quand je les chauffe au gaz, peste ! Gare aux microbes
Que je fauche, velus, beaux, merdes pathogènes !
Mon chef maudit veut bien que je les gaze un peu.
Je vois les gaz lâchés de cinq captifs microbes.
Jetez grand wok vichy ! Piquez le faux microbe !

( belle absente )

Alexandre Carret

Je chope un virus
Bloqué au paddock, je tweete :
Zyklon ou faux-mages ?

( haïku-pangramme )

Annie

Les virus ? Sur les virus je n'ai rien à dire.
Le virus confine au logis
Sourire masqué, c'est permis.
Les vaccins ? Sur les vaccins je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Elisabeth Maitre

Vaurien Intrusif
Ravageur Universel
Satané virus

( acrostiche de lettres par mots )

Jacqueline Morel

Comme un leitmotiv
Tourne à l'infini
L'annonce d'un grand danger
Sombre espoir déçu
De vivre de meilleurs jours

( HOG – télostiche )

Noël Bernard-Talipo

Suivis Sirius :
Vis urus, sur ru ! Suri.
- Ris si suis si sûr.

( beau présent )

4 octobre – Journée Mondiale des animaux

Bernard Maréchal

Veaux, agneaux, chevaux,
Nous aimons les animaux,
Gigots et cuisseaux.

Mais quand l’animal nous mange,
C’est bizarre, ça dérange.

(tanka)

Annie

une souris rose
conserve en son cœur
un moineau morose
un vanneau rêveur.

une souris noire
venue s'aérer
conserve en mémoire
un âne rusé.
 
incarcère en vain
un croco maousse
un saumon commun
un murex carmin
un morse amusé
avec son ivoire
en rien ne va croire
ces vers arrosés 

Elisabeth Maitre

Manu, mini nain
mima ma maman, mina
Max, iman ami

( beau présent )

Jacqueline Morel

Vite se cacher !
La ronde du prédateur
Menace, farouche

Art inné, dissimuler
La nuit luit, ombrageux flux

( primitive du mot « animaux » dans le dernier vers )

Gérard Le Goff

Les animaux vivent
Au sein des gros dictionnaires
Pleine liberté

Ils vont de fables en contes
Éléphants loups et cigales .

Alexandre Carret

             ஐ MENU DU JOUR ஐ  
                     ღ
     ஐஐ    Foie gras d’éleveur   ஐஐ
     ஐஐஐ Cuisseau de chasseur  ஐஐஐ
       ஐ     Cervelle de PDG.     ஐ
                    ღღ

Ariane Musarde

Renard alléché 
Cigale enchantée l'été 
Animaux perchés 

Noël Bernard-Talipo

L'animal savant
Traversa l'arceau flambant,
Dansa, salua.

Parada le saltimbanque.
Partant l'encagea.

( deux "a" par mot d'au moins 2 syllabes )

5 octobre – Journée Mondiale des enseignantes et des enseignants

Bernard Maréchal

Insensé,
Satan entêté,
Si tes enseignants te saisissent, 
Tes agents nantis, gâtés, étatisés, saignants, 

Sans gaieté
Et niant ta tête,
Et si tes enseignants te saignent, 

Agissants,
Enseignants gagnants, 

Geins assis !


(adresse à un ministre et bigollo en beau présent)

Annie

Les enseignants et enseignantes ? Sur les enseignants et enseignantes je n'ai rien à dire.
L'amour entre ombre et oubli
le savoir niche dans les plis.
Les concours ? Sur les concours je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Jacqueline Morel

En pleurant
En priant
En hurlant
En souffrant

En saignant

( chicago )

Alexandre Carret

L’enfeignant, en feignant d’enseigner, enfreint l’ancienne insigne.
L’enfant enseigné n’en sait néant.
C’est en enfer qu’on enferme un enfaignant fainéant.
C’est en saignant qu’on encense un seigneur.
C’est un fait.

Noël Bernard-Talipo

L'enseignante et l'enseignant
Au soir quand la mi-nuit tinte
Quand du froid souffle la plainte
Lisent encor d'un œil clignant

La mouche tourne et brondit
Dans la clarté monotone
Le stylo rouge griffonne
Biffe la faute et le mal dit

L'un soudain lit oh bonheur
Un devoir pure merveille
Bon comme jus de la treille
Fatigue fuit chante son cœur


( clotilde )

6 octobre – Journée mondiale de la paralysie cérébrale

Bernard Maréchal

Jeux de geek chétif ?
Paralysie cérébrale ?
Moquez-vous, swinguez.

(pangramme de 52 lettres)

Elisabeth Maitre

J'ai la matière grise
qui est au point mort
les neurones en crise
interdits d'efforts

Y'a eu expertise
sur mon triste sort
et j'ai la hantise
d'être sans ressort

( sélénet )

Jacqueline Morel

Vie anéantie
Flotte en néant abyssal
Le rien infini

Errance intersidérale
D'une étoile évanouie

( Bouts rimés – Utilisation des rimes des mots-clés )

Jacqueline Jacquadit

Idées englouties
Paralysie cérébrale 
Vivre est un naufrage.

Remède ? L 'océan n'a école de mer !

( palindrome )

Noël Bernard-Talipo

pourquoi donc
ainsi trouble
rompt bonheur
autour naître
lenteur plomb
y noient jour
seul lourd va
iodlant saoul
esprit sombre

( isocélisme et double acrostiche )

7 octobre – Journée mondiale d’action pour le travail décent

Bernard Maréchal

Pour rendre décent
Le travail, cette torture,
Ce mot indécent,

C’est la lutte à cent pour cent :
La grève sans fioriture.

(tanka sur le mot-clef)

Jacqueline Morel

 ( girondeau )

Alexandre Carret

Travail des enfants,
Travaille ! Descends à la mine !
Travail des sans-dents

Travail des cent pas perdus.
Travail décent ? Pas à moi !

( explicitation :
Travail décent -fants
Travail décent dans la mine
Travail décent dents

Travail décent pas perdus
Travail décent ? Pas à moi ! )

Annie

ici la terre avilie
la vie étrécie,
trace dévalée
ici l'ancre, le cratère,
ici le cercle de l'activité invalide
vite, vite, vite
la trivialité étêtée, cravatée

en vain ce cri, rien n'a retenti

tard attendre
le dernier client -
et -- ventre édenté
crever de ne rien créer ?
ni lait ni vin ni tartine
ni récit ni carte

avertir
dire : rêve d'art
dire : trêve décennale
dire : vacance éternelle
ça vient ? ça viendra ?
décrire ce vert éclat
ce vivre vertical, tête en l'air,
le vrai talent d'être
le ciel étincelle enclin à la cité
l'atelier de tel tendre avenir

l'avertir
il rirait, ivre, écarlate
irait enlacer la crête


( beau présent ) 

Noël Bernard-Talipo

Sans
Sel,
Sans dents,
Le travail
Sans cesse descend.
Cesse le travail, essaie, danse.

( Fib )

8 octobre – Journée mondiale du poulpe

Bernard Maréchal

Du poulpe au polype
Ou du crabe au carcinome,
L’animal fait mal,

Du décapode au cancer,
De la pieuvre à la mafia.

(tanka sur mot-clef)

et

Le poulpe aux yeux d’or
Étire ses huit longs bras
Puis bâille et s’endort.

Cet octopode à ventouses
Roupille au fond, bien pépouze.

(tanka sur mot-clef)

et

Le maître nous fait vérifier
Les mètres pour bien versifier.
Il nous apprend à bien compter,
Pas sur les phalanges des doigts,
Ni sur les pieds, mais dans l’oreille.
« Aujourd’hui c’est le jour du poulpe :
Écrivons lui un beau poème. »
L’octopode, a-t-il huit syllabes ?
L’octosyllabe, a-t-il huit pieds ?
Quand le poulpe vient aux casiers,
Avec deux bras de moins que crabe,
Ton « Octopode » a trois syllabes,
Et quatre pieds l’« Octosyllabe ».
Le jour du poulpe, on n’a plus faim.

Nicolas Graner

Pour bien cuire un poulpe,
On doit préparer son coup.
Un ami a donné ce conseil :
Laissez-le griller un peu,
Posé sur un petit brasero,
Et ne le tournez pas trop.


( acrostiche et télostiche inversés )

Elisabeth Maitre

Poule pelée pue
pullule, pollue le pôle
épopée loupée

( beau présent )

Jacqueline Morel

Tentacule ondule
Poulpe mol
Louvoie, solitaire


(Trident – Envolée : je propose cette contrainte où chaque mot utilisé contient la lettre « l » (aile)

Annie

stoppe ‒ insupportable
impopulaire palpeur !
poulpe palpitant


( deux P par mot )

Alexandre Carret

Je lui gratte le nez. J'étrangle les turbots.
Moi, je ne sers à rien. Je suis le clignotant.
Quand je m'agite ainsi, tout le monde recule.
Je fais ce que je veux car je suis dans son dos.
J'ai trop honte pour dire à quoi je sers vraiment.
J'ai huit doigts pour compter toutes mes tentacules.
Image

et

Dieu Poulpe à Rhodes, aristo, fabriquait une belliqueuse trottinette

( Zeppelin obtenu à partir du vers « Du pôle à Rosario fait une belle trotte » trouvé dans les « 100 000 000 000 000 de poèmes » de Raymond Queneau : DieU POuLpE A RhOdeS, ARIstO, FAbriquaIT UNE BELLiqueusE TROTTinettE )

Noël Bernard-Talipo

Pupille lippu,
Appelé, palpe, papouille
Papale papule.

( dans chaque mot, au moins 1 L, au moins 2 P, pas d'autre consonne )

9 octobre – Journée mondiale de la poste

Bernard Maréchal

Poster une lettre,
Oublier de l’affranchir.
Seller son cheval,

Trotter jusqu’à perdre haleine,
Et kidnapper le facteur.

(tanka acrostiche)

Nicolas Graner

Léo pelote sa pote. Attelée à la télé,
La pétasse, pas lassée, est épatée à sept spots :
L'étape Espelette-Aoste a passé le Lot, les Alpes ;
L'aloès et le pastel ; le Laos et la potasse ;
Les septolets à l'alto ; tel sot people est pâlot ; 
Le Pape et l'apostolat ; le pesto, le sel, les pâtes.
Sa patte posée à plat, Léo se tape la tête.

( beau présent )

Alexandre Carret

Postéropoderez-vous   la    petite   peste ?
Ostensiblement,  elle aura brouillé la   piste
Stendhalorimbaldinienne en croquant la paste.
Tergiversez-vous   encor quant à la   riposte ?
Emberlificoteurs,  scribes  de  palimpseste !

( explication :
POSTE  .... pEste
OSTE ........ pIste
STE ......... pAste
TE ........... pOste
E ........... pSEste )

Jacqueline Morel

Apéro pour potes
- Tu optes pour des grignotes ?
- Des toasts au pesto !

(Anagramme du mot-clé dans chaque vers)

Ariane Musarde

Fait-il vraiment foi
A-t-il un timbre de voie
Ce pli à cachet ?

Elisabeth Maitre

A la poste il stoppe
Topette en poche, il empeste
pastis et pesto
Pèse plis et enveloppes,
poste ses petits paquets

(tanka de mots avec la lettre "p")

Annie

Ose Épépé ! Pose
tes os, tes pots et popotes
oppose épées, épopées.
Épépé, tes potes
poètes, Ésope et Poe .

#héméroméride par Annie ( HOG et beau présent ; Épépé est le titre d'un roman de Ferenc Karinthy et le nom supposé du principal personnage féminin. )

Jacqueline Jacquadit

Attal, le pote de l'apostat pesta :
Pelote ta salle, appâte la, teste la, tâte l'épopée ;
A tes opposés pèle les sens, pète les plots, salope les postes ;
Poste ta potée et ses pelletées !

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Bureau de commandement.
Fidèle à son équipage ,
le cachet faisant foi restante.
Paquet de travail : pilotage d'aiguillage, galène, radio.
Où se trouve la clé de secours ?

( filigrane )

10 octobre – Journée mondiale des soins palliatifs

Bernard Maréchal

Sans soins palliatifs,
Ton papa passait, plaintif,
Finissait, passif,

Sa saison, insatisfait,
Sans assistant apaisant.

(beau présent sur mot-clef)

et

Que penseront ces matafs
S’ils apprennent que Boutef
Était en soins palliatifs ?
Ils se diront « Super ! Tof !
Qu’on l’enterre dans le tuf ! »

(babebine sur mot-clef)

Elisabeth Maitre

Quand on a perdu
combat contre maladie
les soins palliatifs
à défaut d'euthanasie
accompagnent la sortie

et

Pont flottant fila
Tapi, Flo, palot, fait fi
Paola fait flop

( beau présent )

Alexandre Carret

Danse avec la mort,
Vois au-delà des vivants.
A qui souris-tu ?

Nous t’accrochons un instant.
Où es-tu déjà partie ?

Nicolas Graner

Un peu de morphine
Avec un anxiolytique
Et de l'oxygène

Merci pour tous ces tuyaux
Qui t'ont vu partir en paix

(pas de contrainte, juste de la gratitude)

Jacqueline Morel

Bienveillants soignants
Qui soulagent et apaisent
Violentes douleurs

Halo d'or d'amour enlace
Doucement la vie s'envole

Noël Bernard-Talipo

ton visage est creux et pâli
l'infirmière sourit en hâte
par la fenêtre un orme un if

de mésanges concert dans l'if
à ton oeil le monde pâli
glisse sans désir et sans hâte

finis frisson douleur faim hâte
s'efface l'image de l'if
solitaire en ce jour pâli

( terine )

11 octobre – Journée Internationale du coming out

Bernard Maréchal

À la mi-août,
Pour faire un coming out,
Convoque un raout.

Si tu crains le black-out,
Évite le burn-out.

(tanka sur mot-clef)

Nicolas Graner

Vais-je oser le dire ?
Je suis un peu... différent.
C'est embarrassant :

Je n'aime pas les haïkus,
Je préfère les tankas.

Elisabeth Maitre

Ton tonton gogo
connut un mouton mignon
un cocon tout mou

( beau présent )

Jacqueline Morel

Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder
Traînée au banc des accusés
Mélusine ne dira mot

Pour malédiction éviter
Fuir à lune pleine, bientôt...
Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder

( triolet sur le thème )

Annie

Le coming out ? Sur le coming out je n'ai rien à dire.
Si ce n'est pas compris, tant pis
Sans permission sortez d'ici.
L'échappée belle ? Sur l'échappée belle je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Alexandre Carret

Ce matin, ASAP
Je fais mon coming out
Avant la conf call

Trop tard ! Tout ça est has been.
Elvis has left the building.

et

Laid, ce Coming Out à mère 
laisse Com in gOut amer.

( presque holorimes )

Jacqueline Jacquadit

Cogito itou
Où omit un moi mini
Moi gît ou moignon ?

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Ô goût inconnu,
Nuit où tout oignit union,
Tuning inouï.

Incognito ? Non. Mutin,
On commit mot : communion.

( beau présent )

12 octobre – Journée mondiale de l’arthrite

Bernard Maréchal

L’abus du picrate ?
Mon médecin l’interprète :
« Voilà votre arthrite ! »

Peu m’importe, je sirote
Mon rouquin, comme une brute.

(tanka et babebine)

Nicolas Graner

Claire aime l'arthrite,
Marie attire l'algie,
Basile l'angine.

( tous les mots sont homovocaliques )

Elisabeth Maitre

Trahie et haïe,
Rita, atterrée, ira
rire à Tahiti

( beau présent )

Jacqueline Morel

Des prés elle est reine
Peut calmer douleurs et fièvre
Arthrite oubliée

Alexandre Carret

Cette triste artiste de Street Art s’attriste : son arthrite la stresse. Elle tire, contrite, sa tresse qu’elle tisse et trisse de la Street.

Annie

art & rite
rate & rit
traître
titrera
retrait 

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Hier, théâtre thaï.
Hère haï héritait :
Théier, haire, hie.

( beau présent, haïku justifié, un H dans chaque mot )

13 octobre – Journée mondiale de l’œuf

Bernard Maréchal

Blafard, j’ai vu caqueter l'animal, la sphynge.
Mais chut ! Voici qu’il pond. Bravo ! J’avais grand’faim,
J’allais faiblir… Ponds-en vingt-cinq, c'est bien, ma chère.
C’est choquant si je veux d’abord manger la poule ?

(Belle absente)

et

Coco chaud pondu,
Tu vas partout, frais du jour,
Dans un sabayon,

Frit au bacon ou mayo,
Cuit dur, au plat, mimosa.

(lipogramme en [E])

Elisabeth Maitre

Fou futé têtu
ôte tutu et fout feu
fête fut foutue

( beau présent )

Annie

Que vole encor qui vole un œuf ?
c'est un boeuf.

Celui qui vole une banane ?
vole un âne.

Mange-t-il sur le pouce ? à table ?
à l'étable.

Je dis l'histoire véritable
d'un monde agité, terne, éteint
où chacun vaque sans témoin
ni boeuf ni âne dans l'étable.

( ovillejo )

Nicolas Graner

œillades, manœuvres
âme-sœur, cœur désœuvré
nœud œdémateux

œstrus, œuf, fœtus, sœurette
mœurs écœurantes, rancœur

(tanka saturé en œ)

Jacqueline Morel

Là, face à un chêne immense
Ses longs doigts le ciel effleurent
L'œuf à son cou étincelle
Vert sacré, joyau précieux
Fruit des serpents enlacés
Sur la saie immaculée
Alors, un rai lumineux
Le ceint, spirale irréelle
En ce rituel enchanteur
Puis vint le temps de la danse


(Étreinte)

Alexandre Carret

Feule du toit ! Veux
Que morde un laps ! - palindrome -
Que vois-tu de l’œuf ?


( palindrome consonantique)

et

Euphémisez l’oeuf au nid.
Euphonisez l’oeuf au riz.
Euphorisez l’oeuf orbe,
l’euphorbier de forêt,
l’oeuf aux raies d’Euphémie.
Euphémisez.

(Homophonies)

Pierre Lamy

Ohé ! L’œuf à coque
hume bon la belle époque 
et le coquetier.

Le chef d’œuvre de la poule,

ovoïde altier, 
est vraiment sans équivoque,
ubuesquement baroque,
facile à briffer.

À cette œuvre de la poule, 

Cécilia, ma poule,
offre un nid de chou pommé.
qui sent bon la moule.
Un mets vraiment à la coule
et fort bien nommé.

( sonnaïku potenciel irrationnel )

Gérard Le Goff

simple comme cuire un oeuf
pour écrire une texte neuf
un nouveau texte sur l'oeuf
sans transpirer comme un boeuf
c'est exercice de teuf
ça pourrait distraire un veuf
ça pourrait plaire à ma meuf
pour ces quelques vers sur l'oeuf
on doit s'arrêter à neuf

Noël Bernard-Talipo

Sûr, l’œuf
précède
la poule !

- Mais poule
son œuf
précède...

Précède :
la poule ?
ou l’œuf ?

( terine )

14 octobre – Journée Mondiale pour la normalisation

Bernard Maréchal

Langage normal ?
« Noch mal ! » traduit l’allemand.
Un son égal norme.

(médaille)

Nicolas Graner

Allons à l'ISO :
La nation a l'air malsain,
Normalisons-la !

( beau présent )

Jacqueline Morel

Internationales
Santé et sécurité
Obstacle évité

( acrostiche en lien avec le thème )

Annie

labellisation
machinisation
normalisation
opportunation
papautination
quadalisation
robotaisation
servilisation
vibragitation

 dérèglement
  ténèbres

Alexandre Carret

Sud - Bien
Est - Beau
Ouest - Moche


Nord - Mal

(chicago)

et

La menthe, la marrante, lamente l’amarante.
L’amante la rache. La mante l’arrache.
La normale la tire. L’anormal l’attire.

( homophonie )

Jacqueline Jacquadit

Elf, normal eden né d'Elam, ronfle.

( Elf a été le paradis des investisseurs en Iran, d'où ce palindrome )

Noël Bernard-Talipo

Pragois criait non
aux soldats aux tanks à la
normalisation

Jan Palach ton corps flambant
nos brouillards illumina

( lipogramme en E )

15 octobre – Journée internationale des fossiles

Bernard Maréchal

Faire des vieux os,
Attendre au fond d’une strate
Le bon coup de pelle
***
Qui vous donnera la gloire :
C’est tout l’espoir des fossiles.

(tanka sur mot-clef)

Jacqueline Morel

Un être ancestral
Pétrifié et éternel
Mystérieux fossile...

En haut le monde s'affole
Quant à lui, sous terre, il bulle

( babebine )

Elisabeth Maitre

Fille fêlée ose
folle liesse. Fils lésé
effile foie, fiel!

( beau présent )

Alexandre Carret

S’il faut de parfaits
cils faux, là, dans la fausse île
Faits par deux fossiles.

(palindrome syllabique)

Nicolas Graner

D'après la Comtesse,
Les faucons ont des vrais cils,
Et vice versa.

( contrepèterie )

Ariane Musarde

Faucheuse fâchée 
Fossiles furent futés 
Fermement figés 

( tautogramme )

Annie

Les fossiles ? Sur les fossiles je n'ai rien à dire.
Ils sont vieux, sales, enfouis
qui s'intéresse à ces débris ?
Le siphon ? Sur le siphon je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Noël Bernard-Talipo

Sol mol. Cocon clos.
Dors, dors profond. Front, dos, tronc,
mort corrompt ton corps.

( monovocalisme en "os" )

16 octobre – Journée mondiale de la colonne vertébrale

Bernard Maréchal

Cambre-toi, bellâtre :
Fais admirer ta lordose.
Courbe-toi en quatre :
***
Prépare bien ta scoliose !
Ta colonne s’ankylose.

( tanka )

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

t'as une
colonne vertébrale ou pas

on fait 
partie des 
vertébrés, oui 
normalement. ah ça pour sûr.. 
mais comme 
tu dis : 
ui mer non

Elisabeth Maitre

Ce colonel con
colle en coloc' nonce, nonne,
leçon énoncée

( beau présent sur le premier mot-clef )

et

La belle tablée:
tarte et baba, betterave,
rab à avaler

( beau présent sur le second mot-clef )

Jacqueline Morel

                Tête dodeline et crâne
    Là-haut puis ondulent les mouvantes dorsales
                 Où côtes s'arriment
                 Pour enfin rejoindre
                    Sacrum, coccyx

( Rachis – J'ai nommé ainsi cette contrainte car
le 1er vers compte 7 syllabes, comme 7 vertèbres cervicales ;
le 2ème vers compte 12 syllabes, comme 12 vertèbres dorsales ;
le 3ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres lombaires) ;
le 4ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres sacrales et
le 5ème vers compte 4 syllabes, comme 4 vertèbres coccygiennes.)

Alexandre Carret

Ma colonie décolle aux nues
Mon col honni s’acole au nez
Mon colonel me colle au gnouf.
Vers tes bras doux vers tes bralettes.

Annie

La colonne vertébrale ? Sur colonne vertébrale je n'ai rien à dire.
Une colonne qui trahit
Trajane à Rome et à Paris
La place Vendôme ? Sur la place Vendôme je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Nicolas Graner

     Crâne
    cOu
 épauLes
    dOs
bassiN
   haNches
   quEue


( mésostiche )

Noël Bernard-Talipo

court l'oubli souvent
quand le vent effrontément
baratte aile et cœur

( primitive de « colon - ne verté - brale » )

17 octobre – Journée mondiale du refus de la misère

Bernard Maréchal

Le refus ? Sur le refus je n’ai rien à dire.
Est-ce rejet, est-ce déni ?
Est-ce que l’espoir est fini ?
La misère ? Sur la misère je n’ai rien à dire.

Pour Annie ( cf. « L'herbe » de Queneau )

Jacqueline Morel

Les droits humains ?
Misère n'est fatalité
Les droits humains...
Mobiliser tous citoyens
Pour lutter contre pauvreté
Ignorés, bafoués, piétinés
Les droits humains

( rondelet )

Alexandre Carret

- Monsieur, je refuse !
- Soit ! Qu'on stoppe la misère !
- Je vous remercie !

Annie

ferme remède ?
fumée, ruse de délai
faim dresse la rue

se mesurer : mur de fer
se lasser, larmes, rides

( beau présent sur « refus de la misère » )

Noël Bernard-Talipo

je crie ma colère
il refuse la misère
elle hait la faim

nous aurons la main vengeuse
pied nu vous irez rieurs

( accumulation agréable : tous les mots ont même nombre de voyelles et de consonnes )

18 octobre – Journée Mondiale de la ménopause

Bernard Maréchal

Repos assuré
De ton fauve éros masq,
Et dormant, rusé.
***
Très tôt, au dessert, on cause
Ménopause, et on chahute.

(tanka et homovocalisme E O A U E)

Jacqueline Morel

Irritable Terre
A ses bouffées de chaleur
Pourtant, elle saigne

Elisabeth Maitre

N'être plus féconde
ce n'est pas la fin du monde
point ne te morfonde

Alexandre Carret

La Meinau pose 
un décor lourd :
La mène oppose 
Aix à Strasbourg.
Robert y court ; 
la ménopause
de son amour 
l’amène aux pauses.

( homophonies )

Annie

Marie n'avoue pas abuser d'eau
moi je nie l'opéra du saké. 

( primitive de « ménopause » )

Noël Bernard-Talipo

Toi qui veux savoir où je mène,
Suis le cours qui roule mes eaux.
Point de repos. Tête ne pose.

Un jour verras l'astre qui pose,
Au pays où mon flot te mène,
Un reflet vert au ras des eaux.

Alors, s'enfonçant en ces eaux,
Qu'au fond ton sein, lentement, pose
Ce cœur de glace qu'en pleurs mène.

( terine )

19 octobre – Journée mondiale contre la douleur

Bernard Maréchal

D’Épicure à Goethe,
Son absence fait la force
Du souffre-douleur.
***
Faut-il vivre pour souffrir ?
La douleur ne sert à rien.

( tanka sur mot-clef )

Annie

élaguer les arbres
éventrer le sol
arracher les marbres
quelques fleurs au vol

ouvrir des carrières
piéger les oiseaux
fermer les frontières
autant de fléaux

( sélénet )

Jacqueline Morel

Femme échevelée
Poignante vision
Face torturée
Larmes en sillons
Sa bouche est crispée
Son cri silencieux
Douleur déchaînée
Sonne jusqu'aux cieux

( sélénet )

Elisabeth Maitre

Dédé le dodu
le drôle de rodeur erre
ordure rodée

( beau présent )

Alexandre Carret

Ce fou farandoleur
est un beau berdelleur.
A chaque chandeleur,
en pédant pédaleur,
il double des dealers
Tels des souffre-douleurs.

(Rimes sous la forme D_leur)

Noël Bernard-Talipo

Douleur sourd au cou,
Mouvoir nous vaut maux sournois.
Nous faut pieu moelleux.

( voyous liés )

20 octobre – Journée internationale des cuisiniers

Bernard Maréchal

Wok de gâte-sauce ?
Là, popotez-y bien, chef :
J'aime votre queux.

(pangramme)

Elisabeth Maitre

curer écuries
cuire cerises suries
sucer sucreries

( beau présent )

Jacqueline Morel

Je cours en cuisine
J'ai invité ma cousine
Pour une crusine

( homéotéleute )

Alexandre Carret

Luce, cuisinière
lut ce Q.I.-Zine hier.
L’eussent cuit six gnières ?

(Haïku avec holorimes jouant sur les diérèses pour faire varier le nombre de pieds)

Annie

Pour une terine au pain
indispensable est le sel
inoubliable le vin

on peut déboucher le vin
hacher l'oignon et le pain
touiller avec poivre et sel

de la mer nous vient le sel
de la terre vient le vin
buvez le, mangez du pain

( terine )

Noël Bernard-Talipo

sorcier sourieur
souverain en ma cuisine
aux saveurs voué

sucre suc musc sauce rousse
noue à vous ma soumission

( prisonnier )

21 octobre – Journée mondiale des vers de terre

Bernard Maréchal

Un beau jour tout à trac
L’ami Georges Perec
Découvrit un lombric
Habillé d’un grand froc.
« Il doit avoir un truc… »

(babebine)

Elisabeth Maitre

Petit ver de terre
au train-train discret
ton aide m'est chère
dans mon jardinet

Ta vie souterraine
échappe à mes yeux
merci pour ta peine
tu fais de ton mieux

( sélénet )

Alexandre Carret

Approche, ma jolie souris !
Approche, ma jolie.
Souris !

Aime ces vers de terre unis,
ces hommes fous : le camp d’ici.
Aime ces vers !
De Terre, unis ces hommes !
Fous le camp d'ici !


( Un vers de terre est un vers qui, coupé en morceaux, en donne de nouveaux )

Jacqueline Morel

Lombric, habile et précieux jardinier
La terre aère, nourrit et nettoie
Toute existence cultiver, soigner
De nouveau croître et renaître avec joie

( pantoun )

Annie

les vers de terre s'embêtent
les bêtes s'enterrent
les merles enténébrés
se perdent en Perse

les femmes en fête
dentelles en tête
se bercent de rêve

je déserte ces
légers
très légers, reflets
de trèfle 

( monovocalisme )

Nicolas Graner

poème de feu
strophe d'eau
distique d'air

vers de terre

( chicago )

Noël Bernard-Talipo

entre en ces déchets
pénètre entre ces semences
descends vers le sens

et des célestes enfers
le sel renfermé révèle

( monovocalisme, à l'instar des mots-clefs )

22 octobre – Journée internationale de sensibilisation au bégaiement

Bernard Maréchal

Bébé gai bégaie,
Mais mémé méchante chante.
Papa pâli lit.
***
Ton tonton Clément me ment :
Ma maman Mado m’adore !

( tanka bègue )

Annie

Le bégaiement ? Sur le bégaiement je n'ai rien à dire.
Le gai bébé qui bégaie rit
papa - mama : qui rit guérit.
La répétition ? Sur la répétition je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Nicolas Graner

Bébé, gai, bégaie,
Lit l'Iliade à dada,
Et ses essais cessent.

( haïku bègue )

Alexandre Carret

Pauvre bègue giflé
Et traité d’obsédé
Par son amie malade
Quand il dit, en balade,
Tout à coup pris d’un doute :
« Tes tes tes tes gou...gouttes »

et

Pourtant, Dieu, pour tant d’yeux nicha pour Nichapour. 
Goût ailleurs ! Gouailleurs ! Pourvoyeurs pour voyeurs,
Dénichons des nichons ! Dégotons des gotons !

( poème bègue )

et

Le bégaiement
embête Galien,
le met en gabie

Le gai béement
Image le benêt
et le mage béni
blême agité en
Matinée belge.

(anagrammes)

et

Ce pauvre bègue-ci dit deux fois chaque mot.
Son perroquet Coco souffre des mêmes maux.
Quand il parle à Coco, il dit « Cocococo ».
L’autre répond : « Cocococococococo ».

Jacqueline Morel

Sous soupirs émergent
Parmi mille déceptions
Des désillusions

#héméroméride par Jacqueline Morel ( bégaiement )

Noël Bernard-Talipo

Las l'abbé bégaie,
Guère ressentant cent ans
Déments : que des manques.

D'yeux Dieu cela seul amour,
Mourant en terre. Erreur ? Heur ?

( poème bègue )