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Variantes du Sankulipo

Au fil du temps, de nombreuses variantes du Sankulipo  ont été proposées par des amis sur la liste Oulipo et sur twitter. Merci à tous pour tant de richesse ! Toutes ces variantes ne respectent pas parfaitement la forme du haïku, mais ceci n’enlève rien à leur beauté. Plusieurs, notamment celles de Guy Deflaux et  parfois Bernard Maréchal, sont de plus des beaux présents sur le nom du jour.  On les trouvera ci-dessous, regroupées par auteurs, dans l’ordre d’apparition de ceux-ci sur le Sankulipo :

Novella Bonelli Bassano

15 mai – 26 floréal – Fusain

Une fée soyeuse,
nue, noua son ennui.
Oiseau fuse en feu.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Épave peinée,
épie envie avinée.
Une vie noyée.

19 juin – 1er messidor – Seigle

Îles assiégées.
Aigles à l’ œil aigu.
Là où le sel gèle.

22 juin – 4 messidor – Véronique

Rêve – à vie – niqué :
revenu à un euro !
Œuvre renvoyée .

25 juin – 7 messidor – Concombre

Ennui comme brume
amer m’encombre, me noie.
Un embrun marin.

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Aubaine écoula,
inoubliable nabab.
Linceul colonial.

Accable l’oubli :
aubaine nabab nia.
Linceul colonial.

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Rebelle brûla,
l’air éberlué, loyal
libéra le lieu.

Aurore luira,
brillera l’air ébloui.
Boréale bleu.

Lire le réel,
élabore l’oublié.
L’ire brûle l’ aile.

Oublie le labour,
erre libre le Bélier.
Obéir à l’air.

 24 juillet – 6 thermidor – Prêle

Parole apeurée,
Âpre râle, perle pâle.
Polaire repli.

Peur. Ourler la plaie.
Epier l’aile ployée.
Pleur perlé, luira.

Peau, épée rouillée.
Repliée, pleura pilleur.
Le réel péril.

Proie, elle paya.
Épeler parole peur.
Le rire pillé.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Rime arme à misère.
Âme use, remue, resserre.
Amères issues.

Amour,os usé.
Émoi amusa Éros.
Au soir, arômes.

Émue,ormes soyeuses.
Amies si amoureuses.
Rose mer, au soir.

Sérieuse : os usés ?
Marre? Miasme enrayer ?
Essayer armoise !

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Me cache en cette yourte.
A côtoyer charme autarcie.
Trace, ma terre ocre.
Écumer horreurs.
Chercher. Aime,écoute cœur.
Marcher. Chaste aurore.
Tuerie au couteau.
Horreur ! Châtier auteur!
Un atroce crime.

Macère chômeur.
Marteau en tête,meurtri.
À tache trimeur.

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Rieuse air osa.
Arioso rayé.Au soir
essaya yoyous.

Aïe! Si errer
os usés essayera!
A s’asseoir ira.

Sa rose irisée
sera au soir arrosée.
Aurore a souri.

Sa sosie arrosa.
Oie raseuse assise,sue.
Soir,rassure oiseau.

Aires à oiseau.
Ira à rusé rouerie.
Au soir,eau à rose.

29 juillet – 11 thermidor – Panic 

Paniqua,nouée
au coin. Épine piqua.
Une peine nue.

Nue, au coin nouée.
Inouïe panique. Peau.
Épine piqua.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

La couleur cisèle.
Console, ensorcelle cœur.
Œil, lueur enlace.

Une île recluse.
Un coin colonisé, au loin.
En créole écrire.

Lira, écrira.
Errance saluera.
Secouer le sens.

Une claire lueur.
Lune, corail ciselé.
Ciel auréolé.

A l’œil en enclos.
À l’écran s’aliéner
Neurones aérer !

Enroule sa rose,
la licorne câline.
Luisance lunaire.

31 juillet – 13 thermidor – Abricot

Ce caribou rit.
Ce corbeau,tout beau,tout beau.
Et toi au tricot !

Tic-tac-tic: le rat
tue cette tête toc-toc.
Et toi au boulot!

Cet abruti trace :
autocar à toute barre…
Et toi? Toi tacot !

Obéit au trac,
ce bureaucrate courbé.
Et toi : rire et troc.

Buta et rata.
Tria tout ce bric-à-brac.
Et toi : cœur carré.

Acerbe terreur.
Ce cri atroce écarter .
Ce cœur abriter.

Bâtir récit.
Écriture traître roc
et trouée acérée.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Acculée,clouée?
Si abolis l’absolu.
Bascule l’oubli.

Cisèle ciboule.
Ail se lie à basilic
Ici beau soleil.

Cette crise isole.
Ici-bas les oubliées.
Oiseuses, au bal.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Rusera au soir.
Si aïe bêle brebis.
Sera aube rose.

Absorbé biaiseur
à briser amies ira.
Si rares baisers.

Béer essaya
oiseau rieur irisé.
À l’ air ruera.

Ébaubir, oser.
Reboiser bribes broyées.
Brasser rires sûrs.

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Gamme âge égaya.
Vive magie ouï aigu!
Ouï,ma gemme aimée.

4 août – 17 thermidor – Lin

L’anneau l’aliéna.
Ennuya le lien loyal.
La lune, alliée.

Elle ou lui. Noyée
Annulée, l’aile liée.
A la lie nouée.

Ulule la nuit.
L’inouï non-lieu ânonne.
Alinéa nu.

5 août – 18 thermidor – Amande

Une aide mondaine.
Indemne ondée. Ennui mine.
Aumône au noyé.

6 août – 19 thermidor – Gentiane

Toi.Tatoué, nu.
Tout éteint. Tête agonie.
Ego atténué.

Guettait une note.
Un ton, à tige tenu.
Geignait ta nuée.

8 août – 21 thermidor – Carline

Liane roulée,
la racine lacunaire.
Renonce nacrée.

Ici né un cri.
Râle nu aciéré.
Crécelle rayée.

Noir océan cru.
Recoller ce carillon.
Errance élirai.

9 août – 22 thermidor – Câprier

Câpre épicera.
Apéro procurera.
Caprice rieur.

10 août – 23 thermidor – Lentille

Lente litanie
tente lutte étiolée.
A tonné,la nuit.

La toile niée
a teinté, a entaillé.
Étoile a lui.

11 août – 24 thermidor – Aunée

Une union nouée
Ennui ânonne en nuée.
Un anion inné.

16 août – 29 thermidor – Coton

Ce contact te nuit
te coince, t’anéantit.
Tenue nutation.

Ta tête contient.
Une note nuancée.
Un ton continu.

En attente. Nuit.
Entonna incantation.
Océan conta.

17 août – 30 thermidor – Moulin

La lune illumine
un maillon inanimé.
Immolé moineau.

Aime l’innommée.
Elle mon âme lamine.
Amie, là, ma main.

Elle, immune au mal,
à unanime mêlée.
A nul unie. Loin.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Nourrir opinion
en peur erronée prôner:
urne pourrira.

En pourpre ornerai
épine, ruine, peine.
En rire pourrai.

En or parerai
un papier nu ou un pré.
Un rien nourrirai.

Erreur épépine.
En ire épie, nappe, opère.
Ornière apeurée.

19 août – 2 Fructidor – Millet

Ô toi le lutin!
Luit lente et têtue étoile…
A toi l’amulette!

Ta télé allumée :
tout inutile, élimine !
Ta tète limite.

Titillée, tuée.
Allumette emmaillotée.
Elle tait, mouillée.

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Annonça le réel.
En découla un plaidoyer.
Lucide éconduire.

La prudence couine,
raille, d’acide édulcore…
Cordiale, ânonne.

Ne regarde rien.
-le nœud coule une audience.-
L’endolori réel.

Elle ne cilla,
ni rien ne lui pardonna.
(l’) Aile déploya .

De l’innocence elle
dédicacera l’adieu.
Dure épée d’opale.

D’un rire nacré,
elle, un océan a éclos.
La douce naïade.

Rira de l’air d’or.
Parlera de ça, de rien
Elle, inénarrée.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Suis nouée rongée.
En urgences incongrues.
Un songe rogne encre.

Agressa, cogna.
Os nécrosé a écorné.
Scène résignée.

Guerre récusée,
en rouge course gercée.
En acier, encaisse.

Nuage cerné.
Un courage nécessaire.
Une agonie nue.

22 août – 5 Fructidor – Saumon

Némésis amuse,
en monomanes moissons.
Émane non-sens.

Unisson mina,
omise icône nomma.
Sa menue oasis.

Assommée, assumai.
Mon sas,mon âme assonais.
Saison en osmose.

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Sature, abêtis.
Sabote bêtise et brute.
Sérieuse, butée.

Sa bouture arrose.
Eau, et rit sa tubéreuse!
Aube, et soie est sa robe.

Bruiter t’a usé.
Sueur auteur situera.
Reboiser le but.

Braises tu étais.
Au soir ta rose s’est close.
Été ,tu riais.

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Sourcière racine !
– ironise une sorcière. –
Eau noie, sucre érode.

Souricière en cours…
courons! Écroué, récuse
un casier corsé.

Sa ruse nuira :
Icare en air a noirci !
-Ricane un oiseau-.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Tu quittes pays.
Épopée où tu te tapis.
Peau autopsiée.

Quiète, se tait
cette opaque pietà.
Optique épuisée.

29 août – 12 Fructidor – Fenouil

Lunaire, la fée
noua folie au fil de laine.
Féline à l’œil fin.

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

Ce rire navré !
Ici un rêve chavire,
en âcre ruine.

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Tant naïve! Tout
était ton néant,ta nuit.
Une vie éventée.

Un vent entêtant,
et toi atone et voûtée.
Vaine invitation.

Toi,vêtu d’envie.
Ta vanité t’envoûtait.
Inavoué étau.

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Larmes amères.
A la muraille arrimée,
remuer sans issue.

Mémoire railler.
La misère museler.
Suaire immolé.

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

A fée a obéi,
ébaubi béa,- au feu ! –
Aube bafouée .

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Naguère érigée.
En berne, agonie ignorai
une guerre borgne.

Origine guérie
une gerbe enrubannée.
Neige enrobe aurore.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Etait ton noyau.
Etait ta note étonnante.
Etait ta nuit nue.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Pour air a épieu.
Pour parure a oripeau.
Pour rire a eau pure.

27 octobre – 6 brumaire – Héliotrope

Parole perlait.
Telle étoile reluit,
prophétie irréelle.

Trop a toléré !
Par la pierre l’a ployé,
pétale replié.

Altier il parle.
Tout torpille et il répète
théorie étiolée .

La rouille te lie.
Ta plaie triture et appuie.
Pâle lueur tue.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Oser se ruer
à la lisière du soi.
Ourler le soleil.

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Ce cri ricocha.
A curer ire échoua.
Au rire arraché.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Oiseuse fila.
Esseulée lissa le fil.
Sa folie siffla.

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Ce moi écumer.
Remuer. Écorce amère
macère ce cœur.

Armure, acre émoi.
Acier rime ici mura.
Amour émacié.

5 novembre – 15 brumaire – Dindon

Un’ aide nia.
Au dénué dédia
inouï dédain.

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

En cases:censure
nos errances nécrosa.
Cassure à nos sens.

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Rallia la zone,
ulula râle azuré.
Le réel enrôle !

Lazare roula.
Le zélé élu loua
le loyal lever .

9 décembre – 19 frimaire – Sabine

Si anobie sonne,
un bois abuse au noyau.
Insanes besoins.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Isolés lésés.
Le laïus usa la loi.
Oiseaux exilés

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Le traître a pourri
ta pierre. Étire l’aile et
ta terre palpite.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

Lire l’orée où
Là, l’aurore auréola,
Réelle, la lueur.

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Amer. Érodé,
à rude vie amadouer.
Vidé,dériva.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

En écume coule,
mélancolie calcinée.
Cyclone menace.

Malice en monceau
acculée calme lamine
Liane nouée

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

Chair en dédicace.
Lynché , déchu , l’idéal !
Un ciel élimé.

15 avril – 26 germinal – Lilas

Le soi essaya
Le si,le oui ,a usé
L’issue a saisi

17 avril – 28 germinal – Pensée

Se pèse, se pense.
Se nappe en épaisse peine.
Épine épuisée.

28 avril – 9 floréal – Hyacinthe

Ton chant entêté,
à une icône noyée,
te hante et t’enchaîne.

L’autre Hidalgo

20 mai – 1er prairial – Luzerne

en urne un rune.
nulle lune en ruelle.
elle, lue : ruez !

25 mai – 6 prairial – Mélisse

Soumis le molosse
S’amuse. Sous le miel moussu
Il ose le miso.

8 juin  – 20 prairial – Fourche

écorche ce chef
chien féroce ou fourche-fière
accroche ce froc

raccourcir ce chef
ah ! forcer cour, chercher roi
échec au fric !

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Au bar, rue bobo :
Béru bourreau, bru barrée.
Rab à Biribi !

10 juin – 22 prairial Camomille

Au môle il mouille.
Ma came amie, ma môme,
le miel, calme-émoi.

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Où hurle la foule
Roule le cou, roue caillou !
Où levée d’écrou ?

Elle fouille le chou.
Au vol ! hurle la feuille.
Chèvre la fille !

Frivole vélo,
Fourche fière, roue crevée,
Couche à la fraîche.

Force à la friche.
Havre où chauffe le cuivre,
Où rouille le fer.

Flore féroce.
La fleur ivre, la chaleur.
Chou feule, ail rit !

13 juin – 25 prairial – Tanche

Coincée en chêne
Une hache ancienne
Onc ne chante

Un cachet chute.
Une chatte. Enchantée !
Notice étanche !

15 juin – 27 prairial – Verveine

Vu reine à revue,
En ver, errer nue, ivre,
Rue riveraine.

16 juin – 28 prairial – Thym

Momie au totem,
Mite et amitié – Tome huit.

Toute émue ma môme !

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Ô pipi au Pô !
Eau vive nappe Pavie.
Vu, peine au niveau.

Naine avoine en vue.
Poney pie en vain venu !
Pine en avanie !

19 juin – 1er messidor – Seigle

Saga au gala.
Gus, à l’as, gogos saoula.
L’os : Lou au solo !

Légale la sauge !
La liesse à Liège, le glas !
Saoules gueules sales.

Gag à l’Élysée ;
Gauloises glossolalies !
Gaïa a gloussé…

Gilles sous la luge,
Agile, s’use le sguègue.
Y’a os gelé !

Au seuil le soleil.
Soulages, le seul, a l’œil.
La suie a saisi.

Élu au silo
Le geai égale le sage.
La gouaille s’y loge.

Éloge à l’oseille :
Gisèle soulage Louis.
L’œil, à l’ouïe s’allie.

Sage aigle isolé,
À l’œil agile, aiguisé.
Au lasso l’oiseau !

Le gigolo saoul,
Lègue à l’alèse sa glu.
Le sas souillé !

Salsa ou la gigue ?
Il y a gala à l’asile !
Gisèle à la soul.

Le gogo lassé :
Sous l’alèse il se glissa.
La sauge a élu.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Une nonne naine,
En vain, ânonne un ave
Au veau nouveau-né.

21 juin – 3 messidor – Oignon

GAG : au gué y nage !
GONG : eau gaie gagne gaïa !
GUIGNE : au Gôa noya !

22 juin – 4 messidor – Véronique

Onirique union.
En verve, une unique ivoire
Enivre une noire.

Rêverie équine :
En rive, vive virée,
Que ruine quinine !

Nenni ! Qui enivre
Vive vie ! Ne rêve en queue !
Vino ovunque !

23 juin – 5 messidor – Mulet

Étau, meule ou lime
Ultime outil métallo
Mate le moyeu

24 juin – 6 messidor – Romarin

Morne ramoneur,
Narine noire, main énorme,
Murmure : mur-ennui !

25 juin – 7 messidor – Concombre

Mercenaire armé,
À braconne onc ne renonce.
Au brame, bourreau !

28 juin – 10 messidor – Faucille

Aile C, cellule L,
Le flic fouille l’officiel.
Là, le café coule.

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Craie noire, encre dure ?
Ordre ancien, un ordinaire ?
Un cri : incendier !

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Ô! catcheur tricheur,
Cartouche cette ratiche !
Artiche à Ronchin !

10 juillet – 22 messidor – Cumin

Mou, mince, anémié.
Aucun camion ne manie
Ce maçon camé.

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

L’alchimie m’achale !
Michel à la mèche chôme.
Moche chalumeau.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise 

Iroise moussue.
Masure rossée y mue.
Armor as mirror.

Armure à moirer,
À moiser la Marie-Rose.
Mer émue murmure.

Amour, eau rusée !
Aim’ moi s’amusa Éros.
Armoire m’a muré !

surseoir au rosé
essayer eau sms
au soir, se marrer !

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Cachet, cette erreur.
Arracher tête à toute heure.
Ô marteau terreur !

Marcher à côté.
Mater, étamer… rater.
Chômer & trimer !

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Ramer mi amor.
À rire : ma mie a mué.
Amère ma roue.

29 juillet – 11 thermidor – Panic 

Pièce au canapé.
Niépce n’y pionce : canin!
Nièce au piano : coin!

Ce qui suit est rédigé avec @CecileCecdes :

Canopée punie
Pin cyan, à nu, où pie peine
Cep pané, épie

Panacée au pic.
Coppi, épine au pneu, coince !
Picon ou coca ?

Cancan au ciné :
Au pieu, peau nue, opiacé,
Pan couine au pipeau.

Épié, ce copain
Coupe ici un penny nain.
Ce con en cana !

4 août – 17 thermidor – Lin

À l’annuel élan,
Nul n’aliéna ni y lia.
Noel : léonin !

8 août – 21 thermidor – Carline

crincrin criailleur,
ce crooner crâneur écroule.
cruelle crécelle !

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Là, pluie de poudre.
Parole de la perle ?
Délire du loup !

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Marner, ruminer :
Morne uranium m’anémie !
Manière à mouron.

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

offrir un sourire,
ses fesses suries, au noir.
souffrir une année…

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

le chic à la colle
chique ou claque chèque au claque
échec à la cool

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

petit reporter,
taupe paumée du métier.
m’emporter, me taire ?

Au petit ermite
Pirate, pire promit :
Tuerie au pyrite !

Prude tôt paumée :
Importée & répudiée :
Rampe pourriture !

au dada-tattoo :
doudou tâta du matou,
mata iota & rit !

ami d’émeutier
ému, de ton mur paré,
m’emparer pourrait ?

Parade & Pom-Pom :
Du prompt, du piètre déterre !
Ode à pitrerie…

Dompteur du prompteur
Partout troupe t’a trompé
Pompe ! Rampe ! Au trot !

Père m’a poiré
& mère empapaouté !
Merdre pue ! Dada !

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

le mur raille tout’ loi
l’âme m’étir’, même à tort
raye le mot « À », il tait…
(composé en acronyme sur le haïku phonétique du même jour de Bernard Maréchal
LMRTL
LAMÉMAT
RLMAIT)

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

coyote crieur,
l’actualité, elle t’irrite
elle te tolère…

l’autre (le trollé),
cataracte l’étrilla.
ô l’œil ce crotté !

étroit correcteur
& la couille & le clito
au cercueil cala.

croûte recalée !
au coriace retraité :
clairet ou yaourt.

étêter coyote ?
coriace au couteau le cal !
l’écart coûtera !

le crotale éructe,
accorte le loriot trille.
recta coyot’ crotte.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Rugir ou rougir ?
Orage ou orgie au grog ?
Ou rare rigueur

24 octobre – 3 brumaire – Poire

parure épurée,
paroi purpura, eau proie.
Péreire preu ou pou ?

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

barbare et barbant
barbote bar au barbot
barbon ou barbeau ?

Elisabeth Chamontin

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Par l’or, l’œil espère ;
L’oreille a ses osselets ;
L’orteil, lui, repose.

Pareille à l’oiseau
Sur l’épaule paresseuse,
La réalité.

Sur le papier pâle
L’auteur a posé ses lettres.
Ô postérité !

Plaire, plaire, plaire !
Sur l’oasis littéraire,
L’étoile luira.

29 mai – 10 prairial – Faux

Fi ! axée à foi ?
Feu fou ou œuf aux aïeux ?
Fieffée oie, oui, fi !

Guy Deflaux

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Le sort est tressé
Elle espère l’or et sotte
Serre Eros trop près

29 mai – 10 prairial – Faux

EXE faux EXIF
Xi faxe à Xiao ? Faux fax !
Féaux ! Axe faux !

4 juin – 16 Prairial – Œillet

L’ilote et l’élite
Litote : il toilette l’œil !
Et il lit l’étoile

( Beau présent)

6 juin – 18 prairial – Pavot

Papa vapota
Papota, appâta Pat
Pat vota Papa !

7 juin – 19 prairial – Tilleul

Utile, il lit Tite
Elle élit le lit, le tète
Lui, têtu, il lutte

8 juin  – 20 prairial – Fourche

Fureur ce chef cherche
Fourrer ce chou cru ? Horreur !
Ou curer ce four ?

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Chercher, réfléchir
Fille revêche chérie :
Il le vérifie !

13 juin – 25 prairial – Tanche

Nathan t’a tâtée
Tétée, t’attache et étanche
Ta chatte enchantée

18 août – 1er Fructidor – Prune

Un pré nu, purée !
Une pure peur ! Repère ?
Pépère : une rune…

22 août – 5 Fructidor – Saumon

A Mons nous osons !
Au sauna, nous assumons
Nus, massons nos os

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Berbère ? T’es sûr ?
Tu butes sur tes erreurs
T’es beur et tu ruses !

23 novembre – 3 frimaire – Chicorée

Cri ! Ronce : écorché !
Cire… Choc… choir… ricocher
Echo ! Eh, Chéri ?…

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Née fêlée, elle enfle
Né en elle : le FN !
Enfle le FN !

21 décembre – 1er nivôse – Tourbe

Buté, torturé
Brute bourrée : rut bourru
Urètre et… : bébé !

22 décembre – 2 nivôse – Houille

Elle : « Hello ! » ; Lui : « Oui ? »
Lui ! L’élu, elle le hèle,
L’œil huilé : « Ohé ! »

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

Ruée sur ses sous,
Ses ors, ses fourrures russes…
Refus ! Essoré !

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Hein, Nic ? Chié, ce chèche !
En Chine, ni chèche chic
Ni chiné ! Echec !

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

Le prêtre la presse
Lasse, elle sert le repas
Le prélat repart.

1er janvier – 12 nivôse – Argile

Graal érigé.
La régie règle le « La »
Le gala ? Grégaire.

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Râ arde irradie
Rade d’Iroise irisée
Drisse essorée raide

3 janvier – 14 nivôse – Grès

Serge gère ses ergs,
Ses regs, ses serres grésées
Egée grée ses erses

4 janvier – 15 nivôse – Lapin

Alain a pâli
Il n’a ni palan, ni pal
Là, Pina plia.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Silésie ? Ixelles ?
Isis sille… elle s’exile
Liesse : l’Île Ellis !

6 janvier – 17 nivôse – Marne

Ramer amarrée ?
Emma, amère, en a marre !
« A Rama ! » Amen.

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

Barbara, ma « babe »,
A Berre m’a rembarré
Ma mère me barbe !

24 mars – 4 germinal – Tulipe

L’été il pleut peu
Nu-tête l’élite plie
Le peuple pullule

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Père vénéré…
Cher Père revêche : prêche !
Péché repéré

5 avril – 16 germinal – Laitue

Il luttait et l’ail
Lui titillait la luette
Tilleul et… au lit !

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Zélée, Mémé mêle
Emmêle, même, l’Èllez
Le Lez, Èze, Mèze

12 avril – 23 germinal – Marronnier

On nie mon renom ?
Mon armée amène à Rome
Mon âme en airain

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Ni génie, ni poigne
Ni égo, ni opinion
En péon, on peine !

19 avril – 30 germinal – Couvoir

Voici « Cor ou cri ! »
Voir ici : cuir rococo
Oui : « Cocorico ! »

Gérard Le Goff

5 juin – 17 prairial – Sureau

seras rassuré
rare ruisseau ressassé
seras rassasié

6 juin – 18 prairial – Pavot

pavé à pivot
étape type et veto
épave évitée

9 juin – 21 prairial – Barbeau

bar « beau bar » à birbe
« beau bar » à bobo baba
à baba barbu

Annie Hupé

6 juin – 18 prairial – Pavot

Va, petite taupe !
Va ! toute utopie te voit
épave ou pépite.

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Un thème me hante :
un hôte inhumain monnaie
thé, menthe et hymen.

15 juillet – 27 messidor – Ail

Elle a lui, liliale
lui, l’ailé, il l’a louée
il a ululé.

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Va ! Sois avisé,
Secoue ces visions vicieuses,
Sauve ce vaisseau !

14 août  – 27 thermidor – Colza

Allez-y – zizi,
louez cul, couille… Accueillez
Luz à la loyale.

Le cycle écoulé
clouez le ciel au caillou
ici l’alizé.

L’œil zélé allie
celle-ci à l’azalée
celui-là au clou.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

Crayon au contact,
tout à trac tira un trait
traça un contour.

un turc occitan
côtoyant un inconnu
crut ouïr un cri

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Teuton tout tonnant
OTAN t’ôta toute union
OTAN t’anéantit

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Obéir au verbe,
trouver à boire et, au trou.
Braverie béate.

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Barboteur têtu
brave buveur breveté,
vautré, ivre et bête.

Bourbier au bayou,
bateau arrive avarié :
barreur avait bu.

Ubu irrité,
Barbu, aboyeur, têtu,
A buté Toutou !

Beauté avertie
vaut autorité bébête
ou bravoure outrée.

Ta bière au bureau,
ta biture au bar t’a tué :
retour à brouette.

Butor avorté,
Taré, abruti, bêta,
Birbe, rat bâté !

Verrat au rebut,
Brute, baveur à béret,
Roteur arriéré !

Baratte batave,
rotative et brevetée,
bat beurre avarié.

Art : tabou broyeur,
abreuvoir à rêverie,
bouée à revivre.

17 décembre – 27 frimaire – Liège

Galilée : éloge
à l’aïeul égal à l’aigle,
agile, illégal.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Au panier : coing, prune,
courge cornue, poire, orange,
pigeon cou coupé.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ne remuez rien
année zéro remémore
zone en ruine énorme.

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Chute d’eau ! écoute
une anecdote innocente
d’aconit tue-chien.

22 février – 4 ventôse – Troène

Orient ! Tour à tour
notre trône et notre traître.
Routine éreintée.

Bernard Maréchal

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Rare aube barbue,
Babar beurré au bureau
Aura rue barbare !

10 juin – 22 prairial Camomille

Mamie a calé :
Le miel colle à la mamelle,
Elle a mal à l’œil.

Émilie, ma mie,
Ma mie à moi aime l’oie,
aime l’aïoli.

Il aime la loi,
le lama à la mamelle
mime la momie.

Il lime la moelle,
il a mêlé la limaille
à la momie molle.

Camille aime l’ail,
Elle aime l’ami Émile,
Camomille au miel.

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Effluve fleuri
réveille le lévrier :
rififi viril.

Le ver hulule, il
hurle, le ver éveillé,
le vil ver hurleur.

Le livreur huilé
réveille le feu rieur,
furie révélée.

Le lièvre velu
lèche le lierre élevé,
viveur irréel.

Lui, le vieil élu,
réveille le fier filleul,
relève virile.

L’hiver réveillé
a effleuré le vivier,
verre révélé.

Fureur vivifiée,
fière verrue effilée,
lèvre liée, vive.

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

Elle a taillé l’ail,
elle a allaité la laie,
la laie l’a talée.

La caillette tète
la caille et le lait létal,
l’été, alitée.

Variantes avec Quartidi + Caille-lait ( hors contrainte )

L’eider irrité
trille le lied, à la lettre,
drille de la Terre.

La treille taillée,
il titille la tirette
de la tirelire.

13 juin – 25 prairial – Tanche

Tanche tachetée
achetée à échéance,
tentante et cachée.

Ta chatte cachée,
chatte tentante en été,
cachette enchantée.

Échéance : acné,
cancan, encan, chance hachée.
Né, cané, enchêné !

Variantes avec Quintidi + Tanche

Hanche à échéance,
canne cachée en échec,
cadence hachée.

Cantate d’aède,
détachée et chantante,
cadence entêtante.

Tata déchaînée,
tata tannante et tenace,
tata entêtante.

Athée détaché,
entendant ta décadence,
hâte ta décence !

Ta nana cachée,
nattée, décente, attachante,
et ta déchéance…

16 juin – 28 prairial – Thym

Tomate au mammouth,
miette à ma môme muette,
tommette au matou.

Variante avec Octidi + Thym ( hors contrainte )

Eau cacaotée ?
Écume du maté tiède ?
Audace du thym !

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Pivoine veinée
nippone épopée innée,
veine inopinée.

Ô pivoine née
nippone, vive, Poppée,
vive épépinée.

18 juin – 30 prairial – Chariot

Toto a eu tort.
Haricot, rôti, coca,
cacao : caca !

Courir au tacot,
accrocher caca, crachat,
Et choir au trottoir !

19 juin – 1er messidor – Seigle

Louis, le gigolo
esseulé, gelé, essaie
la gueuse soyeuse.

Il lisse Sissi
(elle se gèle le siège).
Sigle l’élégie !

La gosse goulue !
Elle ose, sous le soleil,
la gueuse illégale.

Il glisse le lige !
Lisses sigillées siglées
Gilles se les gèle !

L’oseille au soleil,
là où la sagesse suisse
s’allie à la loi.

Oiselle esseulée ?
le géologue a la gaule,
il ose le goal !

Le Louis a la gale.
Il a la gueule si sale,
le suisse se gausse.

L’igloo isolé ?
Agla-gla, l’auge gelée,
Aglaé s’y glisse !

Éloge au SILO :
SUEL seul élu, à l’aise,
sa gouaille soyeuse.

Il lui a gueulé :
Lison ! Élague les algues !
Sale l’aloyau !

La sauge le saoule ?
La gigue le lasse aussi ?
Essaie l’aïoli !

Les as, à l’asile !
Les logeuses, à la loge !
Les sages, au soleil !

Yoga au gala,
il s’isole à la loggia,
il a son aiguille.

La glaise soyeuse
se lisse sous le soleil,
alliée au loess.

Il a l’œil aigu.
Son sosie sous la loggia,
il l’a aiguillé.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Un neveu, en vain,
voyou aviné, envie
un vin nouveau-né.

Avion en névé ?
Avanie ? Non, vaine vanne,
venin aviné.

22 juin – 4 messidor – Véronique

Une union unique :
un eunuque riquiqui,
une vioque en ruine.

Un rieur qui nique
un renne, quoique rouquin,
ira au requin !

Narine aérée,
rein ruiné, neurone à nu,
veine en avarie.

Roi au rein noué,
quoiqu’une rouquine nue…
Urinoir en vain

Un rire aviné :
renvoyer un ouvrier
Ivoirien ravi.

Navarin ovin,
Un vairon au quinquina,
une oie au Vouvray.

Une nounou rêve
au nouveau-né qui rayonne,
un roi qui arrive.

Une veuve en or,
un nervi nouveau venu,
un ennui en vue !

23 juin – 5 messidor – Mulet

Totem émaillé,
millième œil illimité,
étoile allumée.

Il taillait la tôle,
matait la lame têtue,
toute la limaille.

24 juin – 6 messidor – Romarin

Un rimeur rumine,
nomme une rime ennemie,
amarre un émoi.

Mon âme emmurée
Murmure à une anonyme
Un air anémié.

Mourir, ou muer ?
Une momie ranimée
Erre, énamourée.

Manier, remanier,
marmonner, remémorer,
murmurer, mourir.

25 juin – 7 messidor – Concombre

Cerbère ronronne :
ce croc énorme m’emmène.
Renonce, borné.

Armée inconnue,
mercenaire ricaneur,
menace barbare.

Ce cerne me nomme,
mon encre en berne renonce :
Mécène commerce.

26 juin – 8 messidor – Échalote

Cette côtelette,
accotée à la hachette,
cachée à la hâte.

Lotte à l’échalote,
Côtelette à la cocotte,
Cacao lacté.

Attache le coche.
Et, collé à la culotte :
Yeah! Hue cocotte !

Lâcheté, calcul ?
Actualité têtue :
Tacite a chuté.

L’athlète loyal
Attache le colt au clou,
et latte au chicot.

La chatte ocellée
lèche cet alcool létal,
tète le Léthé.

Le thé, la télé,
tête-à-tête et côte à côte,
la halte à l’hôtel.

L’alouette accouche,
le cachalot la chatouille,
le chacal l’attache.

Actualité :
élite louche ou loyale ?
Élu au cachot !

Alcool et cachou,
lait caillé et cacahuète,
et clac ! le caillot…

Laine et acétate,
châle, et toilette ouatée,
la touche « layette ».

Échec à l’otite !
Le leucocyte illicite ?
Il a lâché l’hôte !

Coolie tatoué,
licol attaché au cou,
ce lacet têtu…

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Athée hésitant,
tient sa satanée absinthe,
anisette hantée.

Absence, néant,
ton tatou assassiné
te hante, benêt !

Bonsaï baobab,
antithèse saisissante,
ta beauté boisée.
Ânes hennissant,
instantané saisissant,
babines béantes.

Sainte et satanée
bêtise, assassinat bas,
et haine insensée.

Une nuit en août
Un sansonnet obstiné
Tisse sa sonate.

Eau bénite en tasse ?
Tisane anisée ! Santé !
Satané sabbat !

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Une douce ondine,
néréide dénudée,
candide naïade.

Énée à Didon
donne un dîner, au dodo,
duo dénudé.

Inodore ennui
d’une aride randonnée,
dernière noyade.

Cadre racorni,
adonné au cacao,
rancunier, acide.

Raideur inconnue,
accourue au coin de rue,
cadence adoucie.

Arène arrondie,
Corrida, corne acérée,
Ardeur incendiaire.

Ce cancer nié,
Dur cadeau d’un cendrier,
Créance anodine.

Crinière aérienne
Narine réincarnée
Canine, innocence.

Une ère de cendre,
Indécence, décadence.
Renoncer. Cyanure.

Dernière créance,
Ordonnance draconienne :
Incendier ce cœur

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Rica t’attacha,
Écorcha ta chair cachée,
choyée, tatouée.

Check your character !
Take care, you are a rat,
Arthur. Take a cake !

( sur artichoke )

Crocea cruce,
Tertia creatura
Ter te hortatur.

Sur une croix jaune,
La troisième créature
Par trois fois t’appelle.

(  ‏ traduction du précédent rédigé en latin )

Cette cicatrice,
écorchure ici écrite,
a tracé ce cri.

Rut caoutchouté :
chouchouter cette chérie,
coucher cette Aurore.

Aorte têtue,
Rechute, cœur rétracté,
Et tic-tac heurté.

Taureau ahuri,
cette cruauté cachée,
acier accrocheur.

Cocotte à rôtir,
Chariot à charcuterie,
Charrette à choucroute.

1er juillet – 13 messidor – Girofle

Fière oie égorgée
effilée, réfrigérée,
grillée, glorifiée.

Fourrure effarée,
l’air égaré, le gorille
griffe le feuillage

Alliage aurifère,
refoulé à la ruelle,
Euro affolé.

Filou aguerri
Glorifie la griffe rouge.
Il a failli fuir

La gorge légère,
légifère l’agrégé :
girolle grillée.

Loulou l’a frôlée ?
Elle lui a giflé l’oreille :
giroflée larguée.

Fière, elle a feulé,
l’a foulé, l’a affalé.
Il a gargouillé.

Loulou ? gigolo !
fieffé gaffeur ! arriéré !
farfelu fêlé !

De lierre fleurie,
fière allégorie guerrière,
figure royale.

Loulou a filé
(Elle lui a fêlé le fion),
La fiole gaufrée.

2 juillet – 14 messidor – Lavande

Le néon dévoile
le dandy de l’avenue,
la venelle vide.

Vénale Nana,
le venin du vaudeville,
la divine dinde.

En aval, navale,
loin de la ville vandale,
Île déliée.

L’envoyé d’Ilion
avoue le dol de l’Hellène
à l’Aède élu.

3 juillet – 15 messidor – Chamois

Causeuse au hammam
eau écumeuse, oasis,
oiseuse au hamac.

Chemise écossaise,
Homme chaussé chic, cossu,
Éméché, se mouche.

Cosmos ou chaos ?
Ah ! Ces souches secouées !
Secousse ou séisme ?

Ose ce coca.
Mâche ce cachou moisi.
Essaie ce haschisch.

4 juillet – 16 messidor – Tabac

Tète ta coca,
ta cité cuit, abattue,
et ta tête boite.

Bébé boit béat :
ta couette a bu cacao.
Bébé bée. Caca !

6 juillet – 18 messidor – Gesse

Ô gai yogi suisse,
soyeuse sagesse assise,
essaie gag osé.

Si sa gueuse sue,
sage, assise sous ses gogues,
essuie sguègue au siège.

7 juillet – 19 messidor – Cerise

Rousseur écossaise,
caresser ce caraco,
rieuse écuyère.

8 juillet – 20 messidor – Parc

Occire ce porc
au croc acéré, coriace,
épicer, recuire.

Couic à ce paria,
procureur au croc rapace ?
Couper ce cou pur ?

Pur porc au curry,
carpe râpée au poireau,
oie au cèpe cru.

Purée épicée,
pécari au curaçao,
crêpe au cacao.

Ce cœur rapiécé
pourrira, pouacre, recru,
repu, accroupi.

Ô prépuce pourpre,
peau pourrie, croupe râpée,
ô puceau repu !

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Minette hautaine,
étonnante émeute intime,
amante imminente.

Tentante teutonne,
inhumaine anatomie,
maintient mon émoi.

Un mammouth mutin
initiait au tutoiement
un mouton muet.

Ton aumône anime
une annamite anémiée
au téton ténu.

Môme au menton mou,
Une momie à moumoute,
Tannée, émiettée.

Tente une amanite !
Inhumation imminente…
Néant, maintenant.

10 juillet – 22 messidor – Cumin

Aucune menace
Ne m’amène au cinéma.
Manon m’a miné.

Énième coma,
Communion en cocaïne,
Mon âme noyée.

Ma menue monnaie,
Une aumône a minima
Au mec anonyme.

Ni Manon ne m’aime,
Ni Nina, Ninon, Nini :
Mon acné me mine.

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Torche courroucée,
Ce cratère crachotait,
Âcre cataracte.

Royauté têtue,
cet autocrate acariâtre
torture au cachot.

Tricheur cachottier ?
Ce correcteur chahuté
écrit au recteur.

Écarte ta hure,
cherche autre couette où coucher !
Ta cruche chérie.

12 juillet – 24 messidor – Orcanète

Cantate concrète,
Concerto contrecarré,
Tercet concentré.

Ton crin tournoyant
réincarne un unicorne,
crinière aérienne.

Aorte coincée.
Coronaire rétrécie.
Tocante arrêtée.

Créancier tenace,
Tractation entérinée,
Euro octroyé ?

Caution, annuité,
Actionnaire et cotation,
Contrat centenaire.

Innocent ruiné,
Tyrannie attentionnée,
Curée écœurante.

Crotos ou un autre,
aucun centaure à crinière
n’étonne écuyère.

Ancêtre acariâtre ?
Attirante éternité ?
Incinération !

Ton crâne entêté,
Ton inertie taciturne,
Rancune incarnée.

13 juillet – 25 messidor – Pintade

Dandy ondoyant,
popotin un tantinet tendu,
entité poupine.

Étudiant idiot,
inaptitude au dédain,
un appât tentant.

14 juillet – 26 messidor – Sauge

Sa gosse assagie,
Sa Sissi assise au gué
Essuie sa sagaie.

15 juillet – 27 messidor – Ail

Lola a eu l’œil :
Elle a lié Loyola,
Aillé l’aloyau.

Leïla, l’oie élue,
Eulalie, l’aïeule ailée,
Lola, la loyale.

L’ailloli à l’eau ?
Alléluia ! L’aloyau
à la lie ? Yalla !

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Sévices vécus :
Eau écossaise vaseuse,
Couscous cacao.

Casse avec as sec !
Succès ? Issue évasive ?
Suivi, caisse, écus !

17 juillet – 29 messidor – Blé

À l’abbaye bleue,
le lai loue l’alléluia,
babille la bible.

Le bailli loyal
A balayé La Balue.
Alibi ? La loi.

Au Boulou, le boy
A oublié la bouillie.
On l’a eu à l’œil !

La belle bêla,
lui balaya le labial
au babil ailé.

Bobo ébaubi
à l’aube bleu libellule :
il a lu Bilal !

Allo Léa ? LOL !
Baloo a loué le bob !
Oublié, le bal !

Le bel aléa !
Il lui a bleui le bulbe,
Lié la babiole.

Il a lu la loi :
« Lie l’abbé au baobab,
Obole à Éole. »

Elle a lu le bail,
Elle a loué le bébé,
Il a babillé.

L’île où le youyou,
Oublié à la bouée,
A lobé la yole…

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

Michel, éméché,
lui a mimé le lama :
la chamelle l’aime.

Malaca lilia
collo amicæ meæ,
milia colloco.

( Bernard Maréchal ‏a fourni la traduction suivante, également sous forme de haïku :

C’est de tendres lis
que j’orne le cou de ma
chérie, par milliers.  )

Malice couillue :
le mioche mouille Amélie,
lui calce le cul.

Méchoui au lama ?
Lie le miel au camélia,
Écume à la louche.

Le mâle coolie,
Calme, amoche l’homme chic
à la couille molle.

Lâche le licou !
Le caillou cale la calèche,
le lama écume !

Le mec à la coule ?
Il macule la cellule.
L’alcool l’a cloué.

Hache-lui la moue,
à ce môme, mouche-le,
écaille-lui l’œil !

Meule-lui le cul,
lime-le à la mamelle,
mâche-lui la moule.

Humilie ce mou :
cloue-lui la miche à la lame,
cloue-lui le cæcum !

Là, comme à l’école,
le cachou à la cellule
a calmé ce mac.

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Baba cannibale,
le nabab à la banane
a calé, banal.

L’abeille au babouin :
« Beau cul bilobé ! Bobo ? »
Le babouin : « La conne ! »

Le nabab bancal
a oublié la bouée
au bal à bobo.

Le nabab à l’eau !
Il a coulé une bielle,
bécane noyée.

Nabab au balcon,
bonobo au cabanon,
colonel cocu.

21 juillet – 3 thermidor – Melon

Ennui ennemi,
la millionième anémone
mine mon émoi.

La lune anémiée
n’illumine nul ami,
môme à l’œil noyé.

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Vivier ravivé,
rivière vouée au roi,
eau y va, ravie.

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Le babil rebelle
oubliera la barbarie.
Bébé libéré.

La bière brûlée
auréole le labeur,
libère la bile.

Le barbouilleur roi
a leurré la libellule,
a bleui l’érable.

 24 juillet – 6 thermidor – Prêle

Parler ou pleurer ?
La paupière perlera,
prière rouée.

Elle ourle le pré,
l’épi, parure pillée,
paille éparpillée.

Pareille à la pluie,
pleure, poupée apeurée,
la paupière pâle.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Assise au miroir,
Marie-Rose a ressassé
sa mémoire amère.

Orme ou merisier,
morose armoire à misères,
sésame moisi.

Ma mère remue
mes mémoires amassées
mises à moisir.

Soirées arrosées,
Mes amours remémorées,
Séismes ou miasmes.

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Marcher à côté.
Mater, étamer… rater.
Chômer & trimer !

Ce cœur rétrécit,
car amertume rétracte.
Charité ? Commerce.

Courir ou marcher ?
M’attacher ? M’accoutumer ?
Mourir ou tuer ?

Eau amère et claire,
territoire maritime,
humeur outremer.

Thermomètre cuit,
accroché à ce hamac
au rythme ouaté.

Armure arrachée,
ma chimère a échoué,
mémoire meurtrie.

Rime recherchée ?
Accroche-toi au miroir,
chercheur arrimé.

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Rumeur au royaume :
mourir emmurée à Rome,
murmure Maria.

Aurore moirée
a remué ma mémoire,
momie emmurée.

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Sûr ! sur sa souris ?
Sa souris rousse a souri ?
Si sa sœur susurre…

Sœur Sourire, osseuse,
Assise sous ses rosiers,
Essuie sa sueur.

Réussir sa ruse.
Resserrer sous soi ses sous.
Surseoir au suaire.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Clérical carré,
cornu, connu, ou salace,
suce curaçao.

Casser les calices,
arroser le colonel,
assaillir la Reine.

La cane claironne
l’accession à la casserole,
saisie à l’oseille. 5-8-5

Le canon assis
à la caserne sereine,
cocasse, coasse.

Carole se casse,
Le liseron s’enracine,
Innocence niaise.

L’encrier ancien,
Sec, noirci, s’encrasse, enclos
au socle ciré.

Osons les Assises
si le caissier alsacien
assassine l’oncle.

Cornac racorni,
Corsaire à l’œil si canaille,
Lascar casanier.

Le ciel laisse aller
une salaison rancie.
Le corail l’accueille. 1/2

Ici, sa carcasse
rassasiera la rascasse,
le colin, la sole. 2/2

31 juillet – 13 thermidor – Abricot 

Couteau tatoueur
Abattoir à Biribi
Bourricot cabré

Abruti au bar,
bureaucrate courbatu,
robot au rebut.

Torture au carré,
ce tabac autoritaire.
Crabe ou barbecue ?

Artère obturée,
court-circuit, tête courbée,
et ton cœur barbote.

Recruteur bourré
rétrécit au cabaret,
cicatrice au cœur

Bébé au berceau
Beau tribut au bureaucrate
Tétée au bureau

Boycotter octobre,
autocrate autoritaire,
courbette au bureau.

Ce tarot t’abat,
Et cette terreur atroce
a broyé ton cœur.

Bécoter autrui ?
Écriture au Rectorat !
Retraite arbitraire !

Boire au cabaret,
carburateur à biture,
tuyauterie cuite.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Bleusaille esseulée,
Culasse calée au cul,
Besace bossue.

Sous le ciel si bleu,
où la balle l’a blessé,
belle, l’eau s’écoule.

Assis à l’école,
il a cessé ses calculs,
laïus illisibles.

Libellule bleue,
elle a secoué les ailes,
aboli le ciel.

Oublie le soleil.
Le siècle s’écoule à l’aise.
Il balaie le sable.

Le cycle social :
à l’aube, les balayeuses,
le bus, le lycée…

Colosse blasé,
baobab sous le ciel bleu,
balise, boussole.

Oasis, oubli,
alcool, asile absolu,
calice accessible.

La cible éblouie,
l’oiseau basculé au ciel
a l’aile cassée.

Il a lu la Bible,
l’a scellée à sa cellule,
ascèse absolue.

Si l’oiseau babille,
le ciel blasé se secoue,
le soleil a lui.

L’aloès blessé,
Lisse, aboli sous la suie,
Oscille, éboulé.

Si la liasse cesse,
la Suisse où coule l’oseille
se saoule à la caisse.

Œil alcoolisé
(il a lui, au ciel, si seul)
le soleil se lasse.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Si brebis aboie,
Barbu ira au bureau :
Ruse réussie.

Saisie au ruisseau,
Si ours bourru a brassé,
Eau sera bourbeuse.

Babar, absorbé,
a osé baiser Barbie
au ruisseau, bourré.

Sobre ou rassasié,
à Biribi, rabroué,
surseoir à sa bière

Sueur, boire au seau,
Suaire, bière, ossuaire.
Béribéri ? Oui.

Sureau ou sorbier,
Arbrisseau si rebroussé,
Osier ou rosier ?

Barbare rieur,
Sa bière rousse irisée
Sur sa barbe rase.

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Ma gomme avouée,
Guimauve, magma vomi,
Mou, mauve, gai gag.

Va via, voyou !
Voyage à Véga, au Gave,
ogive ou youyou !

Ma mamie me gave :
gamma, oméga, yoga.
Guimauve à gogo !

Ma gamme, à Gaveau,
Vouée au veuvage mou,
Avive ma mue.

Voyage gémeau :
Amigo mio, Goya
ou mamma mia ?

Mué au gamma
Où ma vague a voyagé,
Yogi a vomi.

Oui, ma môme aimée
avoue : a gagé ma gemme.
Ému, ai gémi.

Ma magie aiguë
a vu ma veuve Maguy
vouée au gommage.

Momie ou Migou ?
Image vouée au gag :
Gai you-you au goum.

4 août – 17 thermidor – Lin

Le lin l’ennuya.
Annie a élu la laine.
Nylon à Noël ?

Non, le lion n’alla
ni à l’anneau ni à l’île,
l’œil lié à Elle.

Nulle union n’a lieu.
Ni Ninon, ou Line, ou Anne.
Annulé, l’anneau !

Onan ennuyé :
il a l’élan léonin,
la nouille liée.

Une nonne nue,
l’alléluia annuel,
un âne à Noël.

Léonin, Léon,
l’aïeul aille l’aïoli
ou la nouille à l’eau.

Élan annulé :
nulle liane à une lieue,
ni nana à l’eau.

Aliéné ou non,
l’élu n’a eu ni non-lieu
ni l’alène à l’aine.

5 août – 18 thermidor – Amande

Ménade à midi,
Démon nomade demain,
Mondaine damnée.

– On dîne où, Ondine ?
– Au « Domaine Aimé », au Maine.
Amène monnaie !

Amandine, nue,
à demi amadouée,
anime ma main.

Adieu au dodo :
Une dinde amidonnée ?
Un moineau mondain ?

Madonna domine
un dandy demi-mondain,
démodé, immonde.

Monnaie anonyme,
Aumône au môme anémié,
Un dédain immonde.

Madame Didon,
diadème à demi noué,
amidonne Énée.

Madone en émoi,
anadyomène, Nana,
anémone d’eau.

Doña Manaudou.
Ondine à monnaie, menu,
d’immonde ennemi.

Nadine, nommée
Au menu du dénommé
Némo, un Indou !

Adam mime Dieu,
Nu, indemne, inanimé.
Aden ou Éden ?

16 août – 29 thermidor – Coton

Couteau innocent,
Initiation annoncée.
Attention : contact !

Tentation tétée,
ta nicotine atténue
ton inanité.

17 août – 30 thermidor – Moulin

Malin, le lama
au moulin a mimé l’ami,
l’âme molle a lui.

La lune mouillée,
Mamelon inanimé,
M’a illuminé.

L’ennui annuel,
Un animal à l’anneau,
Allié à mon mal.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Prairie pour pipi
Épine pourrie a peur
Un poney pour rire

Nappe en papier noir
Une prière païenne
Pourpre, une poupée…

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Édredon dodu
à la douce odeur de cidre,
cendre enracinée.

Carcan écroulé.
Une dernière corneille
dépèce ce crâne.

Un loup dénoué.
Le caprice d’une œillade.
Audace candide.

Le Pen au placard ?
La procédure a duré.
Colère, ou pardon ?

Ennui incendiaire,
laideur de la cendre nue,
aucune éclaircie.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Courir ou guérir,
courge grise ou surgeon grec,
orge sec ou sèche ?

25 août – 8 Fructidor – Apocyn

Icône inconnue,
innocence inoccupée,
panacée poupine.

26 août – 9 Fructidor – Réglisse

Galère augurale,
royale sous le grésil,
soleil sur l’eau grise.

Gloire à l’égorgeur.
Il a grossi le ruisseau.
L’eau gargouille, rouge.

La soirée grisaille.
Se laisser-aller, relire,
Alléger l’orgueil.

La Guerre rassure.
L’Orgueil leurre la Sagesse,
L’Aigreur égalise.

Si la Ruse souille,
L’Erreur ou la Rage isole,
La Sagesse saoule.

27 août – 10 Fructidor – Echelle

L’alcool au lycée ?
Chiche, allié à la coca !
Calice à l’école !

30 août – 13 Fructidor – Epine-vinette

Tôt venu au vent,
Un pantin épouvanté
vivote, épaté.

31 août – 14 Fructidor – Noix

Anxieux, ennuyé,
En anoxie, un Xanax
A nui à Nixon.

1er septembre – 15 Fructidor – Truite

Territoire étroit.
Torero autoritaire
et taureau têtu.

3 septembre – 17 Fructidor – Cardère

Eau ridée, acide,
Radar au cri du radeau,
aurore cariée.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Un pourri pérore,
une réunion ronronne.
Un paria noyé.

5 septembre – 19 Fructidor – Tagette

Agite ta toge,
guette au gâteau, goûte, à gué,
au gîte tagué.

Toutou agité
Gigotait, tout tatoué,
Goûtait au gâteau.

6 septembre – 20 Fructidor – Hotte

Août à Tahiti.
Yéti têtu, tête haute,
y était tout ouïe.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

L’Anguille et la Truite
ont englouti l’Agouti,
gueuleton goulu.

Un angelot traîne
une auréole étiolée
et grelotte, nu.

8 septembre – 22 Fructidor – Noisette

Atone, au sauna,
toute nue, sans sa soutane,
sa Sainteté sue.

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Une bulle au loin.
Une balle a lui. Holà !
Ballon aboli.

10 septembre – 24 Fructidor – Sorgho

Gros ours gris, au soir,
se gargarise au ruisseau,
assis sur sa graisse.

11 septembre – 25 Fructidor – Ecrevisse

Ascèse assouvie.
Écuyère cuirassée
rêvasse au caveau.

Sourire acéré,
suave sous sa vareuse
carrière assurée.

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Bagarreur bourré,
raid au bar à Biribi :
gradé égorgé.

Adieu au bayou,
égaré au bord du gué,
bourbier gorgé d’eau.

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

Adage gravé
dédié au voyageur :
Arrière, égaré !

Garrigue du Gard
Rêve de Ouagadougou
Gourde gorgée d’eau

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

Sommes amassées,
Sésame suisse essayé.
Séisme, saisie !

Maoïsme mou :
Mao soumis à Emma.
Maïs ou soya ?

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Moyen renommé ?
Remourir à Rome. Amen !
Une énorme erreur !

Roméo ronronne
en ré mineur enroué :
Nourrir mon minou !

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Union enrayée :
Un européen rieur,
Un paria noyé.

Paréo noué,
une poupine pin-up
pérore au piano.

17 septembre – 1re sans-culottide

Verrue verte et rut :
Revu vert tueur rêvé.
– Urètre-étuve !

Vautré au trottoir,
Ta roture t’a voûté.
Retour au terrier !

Trouvère ou trou vert ?
Verre ouvert, ou verrou vert ?
Tarte-art ou tartare ?

18 septembre – 2e sans-culottide

Gagnée à genou,
Une agonie ânonnée
Engage au guignon.

19 septembre – 3e sans-culottide

Litote voilée :
vouvoyer la violette,
tutoyer l’étoile.

Viril, irrité,
A viré Trierveiler.
Elle l’a rivé.

Voltaire a eu tort :
La rêverie te torture.
La vérité tue.

Toilette au réveil.
Autorité rituelle :
Lave-toi l’oreille !

20 septembre – 4e sans-culottide

À peine un penny,
Une nappe inopinée,
Un pain en épi.

21 septembre – 5e sans-culottide

On économise.
On paie une aumône au môme.
Un penny ? Merci !

Espèces précoces,
Écrémées, non consommées,
Escroc économe.

– Ma reconnaissance ?
Mais remercie-moi, au moins !
– Rémunère-moi !

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Roussanne ou Syrah,
Noir rayonnera rosé.
Sois serein, arrose !

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Ni souffrir sans frein,
Ni finir en fanfaron,
Enfouir ses frissons.

Une Russe rousse,
Un fourreau en soie, froufrou,
Éros en fureur.

Néron effréné
Assassina sa nana.
Fou inoffensif !

Si nounours s’ennuie,
Enfarine Raffarin ?
Finir en enfer !

Fourneau, ou sauna ?
Un inoffensif ennui
sniffe sa nausée.

Fourrure soyeuse,
Rose ou rousse ou safranée,
Une souris noire.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Qui a la colique ?
Quoi ? l’alcool choque ? Chiche !
À la queue ! Coucou…

Coq ou hochequeue,
quoi que la coquille lâche,
il a l’aile chic.

La quiche à l’école :
Achille accueille Clélie,
la lèche à la colle !

26 septembre – 5 vendémiaire – Cheval

Le chauve a lâché.
Ah ! la vache ! Elle a léché
le veau à l’œil, va !

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Un thé en attente
Et un thon en théorie
Ont rarement tort.

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

Passion insensée,
Ennuyeuse à son insu :
Saison nauséeuse.

1er octobre – 10 vendémiaire – Cuve

Ce Voconce à Vic ?
CV vu, couci couça.
Caca, va via !

Eau vive au caveau.
Voyou vouvoyé ? Cocu,
ce vioc a vécu !

Coco avoué
avive veuve cuvée.
Vœu à vue : écu.

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

Opéra, retard
pour apparaître au parterre.
Épater Madame.

Mourir pour autrui ?
Apitoyer un apôtre ?
Détrompé trop tard !

Un Prêtre au prétoire,
Une Dame et un tiroir.
Erreur de maraude.

Par étourderie,
perdu matamore armé.
Remettre au portier.

Ordi piraté ?
Ta prière au Dieu Modem
était trop rapide.

Pédiatre empâté
ou empereur empêtré,
même turpitude.

Porte ou parapet ?
Pierre du muret parée ?
Détour du patio ?

Ode au rat péteur :
Arme ta pétoire et tire
Apprête ton trou.

Du miam-miam pourri,
déterré du dépotoir ?
Ta moutarde pue !

Ta Pomme d’Api
appâtait et attirait
ma pomme d’Adam.

Démarrer au rade,
Atterrir au prieuré,
Déprimer au pieu.

Dot imméritée ?
Répudie ta douairière,
prépare apéro.

Marmotte au terrier
Dormait. Marmot atterré
Mordait et tétait.

Du doute : amour morte ?
Pudeur, moue : rut dérouté !
Pipeau : prurit dure !

Totem et Patou !
Tati pourrit au poteau ?
Adieu au papy.

Tâte-moi pour rire,
patate ! et démerde-toi,
adepte du pape !

Auteur réputé,
imprimatur immédiat
et merde imprimée.

Poète paumé,
éditeur autoritaire,
papetier raté.

Mari démodé !
Madame Mado m’a dit
« Adieu, à mardi ! »

Peur de te tromper ?
Arrête d’atermoyer.
Et démerde-toi !

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

Elle aime RTL :
elle a aimé et maté
airelle et Maïté.
(transcription du haïku phonétique
LMRTL
LAMÉMAT
RLMAIT)

Armer l’émirat ?
Le tumulte illimité.
Mitrailler l’émeute !

«El Torerito»
allait muet au martyre.
Le taureau riait.

L’émeute allumée,
et le roitelet mourra,
moral rétamé.

4 octobre – 13 vendémiaire – Potiron

Pour une pépite,
ou pour un penny, Penny
tripote un notaire,

Un notaire éteint,
anéanti par Penny,
artère en rupture.

Popotin pétri
par un prêtre entreprenant,
pénitente part.

Puritain et père,
un ’pitaine épanoui
torture au Pérou.

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Rosir ou surir ?
Désir dérisoire adresse
sourire à Rosa.

Sade a rosi d’aise
au rodéo du désir,
raidi, à dada.

Si Eddy assure,
dardé, rudesse soyeuse,
souris sidérées.

6 octobre – 15 vendémiaire – Ane

Une année inouïe :
un ânon né ennuyé,
un ni-oui ni-non.

no one in a nine
an’ in’ian ‘ona ea’ you
inna yea’ no’ you
(Linton Kwesi Johnson style)

7 octobre – 16 vendémiaire – Belle de nuit

Au bal de l’abbé,
Delon, Dalida, Noël :
la nouba de Baal.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

La loutre criaille,
Elle court à toute allure,
caracole au lac.

Écrit acéré,
à l’âcreté oratoire,
littéraire et crue.

La route ou le rail ?
Autocar ? Il te tuera.
TER ? Il cale.

Écriteau cucul :
« La carotte à la cueillette
(Clôture et toutou) ».

Le lutteur turc rit.
Il t’éclate à la loyale,
carrure érectile.

La cuite au curare
ou le couteau à l’artère :
le clou au cercueil.

La tortue accourt,
elle côtoie le tacot.
Crotte ! il a calé !

Le colt a tiré !
Il court il court le coyote,
et il a la trouille !

Le recteur recrute,
et tirera ta carrière
à la loterie.

La tourte à la caille
recréée à la récré :
la tarte à la couille.

Cet élu raté ?
Il racolait l’électeur.
Récolta la tôle.

Il accélérait,
l’autoroute était étroite :
auréole, au ciel.

Courir au tiercé,
Croire au loto, calculer ?
La roulette tue.

Autocar, tacot,
TER ou Toyauta,
tout aura un coût !

La tôle rouillée ?
Elle roulera, coriace,
ô Coyote Roi !

Coyote rieur,
colle à l’actualité
ta Lyre étoilée !

La culotte à l’air,
il allait au cocotier,
cueillir la citrouille.

Le coyote (l’autre)
le caractériel cloîtré,
Trotte à la retraite.

Céleri coca,
ou la truite à la carotte ?
Croûte au cacao.

Culotté, le troll !
Il raccourcira coyote
au couteau à cuir !

Écrire lettré,
courir le cercle, et l’élite…
Et l’art aratoire ?

Ratière à coyote ?
Elle accueillera la loutre.
Côtelette à cuire !

Lecture cæcale,
Atrocité littéraire,
Ce calice atroce !

Le coyote outré ?
Il aura le cul clouté,
étrillé, raclé !

Raclette à racaille,
Attirail à tailler coriace,
Coyote, à la couette !

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Ruine raisonnée
Sourire sans une ruse
Ou saine ironie

Sourire au rasoir,
rassurer son assassin,
réussir sa ruine.

Anus assuré ?
Ânon sournois en sueur
Essaiera aussi.

Un as ou un roi ?
On a enrayé sa ruse,
on aura ses sous !

Assassin syrien
Un ossuaire insensé
Oasis ruinées

Nuée irisée
sur une ornière noyée,
une rosée saine.

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Tirer sur un noir ?
Notre arsenal le tolère :
On est USA.

La Sultane au lit,
Lassata, non satiata,
Attente à tes nuits.

Le latin lointain
sera-t-il assassiné ?
Intentions létales…

Entretiens ta liesse,
Ton ressort retentissant,
Laisse-toi aller.

Lointaine et râleuse,
ta lenteur sous le soleil
sentait le roussi.

11 octobre – 20 vendémiaire – Pressoir

Sœur pas rassurée
essaie surseoir à sa peur.
Sapeurs pas pressés.

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

Un chancre acharné,
un nouveau navire ancré,
un rire navré.

Un écho rêvé,
une anche aérienne en ré
envoie une aria.

Un cuivre enroué,
Air écorché au crincrin :
Un chœur chaviré.

Un cochon voyeur,
une échancrure envahie.
Évacue, verrue !

Écrivain en verve
cherche chanoine aviné
au crâne chenu.

Crachin en hiver,
nirvâna inachevé,
échine coincée.

13 octobre – 22 vendémiaire – pêche

Haché ! Chic… Chopé ?
Pécho chouchou au cap ? Hic !
Cha-cha-cha, papi !

Chihuahua apache :
Picachou couci-couça ?
Épeiche ou coucou ?

OPEP ou PACA ?
Papi a payé papa.
Ça pue où ça pioche…

Cop épie poupée :
Popeye a pécho coco.
Cap au Chihuahua !

« coyo ? » apocope !
« caho ? » apocope, chou !
« pochoi ? » Ah ! Écho…

P’épuce caché, pipi ?
Cache ce popo,
chope ce cachou.

Coupe épicéa,
cache copeau échappé,
ou hache acacia.

Ha’po a pépie,
Chico a chapeau coupé,
’oucho a chéchia.

Ai chipé choco,
Chico a chipé chipo
épicée… Au pieu !

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Tonton vante un veau :
Navet, eau, vin, tanin, va !
Tâte-toi, tout tient.

En août on nota
une innovation naïve :
avoine étuvée.

Vêtu ouatiné,
Attention ! Névé atteint !
Va-t-en nu au vent !

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Maire amer, Mamère
A l’âme amère au soleil :
Il aime le sel.

Museler l’oiseau,
emmurer l’ours au saloir,
leurrer la marmaille.

Se soûler au mess
Ou s’arsouiller à la messe ?
Essaie le rosé !

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

Beau feu au bayou,
bœuf bouffi bouffé au foie,
bébé au bouiboui ?

19 octobre – 28 vendémiaire – Tomate

Tommy, mate-moi !
Ta matité m’a émue,
aime-moi, matou !

Toyauta muette
meut émeute à Miami,
émoi à Mayotte.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Gros ou gras ou gris ?
Ou rouge-gorge gagé ?
Gare égarée, rare …

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Popeye au pipeau
à Pompéi pépia,
paumé, ému… Poum !

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Recel au cellier,
collier rouillé reculé.
Couler l’irréel.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Pépère râpé !
Rip à ri ou rip à ra,
Paré pour périr.

Pérore, râpure !
Parieur au Pérou puera.
Proprio roué.

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Yéyé à youyou
a ouï yoyo à Yeu ?
Oui, à Eu, Oyé !

Ton tiède dédain
(antidote ou tentation ?)
taquine un eunuque.

29 octobre – 8 brumaire – Scorsonère

Caresse résonne.
Sonnerie nous assassine.
Assassin rassure.

Césaire, corsaire
au sourire carnassier,
cri sans concession.
Son encre rayonne,
nacre sonore, racée,
arc enraciné.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

La liseuse russe
a laissé le seul sourire
au lilas sali.

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Chéri a charrié
or arraché au rocher,
accroché au char.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

La fille au soleil,
Fuselée, aisselles lisses,
Assoiffe ses ouailles.

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Merci au curé,
âcre comme mère aimée,
âme crue, amie.

Rumeur murmurée,
ce mari au cuir coriace
a cramé Marie.

Mûrir à Rio
Ou mourir à Macao ?
Rimer au Maroc !

Mérou au mercure,
Arôme amer au Carême,
Mareyeur marri.

3 novembre – 13 brumaire – Topinambour

Ta beauté barbare
me rattrapera au trou.
Mon amour y meurt.

Tam-tam ou tambour,
Bour et bour et ratatam,
Batterie taboue.

« Pour une amourette… »
Arrête ton baratin !
Promettre et mentir…

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Va via, Nadine !
Un veau divin né en vain,
évanoui, au vin.

Une diva nue,
Nova divine, à nouveau
Venue au divan.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Vache, vie cachée,
chèvre vicieuse à ravir,
revivre au savoir.

Sorcière rêveuse,
Cache ces accroche-cœurs !
Ça va chavirer.

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

Nos carcasses creuses,
Nos crasses ou nos caresses,
Nos soirées rancies…

8 novembre – 18 brumaire – Dentelaire

Derrière la nuit,
il y a la dent du lion,
la terreur du trou.

Détruire, dit-elle,
le tonnerre de l’artère,
arrêter la Terre.

Retarde la ride,
Dérouille l’ordinateur,
Détartre la dent.

Détrône ton Dieu,
Et le Troll te donnera
Le droit d’adultère !

À la douane on donne
le droit à l’Eldorado.
Le douanier t’attend.

Un dur ardillon
Anéantira la truite
Toute endolorie.

9 novembre – 19 brumaire – Grenade

Un dard rengainé,
un grand daron dédoré
au groin dégarni.

Une araignée diurne
ignorée ou dédaignée :
une aurore ardue.

10 novembre – 20 brumaire – Herse

Haro sur Arès,
héros rassasié, rassis !
Hourra sur sa sœur !

Huissier hérissé
essaie sa rosse au haras,
sourire serré.

11 novembre – 21 brumaire – Bacchante

Niche inhabitée :
Ton caniche cabotin
Étonne un coyote.

Coyote innocent
Achète cahute ancienne,
Une botte étanche.

Yéti ou babouin ?
Un coyote tibétain
a conchié Tintin.

Coyote tchétchène
a bétonné une botte,
niché à Chatoï.

Coyote entiché,
cahin-caha coïtant,
bichonne une chienne.

Canine en attente,
coyote à Château-Chinon
Béthune ou Nancy…

Un coyote Ossète
Chuchotait à Natacha :
Beauté, bath ta botte !

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Râleur, le zazou.
Il a loué l’alizé.
Elle a lu : « Roulez ! »

13 novembre – 23 brumaire – Garance

Un genou rougi,
ce gnou écorné ricane,
enrage, cerné.

14 novembre – 24 brumaire – Orange

Une graine aigrie.
Une orange noire, rouge.
Une aurore noire.

15 novembre – 25 brumaire – Faisan

Sa noise sans fin,
son feu sans sens, inouï,
nous a nui. Au fou !

16 novembre – 26 brumaire – Pistache

Pas touche à pastis
Pas touche à pipi-caca
Pas touche à hip-hop.

Secoue cette peste,
ces théistes psychopathes,
et ta cécité !

17 novembre – 27 brumaire – Macjonc

J’ai joué ma joue,
joui jeune, aimé ça, oui,
joué mon ennui.

Un énième enjeu,
une menace connue :
ennemi nommé.

Camé au coca,
j’ai noyé mon innocence.
Mon coma commence.

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Cigogne en Guinée,
Gynéco à Cucugnan,
Guano à Nancy.

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

Aimer Roméo,
même courroucé ? Merci !
Ce mou raccourci ?

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

La lueur élue
ira à l’oreille ourlée,
l’auréolera.

21 novembre – 1er frimaire – Raiponce

Rêne raccourcie,
apeuré, éperonné,
un ânon renonce.

22 novembre – 2 frimaire – Turneps

Patates pourries,
et notre soupe au nitrate :
nourriture saine.

Terroriste à terre,
assassins anéantis,
un espoir renaît ?

Un étron s’ennuie :
son poseur s’est assoupi
sur son petit pot.

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Un faon a flâné,
a fouillé le foin au loin.
Il a filé, flou.

Un filou floué
fêle la fiole à Lénine,
félon en flanelle.

Alain Afflelou,
à Neuilly ou à Lunel,
a l’œil affilé !

25 novembre – 5 frimaire – Cochon

Un chouïa, chouchou ?
Cachou, chenin, cocaïne,
chacun son chichon.

26 novembre – 6 frimaire – Mâche

Ce mamamouchi,
comme un chameau cacochyme,
cache ce micmac.

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Le lâche, le fou,
a lâché l’acier au cœur,
le feu, la folie.

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Lui, le mal-aimé,
L’ami Milou l’a aimé,
Limé, emmiellé.

29 novembre – 9 frimaire – Genièvre

Vinaigre avarié :
Un gouverneur aviné
a viré au gin.

Une veuve noire
rayonne, revigorée,
égorge une rouge.

1er décembre – 11 frimaire – Cire

Croco courroucé
crie, accroc au cuir racé,
écorce rayée.

2 décembre – 12 frimaire – Raifort

Trotteur au terrier
Truffe frottée au trottoir
Forfait ratifié.

Tartuffe a eu tort,
attiré au feu à froufrou :
foutoir tarifé.

3 décembre – 13 frimaire – Cèdre

Décoder erreur
décorée ou cocardière,
ridée, ordurière.

Douce dédicace
au cadre écœuré radié :
Corde au corridor !

Ce cœur irradié,
ce dur accroc à recoudre,
radouci, courra.

4 décembre – 14 frimaire – Sapin

Passion épineuse
a poussé sous une pesse,
puis passé sans peine.

5 décembre – 15 frimaire – Chevreuil

Ce rêve éveillé :
La varicelle à l’école
Cache la vérole.

6 décembre – 16 frimaire – Ajonc

Aucune innocence :
un Océan inconnu
noie Nice, Ajaccio.

7 décembre – 17 frimaire – Cyprès

Pourrir après ça ?
Pas pressé, si ce sursis
assure ce soir.

8 décembre – 18 frimaire – Lierre

La lueur rouillée
à l’aurore reluira.
Lorelei rira.

9 décembre – 19 frimaire – Sabine

BB baise au bain,
assise en bas, au bassin.
Aubaine, un sein nu !

Obsession : banane.
Babouin, babine baissée,
Aboie au buisson.

Un beau bonobo,
abonné à sa nana,
bisse sa nouba.

Sa babine bée :
Bobonne a baisé Ubu,
béni son oiseau.

Niobé, saisie,
ses bébés assassinés,
insensée, bannie…

11 décembre – 21 frimaire – Erable sucré

Baobab, ébène,
Bolloré brûle la brousse :
arbres balayés.

Brebis rassurée
sur le Causse libéré
salue le soleil.

L’Alsace esseulée
a écrasé ses rebelles.
Recul calculé.

12 décembre – 22 frimaire – Bruyère

Bérurier beurré
a broyé bar au bouiboui,
a barri, bourré.

13 décembre – 23 frimaire – Roseau

Rousseau a osé
rassasier sa sœur au soir,
essorée, rassise.

Serrure serrée,
sa soyeuse souris rousse
sourira, rusée.

Sissi, sous sa soie,
susurre au Sire ses ruses.
Soirée arrosée.

Sueur à Roissy ?
Ossuaire au RER ?
Sursis au suaire.

16 décembre – 26 frimaire – Pignon

Gelé, il gargouille
L’eau gloutonne l’englua
Il ira au gour

18 décembre – 28 frimaire – Truffe

Ta fée t’attira
Et t’a fait frotti-frotta,
Tout fou, terrifié.

19 décembre – 29 frimaire – Olive

Le velu avoue.
Il a loué la Volvo,
avalé la valve.

21 décembre – 1er nivôse – Tourbe

Buté, abattu,
barbu baratté à terre,
tâte tabouret.

23 décembre – 3 nivôse – Bitume

BB a tout bu !
Au toubib ! Ta mie titube,
Taboue, abêtie.

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

Fuir fiefs à soufis,
Fous rusés, afros rasés,
Au rosier farsi.

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Enchaîné en Chine,
un nonce chiche en chichon
a cané, noyé.

26 décembre – 6 nivôse – Lave

Voilà la vie. Va,
à vau-l’eau ou à vélo,
veule ou avili.

27 décembre – 7 nivôse – Terre végétale

Gratte ta guitare,
Et vire le virelet,
Allégro largo.

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

Et prêt à partir
sur tes petites spartiates,
pour rire et parler.

31 décembre – 11 nivôse – Granit

Attention au tigre !
Un groin grognon guette et gratte
ton gratin garni.

1er janvier – 12 nivôse – Argile

Le garou gelé
gargouille à la gare, agile.
Le gorille rage.

Élargir le rire
Reléguer la guerre au large
Larguer le geôlier

Google au goulag !
Gloire à la règle allégée !
Griller le Graal !

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Drossé sur sa rade
de Désirade à Iroise,
radeau redressé.

Rodéo sordide
de Rio à Rosario,
sierra sourde au raid.

3 janvier – 14 nivôse – Grès

Aiguiser rasoir,
rosser régisseur grigou,
égorger à gage.

Agir assuré,
saisir sa gorge irisée,
essuyer sueur.

Sagesse, rigueur :
ressurgir au Gai Rosé,
s’asseoir égayé.

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Alexis s’exile.
Il laisse sa seule alliée,
Alix, isolée.

7 janvier – 18 nivôse – Pierre à chaux

Apéro copieux.
Papou accroupi, cireux,
a craché cachou !

Cache-cœur écru,
Écuyère au chapeau roux,
Houri ou harpie ?

Priape pourpreux,
Paré, prépuce roupieux,
Approche, curieux.

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

Babar a barri.
Rambo armé a ramé.
Bambi a bramé.

9 janvier – 20 nivôse – Van

Evviva VVana !
Ave ! VVana au névé
aviva Navy.

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Le Pape épaula.
L’artilleur, la tripe à l’air,
pirouetta. Loupé !

L’OULIPO l’allaite,
Et le Papou, retapé,
l’appelle « Papa ! »

Tortore au tripot
pour la retraite à Toto :
rillette, apéro.

13 janvier – 24 nivôse – Cuivre

Vivre au carré, croire
au vice, varier, river
ce cœur à ce cou.

14 janvier – 25 nivôse – Chat

Ce touche-à-tout tchatche
et chouchoute ta cocotte…
Hâte-toi, et couche !

15 janvier – 26 nivôse – Etain

Téton tatoué,
Une nonne toute nue,
Nattée et tannée.

16 janvier – 27 nivôse – Plomb

Myope à l’œil mouillé,
il palpa la mal-aimée,
l’emmena au bal.

17 janvier – 28 nivôse – Zinc

Un canon couina.
Ceci n’a nui à Ninon :
la zouz a nocé.

19 janvier – 30 nivôse – Crible

Le club l’a roulé :
Aller à la librairie ?
Ribéry recule.

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Gagnaire, effréné,
au fourneau fanfaronna.
Foira un fourrage.

Fourrure fournie,
Greffier fier, frigorifié,
Renfrogné, ronronne.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Pérignon ranci
ou Cognac aigri ? Un pingre
négociera ça !

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Dormir à midi,
amadouer ma diva,
dévider ma vie.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ma murène a ri,
Ma zouz a muré ma rue.
Réanimez-moi !

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Inca au Congo,
en Guinée, iguane en cage,
à Ouaga, un cygne.

1er février – 13 pluviôse – Laurier

La lyre rouillée,
Alliée au râle à la rue,
Leurre le railleur.

2 février – 14 pluviôse – Avelinier

Vouloir ou valoir ?
L’avenir a réveillé
la veille ou l’envie.

3 février – 15 pluviôse – Vache

Vioc voué au choc,
Avachi va au caveau
Ou cuve à Vichy.

Chihuahua vivace
A couché avec ce veau.
Chevauché accouche.

8 février – 20 pluviôse – Serpette

Si Éros t’attise
et si Priape te presse,
ose résister.

9 février – 21 pluviôse – Thlaspi

Les Alpes pelées,
le soleil les époussette.
Halte à l’hallali.

10 février – 22 pluviôse – Thimèle

L’homme à l’omelette :
Telle matelote au lait,
Elle m’émeut, miam !

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Ton acidité
Additionnée à ton ton,
Dénonce ta haine.

Cette déchéance
Atteint ton chant citoyen
Et te douche, Annie.

13 février – 25 pluviôse – Lièvre

Le livre relu
A voulu lui révéler
La rue où elle œuvre.

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Rosetta s’arrête,
stationne sur une route
et nous instruira.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Leçon animale,
la limace de Lucien
annonce Suel.

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

Ni dédain ni haine
à l’école de Noël :
on donne, il concède.

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Un roi, une reine,
Un cœur annoncé renonce.
Racine ou Corneille ?

23 février – 5 ventôse – Bouc

Ce Boccace? au bac ?
Ciao, cobaye au beau bec !
Bacbuc y a bu.

3 mars – 13 ventôse – Fumeterre

Rat fumé au four,
frotté au fer à farter,
et friture au trot.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Arrivé au Havre,
échoué à ce rocher,
va voir ce rêveur.

6 mars – 16 ventôse – Epinard

Pinard au dîner ?
Un appeau pour un pipeau :
Panard dru au pieu.

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Orion au nadir
D’un croc d’airain arrondi
Couronna un roc.

(lipogramme pour le 80e anniveraire de Georges Perec)

8 mars – 18 ventôse – Mouron

Néron, ironie,
A monnayé une arène
Où rumeur mourra.

9 mars – 19 ventôse – Cerfeuil

Le cerf à l’office,
Ficelé à l’écuelle,
Fricassé à l’ail.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Passé le péril,
Aller s’asseoir au pressoir,
Laisser l’apéro.

13 mars – 23 ventôse – Cochléaria

Achille a couru,
La racaille hurla ce cri :
Lâche ce caillou !

15 mars – 25 ventôse – Thon

Tête-à-tête en août :
Une nonne toute nue,
Un athée tenté.

20 mars – 30 ventôse – Plantoir

Une année en or
En annule-t-elle une autre ?
Elle l’entérine.

22 mars – 2 germinal – Platane

Le pape en allé,
Atalante, lente, pâle,
Pète la patène.

23 mars – 3 germinal – Asperge

Pioupiou épuisé
S’agrippa au gros poussoir :
Aspergea pissoir.

25 mars – 5 germinal – Poule

Paul au youpala
appelle le poilu pâle :
« Pipi ! Paul a plu ! »

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Junon qu’il enjôle
Enquille l’eunuque en joie :
Une nouille, une oie.

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Fée frigorifiée
Offre effigie gore.
Érigé, Roger !

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Pépère penché
Cherche cèpe vénéré.
Échec. Énervé.

2 avril – 13 germinal – Morille

Œillère ? Oreiller.
Rimmel rime elle ? Olorime.
Mémoire emmêlée…

4 avril – 15 germinal – Abeille

L’abbé à la baille !
Blé allié à la bible,
Bilal le balaie.

10 avril – 21 germinal – Gainier

Araignée gênée,
Ingéniée à engranger,
A gagné gangrène.

11 avril – 22 germinal – Romaine

Amène, Marion
A ramené Morano
À Marine amère.

21 avril – 2 floréal – Chêne

Une noce chic
Où caché on chouine, non ?
Nanananana !

23 avril – 4 floréal – Aubépine

On a bu bonbonne
À Beaune. On a bu bibine,
On paya bonbon.

Aziz Zaâmoune

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Amour, os usé
Émoi amusa Éros
Éros énergumène.

Céline Verdier

1er août – 14 thermidor – Basilic

A l’eau lisse hélas
Elue la syllabe coule
au cil las baissé

Marie-Noëlle Bertrand

16 août – 29 thermidor – Coton

Un nain enceinta,
à Cayenne, ta cocotte,
une catin têtue.

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Ingénue cousine,
Sa gorge sage en écrin
Eros, a rosi.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Colloque au Chili.
Le cacique a la colique,
cloaque alcoolique.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

L’auteur culte écoute
l’oracle, le catleya
écarlate éclot.

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Et vite, Baratte !
Barbare veut votre beurre.
Ribot bat bouvier.

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Ô, âme loyale,
loue l’Élu ; ému, il a
aimé l’Aïeule

JW Chan

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

à Rome, au Maroc
ai cru au crime ; merci !
amer carême …

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

allo Lorelei;
elle a rouillé à l’oreille
ou à l’aréole ?

Nic Sirkis

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Fleur fauchée, cachée…
Fâché le chef au fichu !
… Fleur hachée… fichue…

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Évidée de merde,
Vidée du derme vomi, …
Rêver de vraie vie.

28 janvier – 9 pluviôse – Peuplier

Par pilier pil’poil
Pour leurrer Raoul-la-poule…
Prière pliée…

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Coin-coin-coin-coin-coin,
Gong cogné, nage engagée,
En cage encoignée.

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

Bobo bleuira ;
Il élabore le bleu,
Lui, bel boréal…

Et mes propres variantes

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Barbu a bu bière.
Au bar aboie boer, bourré.
Rabroué, boy rue.

10 juin – 22 prairial Camomille

A mal calculé
La lame à l’écueil l’accule
L’eau le cueille il coule

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

L’orfèvre rêveur
Livre or à folle filière
Ouvre féerie

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

L’école l’accueille
Il y calcule et il lit
O le toit laïc

13 juin – 25 prairial – Tanche

A chaîne attaché
Chien tatoué hoche tête
Cantonné à niche

15 juin – 27 prairial – Verveine

Veuve erre, navrée.
Ne reverra vie en rêve.
Vienne reine noire.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Pavane au piano
Eve opine épanouie
Peine évanouie

21 juin – 3 messidor – Oignon

Nuage a gagné
Neige au genou gêne engin
Guigne : angine aiguë

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Abbaye sans hôtes.
O sainteté abstenue,
Abaissée, honteuse.

5 juillet – 17 messidor – Groseille

La grille à l’asile
Isole les salles grises
Le soleil s’éraille

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Ton char court au trot
Ta trace au hourra te hâte
Retour te tuera

15 juillet – 27 messidor – Ail

Aïeule, où alla
L’élue à la yole ailée ?
— A l’île liliale.

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Vois ce vase ové
Sis, évasé, au caveau.
Sa veuve a vécu.

17 juillet – 29 messidor – Blé

l’élu a bu l’ale
la belle au bal a bâillé
oublie, libellule

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Vie rêvée ou vraie ?
Erre, vire, arrive ou va.
Roue avive erreur.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Au ru, marié
Mire sa muse rieuse.
Mère erre morose.

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Elle a caressé
L’écureuil en laine rousse.
Cilla l’œil en soie.

1er août – 14 thermidor – Basilic

Là, close, la belle
Sous la bascule oublieuse.
Le sable s’écoule.

2 août – 15 thermidor – Brebis

Sabre abaissera.
Osera briser barrière.
Baisera, boira.

4 août – 17 thermidor – Lin

A l’anneau lié,
L’âne a ioulé, ululé.
L’ennui noya l’île.

7 août – 20 thermidor – Ecluse

Il se colle au sol,
Laissé seul, colosse las.
L’eau coule soyeuse.

8 août – 21 thermidor – Carline

La reine accourue
Enlace un roi lacéré
Au crâne incliné

11 août – 24 thermidor – Aunée

Nue inane a nui :
Noya oie ionienne
En une eau unie.

12 août – 25 thermidor – Loutre

Retour au terril
Toute la terre arrêtée
Toiture trouée

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Ta barbe rasée,
Tu bois une bière rousse,
Ris et te ressers.

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Nous croyons sourire.
Nous nourrissons nos soucis,
Courons sans succès.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Tu passes ta soupe…
Ta tête pèse, tu pestes.
Stop ! Es-tu si sot ?

31 août – 14 Fructidor – Noix

Inouïe nuée !
Un néon noie naine nue
Aux anneaux inox.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

En ce trottoir noir
Un inconnu rencontré
Rit. Et tout renaît.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Une noire pie
A pipé parure ornée.
Un paon en a ri.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

A retenir, gare !
En e le log égale un.
En un, le log ? – nul.

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Hulule bébé.
Hola, le bib a bouilli :
Labiale huée !

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Bodéga barda.
Barbu darda barre au bide !
Dauba badeau raide.

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

Adora veau d’or
Dévida vague raga
Révéra Gaïa

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

A ses aises sise,
Masse à masseuse soumise,
S’essuya, s’aima.

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Une rime amère
A narré ma noire ruine.
O mère marine.

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Père a renié.
Peine noire a réparée.
Epurée, a ri.

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Serrure si sûre ?
Un assassin s’insinue
Ruse réussie

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Sassa sa farine
Enfourna fouasse anisée
Fourrée au raisin

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

L’alcool a la clé :
Accueille cacique ou cloche.
Au ciel ale coule.

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Héritier martyr,
Au Minotaure traîné,
Attire Ariane.

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

Sa passion passée,
Une année au pays, nu,
Apaise sa peine.

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Dos redressé, raide
Se serre au dossier si dur,
Ridé, désossé.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

Tel rit à l’aller
A tort : éclatera la
Colère au retour

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Susurre, serine,
Sans raison narre, ressasse,
Assène son ire

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Ce riche navire
En ce havre a chaviré.
Avare ruiné.

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Barge, non barrée,
Erre et, bang ! bugne une berge.
Un engin ruiné.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Tentée, une nonne
Entonne une énième antienne
A tue-tête, à none

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Pape a aimé pompe.
Pâmé, a payé impie.
O appui pipé !

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Le car accélère,
Caracole… il racle rail.
A l’aile écaillée.

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Préparé au pire
A parié pair, rieur.
Erreur… A payé.

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Quand a tout ôté,
Tout donné, tout dénudé,
Tondu, quitte nid.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Il l’a saluée
Elle l’a laissé lisser
L’arlèse soyeuse

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Fileuse affolée
A sa filasse souillée.
Fil suiffé s’affale

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

Au mar macéra
Coriace mûre amère.
Remue : arôme acre.

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Divine, au divan,
Une diva dénudée,
D’envie dénuée.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Vachère curieuse
Se hisse sur ses échasses.
Oh ! Vice avéré !

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Rôle rare : Lear !
Rire, lazzi, auréole,
Ola, raillerie.

13 novembre – 23 brumaire – Garance

O race encagée :
Ruine, génie gangrené,
Racine niée.

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Un gong inconnu,
En une conga cogné,
Egaya ce coin.

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

Rire à l’oreiller.
L’or a roulé, l’oeil a lui.
O rare aréole.

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

Une fille, un faune.
Elle l’affole, il effeuille
La fine flanelle.

25 novembre – 5 frimaire – Cochon

Chienne à niche couche
Canne en ce cheneau cancane
Hyène au chêne hue

26 novembre – 6 frimaire – Mâche

Amie émaciée
A mâché chaume haché
Hachich ou chimie

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Ils cherchent le fer
Chef alloue or à la fée
Elle offre le feu

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Ouaille mal aimée,
L’émeu mâle, aile élimée,
Il l’a immolé.

29 novembre – 9 frimaire – Genièvre

Une vaine guerre.
Vague génie a gagné :
A ruiné rivage.

30 novembre – 10 frimaire – Pioche

Apache chopé
Paye ce chapeau chipé,
Ou écope coup.

2 décembre – 12 frimaire – Raifort

Terreur ou forfait
Tout fortifie ta fierté
Traître atterré fuit

6 décembre – 16 frimaire – Ajonc

En jaune coucou,
Ce jeune Cajun joue un
Cancan enjoué.

8 décembre – 18 frimaire – Lierre

Lyre à l’air ailé
Auréolera l’élue
Au rire railleur

10 décembre – 20 frimaire – Hoyau

Haie a haï houe.
Hie ouïe, oie a hué.
Ohé ! Ay ou eau ?

12 décembre – 22 frimaire – Bruyère

Bourreau a broyé.
Beau barbare a aboyé.
Roi rieur a bu.

13 décembre – 23 frimaire – Roseau

Ruse réussie
Eros au soir susurra
Rosière a rosi

14 décembre – 24 frimaire – Oseille

A l’île laissé
Seul il a salué l’eau
Soyeuse au soleil

17 décembre – 27 frimaire – Liège

O l’agile goal !
Ailé, il égale l’aigle.
La Ola le loue.

23 décembre – 3 nivôse – Bitume

Atemi bat môme.
Au tatami, maté, bute,
Boîte et tombe. Boum !

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

O soierie froissée
Sur sa rousseur effrayée
Ses frousses fuyeuses

Souffre, affairé, sue.
Scie, arase, fore, fraise.
Au soir offre, fier.

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Une chaîne au cou,
nié, honni, couche nu
Un chouan chenu.

26 décembre – 6 nivôse – Lave

Va la vieille vive
Elle lave l’oule ovale
Elle avale l’eau

27 décembre – 7 nivôse – Terre végétale

Vertige à la grotte
La galerie vague t’ouvre
La voûte ogivale

28 décembre – 8 nivôse – Fumier

Femme au rire amer
Offre au fou rare murmure.
Murée, âme fière.

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

La lettre est postée
Sa prose t’apportera
La prière éprise

30 décembre – 10 nivôse – Fléau

La foule affolée
A fui. La fille a foulé
L’aïeul affalé.

31 décembre – 11 nivôse – Granit

Gratte ta guitare
Entonne au tango rageur
Ta route et ta ruine

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Au sud arde Râ
Darde ses arides rais
Sa sueur radieuse

5 janvier – 16 nivôse – Silex

Lasse, elle s’isole.
L’os usé, l’aile luxée,
Elle a l’œil au sol.

6 janvier – 17 nivôse – Marne

Ma rue animée
Marie au murmure un rire.
Moi ? rien. Emmuré.

7 janvier – 18 nivôse – Pierre à chaux

Accrochée au croc
Harpe a croupi échouée
Peur a rayé Paix

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

O boire ma bière !
Amie amère ! Mourir
Au beau rire ambré.

9 janvier – 20 nivôse – Van

Une vive inane
A vu Eve en eau venue
Au venin vouée

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Il tâte ta plaie
Etire et palpe l’épaule
Peu à peu tout plie

11 janvier – 22 nivôse – Sel

Il sue au soleil.
Il s’essuie, las, l’œil au sol,
Sale, usé, lésé.

16 janvier – 27 nivôse – Plomb

La pluie a molli
Belle palombe mouillée
A l’aile emmêlée

18 janvier – 29 nivôse – Mercure

Rire, croire amour.
Mûr, emmurer coeur marri.
Courir au mouroir.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

Relire la Loi
Railler leur ire arriérée
Le réel luira

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Gaffe au feu orange,
Freine ! Un fourgon noir, garé,
Rugira au rouge.

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Génie au ping-pong
Par un coup piégé, coupé,
Gagne coupe en or

25 janvier – 6 pluviôse – Laurier tin

La terre a tourné
La nature, lente roue,
Retourne à la nuit

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

Amer ouvrier
Rêve d’arriver à vivre
Ou mourir armé.

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Ne m’emmure ô norme
A moi rire, azur, amour
Non, rien ne m’arrime

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Un cygne inconnu
Nage en une igue ignorée,
Ange en une cage.

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

La barbe rebelle,
Braie à la bure brûlée,
Erre le barbare.

31 janvier – 12 pluviôse – Brocoli

Il accueille l’aube.
Il a bu au broc l’eau claire.
Au cou la bricole.

1er février – 13 pluviôse – Laurier

Ruelle où l’eau roule
Où l’aurore a l’air rouillée
La lyre y rira

3 février – 15 pluviôse – Vache

Voici ce voyou.
Ho ce chic ! ce cheveu chauve !
O vie avachie…

5 février – 17 pluviôse – Lichen

Elle couche nue.
Il lui câline l’échine,
La hanche inclinée.

6 février – 18 pluviôse – If

Ouï « Au feu ! » au fief
Fieffé fou fie fieu à fée
Oie a fui off : ouf !

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Echine tendue
Enchaîné toute une nuit
Cadence te hache

12 février – 24 pluviôse – Trainasse

Ta traîne en satin
S’étire. Tu suis ta route.
Sereine est ta nuit.

14 février – 26 pluviôse – Guède

A digue du gué
Doge, aidé à dégager,
Gai, a gagé guide.

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Un roseau tressé
Retenait une eau riante.
Une truite errait.

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Le calme en ce lac
Où ma nacelle m’emmène
Annonce l’écueil.

19 février – 1er ventôse – Tussilage

Le soleil se tait.
Saule lisse l’eau égale
Sous l’étoile sage.

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Il a l’encre noire,
Il a le rouleau nacré,
Il écrira l’or.

21 février – 3 ventôse – Violier

Le veilleur a vu
L’île où l’or ourle la rive
Vire le voilier

26 février – 8 ventôse – Violette

Voilette levée
Il vit à l’œil velouté,
Ovale, la taie.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Au chai verre chiche,
Rare chou, have cochon.
O riche avarice !

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Acide canard !
Ocarina, donne un do,
Accorde ce cor.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Elle a pris plaisir
A parler à l’oiseleur
A la prose ailée.

14 mars – 24 ventôse – Pâquerette

Pourquoi te quitter ?
Pourquoi partir, prêt au pire,
O pourquoi périr ?

17 mars – 27 ventôse – Sylvie

L’oiselle s’élève,
Elle vole, l’aile valse.
Le soleil se voile.

Le sol se soulève.
Ville valse sous la vase.
Le soleil se voile.

21 mars – 1er germinal – Primevère

Ma rivière mauve
Où parmi remou moiré
Amour m’arriva

22 mars – 2 germinal – Platane

La pointe plantée
Entaille au païen l’épaule
L’Elu le piétine

23 mars – 3 germinal – Asperge

Au propos aigri
Propose prose apaisée.
Ris : orage passe.

24 mars – 4 germinal – Tulipe

Ta télé te plaît
T’attelle, tâte et te plie
T’étiole la tête

25 mars – 5 germinal – Poule

La pipe à la lippe
Il l’épouille poil à poil.
Elle, pâle, piaille

26 mars – 6 germinal – Bette

Tout bu, au bouiboui !
Beau bobby, boyau buté,
Abattu, titube.

27 mars – 7 germinal – Bouleau

Belle bulle bleue
A l’aube loba, liliale,
La belle éblouie.

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Jolie, à la lune,
A jailli la jonque au loin.
Au quai nulle joie.

29 mars – 9 germinal – Aulne

La liane annula
Au lion l’élan noué.
L’aïeul le lia.

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Gaffe : égorgeur fou
Offre gaufre, fourre au four !
A fuir, griffe rouge.

1er avril – 12 germinal – Charme

Coucherie, chair crue.
Amour coriace au hamac.
Mourir au harem.

2 avril – 13 germinal – Morille

Il aima le rôle.
Il mima l’âme murée,
Immorale, amère.

3 avril – 14 germinal – Hêtre

O théâtre ! Rite
Où rue hère et tutoie roi.
O rire, ô terreur !

4 avril – 15 germinal – Abeille

Oubliée, au bal
Où l’élu a bu l’eau bleue,
La belle a bâillé.

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Mal aimé, là, mol
Il a la moelle mouillée,
Le moi immolé.

7 avril – 18 germinal – Ciguë

G.O. égaya
Gogo au coca éco
O âge gaga

8 avril – 19 germinal – Radis

Au sourire d’or
De sa sœur au sari rose
Ado s’irradia

9 avril – 20 germinal – Ruche

Choc. Roue accrochée.
Cocher couché, écorché,
Chu, cuir arraché.

10 avril – 21 germinal – Gainier

Gai, règne un roi nu.
Ni gain, ni rage, ni guerre,
Ni rouage noir.

11 avril – 22 germinal – Romaine

Armée a rayé
Une ruine au mur orné,
A rien ramenée.

13 avril – 24 germinal – Roquette

Retour quatre à quatre,
Ou t’arrêter au troquet ?
Rire ou tout rater ?

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Piège ou gagne-pain ?
Une guigne où gêne poigne :
Année en apnée.

15 avril – 26 germinal – Lilas

Allai seul à l’île.
Sous le saule, au seuil salé,
Saluai l’oiselle.

16 avril – 27 germinal – Anémone

Mon âne a mué !
Anonne une âme anonyme
Au moine ennuyé.

17 avril – 28 germinal – Pensée

Sa nasse posée,
Assoupi, noie ses pensées.
Poisson passe au pas.

18 avril – 29 germinal – Myrtille

Il militera
L’Elite le matera
Il mourra martyr

21 avril – 2 floréal – Chêne

A chienne une niche
Nonce couche à Chenonceau
A ce nain Cayenne

23 avril – 4 floréal – Aubépine

A peine payé
On a bu, babine bée.
O nouba païenne !

25 avril – 6 floréal – Ancolie

Connue à l’école.
A la colle, il la câline
Un an… Il annule

26 avril – 7 floréal – Muguet

Agite-toi, môme.
Au totem, tout tatoué,
Gigote au tamtam.

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Une pluie de bergeries

Le Sankulipo, cycle d’un an de haïkus lipogrammatiques basés sur le calendrier républicain, qui avait commencé le 1er mai 2015, s’est donc achevé le 30 avril 2016. Pour fêter l’achèvement de cette aventure, chacun était invité à écrire un texte sur une contrainte oulipienne de son choix, à partir de la chanson de Fabre d’Eglantine « Il pleut, il pleut, bergère ». Cette page rassemble les poèmes qui m’ont été envoyés pour cette occasion. Merci à tous leurs auteurs.

Abécédaire

A-t-elle bien suivi la météo du jour ?
Bergère, peu prudente, va, sans parapluie,
Conduire son troupeau tout bêlant alentour
Dans la verte pâture à l’herbe épanouie.
Et voici que soudain l’orage tombe à verse.
Fort, sûr de lui, avance, à la langue perverse,
Gaillard et bien vêtu, un poète aux beaux yeux,
Honnête en apparence et très libidineux.

Il l’aborde et l’invite à marcher à sa droite :
« Je connais un abri, viens avec moi, marchons ! »
Kebabs anticipés, ou merguez, les moutons
Lassés vont à l’abri. Bergère, maladroite,
Met sa main dans la main du séducteur poli,
Ne sachant pas qu’il la conduit tout droit au lit.
Obligeant, le galant la présente à sa mère,
Puis à sa sœur, et la conduit dans la chaumière.

« Quitte donc cette robe à côté des tisons,
Réchauffe ta peau nue. En corset, tu es belle !
Sur ma litière viens, comme une douce agnelle.
Tu ne manges donc pas ? Sens-tu mes pâmoisons ?
Un flambeau brûle en moi, plus chaud que ce mélèze.
Vois ce qu’a fait l’orage : il faut que je te baise.
William est mon prénom, je suis le fils du roi
Xavier, et je t’épouse et t’en jure ma foi… »

Y faut-il croire ou non ? Ce Pâtre d’Églantine,
Zélé puis nonchalant, interrompt sa comptine.

Bernard Maréchal
(Acrostiche alphabétique)

Tendre berger
Jolie bergère

Tu peux cacher Mémère
Ce joli ventre oblong
Porter une guêpière
Le laçage tient bon
Car par ce fagotage
Qui se dira surpris
Avec tes rembourrages
Tu ne fais pas un pli

Tu peux brider Pépère
Ton ventre turgescent
A ta sous-ventrière
Enfile tes passants
Même si ça condamne
Une part du plaisir
A pisser comme un âne
Tu ne vois rien venir

Si Compère et Commère
S’attachent au devoir
Une seule grammaire
Se conjugue le soir
Leur canapé vacille
Emoi dans la maison
Panache d’escarbilles
Sous un coup de canon

Qui la croirait amère
La soupe des vieux os
Si Mémère et Pépère
La sortent du frigo
A remonter en selle
Pour refaire à dada
On retrouve des ailes
Et on n’en mourra pas

Guy Deflaux
(Homomorphisme  : homorimes)

Le temps est en tempête

Le temps est en tempête
presse tes bêtes   elles bêlent
rentre en venelles vertes
bergère preste preste
j’entends en des chênes et frênes
des thermes en effervescences
le vent d’est s’est levé
le reste se perd en ténèbres

Entends le stress des vents
enfler et embêter les gens
prends cette entrée senestre
c’est celle des temples grecs
et je crèche en ces éléments
mère et Hélène en prennent
les clés c’est l’ entrée
de ce belvédère

Rêve rêve mère
et Hélène rêve
c’est cette bergère
qe je mène
sécher ses vêtements
près des cendres
Hélène telle femme de mes ex-frères
rentre les bêtes

Cette belle , chère mère
est près de ses bêtes
le bébé chèvre espère
des blés tendres
et les sens de cette bergère se désespèrent
elle se dévêt près de ce mec
elle est belle , mère
et c’est l’eveedence

je t’emmène becqeter
prend cette chèze près des fenêtres
ces cendres de mélèze
percent entre tes dentelles
c’est les tempêtes
elles te stressent
je sens q’elle cherche de l ède
et je m’empresse vers elle

C’est le rêve de cette bergère
rêve rêve
et qe je bêze tes lèvres
c’est excellent
ne reste verte bergère
mère et tel berger se rendent
chez le père de tes rêves
celer ces senteements

Philippe Simon
(Monovocalisme)

La Bergère acrostiche et l’Auteur Bel Absent

« Viens au chalet, joyeuse bergère impudique,
Puisque hiver pleut bien dru, je t’offre un grog chez moi. »
« Mon chien jappe vers toi, ce gardien famélique.
Vois : quand il fait bien chaud, je glapis mon émoi.
Gros paillard, vif bouquin arrachant mon jupon,
Cheval pensif ! Je beuglerai mieux qu’un mouton.
Holà, mon grand coquin, j’avais soif, j’ai trop bu !
Couche d’enfer, voilà que jouit mon beau corps nu !
Quand hyperactif dort, je veux manger, baiser !
Mon gros bœuf, cher mouton qui dors, je peux veiller ? »
Joufflu veut épouser bergère qui moucharde.
Ce pelvis magnifique, aujourd’hui roux, bavarde.
Quand le pochard l’enjambe, fort comme un gros veau,
Ce gros vit pique et jouit, chaud baiser au flambeau.
Fallait-il qu’aujourd’hui public l’ait vu, gamins ?

Bernard Maréchal
(Bel absent sur « Fabre d’Eglantine »)

L’Hébergement
 (bergerade)

L’averse est là, bergère,
Presse tes agnelets.
Rentre-les chez ma mère,
Allez, dépêche, allez !
J’entends, dans les branchages,
La drache avec fracas ;
Les éléments en rage
Lancent de grands éclats.

Entends cette tempête
S’avancer en crachant ;
Cherche à cacher ta tête
À ma dextre, en marchant.
Regarde ma cabane
Et là, devant l’entrée,
Ma mère et ma chère Anne :
L’étable est préparée.

Belle vêprée, ma mère,
Chère Anne également.
J’amène ma bergère
En cet appartement.
Vas te sécher, ma belle,
Devant cette flambée.
Anne, parle avec elle.
Entrez, bêtes trempées.

Gardez de près, ma mère,
Ce cheptel pantelant ;
Préservez de la terre
Les agnelets bêlants.
Assez : je pars près d’elle.
Elle est en place, là,
Très belle en ses dentelles ;
Mère, regardez-la !

Venez manger à table
En me serrant de près ;
Cette branche d’érable
Va s’enflammer exprès.
Belle, prends de la crème !
Elle n’en mange pas ?
De la tempête extrême
Se ressentent ses pas.

Entre ces draps blancs, reste,
Sage, à te prélasser.
Permets ce tendre geste :
Tes lèvres embrasser.
Ne tremble pas, bergère ;
En allant prestement
Chez tes parents, j’espère
Sceller l’engagement.

Nicolas Graner
( Bivocalisme )

Il pleueueueueu !

Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons ;
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons :
J’entends sur le feuillage,
L’eau qui tombe à grand bruit ;
Voici, voici l’orage ;
Voilà l’éclair qui luit.

Il pleueueueueu !

Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant ;
Prends un abri, bergère,
A ma droite, en marchant :
Je vois notre cabane…
Et, tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne,
Qui vont l’étable ouvrir.

Il pleueueueueu !

Bon soir, bon soir, ma mère ;
Ma sœur Anne, bon soir ;
J’amène ma bergère,
Près de vous pour ce soir.
Vas te sécher, ma mie,
Auprès de nos tisons ;
Sœur, fais-lui compagnie.
Entrez, petits moutons.

Il pleueueueueu !

Soignons-bien, ô ma mère !
Sont tant joli troupeau ;
Donnez plus de litière
A son petit agneau.
C’est fait : allons près d’elle.
Eh bien ! donc, te voilà ?
En corset, qu’elle est belle !
Ma mère, voyez-là.

Il pleueueueueu !

Soupons : prends cette chaise ;
Tu seras près de moi ;
Ce flambeau de meléze
Brûlera devant toi :
Goûte de ce laitage ;
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage ;
Il a lassé tes pas.

Il pleueueueueu !

Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y jusques au jour ;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère, et moi, demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.

Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes…
Blancs moutons

Guy Deflaux
(« A noter que Fabre d’Eglantine a dû changer la musique ce cette chanson, lorsqu’il s’est aperçu qu’il s’apprêtait à commettre un plagiat par anticipation de la chanson de Nougaro “ La pluie fait des claquettes ” ! »)

Bergère en centon, pour une crèche modernisée

Il pleut, et le vent vient du nord.
Moutons et chiens, tout venait de rentrer
Au seuil de ma pauvre chaumière.
A quoi pensez-vous, bergère,
Quand l’ombre se répand et brunit le feuillage,
Au bruit de l’eau qui va mouvant les herbes grêles
Comme un souffle d’un vent d’orage,
Sous l’éclair des cieux rougissants ?

La tempête naissante est grosse d’un tonnerre,
Et l’approchant toujours, mais sans jamais l’atteindre,
À l’abri du grand froid en une vaste grange,
Marche, et tout en marchant dévore le passé.
Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Tiens ! La petite bête est morte.
Mes sœurs, priez, ma mère… ô mère, êtes-vous là,
Dans le foin capiteux qui réjouit l’étable ?

Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Chaque sœur à l’appel de la cloche s’élance
Pour une bergère insensible.
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire ?
Plus de feu pour sécher le linge des lavoirs ?
J’y apporte du feu de trois fois trois tisons.
Soyez donc de la compagnie,
Pâtre, chiens et moutons, toute la bergerie.

Viendrez-vous le soigner enfin ?
Le piétinant troupeau pressé des brebis passe.
Cette litière est vieille : allez vite aux greniers.
L’agneau broute le serpolet.
Allons chez nous, ma mie, ô ma Muse à l’œil bleu !
Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
Qu’on voit fleurir dans son corset qui bouge !
Je me dis : Qu’elle est belle ! Et bizarrement fraîche !

Mets ta chaise près de la mienne,
Tu n’y seras pas sans emploi.
A la lueur de mon flambeau,
Qui brûlera, combien de soirs, l’hiver ;
Les fleurs, le miel, ô mon amie, et le laitage,
Ah ! tout est bu, tout est mangé ! Plus rien à dire !
Et, pleurant, elle attend l’orage qui s’apprête,
Lasse et ses beaux yeux bleus déjà presque endormis.

Rien ne me vaut l’abîme de ta couche ;
Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre.
L’oubli puissant habite sur ta bouche,
Et j’irai te baiser et le front et les yeux.
Tu souris ? Tu rougis ? Que ta joue est brillante !
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
Demander l’avenir à la grande Nature.

Bernard Maréchal
 ( Centon sur les œuvres de :
BANVILLE Théodore de
BAUDELAIRE Charles
CERTON Salomon
CHÉNIER André
CROS Charles
DESBORDES-VALMORE Marceline
DU BOIS-HUS Gabriel
GAUTIER Théophile
GILL Charles
GOHORRY Jacques
GOURMONT Remy de
GUÉRIN Charles
HUGO Victor
LA FONTAINE Jean de
LAMARTINE Alphonse de
LECONTE DE LISLE Charles-Marie
MUSSET Alfred de
RICHEPIN Jean
RIMBAUD Arthur
SAINT-AMANT Marc-Antoine Girard de
SAMAIN Albert
VERHAEREN Émile
VERLAINE Paul
VIGNY Alfred de
WALLER Max )

la bergère dans le sainfoin

Nuées, eau : fuyons !
On essuie sa faune ; enfin,
on ose ses fesses.

Nicolas Graner

sans soin nous naissons
enfin saufs, nous nous fanons
nos saisons enfuies

Annie Hupé

El deshospitalizado

Je suis le blanc mouton, ma bergère me presse,
L’orage d’Aquitaine abolit ma chaumière.
Il pleut sur le feuillage, et l’éclair blanc me stresse.
Vite, prends un abri ! Entends-tu le tonnerre ?

Tiens, vois notre cabane. À droite elle se dresse.
Sœur Anne, cours ouvrir l’étable de ta mère.
J’amène ma bergère, en marchant, qui s’empresse
Près de vous pour sécher : fais-lui plus de litière.

Suis-je agneau en corset auprès de ces tisons ?
Mon tant joli troupeau odore encor la laine ;
Près de moi ce mélèze flambe à perdre haleine.

Mais tu ne manges pas ce laitage ? Soupons.
Dors bien ! Voilà ta couche, y arrive Morphée.
Ne rougis pas, bergère à la bouche de fée.

Bernard Maréchal
(Hybridation avec le Desdichado de Gérard de Nerval)

L’hospitalisée

Acné, acné, bergère :
Herpès et blancs boutons ;
Allons sous la lumière
Soigner ces comédons.
Je vois sur ton visage
Un pus brun qui t’enduit ;
Voici que ce curage
Sèche ta peau qui luit.

Sais-tu que cet ulcère
Ne sera pas méchant ?
L’air assombri, bergère
Adroite, en arrachant
Des doigts cette membrane,
Préserve l’avenir :
L’ornière à ta peau fane,
Capable de guérir.

Ce soir, belle impubère,
Essayons le rasoir ;
Contournons ce cratère,
Et bien mieux qu’un racloir,
Il va sécher ta lie.
Apprête ta toison
Et fais fuir ta sanie.
Prends un petit coton.

Soignons bien cet ulcère,
Ta maladie de peau :
Elle vient de l’artère
Et du gigot d’agneau.
C’est maladie vénielle,
Qui te vitriola.
Nous prendrons la truelle :
La glaire périra.

Sur ton derme, la glaise
Te donne un teint de bois ;
Grattons cette falaise,
Collons-y de l’empois.
Avec un bon plâtrage
Ravivons tes appas.
Et s’il faut un sablage,
Nous n’hésiterons pas.

Rajoutons une couche,
Séchons pendant un jour ;
Demain prends une douche,
Décape tout autour,
Rouge comme un cautère.
Mais si c’est trop vilain,
C’est dans le cimetière
Que finira le soin.

Bernard Maréchal
( Homomorphisme )

Hospitalité intéressée

bergère mouillée   moutons blancs    éclair luisant
                  chaumière proche

bergère abritée     abri adroit     tonnerre roulant
                   cabane ouverte

bergère séchée    mère accueillante  tisons brûlants
                    sœur complice

                   litière soignée
                   joli troupeau
                   petit agneau
                   beau corset
                   tu ne manges pas
                   l’orage
                   t’a lassée

bergère couchée    bergère endormie   bergère baisée
                   bergère épousée

Bernard Maréchal
( Morale élémentaire )

Sous les pluies, la chimère.

Il entend, il passe, nuage,
Cours tes immenses ciels ;
Glissons sous mon galet,
Côte, vite, dédions.
Je penche sur la houle,
L’ouragan qui dit à longs pas :
Voici, voici la crinière ;
Voilà le sable qui danse.

Écoutes-tu la dune ?
Elle s’étend en bêlant ;
Coule une bise, flanc
À ma déchirure, en murmurant :
Je taris notre éclair,
Et, frémis, voici haïr
Mon bord et mon toit, girouette,
Qui accablent la minute asséchée.

Glacé martinet, funèbre orage, mon sol,
Mon vol, arbre, noir jardin ;
Je tressaille ma toile
Près de vous pour ces cimes.
Ranime, livre-toi, ma pluie,
Auprès de notre goutte ;
Feuille, multiplie-lui tonnelle,
Brisez, hurlants arceaux.

Juxtaposons bien, ô ma marche !
Son tant convulsé perron ;
Riez plus de cascatelles
À ses fiévreuses dentelles.
C’est posé : allongeons près d’elle.
Eh bien ! Donc, te voilà
En fronton ? Qu’elle s’incline obsédante !
Mon chemin, recueillez-là.

Amusons-nous : soulève ce ruisseau ;
Tu provoqueras près de moi.
Ce torrent de flots
S’étendra devant toi :
Ris de ces coquillages.
Mais tu ne te recouches pas ?
Tu te voles de la pitié ;
Il a passé tes fleurs.

Eh bien ! Voilà ton feuillage,
Chantes-y jusques aux jasmins ;
Mire-moi sur tes pétales
Exhume une belle-de-nuit de l’astre.
Ne jonche pas, rayon,
Mon volubilis et moi, demain,
Nous tomberons chez ta cloche
Lui recourber tes vrilles.

Bernard Maréchal
(Chimère : le texte source T, « Il pleut Bergère » voit ses substantifs, ses adjectifs, et ses verbes remplacés dans l’ordre par ceux de trois textes cibles, choisis sur le thème de la pluie :
S, Pluie, de Théophile GAUTIER,
A, La pluie, de Maurice ROLLINAT,
V, Le chant de l’eau, de Émile VERHAEREN )

Au bar de l’églantier

Il pleut, il pleut fillette
courons nous abriter,
je vois une guinguette
j’y boirai ta beauté,
dans son ombre en cachette
en ôtant nos cirés
nous serons tête-à-tête
l’un vers l’autre attiré.

Le devenir s’apprête
la possibilité
que je te décorsète
sans bénédicite.
Mais le barman tempête
l’autre l’a piraté :
« Quoi pour vous deux, piquette
bière, soda, du thé ? »

Rien que le bleu fillette
de tes yeux, envoûté
j’y vais faire trempette
y boire, y habiter.
Ton regard, ma poulette
ton visage enchanté
je serai le poète
de ton éternité.

Fred Léglantier, Le Mouton qui mouille (2013)
P/O Annie Hupé
(Hybridation avec le texte « Le bistrot » de Ian Monk, texte proposé par Zazie mode d’emploi pour  l’Oulipien de l’année)

Etrange fin de bal

Miteux, piteux, bébête
Crève gênants boutons
A front, cou, bras. Mauviette.
Hé ! Peste kiffe adon ?
Lent, Pendu le seuil  passe,
Beau, qui monde à sang duit.
Toi, dis-moi, si Mort chasse,
Bois damné lait qui nuit.

Prends, Pendu, le poète,
Si route, en cahotant,
Fend un lacs, s’y déjette,
Maladroite, en tâtant.
Le Froid pose sa patte :
Eh bien, soit. Tire lit,
Arrête ébats, coeur mate
Qui contrecarre oubli.

Prompt, droit, son doigt m’appelle.
Ah voeux à démon noir
Altèrent ma cervelle.
Et je cours tout le soir,
Crâne fêlé, sac vide,
Dauber ce corps girond,
Coeur, chair, suif, don tacite :
L’enfer me prit, mourons.

Boisson bientôt amère,
Mon sang sort, gin nouveau,
Flot né d’une rivière
A fond de gris caveau.
J’étais l’arçon des èves,
Terrien ! L’on me doit l’art
D’enjôler : quelle est sève ?
A terre, broyé, jars.

Où donc vent sème graine ?
Sur le parterre froid
Celant l’eau de géhenne
Nu et ras et sans croix.
Trouble je renais, hâve,
Laid. Sur l’étrange tas
Brut, je pends, grelot grave,
Pris à qat et ecsta.

N’est rien Loi, s’abat foudre
L’or y brûle. L’autour
Saigne, noir sur la poudre.
Tremble un air létal, lourd.
Je souris à ces pestes.
Ma ferme et roide main
Fouit mon legs, mon reste.
Puis le cancer bat grain.

Noël Bernard-Talipo
( Homovocalisme – le titre en anagramme de l’auteur de la chanson)

La bergère et le pot-au-feu

Perrette dans la tête ayant un Pot au feu
Bien mijoté en cordon bleu,
Prétendait cuisiner un beau mouton à l’huile.
Mais l’orage venant, elle allait à grands pas,
Espérant la chaumière et l’abri d’une tuile,
Car mouton foudroyé ne fait pas bon repas.
Notre bergère ainsi mouillée
Entendit la voix éraillée
D’un bellâtre fort laid, employé comme agent
Du chef de l’Hôtel-Dieu. Il faisait la corvée…
Il la prit par la main et lui dit : « C’est urgent,
Le tonnerre a grondé, gracile
Délurée, ô poulette au moutonnier blason ;
Ma cabane n’est pas fragile,
Je ne peux te laisser mourir sous les frissons.
La porte est bien graissée dans l’étable aux moutons.
Ma mère est accueillante et ma sœur raisonnable :
On ne te vendra pas l’assiette de jambon,
Nul ne t’empêchera de te mettre à la table.
Pour le prix d’un baiser tu verras du nouveau…
Je te verrai sécher au milieu de l’hutteau. »
Perrette là-dessus, sautée et transportée,
Le corset tombe : adieu vertu, bonjour nuitée !
La dame le sait bien : coucher à l’œil ? Proscrit !
Sans rancune ainsi étendue,
Bien tisonnée elle sourit
Sans grand danger, et dévêtue.
Bien abrité, selon son souhait,
Elle a sauvé l’agneau de lait.

Quel conscrit ne bat la campagne
En espérant trouver compagne ?
Une Nicole rousse, une bergère douce,
Dont le corsage et la frimousse
Valent bien qu’on se mouille et qu’on porte rescousse.
On flatte sa blancheur, on lui montre sa flamme,
Quand elle est gironde, on la trousse.
Grâce au tonnerre on monte un drame,
On lui fait peur, on fait le brave, et ça suffit :
On l’escorte, ravie, au trône du défi ;
Le lit est roi, il pleut à peine,
On la remmène vite à son père pleurant,
Sans accident. Sait-il qu’on a fait la fredaine ?
Il n’y eut pas délit flagrant.

Fabre Libertine.
P/O Bernard Maréchal
(Hybridation avec la fable de La Fontaine)

Les bisous

La bergère était nue, et conduisait son chœur,
Moutons qu’elle gardait sous l’orage sonore,
Et le chiche feuillage offrait à la lueur
De l’éclair vigoureux un abri aux pécores.

Le tonnerre approchant, elle sentit son cœur
Battre et rouler craintif dans sa poitrine fière,
Et, ravie en extase, vit venir son vainqueur,
Le pâtre généreux proposant sa chaumière.

Il ouvrit son étable au troupeau déprimé,
Et sa mère et sa sœur soufflèrent sur la braise,
Ranimant les tisons au mélèze allumé
Qui, comme elle, chauffait autant qu’une fournaise.

Les yeux fixés sur lui, prête à tout bécoter,
D’un air vague et rêveur elle séchait, si rose
Que sa candeur unie à sa docilité
La faisait agneau neuf dont le berger dispose.

Dans son corset étroit, faisant saillir ses seins,
Sa taille était mobile, et la litière indigne
Réchauffait ses moutons larmoyants et sereins ;
Ensuite elle s’assit à la table bénigne.

On soupa de laitage et d’un repas frugal.
Puis l’heure du repos sonna, et sans chemise,
Et sans rien déranger, le berger libéral
Sut calmer sa misère à la couche promise.

Il croyait voir en elle un ange du destin,
La blanche Calliope, et sur sa bouche en herbe,
Il gagna la bataille et surprit le butin
Que jusqu’au jour sans fin, il lutina, superbe !

Mais l’orage fini, il fallut bien partir,
Et comme le péché commis dedans la chambre
Exigeait une excuse, chacun d’eux, sans rougir,
S’amenda, et promit le mariage en décembre.

Charme Gourgandine
P/O Bernard Maréchal
(Hybridation avec « Les bijoux » de Baudelaire )

La chanson de Gille et Jehanne

Gille et Jehanne sa commère,
Moutons pressés sous le feuillage,
Rencontrèrent une chaumière
Et s’abritèrent de l’orage.

Gille et Jehanne la bergère
S’approchèrent d’une cabane,
Et sous la pluie la brave mère
Ouvrit l’étable avec sœur Anne

Gille et Jehanne se séchèrent
Et firent bonne compagnie.
Près des tisons, plus de misère,
Petite sœur fut accueillie

Gille et Jehanne à la litière
Mangèrent le petit agneau,
Et sans corset, et sans colère,
Tuèrent le joli troupeau

Gille et Jehanne ont faim légère,
Ils soupent cul sur une chaise,
Brûlent maison de la fermière
Avec un flambeau de mélèze.

Gille et Jehanne ont fait prière.
Ils s’embrassent à pleine bouche.
Ils iront demain tuer père,
Et puis baiser dessus sa couche.

Gille et Jehanne font la guerre :
Elle ira tuer des Angloys,
Gille ira baiser petit frère.
Tous deux brûleront sur le bois.

Macabre de Jeannine
P/O Bernard Maréchal
( A la manière de Villon, à la rencontre de Tournier )

Le sosnet de l’hospitalité
Le sosnet du morse alité

Ce sont tes moutons mouillés ? J’entends qu’il pleut trop.
Je veux bien t’aider chère bergère : ils sont blancs.
À grand bruit sonne l’éclair, l’orage est si gros !
Je sais un abri : voici l’étable, un bon plan.

Ma mère est ici, Anne sœurette est là-haut.
C’est un beau troupeau. Entrez, venez, tire au flanc !
Près de nos tisons, agneaux, moutons, tous au chaud !
À la table enfin, mangeons joyeux ce beau flan.

Eh bien ! sans corset, chérie, hélas, tu es belle !
Vois-tu mon flambeau ? Touche, chauffe tes deux mains.
Tu sens mon amour ! Laisse baiser tes beaux seins.

Ne sois pas timide, accepte aussi que je bêle !
Veux-tu, sans rougir, venir baiser près du four ?
Ton père est couché, laissons pleuvoir dans la cour.

Table de Frangine
P/O Bernard Maréchal
(Sosnet, une contrainte proposée par Nicolas Graner : c’est un sonnet dont chaque vers écrit en langage morse un SOS : trois mots brefs, trois mots doubles, trois mots brefs)

Bergère gère un doux douzain bègue

Eh ! belle bergère, gère tes mous moutons !
L’éclair clair luit ici : vois que l’orage rage !
Si le tonnerre n’erre, il va tomber belle eau.
Viens donc te sécher chez ma bonne mère amère.
Après l’étable, table ? Et si tu manges, ange,
Luira le flambeau beau, et c’est lui qui chaud chauffe.
Dans notre autre cabane, Anne te tendra draps.
Voilà qu’au joli lit ton corset s’est défait ?
Déjà nous voilà las de ces baisers aisés,
Encore corps à corps, l’âme à la litière hier ?
Après coup, courons plaider des deux mains demain,
Et coucher chez ton père, lui demander des dés.

Bernard Maréchal
(Poème pour bègue)

Centon sous la pluie, en canon

Ô bruit doux de la pluie Bergère vite allons Pour un cœur qui s’ennuie Rentre tes blancs moutons Quelle est cette langueur Sans doute le tonnerre Qui pénètre mon cœur Prends un abri bergère Sans amour et sans haine Eh bien voilà ta couche,
Mon cœur a tant de peine
Laisse moi sur ta bouche Alain Zalmanski
( Centon sur « Il pleure dans mon cœur » de Verlaine )

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Germinal

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de germinal.

21 mars – 1er germinal – Primevère

Prier : rêverie…
Errer pépère… Périr !
Pire, même : vivre !

( Guy Deflaux : beau présent )

22 mars – 2 germinal – Platane

A l’appel pétant
Le Pape épate Atalante
Tenant la patène

( Guy Deflaux : beau présent )

23 mars – 3 germinal – Asperge

Sa rage passée
Serge agrège sa paresse
A sa passagère

( Guy Deflaux : beau présent )

24 mars – 4 germinal – Tulipe

Il palpite, pâle…
il pelote la louloute.
Au pieu, peau à peau !

( Marie-Noëlle Bertrand )

25 mars – 5 germinal – Poule

Epopée loupée
Poêlé le poulpe pollue
Ô ! Le popo pue !

( Guy Deflaux : beau présent )

26 mars – 6 germinal – Bette

Bête, Bébé tète
Bébé tète et Bébé bée
Bébête tétée

( Guy Deflaux : beau présent )

27 mars – 7 germinal – Bouleau

La belle a le ‘bulbe’…
L’abbé la loue : l’aube bée…
« Ô ! Le beau bébé ! »

( Guy Deflaux : beau présent )

28 mars – 8 germinal – Jonquille

Loque, quoique jeune
En juin, il nique Junon :
Elle l’enquiquine

( Guy Deflaux : beau présent )

29 mars – 9 germinal – Aulne

Elan annuel
Nue elle ulule à la lune
Nulle, la nana !

( Guy Deflaux : beau présent )

30 mars – 10 germinal – Greffoir

Rire, foire, orgie
Egérie gorge griffée
Féérie foirée

( Guy Deflaux : beau présent )

31 mars – 11 germinal – Pervenche

Au chêne penché,
Venu cacher une peine,
Cœur à nu, rêvai.

1er avril – 12 germinal – Charme

Ma mère, cramée,
Cherche à m’arracher ma came
Mâche, crache… : Echec !

( Guy Deflaux : beau présent )

2 avril – 13 germinal – Morille

Momie, le limier !
L’œil miro, l’oreille molle,
Le méli-mélo !

( Guy Deflaux : beau présent )

3 avril – 14 germinal – Hêtre

Être hère éthéré
Être Rhète et te terrer ?
Errer : T.E.R. !

( Guy Deflaux : beau présent )

4 avril – 15 germinal – Abeille

Elbe … La belle île !
La bible… Bal à Babel
Là, l’abbé il baille.

( Guy Deflaux : beau présent )

5 avril – 16 germinal – Laitue

O ta loi létale
Ote de l’étoile l’œil
Et d’Eole l’aile

6 avril – 17 germinal – Mélèze

Allez-y mollo !
La zouloue émue zézaye.
Là, mezzo, zazous !

( Marie-Noëlle Bertrand )

7 avril – 18 germinal – Ciguë

Ceci ÉGÉE : gué !
Ceci, GUCCI : guige, écu
Ici gigue : GIEC !

( Guy Deflaux : beau présent )

8 avril – 19 germinal – Radis

Dard raidi dira
A dada à sa Raïssa
(Aida, si assis…) !

( Guy Deflaux : beau présent )

9 avril – 20 germinal – Ruche

Erreur cher curé :
Rechercher hure crue, huche ?
Echec : heure échue !

( Guy Deflaux : beau présent )

10 avril – 21 germinal – Gainier

Ni génie, ni âne
N’érige Anne en égérie
Rengaine gnian-gnian

( Guy Deflaux : beau présent )

11 avril – 22 germinal – Romaine

Marinier en mer
N’a rien ramené, amer
Ma mère en amarre

( Guy Deflaux : beau présent )

12 avril – 23 germinal – Marronnier

Une main amie
M’a ramené à mon rire,
Moi, morne rimeur.

13 avril – 24 germinal – Roquette

Roué, torturé…
Que quêter, que tortorer ?
Tourte et rototo !

( Guy Deflaux : beau présent )

14 avril – 25 germinal – Pigeon

Pan ! Un gnon, ippon
inopiné, un nippon
poupin a gagné.

( Marie-Noëlle Bertrand )

15 avril – 26 germinal – Lilas

Il alla à Saïs
Là il a saisi Lisa
Lisa l’a sali !

( Guy Deflaux : beau présent )

16 avril – 27 germinal – Anémone

Némo, on me nomme
Ma môme ânonne mon nom
Manon : ma nana !

( Guy Deflaux : beau présent )

17 avril – 28 germinal – Pensée

Ses pépées pesées
NS en pense « nénés »
Pense ENSEP, NS !

( Guy Deflaux : beau présent )

18 avril – 29 germinal – Myrtille

Le termite trime
Tire le myrte et l’étire
Tri millimétré

( Guy Deflaux : beau présent )

19 avril – 30 germinal – Couvoir

Ouvrier couvreur
A rayé verrière. Avoue.
– Viré, va crever !

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Ventôse

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de ventôse.

19 février – 1er ventôse – Tussilage

Sous les gaies saillies,
les gags salés à gogo,
seul, l’Auguste sait.

( Marie-Noëlle Bertrand )

20 février – 2 ventôse – Cornouiller

Ne recueille ici
ni l’innocence incolore,
ni l’encre colère.

( Annie Hupé )

21 février – 3 ventôse – Violier

verrouille le livre
ouvre le réel au rêve
éveille la louve

( Annie Hupé )

22 février – 4 ventôse – Troène

Ta terrine étonne !
Ta truite attire rentier,
Reine ou roturier.

23 février – 5 ventôse – Bouc

Abbé ébaubi
Aboie  » Cacao ou boue ?  »
A ce bouiboui bio

24 février – 6 ventôse – Asaret

O triste satyre
Ta rosière t’a rossé
Tu sors essoré

25 février – 7 ventôse – Alaterne

Le train ralentit,
La roue triture le rail.
Retour. Nuit natale.

26 février – 8 ventôse – Violette

Il volte à vélo,
louvoie, lévite en volute…
Le voilà, Lulu !

( Marie-Noëlle Bertrand )

27 février – 9 ventôse – Marceau

Ai cru ! Ai couru !
O rue où crime a commerce.
Mourir. Comme ça.

28 février  – 10 ventôse – Bêche

Ce bobo cocu
Hocha caboche, ébahi.
Bouche bée, a bu.

29 février – 6e sans-culottide – Révolution

Ce jour spécial ajouté pour l’année bissextile a fait l’objet d’une invitation à contributions en belle absente. Vous trouverez ces contributions sur la page spéciale « Révolution »

1er mars – 11 ventôse – Narcisse

En un recoin noir,
Une couseuse inconnue
Caresse ses sous.

2 mars – 12 ventôse – Orme

Où erre ma mie ?
Murmure mari ému,
Amer à mourir.

3 mars – 13 ventôse – Fumeterre

Martyre, âme forte,
Retire ta fière armure.
Au fer offre-toi.

4 mars – 14 ventôse – Vélar

Il arrive à vivre
Raillé, viré, vile larve,
Le rire à la lèvre.

5 mars – 15 ventôse – Chèvre

Echo à ce cri.
Acre aveu, cœur chaviré…
Ouvre ce verrou.

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 mars – 16 ventôse – Epinard

Pendard de renard
Prend un perdreau pour dîner :
Rapine peinarde.

7 mars – 17 ventôse – Doronic

Un roi du crayon
Incarna un don nourri
D’un or inconnu

( Nicolas Graner : Lipogramme en hommage à Georges Perec, qui aurait eu 80 ans aujourd’hui. )

8 mars – 18 ventôse – Mouron

Rome, arène morne,
M’emmène amour à mourir.
Renierai mon Nom.

9 mars – 19 ventôse – Cerfeuil

La carafe a fui.
L’eau fouaille feuille à feuille :
Recueil effacé.

10 mars – 20 ventôse – Cordeau

Odeur adorée.
Douceur du décor ocré,
Au cœur accordé.

11 mars – 21 ventôse – Mandragore

Gamine endormie.
Gardien. Regard de dédain.
Mur nu, barreau dur.

12 mars – 22 ventôse – Persil

Après les ripailles
arrosées au reuilly rose,
s’assoupir repue.

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 mars – 23 ventôse – Cochléaria

La cruelle cloche
Croche l’oreille à l’aurore.
L’heure écorchée hurle.

14 mars – 24 ventôse – Pâquerette

Parquer au piquet
pi, rapport trop peu pratique,
et opter pour tau.

( Nicolas Graner  pour le Pi Day  : le 14 mars se note 3.14 dans les pays anglo-saxons)

15 mars – 25 ventôse – Thon

Hyène, en tâtonnant,
A atteint ta haute tente
Et hante ta nuit.

16 mars – 26 ventôse – Pissenlit

L’épaule pliée,
Puissant, il pousse et la tonne
Assaille la pente.

17 mars – 27 ventôse – Sylvie

Au val, le soleil.
Soie vive sous les lilas,
s’élève l’oiselle.

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 mars – 28 ventôse – Capillaire

Il coupe le cercle.
La colère au cœur il parle :
Oui, l’oracle pleure.

19 mars – 29 ventôse – Frêne

Roi né en enfer,
Roi noir, au feu raffiné
Enfourne une fée.

20 mars – 30 ventôse – Plantoir

Le pilote rate
Une planète riante.
Il ripe au néant.

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Pluviôse

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de pluviôse.

20 janvier – 1er pluviôse – Lauréole

À l’aurore Ariel
railleur, a leurré l’oreille,
l’or royal rouillé.

( Annie Hupé )

21 janvier – 2 pluviôse – Mousse

Ma môme : sa moue
Amuse Mamie, assise
Sous ses mimosas.

22 janvier – 3 pluviôse – Fragon

Naguère, un augure
fou, à frangine aguerrie
fourgua un griffon.

( Marie-Noëlle Bertrand )

23 janvier – 4 pluviôse – Perce-neige

Un orage en coin,
Poing cerné par neige crue,
Grain-écrin orange.

( Nic Sirkis )

24 janvier – 5 pluviôse – Taureau

Retire ta tiare,
O roi traître au rire outré.
Roture t’arrête.

25 janvier – 6 pluviôse – Laurier tin

Le rire te tue,
Toi… Éternue et retire
La tour à Noël.

( Nic Sirkis )

26 janvier – 7 pluviôse – Amadouvier

À ma mode, ami,
mi, ré, do, midi me morde,
ravie me dévore.

( Annie Hupé )

27 janvier – 8 pluviôse – Mézéréon

Rimez, remuez !
Murez Zoé au zoo !
Zéro azuré…

( Nic Sirkis )

28 janvier – 9 pluviôse – Peuplier

Le pape éploré
Appelle le peuple élu
A prier pour rire.

29 janvier – 10 pluviôse – Coignée

Icône ancienne :
une nonne nue égaie
un ange coincé.

( Marie-Noëlle Bertrand )

30 janvier – 11 pluviôse – Ellébore

Robe bariolée
briller au bal, babiller…
Au balai, la belle !

( Annie Hupé )

31 janvier – 12 pluviôse – Brocoli

Broc ou bric-à-brac
Cribla bac à crabe au club,
Éclair bleu brûlé…

( Nic Sirkis )

1er février – 13 pluviôse – Laurier

Le rire éraillé,
L’aïeul a raillé le rail.
Leur ire erre, à Yale.

( Nicolas Graner )

2 février – 14 pluviôse – Avelinier

Il a voulu voir
La ville où le violon
Réveille l’envie

3 février – 15 pluviôse – Vache

Achève ce choc :
Avoue ce vice caché,
Ce vivace échec !

( Nicolas Graner )

4 février – 16 pluviôse – Buis

Eau, basse, soyeuse.
Aube biaise a baisé baie.
Ibis y a bu.

5 février – 17 pluviôse – Lichen

Achille a conçu
A l’hélicon, la chaconne.
En écho, l’échec !

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 février – 18 pluviôse – If

Au fou ! À Ifé,
F. fou fieffé.. Oui ? Feu ! Où ?
Au foie ! Aïe, aïe, aïe !

( Annie Hupé )

7 février – 19 pluviôse – Pulmonaire

Le roi mal aimé
Réprime l’imprimerie
Où perle la rime.

8 février – 20 pluviôse – Serpette

Pâtre, apprête-toi
A passer sept étés tristes
Sur ta terre usée

9 février – 21 pluviôse – Thlaspi

La photo sépia
Où luit la tête pâlie
Et l’aïeul palpite.

10 février – 22 pluviôse – Thimèle

La motte. Le lait.
Il mêle l’eau et le thé.
Il aime le miel.

11 février – 23 pluviôse – Chiendent

Déchu ! Ni nation
ni attache, dénudé,
ce noyé te hante.

( Annie Hupé )

12 février – 24 pluviôse – Trainasse

Sous un astre noir,
tonne ton rire sonore,
Saturne, tyran !

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 février – 25 pluviôse – Lièvre

Il a relié
Le livre où Valère raille
L’avare avili

14 février – 26 pluviôse – Guède

Adage à Douai,
Ode à Gaïa, gigue d’eau,
Aa égaya!

( Annie Hupé )

15 février – 27 pluviôse – Noisetier

Saint Rasoir, sers nous :
triste sottise en transit,
arrête son train.

( Annie Hupé )

16 février – 28 pluviôse – Cyclamen

Célimène alla
où cela mène – à la cime.
Clinamen exclu.

( Annie Hupé )

17 février – 29 pluviôse – Chélidoine

L’idole déchue
Déniche une ondine douce
Loin loin de l’Eden

18 février – 30 pluviôse – Traîneau

Notre terre tourne
Tout naît, tout rit, tout traîne et
Retourne au terreau

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Nivôse

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de nivôse.

21 décembre – 1er nivôse – Tourbe

Taureau rue, bourru,
Broute rate, tâte bette
Et, battu, titube.

22 décembre – 2 nivôse – Houille

Elle l’a hâlée,
La houle à Eole alliée,
A l’île où l’eau hèle.

23 décembre – 3 nivôse – Bitume

Imbu et buté
Tube imité : embêté !
Mité, émietté

( Guy Deflaux )

24 décembre – 4 nivôse – Soufre

Froufrous affairés,
fière rosière effarée.
Fuis, sa furie fuse !

( Marie-Noëlle Bertrand )

25 décembre – 5 nivôse – Chien

Né à Canaan
un inconnu non conçu
annonce une chance

( Nicolas Graner )

26 décembre – 6 nivôse – Lave

Eva l’a levée
A Laval elle a vêlé
Elle l’a lavée

( Guy Deflaux )

27 décembre – 7 nivôse – Terre végétale

A Talavera
Large, verte, la vallée !
Et le Tage : grège…

( Guy Deflaux )

28 décembre – 8 nivôse – Fumier

Femme mûre, fière
Murée, refermée : fureur !
Me remue… Rimer !

( Guy Deflaux )

29 décembre – 9 nivôse – Salpêtre

Salue ta patrie…
Sur ta lyre, tes airs tristes,
petit pâtre sparte.

( Marie-Noëlle Bertrand )

30 décembre – 10 nivôse – Fléau

L’Elfe alla au feu
La Fée, l’élue, affalée,
Fêlée : l’eau flua

( Guy Deflaux )

31 décembre – 11 nivôse – Granit

Trinita tira
Tartarin tira : rata !
Tir, trait : intrigant !

( Guy Deflaux )

1er janvier – 12 nivôse – Argile

Il erre gouailleur
Raille l’orage ou la grêle
Rieur où l’eau gèle

2 janvier  – 13 nivôse – Ardoise

Sous ses airs de dur,
doudou rousse, sourde ardeur,
ses désirs d’ado.

( Marie-Noëlle Bertrand )

3 janvier – 14 nivôse – Grès

Rieuse garrigue
Sous sa serre grège égare
Eros au soir rouge

4 janvier – 15 nivôse – Lapin

Au pôle opalin
Un pâle loup appela
A la lune en peine

5 janvier – 16 nivôse – Silex

À six sous, lilas,
lis soyeux. Soleil ixé
sexe exilé, ose !

( Annie Hupé )

6 janvier – 17 nivôse – Marne

Âme amie, marrane,
une ménora ranime.
Amère mémoire.

( Marie-Noëlle Bertrand )

7 janvier – 18 nivôse – Pierre à chaux

Chapeau arraché
Papa expira, peuchère
Réparer ce char !

( Guy Deflaux )

8 janvier – 19 nivôse – Marbre

Obier, ombre amère
arbre aimé, arbre abîmé
moi-même, embourbée.

( Annie Hupé )

9 janvier – 20 nivôse – Van

Ava va à Van !
« Va ! Va à Van, VVana ! Va ! »
Van vanna Ava.

( Guy Deflaux )

10 janvier – 21 nivôse – Pierre à plâtre

Papa lit l’épitre :
« Par pitié ! L’artillerie
Aplatit Alep ! »

( Guy Deflaux )

11 janvier – 22 nivôse – Sel

Sous le seuil, salue
le sol, là, salue l’oseille
alliée à l’alysse.

( Annie Hupé )

12 janvier – 23 nivôse – Fer

A fière fée, roi,
Fieffé fou, offre foyer.
Effrayée, a fui.

13 janvier – 24 nivôse – Cuivre

Ce cœur a cru vivre.
A vu rêve évacué.
Viré, a crevé.

14 janvier – 25 nivôse – Chat

Chatte tatouée
A touché au haché cuit.
Choyée, hocha tête.

15 janvier – 26 nivôse – Etain

En ta nuit atone
Tinte une note entêtée.
Tout tonne en ta tête.

16 janvier – 27 nivôse – Plomb

Aube bleue opale…
Ebloui, il rappela
la pâle pépée.

( Marie-Noëlle Bertrand )

17 janvier – 28 nivôse – Zinc

Icône au ciné,
Zazie annonce une noce.
On cancane ? – Zen…

18 janvier – 29 nivôse – Mercure

Arc ô ma mémoire
mirée à même ce cœur
murmure merci

( Annie Hupé )

19 janvier – 30 nivôse – Crible

Il a la berlue :
La belle rebelle bleue
Lui a crié  » Oui ! « 

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Frimaire

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de frimaire.

21 novembre – 1er frimaire – Raiponce

Arène a crié.
Peon encorné, percé
A pour rien péri.

22 novembre – 2 frimaire – Turneps

Pertes et ruptures
Tes pneus réputés se stressent
Pressés en purée

( Guy Deflaux : beau présent)

23 novembre – 3 frimaire – Chicorée

Écorce arrachée
carrière écorchée, ô roche !
Horreur à écrire.

( Annie Hupé )

24 novembre – 4 frimaire – Nèfle

LEF – feuille fanée.
Fanal neuf, flon-flon enflé,
la foule afflue, une.

( Annie Hupé )

25 novembre – 5 frimaire – Cochon

Haine, océan nu…
Chien nunuche ou niche aînée
Chanoine noué…

( Nic Sirkis )

26 novembre – 6 frimaire – Mâche

Ce môme amoché
choyé comme mouche à coche
échoue comme écume.

( Annie Hupé )

27 novembre – 7 frimaire – Chou-fleur

Chicorée à cuire,
ache, arroche, ici rucher
au carré fleuri.

( Annie Hupé )

28 novembre – 8 frimaire – Miel

Limé-e-, élimé-e-,
Émaille à maille émaillée…
L’aimé-e- mal aimé-e-.

( Nic Sirkis )

29 novembre – 9 frimaire – Genièvre

Un noir en Auvergne
grogne énervé… Ne rien voir
ne rien arranger !

( Annie Hupé )

30 novembre – 10 frimaire – Pioche

Chiche chic ou choc ?!
… Choper péché échappé
À Picchu, pic chu ?!

( Nic Sirkis )

1er décembre – 11 frimaire – Cire

Récurer, cirer,
Ecorcer, cuire, courir…
Au cœur rire rare.

2 décembre – 12 frimaire – Raifort

Tout rire étouffé
Feu étroit, fruit outrefait
Fuir ou fortifier.

( Annie Hupé )

3 décembre – 13 frimaire – Cèdre

Accorde ce ré :
Corde cède, ai ouï do rude.
Acide coda.

4 décembre – 14 frimaire – Sapin

Epoisses sans pain,
Epaisse soupe poisseuse…
Nausée assassine !

5 décembre – 15 frimaire – Chevreuil

Chauve ou chevelu,
Il verra, vieilli, la rive
Où rire chavire.

6 décembre – 16 frimaire – Ajonc

Ce jeune inconnu
enjoué, né en Anjou
n’annonce une icône.

( Annie Hupé )

7 décembre – 17 frimaire – Cyprès

Après ses repas,
Ce raseur couperosé
Passe au curaçao.

8 décembre – 18 frimaire – Lierre

À Lille ou Rueil
l’œil auréolé, l’oreille
ourlée, l’aléa.

( Annie Hupé )

9 décembre – 19 frimaire – Sabine

Sa babine en biais,
Un nabi, né sans besoin,
Au bois baise une oie.

10 décembre – 20 frimaire – Hoyau

Oh ! haie ou haha
eau y a, y ai ouïe !
Oui, eau ! H2O !

( Annie Hupé )

11 décembre – 21 frimaire – Erable sucré

Le bel arbre rare
A roulé, bille ébarbée :
Obole à la boue.

12 décembre – 22 frimaire – Bruyère

Où Ubu ira
Arabie, Bora-Bora…
Ubu roi boira.

( Annie Hupé )

13 décembre – 23 frimaire – Roseau

Sous ses airs rusés
Rosa, rousse sérieuse,
rassure sa sœur

( Nicolas Graner )

14 décembre – 24 frimaire – Oseille

Es – salle isolée
au sol au sel assailli –
… salie, esseulée…

( Nic Sirkis )

15 décembre – 25 frimaire – Grillon

Un nageur au large.
Un long rouleau l’a noyé.
L’anguille le lorgne.

16 décembre – 26 frimaire – Pignon

Péon âgé peine.
Ne gagne ni pain ni pigne.
Nu, guigne un oignon.

17 décembre – 27 frimaire – Liège

La Goulue, agile
gueule au loulou illégal :
« Allège, la Glue. »

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 décembre – 28 frimaire – Truffe

Feu trotte et t’atterre.
Furie te terrifiera,
Fer t’effarera.

19 décembre – 29 frimaire – Olive

Il lève le voile,
Il éveille l’Eve ailée.
Vive elle l’avale.

20 décembre – 30 frimaire – Pelle

La paille liée,
Il alla, pull à l’épaule,
A l’Alpe pâlie.

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Brumaire

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de brumaire.

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Opium, mon appeau
mon api, mon ipomée.
Opium m’a pipé.

( Annie Hupé )

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Ciel clair à Collioure
où le réel couleur rouille
recueille le cri.

( Annie Hupé )

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Peu ou prou, épeire
prépare au poireau parure,
proie y périra.

( Annie Hupé )

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Tout vibre à ta rave.
Rare beat baratte tête.
Vive tribu brute !

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Io a ouï « Aïe ! »
Youyou à eau ? ou yoyo ?
Ou you-you yéyé ?

27 octobre – 6 brumaire – Héliotrope

Phytothérapie
Peut t’ôter ta pitrerie.
Plie-toi, ri tari.

28 octobre – 7 brumaire – Figue

Gaffe au feu, goofy !
Fieffé fou, égayé, gigue.
Ouf! gogo a fui.

29 octobre – 8 brumaire – Scorsonère

Un cri résonna.
Noire sorcière accusée,
Au soir, on roua.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Sur le seuil, Louise
salue l’oiselle, sa sœur
à l’aile soyeuse.

( Marie-Noëlle Bertrand )

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Ecorché, cria,
Chair à cru, hure accrochée
Au croc acéré.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Laisse au seuil la soif,
le soleil flou ; seule loi :
fille à l’œil lilas.

( Annie Hupé )

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

ce mic-mac ici
ce commerce, ça a cru
comme amorce amère

( Annie Hupé )

3 novembre – 13 brumaire – Topinambour

Bâtirai pour toi !
Mur en pierre, porte peinte,
Beau toit en bambou.

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Un nœud dévidé ?
Du nouveau en Voïvodine ?
Ô naïve ! un vœu !

( Annie Hupé )

5 novembre – 15 brumaire – Dindon

Ondine a donné
Un adieu noyé d’ennui
Au dieu dénié.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Caché ou craché
ce courrier ricochera,
écho à vos cris.

( Annie Hupé )

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

Nous rions ce soir.
Une sereine caresse,
Résonne en nos cœurs.

8 novembre – 18 brumaire – Dentelaire

Elle l’attend là,
Roide, en l’étole de laine.
Et lui rentre tard.

9 novembre – 19 brumaire – Grenade

Dragon goguenard
A dénigré garde noir.
Dégaina : adieu !

10 novembre – 20 brumaire – Herse

Héros, harassé,
A essuyé sa sueur.
Assis, a souri.

11 novembre – 21 brumaire – Bacchante

Honnête chanoine,
Hôte en ce château hanté,
A bu et chanté.

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Zèle auréolé
razzie laurier, azalée…
À l’arrière : azur.

( Annie Hupé )

13 novembre – 23 brumaire – Garance

Ce garçon ignare
a cogné une ingénue.
Arrogance crâne !

( Marie-Noëlle Bertrand )

14 novembre – 24 brumaire – Orange

Un ange naguère,
En rage noire, égorgea
Un aigre génie.

15 novembre – 25 brumaire – Faisan

Sa fine anisée,
Sans soin, s’affine en neuf ans
Si soiffeur n’y fouine.

16 novembre – 26 brumaire – Pistache

Tous puits asséchés :
Payai cash cette eau captée ,
Au pichet puisée.

17 novembre – 27 brumaire – Macjonc

Meccano, nain jaune,
Ancien comme jeune, on joue.
J’aime une âme en joie !

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Un gang a cogné.
Agonie en Cacanie
on couine « OIGNON ».

( Annie Hupé )

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

Emir emmuré
A remercié ce roumi,
Accouru au cri.

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

Laura ou Raoul ?
elle : rire, raillerie
lui le roi râleur

(JW Chan)

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Vendémiaire

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de vendémiaire.

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Un soir, un anar
raisonna ainsi : souris !
Ou nous surirons.

( Annie Hupé )

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Au frais, fuir sa soif
s’offrir raisins, ananas…
Ainsi nos oisifs.

( Annie Hupé )

24 septembre – 3 vendémiaire – Châtaigne

Geint teigne égoïne.
Cognée guinche, gagne, aiguë :
Tige tangue… gît.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Quoique la chéchia
calque le coquelic..oh !
Couic ! Échec au coq.

( Annie Hupé )

26 septembre – 5 vendémiaire – Cheval

Ai levé le voile,
Ai vu l’ovale, le hâle,
L’œil au cil ailé.

27 septembre – 6 vendémiaire – Balsamine

La muse se baisse.
Sa main sillonne le sable.
Son œil s’illumine.

28 septembre – 7 vendémiaire – Carotte

territoire étroit
accroc à ta carte outrée
ce cratère attire

( Annie Hupé )

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Ô Humanité
torturée, notre inertie
têtue t’a trahie.

( Marie-Noëlle Bertrand )

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

À peine épousée
sa poupée nous opposa
sa soupe, sa nappe…

Puis, ses nausées, puis
son poupon ! Si ! Pense un peu !
… Assassins, nous ? Poisse !

( Annie Hupé )

1er octobre – 10 vendémiaire – Cuve

Ça ! Où va ce cave ?
Au caveau, où vice couve ?
Ciao ! Evacue !

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

Mort emportera
Au trot petite âme prude.
A aimé trop tard.

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

Il tolère l’arme
Aime le rite martial
Il élit la Mort

4 octobre – 13 vendémiaire – Potiron

Torpeur opérant
ton troupeau rapporta peu
Piraterie pure.

( Annie Hupé )

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Odeur dérisoire
de rose ou de réséda
Sourd, rire de soi

( Annie Hupé )

6 octobre – 15 vendémiaire – Ane

Une année inane
N’ennuie ni eau ni noyé
En union nouée

7 octobre – 16 vendémiaire – Belle de nuit

L’obole donnée,
Nue, en la tente bénie,
L’idole a bâillé.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

tercet écroui
cet écrit a écarté
l’acte créateur

( Annie Hupé )

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Ruinés, sans un sou
saurons-nous unir nos ruses
ironisa Ian.

( Annie Hupé )

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Satan sursauta
tyran au trou sans aura
nous, nous sursoyions.

( Annie Hupé )

11 octobre – 20 vendémiaire – Pressoir

Son pré arrosé
Père a resserré sa serpe
Puis a pris sa pipe

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

renoncer à rien
avenir ancré en rire
arriver au havre

(Gérard Le Goff)

13 octobre – 22 vendémiaire – pêche

Hache coupa cou.
Pic cacha apache chu.
Hie appuya chape.

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Ô vie envoûtante !
On invente un vin nouveau
Et tout tinte au vent.

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Il aime Marseille
Les ruelles où la mer
Mire le soleil

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

Fou, a aboyé :
Au baobab, éboué,
Beau boa a fui.

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Un bébé gibbon
au biberon a gobé
– Bigre ! – une banane.

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 octobre – 27 vendémiaire – Piment

Menotte au piano
Tente amène menuet
Au tempo pointu.

19 octobre – 28 vendémiaire – Tomate

Automate ému
A mimé mouette aimée :
Tutoiement muet.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Rage ? Age ? Egaré,
Ogre au rire aigre égorgea
Egérie : erreur.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Toute ténuité
étonnée, une nuit naît
On y était nu.

( Annie Hupé )

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Révolution

Cette page spéciale du Sankulipo célèbre la sixième sans-culottide, ce jour qui n’apparaît que lors des années bissextiles. Ce jour porte le nom magnifique de « Révolution ». Pour le 29 février chacun était invité à composer, sur le nom de ce jour, un poème suivant la contrainte de la belle absente chère à Georges Perec. Vous trouverez ci-dessous l’ensemble de ces contributions, dans l’ordre où elles me sont parvenues :

Que le monde est bien fait ! Je le change en pavés…
Pourquoi vagir ? Jamais ! Touchons bois du fusil !
À bas, roi ! Je permets que le chagrin défoule
chaude pique et bagnards : j’enflammerai Versailles !
Hein ! Putain du bon roi qui fais juger vicomte,
des coqs vont te grimper, le joli bal s’affiche !
Bravo ! Champagne à qui gifla les joues de Louis !
Aux fers va-t-en, déchu que juge mon beau peuple !
Je plaide, griffe et bec. Que ma hargne survive !
Vite ! Dehors les chefs ! Juge, ma République !

Bernard Maréchal

Desmoulins au gibet, vache joufflue qui pue,
pâlot qui n’a jamais fui vos brigands chouans,
pourquoi Couthon blafard limoge-t-il Saint-Just ?
Quand Mirabeau vengeait les chefs, Hébert jappait.
Fouquier, gros chien bâtard qui va jouir aux baptêmes
va-t-il saigner, fier coq ? Déjà proche, mon brave
écrivaillon, biographe qui jamais deux fois
n’épargna Joubert défunt, va masquer Charlotte
que j’affranchis à temps, graves hallebardiers !
Bœuf qui juge voudrait castrer l’homme Capet ?

Bernard Maréchal

J’ai guinché d’un pas vif quand tomba la Bastille,
Disculpant l’humain fou jusqu’à rugir : bravo !
Dieu ! Marianne est jolie, qu’un bonnet phrygien coiffe…
J’ai vu, grand beau chant neuf, l’épique Marseillaise
Faire embrocher jadis aux piques vingt cocardes
Tels des coqs : ergots fiers, jambes plantées, bravaches !
Prends, chômeur efflanqué, bourgeois, jeune ouvrier,
Le fameux drapeau bleu, blanc, rouge – et qu’on vous juche !
Jugeant pendable et vil qui s’acharne et diffame,
J’absous qui, comme Hugo, Ferré, veut parler d’elle.

Nicolas Graner

L’outre-ovni

Figé quand l’homme objective une ellipse
Juchant d’aplomb, qu’un si griffu vautour
Subjugue au fond chaque amplifié retour,
D’ahan j’embarque et fugue vers l’éclipse.

Qu’au bord je fiche un temps gravitation ?
Déjà cinq champs forgent l’observation
Jusqu’à l’ogive, humble oeuf pour décennie.

Lorsque vos chants flambent, juge Doppler,
Jupiter flashe, embecque et vend génie…
J’achève et tombe, esquif gris de Kepler.

Gilles Esposito-Farèse

Je fais l’Ode qui change en plomb l’évolution.
Djougachvili, fils taquin, plomba Vladimir,
Et Marx, un jour qu’Engels, affranchi du baptême,
Digne, jurait que l’affranchi vaut plus à Brême,
Franchit grand bras de mer, provoquant Fred à jouir.
Déjà le coq Trotski (flegme !) voit Pancho bon.
Quels poncifs ! Rosa Luxembourg versus Hodja ?
Castro, chef des jaloux qu’au plomb Mao vengea ?
Kremlin, fusils chargés, java quand Berlin pète ?
Va, Spartacus, objet magique, fils d’Ilitch !

Bernard Maréchal

La Révolution,maintenant !

D’aucuns disent que les voilà passés ces temps, qu’ils ne sont plus imaginables…
« « Nous voulons du pain », criait la population, conspuant patrons, nantis »*
Assurément, « celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir »**.
Refuser la servitude. Fini, l’anesthésie médiatique et la patience !
Choisir de vivre, oser être insoumis, se dresser contre eux :
les politicards, les milliardaires à la lanterne, les économistes valets avec !
Courage ! Soulevons-nous ! Élevons-nous, ! Brisons nos chaînes ! Libérons nos consciences !
Espérons une révolte pour fonder un monde juste et généreux.
Il y a une alternative à la haine et à la guerre, au libéralisme et au capitalisme.
Oui, rêver, résister et se dresser est possible ! Debout, libres, égaux et frères désormais !

* Georges Perec, La disparition, Gallimard, 1969
** Charles Baudelaire, Le spleen de Paris, « Assommons les Pauvres », 1869

Marie-Noëlle Bertrand

[La contrainte suivie par M-N Bertrand diffère de la belle absente usuelle: Ici chaque ligne doit être exempte de la lettre correspondante du nom à honorer et doit en revanche comporter toutes les lettres de ce nom.]

Évolution, as-tu oublié ton initiale ? Pique à gauche, mon Ducon … ou je te défie:
« Abracadabra ! Figliliviti ! Phomotoquoto ! Stujunucunu ! »
Syllabes magiques, jupes de filles, chignons de mots… Trop
De charabia, de bavures en jérémiades, de gaffes en piteuses querelles ;
Que vivent nos imaginations ! Affichons nos peurs ! Brandissons nos joies !
Hier il fallait se taire… ben merde, pas d’accord ! Le coq cocoricote, viens, jalonnons les grottes,
Jouons, dévalons de la cime des falaises à la rivière où l’herbe de la berge nous pique…
Tels les scarabées fous du gang des coqs, avançons sur le thym des sentes juponnées
De filles à la vanille, de gars au banania, de vaches à la cuisine, de chats au ratafia, de jules à la manille, de pipes au quinquina !
Vas-tu soulever la digue de pavés pour que jaillisse la biche qu’elle camoufle?

Nic Sirkis

Noisette magique
déchois-tu jeune absolu
voeu patafisique
Houblon parfois dru
j’ai par ton gai chant acquis
l’immoral voulu
Sorgho bien joli
tu charmes prés en délice
lorsque tu fleuris
Timide écrevisse
qui nargue le bec happeur
fébrile jaunisse
Bigarade au coeur
dur comme un bijou de rêve
fiché quiet sans peur
Verge d’or ta sève
joint coq en pâte et blinis
le massif l’achève
Maïs en épis
chaque joie épiscopale
fond en bonds gravis
Marron qu’une Omphale
a vu débuter le clan
jeunesse frugale
Panier bienveillant
qu’enrichit le fier rebut
jardins d’agrément
Jour de la Vertu
bascule au charlot lubrique
formel peu goulu

ce ci-devant chef la révolution plurielle égale en jambique

Rémi Schulz

[  Voici l’explication jointe par l’auteur : Ma contribution, écrite ce jour, utilise le fait que la seule lecture en négatif de REVOLUTION dans le calendrier républicain part du jour de la NOISETTE, le 8 septembre qui est aussi le Jour de l’An ‘pataphysique, et aboutit au jour de la VERTU, le premier sans-culottide.
J’ai donc pondu 10 haïkaï en belles absentes, soit 170 pieds correspondant à la gématrie de REVOLUTIONS au pluriel, d’où un dernier vers pour en rendre compte. ]

Change au levant mon cap. Jusqu’au diable je souffle.
Fourguant branlants pouvoirs, quand j’avilis mon chant,
Dégonflant mon jabot, choisis quitter pantoufle.
Je chasse du quartier grave flambeur, prêchant
Abject coup de pub. Mords faquin vague aguichant.
Le poing levé jetons nasdaq, baffons  marchand.
Les gars, joli chambard va paniquer maroufle.
Fouette joue, rauque vent de sable : orage au champ
Ne plie vigne et blé mûr qu’au jardin vais fauchant.
Beau, déjà haut, magique espoir, vole l’écoufle.

Noël Talipo