Les « avions » introduits par l’Oulipienne Michelle Grangaud sont composés en utilisant des abréviations, c’est à dire en enlevant des lettres à un mot. Par exemple « avion » est une abréviation d’« abréviation ». Robert Rapilly vient de proposer sur la liste les « zeppelins » qui sont l’opération inverse d’ajouter des lettres à un mot. La contrainte dure telle qu’énoncée par RR impose de plus que chaque mot du texte obtenu commence et finisse par une lettre du texte source. Je propose une version douce s’affranchissant de cette contrainte supplémentaire.
Premier essai :
Ayant reçu le message suivant envoyé sur twitter par @HugoLeMaltais
« Être poète, ne suffit pas. »
J'ai répondu en zeppelinant ( contrainte douce ):
« Entre prophètes, haine soufflerait paradis. »
Ainsi s'explique la virgule étrange dans la phrase initiale : il y avait un sens caché !
En suivant la contrainte dure, on pouvait mettre :
« Entre, prophète. Nuisance soufflerait paradis. »
Deuxième essai ( contrainte douce )
Au poète, un bavard oiseau
Causait fort, lui cassant la tête.
Le malheureux, snobant la fête,
Dut s'enfuir au delà des eaux.
À Maran, ara palabra : " Nada !" Là, cala d'anar bal : à Paraná rama.
( à partir du célèbre palindrome « A man, a plan, a canal : Panama » dû à Leigh Mercer )
On part d’une grille de mots croisés 6×6 sans case noire. Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche de la belle absente : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot. Contrainte sémantique: chaque sizain doit vraiment donner une définition du mot. Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6. Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête. Cette formule est utilisée ici pour la troisième fois ; on peut retrouver les doubles bêtes 1 et 2. Posté sur la liste Oulipo le 31 janvier 2016.
Horizontalement:
A
Que l’homme au sombre cœur,
Tissant de nuit sa toile,
Ourdît un piège noir
En un secret couloir
Pour, revêtu d’un voile,
Se rendre enfin vainqueur.
B
De ce speech indigeste
Qui laissait assourdi,
Rayant adroitement
Redite, bégaiement,
Parenthèse funeste,
L’essentiel nous rendit.
C
Toison qu’on voit surgir
A l’ombre de l’aisselle,
Adorable donzelle,
Venez éradiquer
Pour n’ici point rougir
D’un physique moqué.
D
D’un flot de points raflés
Ils ont, au long du match,
Plus que leur adversaire,
Bâti l’octroi du scratch.
L’étau qui se desserre
Les libère, envolés.
E
Ce n’est en rien un don,
Cette gemme au vert pâle
Qu’aujourd’hui sur ton col
J’allie à ce beau hâle,
Pour un soir lourd d’alcool
Où luira corindon.
F
Un souffle enfin pénètre,
Offrant un parfum frais
De pistils envoûtants
Aux maisons du marais.
Avis aux habitants :
Ouvrez chaque fenêtre.
Verticalement:
1
La flamberge d’acier,
Qu’ensanglantait la flamme,
Il attrapa soudain.
Où se glisse l’ondin
S’abattant, belle lame
Mugit, tel supplicié.
2
Enfin c’est le fanal
Dont nous voyons surgi
L’amer, et qui nous guide
Sous l’horizon rougi,
Quand la vague languide
Sans fin bruit au canal.
3
Je suis devenu bête
A perdre mon latin.
Où se trouve ma tête ?
Ma mémoire est volage.
Si tu as du plantain
Donne-m’en le potage.
4
Au creux de sa coquille
Elle attend dans le temps
Sans rire et sans courir.
Un courant froid montant
La frôle de sa vrille
Jusqu’au jour où mourir.
5
Elle qu’on vint chercher
En sa pauvre cachette
Au son du tambourin,
Je la veux, je l’achète !
Fit l’infant qui louchait,
Haussant son cou taurin.
6
De leur disque lunaire,
Sous un plein-cintre noir,
La face en se gonflant
Prend le bronze du flan
Pour offrir au manoir
Un prodige ordinaire.
On part d’un mot croisé 6×6 sans case noire Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot. Contrainte sémantique: ils doivent vraiment donner une définition du mot Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6 Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête (Posté sur la liste Oulipo le 11 mai 2012).
Horizontalement:
A
honteux à sa machine
au tic tac soudain tu
repéra la coquille
l’omission de cédille
froissa l’acte contus
récrivit ses lettrines
B
passion montant d’un cran
face au brelan de reines
eût-elle en ce soir gris
chargé de mistigris
dû présenter sereine
son carré de rois francs
C
le parfait assassin
tous veulent au procès
l’assigner sans délai
car à la cour il plaît
de stopper les excès
d’un odieux spadassin
D
astre à l’ardeur fusée
en tumulte joyeux
d’outremer et garance
je plaquai la brillance
de mes pigments soyeux
sur la pure rosée
E
à deux mains malhabiles
au froid d’un soir mauvais
où tremblais sous le porche
blême en reflet des torches
tes pouces gourds clavés
à la ration civile
F
tu surgis du couloir
au train de l’infirmière
et du fauteuil roulant
tu t’accoudes voulant
reprendre mine fière
tu souris au parloir
Verticalement:
1
il avait bien en tête
trois quatrains d’un ami
il monta sur l’estrade
précédant la parade
par des vers insoumis
et tout s’emplit de fête
2
jours aux jours s’ajoutant
quand s’égrène l’ennui
temps morts où l’on marmonne
allongés monotones
du matin à la nuit
dorment comme un étang
3
parfums de caramel
bouts de pommes qui dorent
amour de demoiselles
saupoudrant de cannelle
et la pâte s’accore
aux morceaux d’or charnel
4
monstre rogue et sévère
commande numérique
j’y fixai mon outil
un axe débruti
de forme cylindrique
se creusa en tuyère
5
son fleurage doré
pour unique richesse
offrait aux temps passés
son pivot enfoncé
que le serf en détresse
à grand faim dévorait
6
tout près de l’extinction
sur la braise encor chaude
darde le bouffadou
sous un long souffle doux
la flamme rampe et rôde
soudain court la passion
On part d’un mots croisés 6×6 sans case noire Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent: le 1er vers ne comporte pas la 1ère lettre du mot à définir, etc. (la contrainte complète donnerait trop d’indications sur le mot cherché) Donc, horizontalement comme verticalement il y a six poèmes de 6×6 Ces deux 6-6-6 justifient le nom de « la double bête » (Envoyé le 5 février 2012 sur la liste Oulipo)
1
2
3
4
5
6
A
B
C
D
E
F
Horizontalement:
A
lendemain d’élection
sortant d’un isoloir
un sombre président
déchu de ses fonctions
trouva un job au noir
près de ses confidents
B
d’un joli pantalon
aux motifs chatoyants
à prolonger l’usage
au delà de son âge
garnir d’un trou voyant
l’étoffe et le galon
C
la chaleur d’une mère
au nourrisson blotti
en sève nourricière
s’offrira instant fort
puis l’enfant tout petit
repu sourit et dort
D
les horizons brumeux
jalonnés d’espérance
futurs gros d’inconnu
la comtoise se meut
qu’on surveille en silence
à l’aube au jour ténu
E
elle est devant la porte
la main s’arrondissant
et le regard baissé
qu’ignorent les passants
elle peut être morte
chacun va chacun sait
F
doux alcool assorti
au mordant de l’acide
mariage coupable
d’un clapot amorti
de chatoyance instable
un parfum naît limpide
Verticalement:
1
il tombe de fatigue
pris d’accablants frissons
refuse d’avancer
ses pleurs rompent les digues
il voit le sol danser
il mugit sans un son
2
gamins toujours vivants
prêts à prendre une route
sans poids ni tradition
l’oreille est à l’écoute
d’un discours captivant
ouverte à l’émotion
3
ils ont lu tant de livres
les mots sont tous présents
vivaces comme flammes
on voit surgir grisant
que guillemet délivre
l’or pur sous leur calame
4
un jour ensoleillé
j’allais à fond la caisse
un dispositif gris
à l’air ensommeillé
a flashé ma vitesse
on subira son prix
5
façonnant un calice
dans l’or pour un rubis
aux éclats abyssaux
l’ouvrier a fourbi
au creux de ce vousseau
un flamboiement duplice
6
ce mont qui te domine
aux imposants pitons
de cèdres couronné
tu veux le tamponner
tout roc fayard mouton
cède au bull qui lamine
Participation à une série d’envois de « portraits en anagrammes » par différents membres de la liste Oulipo. J’avais mis le commentaire suivant: Un peu poussé, mais avec des lettres pareilles difficile de faire grand chose d’aimable. Avec des gens pareils on n’a pas beaucoup de choix. Publié le 17 janvier 2012
L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois d’octobre.
1er octobre – Journée Mondiale du chocolat
Bernard Maréchal
Papa fait du chocolat,
Petit frère a picolé,
Maman cuit du brocoli,
Grand-père est un rigolo,
J’aime mieux les Figolu ®.
(babebine sur le mot-clef)
Elisabeth Maitre
Toto attacha
Lola, hala cachalot,
cacha cacao
( beau présent )
Annie
Lasagnes à l'artichaut
Copieux panier d'abricots
Chaud-froid de pommes "gala"
( acrostiches inverse à gauche, direct à droite )
Jacqueline Morel
Tentation exquise
Mille délices subtils
Désir assouvi
( gâteau d'anniversaire : un I -la bougie- dans chaque mot )
Alexandre Carret
Chaque holà alla au choc :
- Hola, Cash ! Cache à l’eau la kalash !
- Allo Chacal, le Cachalot la cale au cachot.
- Coche là-haut ! Le chocolat à l’eau choque.
- Chaud chaud, Coco, là, lâche au col !
- Ah ah ! Le chat colle la coke au cola à la chaux.
Ariane Musarde
En tasse bien chaud
Après le cocorico
L'aube l'avala
Jacqueline Jacquadit
Si bis apéro à cacao, repas Ibis !
( palindrome )
Noël Bernard-Talipo
Le patron n'admet pas qu'au pastis on préfère
Un noir breuvage au lait qui ronge l'intestin.
D'une voix de flûtiau Panisse un peu tempère
Son ami dont le fils est parti ce matin.
Rasé, cria :
« Té, chocolat : nitro net ! »
Ténor tinta l'oc :
« Oh cet air, César ! »
( palindrome )
2 octobre – Journée mondiale du sourire
Bernard Maréchal
J’aime ton sourire,
Ma souris pince-sans-rire.
Je le dis pour rire…
Car tu sais, pour un sou, rire.
Je t’aime pour ton fou rire.
(tanka sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Par ton Sourire Offre
Un Répit Inattendu
Ravivant Espoir
( acrostiche de lettres par mots )
Alexandre Carret
Elle me soutire
Un bien trop triste sourire
Qui la fait souffrir.
Je recommence et soupire
Trop de peine à assouvir.
( prosonomasie )
Jacqueline Morel
Sous le rire : joie
Sous le rire : moquerie
Sous le rire : larmes
( anaphore )
Ariane Musarde
Oser risée sue
User sûre ruse sœur
Sourire rosé
( beau présent )
Annie
Quel petit rongeur court dans l'herbe ?
Souris verte
Passant par là qui est surpris ?
Le chat gris
Qui attrape-t-on par la queue ?
L'un des deux
Le dernier vers conte une perte
Buvez à tire-larigot
L'huile et l'eau, tout chaud l'escargot
Le chat croqua la souris verte
( ovillejo )
Voici le virus !
Il me garnit de mucus,
Remplit mes sinus.
Un beau corona virus,
Sans bruit, ça frappe au plexus.
(tanka acrostiche)
et
Quand je les chauffe au gaz, peste ! Gare aux microbes
Que je fauche, velus, beaux, merdes pathogènes !
Mon chef maudit veut bien que je les gaze un peu.
Je vois les gaz lâchés de cinq captifs microbes.
Jetez grand wok vichy ! Piquez le faux microbe !
( belle absente )
Alexandre Carret
Je chope un virus
Bloqué au paddock, je tweete :
Zyklon ou faux-mages ?
( haïku-pangramme )
Annie
Les virus ? Sur les virus je n'ai rien à dire.
Le virus confine au logis
Sourire masqué, c'est permis.
Les vaccins ? Sur les vaccins je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Elisabeth Maitre
Vaurien Intrusif
Ravageur Universel
Satané virus
( acrostiche de lettres par mots )
Jacqueline Morel
Comme un leitmotiv
Tourne à l'infini
L'annonce d'un grand danger
Sombre espoir déçu
De vivre de meilleurs jours
( HOG – télostiche )
Noël Bernard-Talipo
Suivis Sirius :
Vis urus, sur ru ! Suri.
- Ris si suis si sûr.
( beau présent )
4 octobre – Journée Mondiale des animaux
Bernard Maréchal
Veaux, agneaux, chevaux,
Nous aimons les animaux,
Gigots et cuisseaux.
Mais quand l’animal nous mange,
C’est bizarre, ça dérange.
(tanka)
Annie
une souris rose
conserve en son cœur
un moineau morose
un vanneau rêveur.
une souris noire
venue s'aérer
conserve en mémoire
un âne rusé.
incarcère en vain
un croco maousse
un saumon commun
un murex carmin
un morse amusé
avec son ivoire
en rien ne va croire
ces vers arrosés
Elisabeth Maitre
Manu, mini nain
mima ma maman, mina
Max, iman ami
( beau présent )
Jacqueline Morel
Vite se cacher !
La ronde du prédateur
Menace, farouche
Art inné, dissimuler
La nuit luit, ombrageux flux
( primitive du mot « animaux » dans le dernier vers )
Gérard Le Goff
Les animaux vivent
Au sein des gros dictionnaires
Pleine liberté
Ils vont de fables en contes
Éléphants loups et cigales .
Alexandre Carret
ஐ MENU DU JOUR ஐ
ღ
ஐஐ Foie gras d’éleveur ஐஐ
ஐஐஐ Cuisseau de chasseur ஐஐஐ
ஐ Cervelle de PDG. ஐ
ღღ
L'animal savant
Traversa l'arceau flambant,
Dansa, salua.
Parada le saltimbanque.
Partant l'encagea.
( deux "a" par mot d'au moins 2 syllabes )
5 octobre – Journée Mondiale des enseignantes et des enseignants
Bernard Maréchal
Insensé,
Satan entêté,
Si tes enseignants te saisissent,
Tes agents nantis, gâtés, étatisés, saignants,
Sans gaieté
Et niant ta tête,
Et si tes enseignants te saignent,
Agissants,
Enseignants gagnants,
Geins assis !
(adresse à un ministre et bigollo en beau présent)
Annie
Les enseignants et enseignantes ? Sur les enseignants et enseignantes je n'ai rien à dire.
L'amour entre ombre et oubli
le savoir niche dans les plis.
Les concours ? Sur les concours je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Jacqueline Morel
En pleurant
En priant
En hurlant
En souffrant
En saignant
( chicago )
Alexandre Carret
L’enfeignant, en feignant d’enseigner, enfreint l’ancienne insigne.
L’enfant enseigné n’en sait néant.
C’est en enfer qu’on enferme un enfaignant fainéant.
C’est en saignant qu’on encense un seigneur.
C’est un fait.
Noël Bernard-Talipo
L'enseignante et l'enseignant
Au soir quand la mi-nuit tinte
Quand du froid souffle la plainte
Lisent encor d'un œil clignant
La mouche tourne et brondit
Dans la clarté monotone
Le stylo rouge griffonne
Biffe la faute et le mal dit
L'un soudain lit oh bonheur
Un devoir pure merveille
Bon comme jus de la treille
Fatigue fuit chante son cœur
( clotilde )
6 octobre – Journée mondiale de la paralysie cérébrale
Bernard Maréchal
Jeux de geek chétif ?
Paralysie cérébrale ?
Moquez-vous, swinguez.
(pangramme de 52 lettres)
Elisabeth Maitre
J'ai la matière grise
qui est au point mort
les neurones en crise
interdits d'efforts
Y'a eu expertise
sur mon triste sort
et j'ai la hantise
d'être sans ressort
( sélénet )
Jacqueline Morel
Vie anéantie
Flotte en néant abyssal
Le rien infini
Errance intersidérale
D'une étoile évanouie
( Bouts rimés – Utilisation des rimes des mots-clés )
Jacqueline Jacquadit
Idées englouties
Paralysie cérébrale
Vivre est un naufrage.
Remède ? L 'océan n'a école de mer !
( palindrome )
7 octobre – Journée mondiale d’action pour le travail décent
Bernard Maréchal
Pour rendre décent
Le travail, cette torture,
Ce mot indécent,
C’est la lutte à cent pour cent :
La grève sans fioriture.
(tanka sur le mot-clef)
Jacqueline Morel
( girondeau )
Alexandre Carret
Travail des enfants,
Travaille ! Descends à la mine !
Travail des sans-dents
Travail des cent pas perdus.
Travail décent ? Pas à moi !
( explicitation :
Travail décent -fants
Travail décent dans la mine
Travail décent dents
Travail décent pas perdus
Travail décent ? Pas à moi ! )
Annie
ici la terre avilie
la vie étrécie,
trace dévalée
ici l'ancre, le cratère,
ici le cercle de l'activité invalide
vite, vite, vite
la trivialité étêtée, cravatée
en vain ce cri, rien n'a retenti
tard attendre
le dernier client -
et -- ventre édenté
crever de ne rien créer ?
ni lait ni vin ni tartine
ni récit ni carte
avertir
dire : rêve d'art
dire : trêve décennale
dire : vacance éternelle
ça vient ? ça viendra ?
décrire ce vert éclat
ce vivre vertical, tête en l'air,
le vrai talent d'être
le ciel étincelle enclin à la cité
l'atelier de tel tendre avenir
l'avertir
il rirait, ivre, écarlate
irait enlacer la crête
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Sans
Sel,
Sans dents,
Le travail
Sans cesse descend.
Cesse le travail, essaie, danse.
( Fib )
8 octobre – Journée mondiale du poulpe
Bernard Maréchal
Du poulpe au polype
Ou du crabe au carcinome,
L’animal fait mal,
Du décapode au cancer,
De la pieuvre à la mafia.
(tanka sur mot-clef)
et
Le poulpe aux yeux d’or
Étire ses huit longs bras
Puis bâille et s’endort.
Cet octopode à ventouses
Roupille au fond, bien pépouze.
(tanka sur mot-clef)
et
Le maître nous fait vérifier
Les mètres pour bien versifier.
Il nous apprend à bien compter,
Pas sur les phalanges des doigts,
Ni sur les pieds, mais dans l’oreille.
« Aujourd’hui c’est le jour du poulpe :
Écrivons lui un beau poème. »
L’octopode, a-t-il huit syllabes ?
L’octosyllabe, a-t-il huit pieds ?
Quand le poulpe vient aux casiers,
Avec deux bras de moins que crabe,
Ton « Octopode » a trois syllabes,
Et quatre pieds l’« Octosyllabe ».
Le jour du poulpe, on n’a plus faim.
Nicolas Graner
Pour bien cuire un poulpe,
On doit préparer son coup.
Un ami a donné ce conseil :
Laissez-le griller un peu,
Posé sur un petit brasero,
Et ne le tournez pas trop.
( acrostiche et télostiche inversés )
Elisabeth Maitre
Poule pelée pue
pullule, pollue le pôle
épopée loupée
( beau présent )
Jacqueline Morel
Tentacule ondule
Poulpe mol
Louvoie, solitaire
(Trident – Envolée : je propose cette contrainte où chaque mot utilisé contient la lettre « l » (aile)
Annie
stoppe ‒ insupportable
impopulaire palpeur !
poulpe palpitant
( deux P par mot )
Alexandre Carret
Je lui gratte le nez. J'étrangle les turbots.
Moi, je ne sers à rien. Je suis le clignotant.
Quand je m'agite ainsi, tout le monde recule.
Je fais ce que je veux car je suis dans son dos.
J'ai trop honte pour dire à quoi je sers vraiment.
J'ai huit doigts pour compter toutes mes tentacules.
et
Dieu Poulpe à Rhodes, aristo, fabriquait une belliqueuse trottinette
( Zeppelin obtenu à partir du vers « Du pôle à Rosario fait une belle trotte » trouvé dans les « 100 000 000 000 000 de poèmes » de Raymond Queneau : DieU POuLpE A RhOdeS, ARIstO, FAbriquaIT UNE BELLiqueusE TROTTinettE )
Noël Bernard-Talipo
Pupille lippu,
Appelé, palpe, papouille
Papale papule.
( dans chaque mot, au moins 1 L, au moins 2 P, pas d'autre consonne )
9 octobre – Journée mondiale de la poste
Bernard Maréchal
Poster une lettre,
Oublier de l’affranchir.
Seller son cheval,
Trotter jusqu’à perdre haleine,
Et kidnapper le facteur.
(tanka acrostiche)
Nicolas Graner
Léo pelote sa pote. Attelée à la télé,
La pétasse, pas lassée, est épatée à sept spots :
L'étape Espelette-Aoste a passé le Lot, les Alpes ;
L'aloès et le pastel ; le Laos et la potasse ;
Les septolets à l'alto ; tel sot people est pâlot ;
Le Pape et l'apostolat ; le pesto, le sel, les pâtes.
Sa patte posée à plat, Léo se tape la tête.
( beau présent )
Alexandre Carret
Postéropoderez-vous la petite peste ?
Ostensiblement, elle aura brouillé la piste
Stendhalorimbaldinienne en croquant la paste.
Tergiversez-vous encor quant à la riposte ?
Emberlificoteurs, scribes de palimpseste !
( explication :
POSTE .... pEste
OSTE ........ pIste
STE ......... pAste
TE ........... pOste
E ........... pSEste )
Jacqueline Morel
Apéro pour potes
- Tu optes pour des grignotes ?
- Des toasts au pesto !
(Anagramme du mot-clé dans chaque vers)
Ariane Musarde
Fait-il vraiment foi
A-t-il un timbre de voie
Ce pli à cachet ?
Elisabeth Maitre
A la poste il stoppe
Topette en poche, il empeste
pastis et pesto
Pèse plis et enveloppes,
poste ses petits paquets
(tanka de mots avec la lettre "p")
Annie
Ose Épépé ! Pose
tes os, tes pots et popotes
oppose épées, épopées.
Épépé, tes potes
poètes, Ésope et Poe .
#héméroméride par Annie ( HOG et beau présent ; Épépé est le titre d'un roman de Ferenc Karinthy et le nom supposé du principal personnage féminin. )
Jacqueline Jacquadit
Attal, le pote de l'apostat pesta :
Pelote ta salle, appâte la, teste la, tâte l'épopée ;
A tes opposés pèle les sens, pète les plots, salope les postes ;
Poste ta potée et ses pelletées !
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Bureau de commandement.
Fidèle à son équipage ,
le cachet faisant foi restante.
Paquet de travail : pilotage d'aiguillage, galène, radio.
Où se trouve la clé de secours ?
( filigrane )
10 octobre – Journée mondiale des soins palliatifs
Bernard Maréchal
Sans soins palliatifs,
Ton papa passait, plaintif,
Finissait, passif,
Sa saison, insatisfait,
Sans assistant apaisant.
(beau présent sur mot-clef)
et
Que penseront ces matafs
S’ils apprennent que Boutef
Était en soins palliatifs ?
Ils se diront « Super ! Tof !
Qu’on l’enterre dans le tuf ! »
(babebine sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Quand on a perdu
combat contre maladie
les soins palliatifs
à défaut d'euthanasie
accompagnent la sortie
et
Pont flottant fila
Tapi, Flo, palot, fait fi
Paola fait flop
( beau présent )
Alexandre Carret
Danse avec la mort,
Vois au-delà des vivants.
A qui souris-tu ?
Nous t’accrochons un instant.
Où es-tu déjà partie ?
Nicolas Graner
Un peu de morphine
Avec un anxiolytique
Et de l'oxygène
Merci pour tous ces tuyaux
Qui t'ont vu partir en paix
(pas de contrainte, juste de la gratitude)
Jacqueline Morel
Bienveillants soignants
Qui soulagent et apaisent
Violentes douleurs
Halo d'or d'amour enlace
Doucement la vie s'envole
Noël Bernard-Talipo
ton visage est creux et pâli
l'infirmière sourit en hâte
par la fenêtre un orme un if
de mésanges concert dans l'if
à ton oeil le monde pâli
glisse sans désir et sans hâte
finis frisson douleur faim hâte
s'efface l'image de l'if
solitaire en ce jour pâli
( terine )
11 octobre – Journée Internationale du coming out
Bernard Maréchal
À la mi-août,
Pour faire un coming out,
Convoque un raout.
Si tu crains le black-out,
Évite le burn-out.
(tanka sur mot-clef)
Nicolas Graner
Vais-je oser le dire ?
Je suis un peu... différent.
C'est embarrassant :
Je n'aime pas les haïkus,
Je préfère les tankas.
Elisabeth Maitre
Ton tonton gogo
connut un mouton mignon
un cocon tout mou
( beau présent )
Jacqueline Morel
Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder
Traînée au banc des accusés
Mélusine ne dira mot
Pour malédiction éviter
Fuir à lune pleine, bientôt...
Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder
( triolet sur le thème )
Annie
Le coming out ? Sur le coming out je n'ai rien à dire.
Si ce n'est pas compris, tant pis
Sans permission sortez d'ici.
L'échappée belle ? Sur l'échappée belle je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Alexandre Carret
Ce matin, ASAP
Je fais mon coming out
Avant la conf call
Trop tard ! Tout ça est has been.
Elvis has left the building.
et
Laid, ce Coming Out à mère
laisse Com in gOut amer.
( presque holorimes )
Jacqueline Jacquadit
Cogito itou
Où omit un moi mini
Moi gît ou moignon ?
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Ô goût inconnu,
Nuit où tout oignit union,
Tuning inouï.
Incognito ? Non. Mutin,
On commit mot : communion.
( beau présent )
12 octobre – Journée mondiale de l’arthrite
Bernard Maréchal
L’abus du picrate ?
Mon médecin l’interprète :
« Voilà votre arthrite ! »
Peu m’importe, je sirote
Mon rouquin, comme une brute.
(tanka et babebine)
Nicolas Graner
Claire aime l'arthrite,
Marie attire l'algie,
Basile l'angine.
( tous les mots sont homovocaliques )
Elisabeth Maitre
Trahie et haïe,
Rita, atterrée, ira
rire à Tahiti
( beau présent )
Jacqueline Morel
Des prés elle est reine
Peut calmer douleurs et fièvre
Arthrite oubliée
Alexandre Carret
Cette triste artiste de Street Art s’attriste : son arthrite la stresse. Elle tire, contrite, sa tresse qu’elle tisse et trisse de la Street.
Annie
art & rite
rate & rit
traître
titrera
retrait
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Hier, théâtre thaï.
Hère haï héritait :
Théier, haire, hie.
( beau présent, haïku justifié, un H dans chaque mot )
13 octobre – Journée mondiale de l’œuf
Bernard Maréchal
Blafard, j’ai vu caqueter l'animal, la sphynge.
Mais chut ! Voici qu’il pond. Bravo ! J’avais grand’faim,
J’allais faiblir… Ponds-en vingt-cinq, c'est bien, ma chère.
C’est choquant si je veux d’abord manger la poule ?
(Belle absente)
et
Coco chaud pondu,
Tu vas partout, frais du jour,
Dans un sabayon,
Frit au bacon ou mayo,
Cuit dur, au plat, mimosa.
(lipogramme en [E])
Elisabeth Maitre
Fou futé têtu
ôte tutu et fout feu
fête fut foutue
( beau présent )
Annie
Que vole encor qui vole un œuf ?
c'est un boeuf.
Celui qui vole une banane ?
vole un âne.
Mange-t-il sur le pouce ? à table ?
à l'étable.
Je dis l'histoire véritable
d'un monde agité, terne, éteint
où chacun vaque sans témoin
ni boeuf ni âne dans l'étable.
( ovillejo )
Là, face à un chêne immense
Ses longs doigts le ciel effleurent
L'œuf à son cou étincelle
Vert sacré, joyau précieux
Fruit des serpents enlacés
Sur la saie immaculée
Alors, un rai lumineux
Le ceint, spirale irréelle
En ce rituel enchanteur
Puis vint le temps de la danse
(Étreinte)
Alexandre Carret
Feule du toit ! Veux
Que morde un laps ! - palindrome -
Que vois-tu de l’œuf ?
( palindrome consonantique)
et
Euphémisez l’oeuf au nid.
Euphonisez l’oeuf au riz.
Euphorisez l’oeuf orbe,
l’euphorbier de forêt,
l’oeuf aux raies d’Euphémie.
Euphémisez.
(Homophonies)
Pierre Lamy
Ohé ! L’œuf à coquehume bon la belle époque
et le coquetier.
Le chef d’œuvre de la poule,
ovoïde altier,
est vraiment sans équivoque,
ubuesquement baroque,
facile à briffer.
À cette œuvre de la poule,
Cécilia, ma poule,
offre un nid de chou pommé.
qui sent bon la moule.
Un mets vraiment à la coule
et fort bien nommé.
( sonnaïku potenciel irrationnel )
Gérard Le Goff
simple comme cuire un oeuf
pour écrire une texte neuf
un nouveau texte sur l'oeuf
sans transpirer comme un boeuf
c'est exercice de teuf
ça pourrait distraire un veuf
ça pourrait plaire à ma meuf
pour ces quelques vers sur l'oeuf
on doit s'arrêter à neuf
Noël Bernard-Talipo
Sûr, l’œuf
précède
la poule !
- Mais poule
son œuf
précède...
Précède :
la poule ?
ou l’œuf ?
( terine )
14 octobre – Journée Mondiale pour la normalisation
Bernard Maréchal
Langage normal ?
« Noch mal ! » traduit l’allemand.
Un son égal norme.
(médaille)
Nicolas Graner
Allons à l'ISO :
La nation a l'air malsain,
Normalisons-la !
( beau présent )
Jacqueline Morel
Internationales
Santé et sécurité
Obstacle évité
( acrostiche en lien avec le thème )
Sud - Bien
Est - Beau
Ouest - Moche
Nord - Mal
(chicago)
et
La menthe, la marrante, lamente l’amarante.
L’amante la rache. La mante l’arrache.
La normale la tire. L’anormal l’attire.
( homophonie )
Jacqueline Jacquadit
Elf, normal eden né d'Elam, ronfle.
( Elf a été le paradis des investisseurs en Iran, d'où ce palindrome )
Noël Bernard-Talipo
Pragois criait non
aux soldats aux tanks à la
normalisation
Jan Palach ton corps flambant
nos brouillards illumina
( lipogramme en E )
15 octobre – Journée internationale des fossiles
Bernard Maréchal
Faire des vieux os,
Attendre au fond d’une strate
Le bon coup de pelle
***
Qui vous donnera la gloire :
C’est tout l’espoir des fossiles.
(tanka sur mot-clef)
Jacqueline Morel
Un être ancestral
Pétrifié et éternel
Mystérieux fossile...
En haut le monde s'affole
Quant à lui, sous terre, il bulle
( babebine )
Elisabeth Maitre
Fille fêlée ose
folle liesse. Fils lésé
effile foie, fiel!
( beau présent )
Alexandre Carret
S’il faut de parfaits
cils faux, là, dans la fausse île
Faits par deux fossiles.
(palindrome syllabique)
Nicolas Graner
D'après la Comtesse,
Les faucons ont des vrais cils,
Et vice versa.
( contrepèterie )
Ariane Musarde
Faucheuse fâchée
Fossiles furent futés
Fermement figés
( tautogramme )
Annie
Les fossiles ? Sur les fossiles je n'ai rien à dire.
Ils sont vieux, sales, enfouis
qui s'intéresse à ces débris ?
Le siphon ? Sur le siphon je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Noël Bernard-Talipo
Sol mol. Cocon clos.
Dors, dors profond. Front, dos, tronc,
mort corrompt ton corps.
( monovocalisme en "os" )
16 octobre – Journée mondiale de la colonne vertébrale
Bernard Maréchal
Cambre-toi, bellâtre :
Fais admirer ta lordose.
Courbe-toi en quatre :
***
Prépare bien ta scoliose !
Ta colonne s’ankylose.
( tanka )
Bituur esztreym aka E-M Gabalda
t'as une
colonne vertébrale ou pas
on fait
partie des
vertébrés, oui
normalement. ah ça pour sûr..
mais comme
tu dis :
ui mer non
Elisabeth Maitre
Ce colonel con
colle en coloc' nonce, nonne,
leçon énoncée
( beau présent sur le premier mot-clef )
et
La belle tablée:
tarte et baba, betterave,
rab à avaler
( beau présent sur le second mot-clef )
Jacqueline Morel
Tête dodeline et crâne
Là-haut puis ondulent les mouvantes dorsales
Où côtes s'arriment
Pour enfin rejoindre
Sacrum, coccyx
( Rachis – J'ai nommé ainsi cette contrainte car
le 1er vers compte 7 syllabes, comme 7 vertèbres cervicales ;
le 2ème vers compte 12 syllabes, comme 12 vertèbres dorsales ;
le 3ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres lombaires) ;
le 4ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres sacrales et
le 5ème vers compte 4 syllabes, comme 4 vertèbres coccygiennes.)
Alexandre Carret
Ma colonie décolle aux nues
Mon col honni s’acole au nez
Mon colonel me colle au gnouf.
Vers tes bras doux vers tes bralettes.
Annie
La colonne vertébrale ? Sur colonne vertébrale je n'ai rien à dire.
Une colonne qui trahit
Trajane à Rome et à Paris
La place Vendôme ? Sur la place Vendôme je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Nicolas Graner
Crâne
cOu
épauLes
dOs
bassiN
haNches
quEue
( mésostiche )
Noël Bernard-Talipo
court l'oubli souvent
quand le vent effrontément
baratte aile et cœur
( primitive de « colon - ne verté - brale » )
17 octobre – Journée mondiale du refus de la misère
Bernard Maréchal
Le refus ? Sur le refus je n’ai rien à dire.
Est-ce rejet, est-ce déni ?
Est-ce que l’espoir est fini ?
La misère ? Sur la misère je n’ai rien à dire.
Pour Annie ( cf. « L'herbe » de Queneau )
Jacqueline Morel
Les droits humains ?
Misère n'est fatalité
Les droits humains...
Mobiliser tous citoyens
Pour lutter contre pauvreté
Ignorés, bafoués, piétinés
Les droits humains
( rondelet )
Alexandre Carret
- Monsieur, je refuse !
- Soit ! Qu'on stoppe la misère !
- Je vous remercie !
Annie
ferme remède ?
fumée, ruse de délai
faim dresse la rue
se mesurer : mur de fer
se lasser, larmes, rides
( beau présent sur « refus de la misère » )
Noël Bernard-Talipo
je crie ma colère
il refuse la misère
elle hait la faim
nous aurons la main vengeuse
pied nu vous irez rieurs
( accumulation agréable : tous les mots ont même nombre de voyelles et de consonnes )
18 octobre – Journée Mondiale de la ménopause
Bernard Maréchal
Repos assuré
De ton fauveéros masqué,
Et dormant, rusé.
***
Très tôt, au dessert, on cause
Ménopause, et on chahute.
(tanka et homovocalisme E O A U E)
Jacqueline Morel
Irritable Terre
A ses bouffées de chaleur
Pourtant, elle saigne
Elisabeth Maitre
N'être plus féconde
ce n'est pas la fin du monde
point ne te morfonde
Alexandre Carret
La Meinau pose
un décor lourd :
La mène oppose
Aix à Strasbourg.
Robert y court ;
la ménopause
de son amour
l’amène aux pauses.
( homophonies )
Annie
Marie n'avoue pas abuser d'eau
moi je nie l'opéra du saké.
( primitive de « ménopause » )
Noël Bernard-Talipo
Toi qui veux savoir où je mène,
Suis le cours qui roule mes eaux.
Point de repos. Tête ne pose.
Un jour verras l'astre qui pose,
Au pays où mon flot te mène,
Un reflet vert au ras des eaux.
Alors, s'enfonçant en ces eaux,
Qu'au fond ton sein, lentement, pose
Ce cœur de glace qu'en pleurs mène.
( terine )
19 octobre – Journée mondiale contre la douleur
Bernard Maréchal
D’Épicure à Goethe,
Son absence fait la force
Du souffre-douleur.
***
Faut-il vivre pour souffrir ?
La douleur ne sert à rien.
( tanka sur mot-clef )
Annie
élaguer les arbres
éventrer le sol
arracher les marbres
quelques fleurs au vol
ouvrir des carrières
piéger les oiseaux
fermer les frontières
autant de fléaux
( sélénet )
Jacqueline Morel
Femme échevelée
Poignante vision
Face torturée
Larmes en sillons
Sa bouche est crispée
Son cri silencieux
Douleur déchaînée
Sonne jusqu'aux cieux
( sélénet )
Elisabeth Maitre
Dédé le dodu
le drôle de rodeur erre
ordure rodée
( beau présent )
Alexandre Carret
Ce fou farandoleur
est un beau berdelleur.
A chaque chandeleur,
en pédant pédaleur,
il double des dealers
Tels des souffre-douleurs.
(Rimes sous la forme D_leur)
Noël Bernard-Talipo
Douleur sourd au cou,
Mouvoir nous vaut maux sournois.
Nous faut pieu moelleux.
( voyous liés )
20 octobre – Journée internationale des cuisiniers
Bernard Maréchal
Wok de gâte-sauce ?
Là, popotez-y bien, chef :
J'aime votre queux.
(pangramme)
Je cours en cuisine
J'ai invité ma cousine
Pour une crusine
( homéotéleute )
Alexandre Carret
Luce, cuisinière
lut ce Q.I.-Zine hier.
L’eussent cuit six gnières ?
(Haïku avec holorimes jouant sur les diérèses pour faire varier le nombre de pieds)
Annie
Pour une terine au pain
indispensable est le sel
inoubliable le vin
on peut déboucher le vin
hacher l'oignon et le pain
touiller avec poivre et sel
de la mer nous vient le sel
de la terre vient le vin
buvez le, mangez du pain
( terine )
Noël Bernard-Talipo
sorcier sourieur
souverain en ma cuisine
aux saveurs voué
sucre suc musc sauce rousse
noue à vous ma soumission
( prisonnier )
21 octobre – Journée mondiale des vers de terre
Bernard Maréchal
Un beau jour tout à trac
L’ami Georges Perec
Découvrit un lombric
Habillé d’un grand froc.
« Il doit avoir un truc… »
(babebine)
Elisabeth Maitre
Petit ver de terre
au train-train discret
ton aide m'est chère
dans mon jardinet
Ta vie souterraine
échappe à mes yeux
merci pour ta peine
tu fais de ton mieux
( sélénet )
Alexandre Carret
Approche, ma jolie souris !
Approche, ma jolie.
Souris !
Aime ces vers de terre unis,
ces hommes fous : le camp d’ici.
Aime ces vers !
De Terre, unis ces hommes !
Fous le camp d'ici !
( Un vers de terre est un vers qui, coupé en morceaux, en donne de nouveaux )
Jacqueline Morel
Lombric, habile et précieux jardinier
La terre aère, nourrit et nettoie
Toute existence cultiver, soigner
De nouveau croître et renaître avec joie
( pantoun )
Annie
les vers de terre s'embêtent
les bêtes s'enterrent
les merles enténébrés
se perdent en Perse
les femmes en fête
dentelles en tête
se bercent de rêve
je déserte ces
légers
très légers, reflets
de trèfle
( monovocalisme )
Nicolas Graner
poème de feu
strophe d'eau
distique d'air
vers de terre
( chicago )
Noël Bernard-Talipo
entre en ces déchets
pénètre entre ces semences
descends vers le sens
et des célestes enfers
le sel renfermé révèle
( monovocalisme, à l'instar des mots-clefs )
22 octobre – Journée internationale de sensibilisation au bégaiement
Bernard Maréchal
Bébé gai bégaie,
Mais mémé méchante chante.
Papa pâli lit.
***
Ton tonton Clément me ment :
Ma maman Mado m’adore !
( tanka bègue )
Annie
Le bégaiement ? Sur le bégaiement je n'ai rien à dire.
Le gai bébé qui bégaie rit
papa - mama : qui rit guérit.
La répétition ? Sur la répétition je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Nicolas Graner
Bébé, gai, bégaie,
Lit l'Iliade à dada,
Et ses essais cessent.
( haïku bègue )
Alexandre Carret
Pauvre bègue giflé
Et traité d’obsédé
Par son amie malade
Quand il dit, en balade,
Tout à coup pris d’un doute :
« Tes tes tes tes gou...gouttes »
et
Pourtant, Dieu, pour tant d’yeux nicha pour Nichapour.
Goût ailleurs ! Gouailleurs ! Pourvoyeurs pour voyeurs,
Dénichons des nichons ! Dégotons des gotons !
( poème bègue )
et
Le bégaiement
embête Galien,
le met en gabie
Le gai béement
Image le benêt
et le mage béni
blême agité en
Matinée belge.
(anagrammes)
et
Ce pauvre bègue-ci dit deux fois chaque mot.
Son perroquet Coco souffre des mêmes maux.
Quand il parle à Coco, il dit « Cocococo ».
L’autre répond : « Cocococococococo ».
Jacqueline Morel
Sous soupirs émergent
Parmi mille déceptions
Des désillusions
#héméroméride par Jacqueline Morel ( bégaiement )
Noël Bernard-Talipo
Las l'abbé bégaie,
Guère ressentant cent ans
Déments : que des manques.
D'yeux Dieu cela seul amour,
Mourant en terre. Erreur ? Heur ?
( poème bègue )
23 octobre – Journée mondiale du Champagne (Champagne Day)
Bernard Maréchal
Mieux qu'un whisky fade,
Buvez juste un kir royal :
Cassis et Champagne.
(pangramme de 56 lettres)
Elisabeth Maitre
Mage en pagne en nage
emménage en ma campagne
change page en ange
( beau présent )
Annie
Le Champagne ? Sur le Champagne je n'ai rien à dire.
Jacqu' Darras a déjà écrit
le texte sans date à l'appui.
La Champagne ? Sur la Champagne je n'ai rien à dire.
( cf. « l'herbe » de Queneau ainsi que l'« Ode au Champagne » de Jacques Darras )
Jacqueline Morel
Excellent champagne
Sur la côte règne
Grain doré de vigne
Tente tout ivrogne
Et nul ne répugne
( babebine )
Alexandre Carret
Observons ce doux föhn : il soufflotte d'Ölsen,
En ruban de Möbius ... Il fait son n°
30°C aux cimes de Mözen.
Regoûtons, stp, cette Veuve Cliquot.
Imagine un romain pris pour un verre à pied
Comme Bens prit l'I pour un vers à douze pieds.
¡ doɹʇ nǝd un ǝɹıoq np ıɐ,ſ ˙sɹǝʌuǝ,ן ɐ ʇuǝıʌǝp ʇno⊥
et
LOïc BOit du mOët
NOël fête nOël
Va Ouïr jOël
Ismaël
IcI
ÿ
A
coupe de champagne :
(lire de bas en haut comme les bulles de Champagne)
(fines : trémas - grosses : o)
Jacqueline Jacquadit
Verre de champagne
Je suis ta compagne
Des petites bulles
Je suis une émule
Vive l'évasion
Monter en surface
Voilà de l'audace
Dans la transparence
De cette émergence
Vive l'explosion
Couleur jaune ou rouge
Tout cela qui bouge
Grimpe dans ma tête
J'ai le cœur en fête
Joyeuse effusion !
Nicolas Graner
Vêtu de son pagne
Au milieu d'un champ
En pleine campagne
Au soleil couchant
Lorsque sa compagne
Interprète un chant
Sa voix l'accompagne
Spectacle touchant
( sélénet rimé sur les syllabes du mot-clef )
Robert Rapilly
Je me crus rude bandit
Mais lors qu’ont tinté nos flûtes
Une ivresse m’engloutit
À ce rebord où vous bûtes
Sous vos lèvres m’enferrait
Pour rouge sceau de mon bagne
L’évasement très secret
D’une coupe de champagne
Noël Bernard-Talipo
Nous mettrons nos pagnes
Pour aller aux champs
Loin de vos campagnes
Soldats aux durs chants
Dans notre montagne
Ne coule point sang
Personne ne gagne
Ne règne puissant
( sélénet aux rimes dictées par le mot-clef )
24 octobre – Journée mondiale des poissons migrateurs
Bernard Maréchal
Nageant sans frontières
Ils remontent les rivières,
Cherchant leurs gravières.
***
Anguilles, saumons, lamproies,
N’en faisons pas que des proies.
(tanka)
Elisabeth Maitre
Poisson migrateur
et poison mithridateur
passion gratte-coeur
( prosonomasie )
Annie
Les poissons migrateurs ? Sur les poissons migrateurs je n'ai rien à dire.
Saumons et aloses enfuis
gaves, nives restent marris
La pêche ? Sur la pêche je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Jacqueline Jacquadit
Sur les poissons migrateurs "je redirai Annie"
( "..." : anagramme de "je n'ai rien à dire " )
Nicolas Graner
Le potamotoque
est amphihalin.
Le thalassotoque
aussi, c'est malin.
Quant au catadrome,
amphibiotique, il
n'est pas anadrome :
distinguo subtil.
( sélénet )
Vocabulaire :
amphihalin = amphibiotique = poisson qui vit en eau douce et en eau de mer.
anadrome = potamotoque = poisson qui vit en mer et remonte les fleuves pour se reproduire.
catadrome = thalassotoque = poisson qui vit en eau douce et descend les fleuves pour se reproduire en mer.
Jacqueline Morel
Source scintillante
Au fond du bassin
Une ondulante ombre
M'hypnotise et m'offre
Orbe merveilleux
Noisette sacrée
( acrostiche )
Alexandre Carret
Mon signor Odon
J'ai mis du cynorhodon
Dans votre culotte.
Seule l'une vous démange,
C'est un poison mi-gratteur.
(tout ça pour ça)
et
Le poisson remonte
A la surface de l'eau.
Il est cuit. A table !
( Journée mondiale des Poissons Mi graTINES )
Noël Bernard-Talipo
Seul et net
Sers air, sel
À poissons.
Erres.
Nos si opales rias
Restent élues.
( palindrome )
25 octobre – Journée mondiale des pâtes
Bernard Maréchal
Marier ce vieux poivre et sel
Pour en faire un coq en pâte ?
Je ne bois pas de cette eau !
Mon mariage tombe à l’eau ?
Ça ne manque pas de sel,
Mais je serai bonne pâte.
Je réussirai mes pâtes :
De la farine et de l’eau,
Plus une pincée de sel.
(Terine)
Elisabeth Maitre
Tata a testé
pâtes, pâtés et patates
épata Papa
( beau présent )
Jacqueline Morel
Spaghetto charmeur
Embobeline et séduit
Jolie coquillette
Celle-ci se moque et rit
La belle a du caractère !
Annie
menu d'écolier
pâtes, purée, Nutella
menu des ados
pâtes, frites, plus ketchup
menu de gourmet
pâtes fraîches, carpaccio de crustacé
bon appétit, les amis
( HOG )
Alexandre Carret
Tu le ressens, Pat
Ton mille-pattes sans patte
S'ennuie et s'empâte
Greffe-lui au moins cent pattes
Et fais-le dîner sans pâte.
( rime induite par le mot-clef )
et
25 octobre,
C'est la journée mondiale des Pâtes.
Noël veut qu'on oulipotise en moins de 280 lettres dont le hashtag #héméroméride (il y tient).
Je vais tenter une babeline mais ça risque d'être juste :
Je veux des potes
Comme Brad Pitt
Manger des pâtes
Fumer des pet's
Aller aux p
( twoosh-280 avec babebine )
Jacqueline Jacquadit
Près du chianti
Les spaghettis
En Toscane
Mettent mon corps
Bel en essor
De pavane
( cf. « Chanson d'automne » de P. Verlaine )
Noël Bernard-Talipo
Épuisé, t'assois.
T'apaise ta soupe épaisse.
Pâtes au pistou.
Ta payse est épousée.
Pot payé, tu suis ta poisse.
( d'après « brave marin » ; consonnes du mot-clef )
Bernard Maréchal
26 octobre – Journée de la visibilité intersexe
Hermès, Aphrodite,
Réunis en un seul corps ?
Fantasme tragique.
***
Mais leur visibilité
Prouve leur dualité.
(tanka sur mot-clef)
Annie
⚥
un parc animalier
deux roseraies
trois jardins botaniques
quatre squares
cinq ménageries
six zoos
( chicago )
Jacqueline Jacquadit
Un se scinde en deux
Qui recolle les morceaux
Paie les pots cassés
Jacqueline Morel
Au lac, bel adolescent
Nage en eau voluptueuse
Nymphe ensorceleuse
Du beau jeune homme s'éprend
Il rejette l'amoureuse
Elle l'étreint fermement
Pour l'éternité
Les dieux exaucent son vœu
Les voilà unis
En un être bisexué
Salmacis Hermaphrodite
(HOG sur le thème)
Alexandre Carret
Ce bébé est né intersexe.
Les gens des villes se méfient.
Elle empêche ce i de se dresser.
Il inhibe l’e si distinctif.
Entre sexes, il se perd,
Elle vit discrètement.
( bivocalisme )
Nicolas Graner
Par nos tours espiègles,
déflorons ces pages vierges ;
que nos scripts s'y couchent.
( haïku épicène )
Noël Bernard-Talipo
défi invisible
devenir inespéré
liberté limpide
incivilité ? délit ?
enfin vient intimité
( chaque mot se partage en deux segments monovocaliques, l'un en I et l'autre en E, l'un n'ayant qu'une occurrence )
27 octobre – Journée européenne de la dépression
Bernard Maréchal
Les creux dans le sol ?
La chute du cours du sol ?
Le cyclone en vol ?
Ma dépression, à Bandol ?
Je soigne tout à l’alcool.
(tanka sur mot-clef)
Alexandre Carret
Dis en poésie
Nos désirs désespérés,
Nos noires déprises.
Dépeins nos soirées de peine,
Nos espoirs si oppressés.
( beau présent )
Floriane Austruy
Des maux, déraison
Près de moi les jours s'en vont
Dans une oppression
( DES maux, déraison
PRÈS de moi les jours s'en vont
Dans une oppresSION )
Annie
ne rien posséder
ni prose, ni poésie
ni désir de soie
prisonnier de ses soirées
dessiner ses édredons
dérision dernière
espérer se perdre
( beau présent en HOG )
Nicolas Graner
La dépression ? Sur la dépression je n'ai rien à dire.
Rien.
Sur le reste non plus.
Rien à dire.
Rien.
À quoi bon le dire ?
Sur le rien à dire je n'ai rien à dire.
Quel intérêt ?
Le rien ? Sur le rien j'ai la dépression à dire.
( cf. Annie et " l'herbe " de Queneau )
Jacqueline Morel
Le temps est gris ce mercredi
Le nuage a tout obscurci
Nuageuse aussi ma pensée
Aspire à la légèreté
Le vent léger devient rafale
Une pluie violente s'installe
Des prunelles noyées, pluvieuses
Glissent des perles silencieuses
Cœur lourd, front au carreau perlé
L'arc-en-ciel j'ai espéré
( duplex : le 1er vers de chaque strophe prend en adjectif un substantif du vers précédent )
déprime
m'imprime
la frime
qui rime
à brime
et grime
le crime
( monorime )
28 octobre – Journée mondiale du cinéma d’animation
Bernard Maréchal
Mickey tue Bambi !
Jacques Rouxel, tes Shadoks
Ont pompé Topor.
Je choisirai Fritz le chat :
Walt Disney, c'est trop sauvage.
( pangramme )
Alexandre Carret
A Nîmes s'amène
La mine amène d'Amine
La mène s'anime.
La mine l'a laminé
Et l'anémie l'a miné.
( allitération )
Jacqueline Morel
Parfum suranné
Du folioscope d'antan
Si enthousiasmant
Robert Rapilly
Épitaphe de Screwy Squirrel —
Sauf la chute enfin moins comique
souvenez-vous : vous avez ri
quand j'ai plaqué du mécanique
sur le réel (Tex Avery)
Annie
( petite morale élémentaire portative )
Noël Bernard-Talipo
Corps innocents
Mus au devant
D'un œil malsain :
Tant pis, tournons.
Cœur qui consent ?
Marchand drivant.
Sentiment saint.
C'est oui ou non.
Ces chairs qu'on sent...
Musc au divan...
L'infirme essaim
Croit ciel ? Cornons.
( chaque strophe est primitive de « cinéma d'animation » )
29 octobre – Journée Mondiale du psoriasis
Bernard Maréchal
Ça me gratte fort, à Jouy-en-Josas.
Je pars en morceaux, momie de Ramsès,
Derme desquamé : j’ai du psoriasis.
Ma malédiction vient de Dionysos,
Paraît-il, ou bien du facteur rhésus.
( babebine sur mot-clef )
Elisabeth Maitre
Par Paris Papa
passa pria Râ, Isis,
aspira sirop
(beau présent)
Alexandre Carret
Le psoriasis
Il passe, rosi,
sape loisirs.
Paroles : « Si … si ... »
Sais l’espoir !
(anagrammes)
Annie
Le psoriasis ? Sur le psoriasis je n'ai rien à dire.
Les médecins non plus. Compris !
Patience, on se gratte sans cris.
La peau ? Sur la peau je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Jacqueline Morel
Jaunisse ? Pas d'bol !
Un psoriasis ? Pas de pot !
La syphilis ? Aïe !
Jacqueline Jacquadit
Isis à Saïs
Osiris pissa assis
A pris psoriasis
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Apparaît au bras
Un invasif cramoisi.
Qui t'a cuit ainsi ?
Un Satan t'inscrivit-il
L'impur blason du Malin ?
( lipogramme en e )
30 octobre – Journée mondiale de la vie
Bernard Maréchal
Un parcours sans but
Pour un combattant faraud
Abattu trop tôt ?
Non ! Jouons-y jusqu’au bout,
Goûtons à tout, soyons fous !
(tanka et lipogramme en [VIE])
Là, ce viMe
Sur la vOie ;
Le ver viRe
de bord viTe.
(Chaque vers finit par VIE + une lettre de MORT)
(Un vime est un brin d'osier)
Bituur esztreym aka E-M Gabalda
vois la
beauté
inacceptable
de
vivre
Annie
Durer encore inassouvie ?
C'est la vie.
Alors, comment s'en consoler ?
Rigoler.
Humoristes, fête à gogo ?
Jeux de mots.
Boire et manger, jeux de crocs,
je regarde le monde et même
plein de bruit et de fureur, j'aime
vivre en riant de jeux de mots.
( ovillejo )
Jacqueline Morel
( calligramme )
Jacqueline Jacquadit
Vie de patachon
S'alimenter chez Fauchon
C'est bien folichon
économiser :
caresser ses sous à soi,
son or, ses écus,
***
ses ressources, sa monnaie :
voici un avare en caisse.
ma manière à moi :
écrire une œuvre serrée,
un menu minceur,
***
m’asservir à ce carcan :
économiser mon encre.
(double tanka et contrainte du prisonnier)
Elisabeth Maitre
Pape a engagé
gang. Gang a épargné pègre.
Rage gagne pape.
( beau présent )
Nicolas Graner
Bon Noël à tous !
J'aurais pu vous épargner
ce vieux gag de geek
qui dit que 31 oct.
est égal à 25 déc.
( tanka irrégulier ; traduction : pour le matheux 31 en base 8 = 25 en base 10 )
Annie
l'épargne rend fou
fange d'or en pleur
la fondre répugne
et encore
le nord fagne pure
groupe en Flandre
glane peur refond
foule en grand pré
( anagrammes )
Jacqueline Morel
La tourterelle et l'écureuil
Voici la fin de l'été.
En cette contrée boisée,
Monsieur Écureuil s'agite.
De ci, de là, il court vite,
Accumule glands, noisettes
En ses multiples cachettes.
Dame tourterelle rit
De le voir si affairé.
Lisse ses plumes nacrées
Et se fait toute jolie.
Son bel amoureux l'attend
Pour jouer avec le vent.
Furieux, Boule de poil crie :
- Que me vaut ta moquerie ?
Tu riras moins cet hiver.
La faim te rendra moins fière !
L'oiselle de s'esclaffer :
- Tu devrais jouir de la vie
Et bien rigoler de même.
Tes caches, tu les oublies...
Je le dis : « carpe diem » !
(Fable d'après « la cigale et la fourmi » de La Fontaine)
Alexandre Carret
Règle leur donc leur compte épargne qui végète
puis
Règle leur donc leur compte .
Épargne qui végète.
(Vers de terre)
et
Calcule le meilleur change de ton épargne !
Calcule le meilleur !
Change de ton !
Épargne !
(Vers de terre)
Noël Bernard-Talipo
Gêné, père, âgé,
Ragrée, arrange, répare.
A nappe gagé.
An par an, prépare panne.
Aragne a gagné.
( HOG en beau présent )
Part, ignorant du sens, délivré du temps.
Et pour cela préfère ciel gris
Diluant bien les rires plein bord.
Vorace ose le rêve encor cru
Que rien de fini, ni sec, n'usa.
Aisément perd-il noir tic latent
De compter mises, profits, digits, récrits.
Il n'hérite ni d'un lingot, ni fil d'or.
Nocif cheminot il bondit, l'instinct dru.
Un soir long, si long, l'idiot brisa
Sans un mot licol d'indics si impotents.
Déjà, d'un ton gris, dix cops vont-ils, suris,
Crier à fugitif « Oh corrosif porc ! »
Porc sied à l'idiot pur : mot congru.
D'un bond vif s'en vint, gris sur fond d'or colza.
Par un joli cri, pic mar sort uts contents
Et à l'unisson grive, d'uts, sort un ris.
L'ivre garçon vint droit au grand nord,
Profilé sur l'horizon tel cabéru.
Un croissant, d'un or pur, ciel brisa
Au bord des lacs qu'alors vit longtemps.
Le salut vint de l'astre : du Sol l'hubris
Vite ramollit le frimas sur l'abord.
L'osier, qu'or insole, cache ru.
Un robin au roux vif devisa.
Au flot égal d'un lac boit longtemps
Et dans un rire chasse butor surpris.
Il est alors investi par un castor
Dont il s'est cru honni comme rat ventru :
D'un noir salut fournit le visa,
Sans un nom, et sans un tampon nilpotent.
L'eau vive lave du corps mûri
Pieds, bras, poings, le livrant nu sans tort.
Sort piteux, froid, tombe là recru,
Un poil las du sort qui le grisa.
Au trot s'en va : « Tu as froid ! sors-t-en !
C'est dans un rire amer qu'on mûrit »
Fils de castor, il s'en vint à un grand port
Dont lit ne put s'offrir, forcé manger cru.
Un soir, au bord du rift, dégrisa,
Las du monde bas, du mal omnipotent.
Prenant un linge blanc et, d'un pot, un bris,
Il versa son kil de fin sang d'un plat-bord.
« Monsieur rosit flots ! de glas féru ? »
Plut voix : chaud, son surin remisa.
Dans un songe a vu bras. Doigts l'on tend.
« Et la suite ? » - L'ange nu sourit.
Après l’invention par l’Oulipien Jacques Roubaud du HOG ( haïku oulipien généralisé ) dans lequel tous les nombres (de syllabes, strophes, vers par strophes, syllabes par vers) sont premiers, diverses généralisations ont été proposées notamment par Gilles Esposito-Farèse ,TOG, ROG, pour tanka, renga, puis les métatogs qui relaxent la contrainte : ici toute troncation à un nombre impair de vers donne un total premier de syllabes. Le poème ci-dessus est un métatog alternant des vers de 11 et 9 syllabes. Voici sa structure, dont GEF a vérifié qu’elle est maximale en nombre de vers :
La longueur 9 m’a immédiatement dirigé vers « et pour cela préfère l’impair », deuxième vers de l’art poétique de Paul Verlaine, qui justement compte 11 voyelles. D’où l’idée de construire le poème sur des vers tous de 11 voyelles, dont les listes seraient générées par la contrainte du « jeu de la vie ».
Mais « et pour cela préfère l’impair » de longueur 9 ne peut malheureusement pas figurer, car sa liste de voyelles n’est jamais obtenue sauf en 1ère position dans le jeu de la vie. J’ai donc mis en 2e vers ce qui en approchait le plus. Il se trouve que par hasard ici la dernière voyelle des vers suit une périodicité sur les 5 voyelles, ce qui m’a conduit à respecter un schéma de rimes.
Pauvre sole
Au fond vit
Souffre et râle
Ô mer sale
Satan vole
L'homme rit
Comme si
Mort cavale
Et vérole
Essai d’une nouvelle contrainte, la terine berrychonne, proposée sur la liste Oulipo par Michel Clavel, qui la décrit ainsi : « Les finales vocaliques permutent selon les règles de la terine et les consonnes d’appui restent fixes comme dans les rimes berrychonnes »
On ne voit en ce funèbre goulet
Nulle couleur, nulle courbure belle.
Rien que pruine, rien que béton croulé
En ce long bourg qui penche et encorbelle,
Piège terrible, grotte où le cœur gèle.
Ni tourterelle en ce ciel boutonné,
Ni ritournelle, ni vol effréné.
Tige ni feuille le tronc noir ne porte.
Herbe flétrie, terre-plein retourné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Tel un fleuve qui peine pour filer
Pour ce qu’un bief étreint le flot rebelle,
En ce couloir fou grouille refoulé
Un cortège lent, et l’heure cruelle
Tourne. Que cherchent en cette ruelle
Jeune, vieux, fille, peuple confiné,
Front penché, lèvre pincée, œil tourné ?
Foule qui peine, piétine, reporte
Lutte et foi, pour ce vivre portionné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Qui voit en cette robe, en ce gilet
Revêtu pour un jour en bleu prunelle,
Ce linge noir terreux, ce cou brûlé,
Coton bourré, brune coulure grêle,
Cette terreur qui hurle nue et frêle ?
Qui lit en ce bel œil vif étonné
Le récit horrifié qui vient ruiner
Le rêve en toute nuit lugubre et torte ?
Et ce ventre que brûle trop jeûner ?
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Peuple en tout lieu répète un cri tonné
Qu’en linceul jette un prince forcené.
Elève une voix inflexible et forte :
Que ceux qui pleurent voient le jour tourner.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Cette photo prise par un représentant de l’ONU montre une distribution de vivres le 31 janvier 2014 à Yarmouk, faubourg de Damas peuplé de réfugiés palestiniens. Elle m’a inspiré cette ballade lipogrammatique : en sont absentes les lettres du mot DAMAS.
Une interprétation musicale m’a été offerte par Jacques Ponzio, lisant le texte accompagné en improvisation par lui-même au piano et par le violoncelliste slovène Cosic. À écouter ci-dessous :
L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de septembre.
1er septembre – Journée de prévention des catastrophes naturelles
Bernard Maréchal
Si nous attendons
Les petites catastrophes,
Nous aurons les grandes.
L’avenir est incertain
Si nous lâchons la nature.
(beau présent… pour avenir incertain)
Alexandre Carret
- Serait-ce le son lointain de catastrophes naturelles ?
- Putain non ! Haro ! Taille-toi ! C'est la rentrée des classes !
( anagrammes )
Elisabeth Maitre
Séismes, cyclones
tsunamis, inondations
feux, effondrements
L'homme s'obstine à détruire
la planète et pleure en vain
Jacqueline Morel
Tout se tut tout à coup et
là, il erre seul, hagard,
choqué mais vivant après la
catastrophe
si violente et dévastatrice
que tout s'effondre et se meurt.
( petite boîte )
Nicolas Graner
Ton quatrain, au début, paraît très naturel
Mais il montre à la fin un défaut structurel :
Un dernier vers trop court. Aussi je t'apostrophe :
Qu'a ta strophe ?
( sollicitude )
Noël Bernard-Talipo
corps
sang
vent chaud
hystérie
troupeau d'hommes lents
traînant au cœur leur folle horreur
( Fib et primitive de « catastrophe naturelle » )
2 septembre – Jour de la démocratie ( au Tibet )
Bernard Maréchal
Dans ces maisons-ci,
Vers l’autre Tibet, là-haut,
Tu ris bien, yéti.
( Primitive de « démocratie au Tibet » )
Alexandre Carret
Démocratie. Euh ...
Des mots, des crasses, des si
Aux crimes d'état.
La pire des gouvernances
A l'exclusion de toute autre.
(contrepèterie généralisée entre les vers 1 et 3)
Jacqueline Morel
Drapeau flamboie, crie
Brillante foi répandue
Stop liberté tue
( Primitive de « démocratie au Tibet » )
Nicolas Graner
Jour de la démocratie,
j'ai douté de l'amer roc,
décidé à jouer la mort.
( anagrammes )
Noël Bernard-Talipo
douce m'approcha
rêvante fille sans peur
et libre s'en fut
( Primitive de « démocratie au Tibet » )
3 septembre – Journée mondiale des gratte-ciel
Bernard Maréchal
Quand New York s'écroule,
Et quand le vieux monde perd
Le World Trade Center,
Dubaï fait Burj Khalifa,
Guangzhou a ses gratte-ciel.
(pangramme)
Nicolas Graner
Les grues lèvent la tête devant l'églantier :
les gratte-culs, y en a plein le ciel.
Les glands lèvent la tête devant les grutiers :
les gratte-ciel, y en a plein le dos.
( contrepèteries )
Elisabeth Maitre
Du haut du building
mes yeux plongent sur la ville
qui bruit et palpite
Jacqueline Morel
Gratouiller les cieux
Brandir prestige et pouvoir
Vaine démesure
La lune se moque et rit
Seules les étoiles brillent
Annie
les avions heurtèrent
les tours, bousculant la morgue
ce fut la terreur
( médaille )
Alexandre Carret
La ville est froide et grise
d'elle,
si torve et si fragile
Gratte-ciel de béton
et cigarette blonde
( anagrammes )
Noël Bernard-Talipo
Pas par la fatwa
( Sabbats, kalachs, crashs sanglants )
N'affalas Nasdaq.
Tags, samba, rap, slam, mangas,
L'art abattra Manhattan.
( monovocalisme )
4 septembre – Journée des immigrés
Bernard Maréchal
Bon gré ou mal gré
Émergent les immigrés,
De mirage en pogrom, malgré notre morgue.
On grimace, gourmé, on grommelle des gros mots,
On gamberge, on maugrée, on les marginalise sans argument.
(HOG)
Nicolas Graner
Coupant au quota,
On fout tout ça au boulot
Ou plutôt au bloc !
( lipogramme en i, m, g, r, e, s )
Annie
Cinq riches indiens
six princes chiites
dix, vingt héritiers irrités.
Grisbi ! Servir, vite !
Invités civils en visite : fin prix, crédit direct.
Midi. Teint bistré, tifs frisés
ils rient, ils prient
ils vivent ...
D'instinct, les vigiles virils :
" ces sidis, ces simiens, ils trichent, ils brisent,
incidents criminels, sinistres imminents,
Fi ! Simple tir ! Filez vils chiens !"
Strict prince, ministre insigne :
inscrivez, intimez, limitez,
fichiers, fric, fisc et flics discrets.
Milliers d'indigents timides,
s'ils triment - bisbilles, cris d'impéritie,
fin d'intérim...
Rive d'ici, permis d'hier, vicié.
( répétition de la suite des voyelles IIE - à l'inverse d'ennemis EEI )
Alexandre Carret
Clandestinement
Tu as posé ton barda
Dans mon cœur-asile
et
Résister à l'idée des larmes.
Triste, marri dès le rite de laisser le désert agir.
S'alerter.
Désirs de se tirer.
Le sas d'asile.
Rester ?
( anagrammes de "TERRES D'ASILE" enchaînées dans lesquels chaque lettre du mot IMMIGRES est insérée :
Resister à l' I dé
e des lar M es tri
ste, M arri des le
rite de la I sser
le désert a G ir s
alerter desi R s
de se tirer l E sa
s d'asile re S ter. )
Jacqueline Morel
Sur la haute vague
Le regard doré se perd
Scrute la rive inconnue
Et le cœur déchiré pleure
Le dernier baiser
( HOG )
Noël Bernard-Talipo
ils ont fui
misère faim guerre
ils ont traversé la frontière
ils n'ont que leurs bras leurs souvenirs et leur sourire
le fermier
arrose la graine
que le vent jette en son humus
un rameau
lève lourd de fruits
que c'est beau
( bigollo )
5 septembre – Journée mondiale de la barbe
Bernard Maréchal
Barbe bleue ou noire
Autour d’un menton pirate :
Rasoirs aiguisés,
Barbifiez les talibans,
Et relâchez-les imberbes.
(tanka acrostiche sur le mot-clef)
Alexandre Carret
Papa boit là-bas
trois caouas, trois armagnacs.
A part ça, nada !
Voilà qu’aboie Barbara,
La femme à barbe à poil ras !
(monoconsonnance - je tente des mots - avec le son "a")
Nicolas Graner
Barbecue à la Barbade :
un barbon en barboteuse
barbouille comme un barbare
et barbote en se barbant.
( mots significatifs en barb... )
Annie
La barbe ? Sur la barbe je n'ai rien à dire.
Neuve et dure comme émeri
Majesté quand elle a blanchi.
Les poils ? Sur les poils je n'ai rien à dire.
( sur un patron de Queneau, " l'herbe " dans Chêne et chien )
Gérard Le Goff
Barbe à papa barbe
Bouclée barbe fleurie barbe
Bleue rousse oh la barbe
( Haïku avec mot-clé répété )
Elisabeth Maitre
Berbère ébarbé
barrera abbé baba
à Ré bébé erre
( beau présent )
Jacqueline Morel
Cendrillon chausse ses bottes
Pour en ces lieux retrouver
Poucet, le beau chevalier
Endormi chez Mère-Grand
Depuis si longtemps.
D'un baiser effleure
Sa très longue barbe bleue
Qui se parsème de fleurs,
Augure de jours heureux.
Puis dansent les fées
Dans la forêt enchantée.
(HOG – Méli mélo conté incluant le mot-clé)
Noël Bernard-Talipo
Arbre aère bar.
Barbare aberre, baba.
Ra ébarbe Érèbe.
( beau présent )
6 septembre – Journée internationale de sensibilisation aux vautours
Bernard Maréchal
Vache reine
Taureau roi
Bœuf fou
Broutard cavalier
Veau tour
(Chicago)
Les vautours ? sur les vautours je n'ai rien à dire.
La rumeur publique leur nuit
mais voyez-les faire leur nid.
Les poules ? sur les poules je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Nicolas Graner
un veau tourmenté
qui pivote ou reste quiet
ça vaut tout Rohmer
( chaque vers fait entendre le mot-clef )
Alexandre Carret
Vos tours de veaux tournent
autour de Vaux et de Tours
Ça vaut le détour.
Dansent au ciel ces deux vautours
Se détachant tels les émaux
Mis au revers de mon caban
Ces pierres sont mon ex-voto
Maintenu par de vieux aimants
Achetés un jour à Cabourg.
Au loin s’agitent des votants
D’un candidat nommé Zemmour.
Je prends le chemin des cabots.
( terine berrychonne )
Jacqueline Morel
Sur les ailes du rêve
M'emporte le vautour
Pour mieux voir alentour
Le court temps d'une trêve
Se révèle mon monde
Et l'ampleur de ma vie
Réaliser un tri
De nature féconde
Transmuer, purifier
Évacuer le passé
S'apaiser et renaître
Merci oiseau divin
Sagesse emplit mon être
Je poursuis mon chemin
Jacqueline Jacquadit
L'ami n'a le bon sel à vautour cru ? Ô tu avales nobel animal !
( palindrome )
Ariane Musarde
Vautours alentours
Vos tourments valent retour
Vos tours sont détours
( homophonies )
Noël Bernard-Talipo
Sourd courroux aux cieux !
Peureux couleuvreau meurt fou :
Vautour luit, tueur.
( les voyelles apparaissent par groupes d'au moins 2 dont un U )
7 septembre – Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus
Bernard Maréchal
Mon cœur n’est pas plus pur
Que tes profonds yeux bleus
Qui reflètent le ciel.
Dégagez de ce ciel
Et rendez-moi l’air pur,
Fumées et brouillards bleus !
Pour oublier mes bleus,
Je pleure un arc-en-ciel
Et bois mon whisky pur.
(Terine)
et
Voici venir le jour
Où l’on va sauver l’air
Et le rendre enfin pur
En dégageant le ciel
De tout le brouillard bleu.
Moi, je ne suis qu’un bleu
Je m’en vais au grand jour
Pleurer des arcs-en-ciel.
Tu ne manques pas d’air,
Malgré ton regard pur.
Mon cœur n’est pas plus pur
Que ton œil droit, le bleu,
Quand tu dis ton grand air
De me quitter un jour
Pour nous revoir au ciel.
Les yeux tournés au ciel,
Je bois mon whisky pur :
Je suis saoul tout le jour,
Tu n’y vois que du bleu,
Je passe en courant d’air.
Toi, la fille de l’air
Qui ne crois pas au ciel,
Tu m’as voué au bleu :
Je suis un esprit pur,
Et meurs au petit jour.
(Quenine)
Jacqueline Morel
Un écrin turquoise
Où, les yeux au ciel, je flotte
Pur azur s'y mire
Harmonie du lieu secret
Entouré de sapins bleus
Annie
L'air pur ? sur l'air pur je n'ai rien à dire.
Est-ce colère, est-ce mépris ?
Est-ce l'eau sale des cœurs gris ?
Les ciels bleus ? Sur les ciels bleus je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Alexandre Carret
Ah ! Vexé, t’es horrible ! Si elle épure Hair
avec ses théories bleu ciel et pur air.
(holorimes)
Noël Bernard-Talipo
J'écoute un air monter vers le ciel au bleu si pur
Que le ciel est bleu que cet air est pur
Et dans le ciel pur cet air sonne bleu
Bleu comme le ciel quand pur souffle l'air
Oh pur est le bleu du ciel où prenant l'air
J'écoute l'air qu'un homme bleu fait monter vers le ciel pur.
( Carré lescurien )
8 septembre – Journée internationale de l’alphabétisation
Bernard Maréchal
Alphabétiser,
Abolir fat bêtisier,
Ne plus bêtifier.
À la fin de l’alphabet,
Vous saurez lire, ô mes gars !
(tanka)
Annie
Alphabets, trésors du monde
Latin, braille, cyrillique
Pétition de bureaucrates
Habit de la poésie
À quoi de plus est-il bon ?
Bâton pour faire obéir :
État ! La foule s'agite :
Tison rouge qu'on brandit.
Iota – petit trublion
Sain, sportif, quand je m'essouffle
Ai-je raison de poursuivre ?
Ton badin ? docte à propos d'
Ion ? Délions le farfadet
On s'en fiche des lions, on
N'a qu'à se rouler dans l'herbe.
( Acrostiche et le premier mot de chaque vers est extrait des lettres restant après la lettre de son rang, ce qui donne peu de possibilités à partir de -tion. )
Jacqueline Morel
Éclatante ou sombre
Chaque lettre a sa couleur
Écrits et paroles
Émotions tourbillonnantes
Sensations multicolores
Nicolas Graner
Do, fa, la, mi, ré, si, sol.
Cinq, deux, dix, huit, neuf, quatre, sept, six, trois, un.
Dimanche, jeudi, lundi, mardi, mercredi, samedi, vendredi.
Août, avril, décembre, février, janvier, juillet, juin, mai, mars, novembre, octobre, septembre.
Automne, été, hiver, printemps.
Bleu, indigo, jaune, orange, rouge, vert, violet.
Alphabétiser
des expressions familières
les rend surprenantes.
(alphabétisation de internationale Journée l’)
Alexandre Carret
A, B, C, D, F,
G, H, I, J, K,
L, M, N, O, P,
Q, R, S, T, U,
V, W, X, Y, Z.
G. Prc.
( Jour d'l'alphabtisation )
et
A rose, B noir, C vert, D rouille, coquille d’E
F orpiment, G jais, H fumée, I bis, tabac J,
Kca d’oie, Or L M isabelle, Safre N O rouge feu,
Sang P, cacao Q, Sanguine R, ambre S, T vanille
U beurre, V lin, W céleste, bouton d’or X,
héliotrope Y, Roux Z, lettres de l’alphabet.
Je dirai un de ces quatre vos naissances latentes.
(une lettre + une couleur = un jeu de mots :
Arrose, baignoire, sévère, dérouille, coquille d’oeufs,
Et fort piment, Gégé, hash fumé, ibis, tabagie,
caca d’oie, Aurel aime Isabelle, Ça freine au rouge feu,
Sempé, caca au cul, sanguinaire, en Bresse, thé vanille,
Uber, vélin, WC lestes, bouton d’oryx,
héliotropie grecque, Rouzède. )
Ariane Musarde
Mots privés de sens
Inertes sur le papier
Lettres inconnues
Trouveront usage et vie
Par l'alphabétisation
Noël Bernard-Talipo
Au bois courent
des écureuils fous.
Gare ! Habilement ils jonglent,
kif long, manipulent noix ou pignons qui ricochent,
simulant tout un vertical waterpolo. Xylocopes y zonzonneraient.
Au bois chantent
d'errantes fauvettes.
Grises, happent insecticules
jaunes, kakis, lilas, mauves, nuisibles ou pas.
Quelquefois
ramperont serpents :
trémoussements ultralégers.
Verdoyant
western xylophile.
Yeuses zen.
( bigollo en double abécédaire )
9 septembre – Journée mondiale de la peluche
Bernard Maréchal
La peluche
Des petits enfants,
C'est leur doudou pour bien dormir,
C'est le doudou qu'ils ont perdu, leur maman le cherche.
La peluche
Des petits enfants
Maman la retrouve toujours.
La peluche
Des petits enfants,
C'est tout doux.
( bigollo )
Nicolas Graner
Que tu es cruel !
Sur deux peluches du legs,
L'une fut vendue.
( bivocalisme alterné en U et E )
Elisabeth Maitre
Élu pêchu, Luc
lèche pêche peu pelée
pull épucé pue
( beau présent )
Jacqueline Morel
Fragrance apaisante
Diffuse une douce chose
Contre joue blottie
( e durs )
Annie
La peluche ? Sur la peluche je n'ai rien à dire.
Câlins, doudous, l'enfance fuit
Récits d'écrivains, des pays.
Les ours ? Sur les ours je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Ariane Musarde
Tu viens d'où Doudou
Peluche d'or qui m'endort
T'es bien doux dis donc
Alexandre Carret
Qui, comme le GRain,
Sèment au vent leurs Peluches
Sur la terre en FRiche,
Au lieu de luPin,
Récoltent des fanFReluches
Les ventres creux GRichent.
Le code est enFReint.
Tremblez, gredins et GReluches
Jusqu’à KerpiPiche !
( les blocs d'appui GR, P et ENFR sont permutés selon une quenine ; les rimes restent en place dans un triple haïku )
et
Serrée contre moi,
son odeur est écœurante.
Il lui manque un œil.
On ne la lave jamais.
Hélas, je suis sa peluche.
Noël Bernard-Talipo
le roman sur la table est composé sans e
près de lui le dé le fil l'aiguille et le lé
la corbeille à papier et la lettre non lue
dans le berceau paisible un peu s'agite Luce
la dentelière achève un ouvrage à la luche
il lui faudra bientôt retourner à la pluche
et pour l'enfant qui pleure apporter la peluche
( fins de vers en échelle ascendante )
10 septembre – Journée Mondiale de prévention du suicide
Bernard Maréchal
Poison salvateur Flingue bienfaisant
Accablement
Corde tentatrice Pilule illusoire
Désespoir
La solution
ultime
à l’envie
du suicide ?
Prévention active Affection patiente
Courage
( petite morale élémentaire portative sur mot-clef )
Nicolas Graner
Tuto sur TikTok :
« T'es trop critiqué ? Tue-toi ! »
Qui traque ces kits ?
( allitérations )
Elisabeth Maitre
Désespoir extrême
ou libre choix assumé
doit-on s'en mêler?
C'est un vrai débat éthique
qu'un tanka ne peut trancher
et
La vie m'insupporte
de la mort j'ouvre la porte
la pulsion m'emporte
Main tendue me réconforte
et ma tentative avorte
Jacqueline Morel
Rayonne un sourire
Et se dissipe l'angoisse
Une main se tend
Des bras délicats enserrent
Fuient douleur et solitude
Alexandre Carret
A quoi cela rime ?
Un poète pris de doutes
Bascula en prose.
Ariane Musarde
Repousser la vie
Ne pas savoir ignorer
L'envie de partir
Attirés par le néant
Violence des sentiments
Noël Bernard-Talipo
Perdre rêve et joie
Sentir d'inconnus signaux
Fiancer vide et vent
( primitive de « prévention suicide » )
10 septembre – Prévention Du Suicide
et
11 septembre – lutte contre le Terrorisme
Annie
attentat suicide
voisins de palier
tel qui se liquide
meurt accompagné
crâne sous la meule
sans plus résister
ne pas partir seule
suicide assisté
( sélénet )
11 septembre – Journée mondiale de lutte contre le terrorisme
Bernard Maréchal
Mémoires stressées,
Miroirs morts et émiettés,
Sort immérité.
***
Tête morose, irritée,
Métier moisi : Terroriste.
(beau présent)
Jacqueline Morel
Isthme en terre rouge
Séisme sous ciel de glace
Abisme en mer morte
Elisabeth Maitre
Ne pas renoncer
à nos valeurs c'est lutter
contre cette horreur
Alexandre Carret
Mercure – Argent – Terre rare
Vénus – Mercure – Passage
Saturne – Nickel – Lien fragile
Jupiter – Soufre – Pont entre les hommes
Terre – Or – Isthme
(chicago)
armes automatiques bombes artisanales
fascination
espoir nul horizon bouché
laideur
que le feu
dévore
notre
dégoût
paroles flamboyantes porte secrète
cendres
( petite morale élémentaire portative )
12 septembre – Journée Mondiale des Premiers Secours
Bernard Maréchal
Les premiers secours
Ou les derniers sacrements ?
Laissez passer l’ambulance des pompiers !
Leur devise est gravée, il faut sauver ou périr.
Infirmiers, brancardiers, sirènes et pin pon, voilà les secours.
(HOG)
Alexandre Carret
En dernier recours,
Je jette une bouée de secours
Dans la Mer morte.
Ariane Musarde
Sauvons nous vivants
Où trouver les gestes sûrs ?
Suivons notre instinct
( acrostiche )
Annie
têtes brûlées, têtes chaudes
circulation perturbée
faut les arroser
vite des canons à eau
et des lacrymo
( HOG )
Elisabeth Maitre
Au trente-sixième
dessous, mon sixième sens
pressent la venue
tardant des premiers secours
Ai-je une deuxième chance?
Jacqueline Morel
Qui est la femme de l'aven ?
C'est Cerridwen
Que cuit-elle dans son chaudron ?
Sa potion
À quoi sert ce philtre enchanté ?
À soigner
Elle s'est cachée loin des bûchers
Toutes plantes elle connaît
Qui lui délivrent leurs secrets
Potion Cerridwen pour soigner
( Ovillejo )
Nicolas Graner
découvrir la huitième merveille du monde
partir au septième ciel
se fier à son sixième sens
isoler le cinquième élément
briser le quatrième mur
parler à la troisième personne
jouer les seconds couteaux
attendre les premiers secours
( peut être vu comme une généralisation du chicago )
Noël Bernard-Talipo
Pleurais
rivage,
étiage,
marais.
Irais ?
- en rage
rouage
serrais.
Étreinte
contrainte...
Ô voir
un cours !
Ravoir
secours !
( sonnet acrostiche sur « premier secours » )
13 septembre – Journée mondiale de la cacahuète
Bernard Maréchal
Une cacahuète
Ça n’est pas chérot.
Tous à la cafète
Pour un apéro !
L’huile d’arachide
Pour frire un donut,
C’est bien trop acide
Mais ça vaut peanut.
( sélénet sur mot-clef )
Jacqueline Morel
L'ami Cacahuète
En sa drôle de maison
Fait une pirouette
Annie
La cacahuète ? Sur la cacahuète je n'ai rien à dire.
C'est la noisette des Targuis.
Grillée, salée, keske t'en dit ?
Le sel ? Sur le sel je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Alexandre Carret
CACAHUÈTES
Eustache accusa Cheeta :
T'es caché au château, c'est ça, hé ? Au sec ?
( enchaînement d'anagrammes :
CACAHUETES
EUSTACHEAC
CUSACHEETA
TESCACHEAU
CHATEAUCES
TÇAHEAUSEC )
et
J’attendais ce jour
Depuis le 6 août dernier
Journée de la bière
Ariane Musarde
Conte de faits
Apéritif festif
Coques monsieur ou madame
Arachides grillées
Habituel rituel
Unique
Entre amis
Trinquer
Égrainer , profiter
( acrostiche )
Elisabeth Maitre
Trop de cacahuètes
accompagnant l'anisette
taille grassouillette
Noël Bernard-Talipo
Arachide et cacahuète
Sonnent au creux de mon cœur
Comme le nom de la fête
Où se colore la liqueur
Quand mon doigt plonge en la tasse
Remuant les grains dorés
Remonte un rêve tenace
De longs fleuves inexplorés
Et l'œil perdu dans la brume
Laissant ces fèves rouler
Comme une vague d'écume
J'entends le flot de l'Uélé
( clotilde )
14 septembre – Journée de la langue hindi
Bernard Maréchal
Sans ruser, Wilfrid
Au zénith, friand, cueillit
La prude Sissi.
Pauvre viking au teint gris !
L’aube finit chaude ici …
(tanka et homovocalisme AUEII)
et
Sans luth le Sikkim
Assume d’instinct
Parlure pidgin,
Chant pur et divin.
Là plus de british :
A chu le crincrin.
(homovocalisme AUEII)
Elisabeth Maitre
Six mini kiwis
vivifient Lili, hippie
Hindie rikiki
(monovocalisme phonétique : seul le son I est entendu )
Floriane Austruy
H avre de la langue
I nvesti d'un doux accent
N ous mentons aussi
D ire ou maudire, pareil
I rradiants chants que j'écoute
( tanka acrostiche )
Alexandre Carret
Heureux Attila
Qui, ayant donné des ordres,
Ce soir, se régale.
---
Gai, l’Hun dîne hui d'agnelin d'Agen ni huilé ni langui, d'hin de gin ;
a hululé : Ghandi, ni linguine d'Ahigal ni hunde !
( enchaînements d'anagrammes de LANGUE HINDI )
et
इदनइ गऑल एलऍब
यऍरऑ सऍद ऍ ए सऍद ऍफ
उकऐ रउप ऑरकऍ
Transcription très approximative des sons de l'haïku écrit de droite à gauche en photo
( https://dcode.fr/ecriture-speculaire-miroir )
Belle langue hindi
Fée des yeux et des oreilles
Ecrin pour haïku
Jacqueline Morel
Un frisson de joie
Inonde le cœur et l'âme
Il suffit d'un mot
Il fait vibrer l'être entier
Ce mot : namasté
( HOG sur le thème )
16 septembre – Journée internationale pour la protection de la couche d’ozone
Bernard Maréchal
Tout nus sous les douches,
Nous buvons un coup.
Nous trouons les couches,
Nous sommes trop fous.
Les couches d'ozone,
Nous les boucherons.
Boostons nos neurones,
et évoluons.
( sélénet et lipogramme en [AIY] sur les mots-clefs )
Elisabeth Maitre
La couche d'ozone
trouée comme une passoire
N'est-il pas trop tard?
Annie
La couche d'ozone. Sur la couche d'ozone je n'ai rien à dire.
On la dit percée, qu'elle fuit
La couche d'Oscar fuit aussi.
La dernière couche ? Sur la dernière couche je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Jacqueline Morel
La terre en apnée
Sous le soleil ardent grille
Torturée la Vie
Hadès au regard de braise
Guette et étend son royaume
Ariane Musarde
On devrait savoir
Zéro risque garantir
Ouvrir grand les yeux
Nos résolutions couchées
Endormies dans le déni
( acrostiche )
Alexandre Carret
Lange d’ argent
Culotte de plomb
Linge d' étain
Change de bore
Couche d’ozone
(Chicago)
Noël Bernard-Talipo
Zone où bougres couchent
Trou dévorant mon espoir
Couche où bougres zonent
( haïku isocèle et collier )
17 septembre – Journée Mondiale de l’arthrose
Bernard Maréchal
L’arthrose nécrose :
Arrose au rosé ta rose,
L’orthèse est morose.
Ta prothèse te sclérose ?
Ose ta névrose en prose !
(tanka obsessionnel et paramédical)
Alexandre Carret
Arthrose, Escarre, Ichtyose, Ulcère, Œdème, vérole
Je dirai quelque jour mes souffrances latentes
et
Mamie, allons voir si l'arthrose
(...)
et
(...)
Et la vieille où la crampe à l'arthrose s'allie.
( vers célèbres revisités )
Annie
L'arthrose ? Sur l'arthrose je n'ai rien à dire.
La rose en rime n'éclaircit
la douleur qui laisse estourbi.
L'art ? Sur l'art je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Ariane Musarde
Théâtre rose
Tarte et thé tôt
Orthèse ose
Tâter tes os
( calembours )
Jacqueline Morel
Une canne noueuse soutient le corps endolori.
La canne solide est un appui précieux.
Son bois noueux provient d'un châtaignier ancien.
Ce bâton lustré soutient la démarche chancelante.
La douleur irradiante tourmente le corps souffreteux.
La vieille courbée frotte ses articulations endolories.
( pissenlit ; ici l'auteure donne l'amorce du fractal )
Elisabeth Maitre
Eros, taré et
retors, erra, s'arrêta
et rossa Hera
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
ra sort
art rose
eros ? - hart !
( chaque vers est composé en prélevant des lettres du mot-clef )
et
Migraine matinale
Rê sort, rose, hors.
Tôt : sa hâte est sotte.
Hère à rares ors
À sa stase trotte.
Hôte sasse état,
Harassé, s'arrête
À terre. Ho, tête,
Sort trash t'assota !
( en pentamètres rimés, combinaison du beau présent et de la belle absente : dans chaque ligne
- la lettre correspondante du mot-clef est absente
- toutes les autres lettres du mot-clef sont utilisées, et elles seules )
18 septembre – Journée internationale du bambou
Bernard Maréchal
Je veux bambous frais.
N'y goûtez jamais au wok :
Le panda s'en choque.
(pangramme de 53 lettres sur mot-clef)
Alexandre Carret
Boum au ban du bourg :
Des bambins boûbes bamboulent
Bang au bout du banc.
Jacqueline Morel
Délicate estampe
Pousses de bambou vivantes
Sur papier de soie
Poétique intimité
Légers tons doux délavés
Annie
Trouvant le bambou, le beau bambou, louons Allah !
Bonzaï biscornu ? non, pardi ! Mat érigé, abondant, agitant ses longues soies.
Massif baobab ? non, non ! l'étendue d'un pli superficiel, gramen trustant un à un tout l'espace.
Employable, économique : tout bâti, logis, toit, dock, bateau, échafaudage.
L'ailuropoda glouton a faim ? aliment envié, assouvissant.
Le talent méditatif d'un lettré le tracera à l'encre.
( aléa furtif généralisé d'écart 7 )
Jacqueline Jacquadit
Hola walkyries,
Adjugez ce vieux bambou
Typique fin bout !
( pangramme )
Noël Bernard-Talipo
Boubous ! Bamboula !
Aux sons africains
Mon sang s'affola.
Bravant tous coquins,
Ôtant falbala,
Ululai pasquins.
#héméroméride ( acrostiche )
19 septembre – Journée mondiale du nettoyage
Bernard Maréchal
Balai, serpillière,
Aspirateur et chiffon,
Et l’huile de coude.
Savon noir et détergent,
Et toujours l’huile de coude.
Le nettoyage ? Sur le nettoyage je n'ai rien à dire.
Sur la terre il y a des taudis.
Nettoyez-moi ces cagibis !
Le chef ? Sur le chef je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Elisabeth Maitre
Gente nonne Anna
gaga yoyote à gogo
tâtant ange en tête
( beau présent )
Jacqueline Morel
Mains rouges enflées
Regard méprisant du maître
Au sol, elle astique
Nicolas Graner
Si vous aimez nettoyer
les voyelles une à une,
procédez avec prudence.
En abusant de ce jeu,
le sens va se dégrader.
Restent des termes bébêtes :
Psst ! « Brr » vs « grr » ? Hmm... Pff !
( une voyelle disparaît à chaque vers )
Noël Bernard-Talipo
Sut omega ?
Yot tenu de laid nome ?
En ru : « Ô journée mondiale du nettoyage. »
Motus !
( palindrome ; une exégèse ci-dessous :
Un jeune enfant, sachant l'alphabet dire à peine,
Au savoir pollué de modes décadents,
Ose la propreté louer ( à mots prudents ).
Son maître est courroucé : qu'au silence on se tienne ! )
20 septembre – Journée européenne de la prostate
Bernard Maréchal
La prostate est-elle
Utile à la république ?
Comme Clemenceau, le général de Gaulle
A bien su plaisanter sur ce sujet délicat :
« Mais enfin, ce n'est tout de même pas la prostate de l'État ! »
(HOG)
et
La prostate ? Sur la prostate je n’ai rien à dire.
L’urologue a toujours raison :
Opération à l’horizon.
Sur l’hôpital ? Sur l’hôpital je n’ai rien à dire.
pour Annie (cf. « L'herbe » de Queneau)
Nicolas Graner
Souvent je constate
que consommer de l'astate
nuit à ma prostate,
se plaignait un épistate
en sculptant un orthostate.
( tanka monorime )
Elisabeth Maitre
Paresser repose
têtes pressées et stressées
prêtes à trépasser
( beau présent )
Alexandre Carret
Satrape à-propos,
Topor perpétra Pop rose.
Sa prose épata.
(beau présent)
Jacqueline Morel
Fier et protecteur
Le mâle puissant se tient
En première ligne
Annie
La prostate ? Sur la prostate je n'ai rien à dire.
Probes procédés, pur profit.
Projet ? Propos prolos proscrits.
Le sous-chef ? Sur le sous-chef je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Jacqueline Jacquadit
Égaré parano, ta prostate s'étuve vu tes états : or ? Pâton à râper âgé !
( palindrome )
Noël Bernard-Talipo
Étrange prostate,
Trop gonflant pressing, salop,
Es dingue échafaud.
( kyrielle cousue littérale : la dernière lettre de chaque mot est égale à la première lettre de son prédécesseur )
21 septembre – Journée internationale de la bibliodiversité
Bernard Maréchal
Brevets desserrés,
Le délire irrésistible :
Le désir de lire.
Et le livre se libère
Si le rêve se réveille.
(tanka et beau présent)
Jacqueline Morel
Je connais un lieu
Où il fait bon oublier
La hâte des jours
S'immerger avec délice
En écrits à profusion
Annie
bibliodiversité
biodiversité
diversité
vérité diverse
vert dire
et
diseurs de bonnes paroles
défenseurs de bonnes causes
parleront verlan ?
au palais d'été
la diversité explose
vérité diverse
langue de bois vert
( HOG )
Alexandre Carret
Hervé Le Tellier
Noue, relie en scoubidou
Tolkien et Caroll
Le seigneur des
Anoma-
-li-
-ce au pays des merveilles
( tank-a-pproximatif )
Le livre est-il île
Est-il rivière est-il ville
Le livre est dérive
Il dévie et brise et blesse
Réveille délire et vole
( beau présent )
22 septembre – Journée mondiale du rhinocéros
Bernard Maréchal
Ce roc encorné,
Rhinocéros honoré,
Cerné, écorché.
Ses cornes incinérées,
Sorcier chinois enrichi.
(tanka et beau présent)
Annie
le cochon c'est sale
le croco c'est méchant
le loup c'est dangereux
l'opossum c'est lassant
la loutre marine pareil
le chien c'est insupportable
le rhino c'est rosse
( chicago )
Jacqueline Morel
( Spirale – Lire en commençant en haut puis vers la droite et en tournant jusqu'au centre )
Alexandre Carret
RHINOCEROS
Sire Chronos :
Honorer ici son cher or.
Orner, choisir son rocher chéri,
Son Orion,
Choser.
( anagrammes enchaînés :
RHINOCEROS
SIRECHRONO
SHONORERIC
ISONCHEROR
ORNERCHOIS
IRSONROCHE
RCHERISONO
RIONCHOSER )
et
L’athée rhinocéros :
---
La terrine au cerf austère, Ino, sert aussi nos serfs aux sauces.
Eros, c'est rosse !
Os !
---
( homophonies :
Laterinocéros
terinocéros
inocéros
océros
céros
os )
Ariane Musarde
Réserve ralliée
Roi rhinocéros rêvait
Respect retrouver
( tautogramme )
Jacqueline Jacquadit
Élu, ce rhinocéros se tut, essoré, con ...ih ... RECULE !
( palindrome - pour évoquer la pièce de Ionesco )
Noël Bernard-Talipo
La femme et l'homme ont ri
Le vent sonna la noce
Le témoin fut Éros
Haine envers fils d'Éros
Mépris pour qui a ri
Dévastèrent la noce
Mais rien n'arrête noce
Et la danse d'Éros
Tourne en ceux qui ont ri
( terine )
23 septembre – Journée de la bisexualité
Bernard Maréchal
Même asexuel,
Monogame ou triphasé,
Ou mieux, quadrumane,
On condamne, au Pentagone,
La bisexualité.
(tanka sur mot-clef)
Alexandre Carret
Poète et héros
Prend ses compères aux mots
Pour des bikinis.
ou
Poète hétéro
Prend ses compères homos
Pour des bi qui nient.
( recyclage ! )
et
La bisexualité
La teubi s'exila
( anagrammes )
Elisabeth Maitre
Homo, hétéro,
ou bi-sexualité
à chacun son pied
Annie
La bisexualité ? Sur la bisexualité je n'ai rien à dire.
Ça ne se voit pas par ici
Seuls les anges au paradis...
Le cul ? Sur le cul je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Jacqueline Morel
Le sentiment amoureux est pure beauté nonobstant
L'attirance pour un genre ou pour l'autre nonobstant
Des regards suspicieux car seule compte l'union des âmes nonobstant
L'incompréhension alentour et le mépris de certains nonobstant
Leurs venimeuses moqueries nonobstant
Leurs paroles glaçantes et menaçantes nonobstant
Leurs gestes si violents
Nonobstant
( versée )
Noël Bernard-Talipo
femme
homme
amours
indistincts
chaleurs enlacées
l'un pour l'autre à jamais uniques
( Fib )
24 septembre – Journée Mondiale contre les brevets logiciels
Bernard Maréchal
Sociétés secrètes,
Collectivités lésées ?
Brevets logiciels.
Les recettes illicites ?
Vive les logiciels libres !
(tanka et beau présent)
Alexandre Carret
Louez le brevet logiciel
ou le joli ciel vert et bleu
(anagrammes syllabiques)
Jacqueline Morel
Blessée elle gît
Ses lèvres vertes ouvertes
Crient vers le ciel noir
( beau présent )
Annie
Les brevets logiciels ? Sur les brevets logiciels je n'ai rien à dire.
Aucun alphabet aujourd'hui
N'est sous brevet. Mais quel gâchis !
Les codes ? Sur les codes je n'ai rien à dire.
( cf. " L'herbe " de Queneau )
Ariane Musarde
Vices célébrés
Blog électrisé violé
Gris ver sclérosé
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Vit gorille ici.
Gobe cive blette.
L'oit griot, vioc bi :
Le crible gloriette.
Coi, rit. Boit grog vil.
Bec rigole. Rêve.
Bête et bigot, crève
Clerc : gibet civil.
Tôt colibri vole.
Glèbe verte colle.
Blé voit Rê tel gril.
Trêve éclot et globe
Voit bog, bloc, toril.
Voici berge et robe.
( sonnet irrégulier combinant beau présent et belle absente sur « brevet logiciel » mis au singulier pour retomber sur 14 lettres : dans chaque vers
- la lettre correspondante du mot-clef est absente
- toutes les autres lettres du mot-clef sont utilisées, et elles seules )
25 septembre – Journée mondiale des pharmaciens
Bernard Maréchal
Dans les pharmacies,
Apothicaire ou potard,
C’est toujours Homais
Qui vend la potion magique,
La thériaque écologique.
(tanka)
Annie
pensée en charpie
chicane ce parchemin
amnésie menace
espaces, amarres,
sans panache crie
"épée" parmi mes épices
prépare arnica, cassis,
car rien, ni séné ni casse
ne répare crâne à sec
machin harassé
mécanisme rapiécé
— amer arsenic ?
Hermès ricane, rapine
anarchisme ici
charrie ses échecs
semaine après semaine arme
harpie sans carmin, sans harpe.
( HOG )
Jacqueline Morel
Phare brille au loin
Magie des ombres marines
Si intense nuit
( acrostiche avec les syllabes phoniques du mot-clé )
Elisabeth Maitre
Médicament ou
poison : deux sens d'un seul mot
en grec : "pharmakon"
Alexandre Carret
Une firme assienne
Possède une ferme à Syène
D’une forme ancienne.
Au charmant ciel farme un chien
attendant l’apherme, assis.
( jeux de mots )
et
A un client qui réclamait la recette secrète d'un cachet contre le mauvais goût vestimentaire et culinaire, un pharmacien répondit de manière énigmatique :
Sape, reps, en ce médicament, oh élégant, nage le hot nem acide. Mec, n’espère pas !
( palindrome )
Noël Bernard-Talipo
sans armes sans chien
panse ces chairs écrasées
ces peines ces spasmes
aime ces pères ces mères
ces chimères insensées
( beau présent )
26 septembre – Journée mondiale de la contraception
Bernard Maréchal
Conçue sans péché ?
Ta contraception, Marie,
Est immaculée.
Pour pécher sans concevoir,
Pas d’immatriculation.
(tanka sacrilège)
Annie
Ce concept qui conte une action
garde trace de conception,
retenant option et contratnation et race également.
( 9 avions )
Jacqueline Morel
Toujours et encore
Affaire de femmes
Que nul ne déplore
Pourtant que de larmes
Que l'homme s'engage
Pour l'égalité
Aux us d'un autre âge
Préfère RCT
Alexandre Carret
Ton copain connaîtra
cet air: pote et partie,
tentation et prairie,
Patin. Potin croîtra.
Noce et aéroport
Cap tracé : Toit, patio,
Porc, cane, oie, pain, rancio
Train-train, contraint rapport.
( beau spectre :
Chaque vers n'est constitué qu'avec les lettres du mot CONTRACEPTION sauf l'une d'entre elles (par exemple, le premier vers les contient toutes sauf E).
Les huit absentes ainsi créées forment le mot :
E
N
C
E
I
N
T
E )
Ariane Musarde
Donner à deux corps
La clé de la création
Le moment venu
Acte en concert non contraint
Pointé en priorité
Jacqueline Jacquadit
La contraception
Cause sans contradiction
Pâle contraction
( premier et dernier vers anagrammes )
Noël Bernard-Talipo
un homme une femme
une extase libérée
une caresse étirée
danse d'une flamme
l'âme contre l'âme
lèvre déjà altérée
en son égale mirée
en eau plonge rame
ô vague très douce
pose ton écume nue
sur la yole rousse
qui mène le mousse
en une mer devenue
radieuse et lousse
( sonnaïku isocèle aux rimes féminines, en alternance vocalique/consonantique )
27 septembre – Journée mondiale du tourisme
Bernard Maréchal
Routes resserrées,
Mers et terres émiettées,
Outremers stressés.
Tourisme motorisé :
Tout touriste est terroriste.
(beau présent sur mot-clef)
Alexandre Carret
Au ciel du plafond
Des fleuves impétueux.
Tourisme intérieur.
Jacqueline Morel
Humer les embruns...
La belle Aglaopé danse
Toute échevelée
Dans les vagues tournoyantes
Saine osmose ensorcelante
( lipogramme en « i » ; les autres voyelles sont toutes utilisées )
Annie
AILLEURS
Conjugué en mode hub, profit, plus que vivre.
Là vécut Abraham, là se perdent joug, défroque
ici - oh ! ces bêtes fauves, puma, jaguar. Édénique !
Père avisé jusqu'à s'acheter un faubourg de Mars,
plus jovial qu'un fichu vagabond sur son trimard
ce coq planifie déjà. Have, le migrant bosse.
Pacifique vigie je m'enchante du bas logis
du jardin poétique, muguet avec l'herbe folle.
( belle absente sur le titre )
Ariane Musarde
Trouver vers où
Orienter sa boussole
Utile aux aventures
Rencontres aléatoires
Invitations aux voyages
Suivre ses envies
Mélanger les langues
Embrasser les cultures
( acrostiche )
Noël Bernard-Talipo
Toi, nul ne t'avait vue, et ta fauve toison.
Ursidé brusque et noir j'allais, riant des ronces,
Issu des glaciers morts, n'espérant point réponses.
Mêlâmes nos fureurs. Claire fut la saison.
( acrostiche de couples de lettres )
28 septembre – Journée mondiale contre la rage
Bernard Maréchal
Celui qui noie mon chien
A besoin d’un vaccin
S’il veut soigner sa rage.
Pasteur a-t-il la rage ?
Il a noyé ton chien
Et perdu son vaccin.
Mais son chien sans vaccin
Va mourir de la rage ?
Oui, Pasteur est un chien.
(terine)
et
Pour guérir la rage,
Il faut manger de la rave :
Ça stoppe la bave.
(haïku sur doublets de Carroll)
et
Pour se guérir de la rage
Il faut manger une rave :
C’est un légume sans bave.
Si tu vois ton chien qui bave,
Il a sans doute la rage :
Fais-lui manger une rave.
Le chien guéri par la rave
Aura la gueule qui bave.
Mieux vaut mourir de la rage !
(terine sur doublets de Carroll)
et
Si ton chien a la rage,
Laisse-le dans sa cage.
Puis va voir à la cave,
S’il te reste une rave,
Et nettoie lui sa bave.
(doublets de Carroll justifiés)
Alexandre Carret
Hor - Elles
Aset - Ils
Ha - Vous
Min - Nous
Bat - On
Amam - Elle
Ach - Il
Taït - Tu
Ra - Je
(Chicago Dieux égyptiens - pronom )
Jacqueline Morel
De rage et en nage
Frappe avec sa canne à terre
Et clame sa hargne
( bivocalisme )
Annie
Proverbes
Qui veut voyager loin canote en bateau ivre
Qui veut fendre les flots affile le couteau
Qui veut croquer la pomme escamote les vers
Qui veut tomber de haut rehausse l'escabeau
Qui veut friser le ridicule chauffe son fer
Qui veut perdre l'accent fait taire son ego
Qui veut couler de source ouvre son robinet
Qui veut mourir idiot débute de bonne heure
Qui veut prendre le temps ravaude son filet
Qui veut sauver sa peau expose le squelette
Qui veut clouer le bec délaisse la faucille
Qui veut blanchir son or le placera au noir
Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage
Ariane Musarde
L'orage est passé
Les ombrages dépassés
La rage chassée
paix après rage
se tait la rave
revient le rêve
le jour se lève
l'oisel en live
troubadour lige
que fleuve loge
près cette lône
fait ode à lune
qui a sous bune
planqué sa bane
décline et bave
( isocélisme avec doublet de Caroll sur le chemin duquel on change alternativement une voyelle et une consonne en passant par les 5 voyelles )
29 septembre – Journée Mondiale du cœur
Bernard Maréchal
Rodrigue as-tu vraiment du cœur ?
Si Chimène demande un pique,
Coupe-lui son as de carreau !
Don Diègue se tient à carreau
Et pleure, la main sur le cœur,
Car, dit-il, son honneur se pique.
Son fils Rodrigue prend sa pique :
Comte Gormaz reste au carreau,
Percé jusques au fond du cœur.
( terine )
Jacqueline Morel
Alexandre Carret
Il reste au coeur
Homme de cour
au large cou.
en langue d’ oc,
Il s’écrie : - ô,
Où est ma place ?
Oue chez les paons,
Roue chez les angles,
Coeur solitaire.
( échelle )
et
Ariane Musarde
Aie foi dans ton cœur
Ne rate pas d'occasions
Vis à pleins poumons
Elisabeth Maitre
Ce curé cucu
écoeure Rocco cocu
erre courroucé
( beau présent )
Annie
Ô cœur ! ô roué !
Curé ore, courroucé
recru, écœuré.
Erreur, ce coureur récrée !
Erre, coucou, coucou, cou...
( beau présent )
Jacqueline Jacquadit
Un alexandrin manquant dans la bouche de Sabine s'adressant à Horace à la scène VII de l'acte IV :
Leur cœur rêvé nu d'une verrue ? Ô cruel !
( palindrome )
Noël Bernard-Talipo
Tumeur. Leur sœur meurt.
Pleurent fleur, couleurs, ardeur.
Demeure leur cœur.
( tous les mots s'achèvent sur le son « eur » )
30 septembre – Journée internationale de la traduction
Bernard Maréchal
Simple translation
D’une langue dans une autre,
Baiser c’est traduire.
Puisque Éros est traducteur,
Donne-moi ta traduction.
Annie
La traduction ? Sur la traduction je n'ai rien à dire.
Sauf à Nerval qui traduisit
" Der König in Thule ": « merci».
Les romantiques ? Sur les romantiques je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Elisabeth Maitre
De mon dictionnaire
Gaffiot le mot juste extraire
Souvenirs scolaires
Traduire exploits militaires
en Gaule des légionnaires
Alexandre Carret
TRA DUIRE
TRAhir et réDUIRE
Tes pensées avec mes mots
Ta langue en ma bouche
Jacqueline Morel
Douce et tendre amie
Agréez mon vœu
Nul en cette vie
Serait plus heureux
Lisez ma missive
Et vous connaîtrez
Bordant une eau vive
Où me retrouver
Impatient je suis
Si chaude est la nuit
( énigme acrostiche )
Ariane Musarde
Mauvaise version
Et le thème tourne en rond
Sans sa traduction
Noël Bernard-Talipo
Sur l'original
Par la traduction trahi
S'abattra l'oubli.
À jamais sous l'horizon
Disparaîtra son rayon.