Les doubles bêtes sont des mots croisés 6×6 sans case noire. Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent: le 1er vers ne comporte pas la 1ère lettre du mot à définir, etc. (la contrainte complète donnerait trop d’indications sur le mot cherché) Donc, horizontalement comme verticalement il y a six poèmes de 6×6 Ces deux 6-6-6 justifient le nom de « la double bête »
Les « avions » introduits par l’Oulipienne Michelle Grangaud sont composés en utilisant des abréviations, c’est à dire en enlevant des lettres à un mot. Par exemple « avion » est une abréviation d’« abréviation ». Robert Rapilly vient de proposer sur la liste les « zeppelins » qui sont l’opération inverse d’ajouter des lettres à un mot. La contrainte dure telle qu’énoncée par RR impose de plus que chaque mot du texte obtenu commence et finisse par une lettre du texte source. Je propose une version douce s’affranchissant de cette contrainte supplémentaire.
Premier essai :
Ayant reçu le message suivant envoyé sur twitter par @HugoLeMaltais
« Être poète, ne suffit pas. »
J'ai répondu en zeppelinant ( contrainte douce ):
« Entre prophètes, haine soufflerait paradis. »
Ainsi s'explique la virgule étrange dans la phrase initiale : il y avait un sens caché !
En suivant la contrainte dure, on pouvait mettre :
« Entre, prophète. Nuisance soufflerait paradis. »
Deuxième essai ( contrainte douce )
Au poète, un bavard oiseau
Causait fort, lui cassant la tête.
Le malheureux, snobant la fête,
Dut s'enfuir au delà des eaux.
À Maran, ara palabra : " Nada !" Là, cala d'anar bal : à Paraná rama.
( à partir du célèbre palindrome « A man, a plan, a canal : Panama » dû à Leigh Mercer )
On part d’une grille de mots croisés 6×6 sans case noire. Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche de la belle absente : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot. Contrainte sémantique: chaque sizain doit vraiment donner une définition du mot. Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6. Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête. Cette formule est utilisée ici pour la troisième fois ; on peut retrouver les doubles bêtes 1 et 2. Posté sur la liste Oulipo le 31 janvier 2016.
Horizontalement:
A
Que l’homme au sombre cœur,
Tissant de nuit sa toile,
Ourdît un piège noir
En un secret couloir
Pour, revêtu d’un voile,
Se rendre enfin vainqueur.
B
De ce speech indigeste
Qui laissait assourdi,
Rayant adroitement
Redite, bégaiement,
Parenthèse funeste,
L’essentiel nous rendit.
C
Toison qu’on voit surgir
A l’ombre de l’aisselle,
Adorable donzelle,
Venez éradiquer
Pour n’ici point rougir
D’un physique moqué.
D
D’un flot de points raflés
Ils ont, au long du match,
Plus que leur adversaire,
Bâti l’octroi du scratch.
L’étau qui se desserre
Les libère, envolés.
E
Ce n’est en rien un don,
Cette gemme au vert pâle
Qu’aujourd’hui sur ton col
J’allie à ce beau hâle,
Pour un soir lourd d’alcool
Où luira corindon.
F
Un souffle enfin pénètre,
Offrant un parfum frais
De pistils envoûtants
Aux maisons du marais.
Avis aux habitants :
Ouvrez chaque fenêtre.
Verticalement:
1
La flamberge d’acier,
Qu’ensanglantait la flamme,
Il attrapa soudain.
Où se glisse l’ondin
S’abattant, belle lame
Mugit, tel supplicié.
2
Enfin c’est le fanal
Dont nous voyons surgi
L’amer, et qui nous guide
Sous l’horizon rougi,
Quand la vague languide
Sans fin bruit au canal.
3
Je suis devenu bête
A perdre mon latin.
Où se trouve ma tête ?
Ma mémoire est volage.
Si tu as du plantain
Donne-m’en le potage.
4
Au creux de sa coquille
Elle attend dans le temps
Sans rire et sans courir.
Un courant froid montant
La frôle de sa vrille
Jusqu’au jour où mourir.
5
Elle qu’on vint chercher
En sa pauvre cachette
Au son du tambourin,
Je la veux, je l’achète !
Fit l’infant qui louchait,
Haussant son cou taurin.
6
De leur disque lunaire,
Sous un plein-cintre noir,
La face en se gonflant
Prend le bronze du flan
Pour offrir au manoir
Un prodige ordinaire.
On part d’un mot croisé 6×6 sans case noire Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot. Contrainte sémantique: ils doivent vraiment donner une définition du mot Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6 Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête (Posté sur la liste Oulipo le 11 mai 2012).
Horizontalement:
A
honteux à sa machine
au tic tac soudain tu
repéra la coquille
l’omission de cédille
froissa l’acte contus
récrivit ses lettrines
B
passion montant d’un cran
face au brelan de reines
eût-elle en ce soir gris
chargé de mistigris
dû présenter sereine
son carré de rois francs
C
le parfait assassin
tous veulent au procès
l’assigner sans délai
car à la cour il plaît
de stopper les excès
d’un odieux spadassin
D
astre à l’ardeur fusée
en tumulte joyeux
d’outremer et garance
je plaquai la brillance
de mes pigments soyeux
sur la pure rosée
E
à deux mains malhabiles
au froid d’un soir mauvais
où tremblais sous le porche
blême en reflet des torches
tes pouces gourds clavés
à la ration civile
F
tu surgis du couloir
au train de l’infirmière
et du fauteuil roulant
tu t’accoudes voulant
reprendre mine fière
tu souris au parloir
Verticalement:
1
il avait bien en tête
trois quatrains d’un ami
il monta sur l’estrade
précédant la parade
par des vers insoumis
et tout s’emplit de fête
2
jours aux jours s’ajoutant
quand s’égrène l’ennui
temps morts où l’on marmonne
allongés monotones
du matin à la nuit
dorment comme un étang
3
parfums de caramel
bouts de pommes qui dorent
amour de demoiselles
saupoudrant de cannelle
et la pâte s’accore
aux morceaux d’or charnel
4
monstre rogue et sévère
commande numérique
j’y fixai mon outil
un axe débruti
de forme cylindrique
se creusa en tuyère
5
son fleurage doré
pour unique richesse
offrait aux temps passés
son pivot enfoncé
que le serf en détresse
à grand faim dévorait
6
tout près de l’extinction
sur la braise encor chaude
darde le bouffadou
sous un long souffle doux
la flamme rampe et rôde
soudain court la passion
On part d’un mots croisés 6×6 sans case noire Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent: le 1er vers ne comporte pas la 1ère lettre du mot à définir, etc. (la contrainte complète donnerait trop d’indications sur le mot cherché) Donc, horizontalement comme verticalement il y a six poèmes de 6×6 Ces deux 6-6-6 justifient le nom de « la double bête » (Envoyé le 5 février 2012 sur la liste Oulipo)
1
2
3
4
5
6
A
B
C
D
E
F
Horizontalement:
A
lendemain d’élection
sortant d’un isoloir
un sombre président
déchu de ses fonctions
trouva un job au noir
près de ses confidents
B
d’un joli pantalon
aux motifs chatoyants
à prolonger l’usage
au delà de son âge
garnir d’un trou voyant
l’étoffe et le galon
C
la chaleur d’une mère
au nourrisson blotti
en sève nourricière
s’offrira instant fort
puis l’enfant tout petit
repu sourit et dort
D
les horizons brumeux
jalonnés d’espérance
futurs gros d’inconnu
la comtoise se meut
qu’on surveille en silence
à l’aube au jour ténu
E
elle est devant la porte
la main s’arrondissant
et le regard baissé
qu’ignorent les passants
elle peut être morte
chacun va chacun sait
F
doux alcool assorti
au mordant de l’acide
mariage coupable
d’un clapot amorti
de chatoyance instable
un parfum naît limpide
Verticalement:
1
il tombe de fatigue
pris d’accablants frissons
refuse d’avancer
ses pleurs rompent les digues
il voit le sol danser
il mugit sans un son
2
gamins toujours vivants
prêts à prendre une route
sans poids ni tradition
l’oreille est à l’écoute
d’un discours captivant
ouverte à l’émotion
3
ils ont lu tant de livres
les mots sont tous présents
vivaces comme flammes
on voit surgir grisant
que guillemet délivre
l’or pur sous leur calame
4
un jour ensoleillé
j’allais à fond la caisse
un dispositif gris
à l’air ensommeillé
a flashé ma vitesse
on subira son prix
5
façonnant un calice
dans l’or pour un rubis
aux éclats abyssaux
l’ouvrier a fourbi
au creux de ce vousseau
un flamboiement duplice
6
ce mont qui te domine
aux imposants pitons
de cèdres couronné
tu veux le tamponner
tout roc fayard mouton
cède au bull qui lamine
Participation à une série d’envois de « portraits en anagrammes » par différents membres de la liste Oulipo. J’avais mis le commentaire suivant: Un peu poussé, mais avec des lettres pareilles difficile de faire grand chose d’aimable. Avec des gens pareils on n’a pas beaucoup de choix. Publié le 17 janvier 2012
Part, ignorant du sens, délivré du temps.
Et pour cela préfère ciel gris
Diluant bien les rires plein bord.
Vorace ose le rêve encor cru
Que rien de fini, ni sec, n'usa.
Aisément perd-il noir tic latent
De compter mises, profits, digits, récrits.
Il n'hérite ni d'un lingot, ni fil d'or.
Nocif cheminot il bondit, l'instinct dru.
Un soir long, si long, l'idiot brisa
Sans un mot licol d'indics si impotents.
Déjà, d'un ton gris, dix cops vont-ils, suris,
Crier à fugitif « Oh corrosif porc ! »
Porc sied à l'idiot pur : mot congru.
D'un bond vif s'en vint, gris sur fond d'or colza.
Par un joli cri, pic mar sort uts contents
Et à l'unisson grive, d'uts, sort un ris.
L'ivre garçon vint droit au grand nord,
Profilé sur l'horizon tel cabéru.
Un croissant, d'un or pur, ciel brisa
Au bord des lacs qu'alors vit longtemps.
Le salut vint de l'astre : du Sol l'hubris
Vite ramollit le frimas sur l'abord.
L'osier, qu'or insole, cache ru.
Un robin au roux vif devisa.
Au flot égal d'un lac boit longtemps
Et dans un rire chasse butor surpris.
Il est alors investi par un castor
Dont il s'est cru honni comme rat ventru :
D'un noir salut fournit le visa,
Sans un nom, et sans un tampon nilpotent.
L'eau vive lave du corps mûri
Pieds, bras, poings, le livrant nu sans tort.
Sort piteux, froid, tombe là recru,
Un poil las du sort qui le grisa.
Au trot s'en va : « Tu as froid ! sors-t-en !
C'est dans un rire amer qu'on mûrit »
Fils de castor, il s'en vint à un grand port
Dont lit ne put s'offrir, forcé manger cru.
Un soir, au bord du rift, dégrisa,
Las du monde bas, du mal omnipotent.
Prenant un linge blanc et, d'un pot, un bris,
Il versa son kil de fin sang d'un plat-bord.
« Monsieur rosit flots ! de glas féru ? »
Plut voix : chaud, son surin remisa.
Dans un songe a vu bras. Doigts l'on tend.
« Et la suite ? » - L'ange nu sourit.
Après l’invention par l’Oulipien Jacques Roubaud du HOG ( haïku oulipien généralisé ) dans lequel tous les nombres (de syllabes, strophes, vers par strophes, syllabes par vers) sont premiers, diverses généralisations ont été proposées notamment par Gilles Esposito-Farèse ,TOG, ROG, pour tanka, renga, puis les métatogs qui relaxent la contrainte : ici toute troncation à un nombre impair de vers donne un total premier de syllabes. Le poème ci-dessus est un métatog alternant des vers de 11 et 9 syllabes. Voici sa structure, dont GEF a vérifié qu’elle est maximale en nombre de vers :
La longueur 9 m’a immédiatement dirigé vers « et pour cela préfère l’impair », deuxième vers de l’art poétique de Paul Verlaine, qui justement compte 11 voyelles. D’où l’idée de construire le poème sur des vers tous de 11 voyelles, dont les listes seraient générées par la contrainte du « jeu de la vie ».
Mais « et pour cela préfère l’impair » de longueur 9 ne peut malheureusement pas figurer, car sa liste de voyelles n’est jamais obtenue sauf en 1ère position dans le jeu de la vie. J’ai donc mis en 2e vers ce qui en approchait le plus. Il se trouve que par hasard ici la dernière voyelle des vers suit une périodicité sur les 5 voyelles, ce qui m’a conduit à respecter un schéma de rimes.
Pauvre sole
Au fond vit
Souffre et râle
Ô mer sale
Satan vole
L'homme rit
Comme si
Mort cavale
Et vérole
Essai d’une nouvelle contrainte, la terine berrychonne, proposée sur la liste Oulipo par Michel Clavel, qui la décrit ainsi : « Les finales vocaliques permutent selon les règles de la terine et les consonnes d’appui restent fixes comme dans les rimes berrychonnes »
On ne voit en ce funèbre goulet
Nulle couleur, nulle courbure belle.
Rien que pruine, rien que béton croulé
En ce long bourg qui penche et encorbelle,
Piège terrible, grotte où le cœur gèle.
Ni tourterelle en ce ciel boutonné,
Ni ritournelle, ni vol effréné.
Tige ni feuille le tronc noir ne porte.
Herbe flétrie, terre-plein retourné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Tel un fleuve qui peine pour filer
Pour ce qu’un bief étreint le flot rebelle,
En ce couloir fou grouille refoulé
Un cortège lent, et l’heure cruelle
Tourne. Que cherchent en cette ruelle
Jeune, vieux, fille, peuple confiné,
Front penché, lèvre pincée, œil tourné ?
Foule qui peine, piétine, reporte
Lutte et foi, pour ce vivre portionné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Qui voit en cette robe, en ce gilet
Revêtu pour un jour en bleu prunelle,
Ce linge noir terreux, ce cou brûlé,
Coton bourré, brune coulure grêle,
Cette terreur qui hurle nue et frêle ?
Qui lit en ce bel œil vif étonné
Le récit horrifié qui vient ruiner
Le rêve en toute nuit lugubre et torte ?
Et ce ventre que brûle trop jeûner ?
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Peuple en tout lieu répète un cri tonné
Qu’en linceul jette un prince forcené.
Elève une voix inflexible et forte :
Que ceux qui pleurent voient le jour tourner.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?
Cette photo prise par un représentant de l’ONU montre une distribution de vivres le 31 janvier 2014 à Yarmouk, faubourg de Damas peuplé de réfugiés palestiniens. Elle m’a inspiré cette ballade lipogrammatique : en sont absentes les lettres du mot DAMAS.
Une interprétation musicale m’a été offerte par Jacques Ponzio, lisant le texte accompagné en improvisation par lui-même au piano et par le violoncelliste slovène Cosic. À écouter ci-dessous :
L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix.
Le 8 juillet, seul de l’année où nous n’avons pu trouver de journée mondiale ou internationale, a été décrété « Journée du Mystère des Oulipotes » et a donné lieu à un riche ensemble de contributions. Les contraintes, non dévoilées dans l’héméroméride, sont explicitées ci-dessous.
Bernard Maréchal
Tu dis le mot « lettre »
Sur liste oulipo ?
L’esprit doit s’y mettre
Pour polir des mots.
Lettres mystérieuses
Pour dépoussiérer
Les rimes miteuses,
Puis les dérouiller.
Sortir des litotes
Où tout se dissout,
Et des polyptotes
Des puristes fous :
Mystères limpides
Pour liste oulipo,
Mes rimes stupides
De petit Pierrot.
(sélénets et beau présent)
et
Mystère des oulipotes :
Le dieu mort s'y est posé.
Le myope sort des étuis
Et pousse solide myrte.
Os du mystère, lépiotes,
Dieu y pelote ses morts.
S'il t'y mord époussetée,
Myste, sois étole prude.
(prophétie en huit anagrammes)
Rémi Schulz
jeu puéril ou vaine anecdote
pour qui refuse l’élan mutin
tout ce fatras emberlificote
le rustre comme le philistin
les nicodèmes et les bigotes
l'indélicat y perd son latin
mystère opaque des Oulipotes
pour coder la fable rigolote
il se faut détenir un dessin
un fantasme su sans antidote
émotif on y vient et revient
étrange cuisine qu'on mijote
suivant l’aptitude de chacun
mystère intime des Oulipotes
pour la décoder tel numérote
tel rumine le texte oulipien
tel tire le fil de la pelote
tel surdétermine et à la fin
découvre comme ça se tricote
logique clé du trésor surfin
mystère vaincu des Oulipotes
qui n’a tête vide de linotte
avouera n'être qu'un ripolin
et pourra crier saperlipotte
je ne sais encore quel moyen
élargit au-delà des jugeotes
un écrit digne d’un magicien
mystère infini des Oulipotes
( l'isocélisme et l'acrostiche oblique sont mis en évidence par l'image ci-dessous ; s'y ajoute un nombre de lettres égal à 666 et une gématrie égale à 7992, avec 7992 = 666 x (6+6)
Mais qui sont les oulipotes ?
Virtuoses de la plume
Même passion les anime
Érudits poètes
Leur art nous révèle
La beauté du monde
Et l'infini des possibles
( HOG )
Annie
laisse le vent
courir devant
car la terre
lui a souri
là-bas aussi
adultère
c'est le credo
de l'oulipo
son mystère
( sur le schéma de rimes de la « Chanson d'automne » de Verlaine )
Nicolas Graner
Oh, qu'allez-vous lire ?
Un sélénet ? Non !
L'acrostiche ? On vire :
Idiot, jeu bidon.
Pas plus : plat pangramme
Où on offrirait,
Tiens, trois tautogrammes
Et vieux whisky frais.
( quadruple prétérition )
Alexandre Carret
Mis au sottisier, l’oulilipotien (*) s’tâte ici ou là, rêve de folles prairies nues, ombrées, de belles muses. Près d’elles, va ici ou là ; vient, si insouciant, le vers à la rime facile, ici ou là-haut, pour plaire aux oulipotes en tiaulée- amis ? - si vous lisez ces lignes-là, de là ou d’ici !
(acrosémantiche avec noms de fleurs)
(*) L’oulilipotien est un mini-oulipien rêvant un jour d’être un oulipote.
Noël Bernard-Talipo
Quel trophée offre un jeu chébran, grave et sadique,
Mystifiant jeune et grand plus que ce bleu vishnou ?
Quel djinn hante, mutin, ce golf privé de balle,
Qui par chemins, jouissif, va d'un genou oblique,
Saoul d'un vin chaud fragrant bu au pot jusqu'au moût ?
Il chante au vent gonflé d'abjects mots qu’ouït pibale,
Fol spam qu'on voit jaillir du bagout d'un chinou.
( Belle absente )