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Sankulipo

Ce projet d’un an a démarré le 1er mai 2015. Comme pour les deux cycles annuels précédent, le lipoméride et le zodianku, il a fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier républicain: chaque jour paraissait un haïku écrit en utilisant seulement les consonnes du nom donné par Fabre d’Eglantine au jour considéré. Si toutefois ce jour comportait une seule consonne ou aucune, on pouvait utiliser de plus les consonnes du nom du jour dans la décade (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi).

Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitaient étaient invités à me proposer ces haïkus, accueillis avec joie.

Voici le premier et le dernier des haïkus composés lors de ce cycle :

1er mai 2015 – 12 floréal – Sainfoin

Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.

30 avril 2016  – 11 floréal – Rhubarbe

Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !

Mois par mois, ensemble des haïkus du Sankulipo :

Floréal

Prairial

Messidor

Thermidor

Fructidor

Sans-culottides

et notamment Révolution : un ensemble de belles absentes composées pour ce jour spécial.

Vendémiaire

Brumaire

Frimaire

Nivôse

Pluviôse

Ventôse

Germinal

A la fin de ce cycle nous avons fêté la fin de l’aventure : une pluie de textes ont répondu à mon invitation d’écrire sur des contraintes oulipiennes librement choisies des poèmes à partir de la chanson  « Il pleut, il pleut, bergère » écrite par  Fabre d’Eglantine, auteur des noms de jours du calendrier républicain. Cette page a été publiée le 1er mai 2016.

Variantes :

Chaque jour de nombreuses variantes ont été proposées par des amis sur la liste Oulipo et sur twitter. Merci à tous pour tant de richesse ! Elles sont rassemblées (ainsi que mes propres variantes)  dans la page Variantes du Sankulipo

Illustration :

Un grand merci à « Mal traçadas linhas » alias @eujanymim qui m’a envoyé la belle roue calendaire illustrant le Sankulipo.

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Zodianku

A partir du premier mai 2014 le Zodianku prend la suite du Lipoméride qui s’est achevé le 30 avril après un an d’existence. Dans ce nouveau projet qui durera un an si tout va bien, un poème sera écrit pour chaque signe du zodiaque et chaque décan dans ce signe : ainsi trente six poèmes verront le jour, grâce à la publication quotidienne d’une strophe sur twitter et sur ce site. Sur le modèle des renku traditionnels, ces strophes seront alternativement des haïkus (trois vers de 5/7/5 syllabes) et des strophes de deux vers de 7 syllabes. Ces vers suivront une contrainte lipogrammatique dictée par les voyelles du signe zodiacal et de la planète du décan :

Pour les haïkus: 1er et 3e vers sur les voyelles de la planète, vers central sur les voyelles du signe.

Pour les autres strophes: trois voyelles parmi celles du signe et de la planète, choisies selon l’ordre de préférence : u > o > i > e > a.

Ces poèmes ne sont pas de vrais renkus, ils sont plus courts, cependant chaque strophe répond à celle qui la précède. De plus tout lecteur le souhaitant peut dès la publication d’une strophe me proposer avant la fin de la journée la strophe suivante par un message sur ce site ou un tweet privé sur mon compte @noel_talipo. Je m’efforcerai, sauf lorsque je suis contraint de m’absenter, de publier cette strophe avec en note la mention de son auteur, pourvu qu’elle respecte bien la règle du jeu et naturellement l’étiquette du net. Proposez une seule strophe à la fois, merci : laissez-en un peu pour les autres !

C’est l’humble demeure

Du 1er mai au 10 mai – Signe : Taureau ; planète : lune

C’est l’humble demeure
Aux fenêtres refermées
Sur l’heure secrète

La rue à jambes pressées
Se détache et prend le large

Que peuvent les clercs
Passant là sans s’arrêter
Qu’emmurent les brumes

La marelle des pavés
Trébuche et saute en enfer

C’est le jeu des rues
Les gagnants sur les perdants
Prélèvent leur dû

En grec en russe en hébreu
S’alarment de pauvres hères1

En quête fiévreuse
Par les murs et les hangars
Du secret perdu

Que vaguement se rappellent
Ceux que nul ne veut entendre

Leur lèvre muette
Que reflète la fenêtre
Semble murmurer

Et la chatte paresseuse
Seule entend leur testament

(1) Annie Hupé. Pour des raisons techniques cette strophe n’a pas figuré sur la version tweeter où on trouvait à la place:

Marchant à pas cadencé
Sur l’asphalte craquelé

Tu es revenue

Du 11 mai au 21 mai – Signe : Taureau ; planète : saturne

Tu es revenue
Ce sera fête au hameau
Danse jusqu’à l’aube

A la lueur des flambeaux
Et des regards éperdus 1

La table est dressée
Parée de branches en fleurs
Sur la nappe blanche

Le Père se penche un peu
Te serre dans ses bras gauches

Tu sembles perdue
Dessus le cercle d’épaules
Que regardes-tu ?

Dans l’angle reste à l’écart
L’étranger que tu cherchas

Un passé déferle
Par delà ces années lentes
Une lueur chaude

Cette paume s’attardant
Sur les vagues de ta peau

Et près de l’étang
Par un crépuscule calme
De graves serments

Aucune phrase aucun geste
Juste un tremblement de lèvre

Et la tarentelle
Accélérant sa cadence
Te happe et t’emmène

(1) Frédéric Martin-Delvincourt

Le chemin du ciel

Du 22 mai au 31 mai – Signe : Gémeaux ; planète : Jupiter

Le chemin du ciel
Emmène au-delà du temps
Celui qui le suit 1

Heureuse les pieds sur terre
Je veux vivre « hic et nunc ». 2

Ciel vide et muet,
Là, seule demeure l’eau,
Le rêve s’enfuit. 3

Ici réside peut-être
Un Dieu nu et humilié. 4

Lumière qui luit,
Reflets dans l’eau de l’étang,
Nuit de pleine lune. 5

Lugubres hululements…
Je m’enfuis, demi-vêtue. 5

Je lève les yeux
La flamme d’un feu rageur
surgit et serpente

Meurtrie mutilée je tire
Sur les lierres qui me lient 2

Embusquée je veille
l’assaut du feu et de l’eau
Pluie mêlée de cendres  6

Je cherche le fil perdu
Vers un chemin de lumière

(1) La strophe de départ est  proposée par Nicolas Graner
(2) Annie Hupé.
(3) Françoise Guichard.
(4) Frédéric Martin-Delvincourt.
(5) Elisabeth Chamontin (@Souris_Verte)
(6) Strophe utilisant des éléments transmis par Philippe Simon.

Là dans la pampa

Du 1er au 10 juin – Signe : Gémeaux ; planète : Mars

Là dans la pampa
Pauvre hère s’en alla
Dansant la samba

Et battant des maracas
De Bagé jusqu’à Valdès.1

Atlas parada
tel un hacker, de Dunkerque
à Java. Navrant !2

Mal chaussé jambes arquées
Hère va sans se cacher

Ah ça ! Bâtard, là
Hurle Atlas brute à peau d’ange,
A fada passant

Que cherches-tu dans ce champ
Gâchant cette herbe à ma vache

Santal blanc, safran
Jaune ! Fastueux herbage
Fragrant, ça flatta.2

S’excusant flâneur allègre
En hâte changea de cap

Las ! ça n’alla pas
Un bras rageur l’attrapa
Frappa, tabassa.

Sur la steppe le vent passe
Pauvre gars ne danse plus

(1) Frédéric Martin-Delvincourt.
(2) Annie Hupé

Moine en robe noire
Du 11 au 21 juin – Signe : Gémeaux ; planète : Soleil

Moine en robe noire
Se levant à l’aube tendre
Sortit de son cloître

Ni soumis ni dissolu
Individu indistinct1

Il cherche l’épine
A l’âpre parfum, secret
De son élixir

Son lopin sous un pin noir
Produit foison d’oignons doux

Rosée encor brille
Le vent murmure un lent psaume
Le monde scintille

Moinillons, juifs, iroquois
tous sont outils du complot2

Stérile, inflexible
Que trament sans retenue
Les sombres étoiles.2

D’un gour d’où sort un flot sourd
Ouït un ondin qui rit

Belle voix de miel
De l’être surnaturel
Le frôle et l’enjôle

Pour qui s’ouvrit profond trou
Pour qui mugit tocsin fou

Le rire strident
De deux frères maraudeurs
S’éloigne et se perd

(1) Nicolas Graner
(2)Annie Hupé.

Un reflet de lune
Du 22 juin au 1er juillet – Signe : Cancer ; planète : Vénus

Un reflet de lune
Caresse la table en chêne
Les plumes et l’encre

La trace d’un alphabet
Bave sur le buvard bleu1

Sur l’humble buffet
Sage se balance l’ancre
D’une pendulette

Les heures passent égales
Sans que nul ne les dérange

Des bûches de hêtre
La flamme flanche et la cendre
Fume juste un peu

Arachné musant sans hâte
Tresse un réseau de rubans

D’une rue déserte
Par la fenêtre béante
Nulle rumeur n’entre

Sur le matelas de plume
Etendu rêve l’aède

Mesure du vent
Dans la sente passent des
Ménestrels muets2

Les clameurs tues, scandaleuses
Démasquent les cadenas2

(1) Elisabeth Chamontin (@Souris_Verte)
(2) Annie Hupé.

Le fer sur l’enclume
Du 2 au 12 juillet – Signe : Cancer ; planète : Mercure

Le fer sur l’enclume
Répand des éclats scandés
Recru de heurts secs

Métal brut chauffé à blanc.
Muscles bandés et durs, suants.1

En ces murs sévères
Arde la flamme de l’âtre
Le feu hurle et fuse

Une lame ténébreuse
Se trempe un tranchant s’affûte

Le meneur de guerre
Attend le regard fermé
Et durent les heures

Prenant ce métal sans tache
Se lève s’avance et parle

Venue des enfers
A fendre targes et chefs
Epée tu es prête

Trempée dans un jeune sang
Célébreras ma vengeance

Resserre ses guêtres
Le gant le large mantel
Descend vers le fleuve

La lune à la face glabre
Le précède par les dunes

Une mère guette
L’enfant cesse la marelle
Un père muet

(1) Françoise Guichard.

Sur les prés en fleurs
Du 13 au 22 juillet – Signe : Cancer ; planète : Lune

Sur les prés en fleurs
Le vent passe caressant
Et l’herbe s’émeut

La sauterelle s’élance
Dérangée par un reflet

Les senteurs se mêlent
Parlant ce fragrant langage
Qu’entendent les ruches

Danse à cadence sauvage
A la chaleur s’emballant

Le hurlement brusque
De femelles en alerte
Sème une stupeur

Plus de chants plus de tapage
De rampements fureteurs

En un cercle lent
Planant dans le calme plat
S’élève une buse

En balafre dans l’azur
Se trace un grave message

L’heure est suspendue
Le rapace va sans hâte
Et se perd de vue

Le champ reprend sans tarder
Sa musante sarabande

Dans le hall glacé
Du 23 juillet au 1er août – Signe : Lion ; planète : Saturne

Dans le hall glacé
L’on sort d’oblongs corridors
Cherchant une clé

Surgis pour quoi vont commis
Tout surpris si tu souris

Une alarme meugle
Midi ! vrombit son tocsin
La masse s’ébranle

Du rotor d’un portillon
S’induit un long conduit noir

Pâles et malades
Trop mollis n’ont point ici
Place dégagez

On suit on court on bondit
Fous du couloir infini

D’une fente brune
Brin sorti d’oignon moisi
Un pétale blême

Crin tordu qui fuit du mur
Bug d’un fin pistil surgi

Un agent regarde
Son doigt point il dit : voici
S’attarde s’arrête

Il sort mû d’un long frisson
Fruits tout un soir ont du goût

Entre les buveurs
Du 2 au 12 août – Signe : Lion ; planète : Jupiter

Entre les buveurs
Nini rosit rit vrombit
En tutu déteint

Rhum mojito gin tonic contraires
Loukoum surimi coco

Lumière feutrée
Coloris kitsch lino froid
Musique qui gueule

Souris du soir qui luit gris
Oisillon d’un nid pourri

Emplis, dis-je un verre
Vois nos portions, nos litrons !
Et rédige en vers.1

Oui ! Nous trinquions, roupillions
Pourquoi suit-on l’illusion ?1

Ventres débinés
Chicots noirs poncifs grivois
Bretelles en berne

Pour qui mon ouzo on rocks
Non mon gros toi tu bois plus

Sueur énervée
Poings sortis profils porcins
Verres renversés

Coups sournois fric roi tournis
Jolis rots corps mous vomi

L’heure : Nini ferme
Corridor logis blotti
Queue du chien remue

(1) Annie Hupé.

Pars sans apparat
Du 13 au 23 août – Signe : Lion ; planète : Mars

Pars sans apparat
Vois l’infini cordon d’or
Va à pas hâtant

Laissant ton logis natal
Laissant moisir ta moisson

Sans savant blabla
Bondis loin d’oisifs propos
Sassant ta saga

Sans faiblir occis l’Avant
Visant l’indistinct profond

Adam translata
son lit, son lot, son nombril
blanc, à Canaan. 1

Soit, allons donc, rimaillant
son roman, miroir moral.1

Tâtant ahanant
Sors toi hors giron blotti
Va par l’arc astral

Saisi par la faim d’air frais
Franchis l’original trait

Là chaman chantant
Vois d’incisifs doigts t’offrir
Sacral santal blanc

Ta main saisit la toison
S’apaisant à son contact

Avançant sans fard
Ris voici ton miroir fol
L’amant t’avalant

(1) Annie Hupé.

Le monde est petit
Du 24 août au 3 septembre – Signe : Vierge ; planète : Soleil

Le monde est petit
Tes chemins tes errements
Rencontrent les miens

Ton œil en mon œil se fond
Tes peines mirent les miennes

L’ombre ensevelit
Le timide scellement
De nos connivences

De ton front posé léger
Me sens poitrine imprimée

De brise jolie
Tes mèches libres se bercent
Et frôlent mes lèvres

De nos doigts entrecroisés
Monte en nos seins même fièvre

Somnolent mélèze
Frises de miel inclinées
Protège nos liesses

Froment seigle ceps des vignes
Rendez nos soleils torrides

Le vol obsessif
De fébriles éphémères
Fibrille le ciel

Est-ce moi le rêve éteint
Dont loin s’envole ton rire ?

Le monde s’étire
Sphère pleine de silence
De silence immense

Du névé bleuté
Du 4 au 12 septembre – Signe : Vierge ; planète : Vénus

Du névé bleuté
Le reflet semble vibrer
Vu de cette sente

Il cerne l’entrée du cirque
Que défend un défilé

Un brusque vent d’est
Se réveille et vient gifler
Les pentes rugueuses

Siffle entre les jeunes pins
Qui serpentent vers le ciel

Un reste de brume
Préservé de cette fièvre
Effleure les crêtes

Une excessive lumière
Rend les neiges venimeuses

Juchées en dévers
Pierres se clivent et brillent
D’un feu ténébreux

Seul en un creux retiré
Tremble le frêle lin bleu

Epure muette
De l’invisible présence
Que scelle le temps

Les muscles tendus
Du 13 au 23 septembre – Signe : Vierge ; planète : Mercure

Les muscles tendus
Ils entrent lèvres serrées
Des hurlements fusent

Cernés de lumière blême
Sentent le ciment trembler

Un vent d’hébétude
Gifle ces virils éphèbes
Qu’encercle une meute

Les curieux et les furieux
De leurs yeux secs les fusillent

Seuls un peu perdus
Respirent des sels fétides
Restent suspendus

Puis virent d’un geste lent
Vers ce centre qui les brûle

Fermeture crue
Le ring en ligne brisée
Creuse une fêlure

Vive splendeur des ceintures
Rend leur figure plus grise

Un heurt de pendule
Trépignements feintes punch
Gerbes d’uppercuts

Ventre sueur nez plexus
Erreur ! Une seule erreur

Pêle-mêle en feu
Sirène civière perf
Rumeur et ténèbre

Deux très jeunes femmes
Du 24 septembre au 3 octobre – Signe : Balance ; planète : Lune

Deux très jeunes femmes
S’avancent dans la venelle
En quête de sel

Près d’elles une enfant chante
Et saute sur une jambe

Un secret murmure
Scande la marche sans hâte
C’est le crépuscule

L’éclat d’une devanture
Capture leur chaud regard

Plumes et dentelles
Frangent des mantes légères
Relevées de gemmes

Chasubles de taffetas
Capes au reflet d’azur

Un brusque vent d’est
Arrache ces passements
Les élève en cercle

Aux épaules des rêveuses
Drape parure céleste

Le temps d’un reflet
Cette astrale majesté
Effleure éphémère

Deux passantes attardées
Et l’enfant à la marelle

Une vague lente
Du 4 au 13 octobre – Signe : Balance ; planète : Saturne

Une vague lente
Passe et dans la rade calme
La barque un peu tangue

Le pêcheur d’un geste sûr
Lance la canne et l’appât

La plage est déserte
Le vent caresse le sable
Dans le crépuscule

Une larme perle sur
La peau saturée de sel

La lune se lève
Sa belle face argentée
Chevauche les nues

Dans sa tête autan répète
Que la Femme s’est pendue

La marée s’empresse
Dans la clarté d’amarante
Que jette le phare

Tant de phrases étranglées
Tant de caresses perdues

La sterne planante
Penche et regagne sa place
Sur l’embarcadère

une plume va tracer
la frange crue des vagues1

(1) La belle strophe finale m’a été proposée par Louise Blau (@lignesbleues). C’est particulièrement intéressant, illustrant bien comment les contributions de chacun ont fait dériver les poèmes parfois loin de ce que j’avais imaginé. Ici, la finale m’évoque une sorte de rédemption empreinte de paix et de beauté, bien loin de la fin sombre à laquelle j’avais pensé :
« L’eau claque elle se referme
La barque ne rentre pas »

Quelques musiciens
Du 14 au 23 octobre – Signe : Balance ; planète : Jupiter

Quelques musiciens
Venant des terres étranges
Epuisés cheminent

Des chiens se dressent et hurlent
Des fenêtres se referment

Les gueux se dirigent
Vers la place des marchands
Près du vieux tilleul

Le vent humide et frileux
Pénètre leur pèlerine

De fifres de vielles
De basses tam-tams et sax
Musique est métisse

Il s’élève de leurs lèvres
Un merengue qui s’enivre

Sur un thème en vrille
S’entrelacent les accents
Se brise le gel

Des curieux levés en cercle
De leur pied suivent le rythme

Filles ténébreuses
Apres gars crâne rasé
Cinglent le bitume

Et sur cette ville beige
Le ciel des îles scintille

Hantant mastabas
Du 24 octobre au 2 novembre – Signe : Scorpion ; planète : Mars

Hantant mastabas
L’on voit son bob indigo
Marrant caftan blanc

Il paraît avoir vingt ans
Mais a la mort dans la voix

Cavalant sans cap
Il bondit d’horizons noirs
Bramant chants fadas

Passants marchands proprios
Vont ignorant son galop

Navrant Artaban
Front trop gros profil porcin
Badant bras ballants

Mais à midi naît la faim
Oignon par ci pain par là

Sans marks sans nafkas
Finit trois trognons moisis
Lapant ramas gras

Las choit dans l’abri si frais
Dont s’ombrait lavoir banal

S’affalant hagard
Son dos blotti l’idiot rit
A sa baraka

Loin loin s’affaiblit l’aboi
Loin loin la loi d’Osiris

Le vieil olivier
Du 3 au 12 novembre – Signe : Scorpion ;

Le vieil olivier
Tord son gros tronc gris rôti
Et croise le vent

Il domine le vignoble
De son ombre emplie de fièvre

Ton dos se détend
Ton poing mollit ton front rit
Ton sein frémit libre

Le ciel violet de midi
T’inonde et te vrille l’œil

Ton vin de silex
Dont on boit trop l’or rosi
Monte vite en tête

Le grillon dolent grésille
Entre les pierres torrides

Le sommeil te vient
Long solo d’infinis fols
Voile de l’ivresse

Personne ne te réveille
Rien ne vient briser le vide

Mémoire immobile
Corps pris d’indistincts frissons
Isolement tiède

Roche sillons terre éprise
L’olive penche et te berce

Une clé seule entre
Du 13 au 22 novembre – Signe : Scorpion ; planète : Vénus

Une clé seule entre
Fin profil croisillon d’or
En cette serrure

D’un lumignon luit confus
Un fin jour sous l’huis noirci

Un cerne de lune
Inscrit son coloris froid
Sur le mur sévère

Pour qui sourit l’inconnu
Qu’introduit un bond furtif

Le pêne s’enclenche
Son choc clôt sitôt l’octroi
Et je me renferme

Oisif sur mon trottoir gris
Sous un fronton tout moisi

Esseulé je guette
Du portillon noir qui dort
Le chêne lugubre

Surpris vois d’un tour du gond
S’ouvrir un couloir obscur

Me rue et pénètre
Sport idiot viol instinctif
Qu’est-ce que j’espère

Poings sur un mur nu Jim rit
J’y vis l’Intrus Primitif

Le feu de leurs yeux
Du du 23 novembre au 2 décembre – Signe : Sagittaire ; planète : Mercure

Le feu de leurs yeux
Reflète le tapis vert
Du cercle de jeu

Le pur esprit d’une nuit
Dure et sublime s’esquisse1

Splendeur désuète
Pesante table d’ébène
Tentures et stucs

Un merle serein épelle :
Le silence est-il de mise ?1

Le temps se renverse
Des chiffres le cliquetis
Sème une stupeur

Ténèbres restituées
Êtres et esprits enfuis2

Les lèvres serrées
La narine d’air privée
Geste suspendu

Une bille fuse et ruse
Hésite évite et refuse

Le rêve se meurt
L’abîme happe en braillant
Les enjeux perdus

Superbe un instant s’élève
Le rire qui devient ruine

(1) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)
(2) Hélène Verdier (@h_verdier)

Rue brune pullule
Du du 3 au 12 décembre – Signe : Sagittaire ; planète : Lune

Rue brune pullule
A l’établi l’artisan
Demeure penché

Un refuge de silence
Imprègne ce lieu secret

Fermement tenue
La lime entame la pièce
En deux fers serrée

Une épure se dessine
Et lentement se mûrit

Le geste est sûr
La pensée hésitante,
Humblement ténue1

Se mire de l’effleuré
Puis crisse — plis et déplis —1

Le but est en vue
Les fragments enfin s’assemblent
Créent une structure

Des pupilles qui s’étirent
Le feu scintille bleuté

Se dresse réel
Dans ce havre de patience
L’effluve d’un rêve

Petit verre mérité
Puis les lumières s’éteignent

(1) Hélène Verdier (@h_verdier)

D’un élan brutal
Du 13 au 21 décembre – Signe : Sagittaire ; planète : Saturne

D’un élan brutal
J’avale la piste blanche
Me cabre et m’arrache

Vibre structure effilée
Que le vent gifle et relève

Des deux réacteurs
Le sifflement se fait brame
Et les peurs se clament

Sinistre un pic se dessine
Sur le ciel d’un bleu limpide1

Entre les nuages
M’aspire la ligne claire
Vers un cap étrange

Les instruments se dérèglent
Leds jettent un vert lugubre

Des étendues vagues
Mille mètres en bas filent
A travers la brume

Un bercement triste et lent
M’emplit de grises pensées

Je passe tremblant
De ce firmament glacial
Le cercle effacé

(1) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)

En crème liquide
Du 22 au 31 décembre – Signe : Capricorne ; planète : Jupiter

En crème liquide
La glaise épaisse et collante
Gît brune et putride

Un frisson s’induit sournois
Sur tout mon dos qui roidit

Chemise ceinture
Pantalon baskets et slip
J’enlève mes fringues

Pins mugo buissons touffus
Tout un bois rit insoumis

Je me jette nu
Dans le mélange noirâtre
Qui pègue et me suce

Du limon bruit un floc mou
Son lourd d’un grouillis profond

Tête nuque pieds
S’enrobent de pâte informe
Deviennent humus

Compost mort corps confondus
Sous un horizon moisi

Ruine de glu blême
Je m’effondre lentement
En cette hideur

Lors d’un soupir infini
Vomis tout l’or qui m’occit

Abracadabra
Du 1er au 11 janvier – Signe : Capricorne ; planète : Mars

Abracadabra
Crie l’enfant devenant mage
Lançant l’avant-bras

Le vent se lève et gémit
L’herbe devient folle et rit

Lamas blafards dans
De vieilles robes dorées
Carnaval d’antan1

Si le Stromboli s’éveille
De joie ils s’immoleront1

Maman cavalant
Rattrape le gosse et gronde
Car là ça va mal

Impossible de s’entendre
Ce petit devient pénible

Balançant tartan
Le mioche ensorcelait
Grand-maman là-bas2

Crois moi polisson difforme
J’ose force sortilèges1

Sans mal, sans tracas
Je te minore, t’étiole
Raplapla ! lascar !1

Le môme petite voix
Récite le secret texte

S’affalant passant
Trombe trisse ciel devient
Grand mandala blanc

(1) Annie Hupé.
(2) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)

Des hommes féroces
Du 12 au 22 janvier – Signe : Capricorne ; planète : Soleil

Des hommes féroces
Escaladent le versant
Le silence gronde

Dans l’ombre Orion se terre
De larmes de poix drapé1

Rocs et précipices
Stoppent le pas maladroit
D’effrontés mortels

Le soleil éveille enfin
Le colosse et il écrit2

L’ongle de son doigt
Grave à même le granit
Des mots éplorés

Le torrent plonge et résonne
Le vent cingle les rocs froids

Le piétinement
En contrebas se rapproche
De héros sordides

Des poings de l’être indocile
Le moindre revers les broie

Il reste penché
Tête en ses mains reposant
Noir de désespoir

L’écho des gémissements
Se renfle de roche en roche

L’œil livide voit
Le dard misérable fondre
Et le libérer

(1) Hélène Verdier (@h_verdier)
(2) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)

Du fleuve bleuté
Du 23 janvier au 1er février – Signe : Verseau ; planète : Vénus

Du fleuve bleuté
Fend l’eau de sa nage calme
Une femme heureuse

Les nuages peu à peu
Effacent sa belle humeur1

Elle entend rêveuse
L’appeler sans se lasser
Le vent d’un murmure

Tendre Leda elle vague
Face pâle vers l’azur2

Elle sent légère
La caresse des grandes algues
Muette berceuse

D’une arabesque d’écume
Ses bras parent la surface

Une grue cendrée
Lance un appel guttural
Tête renversée

Las ! se meurt l’appel ardent
Au levant se meut la meute3

Femme reste et tremble
L’avant pénètre l’après
L’heure est suspendue

Et passe dans ce regard
L’étrange affre des naufrages

(1) Didier Bergeret
(2) Hélène Verdier (@h_verdier)
(3) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)

Entendent le prêche
Du 2 au 11 février – Signe : Verseau ; planète : Mercure

Entendent le prêche
De ce mage en cape blanche
Et les peurs reculent

Nul enchanteur nul pasteur
Je m’attache à l’espérance1

L’espèce de leurre
S’ajuste à l’aveuglement
Des énergumènes1

Un chapelet de préceptes
Leur assure le salut

Ensemble éduqués
Répètent la phrase apprise
Leurs lèvres remuent

La salle est belle à ses murs
Panneaux en grands caractères

L’Eternel est pur
Versez un parfum de feu
Sur terre et sur mer

Menez une guerre juste
Cherchez l’éclatant trépas

Echecs et regrets
Le fardeau s’est annulé
Des vécus perdus

Un grand calme se répand
Les réchauffe et les aveugle

(1) Annie Hupé.

Une fleur des prés
Du 12 au 22 février – Signe : Verseau ; planète : Lune

Une fleur des prés
Fendant la verte membrane
Frêle se déferle

Ses pétales flavescents
Se bercent au vent léger

Généreuse et pure
Elle répand le parfum
Des heures heureuses

Humble tâche de clarté
Ancrée au versant abrupt

En brusque détente
S’abat une sauterelle
Semeuse de peur

Sa patte rugueuse gratte
Ses antennes se démènent

Muette perdue
La fleur aux tendres sépales
Reste suspendue

Paf d’un saut fuse la bête
Que chasse quelque danger

Lent et mesuré
C’est le pas du taureau blanc
Empereur superbe

Le végétal éperdu
Rend grâce au géant sauveur

Le mufle se penche
L’âpre langue arrache et happe
Une fleur des prés

Une erreur dans le calendrier qui m’avait servi de source m’a amené à terminer prématurément ce zodianku, pour lequel j’avais prévu trois strophes supplémentaires, car le décan suivant aurait sans cela été réduit à 6 jours. Ainsi les trois dernières strophes, déjà préparées, n’ont en fait jamais été diffusées.

Grand jeu des saveurs
Du 20 au 28 février – Signe : Poissons ; Planète : Saturne

Grand jeu des saveurs
Oignon poivron potiron
Sauce grand veneur

Jouissons du pot pourri
Dont tous nos goûts font chorus

Un fumet suave
Dont on voit nos rôts offrir
Le charme s’élève

Du point du jour jusqu’où nuit
S’obscurcit nous cuisinons

Eperlan flétan
Thon d’onigiri joli
Hareng saur fumé

Produit du fruit mûr qui rit
Vin rosit roux ou confits

Aulx cèbes et sauges
Sont l’or si fin dont nos doigts
Relèvent le jus

Doux flot qui sourd du chinois
Coulis court sur noir pudding

Pampres sur la tête
Ici ris, ici vis, toi
Le gargantua1

(1) Hélène Verdier (@h_verdier)

L’inquiète fileuse
Du 1er au 10 mars – Signe : Poissons ; Planète : Jupiter

L’inquiète fileuse
Croit voir Orion sorti
Et lève les yeux

Un brûlot luit-il si loin
Sur un flot qui toujours fuit

Elle tremble un peu
Son doigt roidi tord son fil
Ses lèvres remuent

L’illusion d’un profil vu
Surgit du fond d’un jour mort

Un être imprévu
Dit mot ni long ni trop fort
Et vint l’étincelle

Tout un soir fous corps unis
Ils ont connu l’ignition

Un vent furieux
Corrosif sirocco noir
Sèche ses pensées

Ont-ils voulu sort commun
Ont-ils conçu long futur

S’emmêle fusée
Omis choit son cordon gris
Pèse le silence

Nuit mord sur l’horizon froid
D’un long soupir fuit vision

Lapant sa grappa
Du 11 au 20 mars – Signe : Poissons ; Planète : Mars

Lapant sa grappa
L’idiot prit son violon
Lança sa java

Il avait la voix trop bas
Son chant traînait sans passion

La nana passa
Shirt coton snood longs cils noirs
A pas boitillant

Il s’acharnait sans sono
Chavirant son vibrato

Narrant macadam
Chiots dont crocs sont incisifs
Passants pas marrants

Alors s’approcha riant
La fada clopin-clopant

Là sans apparat
Son joli minois rosi
S’attarda chantant

Dans la paix s’harmonisa
L’instant fort d’accord total

Bravant la fatwa
Dont on voit clodos vomis
Par galants nababs

Par soir câlin joignant mains
Ont affranchi l’horizon

Catamaran blanc
Du 21 au 30 mars – Signe : Bélier ; planète : Mars

Catamaran blanc
Dérive et lentement file
Chassant par l’avant

Belle sirène serine
En mer entêtée s’exprime1

Ah chant charmant chant
Terrible vent de délices
Mantra balançant

Le marin se signe et tremble
Sa main agrippe la barre

Grand fanal là bas
L’invite il vire grisé
Par l’appât fatal

La rade à l’éclat changeant
Scintille en reflets de sang

S’amassant par bancs
L’excitent les sternes grises
D’agaçants cancans

Paraîtra-t-elle impassible
La reine à traîne d’écailles

Las rampant à ras
Récif le griffe et déchire
Fracassant safran

Dame indifférente égrène
Sa ballade cristalline

(1) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)

Il s’est retiré
Du 31 mars au 9 avril – Signe : Bélier ; planète : Soleil

Il s’est retiré
En ces friches de silence
Cimes endormies

L’insecte pose son corps
Mordoré ; le soir s’étire1

Des gorges sonores
Cernent le repli secret
De gerbes espiègles

Derrière les pins cembros
Le monde vit et l’ignore

Le printemps s’éveille
Le rire des brises libres
Tinte en son oreille

Sont très loin les prisons froides
Dont l’ombre enterre l’espoir

Il prend le chemin
Siffle et vif le chien décrit
Des cercles précis

Les brebis grimpent en ligne
L’herbe berce le vent tiède

Si proche est le ciel
Empli des signes immenses
D’écrits envolés

L’homme en ces lignes déchiffre
Le songe éternel des neiges

(1) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)


Prudente et secrète

Du 10 au 20 avril – Signe : Bélier ; planète : Vénus

Prudente et secrète
Petite vipère grise
Lentement furète

Libérée d’une mue sèche,
Ventre sur les pierres tièdes1

L’heureuse et légère
Fillette remplit les prés
De rumeurs de fée

Ses yeux emplis de lumière
S’émerveillent du printemps

L’heure est verte et tendre
Veille le fier épervier
Belette s’enterre2

les fleurs de neige se penchent
en secret vers leur psyché3

Fleurs bleues déclencheuses
Resplendissez d’emblée chez
Cent chercheurs chercheuses4

Puis vite détruisez presque
Le rude chiendent livresque4

En culbute brusque
Petite en plein met le pied
Sur l’humble serpent

Mû d’un meurtrier réflexe
Le reptile se détend

Dents cruelles fusent
Cinglent se fichent instillent
Le suc vénéneux

(1) Françoise Guichard.
(2) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)
(3) Hélène Verdier (@h_verdier)
(4) Gilles Esposito-Farèse
. Les deux strophes écrites par Gef contienent l’évocation de trois romans de Raymond Queneau. De plus elles constituent un «isotankwoosh», contrainte définie par lui qui combine tanka, isocélisme et twoosh (140 caractères). On en voit mieux la forme sous la présentation suivante:

tanka-gef_16-04-15


Vents, frères du fleuve

Du 21 au 30 avril – Signe : Taureau ; planète : Mercure

Pour ce dernier texte du Zodianku j’accueille les membres de la liste Oulipo. Je leur suis très reconnaissant de me faire l’honneur de leur présence amicale.

Vents, frères du fleuve
venus du sud, de la mer
nés des steppes russes.1

Senteur exhalée d’Annan
Que le sable a répandue2

Fureur des nuées
Cet harmattan chaud s’abat,
Sec dessus l’erg nu.3

Quel mascaret d’espérance
Rechassa le vague à l’âme2

Prends l’heur en ces gemmes
Sculptant tes gestes futurs
Leurs splendeurs terrestres4

N’entends-tu pas cet augure
Que le temps mène au hasard4

Bébé des blés bleus
Né au creux du ruban blanc
De brume et de vent…5

La murène est dans le seau
Tu prends le râteau du temps5

Muse fuselée
Traverse une austère épave
Épure de fugue6

Flambeau fumant dans le vent
S’achève un labeur astral7

(1) Annie Hupé.
(2) Guy Deflaux ( @Wanatoctouillou )
Les deux premières strophes forment ensemble un tanka isocèle. La forme en apparaît mieux sous la présentation suivante :

annie-hupe-guy-deflaux_22-04-15

(3) Françoise Guichard.
(4) Gilles Esposito-Farèse. Les deux strophes offertes par Gef forment à elles deux un isotankwoosh, forme définie par ce dernier comme un tanka isocèle de 140 caractères.  On en verra mieux la forme dans l’image suivante:

https://i0.wp.com/cluster015.ovh.net/~talipo/wp-content/uploads/2014/04/Gef_25-04-15.jpg

(5) Nic Sirkis
(6) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)
(7) Nicolas Graner

30 avril 2014 : Le zodianku est achevé, après un an de publication quotidienne. Un grand merci à tous les amis, Oulipotes et Twittérateurs, qui l’ont enrichi de leurs contributions tout au long de ces trente-six textes !


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Publié le

mai

1 mercredi   – dès le réveil, plein de sentiments célestes
2 jeudi          – muguet si tu veux, que tu hurles ne peut te nuire
3 vendredi    – c’est vers midi que mes intestins devinrent grêles
4 samedi      – entre avec crainte dans l’envers sidéral
5 dimanche  – le septième jour il posa son violon et s’envola
6 lundi           – murs infinis d’un suburb gris
7 mardi         – matins hardis, ravins alpins, grands sapins
8 mercredi    – dériver lentement vers le rêve et s’éveiller en mer
9 jeudi           – le jus de purin ne tue ni vigne ni ciguë
10 vendredi   – vérifie bien : de l’infini, rien ne vient. rien.
11 samedi     – il siffla la fille, elle le vit, il était grisâtre
12 dimanche – grâce furtive d’un brin de romarin fleuri
13 lundi          – il fut surpris d’un si subit prurit
14 mardi        – matin : lac salin mirant l’air carmin
15 mercredi   – je t’interdis de m’enfermer en mes pensées
16 jeudi          – le plus pur sentiment m’effleure dès que j’entends les fleurs rire
17 vendredi    – le verbe, c’est l’ennemi : il perce les fenêtres
18 samedi      – hélas il avait déjà l’âge des plaies saignantes
19 dimanche  – dans les soirs alanguis tourne la chauve-souris
20 lundi          – il fut puni : ni sushis ni surimi
21 mardi        – l’air chagrin, l’Anglais s’attabla, cachant mal sa faim
22 mercredi   – le névé scintille, le pied pèse et s’imprime, le ciel m’encercle de nimbes givrés
23 jeudi          – de fureur il s’inflige des griffures sinueuses
24 vendredi    – s’il est de tristes femmes, me désespère cette fidèle éphémère éprise de l’être divin
25 samedi      – dix, valet, dame, tierce gagnante, tapis persan
26 dimanche  – l’aréole du sein, ce cadran des nuits solaires
27 lundi          – fuis si tu survis, fuis du puits qui mugit
28 mardi        – jardin français, jardin anglais, sans avis j’avançai
29 mercredi   – chenille s’échine et printemps chemine
30 jeudi          – si tu suis les signes qui luisent tu meurs
31 vendredi    – l’herbe fervente penche vers l’est et sécrète le bel encens

juin

1 samedi        – la salive me vient en reniflant ces pintades
2 dimanche    – le saule torsadé m’affole de sa fulgurante éruption
3 lundi             – fruit d’hibiscus cuit sur du riz : un summum
4 mardi           – partir agitant la main sans chagrin
5 mercredi      – le chien, le réverbère, et le silence
6 jeudi             – le vieux peuplier se redresse, ivre du tumulte des insectes butineurs
6 jeudi             – (deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil.
7 vendredi       – élèves en cercle, périmètre de pierre
8 samedi         – farine tamisée, lait, malaxe la pâte
9 dimanche     – à sa fenêtre une femme rit, son portable à l’oreille
10 lundi            – du fil d’un surin l’Inuit punit l’intrus in situ
11 mardi          – brandis l’appât : grandit la paix
12 mercredi     – père ni fille, mère ni fils, le destin ne prévient de rien
13 jeudi            – le sujet précède le verbe, depuis les nuits du temps, et rien ne les unit
14 vendredi      – il mendie, il grêle, l’intestin crie
15 samedi        – demain ta main câlinera l’échine
16 dimanche    – avouerez-vous jamais la honte d’un regard détourné ?
17 lundi             – du suc d’un fruit mûr il fit un jus qu’il but pur
18 mardi           – à l’instar d’Hannibal gravissant l’arc alpin, fais pâlir l’invasif latin
19 mercredi      – chez le généticien les bêtes engendrent cent chimères
20 jeudi             – je m’éprends d’un buffet de chêne cérusé, ému de ses sculptures désuètes
21 vendredi       – ses chélicères se refermèrent et le venin fit le reste
22 samedi         – atteinte d’Alzheimer elle est femme elle est belle
23 dimanche     – îles d’alors, étiez-vous inaccessibles ?
24 lundi              – mini-flux qu’induisit un fil nu sur l’indium du circuit
25 mardi            – caviar sans pain : il tartina sa main
26 mercredi       – vérifie le frein : s’il est desserré, défense de lever le cric
27 jeudi              – l’un veut, l’un refuse, l’un pleure
28 vendredi        – le peintre célèbre en vermeil l’est irréel des ciels d’été
29 samedi         – vahiné, lance ta danse, agitée de transes marines
30 dimanche     – à l’origine du regard était le feu

juillet

1 lundi              – brun mûrit un fruit, surgi du pistil d’un iris purpurin
2 mardi            – gaz sarin. Bachar, riant, signa : sabbat final
3 mercredi       – délimite le segment sensible, pénètre vivement et déclenche le cri
4 jeudi              – tumeur détectée, une peur est instillée
5 vendredi       – rire insensé des premières tendresses
6 samedi         –
églantine des vents rebelles
cadran des temps déphasés
calendrier des saints de braise
balisent l’ère des errances
7 dimanche     – robe qui flotte autour des jambes de velours
8 lundi              – un cumulus surgit du sud, mugit, luit, puis il plut
9 mardi            – malin, l’assassin signala l’alibi sans pâlir
10 mercredi    – serment d’ivresse liesse des vignes
11 jeudi            – il ripe sur une prise, perd l’équilibre, et dévisse
12 vendredi     – pitre sempiternel risée des esprits élevés
13 samedi       – paire de mitaines belles mains de laine
14 dimanche   – sur l’étang qui miroite un lotus flotte et je souris
15 lundi            – gus qui vit du minimum, gus surpris nutri d’un fruit chu d’un surplus, gus qu’un tribun punit
16 mardi          – il prit sa main, dansa sans fin dans l’air matinal
17 mercredi     – entre ses lèvres grises défibrille le rire
18 jeudi            – bûches humides feu qui fume je m’enrhume
19 vendredi      – impertinence belle impertinence dévie les destins rectilignes
20 samedi        – narines flattées par l’air salin des alizés
21 dimanche    – la conique se dérobe et suit sa route bifocale
22 lundi             – un pli divin sur un surplis pur lin
23 mardi           – paix à l’Islam s’avivant dans l’amical ramadan
24 mercredi      – le ferment de liberté lève si le sel est mêlé
25 jeudi             – chut ! plus de bruit, ses cils se ferment sur ces lueurs intérieures
26 vendredi      – l’incendie se déclenche et crépitent mes sentiments
27 samedi        – labiales, dentales, fricatives, palatales, vibrent sans fin dans l’air et dansent
28 dimanche    – sur l’icône son pinceau promène une caresse dorée
29 lundi             – cri d’un bikini rubis sur un cuir brun
30 mardi           – j’arrachai l’animal tapi dans ma chair
31 mercredi      – le silence est le siège des rêveries fertiles

août

1 jeudi              – jeune fille qui pleure et l’heure s’éternise
2 vendredi        – les dernières merceries ferment et le temps perd le fil
3 samedi          – en plantant le pépin j’imagine l’arbre
4 dimanche      – dans la farandole oublie paroles et projets
5 lundi              – primitif, instruit, instincts indivis : surgir, s’unir, fuir
6 mardi            – lapin nain, clapis dans l’abri câlin
7 mercredi       – l’épeire tend ses fils en cercles invisibles, l’insecte vire sec, le piège se referme
8 jeudi              – une erreur vint lui révéler l’entrée des chemins supérieurs
9 vendredi        – geste lent de ces femmes nimbées de crêpe de Chine
10 samedi        – dans la clarté rare de la cave, l’affinage mêle savamment le temps et le sel
11 dimanche    – de l’âme raisonnable le front sera cerné d’une auréole en fer
12 lundi            – d’un burin sûr, incisif, il inscrit un trip cursif sur un buis brut
13 mardi           – assis dans sa datcha l’amiral trahi paraissait maladif
14 mercredi     – le filet pèse empli d’espèces vénéneuses
15 jeudi            – le tilleul infuse et viennent les pensées secrètes
16 vendredi      – l’épervier glisse lentement, le silence règne
17 samedi        – il vieillira sans haine et la fin sera claire
18 dimanche    – du piano la note grave s’accorde à mon désarroi
19 lundi             – but qui luit, tribus qu’unit un script divin, dur circuit juif
20 mardi           – salam dit-il, avançant la main, la paix habita l’islam
21 mercredi      – ensemble espèrent les chrétiens, et cherchent le chemin
22 jeudi             – se dénuer triplement du désir élève le hindu vers une liberté pure
23 vendredi      – le zen respecte le silence, vient l’éveil, le vide s’imprègne
24 samedi        – dans l’ascèse le jaïn verra l’âme libérée
25 dimanche    – l’homme cherche une réponse à la question jamais posée
26 lundi             – turbin, rictus divin, crucifix nu
27 mardi           – l’ami vrai n’a jamais l’air avili par la main l’agrippant
28 mercredi      – il ensemence les terres desséchées, il extirpe les épines, il espère
29 jeudi             – immersive ferveur des sexes qui s’unissent
30 vendredi       – de frêles brins entremêlés il me fit cette ferme tresse
31 samedi        – canines arrachées, le carnassier se régala d’herbes sapides

septembre

1 dimanche      – au sommet de la montagne le soleil retentit d’un tintamarre de couleurs
2 lundi              – il prit un biscuit, but un vin cuit, minuit vint
3 mardi            – il s’assit, raidi par l’accablant handicap, mais il n’avait pas mal, disait-il
4 mercredi       – le chien se lèche, il s’étire, les petites filles rient
5 jeudi              – elle s’immerge nue et se berce des effleurements du fleuve
6 vendredi        – les petits chefs en veste grise sentent le dentifrice
7 samedi          – la cithare et la harpe égrènent cette villanelle cristalline
8 dimanche      – elle est folle la parole qui s’emballe un jour de retrouvailles
9 lundi              – un surfil mit un fini subtil sur l’uni du tissu
10 mardi           – il s’affairait à rafraîchir la sangria
11 mercredi      – les pierres des cimetières dessinent des grilles vierges
12 jeudi            – le destin n’est qu’un muet cruel qui rit et me tire les cheveux
13 vendredi      – le dentiste se penche et mes gencives serrent les dents
14 samedi        – dans sa cabine le capitaine avec le sextant vise Rigel
15 dimanche    – un brin de farigoule jeté dans l’aubergine ma cuisine donne envie de danser
16 lundi             – mistigri ! rugit-il, puis il prit un pli
17 mardi           – avanti, citadin, va sifflant : tapi dans l’arc crânial vit l’intact jardin
18 mercredi      – des persiennes fermées se déversent les ténèbres de ces tristes fenêtres
19 jeudi             – un lutin curieux glisse une pupille furtive sur le livre que je revêts d’une écriture nerveuse
20 vendredi       – sentinelle enivrée, rentre te dégriser, le fifre et le serpentin te relèvent
21 samedi         – l’accident de santé laissa des traces irrémédiables
22 dimanche     – d’un sourire moqueur fut accueilli mon gauche compliment
23 lundi             – clin d’un cil sur un iris gris
24 mardi           – l’habit allait à ravir: satin clair s’irisant d’isatis
25 mercredi      – les tennismen émerveillèrent Lenglen de ces revers pleins de finesse
26 jeudi             – une virgule s’insinue et cette missive sereine devient un dur texte guerrier
27 vendredi       – de cette belle femme enceinte le ventre est énigme et tendresse
28 samedi         – le gardien s’abrite de la bise sa cigarette brasille
29 dimanche     – d’un osier bien assoupli le vannier confectionne de robustes paniers à cueillettes
30 lundi             – fruit qui dit «pur» distinct d’«impur», fruit qui fit du futur un mur

octobre

1 mardi             – l’assistant signala l’imparfait signal : ah, ça va ! fit l’aspirant, fais fissa sans tralala
2 mercredi        – il descendit cette cheminée de mine et les ténèbres l’enfermèrent
3 jeudi               – ils endurèrent des pluies tumultueuses qui mugirent deux lunes entières
4 vendredi         – les venelles excentrées recèlent les enfermements d’êtres désespérés
5 samedi           – cavale interminable, balle dans la tête, le sanglier s’abat, le sang se fige
6 dimanche       – sous le casque à vélo flot de boucles dorées que la vitesse fait onduler
7 lundi                – bus dix-huit, flux d’individus fugitifs, but indistinct
8 mardi              – tram à l’apaisant ballant, rails t’aspirant à l’infini
9 mercredi         – le ticket de chemin de fer libère le destrier des rêves
10 jeudi              – sur le fil du téléférique sinue le vertigineux destin
11 vendredi        – bercement serein des péniches entre les rives serpentines
12 samedi         – le deltaplane vire, cherche l’ascendant, il siffle et décale sa glissade
13 dimanche     – par des rencontres imprévues sont déviés nos caps vers un archipel second
14 lundi              – il fut pris d’un virus; six nuits fut-il cru fini. vint un sursis : il vit !
15 mardi            – l’anglais n’a pas l’air si gai sans bandana
16 mercredi      – le chêne débité, bien empilé, le fermier prend le petit verre mérité
17 jeudi             – les ruines du bunker servirent de refuge et leur secret fut préservé
18 vendredi       – pressée de livrer le secret de cette divine terrine en gelée, Edmée rit, se penche et se renferme
19 samedi         – sa main tient ferme la laisse, le chien mène sans hésiter, le regard vide il traverse la ville
20 dimanche     – la chorale s’échauffe à grandes vocalises
21 lundi              – un rubis purpurin luit sur un tissu fin
22 mardi            – ni pain bis ni sarrazin mais il savait trahir sa faim par six brins d’ingrat plantain
23 mercredi       – neige crisse, pied s’imprime, givre pince, se décèle enfin cette petite remise désertée
24 jeudi              – tuteur et ficelle béquillent cette jeune tige de chèvrefeuille
25 vendredi        – il inverse les termes de ce dilemme et l’entretien redevient serein
26 samedi          – la veine cave est ravagée par tant d’années de tabagisme
27 dimanche      – dans les golfes turquoise de Lampedusa rôdent au gré des eaux les espérances englouties
28 lundi              – l’Institut lui fit tribut d’un prix qui l’imbut plus qu’un dictum divin
29 mardi            – apaisant raisin, grains d’airain, plaisir matinal
30 mercredi       – des pénitents en vêtements beiges serpentent lentement dents serrées en signe de regret
31 jeudi              – du jujube le suc acidulé m’excite les gencives

novembre

1 vendredi         – de cette reine exilée se délivrent les chimères
2 samedi           – les ballerines bien lacées gainaient le pied de l’enfant exaltée par la danse
3 dimanche       – une foule innombrable a traversé le pont et les barrières se sont disloquées
4 lundi               – du cubit un jus brun : il but un rhum pur
5 mardi             – j’admirai l’artisan tant il avait mis d’art dans l’arc parfait parant la villa
6 mercredi        – l’invertébré s’étire et serpente entre les pierres persillées de lichens
7 jeudi               – funeste erreur : le jeu s’inverse, ils perdent, le rire se fige sur leurs lèvres
8 vendredi        – l’Eternel est le berger, rien ne m’est enlevé
9 samedi          – le rejet de la race, maladie de la France
10 dimanche    – son discours amoureux tel une aile m’effleure
11 lundi             – du mutin qui fut mis sur un grill, fut-il pris un butin ?
12 mardi           – santal citrin, ta paix s’instillait dans l’air fragrant
13 mercredi     – le désir des filles rebelles emplit l’été d’impertinence
14 jeudi            – le chien truffier renifle queue levée puis désigne le chêne qui détient les perles ténébreuses
15 vendredi      – de s’être défié des périls vénériens il est resté privé des délires intimes
16 samedi        – fanfare, mascarade, farces et attrapes : le mariage fit grand tapage
17 dimanche    – opium volutes paresseuses lueurs nocturnes où fourmille notre absence
18 lundi             – un bizuth dut subir dix trucs punitifs
19 mardi           – la main flattant jars, cils, fit pâlir l’animal
20 mercredi      – l’éther étend ses relents éphémères et je me sens dériver
21 jeudi             – les Bleus, d’un pied plein d’énergie, récupèrent leur billet vers le Brésil
22 vendredi      – elle ne s’entend ni ne se sent, elle chemine, s’inflige et sidère, l’électricité
23 samedi        – la dame tire la draperie et disparaît dans la retraite de ses larmes
24 dimanche    – l’ombre de l’ossuaire m’endort en sa fraîcheur immobile
25 lundi             – un lutin gris fit un grigri d’un brin de gui
26 mardi           – l’infant vivait ici jadis s’initiant à l’art martial
27 mercredi     – il s’imprègne de vétiver et se brise l’indifférence
28 jeudi            – les vergers perdent leurs feuilles et de brume s’ensevelissent
29 vendredi      – de cette percerette bien vrillée, je fixe le cheminement des vis en cette pièce de merisier
30 samedi        – il se rassasie des baies acides grappillées pendant la balade

décembre

1 dimanche     – il peignait au couteau des paysages courbes
2 lundi              – il crut viril un rictus qui fit fuir dix inscrits
3 mardi            – la fantasia va dans Bahia balançant la samba sans fin
4 mercredi       – le serre-tête en fil tressé retient ses mèches rebelles
5 jeudi              – file l’écume des brebis l’hiver vient cliquette l’esguille
6 vendredi        – en été le silène déplie timidement ses petites miettes d’incendie
7 samedi          – la valise a gardé le charme des trains express crachant le panache éclatant de l’errance
8 dimanche      – le papillon butine, rouge et noir sur la lavande ensommeillée
9 lundi              – d’un vil biffin hutu qui dit punir un tri incivil, qui survit ? nul tutsi
10 mardi          – il bâtit la Sagrada Familia, mais n’arriva pas à la fin : fatal tram
11 mercredi     – retirée de l’existence elle médite ses lèvres rient les ténèbres se fendent
12 jeudi            – bienheureux duvet préserve mes nuits des hurlements du vent frileux
13 vendredi      – cécité : le pied hésite, le chien précède fidèlement, devine le chemin, évite les dévers difficiles
14 samedi        – le pantin de papier mâché traîne sa mine de farine
15 dimanche    – sa gueule s’ouvre sur une machoire constellée de poignards d’ivoire
15 dimanche    – son poignard à manche d’ivoire est ouvré d’une Goule ciselée
16 lundi             – sûr du but il s’inscrivit muni d’un curriculum riquiqui
17 mardi           – Lin blanc, frais jardin virginal, l’amant imaginait l’instant sacral
18 mercredi      – l’écrin de cette reine enserre dix ferrets sertis de pierres fines
19 jeudi             – une cuillère de miel entre tes lèvres de sucre
20 vendredi       – l’enterrement chemine entre les stèles de silence vers cette pierre descellée
+ livraison spéciale :
20 vendredi       – je remercie vivement Christine de ce reflet plein de finesse
21 samedi         – gabier de misaine prends le ris chante tes peines
22 dimanche     – comme la poule est fière de l’œuf qu’elle réchauffe sous ses plumes
23 lundi             – il lui fit un flirt intrusif qui finit sur un lit
24 mardi           – Marx a mis sa chair dans l’abrasif Capital
25 mercredi      – les petites pièces tintent l’engin crépite et verse le thé
26 jeudi             – victime d’une rumeur venimeuse il s’en fut sur une île perdue
27 vendredi       – les petits tremblent de fièvre les mères veillent les infirmières ferment les fenêtres
28 samedi         – le tablier de ma grand-mère garde la trace des années
29 dimanche     – du moulin tournent les ailes sous la meule gonflent les sacs
30 lundi              – si tu t’instruis du jiu jitsu plus nuit l’instinct brut plus tu ris
31 mardi            – dans sa Panhard châssis avachi il avança cahin-caha

janvier

1 mercredi  –
en ce temps premier plein de liesse
je l’espère verrez venir
liberté rires et tendresse
éveil des rêves et désirs
2 jeudi              – nimbée de lumière elle se tient nue le sculpteur pétrit l’esquisse de terre humide et le silence les unit
3 vendredi        – tirez les fèves fêtez les reines versez le vin
4 samedi          – ils se passent l’alliance en gage de ce serment à jamais échangé
5 dimanche      – l’aiguille court l’ourlet parachève l’habit
6 lundi               – du rhus qui luit d’un si vif rubis un vil purin finit un cuir fin
7 mardi             – il va glissant patins crissant dans l’air glaçant
8 mercredi        – l’être divin dicte dix préceptes de pierre le pèlerin redescend plein de fièvre
9 jeudi               – luisent les muscles des lutteurs et l’huile qui les enduit
10 vendredi       – l’ensemble des réels se représente en cette belle ligne infinie
11 samedi         – le cachet d’aspirine fait baisser la fièvre mais la détresse reste irrémédiable
12 dimanche     – son oreille se dresse il agite l’oriflamme de sa queue le maître est de retour
13 lundi              – surgi du tumulus il fit fuir dix tribus Hun
14 mardi            – matin clivant chagrin lancinant trains passant par instants
15 mercredi       – des jets terribles sifflent des évents des baleines le skipper se sent petit
16 jeudi              – se ruer vers le sud ne dissipe ni les nuées ni les regrets
17 vendredi        – le filin me retient entre les ridelles respirer me devient difficile
18 samedi          – ah la malle chargée de cahiers pleins de taches d’encre et d’écrits enfantins
19 dimanche      – le chœur lance un long crescendo la voûte m’enveloppe de résonances irréelles
20 lundi               – l’instit lui fit subir un flux discursif plus vacuitif qu’instructif
21 mardi             – ici finit la saga narrant Qamar az-Zamân dit Shahrzad disparaissant
22 mercredi        – il se penche il tend les fils de lisse le métier grince regimbe et tisse des merveilles
23 jeudi               – ruines d’un empire déchu pierres que le lierre enlumine reflets lugubres des fêtes perdues
24 vendredi         – les fils déshérités le greffier triste les mièvres ressentiments
25 samedi           – verse le vinaigre et brasse la salade entrebâille ta lèvre à cette fraîche acidité
26 dimanche       – une colombe à mon balcon roucoule la vie s’écoule toute douce
27 lundi               – tu t’unis tu ris tu mûris ubuntu tu vis
28 mardi             – scintillant dans l’air accablant la marina paraissait par instants s’agrandir à l’infini
29 mercredi        – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles
(Merci à Philippe Simon qui m’a suggéré une amélioration de ce texte en monovocalisme)
30 jeudi              – sur les digues muettes circulent des pèlerines grises que les embruns rendent indistinctes
31 vendredi        – elle verse les cendres et se penche figée le semis gris se mêle d’effervescences et dérive emmené vers des mers tièdes

février

1 samedi            – la capeline enchâssait dans le taffetas blanc le frais visage de la servante
2 dimanche        – gronde canon vole boule de feu l’aurore saigne l’enfant est froid
3 lundi                 – vint un plumitif qui, s’il fit du bruit, n’inscrivit qu’infinis chichis
4 mardi               – à sa main zigzags carmin sang trahissant l’assassin
5 mercredi          – de délices interdites se tissent des fidélités indélébiles
6 jeudi                 – celui qui titube celle qui le suit cette pluie qui pleure
7 vendredi           – de ces ténèbres il t’entend rire il rêve de te retenir il sent le vent te prendre et s’éteint
8 samedi             – j’ai traversé le ciel et j’ai tracé ma ligne dans la sphère armillaire
9 dimanche         – dans un coin du porte-monnaie je conserve pour moi seul des photos jaunies par la tristesse des souvenirs
10 lundi                – « Pluribus unum » dit un tribun. Un cri surgit : « Un fusil ! Un fusil ! »
11 mardi               – Faim fait faillir l’ami banal, main d’airain aplatit l’ami craintif.
12 mercredi          – Le cerf est dépecé, les lévriers reniflent les déchets. Venez, le festin est prêt !
13 jeudi                – lune qui glisses entre les nues tu mesures les heures cruelles
14 vendredi          – les pénitents gris inclinent vers l’est des têtes semées de cendre et le délire les prend
15 samedi           – Il tira sa rapière et s’élança, ivre de haine, vers ses enfants.
16 dimanche       – du profond des cavernes rousses monte une plainte amère et douce dont l’écho pleure sur les mousses
17 lundi                – un must : un ti’punch bu sur un plum pudding !
18 mardi              – Jadis parfait à ski : patatras ! Fart a trahi, paraît-il…
19 mercredi         – elle entre fière et sereine derrière elle se ferment les grilles elle n’emmène regret ni désir
20 jeudi                – nu humilié le supplice vrille ses pensées il n’est que muscles viscères et vertige
21 vendredi          – être sensible n’interdit ni l’énergie ni le rire
22 samedi            – de la carrière de marbre la plaie laisse perler le sang blanchâtre des Apennins éventrés
23 dimanche        – le fromager serre le linge on voit goutter le petit lait sous la voûte moite reposent des formes lourdes alignées
24 lundi                 – un muid d’un vin du cru mit fin cuits dix biffins
25 mardi               – jamais inactif s’affairant à l’ingrat travail il avait à la main d’irritants cals
26 mercredi          – c’est le dégel les perce-neiges sertissent les prés de petite perles irréelles
27 jeudi                 – sur les ruines de Kiev enfumée des meutes hurlèrent des jeunes chutèrent une sève est revenue
28 vendredi           – L’hiver est terminé. Rire de filles et temps léger.

mars

1 samedi               – ah paresse amie fidèle jamais elle ne me délaisse
2 dimanche           – roulé dans un brocart posé sur un fagot le corps devient vapeur volutes d’un amour
3 lundi                    – d’un fil tu pris un pipit : un cri furtif puis il chut. fini.
4 mardi                  – paria. sang infamant. à bannir à jamais. il parapha.
5 mercredi             – elle revit pêle-mêle temps de liesses et temps de détresses enfin elle se sentit prête
6 jeudi                    – sur tes lèvres humides le timbre est humecté de ce pli qui renferme des feuillets pleins de feu
7 vendredi              – les règlements interdisent de rire et de s’étreindre
8 samedi                – la paix faite à l’apéritif tient le temps de se mettre à table
9 dimanche            – la bulle s’arrondit se détache mon image inversée tourne avec lenteur puis d’une giclée savonneuse meurt
10 lundi                   – muni d’un trusquin il inscrivit un fil qu’il suivit du burin
11 mardi                  – il gavait à la main six canards blancs
12 mercredi            – Dentelière, dès l’éveil, tire le petit siège et le métier, vérifie le dernier fil, reprends tes petits gestes vifs et le silence.
13 jeudi                   – Un petit tumulus de sciure : c’est sûr, des vers creusent d’un vestibule le buffet Henri II. Vite ! pulvérisez ce liquide, et tuez.
14 vendredi            – il se fend de ce genre de repentir sincère et le Père s’irrite de l’entendre rire
15 samedi              – le train s’arrête en rase campagne le passager regarde et s’avise de la présence de villages riants
16 dimanche          – quelque part un piano joue du Chopin la couturière s’interrompt elle se souvient des insouciances d’enfant à Varsovie
17 lundi                   – Du lutrin, il lut un dit. Un dit cru : plus d’un fut surpris.
18 mardi                 – raidir sa main fait haïr à jamais s’avilir n’a jamais bâti la paix
19 mercredi            – pénétré d’idées extrêmes, il rejette les différences
20 jeudi                   – une libellule mire sur le fleuve ce pendentif de dentelle bleue
21 vendredi            – le pilier est de l’église penche des pierres se délitent le prêtre cesse de prêcher
22 samedi              – avançant dans le sable enlacée par le vent la chamelle blatère et va la caravane
23 dimanche          – sa parole est tarie son regard flotte vide son fauteuil est gris
24 lundi                   – buccins, luths, dizis : un tutti qui fit du bruit !
25 mardi                 – train disparaissant à grands ahans dans la taïga l’amant blafard agitant la main
26 mercredi            – derrière ces belles sentences il entend des pensées infectes
27 jeudi                   – les deux lés de tissu bien surfilés régler le juste pied de biche mettre cette fermeture zippée sur l’envers
28 vendredi             – pied léger bergère chemine herbe frémit le chien mène les brebis
29 samedi               –
l’athlète a franchi la limite
sa face baignée des larmes du calvaire s’éclaire
le ciel danse dans sa tête
30 dimanche           – il pose la nuque sur un lit de mousse fraîche écoutant dans l’ombre les frôlements de la forêt
31 lundi                    – Punir qui nuit, unir dix tribus, issir plus qu’un duc… puis finir nu ? Il rit.

avril

1 mardi                     – maman allaitant main câlinant matin chantant
2 mercredi                – entre les récifs émergés retentit le cheminement des mers en éternel délire
3 jeudi                       – il est seul le merle endeuillé qui pleure entre les feuilles du tilleul
4 vendredi                 – le criminel se repentit le préfet le fit pendre le gibet giflé de vent émit le sifflement des drisses de l’enfer
5 samedi                   – les lacs pleins d’alevins dans les replis alpins s’animent en été de larmes argentées
6 dimanche               – d’un pinceau léger l’artiste ajoute une ombre et l’ébauche prend vie
7 lundi                        – Minuit. Du night-club vint un bruit indistinct. Surgit un british qu’un gus mis d’un kilt fit fuir.
8 mardi                      – gamin s’inclinant, niña glissant sa main, jardin fragrant d’aimant jasmin
9 mercredi                 – Stridence de l’épervier, tremblement de ses victimes. Le bec se fiche, cherche, brise.
10 jeudi                      – le ciel s’énerve du cri bleu des sternes
11 vendredi                – serein entre les infirmiers il se berce de cette civière emmenée en silence il se sent prêt
12 samedi                  – dans la paix de la palmeraie se tient l’assemblée des sages va la palabre et le temps laisse germer la phrase vraie
13 dimanche              – pourquoi es-tu resté loin de moi si longtemps ? il a répondu : c’est le vent
14 lundi                       – tutu gris, Miss Childs fit un bis sur un vif pizz du luth
15 mardi                     – aria, final, art saisissant. Franck imprimant sa paix, la main paraît agrandir l’arc astral
16 mercredi                – de lignes interférentes le peintre segmente ses perspectives et révèle des réels inversés
17 jeudi                       – du cube de pierre net d’impureté le sculpteur enlève d’infimes lunules et surgit une ligne de rupture qui suspend l’univers
18 vendredi                 – ceint de vêtements sélénites le mime épingle l’éphémère et le rire devient rêve
19 samedi                   – la mise en scène est achevée. dans des salles célestes se massent les fans avides des magies de l’image
20 dimanche               – le poète est pendu. de son corps torturé la parole est éteinte mais la poésie flambe
#HashemShaabani
21 lundi                        – T-shirts, fut’s, pulls, slips, plus un multi-kit : il prit un minimum. Nul surplus qui lui nuisît.
22 mardi                       – habitant parmi lavandins, anis, ricins, il invitait d’admiratifs amis saisis par l’anarchisant mistral
23 mercredi                  – bébé cherche le sein mère sent les petites gencives trêve tiède fête sereine
24 jeudi                         – viens cueillir sur l’épine du mur le fruit juteux qui sucre tes murmures
25 vendredi                   – hier est petit devenir est immense
26 samedi                    – les amitiés d’avril sentent le frais narcisse
27 dimanche                – tout l’amour de la couturière dans la robe où tu devins flamme
28 lundi                         – ci gît un individu si fin qu’il fut lu du sud jusqu’ici, si mutin qu’il fut puni du fusil, si pur qu’il vit l’infini
29 mardi                       – instant calin mains s’alliant chair s’attardant matin passant
30 mercredi                  – dernier vers de l’éphéméride tristesse des rêves enterrés fête des semences levées

Cette page est une compilation des tweets lipogrammatiques envoyés quotidiennement du 1er mai 2013 au 30 avril 2014. Les voyelles de chaque texte doivent coïncider avec celles du jour courant. Pour le dimanche, repos dominical : simple pentavocalisme en a,e,i,o,u.
Dans son poème «Semaine amnésie», Gilles Esposito-Farèse a fait encore mieux: seules lettres autorisées = celles du jour !

Catégories
Twittérature

Variantes du positiméride

Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitent sont invités à me proposer, en plus du poème du jour,  leurs variantes, accueillies avec joie.  On les trouvera ci-dessous, regroupées par auteurs, dans l’ordre d’apparition de ceux-ci sur le Positiméride :

Floriane Austruy

24 juin – 8 Charlemagne – Charles Martel

Cette heure a replié son manteau retors hélas…
Cachée par roulées de sorts, mais a retourné l’art !

25 juin – 9 Charlemagne – Tancrède

Ton âme en croix sur le désert
Tu apprends ces rouges d’éther

26 juin – 10 Charlemagne – Saladin

Souffle à l’art, à demi son
si ample, sa dulcinée…

27 juin – 11 Charlemagne – Marina

Mon art relie nos âmes

1er juillet – 15 Charlemagne – Léon IV

L’été ouvre un livre
Longue et honnête ivresse

2 juillet – 16 Charlemagne – Pierre Damien

Appui de terre erreur de l’âme ingénue
Pour bien rêver le donne à mon inné nerf

5 avril – 11 Archimède – Héron

Chers, enrôlons nos
Chéries… Sûr qu'on n'a
D'havre, vrais souillons.

23 avril – 1er César – Miltiade

Ma nuit lasse 
est Iliade, est
Mariée lente 
         qui a du feu

29 avril – 7 César – Thémistocle

Triche ! et mens !
Isole et occis
le Vers…

Dominique Hasselmann

30 mai – 11 Saint-Paul – Martien

L’air suspendu
Le vol élargi
L’oiseau s’immisce
La plume grince
Le pâté d’alouette attend

(sans connaître la règle)

Annie Hupé

21 mai – 2 Saint-Paul – Cyprien

RER A

Cergy-Paris… Blaise n’y
croyait pas ! Forte idée neuve
choyée puis proscrite – Bien !
Cours-y, pitre, loin de nous
cours-y, parolier d’enfance.
Crayon, papier, lignes… Lien.

Bernard Maréchal

2 mai – 11 César – Ptolémée Lagus

Partout on la remmène,
Hélas, la galeuse !

3 mai – 12 César – Philopoemen

Pécheurs voilés,
on part,
pour demeurer sains.

4 mai – 13 César – Polybe

Pangolins hybrides ?
Pas bon le symbole !

et

Pâlots, les boys ? Bordel !
Patrouillez-y ! Buvez !
Pour trois zlotys, baisez !
Pas vous, les psys benêts !
Papouilliez yeux baissés ?
Pantouflards, beys baveux,
Patrons, lobbys, banquiers
Picoleurs s’y berçaient ?
Profond, le Styx, bon dieu !
Hop ! On les y balaie.

5 mai – 14 César – Alexandre

À Claude, beaux agendas fervents :
dans l’âge doux, sans prendre trop cher,
dans le relax, attends donc rêveur.
Alors mes vœux t’auront déridé !

( pour l’anniversaire d’un Claude )

6 mai – 15 César – Junius Brutus

Je veux un discours sobre sur un ton puissant.

9 mai – 18 César – Annibal

Sans ennemis, bétail lent.

10 mai – 19 César – Paul-Emile

Partageux ? Les premiers bâillonnés !

13 mai – 22 César – Mécène

Magie ! Car ce printemps,
Mai décoiffe nos chefs :
Mèches courtes, longues,
Mille cheveux gonflent.
Mille coiffeurs chantent,
Mais les chauves bronzent !

15 mai – 24 César – Nerva

Nous, les revenants,
Bons êtres vivants,
On peut rêver aux
Nappes pour vin blanc
Sans crever vegan :
Viande, grives, champ’.
Vingt degrés, voilà
Un deal ravissant.
Dans ce rêve-là,
Bon retour : vingt ans !

18 mai – 27 César – Aétius

Cache ton virus puis
Arrête-toi ! Tousse !

19 mai – 28 César – Trajan

positiméride-bernard-marechal-19-05-20

et

Stupre ? Ganja ? Crack ? Schnouf ?
Tendres trajets planants…

20 mai – 1er Saint-Paul – Jacques

Je sais ce que veut Vénus :
Je vais croquer tous ses seins !
Jamais coquin ou pervers,
Je fais ce que veut Éros…

21 mai – 2 Saint-Paul – Cyprien

Cent yens pour trois livres, non !

22 mai – 3 Saint-Paul – Athanase

Dans tout humain vient la stupeur
Quand tout choit dans un grand sommeil.
Rattachons la nuit au soleil !

23 mai – 4 Saint-Paul – Jérôme

Jeu des rois, tous menteurs,
Jeunes très prometteurs :
Jureront, promis, leur
Job sera programmé.
« Je peindrai vos mirages,
juste pour vous mater ;
Je serai vos Marcheurs,
Je serai vos Messies ! »

24 mai – 5 Saint-Paul – Ambroise

Jamais boirez bon vin dans eau.

27 mai – 8 Saint-Paul – Constantin

Tchador noir, c’est trop chaud, mon taliban !
Chipons donc des tergals cintrés Vuitton !

et

Tchador noir, c’est trop chaud, mon taliban !
Courons en slip, et allons tapiner !

28 mai – 9 Saint-Paul – Théodose

Tu hais le noir dont on se vêt,
Et chasses tous démons secrets.
Tachant le soir désormais bleu,
Tes hardes sont de rouges feux.

30 mai – 11 Saint-Paul – Martien

Matador, très fier chrétien,
Matait, craintif, incertain,
Maint taureau trop bienvenu.
Maint taureau, taquin et nu,
Mâchant, routinier, le foin,
Mourrait pourtant dignement.

31 mai – 12 Saint-Paul – Geneviève de Paris

Graver dans le vif,
Saigner,
Vivre de ses plaies,
Avoir vingt ans

1er juin – 13 Saint-Paul – Grégoire le Grand

Gourous et grigous : ils renient le ciel, gras croyants sans dieu !

2 juin – 14 Saint-Paul – Hildebrand

Hormis la dinde, bannir la viande.

3 juin – 15 Saint-Paul – Antoine

À notre tour crions-le :
Quand nous tombons, rions-en.
Avant tout, on doit chanter !

4 juin – 16 Saint-Paul – Austin

As-tu senti qu’il vient ?
Là-haut, sur ton divan,
L’Ankou se tient, riant.
Sans ruser, tu fuis, loin,
L’amour est ta raison.
Mais tu sens ton guignon.
Au bout des temps, il vainc,
À coup sûr, c’est flippant…

6 juin – 18 Saint-Paul – Anselme

À nous seuls est le monde.

7 juin – 19 Saint-Paul – Béatrice

Brave sans tambour ni casque,
Blessé au front, revient chanter,
Bêcher sa terre, puis crever.

et

Belle à tomber, si chatte,
Baise partout, revient comblée.

11 juin – 23 Saint-Paul – Frédéric Borromée

Frère le diable rit :
Voici bientôt prostré
L’homme heureux.

et

Faire le double crédit, c’est bon pour rentiers, fourmis bernées.

12 juin – 24 Saint-Paul – Catherine de Sienne

Couteau tranchant net :
Trois cris noyés dans le sang
Signent un non-lieu.

et

Coq avait chanté ?
Rôti nous le déjeunons :
Il est bien niqué !

13 juin – 25 Saint-Paul – L’abbé de l’Épée

Seul, là-bas, bleuté, doux, perle le pré secret,
Le grand bourbier perdu, mes glèbes préférées,
Le sable blanc cendré, le ciel épais, le vent…

14 juin – 26 Saint-Paul – Claude Fleury

Chaleur au bout du pré, fleurs blanches du grand lys,
Cruel azur du ciel, fournil de durs rayons,
Colère à fleur de peau, faillite du pur yin,
Choir là-bas, sûr de rien, faible, le cœur broyé.

16 juin – 28 Saint-Paul – Bossuet

Brisons nos liens pour l’été.

17 juin – 1er Charlemagne – Théodoric le Grand

Tu cherches Godot ? Son ridicule sergent rital viendra
Tacher tes godillots rougis, cailler tes sangs brûlants, nigaud !

18 juin – 2 Charlemagne – Pélage

Porter loin la grâce,
Puis héler la gueuse,
Prôner la sagesse
Pour dealer la gueuze.

22 juin – 6 Charlemagne – Jean Sobieski

J’attends, patient, les lois bénignes des kremlins :
Je serai donc très bon bourgeois, c’est si kantien !

23 juin – 7 Charlemagne – Alfred

J’allais frimer, jeudi,
Gauler fric, or, et diams,
Alors faut rien merder.
Mais les flics, mercredi,
Salauds, firent les docks !
Fatal foutoir, ce deal.

24 juin – 8 Charlemagne – Charles Martel

Cherchons la règle de trois, mon amour : toi, et lui ?
C’est charmant, triple le schéma. L’amour te déplaît ?

25 juin – 9 Charlemagne – Tancrède

Titan bancal bardé de fer,
Attaquant courageux du feu,
Tu vas rançonner le dieu grec.
Tes mains vont châtrer ce damné
Trop fat, rancunier et dément.
Tombant noirci, rageur, dupé,
Tu as encouru le danger
Et ta fin criarde, déchue.

26 juin – 10 Charlemagne – Saladin

Pis aller mal défini,
Scandale blanc dédaigneux,
Spectacle sans désir, donc,
Ces sangles au dos fripon ?
Seins faiblissants : deux raisons !
C’est banal mais déprimant.

30 juin – 14 Charlemagne – GODEFROI

Garrot dur et froid : Franco rit.

et

Gros soudard enflé, refroidi,
Godot dort, pensif, rabougri.
Glouton, digne fêtard bouffi,
Gnafron dit refléter l’oubli.
Gai, bon dieu en fera loisir.

3 juillet – 17 Charlemagne – Pierre l’Ermite

Parmi les rochers,
Le loup ne remue,
Craintif,
Seul.

8 juillet – 22 Charlemagne – Clotilde

Ce val sourit, haillons d’argent,
Creux lisse où tournoie l’onde bleue
Coulant pour trois glaïeuls dorés,
Cercle grouillant d’œillets diaprés,
Ciel blanc. Pourtant il pleut du fer
Cruel. Soldat si las, dors bien !

9 juillet – 23 Charlemagne – Mathilde de Toscane

Menaçant, hautain,
Le dieu redouté, Typhon,
Respecta Noé.

12 juillet – 26 Charlemagne – Blanche de Castille

Brouillard blanc, blanc, blanc,
Hardes dans le ciel lassé,
Terni, bleu, bleu, bleu.

14 juillet – 28 Charlemagne – Louis

Louis, roi qu’on dit seize ?
Le choix Louis dix-sept ?
Collot leur dit : « Stop ! »
L’égorgeur dit : « Sang ! »

23 juillet – 9 Dante – Paul Véronèse

Pascal, pour léviter, raisonnait et songeait.

27 juillet – 13 Dante – Rubens

Rôdeur blasé, bon fils,
Cerveau baigné d’encens,
Gracieux brick en transit,
Ribaud, buveur, un saint.
Drapeau baissé, en sang,
Rebut boiteux, pensif,
Repu, blessé, nu, seul,
Rimbaud berce son spleen.

Arthur, brûle nous tous !

8 août – 25 Dante – François de Sales

Frère mal fiancé,
Cousines déçues
Soignant leurs regrets,
Flairant la noirceur,
Bouffaient les dragées,
Puis bâillaient, blessées.

10 octobre – 4 Descartes – Le cardinal de Cusa

Le vieux craint l’affreux destin dans la laideur, et court au sauna.

11 octobre – 5 Descartes – Érasme

Écrivain sans magie 
Exprimant sa myopie, 
L’enfer assermenté 
Le broya sans moufter.

19 octobre – 13 Descartes – Georges Leroy

Gelée, orages et soleil, je ris, choyé.

20 octobre – 14 Descartes – Le chancelier Bacon

Le feu cachera nos cendres,
Il brillera,
Brûlant cet or noir.

22 octobre – 16 Descartes – Maupertuis

Mon atout prend : deux cœurs et deux plis secs !
Maraud, tu perds : je prends tes vieux biftons ! 

23 octobre – 17 Descartes – Herder

Chez le roi du nectar 
Chantaient trois doux fêtards.

24 octobre – 18 Descartes – Winckelmann

Swing d’instinct, c’est KO ! Et là, mec, attention !

25 octobre – 19 Descartes – D’Aguesseau

Dans l’eau, gracieux, les poissons se saluent,
Du danger du ressac ils ne s’avouent.

26 octobre – 20 Descartes – Oken

Koulak gueulant « Vodka, très sain !
Trois kopeks net, pour Kiev, c’est bon. » 
Polka de sang, moujik bêlant
« Liokha, retiens ton knout pesant ! »

et

Moka très noir,
Loukoum pesant. 

et

Rockers déments,
Woodstock revient !

et encore

Vodka ? Crémant ? 

27 octobre – 21 Descartes – Leibnitz

« Calme-toi, babouin ! » – « Paix, Tarzan ! » 
« Lutte tribale, hein, Chita ? » – « Zut ! »

28 octobre – 22 Descartes – Gibbon

Gravir bimbo ? Coquin ! 
Guérir Bambi ? Couillon…

1er novembre – 26 Descartes – Bonald

Bidochon maladif,
Besognant, paillardant :
Bien jouir, on a le droit ?
Beau moment sans lourdeur… 

3 novembre – 28 Descartes – Hume

Eh, Trump ! Monsieur
Chéquier musclé,
Cheveux ambrés !
Honteux menteur,
Phraseur malgré
L’honneur mort-né,

Eh, you ! Mister
Harmful manners,
Hold-up maker,
Shut your mouth, yes !

5 novembre – 2 Frédéric – Côme de Médicis l’ancien

« Cet homme ment » dit le menteur défait.
Coquins simplets s’annonceraient crétins.

( justifié )

7 novembre – 4 Frédéric – Isabelle de Castille

Il savait bien que le ciel est désert,
Connaissait tout, lui, le lettré…

10 novembre – 7 Frédéric – Louis XI

Le fou qui voit tes yeux noirs,
Il croit mourir : c’est exquis.

( Justifié )

11 novembre – 8 Frédéric – L’Hôpital

Le héros puni tomba là.
Les champions partiraient sans lui.

12 novembre – 9 Frédéric – Barneveldt

Bellâtre snob et vieux beau plein d’argent,
Bagarreur enfiévré, zélé dévot,
Barbare nu rêvant de plus de morts,
Brigand grognon et voleur las de tout,
Bavards fringants, révérez le destin !
Bouddha répond, et vante le désert.

13 novembre – 10 Frédéric – Gustave Adolphe

Grincheuses et bavardes,
Adorons les pochardes.

14 novembre – 11 Frédéric – De Witt

Dormez, squaws, nuitamment.

et

Chaud, le wookie touillait
Dans le wok six turbots,
Lard de wapiti frit
Dans deux whiskies toastés.

15 novembre – 12 Frédéric – Ruyter

Frayeur d’Yseult ce soir,
Peur du mystérieux sort
Car au Styx vient le Roy
Sur un yacht peint en noir.
« Cher doux Roy, c’est le port !
Reine aux yeux tristes, pleure !
Meurs, beau lys trop fleuri ! »
Crient deux pythies en chœur.

16 novembre – 13 Frédéric – Guillaume III

Gracieux,
voilé,
ciel aux lumières invisibles.

18 novembre – 15 Frédéric – Ximénès

Doux, bien masqués, pondérés,
Aux dieux menteurs nous dédions
Dix grimaces convenues,
Yeux grimés, et pantelants.

19 novembre – 16 Frédéric – Oxenstiern

Boxeur, bénis soient tes trois derniers rounds !

et

For Fox news, no doubts : Trump wins the Vermont !

20 novembre – 17 Frédéric – Walpole

Walhalla : portons le deuil.

21 novembre – 18 Frédéric – Louis XIV

L’Éros rougissait deux poivrots.
Cléo boudait ces gueux triviaux,
Le corps bouffi des vieux grivois.
Leurs obnubilés yeux suivaient
La môme au sein si doux, divin.
Le froid punit les deux givrés.

et

Quel bonheur si tes yeux livraient
L’émoi soumis des sphinx vivants !

22 novembre – 19 Frédéric – Pombal

Pieds morts, mes bras ballants,
Puits promis ? Blablabla !
Pétrole imbuvable…
Pardon, mon beau sable.

23 novembre – 20 Frédéric – Campomanes

Caviar, scampi, donc champagne très frais,
Calmars, champignons, nems, chapon bressan,
Cantal, marc, porto, macarons, dessert !
Caramel pour tous, moka : on est prêts !
Crack, khat, morphine : on mourra dans l’excès.

24 novembre – 21 Frédéric – Richelieu

Rôtir cochons est plaisir de loup.
Gros fricot chaud est le bienvenu.

( justifié )

25 novembre – 22 Frédéric – Lambert

Lâchant meubles et cristaux,
Laissant meublés et gravats,
Luttant morbides, troublants,
Les amants brûleront tout.

26 novembre – 23 Frédéric – Hampden

Cherche amours prudes et nus.

27 novembre – 24 Frédéric – Kosciusko

Geeks top secrets, Bismuth, Sarko ?
Non !

28 novembre – 25 Frédéric – Madison

Mort à dieu ! disait Cioran,
Mi badin, mi sorbonnard.

et

28 novembre – 25 Frédéric – Madison

Mort à dieu ! disait Cioran,
Mi badin, mi sorbonnard.

et

Maladif, puis somnolent,
Minaudant mais si dolent,
Mort à demi dans son bain,
Mon Adonis sort tout sain.

29 novembre – 26 Frédéric – Toussaint Louverture

Tous nos jours
Sont des matins sans nuit.
L’amour trouvé se perd,
Joint aux regrets.

30 novembre – 27 Frédéric – Francia

Finir l’année clopinant,
Fléchir sans flancher, vivant,
Fêter l’an neuf, capricant.

1er décembre 2020 – 28 Frédéric – Cromwell

Clameurs, on meurt.
Waterloo blues…
Charnier promis, clowns et linceuls.

2 décembre 2020 – 1er Bichat – Tycho Brahé

Tes cycles d’humour, bavard sans haines,
Tu y cherches quoi ? Bonheur sans chaînes.

3 décembre 2020 – 2 Bichat – Halley

Charmants linceuls, tes yeux
Changeants, les bleus sex-toys.

4 décembre 2020 – 3 Bichat – Varignon

Voyageurs ingénus, flocons
Venant réjouir goudron trop noir,
Versant, durcis, glaçons fondants,
Vrai, sans transir gamins coquins,
Vous aurez neigé, blancs pollens.

6 décembre – 5 Bichat – Roëmer

Fredonner, miséreux,
Grisonner, s’emmerder,
Refoulé, mal crécher,
Grelotter mort de froid,
Récolter moins d’espoir,
Rencontrer male mort,
Rudoyé, mais rêver.

8 décembre – 7 Bichat – Galilée

Glaciales, six planètes !

et

Gourmand, le lion ?
Il le nie.

9 décembre – 8 Bichat – Harriott

Harar ? Arthur ?
Qui protestait ?

10 décembre – 9 Bichat – Fermat

Feu le roi mort la nuit,
Folie, crimes, acteurs,
Fille promise, eau lente,
Fourberie, meurt Laërte,
Femme charmée, amant,
Fureurs, remords, gaieté.
Fades rimes, vraiment ?
Faible drame, Hamlet ?

11 décembre – 10 Bichat – Poinsot

Pour l’oubli on savourait
Pinot, vin blanc surcoté.

12 décembre – 11 Bichat – Monge

Morpions négligeaient
Mes moutons galeux,
Mais loups sont gourmets :
Méchouis bien goûteux,
Mignons en goguette,
Moutons sont gobés.

13 décembre – 12 Bichat – Daniel Bernoulli

Dedans mon lit,
Exil blanc,
Je renais,
Bousculé, lascif.

31 décembre – Jour additionnel – Saintes Femmes

Sans ami, sans toit,
Je suis faible, mou,
Mais je suis.

1 janvier – 1 Moïse – Prométhée

Premier fou, mortel touchant le feu.

2 janvier – 2 Moïse – Hercule

Hydre crachant un flot vert,
Chien d’enfer ? Cagoulés net !
Chez Géryon ? Cap sur les bœufs !
Chante, Héraclès, tu les tiens !

3 janvier 2021 – 3 Moïse – Orphée

Jour noir, plaie hideuse.
Trop rapproché, l’enfer
S’ouvre pour Hadès seul.
Fou, Orphée hait les dieux.

4 janvier 2021 – 4 Moïse – Ulysse

Tous les voyants sont verts.

5 janvier 2021 – 5 Moïse – Lycurgue

Les yeux chassieux,
rougis,
pleuraient.

6 janvier 2021 – 6 Moïse – Romulus

Réformez-vous, les nu-pieds :
Renommez-vous les bourgeois !

7 janvier 2021 – 7 Moïse – Numa

Ton vieux manteau en faux mohair
Un jour tomba.
Ton cul mignard vint sous ma main,
Mon cœur flamba.
Nous eûmes chaud, on nous maria
Sans pieux micmac.
Ton cœur mentait quand tu miaulais
Un faux mantra ?

8 janvier 2021 – 8 Moïse – Bélus

Blonde, la rusée
Baisse les yeux bleus.
Beau vieillard usé,
Blasé, las du sexe,
Boude leurs lueurs,
Brave le mousseux.

9 janvier 2021 – 9 Moïse – Sésostris

Soleils sans nom sur terre, uniques
Astres sans ombres, terrifiques,
Vous êtes nos tristes tropiques.

10 janvier 2021 – 10 Moïse – Manou

Menaçants, tout nus,
Mes amants obscurs
Marchaient dans mon jeu.

11 janvier 2021 – 11 Moïse – Cyrus

Ce lys meurt pour vous,
Chers yeux grands ouverts
Choyés pour un soir.

12 janvier 2021 – 12 Moïse – Zoroastre

Chez vos grands oracles,
tout prend sens ?
Zazou fripon va sans trop d’argent.

13 janvier 2021 – 13 Moïse – Les Druides

Plis de tes draps,
Parfums,
Lit du désir.

14 janvier 2021 – 14 Moïse – Bouddha

Baroudeur ? Dandy charmant ?
Barbon poudré du chapeau ?
Boulots maudits des humains.

15 janvier 2021 – 15 Moïse – Fo-Hi

Feu.
Œuf chéri.
Fiston Phénix.
Four non chrétien…

16 janvier 2021 – 16 Moïse – Lao-Tseu

Là-haut tout te semble fou.

17 janvier 2021 – 17 Moïse – Meng-Tseu

Mon cœur languissant saigne, veuf.

18 janvier 2021 – 18 Moïse – Les théocrates du Tibet

Les seigneurs, trop heureux, vont crâner,
Laissant les soldats au tapis,
Bêtement.

19 janvier 2021 – 19 Moïse – Les théocrates du Japon

Les stèles tachées
D’époux caressants
Tombent sans douleur,
Jamais plus soignées.

20 janvier 2021 – 20 Moïse – Manco-Capac

Marchant en cow-boy, chef blanc pétant sec,
Monnayant coton, châteaux, pitance,
Menaçant colon, chenapan rapace.

21 janvier 2021 – 21 Moïse – Confucius

Chinois confiant,
Tu cherchais un sens.

22 janvier 2021 – 22 Moïse – Abraham

Pas bavard, lâché, l’amant
Barbare crachait diamants.

et

Sans bonheur, cachez parfums.

23 janvier 2021 – 23 Moïse – Samuel

Jusqu’à mon au-delà,
Sans armes pour l’exil,
Jusqu’à ma chute, seul,
Hasta mi muerte, sol !


Mais jamais plus le ciel ?

24 janvier 2021 – 24 Moïse – Salomon

Sans ailes nous marchons nus.
Mais allons-nous mécontents ?

( justifié )

25 janvier 2021 – 25 Moïse – Isaïe

Qui saura lire,
Il saura vivre.

( Justifié )

26 janvier 2021 – 26 Moïse – Jean-Baptiste

J’aime quand un beau lapin
Te vise, tireur.

27 janvier – 27 Moïse – Haroun-al-Raschid

Chevalier honteux,
Noctambule errant,
Se cache, hideux !

28 janvier – 28 Moïse – Mahomet

Tremblant cambre-toi :
Meurs au chaud comme en été.


( écho du poème de Noël )

29 janvier – 1 Homère – Hésiode

Thésée est-il condamné ?
Hermès se tait ou dément.

30 janvier – 2 Homère – Tyrtée

Tityre tente de tutoyer Troyennes ;
Troyens, retenez-le d’octroyer cet encens.

31 janvier – 3 Homère – Anacréon

Mangeons sans carême, mon bon !
Faisons l’accord truite et Corton.
Garçon, va chercher les croûtons,
Chapons farcis, crème, et Morgon.

1er février – 4 Homère – Pindare

Petit, plein de paresse,
Papillon prend la brise ;
Prévision : disparaître ?
Promis, on démarre, prêt ?
Pari vain, désastreux, et
Premier bond dans l’araignée.

2 février – 5 Homère – Sophocle

Dans mon panthéon coloré,
Son œil poché, fort éclopé,
S’assoupit, cher pour Calliope
Dans son pathos, mon Cyclope.

3 février – 6 Homère – Théocrite

Ta chérie, son corps ravit tes yeux.
Tu cherches son cœur ? Pourriture !

4 février – 7 Homère – ESCHYLE

Le fils caché d’Ysolde
Chez son cocher y solde
Ce gros cruchon stylisé.
Le sorcier Charly l’attend.
Quel suc caché s’y glisse ?
Quel secret chaud s’y loge ?
Dès son coucher y flambe
Le sacré whisky blended !

5 février – 8 Homère – Scopas

Saint Christophe passait,
Sans credo, parnassien…

6 février – 9 Homère – Zeuxis

Chez les nouveaux bigots,
Baez ne vaut pieux baisers,
Liszt est un vieux grivois,
Jazz est un faux frisson,
Zeus vient du Bronx voisin.

7 février – 10 Homère – Ictinus

Fiancé trahi, nigaud las,
Vaincu terrifiant, tout seul,
Il chantait, vivant, surpris.
Fiasco terminal ? Qui sait ?
Il comprit qu’il en jouissait.

8 février – 11 Homère – Praxitèle

Placer sa voix, rituel glorieux,
Prêcher la paix, critiquer les gueux,
Parler aux cieux, victorieux clergé !

9 février – 12 Homère – Lysippe

Larmoyants, ils palpitent,
Loyaux sorciers, prophètes,
Les yeux, soleils palpables,
Les yeux sont faits pour pleurer.

10 février – 13 Homère – Apelles

Lampyres, les seuls flemmards,
Gaspillent leurs lumières :
L’appel des allumettes.

11 février – 14 Homère – PHIDIAS

Prêcheurs finauds, qui jasez,
Purs chrétiens demain damnés.

( justifié )

et

Patchoulis, divins parfums,
Purs, hormis désirs cachés,
Pour hardis destins gâchés.

( justifié )

12 février – 15 Homère – Ésope

Le savoir perd le sens des mots précieux,
Les sanglots pleins de peur nous font pitié.

13 février – 16 Homère – Plaute

Peuples râleurs,
Trimez pour les banquiers trompeurs !

14 février – 17 Homère – Térence

Tu veux rire dans ce feu ?
Ton enfer est bien cruel !

( justifié )

15 février – 18 Homère – Phèdre

Pas chanceux, déprimé,
Prophète dépravé
Prohibé, disrupte :
Psychose discrète…
Prochaine disgrâce ?
Peuchère ! Dégradé !

16 février – 19 Homère – Juvénal

Je suis vieux et nonchalant,
J’ai su vendre mon talent :
Je peux valser, endiablant.

17 février – 20 Homère – Lucien

Loin du chenil blessant,
Le loup chérit le chien.

( justifié )

et

Linceul Cardin™, design ?
Le plus chic, tissé main.

( justifié )

18 février – 21 Homère – Aristophane

Paradis souscrit ?
Vos péchés s’annulent.

19 février – 22 Homère – Ennius

Vénéneux,
Impulsif,
Le néant,
Intrus sourd,
Règne,
Naïf,
Puissant.

20 février – 23 Homère – Lucrèce

La boucherie enchevêtre
Les beaux carrés de côtes,
Les lourds colliers découpés,
Les rumstecks très recherchés.
Le cœur sec, riche, comblé,
Le boucher rêve, content.
La bouchère le caresse.

21 février – 24 Homère – Horace

Huis clos.
Rien à cacher.
Chanson noire au Carmel.

22 février – 25 Homère – Tibulle

Tintin ? Blond sur la lune.

23 février – 26 Homère – Ovide

Souviens-toi des gueux,
Souverain dormeur.
On vieillit des yeux,
Souvent loin du cœur.

24 février – 27 Homère – Lucain

Loin du cœur, taquine,
Loquace et badine,
La bouche sanguine
Flatte un duc, câline.
La nuit, ça fascine.
Le puceau s’avine…

et

La gauche patine ?
La meuf, c’est Marine ?
Quel cauchemar vit-on ?
Les fourches caudines.

25 février – 28 Homère – VIRGILE

Vieillir, voir grandir le temps ?
Venin rongeur, pis-aller !
Vomir ? Rugir ? S’incliner ?
Voltiger, gai, guilleret ?
Vaciller grandit les vieux :
Voltaire gardait le feu.

26 février – 1 Aristote – Anaximandre

Parents anxieux qui menacent de rompre,
An neuf, cadeaux qui me laissent des regrets.

27 février – 2 Aristote – Anaximène

À nous la paix chimique : nouveau
Vaccin sans prix qui me menace.

28 février – 3 Aristote – Héraclite

Homme grimaçant,
L’esprit est né.
Homme rabâchant,
L’esprit stagne.
Homme retranchant,
L’esprit traîne.
Homme recrachant,
L’esprit tousse.
Homme cravachant,
L’esprit stoppe.
Homme renâclant,
L’esprit tombe.

1er mars – 4 Aristote – Anaxagore

Canal vaseux fait gondolier lent.

et

Sauvons la paix, agneaux courageux,
Marchons au Styx, agaçons Hermès.

et

Flâneurs anxieux, anges modernes,
Amants aux yeux sages, courage !

2 mars – 5 Aristote – Démocrite

Dans ce monde obscur, l’air maintient l’eau.
Du feu, mon œil croirait qu’il est dieu.
Dans l’eau mon corps choira s’il est seul.
Du feu mourront contraints air, terre, eau.
Donc demeurons cloîtrés : l’air est feu.

et

Do, ré, mi, do ? Donc ré, mi ? Zut ! Ré…

3 mars – 6 Aristote – Hérodote

Phèdre primo, deuzio Thésée.
« Cher gendre, godichon, tu mens ! »
Phèdre reçoit d’abord Thésée.
Chef très ronchon, du coup, taiseux,
Thésée, retour de loin, tremble.
Ha ! Quel retour ! Dieux mortifiés !
Phèdre reçoit des outrages.
Thésée, fripon, dit contrôler.
« Hé ! Des ragots ? Prend-on ton cœur ? »
Thésée, grand, fort, doit pontifier.
Phèdre répond d’un cœur trompeur.
Thésée, trop con, dingo, stresse.
Phèdre crie : « Ton dévot te ment ! »
Thésée, grognon, doit contenter
Chérie pour son dégoût, c’est net.
« Thésée, bravo ! Dis-moi, tu veux ?
Thésée, crénom ! Déchois ! Tu peux ! »
Thésée, grand roi, dit oui, très zen.
Horreur, car loin, des flots, sort Dieu !
« Ha ! Le dragon ! Deux gros taureaux ! »
Phèdre : « Pardon de mon stupre ! »
Thésée répondit : « Trop tard, merde ! »

4 mars – 7 Aristote – Thalès

Tout chez Thalès, hélas !
Touchait ta laisse et l’as.

( holorime )

et

Nietzsche parle des lois :
Trop hautains les décrets,
Trop humains les devoirs !

( justifié )

5 mars – 8 Aristote – Solon

Vos soleils sont noirs ? Somnolez contents,
Symbole bouffon, dans vos lits trop blancs.

( justifié )

6 mars – 9 Aristote – Xénophane

Prix de nos joies,
Proche,
La nuit ment.

7 mars – 10 Aristote – Empédocle

Les murs parlent de moi ? Calomnies.
Les mains pleines de vos colères,
Je meurs pour mieux dénoncer le ciel :
Je m’empare du volcan ! Quel feu !

8 mars – 11 Aristote – Thucydide

Tes chevauchées s’y dévidèrent,
Trop heureux cow-boy : dernier désert !

et

Ton humour, clepsydre, rit du feu.

9 mars – 12 Aristote – Archytas

Chasseur cherche yéti absent.

10 mars – 13 Aristote – Apollonius de Tyane

Tapie sous le lit,
Ronronnais plus sourdement.
Tes yeux t’annonçaient.

11 mars – 14 Aristote – Pythagore

Playboy trop cher, malgré ton rire
Passy te hait : range ton rêve !

12 mars – 15 Aristote – Aristippe

Arrivistes transis, prospérez,
Farauds ministres qui papotez.
Au travail, ouste, pimpants parleurs !

et

Arthur, si saturnien, part.
Paul reste.
Partir insatisfait,
Prospérer,
Marcher, brisé,
Tenir,
Puis perdre.
Harar sinistre.
Il peut pleurer.

13 mars – 16 Aristote – Antisthènes

Avant toi, qui fus-tu, homme ?
Nul ne sait.

14 mars – 17 Aristote – Zénon

Chez Zénon dort l’UN,
Zen et newtonien.

15 mars – 18 Aristote – Cicéron

Coquins charmés par son nom,
Champions conviés pour l’honneur,
Civils chez César, pourtant
Complice des prétoriens…

16 mars – 19 Aristote – Épictète

En plein deuil, chantonner tout seul ?
C’est permis, citoyens terriens.

17 mars – 20 Aristote – Tacite

Ta main, charitable ?
Et la charité tue !

18 mars – 21 Aristote – Socrate

Savoir charmer cartésiens,
Sans trop choquer malthusiens,
C’est mon contrat platonien…
Mais procès contre Athéniens !

19 mars – 22 Aristote – Xénocrate

Beaux enfants doucereux, attardés,
Jeux bénins pour curés catarrheux,
Vieux benêts ou charmeurs patentés,
Pieux renards, procureurs plantureux,
Aux méchants, on criera : « Châtiment ! »

20 mars – 23 Aristote – Philon d’Alexandrie

Pochard, l’hidalgo
Conduisait les chevaux blancs
Sans daigner ciller.

( haïku )

21 mars – 24 Aristote – Jean l’évangéliste

Jour de carnaval,
Rêver au vent,
Guetter le printemps trompeur.

22 mars – 25 Aristote – Justin

J’avoue mes trahisons :
J’amuse tes instants,
Je jouis sous tes chiffons,
Je meurs dans ton lit blanc.
Jaloux mais tatillon,
J’en veux sortir vivant.

23 mars – 26 Aristote – Clément d’Alexandrie

Colère me prend sans toi.
Défaillant,
Ne peux t’atteindre,
Résigné.

24 mars – 27 Aristote – Origène

Bouffer ? Digérer longtemps ?
Pouvoir rigoler sans dieu ?
Mourir, puis gagner l’enfer ?
Pourrir ignoré ? Nié ?
Douter ? Oui. Geindre ? Danger !

25 mars – 28 Aristote – Platon

Spécial Platon : tournoi philo, bac trois options.
Public payant, trois francs, prolos gratis, bonus !
Profil bas, ton copain polard battrait mon Kant ?
Pascal, Marx, triomphants ? Poids lourd gagnant : Cioran !

( lipogramme en E)

et

Peuple las trop commun,
Prélude à tout roman,
Pâles amants bornés,
Parleurs attentionnés,
Pillards flattant vos nuits,
Phallus ardents soudain
Puis le matin mort-nés,
Polis par trop d’honneurs,
Pour l’instant, taisons-nous !

26 mars – 1 Archimède – Théophraste

Ton chaste front
Pour l’honneur
Va s’entêter.

27 mars – 2 Archimède – Hérophile

Hermès, triomphant, chipait les bœufs
Chez le frérot puis cherchait le feu. 

(justifié)

28 mars – 3 Archimède – Érasistrate

Feu brûlant senti sans toi, riante fée,
Désir passé, si souvent trop saturnien. 

(justifié)

29 mars – 4 Archimède – Celse

Cesse le sel sec,
Celse, lèse-le !
Ces selles scellées,
Cèle-les, ces clés !

( monovocalisme et beau présent )

30 mars – 5 Archimède – Galien

Goûtant les vins rendons
Grâce à leurs vignerons.

( justifié )

31 mars – 6 Archimède – Avicenne

À vouloir crever on s’entête ?
L’avenir, cruel, nous enterre.

( justifié )

1er avril – 7 Archimède – Hippocrate

Chétif papillon caressant ta fleur,
Hardi, palpai ton nectar, chastement.

2 avril – 8 Archimède – Euclide

Je veux, concluait Dante,
Des jeux cruels qui dansent,
De pieux couplets pleins d’enfer,
Qu'en neuf cercles j'ai dépeints.

3 avril – 9 Archimède – Aristée

Avertissement des dieux :
L’anarchie est tolérée !
Au revoir, les ténébreux
Maîtres qui nous stressèrent
Par leurs pieux sortilèges.

4 avril – 10 Archimède – Théodose de Bithynie

Tu cherches Godot ?
Monseigneur Dieu te bat froid et chaud ?
Dynamite !

5 avril – 11 Archimède – Héron

Hegel, raisonneur,
Cherche, renfrogné,
L’homme raisonnant,
Humble, rationnel.

6 avril – 12 Archimède – Pappus

Pas à pas, pas au pas.

( lipogramme et beau présent )

7 avril – 13 Archimède – Diophante

Devin ou pythie attentionnée,
Dis-moi mon prochain amant trompé,
Décris mon pacha, niais, plantureux…

8 avril – 14 Archimède – Apollonius

La prison ? La loi moins nos illusions.

( lipogramme [e] et beau présent )

et

Beau poison, l’alcool nous vend l’illusion.

et

Papillons, illusions sans aiguillons.

( lipogramme [e] )

9 avril – 15 Archimède – Eudoxe

Perdu dans vos yeux verts,
Je meurs de vos excès.
Je veux de nouveaux jeux,
Les feux des joyaux bleus.
Le jour des couteaux vient…

10 avril – 16 Archimède – Pythéas

Pi, mystère hyper abstrus,
Pur mythe chiffré, massif.

( justifié )
Πi, mystère hyper abstrus,
Pur mythe chiffré, massif.

( justifié avec un vrai Π )

11 avril – 17 Archimède – Aristarque

J’ai grandi, sais-tu ?
Au troquet, souvent
J’ai requis Satan,
J’ai risqué un voeu :
Partir visiter
Capri, que nous deux.

et

Arrivistes et matraqueurs, du vent !

12 avril – 18 Archimède – Ératosthène

Je rêvai trop tôt ; sois stendhalien, mon coeur !

et

L’enfer a très tôt su te charmer, Dante.
Le jour, la nuit, toujours tu chantes l’ange.

et

Éros, abstraction chaste d’humeur noire,
Le regard tabou serait hygiénique ?

13 avril – 19 Archimède – Ptolémée

Sportif, oublie le match, le jeu.
Pour toi, mon laurier meurt gelé.

( justifié )

14 avril – 20 Archimède – Albategnius

Parle bas,
Atteins le génie,
Puis meurs,
Seul.

15 avril – 21 Archimède – Hipparque

Chipie propre mais arqueboutée ?
Hippie pompeux a craqué, bluffé.

16 avril – 22 Archimède – Varron

Vieil anar trop bougon,
Va sans retour, confiant,
Vers la mort, rayonnant.

17 avril – 23 Archimède – Columelle

Cherchons la lumière, belle fée.
Croyons les humains, et la lune.

( justifié )

18 avril – 24 Archimède – Vitruve

Venise est renouvelée,
Visiteurs, rêveurs, venez,
Vaniteux, retrouvez ses
Vérités, car vous vivrez.

et

Vigilant grigou, va-t’en !
Voici ton or ? Prouve le !

19 avril – 25 Archimède – Strabon

Sots tsars barbants, bons tontons,
Satan, Artaban, sont bons.

( beau présent )

20 avril – 26 Archimède – Frontin

Flic racorni, tatillon,
Finir cornu, Trahison !

( justifié, lipogramme e )

21 avril – 27 Archimède – Plutarque

Peuple broutant sans risque, tu veux
Parler plus haut ? Bâfre quand tu peux !

22 avril – 28 Archimède – Pline l’ancien

Pauline ignore les anciens confinements.

23 avril – 1 César – Miltiade

Mais il lui plaît,
Miltiade,
Ce maudit Platon
Qui plaide en grec ?

24 avril – 2 César – Léonidas

Leur ego plein d’idéal sain,
Les héros sont vides d’amis.

( justifié )

et

Les héros pleins d’idéal sain,
Leurs egos sont vides d’amis.

25 avril – 3 César – Aristide

L’amour brisé ternit deux cœurs.

26 avril – 4 César – Cimon

Ci gît mon voisin,
Coquin, margoulin,
Cousin mal connu,
Craintif mais bougon.
Crois-moi, mon colon.

( lipogramme en e )

et

Craintif mais coquin,
Chopin, mal connu,
Cachait mal son plan.
Croyait mouvoir Sand :
Confirmant son nom,
Charmait moins Nohant

( second lipogramme e )

27 avril – 5 César – Xénophon

Feux de nos joues,
Péchés prochains.

28 avril – 6 César – Phocion

Panthéon grec, diablotins
Pachas cocufiés, cornus,
Pour chanson comique ou non.

29 avril – 7 César – Thémistocle

Tricher et mentir
Sont toujours
Calomniés.

Et mes propres variantes

9 mai – 18 César – Annibal

Chassant l’ennui brisai l’or.
Lançant mon cri bandai l’art.

10 mai – 19 César – Paul-Emile

Par amour il est mort, silencieux,
Passant sur lui ce maudit linceul,
Prêt à couler, en mer dilué.

11 mai – 20 César – Les Gracques

Lente songerie à ce quai
Où je sens le vent s’engouffrer à chaque assaut d’embruns
Long et sourd glas rongeant ce que j’eus d’espoirs

18 mai – 27 César – Aétius

À l’enfant qui musait
L’ancêtre dit puissant
Aime et tel l’oiseau vis

19 mai – 28 César – Trajan

Torpeur cajole Apnée.
Tout branlait, je stagnais.
Toujours à Jamais nuit.

20 mai – 1er Saint-Paul – Jacques

J’avais conquis un désert
J’avançais quand d’un vent frais
J’eus la clé qui ouvre azurs

21 mai – 2 Saint-Paul – Cyprien

Choit cyprès racine nue
Comme y pleure siffle et geint
Ce typhon surgi des nuits

17 juin – 1er Charlemagne – Théodoric le Grand

Ton chant
ténor des soirs trop gris
court telles guivres au grand froid

18 juin – 2 Charlemagne – Pélage

Partent les anges verts
Par les ciels chargés d’eau
Pleurer l’enfant gommé
Par le glaive aiguisé.
Pantelante agonie.

19 juin – 3 Charlemagne – Henri l’oiseleur

Hors de nos tours
Vit l’insoumis
Près de l’aube
Et du soir

21 juin – 5 Charlemagne – La Valette

Il bravera la bête étrange
La cavale aux flammes traîtresses

28 juin – 12 Charlemagne – Walter Raleigh

Walhalla, tu guerroieras : qu’au loup s’érigent hasts.

1er août – 18 Dante – Chateaubriand

Cache ta triste faim, fourbe rentier sans grandeur.

3 août – 20 Dante – Manzoni

positimeride-3-aout

4 août – 21 Dante – Tasse

Vint passant les mers
Ce chasseur si beau
Vint t’assassiner
Toi la gosse aimée

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Positiméride – Aristote

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Aristote

26 février – 1er Aristote – Anaximandre

Baissent la voix dimanche,
Au chant du prêtre,
D'ardents agneaux s'immolant.
Sang des frères.

27 février – 2 Aristote – Anaximène

La nuit la faux immense avance
Au chant affreux qu'aime répandre
La nonne aux yeux qui montrent l'enfer

28 février – 3 Aristote – Héraclite

Hautes tours,
Grand conseil,
Triste nef.
Chaînes, fers,
Rats, couloir.
Gibet. Nœud.

1er mars – 4 Aristote – Anaxagore

Bannis la paix
Au poing comprime
Manants sans voix
Par sang gouverne

2 mars – 5 Aristote – Démocrite

Dans l'eau morte où courent truite et ver
Dort blême un doux chanteur victime d'un dément
Son chant pur tintait hier

3 mars – 6 Aristote – Hérodote

Chômeur
Perd droit
De froid
Tout meurt

4 mars – 7 Aristote – Thalès

Torchons vaisselle seaux
Tâches au long des faims
Touchons là seul le sens

5 mars – 8 Aristote – Solon

Seul
Ô lune ô nuit
Sans solution
Rien

6 mars – 9 Aristote – Xénophane

Beaux enfants
Vous péchez
Crânement.
Doux et grands,
Vos penchants
Magnifiés.

7 mars – 10 Aristote – Empédocle

Être emporté dans l'obscure allée
des temps précédant l'oscillant heurt,
et comprendre des morts ce lent jeu.

8 mars – 11 Aristote – Thucydide

Trichait moult
Croyait Dieu
Aidait peu

9 mars – 12 Aristote – Archytas

Au vrai ces hippys m'ont appris la force. Ai choyé tant d'amours sans crocs cachés. Y vit l'art frais.

10 mars – 13 Aristote – Apollonius de Tyane

J'ai parfois l'air fol
Comme un oiseau sidéré
Troll fuyant nos dieux

11 mars – 14 Aristote – Pythagore

Ployer
Tricher
S'aigrir
Tordre
Et puis zyeuter l'homme au grand cœur : horreur !

12 mars – 15 Aristote – Aristippe

J'ai gravi ces monts
Grimpé
Passé par d'horribles sauts
Impréparé
Las transi
Sentis ciel m'appeler

13 mars – 16 Aristote – Antisthènes

La nuit tombait
Sur ton chant
Et nos espoirs

14 mars – 17 Aristote – Zénon

Zone
De
Non-
Droit
Fin

15 mars – 18 Aristote – Cicéron

C'est ici qu'errait, zonant,
Ce fricoteur trop connu.
Ça picole et prend nos ronds.
Couic ! Ici, tel drôle, on pend.

16 mars – 19 Aristote – Epictète

Repenti, contrit,
Me traîne à tes pieds.
Mie, comment retrouver
Le précieux creuset de tes yeux ?

17 mars – 20 Aristote – Tacite

Tu pars
Ce soir te prend
Tu pars ce soir
J'attends

18 mars – 21 Aristote – Socrate

Sous nos croix sourd la terreur.
Sabre occira pâtre et gueux.
Seul boit ce prêtre au saint cep,
Seul, droit, ce roi chasse et prend.

19 mars – 22 Aristote – Xénocrate

aux temps ensorceleurs j'attends seul

20 mars – 23 Aristote – Philon d’Alexandrie

pencherai le dos
pendrai frac lyre et sextan
endurerai fers

21 mars – 24 Aristote – Jean l’évangéliste

juges damneurs
lèvres violant
d'anges l'élan
tristes tueurs

(isocèle)

22 mars – 25 Aristote – Justin

Joyeuse, trop vivant,
Jusqu'au soir m'attristant
Jalousais tes frissons.

23 mars – 26 Aristote – Clément d’Alexandrie

Cellule m'enfermant,
Ton froid glacial m'est doux.
J'attends, dingue orgueilleux.

24 mars – 27 Aristote – Origène

« Noir ! Noir ! Noir ! » gueulent en chœur.
Tous trépignent, vénéneux.
L'honneur gît, gorge nouée.

25 mars – 28 Aristote – Platon

Perles à ton cou brun
Pâle éclat te moirant
Appel dansant d'or nu
Pour bel amant t'orna

(isocèle)
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Positiméride – Homère

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Homère

29 janvier – 1er Homère – Hésiode

Phalènes vifs, ondoyeux,
Hadès servit vos desseins.

30 janvier – 2 Homère – Tyrtée

Tout tyran naît d’Éden,
Suit l’Hydre, voit l’Enfer.

31 janvier – 3 Homère – Anacréon

L’amant
Caché,
L’archer
Dormant.

1er février – 4 Homère – Pindare

Pétrirons des farines
Plein cuirons de pains d’orge
Parmi nous de grands rires
Puis irons droit au prêtre
Pour signer doux mariage
Petit monde aimant rêve

2 février – 5 Homère – Sophocle

Sois fort, percheron, cheval fier.
Dans ton pas, charroi court, valse,
Sillon penche, au sol croît le blé.

3 février – 6 Homère – Théocrite

Tanches et loches, rondins, truites,
Ont hanté nos clairs rus : dites-le.
Tachés de noir, secs, morts, l’air et l’eau.

4 février – 7 Homère – Eschyle

Drossa, clochant, yole à sec.
Vieux s’y cacha. Y logeait,
En sa couche au nylon bleu.

5 février – 8 Homère – Scopas

Sois scorpion. Pique aux pieds.

6 février – 9 Homère – Zeuxis

Zygène aux beaux noirs sang.
Zèle amoureux. Poison
Chez teigneux expirants.

7 février – 10 Homère – Ictinus

Ici tu vins sans ruse.
Ici tout rit sans soucis.
Ici ta reine d’un soir.

8 février – 11 Homère – Praxitèle

Pour rien, à deux mains, tue l’élan fier.

9 février – 12 Homère – Lysippe

Les cygnes si purs passent
Les lyres loin s’appellent
Vieille yeuse fripée penche

10 février – 13 Homère – Apelles

J’ai peint les belles
Et les grands.
Puis en l’oubli versai.

11 février – 14 Homère – Phidias

Peur choyai,
Dédain baisai.

12 février – 15 Homère – Esope

Le soir mort passe.

13 février – 16 Homère – Plaute

Par les champs sœurs trottaient
Perles au cou tintaient
Parlaient aux vautours dieux
Paix là-haut outre obvieux

14 février – 17 Homère – Térence

Tout est repentance et deuil.

15 février – 18 Homère – Phèdre

Pencher, ne dire rien.
Puis, honteux d’être en vie,
Prêcher l’heur de ramper.

16 février – 19 Homère – Juvénal

Jour nouveau.
Le mont pâlit.
Juste ouvre le vantail bleu.
Jumeaux, vont meuglant, ballant, joueurs, veaux.
Le grand aigle jouit du vide, en long ballet.
Jeu du vent errant dans les joncs où vit l’enfant sans loi.

17 février – 20 Homère – Lucien

Il peut choisir les vins
Il peut courir les sprints
Les sourcils bien peignés
La bouche où brillent dents
Lance un clair rire franc
Lorsqu’on chute il tue net

18 février – 21 Homère – Aristophane

Bâtardise :
Ethno penche,
Marchandé
Par surprise.
Ton sort : planche
Dans clandé.

( en souvenir de l’Oulipien de l’année 2020 )

19 février – 22 Homère – Ennius

L’ennui naquit du gris
Et donc sans illusions
Jetant fond d’infusion
Tâtant nos vins souris

20 février – 23 Homère – Lucrèce

Il fut courageux, cabré.
Le fou ! Crut frères crânes.
Il eut carrière écrasée.

21 février – 24 Homère – Horace

Héros j’errai crâneur.
Haine ! Orage au carré !
Haut mon drapeau campé,
Haut viols, peur, sang, crocs, feu.

22 février – 25 Homère – Tibulle

Ton vin bleu soûle le vent

23 février – 26 Homère – Ovide

Où vais ?
Fil de l’eau.

24 février – 27 Homère – Lucain

La peur chante au divin
L’amour court au vivant

25 février – 28 Homère – Virgile

Vint l’hiver. Long silence.
Vêtit grège cilice
Vigie borgne et frileuse.

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Positiméride – Moïse

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Moïse

1er janvier – 1er Moïse – Prométhée

premiers sons
mots d’enfant
chants légers

2 janvier – 2 Moïse – Hercule

Chut ! Le rat court sous l’évier.
Chat, rêveur, croque le vent.
Hâte recule au cellier.

3 janvier – 3 Moïse – Orphée

Nos corps proches
Sens et soufre
Penchent l’éden

4 janvier – 4 Moïse – Ulysse

Nous ployons sous les hiers.

5 janvier – 5 Moïse – Lycurgue

Loyal cercueil
Range nous bien

6 janvier – 6 Moïse – Romulus

Par moments ulule au soir
Noir sous l’embrun
L’oiseau seul

7 janvier – 7 Moïse – Numa

Noir brun mat blanc
Nos peaux mêlant
Insoumis
Grands

8 janvier – 8 Moïse – Bélus

Brune glaneuse
Boit délicieuse
Belle eau pleureuse

9 janvier – 9 Moïse – Sésostris

Sans penser
Corseté
Trouve issue

10 janvier – 10 Moïse – Manou

Mangeai mon porc cru
Mirai mon corps dru
Massai ton dos nu

11 janvier – 11 Moïse – Cyrus

Crayon noir trousse
Choyés vers qu’on sut
Clercs tyrans fusils
Cours
J’y retrouvais ces lyres moussues

12 janvier – 12 Moïse – Zoroastre

Zéro
Cercle
Où l’absence
Est cernée

13 janvier – 13 Moïse – Les druides

Lents fleuves
Dériveurs
Vides de sens

14 janvier – 14 Moïse – Bouddha

Buvons au dieu des uhlans.
Bel obus fond, déchirant.
Baroud fou ! Dindons chantants !
Bois, sol, un muid : drèche sang.

15 janvier – 15 Moïse – Fo-Hi

Foi
Croix
Chair
Vin
Fais ton chemin

16 janvier – 16 Moïse – Lao-Tseu

Il va honteux, seul et nu.

17 janvier – 17 Moïse – Meng-Tseu

Mon coeur sanglote au soir venu.

18 janvier – 18 Moïse – Les théocrates du Tibet

Le ciel se tachait
L’écorce craquait
Tout le soir déchu
Tremblait blême et tu

19 janvier – 19 Moïse – Les théocrates du Japon

Les vents sont trop chauds,
Le sol crie  » rideau ! « 
Triste sol dragué,
Jaune, âpre, rogné.

20 janvier – 20 Moïse – Manco-Capac

L’homme avance droit,
Croyant, portant croix.
Mort, à son canon,
Cueille ample rançon.

21 janvier – 21 Moïse – Confucius

Corps souffrant.
Froid au cœur.
Lit. Sueurs.

22 janvier – 22 Moïse – Abraham

L’arbre est fier.
Lâche ma main.
J’abhorre branches, ramure.
S’abattra ma hache.
À mort !

23 janvier – 23 Moïse – Samuel

Sur la mer
Vu l’envol
Des amants
couple fol

(isométrie)

24 janvier – 24 Moïse – Salomon

Soir chaud
Lampions
Maillot
Bain
Restai là comme un oursin

25 janvier – 25 Moïse – Isaïe

Plaisants, sadiques,
Puissants salirent.
Poings serrant, rire,
Disait la fille.
Printemps s’abîment,
Hivers lapident.

26 janvier – 26 Moïse – Jean-Baptiste

Jour cédait.
Nuit boudait.
Petits riens.
Soif, terriens ?

27 janvier – 27 Moïse – Haroun-al-Raschid

Chaland gourd
Dos qui s’en va
Longs roseaux bleus
Couché j’ai froid

28 janvier – 28 Moïse – Mahomet

Meurs caché ou meurs présent,
Meurs casher ou meurs flétri,
Meurs athée ou meurs dévot.

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Positiméride – Bichat

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Bichat ainsi que des deux jours spéciaux de fin d’année.

2 décembre – 1er Bichat – Tycho-Brahé

Tu t’y couchas,
Sombre, amer,
Lâche et seul.
Et, synchro,
Chut l’oubli.
Restas, charmé.

3 décembre – 2 Bichat – Halley

Have allait seule en yawl
Hagards cillaient ses yeux

4 décembre – 3 Bichat – Varignon

Va au travail gagner ton pain.
Va sans rechigner, sans grogner.
Vends ta chair. Signe ton coupon.
Viendra l’or froid, legs insolent.

5 décembre – 4 Bichat – Jean Bernoulli

Je mets à nu
Belle huître
Ton corps au
Lilial grain

6 décembre – 5 Bichat – Roëmer

Sournois
Le mal dernier

7 décembre – 6 Bichat – Sauveur

Sa main s’ouvrit et tout rit

8 décembre – 7 Bichat – Galilée

Globe au bleu vilipendé,
Girant, l’astre ailé se perd,
Gluant floc d’huile et de bren.

9 décembre – 8 Bichat – Harriott

Hymne affreux trahison totem
Théâtre grandiloquent
Tout chiera
Ruse orgueil bonté rut
Hélas rien n’arrive où tout fuit

10 décembre – 9 Bichat – Fermat

Fermerai mon manteau
Coifferai mon calot
Face au fer menaçant
Fuir sera mon salut

11 décembre – 10 Bichat – Poinsot

Partout vais en sifflotant

12 décembre – 11 Bichat – Monge

Mon port langoureux
Mon or dangereux
Mon corps strangulé

13 décembre – 12 Bichat – Daniel Bernoulli

Dans la nuit
Rit le loup
Biche court
L’inconnu
Veille et sait

14 décembre – 13 Bichat – Joseph Fourier

Jeune oiseleur
Prend harfang
Homme heureux
Oiseau mort

15 décembre – 14 Bichat – Newton

Chant déwatté, poignant,
D’un vieux clown tristounet :
Un que web vint broyant.

16 décembre – 15 Bichat – Scheele

source enchantée
eau libre
dors
ce chêne effeuille le temps
couche à tes pieds le vent

17 décembre – 16 Bichat – Davy

Dansant, voyait Dieu, bave aux yeux

18 décembre – 17 Bichat – Cavendish

Crois au vent
Prends son doigt
Bois son chant

19 décembre – 18 Bichat – Geoffroy

Garde ton bluff
Fier guerroyeur
Gris t’est offert
L’effroi ployant

20 décembre – 19 Bichat – Bertholet

Brave serf
Ton charroi
Lentement
Bercera
Ta chair pour
L’autre temps

21 décembre – 20 Bichat – Ritter

L’artiste au triste trait portraiturait Éros meurtrissant fruit et fleur.

22 décembre – 21 Bichat – Lavoisier

Il a vu
Tout l’insu.
Puis est mort.
Tel savant
Pourrit sous
Cippe d’or.

23 décembre – 22 Bichat – Charles Bell

Couché
Parasol
Le sable
Les filles
Chahut marin plage sans but
Et l’oubli

24 décembre – 23 Bichat – Stahl et Barthez

Saut !
Tante
chante
haut.

Lot !
Gente
tente
beau.

Grand,
franc,
teste :

Euh…
Peux
zeste ?

25 décembre – 24 Bichat – Bernard de Jussieu

Boire un grand vin,
Manger, dodus,
De juteux rôts,
Sourire heureux.

26 décembre – 25 Bichat – Vicq d’Azyr

Va, suis ce qui dupe. Au raz, t’y perds.

27 décembre – 26 Bichat – Blainville

Bulles au vin neuf
Vieillis plein d’ailleurs

28 décembre – 27 Bichat – Morgagni

Miroir borgne
Gangue sans tain
Mon corps rougi
Tangue sans fin

29 décembre – 28 Bichat – Gall

Galant, l’élu
Gai, parlait, lent.

30 décembre – Jour complémentaire – Morts

Ma mort :
porte ?
ou puits ?

31 décembre – Jour additionnel – Saintes femmes

Se mariaient
Telles des fées
Et comme heureuses

Se sacrifiaient
Tout essoufflées
Les mains miteuses

S’offrant aimaient
Tendresses fiées
En femmes preuses

S’émancipaient
Nuits persiflées
Fermes meneuses

Soudain vivaient
Terreurs soufflées
Des temps moireuses

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Positiméride – Frédéric

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Frédéric

4 novembre – 1er Frédéric – Marie de Molina

Mettrai noir cierge
Deux verts lampions
Clouerai un rat
Romprai cœur vierge
D’orde émotion
L’effroi naîtra

5 novembre – 2 Frédéric – Côme de Médicis l’ancien

C’est l’homme
Le deuxième dieu
De doigts chimiques
Il balance vie et nuit

6 novembre – 3 Frédéric – Guicciardini

Gargouillaient,
Cancanaient,
Bavardaient,
Puis ronflaient.

7 novembre – 4 Frédéric – Isabelle de Castille

lissant sa barbe aux longs poils bleus
dans ce château sans toit ni paillasse
il laissa blottie la belle ondine chue
mal masquant fiel brouillant leur lien

8 novembre – 5 Frédéric – Sixte-Quint

Sentier,
Vieux pont,
Lèque.
S’unir.
Sentir.

9 novembre – 6 Frédéric – Henri IV

Chatte noire
Riz
Livre
L’homme éventré
Doit vivre

10 novembre – 7 Frédéric – Louis XI

Pluie
Corps unis
Sexe et nuit
Long vol nus
Frisson doux
Paix

11 novembre – 8 Frédéric – L’Hôpital

Blanche croix
Pénitence
Appel
Le chant trop pur
L’idiot bâilla

12 novembre – 9 Frédéric – Barneveldt

Belle a cru son rêve bleu
Lut
Douta

13 novembre – 10 Frédéric – Gustave Adolphe

galeuse
m’est la vie
échardes
sous le pied
halte

14 novembre – 11 Frédéric – De Witt

Nid de wifi.
Tournent
Dans ce web distordant
Des stewards brillants,
Baths.
Douillet tweed.
Ils tètent d’âpres whiskies trente ans d’âge.
Show froid.
Shoot.
Shit.

15 novembre – 12 Frédéric – Ruyter

Partout
Mystère
Peur

16 novembre – 13 Frédéric – Guillaume III

Goûte un vin follet
Allume le ciel
Jaillis

17 novembre – 14 Frédéric – Guillaume le Taciturne

Grave, un vieillard louchait sur mon chien.
Il le toucha, câlin, et sourit un peu.

18 novembre – 15 Frédéric – Ximènes

Exquis, l’homme chante au seuil,
Excite ombres infectes.

– Expie, impie, ton désir extime :
Benner Éros.

19 novembre – 16 Frédéric – Oxenstiern

Nos jeux seront sans but
Il fera nuit
Joyeux et nus
Instinctifs
Créerons vent

20 novembre – 17 Frédéric – Walpole

Wesh ! à la passion libre !
Waouh ! braillons par tous les temps !
Wow ! salut pétroleuse !

21 novembre – 18 Frédéric – Louis XIV

L’amour unit les gueux vivants

22 novembre – 19 Frédéric – Pombal

Prends ton tambour bats le
Par ton mambo charnel
Pour qu’on s’embrase au bal

23 novembre – 20 Frédéric – Campomanes

Cerf à mon piano.
Mes mains sont mes cors.
Cours par monts, par bois,
Compagnon des vents.

24 novembre – 21 Frédéric – Richelieu

Parti chercher, de la paix, le fruit,
Derviche chevelu, hippie doux,
Errait cet homme au ciel, ingénu.

25 novembre – 22 Frédéric – Lambert

Elle a flambé le porto
Lui l’amer bière enfournant
Ils s’aiment boivent croulent
Laissant sombrer le présent

26 novembre – 23 Frédéric – Hampden

thon
bar
lump
plie
daubenet
rush calme
paix d’océans

27 novembre – 24 Frédéric – Kosciusko

Khôl
L’oeil s’obscurcit
Bâul sort khol
Joie

28 novembre – 25 Frédéric – Madison

Chambre. Air de prison. Bloc nu.
Malade gît seul, bougon,
Damnant Dieu qu’il sait louchant.
Mourra demain sans copain.

29 novembre – 26 Frédéric – Toussaint Louverture

Trop fourbu s’assied,
Raviné, talé,
Bouche ouverte,
Par terre, où crever.

30 novembre – 27 Frédéric – Francia

Fait peur ! Fait nuit ! Cours, vivant.
Foudre enflammant ces liteaux,
Flots noirs, faux, sang, corps gisants.
Fureur frayant chemin, va.

1er décembre – 28 Frédéric – Cromwell

Courage ô Mohawk dépouillé
Cadre au tomahawk le pillard
Chancre à l’homme est western létal

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Positiméride – Descartes

Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.

On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois de Descartes

7 octobre – 1er Descartes – Jean de Salisbury

Jeux de mains
Sang de bœuf
Sabre au clair
Tir sans but
Boum ! Trois grays

8 octobre – 2 Descartes – Raimond Lulle

Dormais.
Qui m’a donné
Deux fils ?
L’un sol,
L’un vent.

9 octobre – 3 Descartes – Joachim

Jusqu’où va ce chemin ?

  • Mort.

10 octobre – 4 Descartes – Le cardinal de Cusa

Il ne connaît rien
Dédaigne la loi des dieux
Crève au sol
Beau

11 octobre – 5 Descartes – Erasme

L’erreur a semé le meilleur :
Dans sa misère l’errant suit
L’ample dérive aux ciels ombrés.

12 octobre – 6 Descartes – Morus

Temps d’ombre
Saoul
Seul

13 octobre – 7 Descartes – Thomas d’Aquin

Ton choix d’homme
Ta soif d’air
Ta quête
Au loin rien

14 octobre – 8 Descartes – Spinoza

Si petits,
Vains,
Osez l’art.

15 octobre – 9 Descartes – Giordano Bruno

Grandir
Courir
Dédaigner
Obéir
Quiner
Choir

16 octobre – 10 Descartes – Malebranche

Mon aile s’ébroue au vent chahuteur

17 octobre – 11 Descartes – Madame de Lambert

Mourant de t’aimer
M’endors
Perle la sombre mer d’argent

18 octobre – 12 Descartes – Duclos

Danse au ciel, fol oiseau.

19 octobre – 13 Descartes – Georges Leroy

Gorge d’or
Rouges lèvres
Belle
Au cœur noyé

20 octobre – 14 Descartes – Le chancelier Bacon

Elle cherche en sa nuit
Ce cercle étoilé :
Qu’or brille à ce corps nu.

21 octobre – 15 Descartes – Cujas

C’est un jour mauvais
C’est un jeune à sec
C’est un jeu malsain
C’est un job plaisant
C’est un jobard seul
C’est un joyau pris
C’est un junk acquis
C’est un joint gratis
C’est un jour mauvais

22 octobre – 16 Descartes – Maupertuis

Mangeai du pain bien frotté d’un ail frais.

23 octobre – 17 Descartes – Herder

Chante rude berger
Chante aux prés d’Iseran
Heureux près des séracs

24 octobre – 18 Descartes – Winckelmann

Clown triste, ancien punk, en larmes part, banni.

25 octobre – 19 Descartes – D’Aguesseau

De langueur meurt le passeur des amours.

26 octobre – 20 Descartes – Oken

Doux folk prenant,
Fort ska dément,
Soul, rock, ethno…
Mon kif : le son.

27 octobre – 21 Descartes – Leibnitz

Longue vibration
Rite zen
Le vent libre nous dit
Tentez

28 octobre – 22 Descartes – Gibbon

Gosier, bois bien mon vin !
Grondait barbu mondain,
Gai, libre, blasonné.
Geignit, biberonnant.

29 octobre – 23 Descartes – Dunoyer

Doux, un vent soyeux m’étreint.

30 octobre – 24 Descartes – Fichte

Effroi ! Cris ! Honte ! Horreur !

31 octobre – 25 Descartes – Ferguson

M’effleure un doigt.
Court sur mon front.
Femme tragique,
Bois mon sang.

1er novembre – 26 Descartes – Bonald

Bordons un malade.
Baisons l’enfant.
Il dort.
Boirons-nous à l’adieu ?
Blanc on peindra l’endroit bétonné dans le froid.

2 novembre – 27 Descartes – Sophie Germain

Son front parcheminé
Gueux serre ma main
Riant

3 novembre – 28 Descartes – Hume

Chant qui monte haut
Nous mène
Hors du monde