Ce projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, a débuté le 1er mai 2021. Il se basait sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Pour chacune de ces journées, un mot-clef (ou un groupe de mots-clefs) était mis en évidence.
Une activité journalière était proposée : l’écriture d’un haïku ( 5/7/5 syllabes ) additionné d’une contrainte à son propre choix mettant en jeu le mot-clef du jour. Le haïku pouvait éventuellement être remplacé par une autre forme de micro-poème, tanka, sélénet, chicago, petite morale élémentaire portative…
Vous pouvez consulter sur la page dédiée les contraintes et les formes qui ont été mises en œuvre dans les nombreuses contributions reçues tout au long du projet, soit en utilisant la page contact de ce site, soit sur twitter, soit encore sur la liste Oulipo.
Ci-dessous les contributions écrites pour le bouquet final, le dernier jour de ce projet, 30 avril 2022.
Journée internationale du jazz
Bernard Maréchal
Monk, Sidney Bechet,
Gillespie ou John Coltrane,
Quel swing ont ces vieux !
Billie Holiday pleurait,
Ella Fitzgerald chantait.
(tanka et pangramme de 102 lettres)
et
Passant par hasard,
Campagnard à Manhattan,
Dansas la samba.
L’agaçant jazz t’attrapa,
Battant la java d’antan.
(tanka et monovocalisme en [A])
et
Pour que les vieux Duke Ellington, Bechet, Farmer,
Comptent toujours, tu dois guincher quel subversif ?
Charlie Parker? Buddy Johnson ? Armstrong ? Quels fauves !
Kenny Dorham joue Clifford Brown qui vous piégeait.
(Belle absente)
et
Qui écoute encore
Le cornet de Beiderbecke,
Brubeck et Rollins ?
Ellington The Duke,
Les six cordes de Scofield,
Et Sonny Rollins ?
L’époque Blue Note,
Thelonious Monk, Round Midnight,
Et puis Bud Powell,
Willie Smith le Lion
Le trombone de Mingus
Et son violoncelle ?
Remémorons-nous
Ces musiciens du désordre,
Écoutons-les bien.
Billie pleure les pendus,
Qu’un souffle de vent remue,
Les fruits noirs lynchés.
Le souffle de Miles,
Be-bop, cool, fusion ou free,
Trompette en quintet.
Privé de trompette,
Gillespie perd son tempo
Et le be-bop meurt.
Les petites fleurs
De Sidney Bechet éclosent
En bouquet sonore.
(bouquet de 9 haïkus en lipogramme de [JAZZ])
Jacqueline Morel
( calligramme )
Nicolas Graner
Vivez ce boeuf carrément listoulipique ! GEF swingue dur au saxo ;
à la batterie, Noël, habile, impose son rythme dansant de jerk.
( panscrabblogramme )
et
Quand le jazz est là
La java s'en va avec
L'héméroméride...
Jacqueline Jacquadit
Ce jazz à laïus
Ses ritournelles l'ennuient
Zazie jasa cul
( haïkunagramme )
Annie
New-York ? jazz ambigu, faux plats de chaque vie
( pangramme )
Gérard Le Goff
Sur le sol
"L'oeil , d'abord , glisserait sur la moquette grise d'un long
corridor, haut et étroit"
Haut et étroit , un long corridor,dessus la moquette grise, l'oeil,
d'abord glisserait.
Sur la moquette grise, d'abord, l'oeil glisserait, la moquette d'un
haut et étroit corridor.
L'oeil , eh l'oeil! avoir l'oeil! l Le bon! L'affûté! Le perçant!
L'attention , qualité première! La perception précise des images! Sans
ostentation! Sans désir de percer à jour des secrets enfouis! L'oeil
non agressif! Il ne va pas scruter, inciser! Il ne va pas analyser!
Tout simplement, il s"en va glisser sur les choses! Sur la moquette
grise! Sur le doux tissu gris de la moquette.
L'oeil , d'abord, glisserait sur la moquette grise.
Sur la moquette grise d'un long corridor.
Un long corridor haut et étroit.
La moquette couvre le sol. Elle est grise. Couleur neutre. On a envie
de la caresser. De marcher dessus pieds nus. Belle moquette à
respecter. Ne nous moquons des moquettes! Ne nous moquons des
moquettes! Ne nous moquons des moquettes! Grises, jaunâtres,
lie-de-vin,ocres, vermillon, magenta, bleutées, bordeaux, unies,
striées, rayées, bigarrées, quadrillées, ne nous moquons des
moquettes, dit la mouette, dit la moukère, dit la ménagère, dit le
divin vent sur le velin velours des choses.
Voici un corridor. ça c'est impressionnant! ça c'est du sérieux! Du
stress à venir . Des pas précautionneux s'imaginent sur le duveté des
moquettes, longeant le corridor long et étroit. Des portes fermées.
Vont-elles s'ouvrir? Lesquelles? On va voir la réalité cachée des
choses. Attention, c'est peut-être maintenant. Une poignée bouge.
Qu'y-a-t-il derrière la porte des choses? D'autres choses qui cachent
d'autres choses, à l'infini? Un silence de fin du monde? Une ville
bombardée? Un cataclysme qui se prépare? Une peluche? Quelques
confettis? Une guitare? Un chapeau? Un vieux sac? Un papier couvert
d'une écriture illisible? Un sérial killer?
Une star?
Sur la moquette grise, d'abord, l'oeil glisserait...
"L'oeil , d'abord, glisserait sur la moquette grise d'un long
corridor, haut et étroit
(Première phrase des "choses" de G. Perec, traitée façon jazz)
et
Excités, qu'ils swinguent
Bien fort les mots! Du Vian pour
Haïku jazzy!
( haïku-pangramme 56 lettres )
Anthony Pecqueux
Swing à toute allure
Les jambes se délient - s'affolent
Quintet au sommet
et
Un jazz effréné!
Déontologie élue -
Concert arrêté...
et
La note pique le cœur
Tel trouver un quadrutrèfle
Flegme sur le carreau
et
L'ennemi public
& le saxo archi(e) libre
Le rythme est rossé
Picaillons,
Veut poupon ? Beaucoup ?
Presque accordé, mon camarade.
Cependant comprends juste certains trucs importants.
Surtout lorsque, retrouvant bercail, ouvrant maison commune entres, montre respect.
Star, déstresse :
Stopperai toujours
Tours bancals, fangeux, indécents,
Moyennant douceur longtemps défaillante : respect.
Combien forts
Tous poutous charmants,
Trésor. Pourquoi moins mon pognon ?
Fatiguée.
Gaffe ! Plaquerais...
Respect. Point.
( bigollo en bambochade d'ordre 3 )
Inspiré de « Respect » ( Otis Redding / Aretha Franklin )
et
... et un petit scat
babedidouda
dabedidebaba wouah
dabe bedi Houuu
wouah wouah badabadaba
badebadebadewouah
#héméroméride ( tanka lipogramme en CFGJKLMNPQRSTVXYZ )
et
Héméro
Et la vie était rose
Oulipo
Et rien n'était morose
Rime était riche
Anagramme jolie
C'est fini ma biche
Pas la folie
( sur l'air de « Summertime » de Gershwin )
Un grand merci à tous ceux qui ont participé à ce projet avec une avalanche de contributions qui nous ont ravis par leur créativité et leur beauté !
Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitent sont invités à me proposer, en plus du haïku du jour, leurs variantes, accueillies avec joie. On les trouvera ci-dessous, regroupées par auteurs :
mort à tout, rompu satan rua. Opposons amour sans tabou
3 juin – 17 merdre – S. Woland, professeur.
un wallon se saoule l’eau salée s’offre à frôler nos frêles épaules
15 juin – 1er Gidouille – Se Bouzine, esprit.
Un triptyque :
Ironisez : soit un sentier boisé, posez un piéton béni
sentez son bisou restez zen, un pur besoin, obstiné, n’est rien
on peut retenir un prêtre sur une zone noire, son terroir.
1er juillet – 17 Gidouille – Se Femelle, technicienne.
fief, sites, scènes l’essentiel est le chemin les stèles le mitent
teille, file, tisse fillette ! Lin et lésine te tiennent serrée
fétichiste enceinte les félicités licites elle s’en méfie
fétichiste enceinte les chiches félicités licites l’emm…
Thélème est le thème fille en liesse hésite-t-elle? Le ciel ? Il s’en fiche.
9 juillet – 25 Gidouille – S. Bouffre, pontife.
souffrir infortune prison, torture, se briser en outre espérer
27 juillet – 14 Tatane – Se Anne, Pèlerine énergumène.
en pleine lumière luire, puis pâlir, lunaire pierre granuleuse
21 novembre – 19 as – S. Courtial des Péreires, aérostier et inventeur.
Il s’incline il croit récupérer sa valise il trouve ô surprise… un tout petit sac de pois Orde pacotille vanité du corps crevant son être vacille du purin rural puant dans la crotte en ville L’or ne dure pas autant
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Clinamen :
23 mars – 1er clinamen – S. Ablou, page et S. Haldern, duc.
Le plateau de nacre, La tasse de chocolat, Le sucre, les bugnes.
24 mars – 2 clinamen – SS. Hiboux, maîtres-chanteurs.
Bienheureux crétin ! Tu ne sais ni ta misère, Ni ta soumission.
25 mars – 3 clinamen – La mandragore, solanée androïde.
L’ogre mange gras, Se grise de sang moisi. Régalé, somnole.
26 mars – 4 clinamen – S. Pagne, confident.
Ne te fiance point. N’engage ni doigt ni tête. N’opine à défaite.
27 mars – 5 clinamen – SS. Aster et Vulpian, violateurs du Néant.
Valse du virus. Tels des reptiles sinuent Deuil et Désespoir.
28 mars – 6 clinamen – S. Ganymède, professionnel.
Ô forge infernale. L’épée y prend son fil morne. Y perle mon sang.
29 mars – 7 clinamen – La Main de Gloire.
En mon ord grenier, On ronge, on mord, on m’ignore. Erre l’araignée.
30 mars – 8 clinamen – La Machine à Peindre.
Ce carme, en chemin, Prêche le rire paillard, L’idéal de chair.
31 mars – 9 clinamen – Se Trique, lunatique.
Tu te sens très seul. Ne sais-tu rester tranquille ? Laisse l’air entrer.
1er avril – 10 clinamen – Rémission des poissons.
Nonne en dépression Presse son sein prisonnier. Misère en prière.
2 avril – 11 clinamen – S. Maquereau, intercesseur.
C’était un artiste Qui aimait se mettre nu Sur une cimaise.
3 avril – 12 clinamen – S. Georges Dazet, poulpe au regard de soie.
Tuez l’aigle d’or. Portez ses tripes au dieu Et gardez ses ailes.
4 avril – 13 clinamen – Nativ. de Maldoror, corsaire aux cheveux d’or.
Traverser le ciel, Montés sur nos chevaux noirs. Décrocher l’étoile.
5 avril – 14 clinamen – Sortie d’A. Dürer, hermétiste.
Mort tu es hideuse Mais tu m’as mis sur ta route, Muette amoureuse.
6 avril – 15 clinamen – Invention de la ‘Pataphysique.
Destin du poète : S’il évite la noyade, Le squale le happe.
7 avril – 16 clinamen – Exit S. Domenico Theotocopouli, El Greco.
Un gueux peut-il peindre Sur un torchon l’origine du monde, et mendier ?
8 avril – 17 clinamen – S. Hyéronymus Bosch, démonarque.
Quand ce hobereau Osa sa muse choyer Sa bru se cacha.
9 avril – 18 clinamen – Les 27 Etres issus des Livres Pairs.
Du plus vil salaud Le deuil épure la lie Et de pleurs le lave.
10 avril – 19 clinamen – D. Barbeau, procureur, et Se Morue, juste.
Pro des tours de terre, Tu pars sur ta moto cross… Et déjà tu tombes ?
11 avril – 20 clinamen – Capture du fourneau.
Cet enfant, du conte De fée, apprend notre arcane, Notre cruauté.
12 avril – 21 clinamen – S. Docteur Moreau, insulaire.
Mon île déserte C’est ce désir innommé, Cet amour cruel.
13 avril – 22 clinamen – Fête des polyèdres.
De trop déployer Tes efforts désespérés, Folle, perds le sel.
14 avril – 23 clinamen – Locus Solus.
Solo. Col cousu. Cloc sous soc : os ou clou ? – sou ! Ô clos cossu ! Cool !
15 avril – 24 clinamen – S. Tupetu de Tupetu, organisateur de loteries.
Nous étions perdus, Pris en tes algues gluantes, Et tu nous rongeais.
16 avril – 25 clinamen – Exit S. Goya, alchimiste.
Ta théologie, Ô goy à l’âme séchée, Mixe extase et chiotte.
17 avril – 26 clinamen – S. Escargot, sybarite.
Artiste cabré, Ta gorge sera serrée Et tes os broyés.
18 avril – 27 clinamen – Se Hure de Chasteté, pénitente.
Tu as pris ta part, Déchiré nippes et hardes. Tu pars cette nuit.
19 avril – 28 clinamen – S. Turgescent, iconoclaste.
Longue et langoureuse, La liane au tronc s’entortille, En suce le suc.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Pédale :
24 février – 1er pédale – Erection du surmâle.
L’eau monte, se rue, Le courant creuse. Tournoie Sa rumeur de deuil.
25 février – 2 pédale – S. André Marcueil, ascète cycliste.
La terre est aride. Le tuyau ne sert à rien : La mare est à sec.
26 février – 3 pédale – S. Ellen, hile.
Silène sénile, Il hèle le Nil, les îles. Hé! Le sel enlise !
27 février – 4 pédale – S. Michet, idéaliste
Cascade céleste, Elle démêle ses mèches, Calamités lisses.
La chaste Atala Halète, hésite, et s’emmêle À Chactas le tiède.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Gueules :
26 janvier – 1er gueules – Dépucelage de Mère Ubu.
De l’embarcadère, Au dégel, largue l’amarre, Car le large appelle.
27 janvier – 2 gueules – S. Sigisbée, eunuque.
Ses bébés bugnés, Ses singesses ensuquées, Singe, usé, s’esbigne.
28 janvier – 3 gueules – S. Anthropoïde, policier.
Le client, trop riche, Sort. Il n’a rien acheté : Pas d’or, pas de chic.
29 janvier – 4 gueules – Se Goule ou Gudule, institutrice.
Déguisé en ours, Guignol trône sur le ring. Toc ! Un gnon l’endort.
30 janvier – 5 gueules – Se Gale, abbesse.
L’âge sale lasse, Sasse bas le sage Blas. Le blase aléa.
31 janvier – 6 gueules – Se Touche, postulante.
On est un peu lâche. On se couche. On n’a pas honte. À nous le pactole.
1er février – 7 gueules – S. Gueule, abbé.
La belle a bu l’eau. La gueuse l’a saluée, Le seau a gelé.
2 février – 8 gueules – Fête de la chandelle verte.
Natte détachée La cadette échevelée Chanta, franche et crâne.
3 février – 9 gueules – Se Crêpe, laïque.
Le père, racé, À la lépreuse appliqua Les pires supplices.
4 février – 10 gueules – S. Préservatif, bedeau.
Tu vas fier et sûr. Tu ris et tu braves Dieu. Stupide parade.
5 février – 11 gueules – S. Baobab, célibataire.
La rose s’étiole. Le soleil s’ocre et se brise. Ô terrible soir.
6 février – 12 gueules – S. Membre, compilateur.
Salaire, tricot, Cocotte où bouillait la soupe. L’amour soupirait.
7 février – 13 gueules – Copulation.
A l’outil pointu L’inconnu tailla ton cou. La nuit t’occulta.
8 février – 14 gueules – Nativité de S. J. Verne, gl.-trotter en chambre.
J’entendais ses rêves Grelotter, et tel le gel Ébrécher ma nacre.
( les vers sont en beau présent respectivement sur « Nativité de S. J. Verne », « gl.-trotter » et « en chambre »)
9 février – 15 gueules – Alice au pays des merveilles.
Il visa le mec, Appuya sur le déclic. Puis il se cassa.
10 février – 16 gueules – S. Münchhausen, baron.
Une mèche rousse. Une robe chamarrée. Une bouche heureuse.
11 février – 17 gueules – Le Bétrou, théurge.
Toute bête goûte L’heure où l’être égorge l’être, L’horreur et le rut.
12 février – 18 gueules – Nativité de S. Deibler, prestidigitateur.
La vierge a pendu Sa belle guirlande à l’arbre. Saute ! Attrape-la !
13 février – 19 gueules – S. Sade ès Liens.
Il a dessiné, De la Diane délaissée, Idéal, le sein.
14 février – 20 gueules – S. Lafleur, valet.
Va frêle vestale. Sur la terre et sur le fleuve Élève le feu.
15 février – 21 gueules – Lavement.
Âme étale et lente, T’avalant le vent te lave. Le néant t’emmène.
16 février – 22 gueules – S. Sexe, stylite.
Il s’est exilé. Élit-il l’est et les îles ? Y lit-il les Textes ?
17 février – 23 gueules – Occultation de S. Jean Torma, euphoriste.
La nuit, à ton cou, Déjà sonnera ma mort, Sirupeuse hôtesse.
( les vers sont en beau présent respectivement sur « Occultation », « de S. Jean Torma », et « euphoriste » )
18 février – 24 gueules – Conversion de S. Matorel, bateleur.
À demi mort, lourd, Tas de vin, débris croulant, Nu, l’inconnu valse.
19 février – 25 gueules – Se Marmelade, inspirée.
Des âmes pareilles, De parallèles pensées : L’empire idéal.
20 février – 26 gueules – L’amour absolu, deliquium.
Mura l’amoral ! Boula Sade à l’abus soûl ! Qui me le déquille ?
21 février – 27 gueules – Se Tabagie, cosmogène.
Gomme tes amants, Abaisse ta mine sage. Nonne, ôte ces gemmes.
22 février – 28 gueules – SS. Hylactor et Pamphagus.
Thym et serpolet : Goûte leur arôme, heureuse. La chaleur t’emporte.
23 février – 29 gueules – Mouvement perpétuel.
On emporte un mort. Une veuve pleure, rentre, Tourne le verrou.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Décervelage :
29 décembre – 1er décervelage – S. Alaodine, virtuose.
Vient un soleil noir, La terre vrille et s’entrouvre. L’ordre est renversé.
30 décembre – 2 décervelage – SS. Hassassins, praticiens.
Ce haschich t’a pris. Ses serpents cernent ta tête, Pétrissent tes reins.
31 décembre – 3 décervelage – Astu.
Sauta sus, tâta : Ta stat, tas à tas, s’usa. Tu sus, tu tuas.
1er janvier – 4 décervelage – Décervelage.
Regarde Véga. Elle dérègle le clerc, Régale le rêve.
2 janvier – 5 décervelage – SS. Giron, Pile et Cotice, palotins.
Lointaine, en silence , À la crête ornant le toit, La cigogne prie.
3 janvier -6 décervelage – SS. Polonais, prolétaires.
Le soleil pâlit, Le torrent parle à la terre, La tarine paît.
4 janvier – 7 décervelage – SS. Forçats, poliorcètes.
La rose s’offrit. Il la prit et la posa. Triste, il repartit.
5 janvier – 8 décervelage – S. Bordure, capitaine.
Connaître ton sein. Boire à ton corps adossé. Périr à ton cou.
6 janvier – 9 décervelage – Dormition de Jacques Vaché, interprète.
Mon miroir mordit Ce Che chauve jusqu’au jus. Tripe ne périt.
( les vers sont en beau présent respectivement sur « Dormition », « Jacques Vaché » et « interprète » )
7 janvier – 10 décervelage – Drapaud (érection du)
8 janvier – 11 décervelage – S. Eustache, libérateur.
Bateleur, tricheur, Tu arbitres les retraites, Héritier subtil !
9 janvier – 12 décervelage – S. Landru, gynécologue.
Gueuse, louons le ! Groggy, ce lourd général déloge un colon.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Sable :
1er décembre – 1er sable – Noces de Balkis et de Salomon
Les tanks, le talion, Est-ce bien ton idéal ? Ton éden à toi ?
2 décembre – 2 sable – S. Doublemain, idéologue.
Du gnomon l’aiguille À l’aube allonge son neume, Signal de l’oubli.
3 décembre – 3 sable – S. Phlegmon, doctrinaire.
Si delà son porche Daigne la mort t’emporter, À ton sort sois prêt.
4 décembre – 4 sable – Se Barbe (femme à), femme-canon.
Ma face s’abrase, Ma robe efface mes formes, Ma rose se fane.
5 décembre – 5 sable – Se Savate, avocate.
À sec, accosta, Ôta sa veste, sa cotte, Et cessa ses scats.
6 décembre – 6 sable – S. Navet et Se Perruque, humanistes.
Sais-tu qui tu es ? Hiver ? Printemps ? – Que nenni : Tu es temps passé.
7 décembre – 7 sable – S. Birbe, juge.
Je beurre, j’essuie, Je gère, je ruse, j’urge. Erreur : suis grugé.
8 décembre – 8 sable – Conception du P. Ubu (A. J.)
Dieu jeta un dé. Battu au jeu, a tonné : » Un beau coup, boudiou ! «
9 décembre – 9 sable – S. Sagouin, homme d’Etat.
Un saint homme gît. Ton nom ? demande un agent. – Suis nommé Satan.
10 décembre – 10 sable – Exaltation d’Ubu roi (Ubu d’hiver).
Hideux le vortex Où, tel un radeau, la vie Tourne abandonnée.
11 décembre – 11 sable – Nativité de S. Grabbe, scherziste.
Bénis ce vin gris. Chéris-en cette ascendance De cave en zénith !
12 décembre – 12 sable – Se Choupe, mère de famille.
Las d’amis fidèles, Ce cher roi les supplicia, Puis les dépeça.
13 décembre – 13 sable – S. Flaive, concierge.
La vigne s’incline. Le fragile raisin noir Offre sa folie.
14 décembre – 14 sable – Don Quichotte, champion du monde.
À cet inconnu Chante, niño. Qu’émotion Nuance dépit.
15 décembre – 15 sable – Khurmookum du Dr Faustroll.
Ô kohl, fard astral, La mort à l’amour soudas. Lors tout s’affola.
16 décembre – 16 sable – S. Nul, exempt.
Menue et pulpeuse En ses luxueuses plumes, Me tente, sélène.
17 décembre – 17 sable – S. Moyen, français.
Mare, amer miroir, A miré sa face en cire. Môme s’y noya.
18 décembre – 18 sable – Se Lurette, joconde.
Un jeune être est né. Ses oncles sonnent du cor Et tournent en rond.
19 décembre – 19 sable – Gravidité de Mère ubu.
Vite, maigre barde ! Rire de vuivre mugit, Ta terreur t’égare.
20 décembre – 20 sable – S. Sabre, allopathe.
La phrase trop belle. La parole trop pesée. L’éplorée à terre.
21 décembre – 21 sable – Se Tape, pompette.
À ta masse ! Assomme ! Stoppe popes, mate papes ! Étête, poète !
22 décembre – 22 sable – César-Antéchrist.
Se traîne. S’échine. Sa chair, à terre, est crachat. Rien : ne sert à rien.
23 décembre – 23 sable – Se Viole, vierge et martyre.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois d’As
3 novembre – 1er as – Nativité de Pantagruel.
Vide le vin pur, Ingurgite la géline, Dilate le ventre.
4 novembre – 2 as – Se Rrose Sélavy, héroïne.
Le rayon solaire Viole, en son salon vénal, La nonne hâlée.
5 novembre – 3 as – Couronnement de Lord Patchogue, miroitier.
La goutte de lait Lapée à même le plat, La chatte ronronne.
6 novembre – 4 as – S. Cravan, boxeur.
Va, corbeau sans cœur, Croasser sur un sureau, Caverneux crâneur.
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois de Haha.
6 octobre – 1er haha – L’âge du Dr Faustroll.
sauf le gel des fleurs gueuse flouée tu refuses la fatale roue
Le Pataméride, projet d’un an, démarre le 1er mai 2019. Il reprend l’idée des cycles annuels déjà expérimentée avec le lipoméride le zodianku et le Sankulipo, et fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier pataphysique inspiré par Alfred Jarry. Chaque jour paraît un haïku suivant la contrainte du beau présent : il ne comporte que les lettres du nom donné au jour considéré par le calendrier adopté par le Collège de ‘Pataphysique. Si la contrainte ne l’impose pas, placer toutes les lettres est un surcroît d’élégance souvent recherché. On trouvera sur une page séparée la version du calendrier conforme à l’original, utilisée pour ce travail.
On trouvera ici les haïkus quotidiens du mois d’Absolu.
8 septembre – 1er absolu – Nativité d’Alfred Jarry.
tel jardin t’invite à enfreindre l’interdit lierre et trèfle y vivent