m'éveille, douceur dans la treille, ma sœur l'abeille
Cette structure 2,2,3,2,2 est un exemple de l’architog, forme inventée par Gilles Esposito-Farèse parmi les généralisations du tanka initiées par Jacques Roubaud et étendues par lui.
m'éveille, douceur dans la treille, ma sœur l'abeille
Cette structure 2,2,3,2,2 est un exemple de l’architog, forme inventée par Gilles Esposito-Farèse parmi les généralisations du tanka initiées par Jacques Roubaud et étendues par lui.
pleure pleure mère tes larmes au sel mauvais pleure ton enfant un beau militaire l'est venu chercher pour aller en guerre te fut arraché d'habits couleur terre fut empanaché de sa mine claire fraîcheur a séché au froid de brumaire neige pose fins duvets peau gèle et se fend *** vénéneux mystère hommes dans la nuit lovés silence étouffant sombre luminaire fusée a lâché l'horrible tonnerre la course au bûcher un dieu sanguinaire donne son tranchet à l'enfant sévère à l'enfant boucher éventre son frère enjambe les gars crevés sonne l'olifant *** deux soldats sont venus à la porte sonner sans un mot pauvre femme a d'un coup deviné à genoux tombe folle arrache son bonnet la terre à cet instant s'arrête de tourner son manteau resserre ses cheveux n'a pas lavés son col dégrafant erre par tous les chemins parle en se tordant les mains son fils est mort en assassin va fuis la lumière ton pied heurtant les pavés sous l'arc triomphant ces vivats sont-ils humains pour toi point de lendemains porte le deuil de l'assassin
Sur la liste Oulipo s’effectue actuellement un travail important de recherche de formes de sonnets généralisés, selon un programme lancé par Gilles Esposito-Farèse. Il s’agit de respecter une structure 4/4/3/3, ces nombres s’appliquant non plus forcément à des vers, mais à des mots, phrases, paragraphes, voire lettres… et un schéma ABBA ABBA CCD EDE dans lequel ces lettres ne représentent pas forcément des rimes, mais des propriétés quelconques ( nombres de lettres, initiales, composition en verbes, personnages, etc. ). Ici la structure s’applique à des strophes, et la propriété est la nature de ces strophes:
A = haïku B = quatrain de sélénet C = distique d'alexandrins D = tanka E = unique octosyllabe
Le schéma de rimes ne fait pas partie de la contrainte, mais j’ai pensé qu’il accentuait la perceptibilité de la structure. Le choix de l’octosyllabe venant après des tankas donne un petit effet clotilde. J’ai un peu fait attention aux rimes plurielles ; en revanche les é ouverts et fermés sont confondus, nul n’est parfait.
Posté sur la liste Oulipo le 20 décembre 2021.
Au pavillon dansent fous, hein ? Armenonville ouit cieux : Arme non vile ou, ici, œufs, Hop, avion dans ce foin.
Une exégèse : Près d'un asile où chaque aliéné peut valser, Un chasseur bombardier -non pas un piètre flingue- S'écrase dans le chaume : ô tonnerre insensé ! Poules ont vite élu refuge en sa carlingue.
Sur la liste Oulipo, Gilles Esposito-Farèse a proposé de composer des controlorimes, contrerimes à la manière de Paul-Jean Toulet : « quatrain croisant octosyllabes et hexasyllabes 8/6/8/6 mais à rimes embrassées AbbA.
La différence est que ces rimes doivent reproduire l’ensemble des vers, de la première à la dernière syllabe, en se servant de diérèses & synérèses (ou d’E caducs élidés ou non, si l’on est encore plus moderne) ». J’ai tenté de partir de l’alexandrin célèbre de Max Jacob « On fait les foins au pavillon d’Armenonville » en le triturant jusqu’à obtenir des diérèses et synérèses placées aux bons endroits.
Posté sur la liste Oulipo le 4 novembre 2021.
Au clair de la lune Au bord du ruisseau Pierrot pleurait une brune Ô pauvre puceau Sans plume sans tune De son nocturne pinceau L’astre au doux visage Se penchant muet arceau Caresse amant sage Sèche le long pleur Et la joue après l’orage Revêt la couleur D’ivoirin nuage Va solitaire voleur
Essai de combinaison de deux contraintes récemment proposées par Gilles Esposito-Farèse. La première, se basant sur la « plus petite suite sans cube » précédemment introduite et étudiée par lui, dont les premiers termes sont 0, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0, 0, 1, 0, 0, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 0, … consiste à associer à chaque zéro un vers de longueur 5 et à chaque 1 un vers de longueur 7, obtenant ainsi une rythmique volontairement irrégulière.
La seconde contrainte est l’adoption d’un schéma de rimes « irréductible », c’est-à-dire tel que le poème ne puisse être décomposé en deux parties employant des rimes indépendantes. Ici, l’une des combinaisons mentionnées par Gef : AbAbA bCbC dCdCd.
Posté sur la liste Oulipo 12 juin 2020.
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Oh toi oh la mer ma loi ma foi et ma vie Tu vas et je mue au sel je me fie je lis ce don et je ris ***** Au pas de ce jeu si pur si fol tu es cri La fin je ne dis un mat ou un nul ni roi ni fou je ne fus ***** Du cap où je gis le sol en feu je ne mis Je bée et je rue le raz au roc ne se lie Où est le lé sec le bar où je bus et mol nu vil je me tue
Le haïku oulipien généralisé (HOG) défini par Jacques Roubaud, est un poème comportant un nombre premier de vers, de syllabes par vers et de syllabes dans le poème ( en particulier le haïku et le tanka vérifient ces conditions). Gilles Esposito-Farèse a poursuivi cette généralisation avec la notion de renga oulipien généralisé (ROG), puis avec la notion de fractog, une construction fractale obtenue par itérations successives à partir de deux exemplaires minimaux de HOG et où le décompte d’un très grand nombre de sous-structures (vers, strophes, etc.) est premier. Un exemple d’une telle structure est le suivant :
2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+2+3 2+3 + 2+3 + 2+2+3
Dans cette structure, GEF note par des nombres les longueurs en syllabes de chaque vers et les subdivisions successives (strophes, parties, sections, chapitres, …) sont dénotées par des symboles tels que « + » (sans ou avec espace), retour à la ligne, saut de ligne simple ou multiple. Dans le présent poème j’ai exploré ce que donnait cette même structure en appliquant les nombres aux longueurs des mots et abaissant d’un cran les dénotations des subdivisions (vers, strophes, etc.) Posté sur la liste Oulipo le 27 février 2020.
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I
Au vagabond s'ouvrit la cité nourricière Aima le regard franc et la liberté fière Ivre d'enfin goûter l'abondance plénière Posant alors son sac sourit à la lumière Sut Ur. Ulula « Ta rare tétine ! Ton iris à nu ! L’or ! » Ô nolise son asile.
II
La duchesse aux sabots se croyait des jumeaux Sa douleur au plus noir théâtre fut semblable Mêla cent pleurs aux cris simples des animaux Coupant l'appétit au pauvre ô pleur misérable « Qu’un né ? » erra, Anne. Elle, en no : « Or réez, zoo à aï inné ! Et tu, un nu un naan n’a addé.
Gilles Esposito-Farèse a proposé sur la liste Oulipo divers jeux portant sur les digrammes (groupes de deux lettres). Le premier, qu’il a baptisé hétérodigramme consiste à considérer tous les digrammes formés d’une consonne et une voyelle pris dans la liste des dix lettres les plus fréquentes popularisée par Georges Perec : ESARTINULO. Il s’agit d’écrire un texte en utilisant une fois et une seule chacun de ces digrammes, dont voici la liste :
se sa si su so
re ra ri ru ro
te ta ti tu to
ne na ni nu no
le la li lu lo
Le premier texte ci-dessus, qui répond à cette contrainte, est précédé de son exégèse, un quatrain d’alexandrins isocèle.
Diverses variantes de ce jeu, un peu analogue aux dominos, ont été proposés. Le second texte s’autorise l’utilisation de tous les digrammes possibles d’une consonne et d’une voyelle, éventuellement avec répétition, mais comme aux dominos deux digrammes successifs doivent se connecter par une même lettre. Là encore l’exégèse est un quatrain d’alexandrins isocèle.
Posté sur la liste Oulipo le 6 mars 2019.
Cet enfant tête en l’air ne se fera-t-il prendre À sortir dans la nuit, parlant vingt fois d’avoir Compris qui a donné au monde de pouvoir Répondre, quand les dieux regardent sans entendre ? Son père lui a dit qu’il ne faut jamais rendre À celui dont le cœur n’arrive pas à voir La belle heure qui passe et, restant, croit vouloir Cette chose qu’il semble à tout moment attendre. Mais qui aime sentir, jusque vers lui, venir La femme, le jeune homme, et dans sa main tenir Une petite vie où deux bons yeux vont être, Alors cent terres, oui, mille mers, vas devoir Aller trouver pour un jour, en sa maison, mettre Ce rien des premiers temps qu’il demande à savoir.
Ce sonnet, comme celui qui précède, suit la contrainte du sonnet à vocabulaire limité (basée sur les 175 mots les plus fréquents) proposée par Gilles Esposito-Farèse, qui en présente trois exemples sur son site.
Posté sur la liste Oulipo le 10 juillet 2018.
Elisabeth Schwarzkopf, mythique soprano, fit un jour dans sa piscine un plongeon ridicule. La photo, retrouvée récemment devint rapidement virale. « Torcha splash : kifez, web ! »
***
Après le concert, impossible de trouver de quoi faire à manger. Qu’à cela ne tienne, dansons sans attendre, dit-elle : Elisabeth Schwarzkopf « Woks pris : chef, hâtez bal. »
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Sur Karl Schwarzschild : Comme un baleinoptère engloutit les crevettes, De la Sainte Russie, ainsi, le souverain, Dont la santé n’avait le brillant de l’airain, Se repaissait de vide et de lettres muettes. « Schwa : krill d’HS czar. »
Jacques Perry-Salkow a lancé sur twitter le défi de composer des anagrammes d’Elisabeth Schwarzkopf. Il y a lui-même superbement répondu. On trouvera ici mes propositions. Gilles Esposito-Farèse, sur la liste où j’avais relayé ce défi, après avoir proposé de belles solutions, a proposé quant à lui un nom encore plus difficile : Karl Schwarzschild, qu’il présente ainsi « génie mort à
42 ans qui a trouvé une cruciale solution _exacte_ de la relativité
générale un mois seulement après l’article initial d’Einstein ». Ma réponse figure également ci-dessus. Le titre de cette page n’est qu’une anagramme d’« anagramme ».
Posté sur la liste Oulipo le 20 juin 2018.
Désorganisation, pognon colonisé, Bookmakers compromis, spoliation gloutonne, Dérogations, complots, consortiums empoisonnent Nounou, poupon, bougnoul, prolo robotisé. Sonores compagnons, repoussons composer. Décochons horions, dégoupillons hormone, Dépossédons voyou, ploutocrate, gorgone. Exproprions prompto bourgeois couperosé. Horloges tourneront, métronomes courront : Apollons contrefaçonnés toujours mourront. Pourquoi courtiserions bourbon mythologique ? Organisons corpos, occupations, convois, Arborons gonfalons, survoltons portevoix. Détrônons zigoto molto soporifique.
Dans ce sonnet, tous les mots comportent exactement deux O. Cette contrainte a été proposée par Gilles Esposito-Farèse qui appelle de tels mots des « doublets ». Il en donne un merveilleux exemple sur le cas plus difficile des doublets en U.
Posté sur la liste Oulipo le 14 avril 2018.
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Quelle épreuve plus dure, au musicien poussif, Qu’exécuter au luth un funèbre prélude Quand une affreuse pluie, au remous incursif, Submerge un instrument soudain devenu rude ? Quel refuge plus sûr, pour un cœur refusé, Qu’une ruelle aveugle où toutes heures pleurent, Enfouissant un amour aussi fou qu’abusé Sous une armure brute, où doux souvenirs meurent ? Autrefois, pur bonheur. Au jourd’hui sourde nuit Où nulle lune pour un nocturne sourire Adoucissant celui qui bruyamment soupire. Sous une voûte brune, où sourd un creux ennui, Une goutte parcourt une joue esseulée Qu’essuie un pouce gourd. Luit sanguine aube ourlée.
Ce sonnet irrégulier met en œuvre une contrainte proposée ces jours-ci par Gilles Esposito-Farèse sur la liste Oulipo. Appelée par lui « singleton », elle consiste à imposer à tous les mots de comporter exactement une certaine voyelle, ici le U.
Posté sur la liste Oulipo le 8 avril 2018.
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