Catégories
Oripeaux

jeux sur les digrammes

I

Au vagabond s'ouvrit la cité nourricière
Aima le regard franc et la liberté fière
Ivre d'enfin goûter l'abondance plénière
Posant alors son sac sourit à la lumière

Sut Ur. Ulula « Ta rare tétine ! Ton iris à nu ! L’or ! » Ô nolise son asile.

II

La duchesse aux sabots se croyait des jumeaux
Sa douleur au plus noir théâtre fut semblable
Mêla cent pleurs aux cris simples des animaux
Coupant l'appétit au pauvre ô pleur misérable


« Qu’un né ? » erra, Anne. Elle, en no : « Or réez, zoo à aï inné ! Et tu, un nu un naan n’a addé.

Gilles Esposito-Farèse a proposé sur la liste Oulipo divers jeux portant sur les digrammes (groupes de deux lettres). Le premier, qu’il a baptisé hétérodigramme consiste à considérer tous les digrammes formés d’une consonne et une voyelle pris dans la liste des dix lettres les plus fréquentes popularisée par Georges Perec : ESARTINULO. Il s’agit d’écrire un texte en utilisant une fois et une seule chacun de ces digrammes, dont voici la liste :
se sa si su so
re ra ri ru ro
te ta ti tu to
ne na ni nu no
le la li lu lo
Le premier texte ci-dessus, qui répond à cette contrainte, est précédé de son exégèse, un quatrain d’alexandrins isocèle.
Diverses variantes de ce jeu, un peu analogue aux dominos, ont été proposés. Le second texte s’autorise l’utilisation de tous les digrammes possibles d’une consonne et d’une voyelle, éventuellement avec répétition, mais comme aux dominos deux digrammes successifs doivent se connecter par une même lettre. Là encore l’exégèse est un quatrain d’alexandrins isocèle.
Posté sur la liste Oulipo le 6 mars 2019.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Al toro sin cuernos

Je vaque, dévoyé, -ou veuf, – ou dégommé,
Vieux doge de Padoue. Ô bée, abîmé, dôme.
Du feu qui a fugué, du vivide oud aimé,
J’évoque fade vide, aboi qu’avive baume.

Ogive du koubba : qui m’y bagua pâmé ?
Ah, qui a vu magique Adige où voguai, môme !
J’ai humé mauve à Pâque où ma foi m’a paumé,
M’égaya hampe du gamay doux à ma paume.

Qui : homme ? Jéhovah ? Qui : pape ? mikado ?
Je divague, ébahi du gage de ma dame ;
Igue me piège, abîme où m’aime apode femme.

Evadé de Yama, mimai fameux judo.
Beau maqam dédiai, de ma gigue kiffée,
Aux aveux de ma mie, aux appeaux de ma fée.

Une tradition chez les Oulipotes est de réécrire le Desdichado de Gérard de Nerval en appliquant diverses contraintes oulipiennes. Par ailleurs Georges Perec a popularisé par sa contrainte des « ulcérations » ( non appliquée ici ) la liste des 11 lettres les plus fréquentes : ESARTINULOC. Sur la liste Oulipo, Gilles Esposito-Farèse a lancé un défi lipogrammatique : réécrire le Desdichado en s’interdisant les consonnes de cette liste S,R,T,N,L,C. Les réponses sont tombées aujourd’hui à midi, incluant bien sûr celle de Gef, et toute une série d’autres remarquables sonnets. On trouve ici ma réponse. Je remercie Gef pour son aide sur le titre, qui constitue un Beau présent sur ESARTINULOC.
Posté sur la liste Oulipo le 4 février 2019.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Voix, grandes eaux.

Cet enfant tête en l’air ne se fera-t-il prendre
À sortir dans la nuit, parlant vingt fois d’avoir
Compris qui a donné au monde de pouvoir
Répondre, quand les dieux regardent sans entendre ?

Son père lui a dit qu’il ne faut jamais rendre
À celui dont le cœur n’arrive pas à voir
La belle heure qui passe et, restant, croit vouloir
Cette chose qu’il semble à tout moment attendre.

Mais qui aime sentir, jusque vers lui, venir
La femme, le jeune homme, et dans sa main tenir
Une petite vie où deux bons yeux vont être,

Alors cent terres, oui, mille mers, vas devoir
Aller trouver pour un jour, en sa maison, mettre
Ce rien des premiers temps qu’il demande à savoir.

Ce sonnet, comme celui qui précède, suit la contrainte du sonnet à vocabulaire limité (basée sur les 175 mots les plus fréquents) proposée par Gilles Esposito-Farèse, qui en présente trois exemples sur son site.
Posté sur la liste Oulipo le 10 juillet 2018.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Après ça, que répondre ?

Cet homme que la mer arrivant pensait prendre,
Un jour où tout semblait dire  « Je vais t’avoir  »
Où Dieu lui-même le regardait sans pouvoir
Faire rien contre l’eau qu’on n’aime pas entendre,

A parlé d’autres temps, en ce moment de rendre
Une vie où jamais de ses yeux n’allait voir
La femme de son cœur, croyant ses mots, vouloir
Donner sa main, rester avec lui, puis attendre.

« Enfant, je sentais quand allait le coup venir,
Connaissant où passer, quelle chose tenir.
Je comprenais un peu que devenir et qu’être.

À l’heure de la nuit, ma tête va devoir
Trouver maison de terre où pour toujours se mettre,
Et le monde de moi sortir et ne savoir.  »

Ce sonnet s’astreint à n’utiliser que les 175 mots les plus fréquents, selon la nomenclature établie par Etienne Brunet. Cette contrainte de vocabulaire limité, déjà bien étudiée sur la liste Oulipo, a été réactivée par Gilles Esposito-Farèse proposant d’écrire un sonnet dont étaient imposés les quatorze mots (tous des verbes) placés à la rime.
Posté sur la liste Oulipo le 3 juillet 2018.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

manga amer

Elisabeth Schwarzkopf, mythique soprano, fit un jour dans sa piscine un plongeon ridicule. La photo, retrouvée récemment devint rapidement virale.

« Torcha splash : kifez, web ! »

***

Après le concert, impossible de trouver de quoi faire à manger. Qu’à cela ne tienne, dansons sans attendre, dit-elle :

Elisabeth Schwarzkopf
« Woks pris : chef, hâtez bal. »

***

Sur Karl Schwarzschild :

Comme un baleinoptère engloutit les crevettes,
De la Sainte Russie, ainsi, le souverain,
Dont la santé n’avait le brillant de l’airain,
Se repaissait de vide et de lettres muettes.

« Schwa : krill d’HS czar. »

Jacques Perry-Salkow a lancé sur twitter le défi de composer des anagrammes d’Elisabeth Schwarzkopf. Il y a lui-même superbement répondu. On trouvera ici mes propositions. Gilles Esposito-Farèse, sur la liste où j’avais relayé ce défi, après avoir proposé de belles solutions, a proposé quant à lui un nom encore plus difficile : Karl Schwarzschild, qu’il présente ainsi « génie mort à
42 ans qui a trouvé une cruciale solution _exacte_ de la relativité
générale un mois seulement après l’article initial d’Einstein ». Ma réponse figure également ci-dessus. Le titre de cette page n’est qu’une anagramme d’« anagramme ».
Posté sur la liste Oulipo le 20 juin 2018.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Nudité

Quelle épreuve plus dure, au musicien poussif,
Qu’exécuter au luth un funèbre prélude
Quand une affreuse pluie, au remous incursif,
Submerge un instrument soudain devenu rude ?

Quel refuge plus sûr, pour un cœur refusé,
Qu’une ruelle aveugle où toutes heures pleurent,
Enfouissant un amour aussi fou qu’abusé
Sous une armure brute, où doux souvenirs meurent ?

Autrefois, pur bonheur. Au jourd’hui sourde nuit
Où nulle lune pour un nocturne sourire
Adoucissant celui qui bruyamment soupire.

Sous une voûte brune, où sourd un creux ennui,
Une goutte parcourt une joue esseulée
Qu’essuie un pouce gourd. Luit sanguine aube ourlée.

Ce sonnet irrégulier met en œuvre une contrainte proposée ces jours-ci par Gilles Esposito-Farèse sur la liste Oulipo. Appelée par lui « singleton », elle consiste à imposer à tous les mots de comporter exactement une certaine voyelle, ici le U.
Posté sur la liste Oulipo le 8 avril 2018.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Nuit lourde

Bu sky : dort
Un voyou,
Dry, groggy.
Fuyons du
Styx jus mort.

A la suite du texte précédent bâti sur une séquence vocalique exhaustive, Gilles Esposito-Farèse a prolongé l’idée en composant des lipogrammes en certaines voyelles, tandis que les voyelles restantes étaient traitées en séquence vocalique exhaustive (chaque suite de ces voyelles figure une fois et une seule). Comme Gef a exploré à peu près toutes les possibilités j’ai eu l’idée d’ouvrir le champ des possibles en ajoutant Y aux voyelles. Ainsi, le présent texte est un lipogramme en A,E,I tandis que chacune des suites possible comprenant les voyelles O, U, Y figure une fois et une seule.
Posté sur la liste Oulipo le18 août 2017.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Oiseaux évanouis

Sans frein, court
Le gamin fouinant, en blouson mal teint, qu’un sale pion faf épris d’un ordre aigu
Croit casseur cool, barje.
Fuit quand l’empoignade point sur le charroi qui va
Comme un flot radieux qu’abîme or.

A genoux prient l’amour divin, maroufles, copains, tueurs craignos, réacs, requins.
L’onde audio miaule, colportant un récit puant.
L’œil pas net, un oiseau noircit.
Hauts pontes locaux,
Pieux, aboient.

L’air très doux geint, gazouille ; août dort.
Le gamin,
Qu’une passion d’ailleurs tord, débridant un corps libre,
Au trot sort de la nuit, que sa foi sait œuvre d’ignorants druides prosant sur l’ombre.
Ribauds cueillant sorts.

Maints tourments, désirs, souhaits, secouant son esprit qu’aguerrit son graal, l’insurgé fonce.
Rit quand croise un paon, cœur ravi du léon traînant.
Lit un poème-cri qu’osaient,
Sur coachs, chœurs tribaux
Des noirs trashs.

Grand foehn bisque fort.
L’air mugit, orateur poignant.
Seul lui, calme, ôtant nœuds, liens moraux, l’idiot vague loin, sauvé du frimas fœtal.
Soir de lune.
Soir maudit, roseaux zombis, eau putride, champs morts.

Abolit chute, effroi, sudation, peur, atrocités qu’au ciel oblats marrons cueillent.
Soudain rit, troublant le moi d’un fâcheux violacé.
Chatouille de bouillants ripoux.
Repart, droit, sur l’eau,
Violent, hard.

D’autres mioches nus, gais, poilus, captent son courage.
Fiu d’hoax cléricaux,
D’émois creux.
Sans moisir, quand l’ombre fouaille,
D’un bond laissent la guivre, dont les suit la voix dure ; alors soufflent l’air qu’osent frais.

Chant qui vole en union magique ; mots d’amour, zen, vitaux ; mots déviant au soleil.
Leur corps saisi d’un orgasme où vit l’ange d’un soir,
Dans l’eau noient leur poitrail nu d’hommes.
Là sourient au choc
Sidéral.

Ce texte est bâti sur une séquence vocalique, c’est-à-dire une suite imposée de voyelles. On peut parler ici de « séquence vocalique exhaustive » car on impose que figure une fois et une seule chaque suite possible des 5 voyelles. Il y en a 120, ce qui fait 600 voyelles à placer (Ces séquences ont été intercalées afin d’éviter d’avoir d’abord toutes celles commençant par « a »). Imposant par ailleurs une moyenne de 1,5 voyelle par syllabe, ça donne 400 syllabes, réparties en 8 strophes de 50 syllabes et 75 voyelles. Or, tout comme dans les bigollos, le début de la suite de Fibonacci 3-5-8-13-21 donne précisément 50 syllabes. Pour faire un peu de variété, les strophes sont alternativement, les unes sur le schéma décroissant 21-13-8-5-3 et les autres réordonnées en appliquant à ces cinq nombres une quenine d’ordre 5.
Le respect dans chaque strophe de la moyenne de 1,5 voyelle par syllabe, usuellement facile, est ici rendu assez délicat par la séquence imposée de voyelles, où manquent les « e » tandis que les « u », « i », « o » sont surreprésentés. J’espère que la lisibilité n’en est pas trop affectée.
Posté sur la liste Oulipo le 7 août 2017.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Independance Covfefe

In this July 4th, the USA celebrate the « Independance Day». On this occasion several members of the list Oulipo join me to offer a gift to the American People for this special day and to President D. Trump for his first creative and useful initiative. All texts are inspired by the word « Covfefe».

Robert Rapilly

 À qu’emprunte Mur
 ô Mexique Covfefe
 fors ta bravitude

Bernard Maréchal

Mystérieux covfefe, bel absent du Harrap’s.

Big Donald, j’ai tweeté le mythe qui vous frappe,
Un jeu privé, chaud, bref, mystère linguistique :
Me suis-je handicapé, cortex frontal qui bouge ?
Nouveau lexicographe, aux bords du JE, mutique,
J’avançai tout blafard, hop ! Samsung au maquis,
Sur mon clavier qwerty je bigophonai, vide.
Puisqu’hybris m’avait fui, j’ai pondu « conjugal ».

Gilles Esposito-Farèse

Lorsque le Donald brame,
notre toile s’enflamme
et j’ose un pangramme.
Mais pour celui-ci
mettre
moins de trente-six
lettres :
Excusez le D. John Trump qui bégaye « kowfeve » !

Bernard Maréchal

Comme on voit fanfaron et farouche étalon,
Crinière orangé vif, fers en feu, encolure
Cambrée, obscène, vil, faire étrons fous, enflure
Crasse, ogre vert, fielleux, en folâtre érection,

Coboille on veut foncer, et fourbir éperon.
Cet ours verbeux fulmine et, fracasse-écriture,
Cabotine ou vagit, feint être fine épure.
Cheveu oint, vieux fripon, et fucking électron,

Cet ovni vaniteux fume et fouaille, ébruite,
Clavier ou voix fébrile, et fausset enroué,
Chef ou voyou, farceur et fâcheux enjoué,

Crie « On verra ! », fébrilement, et fuit ensuite.
Cool ! On vota ? Fiasco ! États font élection !
Clinton, on va flinguer et finir éviction !

Nic Sirkis

When Mike Quigley veut faire barder la perestroïka-jet-set
Vive les gais tweets jutant du fier président qui embaument les archives
À jamais ! La glasnost suffoque, le ketchup déborde
Jusque sur les gris Champs Élysées où les beaux Donald et Macron, TV
Focalisant sous drus flashs, via Jupiton accolant Trump – son big coq-Pinocchio –
Ce mémorable vendredi quatorze juillet deux mille dix-sept, l’heure des geeks :
Du Schtroupf ripoublicain anti-virus au QG du Jupit-Amphitryon ajustant son boxing-gant…

Noël Bernard-Talipo

Un flambeur jargonnant, pris de hoquets, s’en va,
Humant gras champs de blé qu’effluve cajun baigne.
« Qui prit faucheurs latins ? Jobards gâchent mon règne.
Vite mon colt chargé, que plombs dansent java !  »
Gonflant jabot, shampooing brut, coq fait sa diva.
Ses doigts crochus jusqu’Alabama vampent, saignent.
Ca plaît : nasdaq, majors, bigots, hounds font vivat !


Voici les explications jointes par les auteurs :


Robert Rapilly :

    Sur une prosodie haïku caser
    anacoluthe et barbarismes en
    puisant dans l’actualité. La
    gématrie = 555 en 44 lettres
    et les vers sont isocèles si
    police à chasse fixe.... Rbt_

Bernard Maréchal (1) : Belle absente


Gilles Esposito-Farèse : Selon la transcription en morse de Nicolas Graner, les monosyllabes deviennent un point et les dissyllabes un trait :
-.-. / – – – / …- / ..-. / . / ..-. / .
[Et bien sûr le dernier vers est un pangramme]


Bernard Maréchal (2) :


Un sonnet COVFEFE d’acrostiches à plat,
pour un quatre juillet : hommage au cancrelat
twitteur peroxydé, féru de pugilat
verbal, caractériel au sommet de l’État…


Nic Sirkis : Belle absente


Noël Bernard-Talipo : Belle absente


Posté sur la liste Oulipo le 4 juillet 2017.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

le diable qui voulait chanter

Fol venu des cloaques,
complice des termites,
des planches aboutées
que ce géant gravisse !
Qu’aux dames apeurées
fasse perdre semaille !

L’aube de feu émaille
grumes, épines, cloques
qu’aux combes apurées
ébarbent deux ermites,
afin que Dieu ravisse
âmes en croix boutées.

Sous de calmes bouées
va dérivant la maille.
Oh ! L’intrus se ravise,
dit aux hommes cloués :
« Un divin chant émîtes,
ô brasseurs de purées.

« Voix câlines et pures
à mes yeux font buées,
rongés comme, de mites,
lainages mis en malle.
Hommes que j’ai loués,
et qu’à ce jour avise,

donnez moi votre avis
( chut, géhenne qui pues !).
Règles avez-vous lues
que force hontes bues
ôtent de ma voix mâle
son qui ravirait mies ? »

Oblats de lui ont mis
le cas dessus les ais :
« Tu fais certes le mal.
Il faut sécher le pus.
Stoppe ton triste bus,
nos ratafias bois-les. »

Chanter mi, tu l’as pu !
car tu as beaucoup bu,
près de ma cave, au lé.

Après mon poème «  L’attendrissement », hommage à l’Oulipien récemment décédé Harry Mathews qui reprenait une contrainte, proposée par ce dernier, de N-ine à anagrammes croissantes, Gilles Esposito-Farèse a proposé (et illustré par un magnifique poème) l’idée de réaliser une sextine dans laquelle les anagrammes croissantes soient obtenues par adjonction progressive d’une lettre sans changer l’ordre. Aux six strophes de la sextine est ajoutée selon la tradition une tornada dans laquelle les six mots sont repris une dernière fois. Dans cette version, comme dans celle de GEF, les anagrames sont utilisées dans l’ordre décroissant afin de pouvoir mettre dans la tornada les mots de taille minimale : mi, pu, as, bu, ma, lé. La version ci-dessus est munie d’une ponctuation, ce qui cache une contrainte supplémentaire d’isocélisme visible dans la version originale ci-dessous.
Posté sur la liste Oulipo le 6 février 2017.

fol venu des cloaques
complice des termites
des planches aboutées
que ce géant gravisse
qu'aux dames apeurées
fasse perdre semaille

l'aube de feu émaille
grumes épines cloques
qu'aux combes apurées
ébarbent deux ermites
afin que dieu ravisse
âmes en croix boutées

sous de calmes bouées
va dérivant la maille
oh l'intrus se ravise
dit aux hommes cloués
un divin chant émîtes
ô brasseurs de purées

voix câlines et pures
à mes yeux font buées
rongés comme de mites
lainages mis en malle
hommes que j'ai loués
et qu'à ce jour avise

donnez moi votre avis
chut géhenne qui pues
règles avez-vous lues
que force hontes bues
ôtent de ma voix mâle
son qui ravirait mies

oblats de lui ont mis
le cas dessus les ais
tu fais certes le mal
il faut sécher le pus
stoppe ton triste bus
nos ratafias bois-les

chanter mi tu l'as pu
car tu as beaucoup bu
près de ma cave au lé

Oripeaux : Précédent Suivant