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Holorimes préélectorales

Gueule de bois des électeur prolétaires. Se voyant plus démunis que des poètes réduits au silence, ils préfèrent briser là et retourner à leurs occupations.

O l’an : de nouveau l’œnomanie fait station
Oh l’an d’eux nous vaut le nome à niffer. Ce tas scions.

Holorimes : lus à haute voix, les deux vers sont identiques.
Peut-être même un troisième sens pourrait-il surgir sans crier gare.
Posté sur la liste Oulipo le 9 janvier 2012

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Pangramme pour écrivain manchot

Mon joli ko: philo ou yin ?

Un « pangramme pour manchot »  a été proposé sur la liste Oulipo par Jean Roche:
«  Le pianiste Paul Wittgenstein étant revenu manchot de 14-18, divers musiciens dont Maurice Ravel, Richard Strauss, Sergueï Prokofiev, ont composé spécialement pour lui. On a quand même bien dû faire le pangramme pour écrivain manchot ?
WEBER GREFFEZ CE QATAR VERT DE SEXE »
Le 31 décembre 2011 j’ai envoyé en réponse la contribution ci-dessus avec le commentaire suivant:
Pour un autre écrivain manchot (de l’autre bras), amateur du jeu de Go.

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C’est un saccage

C’est un saccage de veines, de thrombocytes et de plaquettes. Il est plongé dans la lypémanie, la hideur et l’hystérie au bord de la démence. Un brusque coup de téléphone et une peur pernicieuse a coupé sa pompe à oxygène jusqu’à l’étouffement. Nets ou diffus, les thrombocytes, lui dit-on, fomentent le figement général de son sang. Contre la circulation de ce fluide s’immiscent de mouvants faisceaux de plaquettes proliférant comme en champagne les bulles. Ses veines s’arc-boutent contre l’afflux sinistre de ce poison que ne vaincront ni l’hématologue ni son hydréa. Ce tourment, il faut le supporter sans espoir. Le venin arrive partout. Ecoutez le gong du soir.

Contribution adressée le 16 décembre 2011 à « l’oulipien de l’année 2012 » sur le site Zazipo, rubrique consacrée à un extrait intitulé « C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie… » signé Harry Matthews. La contrainte suivie (décrite comme homosyntaxisme) consiste à remplacer les mots du texte de départ par des mots de nature équivalente (verbe pour verbe, etc.)

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ananyme anonyme

Nous portions en nous
les nourrissons de demain:
nous sommes des bouffons
car nous cochons des curetons dans vos salons
et ne rejetons
poivrons,
rognons,
marrons,
bières
ni vers des moucherons.

Participation à un « ananyme anonyme » proposé par
Gilles Esposito-Farèse le 18-10-2011.Il s’agissait de composer un texte en utilisant exactement la liste de mots proposée.
La liste des mots était:
bières bouffons car cochons curetons dans de demain des des des
en et les marrons moucherons ne ni nourrissons nous nous nous
nous poivrons portions rejetons rognons salons sommes vers vos

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transports

âme  intacte
obstinément   refuse  une  amitié   grise
une histoire isotherme épaisse et feutrée
respire
laisse chez elles  les humeurs apaisantes
enfin   déclenche   le   séisme   hurleur
songe
les fleurs des prés se fanent  silicosées
le  milieu  naturel  flingue  le   semeur
le sage
caractère  autrefois  calme  et  généreux
le  crâne   fissuré   gesticule  et  sert
autrement
les aimantes  pensées  recuites  en  fiel
le chêne penchant  sectionne  ses racines
le crépuscule
se glisse ocre linceul
                        ne  rien  confier

Contribution à l’opération « Dis moi dix mots » envoyée le 3 décembre 2012. La liste des mots était âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports. Voici la description que j’en ai faite sur la liste Oulipo:
D’abord, quel est l’intrus dans cette liste de mots ? « transports » car c’est le seul ne comportant pas de « e »: j’en ai fait le titre. Tous les autres mots figurent à raison d’un tous les deux vers.
Ensuite, quel est le PPCA (plus petit commun alphabet) de ces dix mots ? acefghilmnoprstuz
Donc tous les mots de ce texte sont écrits dans cet alphabet, et -sauf le titre- comportent la lettre e.

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11 02 2011

Ce jour fut pour lui palindrome
Où le début rejoint la fin
Il but un cocktail polychrome
Puis il s’enfuit vers les confins

11 02 2011:
Si !  Moubarak, ara bu : omis

Publié le 12 février 2011

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éclaircie

tout est dévasté
la plaine coule en pleurant vers son fond
le souvenir des esquives
des soubresauts désespérés
des courses aléatoires
fait encor se déchausser nos dents tambourinantes

puis un rayon jaillit
limpide écharasson jeté oblique jusqu’au ciel
aveuglant sentier de poussières fourmillantes

nos yeux s’y sont lancés
nos cœurs ont fibrillé
nos jambes ont dansé
nos gorges ont hurlé

toi l’amour qui mets en route
tu brûles de ton feu nos tristes certitudes
nous courons
une torche à la main
chevauchant des monstres salvateurs
ivres d’avoir tué la mort

Publié sur Talipo le 7 juin 2011

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Al toro sin cuernos

Je vaque, dévoyé, -ou veuf, – ou dégommé,
Vieux doge de Padoue. Ô bée, abîmé, dôme.
Du feu qui a fugué, du vivide oud aimé,
J’évoque fade vide, aboi qu’avive baume.

Ogive du koubba : qui m’y bagua pâmé ?
Ah, qui a vu magique Adige où voguai, môme !
J’ai humé mauve à Pâque où ma foi m’a paumé,
M’égaya hampe du gamay doux à ma paume.

Qui : homme ? Jéhovah ? Qui : pape ? mikado ?
Je divague, ébahi du gage de ma dame ;
Igue me piège, abîme où m’aime apode femme.

Evadé de Yama, mimai fameux judo.
Beau maqam dédiai, de ma gigue kiffée,
Aux aveux de ma mie, aux appeaux de ma fée.

Une tradition chez les Oulipotes est de réécrire le Desdichado de Gérard de Nerval en appliquant diverses contraintes oulipiennes. Par ailleurs Georges Perec a popularisé par sa contrainte des « ulcérations » ( non appliquée ici ) la liste des 11 lettres les plus fréquentes : ESARTINULOC. Sur la liste Oulipo, Gilles Esposito-Farèse a lancé un défi lipogrammatique : réécrire le Desdichado en s’interdisant les consonnes de cette liste S,R,T,N,L,C. Les réponses sont tombées aujourd’hui à midi, incluant bien sûr celle de Gef, et toute une série d’autres remarquables sonnets. On trouve ici ma réponse. Je remercie Gef pour son aide sur le titre, qui constitue un Beau présent sur ESARTINULOC.
Posté sur la liste Oulipo le 4 février 2019.

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Independance Covfefe

In this July 4th, the USA celebrate the « Independance Day». On this occasion several members of the list Oulipo join me to offer a gift to the American People for this special day and to President D. Trump for his first creative and useful initiative. All texts are inspired by the word « Covfefe».

Robert Rapilly

 À qu’emprunte Mur
 ô Mexique Covfefe
 fors ta bravitude

Bernard Maréchal

Mystérieux covfefe, bel absent du Harrap’s.

Big Donald, j’ai tweeté le mythe qui vous frappe,
Un jeu privé, chaud, bref, mystère linguistique :
Me suis-je handicapé, cortex frontal qui bouge ?
Nouveau lexicographe, aux bords du JE, mutique,
J’avançai tout blafard, hop ! Samsung au maquis,
Sur mon clavier qwerty je bigophonai, vide.
Puisqu’hybris m’avait fui, j’ai pondu « conjugal ».

Gilles Esposito-Farèse

Lorsque le Donald brame,
notre toile s’enflamme
et j’ose un pangramme.
Mais pour celui-ci
mettre
moins de trente-six
lettres :
Excusez le D. John Trump qui bégaye « kowfeve » !

Bernard Maréchal

Comme on voit fanfaron et farouche étalon,
Crinière orangé vif, fers en feu, encolure
Cambrée, obscène, vil, faire étrons fous, enflure
Crasse, ogre vert, fielleux, en folâtre érection,

Coboille on veut foncer, et fourbir éperon.
Cet ours verbeux fulmine et, fracasse-écriture,
Cabotine ou vagit, feint être fine épure.
Cheveu oint, vieux fripon, et fucking électron,

Cet ovni vaniteux fume et fouaille, ébruite,
Clavier ou voix fébrile, et fausset enroué,
Chef ou voyou, farceur et fâcheux enjoué,

Crie « On verra ! », fébrilement, et fuit ensuite.
Cool ! On vota ? Fiasco ! États font élection !
Clinton, on va flinguer et finir éviction !

Nic Sirkis

When Mike Quigley veut faire barder la perestroïka-jet-set
Vive les gais tweets jutant du fier président qui embaument les archives
À jamais ! La glasnost suffoque, le ketchup déborde
Jusque sur les gris Champs Élysées où les beaux Donald et Macron, TV
Focalisant sous drus flashs, via Jupiton accolant Trump – son big coq-Pinocchio –
Ce mémorable vendredi quatorze juillet deux mille dix-sept, l’heure des geeks :
Du Schtroupf ripoublicain anti-virus au QG du Jupit-Amphitryon ajustant son boxing-gant…

Noël Bernard-Talipo

Un flambeur jargonnant, pris de hoquets, s’en va,
Humant gras champs de blé qu’effluve cajun baigne.
« Qui prit faucheurs latins ? Jobards gâchent mon règne.
Vite mon colt chargé, que plombs dansent java !  »
Gonflant jabot, shampooing brut, coq fait sa diva.
Ses doigts crochus jusqu’Alabama vampent, saignent.
Ca plaît : nasdaq, majors, bigots, hounds font vivat !


Voici les explications jointes par les auteurs :


Robert Rapilly :

    Sur une prosodie haïku caser
    anacoluthe et barbarismes en
    puisant dans l’actualité. La
    gématrie = 555 en 44 lettres
    et les vers sont isocèles si
    police à chasse fixe.... Rbt_

Bernard Maréchal (1) : Belle absente


Gilles Esposito-Farèse : Selon la transcription en morse de Nicolas Graner, les monosyllabes deviennent un point et les dissyllabes un trait :
-.-. / – – – / …- / ..-. / . / ..-. / .
[Et bien sûr le dernier vers est un pangramme]


Bernard Maréchal (2) :


Un sonnet COVFEFE d’acrostiches à plat,
pour un quatre juillet : hommage au cancrelat
twitteur peroxydé, féru de pugilat
verbal, caractériel au sommet de l’État…


Nic Sirkis : Belle absente


Noël Bernard-Talipo : Belle absente


Posté sur la liste Oulipo le 4 juillet 2017.

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