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Solutions des doubles bêtes

Les doubles bêtes sont des mots croisés 6×6 sans case noire.
Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent: le 1er vers ne comporte pas la 1ère lettre du mot à définir, etc. (la contrainte complète donnerait trop d’indications sur le mot cherché)
Donc, horizontalement comme verticalement il y a six poèmes de 6×6
Ces deux 6-6-6 justifient le nom de « la double bête »

La double bête 1:

Les définitions sont ici

R E C A S A
E L I M E R
T E T E R A
A V E N T S
M E N D I E
E S T E R S

La double bête 2:

Les définitions sont ici

 R E T A P A
 E T A L A T
 C I T E N T
 I R I S A I
 T E N A I S
 A S S I S E

La double bête 3:

Les définitions sont ici

 T R A M A T
 R E S U M A
 E P I L E R
 M E N E N T
 P R E T E E
 A E R E E S

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Zeppelins

Les « avions » introduits par l’Oulipienne Michelle Grangaud sont composés en utilisant des abréviations, c’est à dire en enlevant des lettres à un mot. Par exemple « avion » est une abréviation d’« abréviation ». Robert Rapilly vient de proposer sur la liste les « zeppelins » qui sont l’opération inverse d’ajouter des lettres à un mot. La contrainte dure telle qu’énoncée par RR impose de plus que chaque mot du texte obtenu commence et finisse par une lettre du texte source. Je propose une version douce s’affranchissant de cette contrainte supplémentaire.

Premier essai :

Ayant reçu le message suivant envoyé sur twitter par @HugoLeMaltais
« Être poète, ne suffit pas. »

J'ai répondu en zeppelinant ( contrainte douce ):
« Entre prophètes, haine soufflerait paradis. »

Ainsi s'explique la virgule étrange dans la phrase initiale : il y avait un sens caché ! 

En suivant la contrainte dure, on pouvait mettre :
« Entre, prophète. Nuisance soufflerait paradis. »

Deuxième essai ( contrainte douce )

Au poète, un bavard oiseau
Causait fort, lui cassant la tête.
Le malheureux, snobant la fête,
Dut s'enfuir au delà des eaux.


À Maran, ara palabra : " Nada !" Là, cala d'anar bal : à Paraná rama. 

( à partir du célèbre palindrome « A man, a plan, a canal : Panama » dû à Leigh Mercer )

Posté sur la liste Oulipo le 27 septembre 2021

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La double bête 3

On part d’une grille de mots croisés 6×6 sans case noire.
Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche de la belle absente : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot.
Contrainte sémantique: chaque sizain doit vraiment donner une définition du mot.
Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6.
Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête. Cette formule est utilisée ici pour la troisième fois ; on peut retrouver les doubles bêtes 1 et 2.
Posté sur la liste Oulipo le 31 janvier 2016.

https://i0.wp.com/cluster015.ovh.net/~talipo/wp-content/uploads/2016/01/grille-double-bete.jpg
Horizontalement:

A
Que l’homme au sombre cœur,
Tissant de nuit sa toile,
Ourdît un piège noir
En un secret couloir
Pour, revêtu d’un voile,
Se rendre enfin vainqueur.

B
De ce speech indigeste
Qui laissait assourdi,
Rayant adroitement
Redite, bégaiement,
Parenthèse funeste,
L’essentiel nous rendit.

C
Toison qu’on voit surgir
A l’ombre de l’aisselle,
Adorable donzelle,
Venez éradiquer
Pour n’ici point rougir
D’un physique moqué.

D
D’un flot de points raflés
Ils ont, au long du match,
Plus que leur adversaire,
Bâti l’octroi du scratch.
L’étau qui se desserre
Les libère, envolés.

E
Ce n’est en rien un don,
Cette gemme au vert pâle
Qu’aujourd’hui sur ton col
J’allie à ce beau hâle,
Pour un soir lourd d’alcool
Où luira corindon.

F
Un souffle enfin pénètre,
Offrant un parfum frais
De pistils envoûtants
Aux maisons du marais.
Avis aux habitants :
Ouvrez chaque fenêtre.

Verticalement:

1
La flamberge d’acier,
Qu’ensanglantait la flamme,
Il attrapa soudain.
Où se glisse l’ondin
S’abattant, belle lame
Mugit, tel supplicié.

2
Enfin c’est le fanal
Dont nous voyons surgi
L’amer, et qui nous guide
Sous l’horizon rougi,
Quand la vague languide
Sans fin bruit au canal.

3
Je suis devenu bête
A perdre mon latin.
Où se trouve ma tête ?
Ma mémoire est volage.
Si tu as du plantain
Donne-m’en le potage.

4
Au creux de sa coquille
Elle attend dans le temps
Sans rire et sans courir.
Un courant froid montant
La frôle de sa vrille
Jusqu’au jour où mourir.

5
Elle qu’on vint chercher
En sa pauvre cachette
Au son du tambourin,
Je la veux, je l’achète !
Fit l’infant qui louchait,
Haussant son cou taurin.

6
De leur disque lunaire,
Sous un plein-cintre noir,
La face en se gonflant
Prend le bronze du flan
Pour offrir au manoir
Un prodige ordinaire.

La solution est ici.

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La double bête 2

On part d’un mot croisé 6×6 sans case noire
Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent : le n-ème vers ne contient pas la n-ème lettre du mot.
Contrainte sémantique: ils doivent vraiment donner une définition du mot
Donc dans chaque sens il y a six poèmes de 6×6
Ces deux 6x6x6 justifient le nom de la double bête
(Posté sur la liste Oulipo le 11 mai 2012).

Horizontalement:

A
honteux à sa machine
au tic tac soudain tu
repéra la coquille
l’omission de cédille
froissa l’acte contus
récrivit ses lettrines

B
passion montant d’un cran
face au brelan de reines
eût-elle en ce soir gris
chargé de mistigris
dû présenter sereine
son carré de rois francs

C
le parfait assassin
tous veulent au procès
l’assigner sans délai
car à la cour il plaît
de stopper les excès
d’un odieux spadassin

D
astre à l’ardeur fusée
en tumulte joyeux
d’outremer et garance
je plaquai la brillance
de mes pigments soyeux
sur la pure rosée

E
à deux mains malhabiles
au froid d’un soir mauvais
où tremblais  sous le porche
blême en reflet des torches
tes pouces gourds clavés
à la ration civile

F
tu surgis du couloir
au train de l’infirmière
et du fauteuil roulant
tu t’accoudes voulant
reprendre mine fière
tu souris au parloir

Verticalement:

1
il avait bien en tête
trois quatrains d’un ami
il monta sur l’estrade
précédant la parade
par des vers insoumis
et tout s’emplit de fête

2
jours aux jours s’ajoutant
quand s’égrène l’ennui
temps morts où l’on marmonne
allongés monotones
du matin à la nuit
dorment comme un étang

3
parfums de caramel
bouts de pommes qui dorent
amour de demoiselles
saupoudrant de cannelle
et la pâte s’accore
aux morceaux d’or charnel

4
monstre rogue et sévère
commande numérique
j’y fixai mon outil
un axe débruti
de forme cylindrique
se creusa en tuyère

5
son fleurage doré
pour unique richesse
offrait aux temps passés
son pivot enfoncé
que le serf en détresse
à grand faim dévorait

6
tout près de l’extinction
sur la braise encor chaude
darde le bouffadou
sous un long souffle doux
la flamme rampe et rôde
soudain court la passion

On trouvera la solution ici

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La double bête 1

On part d’un mots croisés 6×6 sans case noire
Chaque définition est constituée de 6 vers de 6 pieds sur un principe proche du bel absent: le 1er vers ne comporte pas la 1ère lettre du mot à définir, etc. (la contrainte complète donnerait trop d’indications sur le mot cherché)
Donc, horizontalement comme verticalement il y a six poèmes de 6×6
Ces deux 6-6-6 justifient le nom de « la double bête »
(Envoyé le 5 février 2012 sur la liste Oulipo)


123456
A
B
C
D
E
F
Horizontalement:

A
lendemain d’élection
sortant d’un isoloir
un sombre président
déchu de ses fonctions
trouva un job au noir
près de ses confidents

B
d’un joli pantalon
aux motifs chatoyants
à prolonger l’usage
au delà de son âge
garnir d’un trou  voyant
l’étoffe et le galon

C
la chaleur d’une mère
au nourrisson blotti
en sève nourricière
s’offrira instant fort
puis l’enfant tout petit
repu sourit et dort

D
les horizons brumeux
jalonnés d’espérance
futurs gros d’inconnu
la comtoise se meut
qu’on surveille en silence
à l’aube au jour ténu

E
elle est devant la porte
la main s’arrondissant
et le regard baissé
qu’ignorent les passants
elle peut être morte
chacun va chacun sait

F
doux alcool assorti
au mordant de l’acide
mariage coupable
d’un clapot amorti
de chatoyance instable
un parfum naît limpide

Verticalement:

1
il tombe de fatigue
pris d’accablants frissons
refuse d’avancer
ses pleurs rompent les digues
il voit le sol danser
il mugit sans un son

2
gamins toujours vivants
prêts à prendre une route
sans poids ni tradition
l’oreille est à l’écoute
d’un discours captivant
ouverte à l’émotion

3
ils ont lu tant de livres
les mots sont tous présents
vivaces comme flammes
on voit surgir grisant
que guillemet délivre
l’or pur sous leur calame

4
un jour ensoleillé
j’allais à fond la caisse
un dispositif gris
à l’air ensommeillé
a flashé ma vitesse
on subira son prix

5
façonnant un calice
dans l’or pour un rubis
aux éclats abyssaux
l’ouvrier a fourbi
au creux de ce vousseau
un flamboiement duplice

6
ce mont qui te domine
aux imposants pitons
de cèdres couronné
tu veux le tamponner
tout roc fayard mouton
cède au bull qui lamine

On trouvera la solution ici

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Portrait en anagramme

Soir: sac à zyklon





Participation à une série d’envois de « portraits en anagrammes » par différents membres de la liste Oulipo.
J’avais mis le commentaire suivant:
Un peu poussé, mais avec des lettres pareilles difficile de faire grand chose d’aimable. Avec des gens pareils on n’a pas beaucoup de choix.
Publié le 17 janvier 2012

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Héméroméride – octobre

L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois d’octobre.

1er octobre – Journée Mondiale du chocolat

Bernard Maréchal

Papa fait du chocolat,
Petit frère a picolé,
Maman cuit du brocoli,
Grand-père est un rigolo,
J’aime mieux les Figolu ®.

(babebine sur le mot-clef)

Elisabeth Maitre

Toto attacha
Lola, hala cachalot,
cacha cacao

( beau présent )

Annie

Lasagnes à l'artichaut
Copieux panier d'abricots
Chaud-froid de pommes "gala"

( acrostiches inverse à gauche, direct à droite )

Jacqueline Morel

Tentation exquise
Mille délices subtils
Désir assouvi

( gâteau d'anniversaire : un I -la bougie- dans chaque mot )

Alexandre Carret

Chaque holà alla au choc :
- Hola, Cash ! Cache à l’eau la kalash ! 
- Allo Chacal, le Cachalot la cale au cachot.
- Coche là-haut ! Le chocolat à l’eau choque.
- Chaud chaud, Coco, là, lâche au col !
- Ah ah ! Le chat colle la coke au cola à la chaux.

Ariane Musarde

En tasse bien chaud
Après le cocorico
L'aube l'avala

Jacqueline Jacquadit

Si bis apéro à cacao, repas Ibis !

( palindrome )

Noël Bernard-Talipo

Le patron n'admet pas qu'au pastis on préfère
Un noir breuvage au lait qui ronge l'intestin.
D'une voix de flûtiau Panisse un peu tempère
Son ami dont le fils est parti ce matin.

   Rasé, cria : 
   « Té, chocolat : nitro net ! » 
   Ténor tinta l'oc : 
   « Oh cet air, César ! »


( palindrome )

2 octobre – Journée mondiale du sourire

Bernard Maréchal

J’aime ton sourire,
Ma souris pince-sans-rire.
Je le dis pour rire…

Car tu sais, pour un sou, rire.
Je t’aime pour ton fou rire.

(tanka sur mot-clef)

Elisabeth Maitre

Par ton Sourire Offre
Un Répit Inattendu
Ravivant Espoir

( acrostiche de lettres par mots )

Alexandre Carret

           Elle me   soutire
Un bien trop triste  sourire
        Qui la fait  souffrir.

   Je recommence et  soupire
    Trop de peine à  assouvir.


( prosonomasie )

Jacqueline Morel

Sous le rire : joie
Sous le rire : moquerie
Sous le rire : larmes

( anaphore )

Ariane Musarde

Oser risée sue
User sûre ruse sœur 
Sourire rosé 

( beau présent )

Annie

Quel petit rongeur court dans l'herbe ?
Souris verte

Passant par là qui est surpris ?
Le chat gris

Qui attrape-t-on par la queue ?
L'un des deux

Le dernier vers conte une perte
Buvez à tire-larigot
L'huile et l'eau, tout chaud l'escargot
Le chat croqua la souris verte

( ovillejo )

Noël Bernard-Talipo

sombre ? - aigreur
noir ? - rogne
profond ? - colère
sépulcral ? - rage


sourd ? - ire


( chicago )

3 octobre – Journée des virus

Bernard Maréchal

Voici le virus !
Il me garnit de mucus,
Remplit mes sinus.

Un beau corona virus,
Sans bruit, ça frappe au plexus.

(tanka acrostiche)

et

Quand je les chauffe au gaz, peste ! Gare aux microbes
Que je fauche, velus, beaux, merdes pathogènes !
Mon chef maudit veut bien que je les gaze un peu.
Je vois les gaz lâchés de cinq captifs microbes.
Jetez grand wok vichy ! Piquez le faux microbe !

( belle absente )

Alexandre Carret

Je chope un virus
Bloqué au paddock, je tweete :
Zyklon ou faux-mages ?

( haïku-pangramme )

Annie

Les virus ? Sur les virus je n'ai rien à dire.
Le virus confine au logis
Sourire masqué, c'est permis.
Les vaccins ? Sur les vaccins je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Elisabeth Maitre

Vaurien Intrusif
Ravageur Universel
Satané virus

( acrostiche de lettres par mots )

Jacqueline Morel

Comme un leitmotiv
Tourne à l'infini
L'annonce d'un grand danger
Sombre espoir déçu
De vivre de meilleurs jours

( HOG – télostiche )

Noël Bernard-Talipo

Suivis Sirius :
Vis urus, sur ru ! Suri.
- Ris si suis si sûr.

( beau présent )

4 octobre – Journée Mondiale des animaux

Bernard Maréchal

Veaux, agneaux, chevaux,
Nous aimons les animaux,
Gigots et cuisseaux.

Mais quand l’animal nous mange,
C’est bizarre, ça dérange.

(tanka)

Annie

une souris rose
conserve en son cœur
un moineau morose
un vanneau rêveur.

une souris noire
venue s'aérer
conserve en mémoire
un âne rusé.
 
incarcère en vain
un croco maousse
un saumon commun
un murex carmin
un morse amusé
avec son ivoire
en rien ne va croire
ces vers arrosés 

Elisabeth Maitre

Manu, mini nain
mima ma maman, mina
Max, iman ami

( beau présent )

Jacqueline Morel

Vite se cacher !
La ronde du prédateur
Menace, farouche

Art inné, dissimuler
La nuit luit, ombrageux flux

( primitive du mot « animaux » dans le dernier vers )

Gérard Le Goff

Les animaux vivent
Au sein des gros dictionnaires
Pleine liberté

Ils vont de fables en contes
Éléphants loups et cigales .

Alexandre Carret

             ஐ MENU DU JOUR ஐ  
                     ღ
     ஐஐ    Foie gras d’éleveur   ஐஐ
     ஐஐஐ Cuisseau de chasseur  ஐஐஐ
       ஐ     Cervelle de PDG.     ஐ
                    ღღ

Ariane Musarde

Renard alléché 
Cigale enchantée l'été 
Animaux perchés 

Noël Bernard-Talipo

L'animal savant
Traversa l'arceau flambant,
Dansa, salua.

Parada le saltimbanque.
Partant l'encagea.

( deux "a" par mot d'au moins 2 syllabes )

5 octobre – Journée Mondiale des enseignantes et des enseignants

Bernard Maréchal

Insensé,
Satan entêté,
Si tes enseignants te saisissent, 
Tes agents nantis, gâtés, étatisés, saignants, 

Sans gaieté
Et niant ta tête,
Et si tes enseignants te saignent, 

Agissants,
Enseignants gagnants, 

Geins assis !


(adresse à un ministre et bigollo en beau présent)

Annie

Les enseignants et enseignantes ? Sur les enseignants et enseignantes je n'ai rien à dire.
L'amour entre ombre et oubli
le savoir niche dans les plis.
Les concours ? Sur les concours je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Jacqueline Morel

En pleurant
En priant
En hurlant
En souffrant

En saignant

( chicago )

Alexandre Carret

L’enfeignant, en feignant d’enseigner, enfreint l’ancienne insigne.
L’enfant enseigné n’en sait néant.
C’est en enfer qu’on enferme un enfaignant fainéant.
C’est en saignant qu’on encense un seigneur.
C’est un fait.

Noël Bernard-Talipo

L'enseignante et l'enseignant
Au soir quand la mi-nuit tinte
Quand du froid souffle la plainte
Lisent encor d'un œil clignant

La mouche tourne et brondit
Dans la clarté monotone
Le stylo rouge griffonne
Biffe la faute et le mal dit

L'un soudain lit oh bonheur
Un devoir pure merveille
Bon comme jus de la treille
Fatigue fuit chante son cœur


( clotilde )

6 octobre – Journée mondiale de la paralysie cérébrale

Bernard Maréchal

Jeux de geek chétif ?
Paralysie cérébrale ?
Moquez-vous, swinguez.

(pangramme de 52 lettres)

Elisabeth Maitre

J'ai la matière grise
qui est au point mort
les neurones en crise
interdits d'efforts

Y'a eu expertise
sur mon triste sort
et j'ai la hantise
d'être sans ressort

( sélénet )

Jacqueline Morel

Vie anéantie
Flotte en néant abyssal
Le rien infini

Errance intersidérale
D'une étoile évanouie

( Bouts rimés – Utilisation des rimes des mots-clés )

Jacqueline Jacquadit

Idées englouties
Paralysie cérébrale 
Vivre est un naufrage.

Remède ? L 'océan n'a école de mer !

( palindrome )

Noël Bernard-Talipo

pourquoi donc
ainsi trouble
rompt bonheur
autour naître
lenteur plomb
y noient jour
seul lourd va
iodlant saoul
esprit sombre

( isocélisme et double acrostiche )

7 octobre – Journée mondiale d’action pour le travail décent

Bernard Maréchal

Pour rendre décent
Le travail, cette torture,
Ce mot indécent,

C’est la lutte à cent pour cent :
La grève sans fioriture.

(tanka sur le mot-clef)

Jacqueline Morel

 ( girondeau )

Alexandre Carret

Travail des enfants,
Travaille ! Descends à la mine !
Travail des sans-dents

Travail des cent pas perdus.
Travail décent ? Pas à moi !

( explicitation :
Travail décent -fants
Travail décent dans la mine
Travail décent dents

Travail décent pas perdus
Travail décent ? Pas à moi ! )

Annie

ici la terre avilie
la vie étrécie,
trace dévalée
ici l'ancre, le cratère,
ici le cercle de l'activité invalide
vite, vite, vite
la trivialité étêtée, cravatée

en vain ce cri, rien n'a retenti

tard attendre
le dernier client -
et -- ventre édenté
crever de ne rien créer ?
ni lait ni vin ni tartine
ni récit ni carte

avertir
dire : rêve d'art
dire : trêve décennale
dire : vacance éternelle
ça vient ? ça viendra ?
décrire ce vert éclat
ce vivre vertical, tête en l'air,
le vrai talent d'être
le ciel étincelle enclin à la cité
l'atelier de tel tendre avenir

l'avertir
il rirait, ivre, écarlate
irait enlacer la crête


( beau présent ) 

Noël Bernard-Talipo

Sans
Sel,
Sans dents,
Le travail
Sans cesse descend.
Cesse le travail, essaie, danse.

( Fib )

8 octobre – Journée mondiale du poulpe

Bernard Maréchal

Du poulpe au polype
Ou du crabe au carcinome,
L’animal fait mal,

Du décapode au cancer,
De la pieuvre à la mafia.

(tanka sur mot-clef)

et

Le poulpe aux yeux d’or
Étire ses huit longs bras
Puis bâille et s’endort.

Cet octopode à ventouses
Roupille au fond, bien pépouze.

(tanka sur mot-clef)

et

Le maître nous fait vérifier
Les mètres pour bien versifier.
Il nous apprend à bien compter,
Pas sur les phalanges des doigts,
Ni sur les pieds, mais dans l’oreille.
« Aujourd’hui c’est le jour du poulpe :
Écrivons lui un beau poème. »
L’octopode, a-t-il huit syllabes ?
L’octosyllabe, a-t-il huit pieds ?
Quand le poulpe vient aux casiers,
Avec deux bras de moins que crabe,
Ton « Octopode » a trois syllabes,
Et quatre pieds l’« Octosyllabe ».
Le jour du poulpe, on n’a plus faim.

Nicolas Graner

Pour bien cuire un poulpe,
On doit préparer son coup.
Un ami a donné ce conseil :
Laissez-le griller un peu,
Posé sur un petit brasero,
Et ne le tournez pas trop.


( acrostiche et télostiche inversés )

Elisabeth Maitre

Poule pelée pue
pullule, pollue le pôle
épopée loupée

( beau présent )

Jacqueline Morel

Tentacule ondule
Poulpe mol
Louvoie, solitaire


(Trident – Envolée : je propose cette contrainte où chaque mot utilisé contient la lettre « l » (aile)

Annie

stoppe ‒ insupportable
impopulaire palpeur !
poulpe palpitant


( deux P par mot )

Alexandre Carret

Je lui gratte le nez. J'étrangle les turbots.
Moi, je ne sers à rien. Je suis le clignotant.
Quand je m'agite ainsi, tout le monde recule.
Je fais ce que je veux car je suis dans son dos.
J'ai trop honte pour dire à quoi je sers vraiment.
J'ai huit doigts pour compter toutes mes tentacules.
Image

et

Dieu Poulpe à Rhodes, aristo, fabriquait une belliqueuse trottinette

( Zeppelin obtenu à partir du vers « Du pôle à Rosario fait une belle trotte » trouvé dans les « 100 000 000 000 000 de poèmes » de Raymond Queneau : DieU POuLpE A RhOdeS, ARIstO, FAbriquaIT UNE BELLiqueusE TROTTinettE )

Noël Bernard-Talipo

Pupille lippu,
Appelé, palpe, papouille
Papale papule.

( dans chaque mot, au moins 1 L, au moins 2 P, pas d'autre consonne )

9 octobre – Journée mondiale de la poste

Bernard Maréchal

Poster une lettre,
Oublier de l’affranchir.
Seller son cheval,

Trotter jusqu’à perdre haleine,
Et kidnapper le facteur.

(tanka acrostiche)

Nicolas Graner

Léo pelote sa pote. Attelée à la télé,
La pétasse, pas lassée, est épatée à sept spots :
L'étape Espelette-Aoste a passé le Lot, les Alpes ;
L'aloès et le pastel ; le Laos et la potasse ;
Les septolets à l'alto ; tel sot people est pâlot ; 
Le Pape et l'apostolat ; le pesto, le sel, les pâtes.
Sa patte posée à plat, Léo se tape la tête.

( beau présent )

Alexandre Carret

Postéropoderez-vous   la    petite   peste ?
Ostensiblement,  elle aura brouillé la   piste
Stendhalorimbaldinienne en croquant la paste.
Tergiversez-vous   encor quant à la   riposte ?
Emberlificoteurs,  scribes  de  palimpseste !

( explication :
POSTE  .... pEste
OSTE ........ pIste
STE ......... pAste
TE ........... pOste
E ........... pSEste )

Jacqueline Morel

Apéro pour potes
- Tu optes pour des grignotes ?
- Des toasts au pesto !

(Anagramme du mot-clé dans chaque vers)

Ariane Musarde

Fait-il vraiment foi
A-t-il un timbre de voie
Ce pli à cachet ?

Elisabeth Maitre

A la poste il stoppe
Topette en poche, il empeste
pastis et pesto
Pèse plis et enveloppes,
poste ses petits paquets

(tanka de mots avec la lettre "p")

Annie

Ose Épépé ! Pose
tes os, tes pots et popotes
oppose épées, épopées.
Épépé, tes potes
poètes, Ésope et Poe .

#héméroméride par Annie ( HOG et beau présent ; Épépé est le titre d'un roman de Ferenc Karinthy et le nom supposé du principal personnage féminin. )

Jacqueline Jacquadit

Attal, le pote de l'apostat pesta :
Pelote ta salle, appâte la, teste la, tâte l'épopée ;
A tes opposés pèle les sens, pète les plots, salope les postes ;
Poste ta potée et ses pelletées !

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Bureau de commandement.
Fidèle à son équipage ,
le cachet faisant foi restante.
Paquet de travail : pilotage d'aiguillage, galène, radio.
Où se trouve la clé de secours ?

( filigrane )

10 octobre – Journée mondiale des soins palliatifs

Bernard Maréchal

Sans soins palliatifs,
Ton papa passait, plaintif,
Finissait, passif,

Sa saison, insatisfait,
Sans assistant apaisant.

(beau présent sur mot-clef)

et

Que penseront ces matafs
S’ils apprennent que Boutef
Était en soins palliatifs ?
Ils se diront « Super ! Tof !
Qu’on l’enterre dans le tuf ! »

(babebine sur mot-clef)

Elisabeth Maitre

Quand on a perdu
combat contre maladie
les soins palliatifs
à défaut d'euthanasie
accompagnent la sortie

et

Pont flottant fila
Tapi, Flo, palot, fait fi
Paola fait flop

( beau présent )

Alexandre Carret

Danse avec la mort,
Vois au-delà des vivants.
A qui souris-tu ?

Nous t’accrochons un instant.
Où es-tu déjà partie ?

Nicolas Graner

Un peu de morphine
Avec un anxiolytique
Et de l'oxygène

Merci pour tous ces tuyaux
Qui t'ont vu partir en paix

(pas de contrainte, juste de la gratitude)

Jacqueline Morel

Bienveillants soignants
Qui soulagent et apaisent
Violentes douleurs

Halo d'or d'amour enlace
Doucement la vie s'envole

Noël Bernard-Talipo

ton visage est creux et pâli
l'infirmière sourit en hâte
par la fenêtre un orme un if

de mésanges concert dans l'if
à ton oeil le monde pâli
glisse sans désir et sans hâte

finis frisson douleur faim hâte
s'efface l'image de l'if
solitaire en ce jour pâli

( terine )

11 octobre – Journée Internationale du coming out

Bernard Maréchal

À la mi-août,
Pour faire un coming out,
Convoque un raout.

Si tu crains le black-out,
Évite le burn-out.

(tanka sur mot-clef)

Nicolas Graner

Vais-je oser le dire ?
Je suis un peu... différent.
C'est embarrassant :

Je n'aime pas les haïkus,
Je préfère les tankas.

Elisabeth Maitre

Ton tonton gogo
connut un mouton mignon
un cocon tout mou

( beau présent )

Jacqueline Morel

Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder
Traînée au banc des accusés
Mélusine ne dira mot

Pour malédiction éviter
Fuir à lune pleine, bientôt...
Mélusine ne dira mot
Elle veut son secret garder

( triolet sur le thème )

Annie

Le coming out ? Sur le coming out je n'ai rien à dire.
Si ce n'est pas compris, tant pis
Sans permission sortez d'ici.
L'échappée belle ? Sur l'échappée belle je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Alexandre Carret

Ce matin, ASAP
Je fais mon coming out
Avant la conf call

Trop tard ! Tout ça est has been.
Elvis has left the building.

et

Laid, ce Coming Out à mère 
laisse Com in gOut amer.

( presque holorimes )

Jacqueline Jacquadit

Cogito itou
Où omit un moi mini
Moi gît ou moignon ?

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Ô goût inconnu,
Nuit où tout oignit union,
Tuning inouï.

Incognito ? Non. Mutin,
On commit mot : communion.

( beau présent )

12 octobre – Journée mondiale de l’arthrite

Bernard Maréchal

L’abus du picrate ?
Mon médecin l’interprète :
« Voilà votre arthrite ! »

Peu m’importe, je sirote
Mon rouquin, comme une brute.

(tanka et babebine)

Nicolas Graner

Claire aime l'arthrite,
Marie attire l'algie,
Basile l'angine.

( tous les mots sont homovocaliques )

Elisabeth Maitre

Trahie et haïe,
Rita, atterrée, ira
rire à Tahiti

( beau présent )

Jacqueline Morel

Des prés elle est reine
Peut calmer douleurs et fièvre
Arthrite oubliée

Alexandre Carret

Cette triste artiste de Street Art s’attriste : son arthrite la stresse. Elle tire, contrite, sa tresse qu’elle tisse et trisse de la Street.

Annie

art & rite
rate & rit
traître
titrera
retrait 

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Hier, théâtre thaï.
Hère haï héritait :
Théier, haire, hie.

( beau présent, haïku justifié, un H dans chaque mot )

13 octobre – Journée mondiale de l’œuf

Bernard Maréchal

Blafard, j’ai vu caqueter l'animal, la sphynge.
Mais chut ! Voici qu’il pond. Bravo ! J’avais grand’faim,
J’allais faiblir… Ponds-en vingt-cinq, c'est bien, ma chère.
C’est choquant si je veux d’abord manger la poule ?

(Belle absente)

et

Coco chaud pondu,
Tu vas partout, frais du jour,
Dans un sabayon,

Frit au bacon ou mayo,
Cuit dur, au plat, mimosa.

(lipogramme en [E])

Elisabeth Maitre

Fou futé têtu
ôte tutu et fout feu
fête fut foutue

( beau présent )

Annie

Que vole encor qui vole un œuf ?
c'est un boeuf.

Celui qui vole une banane ?
vole un âne.

Mange-t-il sur le pouce ? à table ?
à l'étable.

Je dis l'histoire véritable
d'un monde agité, terne, éteint
où chacun vaque sans témoin
ni boeuf ni âne dans l'étable.

( ovillejo )

Nicolas Graner

œillades, manœuvres
âme-sœur, cœur désœuvré
nœud œdémateux

œstrus, œuf, fœtus, sœurette
mœurs écœurantes, rancœur

(tanka saturé en œ)

Jacqueline Morel

Là, face à un chêne immense
Ses longs doigts le ciel effleurent
L'œuf à son cou étincelle
Vert sacré, joyau précieux
Fruit des serpents enlacés
Sur la saie immaculée
Alors, un rai lumineux
Le ceint, spirale irréelle
En ce rituel enchanteur
Puis vint le temps de la danse


(Étreinte)

Alexandre Carret

Feule du toit ! Veux
Que morde un laps ! - palindrome -
Que vois-tu de l’œuf ?


( palindrome consonantique)

et

Euphémisez l’oeuf au nid.
Euphonisez l’oeuf au riz.
Euphorisez l’oeuf orbe,
l’euphorbier de forêt,
l’oeuf aux raies d’Euphémie.
Euphémisez.

(Homophonies)

Pierre Lamy

Ohé ! L’œuf à coque
hume bon la belle époque 
et le coquetier.

Le chef d’œuvre de la poule,

ovoïde altier, 
est vraiment sans équivoque,
ubuesquement baroque,
facile à briffer.

À cette œuvre de la poule, 

Cécilia, ma poule,
offre un nid de chou pommé.
qui sent bon la moule.
Un mets vraiment à la coule
et fort bien nommé.

( sonnaïku potenciel irrationnel )

Gérard Le Goff

simple comme cuire un oeuf
pour écrire une texte neuf
un nouveau texte sur l'oeuf
sans transpirer comme un boeuf
c'est exercice de teuf
ça pourrait distraire un veuf
ça pourrait plaire à ma meuf
pour ces quelques vers sur l'oeuf
on doit s'arrêter à neuf

Noël Bernard-Talipo

Sûr, l’œuf
précède
la poule !

- Mais poule
son œuf
précède...

Précède :
la poule ?
ou l’œuf ?

( terine )

14 octobre – Journée Mondiale pour la normalisation

Bernard Maréchal

Langage normal ?
« Noch mal ! » traduit l’allemand.
Un son égal norme.

(médaille)

Nicolas Graner

Allons à l'ISO :
La nation a l'air malsain,
Normalisons-la !

( beau présent )

Jacqueline Morel

Internationales
Santé et sécurité
Obstacle évité

( acrostiche en lien avec le thème )

Annie

labellisation
machinisation
normalisation
opportunation
papautination
quadalisation
robotaisation
servilisation
vibragitation

 dérèglement
  ténèbres

Alexandre Carret

Sud - Bien
Est - Beau
Ouest - Moche


Nord - Mal

(chicago)

et

La menthe, la marrante, lamente l’amarante.
L’amante la rache. La mante l’arrache.
La normale la tire. L’anormal l’attire.

( homophonie )

Jacqueline Jacquadit

Elf, normal eden né d'Elam, ronfle.

( Elf a été le paradis des investisseurs en Iran, d'où ce palindrome )

Noël Bernard-Talipo

Pragois criait non
aux soldats aux tanks à la
normalisation

Jan Palach ton corps flambant
nos brouillards illumina

( lipogramme en E )

15 octobre – Journée internationale des fossiles

Bernard Maréchal

Faire des vieux os,
Attendre au fond d’une strate
Le bon coup de pelle
***
Qui vous donnera la gloire :
C’est tout l’espoir des fossiles.

(tanka sur mot-clef)

Jacqueline Morel

Un être ancestral
Pétrifié et éternel
Mystérieux fossile...

En haut le monde s'affole
Quant à lui, sous terre, il bulle

( babebine )

Elisabeth Maitre

Fille fêlée ose
folle liesse. Fils lésé
effile foie, fiel!

( beau présent )

Alexandre Carret

S’il faut de parfaits
cils faux, là, dans la fausse île
Faits par deux fossiles.

(palindrome syllabique)

Nicolas Graner

D'après la Comtesse,
Les faucons ont des vrais cils,
Et vice versa.

( contrepèterie )

Ariane Musarde

Faucheuse fâchée 
Fossiles furent futés 
Fermement figés 

( tautogramme )

Annie

Les fossiles ? Sur les fossiles je n'ai rien à dire.
Ils sont vieux, sales, enfouis
qui s'intéresse à ces débris ?
Le siphon ? Sur le siphon je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Noël Bernard-Talipo

Sol mol. Cocon clos.
Dors, dors profond. Front, dos, tronc,
mort corrompt ton corps.

( monovocalisme en "os" )

16 octobre – Journée mondiale de la colonne vertébrale

Bernard Maréchal

Cambre-toi, bellâtre :
Fais admirer ta lordose.
Courbe-toi en quatre :
***
Prépare bien ta scoliose !
Ta colonne s’ankylose.

( tanka )

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

t'as une
colonne vertébrale ou pas

on fait 
partie des 
vertébrés, oui 
normalement. ah ça pour sûr.. 
mais comme 
tu dis : 
ui mer non

Elisabeth Maitre

Ce colonel con
colle en coloc' nonce, nonne,
leçon énoncée

( beau présent sur le premier mot-clef )

et

La belle tablée:
tarte et baba, betterave,
rab à avaler

( beau présent sur le second mot-clef )

Jacqueline Morel

                Tête dodeline et crâne
    Là-haut puis ondulent les mouvantes dorsales
                 Où côtes s'arriment
                 Pour enfin rejoindre
                    Sacrum, coccyx

( Rachis – J'ai nommé ainsi cette contrainte car
le 1er vers compte 7 syllabes, comme 7 vertèbres cervicales ;
le 2ème vers compte 12 syllabes, comme 12 vertèbres dorsales ;
le 3ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres lombaires) ;
le 4ème vers compte 5 syllabes, comme 5 vertèbres sacrales et
le 5ème vers compte 4 syllabes, comme 4 vertèbres coccygiennes.)

Alexandre Carret

Ma colonie décolle aux nues
Mon col honni s’acole au nez
Mon colonel me colle au gnouf.
Vers tes bras doux vers tes bralettes.

Annie

La colonne vertébrale ? Sur colonne vertébrale je n'ai rien à dire.
Une colonne qui trahit
Trajane à Rome et à Paris
La place Vendôme ? Sur la place Vendôme je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Nicolas Graner

     Crâne
    cOu
 épauLes
    dOs
bassiN
   haNches
   quEue


( mésostiche )

Noël Bernard-Talipo

court l'oubli souvent
quand le vent effrontément
baratte aile et cœur

( primitive de « colon - ne verté - brale » )

17 octobre – Journée mondiale du refus de la misère

Bernard Maréchal

Le refus ? Sur le refus je n’ai rien à dire.
Est-ce rejet, est-ce déni ?
Est-ce que l’espoir est fini ?
La misère ? Sur la misère je n’ai rien à dire.

Pour Annie ( cf. « L'herbe » de Queneau )

Jacqueline Morel

Les droits humains ?
Misère n'est fatalité
Les droits humains...
Mobiliser tous citoyens
Pour lutter contre pauvreté
Ignorés, bafoués, piétinés
Les droits humains

( rondelet )

Alexandre Carret

- Monsieur, je refuse !
- Soit ! Qu'on stoppe la misère !
- Je vous remercie !

Annie

ferme remède ?
fumée, ruse de délai
faim dresse la rue

se mesurer : mur de fer
se lasser, larmes, rides

( beau présent sur « refus de la misère » )

Noël Bernard-Talipo

je crie ma colère
il refuse la misère
elle hait la faim

nous aurons la main vengeuse
pied nu vous irez rieurs

( accumulation agréable : tous les mots ont même nombre de voyelles et de consonnes )

18 octobre – Journée Mondiale de la ménopause

Bernard Maréchal

Repos assuré
De ton fauve éros masq,
Et dormant, rusé.
***
Très tôt, au dessert, on cause
Ménopause, et on chahute.

(tanka et homovocalisme E O A U E)

Jacqueline Morel

Irritable Terre
A ses bouffées de chaleur
Pourtant, elle saigne

Elisabeth Maitre

N'être plus féconde
ce n'est pas la fin du monde
point ne te morfonde

Alexandre Carret

La Meinau pose 
un décor lourd :
La mène oppose 
Aix à Strasbourg.
Robert y court ; 
la ménopause
de son amour 
l’amène aux pauses.

( homophonies )

Annie

Marie n'avoue pas abuser d'eau
moi je nie l'opéra du saké. 

( primitive de « ménopause » )

Noël Bernard-Talipo

Toi qui veux savoir où je mène,
Suis le cours qui roule mes eaux.
Point de repos. Tête ne pose.

Un jour verras l'astre qui pose,
Au pays où mon flot te mène,
Un reflet vert au ras des eaux.

Alors, s'enfonçant en ces eaux,
Qu'au fond ton sein, lentement, pose
Ce cœur de glace qu'en pleurs mène.

( terine )

19 octobre – Journée mondiale contre la douleur

Bernard Maréchal

D’Épicure à Goethe,
Son absence fait la force
Du souffre-douleur.
***
Faut-il vivre pour souffrir ?
La douleur ne sert à rien.

( tanka sur mot-clef )

Annie

élaguer les arbres
éventrer le sol
arracher les marbres
quelques fleurs au vol

ouvrir des carrières
piéger les oiseaux
fermer les frontières
autant de fléaux

( sélénet )

Jacqueline Morel

Femme échevelée
Poignante vision
Face torturée
Larmes en sillons
Sa bouche est crispée
Son cri silencieux
Douleur déchaînée
Sonne jusqu'aux cieux

( sélénet )

Elisabeth Maitre

Dédé le dodu
le drôle de rodeur erre
ordure rodée

( beau présent )

Alexandre Carret

Ce fou farandoleur
est un beau berdelleur.
A chaque chandeleur,
en pédant pédaleur,
il double des dealers
Tels des souffre-douleurs.

(Rimes sous la forme D_leur)

Noël Bernard-Talipo

Douleur sourd au cou,
Mouvoir nous vaut maux sournois.
Nous faut pieu moelleux.

( voyous liés )

20 octobre – Journée internationale des cuisiniers

Bernard Maréchal

Wok de gâte-sauce ?
Là, popotez-y bien, chef :
J'aime votre queux.

(pangramme)

Elisabeth Maitre

curer écuries
cuire cerises suries
sucer sucreries

( beau présent )

Jacqueline Morel

Je cours en cuisine
J'ai invité ma cousine
Pour une crusine

( homéotéleute )

Alexandre Carret

Luce, cuisinière
lut ce Q.I.-Zine hier.
L’eussent cuit six gnières ?

(Haïku avec holorimes jouant sur les diérèses pour faire varier le nombre de pieds)

Annie

Pour une terine au pain
indispensable est le sel
inoubliable le vin

on peut déboucher le vin
hacher l'oignon et le pain
touiller avec poivre et sel

de la mer nous vient le sel
de la terre vient le vin
buvez le, mangez du pain

( terine )

Noël Bernard-Talipo

sorcier sourieur
souverain en ma cuisine
aux saveurs voué

sucre suc musc sauce rousse
noue à vous ma soumission

( prisonnier )

21 octobre – Journée mondiale des vers de terre

Bernard Maréchal

Un beau jour tout à trac
L’ami Georges Perec
Découvrit un lombric
Habillé d’un grand froc.
« Il doit avoir un truc… »

(babebine)

Elisabeth Maitre

Petit ver de terre
au train-train discret
ton aide m'est chère
dans mon jardinet

Ta vie souterraine
échappe à mes yeux
merci pour ta peine
tu fais de ton mieux

( sélénet )

Alexandre Carret

Approche, ma jolie souris !
Approche, ma jolie.
Souris !

Aime ces vers de terre unis,
ces hommes fous : le camp d’ici.
Aime ces vers !
De Terre, unis ces hommes !
Fous le camp d'ici !


( Un vers de terre est un vers qui, coupé en morceaux, en donne de nouveaux )

Jacqueline Morel

Lombric, habile et précieux jardinier
La terre aère, nourrit et nettoie
Toute existence cultiver, soigner
De nouveau croître et renaître avec joie

( pantoun )

Annie

les vers de terre s'embêtent
les bêtes s'enterrent
les merles enténébrés
se perdent en Perse

les femmes en fête
dentelles en tête
se bercent de rêve

je déserte ces
légers
très légers, reflets
de trèfle 

( monovocalisme )

Nicolas Graner

poème de feu
strophe d'eau
distique d'air

vers de terre

( chicago )

Noël Bernard-Talipo

entre en ces déchets
pénètre entre ces semences
descends vers le sens

et des célestes enfers
le sel renfermé révèle

( monovocalisme, à l'instar des mots-clefs )

22 octobre – Journée internationale de sensibilisation au bégaiement

Bernard Maréchal

Bébé gai bégaie,
Mais mémé méchante chante.
Papa pâli lit.
***
Ton tonton Clément me ment :
Ma maman Mado m’adore !

( tanka bègue )

Annie

Le bégaiement ? Sur le bégaiement je n'ai rien à dire.
Le gai bébé qui bégaie rit
papa - mama : qui rit guérit.
La répétition ? Sur la répétition je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Nicolas Graner

Bébé, gai, bégaie,
Lit l'Iliade à dada,
Et ses essais cessent.

( haïku bègue )

Alexandre Carret

Pauvre bègue giflé
Et traité d’obsédé
Par son amie malade
Quand il dit, en balade,
Tout à coup pris d’un doute :
« Tes tes tes tes gou...gouttes »

et

Pourtant, Dieu, pour tant d’yeux nicha pour Nichapour. 
Goût ailleurs ! Gouailleurs ! Pourvoyeurs pour voyeurs,
Dénichons des nichons ! Dégotons des gotons !

( poème bègue )

et

Le bégaiement
embête Galien,
le met en gabie

Le gai béement
Image le benêt
et le mage béni
blême agité en
Matinée belge.

(anagrammes)

et

Ce pauvre bègue-ci dit deux fois chaque mot.
Son perroquet Coco souffre des mêmes maux.
Quand il parle à Coco, il dit « Cocococo ».
L’autre répond : « Cocococococococo ».

Jacqueline Morel

Sous soupirs émergent
Parmi mille déceptions
Des désillusions

#héméroméride par Jacqueline Morel ( bégaiement )

Noël Bernard-Talipo

Las l'abbé bégaie,
Guère ressentant cent ans
Déments : que des manques.

D'yeux Dieu cela seul amour,
Mourant en terre. Erreur ? Heur ?

( poème bègue )

23 octobre – Journée mondiale du Champagne (Champagne Day)

Bernard Maréchal

Mieux qu'un whisky fade,
Buvez juste un kir royal :
Cassis et Champagne.

(pangramme de 56 lettres)

Elisabeth Maitre

Mage en pagne en nage
emménage en ma campagne
change page en ange

( beau présent )

Annie

Le Champagne ? Sur le Champagne je n'ai rien à dire.
Jacqu' Darras a déjà écrit
le texte sans date à l'appui.
La Champagne ? Sur la Champagne je n'ai rien à dire.

( cf. « l'herbe » de Queneau ainsi que l'« Ode au Champagne » de Jacques Darras )

Jacqueline Morel

Excellent champagne
Sur la côte règne
Grain doré de vigne
Tente tout ivrogne
Et nul ne répugne

( babebine )

Alexandre Carret

Observons ce doux föhn : il soufflotte d'Ölsen,
En ruban de Möbius ... Il fait son n°
30°C aux cimes de Mözen.
Regoûtons, stp, cette Veuve Cliquot.
 
Imagine un romain pris pour un verre à pied
Comme Bens prit l'I pour un vers à douze pieds.
¡ doɹʇ nǝd un ǝɹıoq np ıɐ,ſ ˙sɹǝʌuǝ,ן ɐ ʇuǝıʌǝp ʇno⊥

et

         LOïc BOit du mOët
           NOël fête nOël
            Va Ouïr jOël
               Ismaël
                IcI
                 ÿ
                 A
        coupe de champagne :

(lire de bas en haut comme les bulles de Champagne)
(fines : trémas - grosses : o)

Jacqueline Jacquadit

Verre de champagne
Je suis ta compagne
Des petites bulles
Je suis une émule
Vive l'évasion

Monter en surface
Voilà de l'audace
Dans la transparence
De cette émergence
Vive l'explosion

Couleur jaune ou rouge
Tout cela qui bouge
Grimpe dans ma tête
J'ai le cœur en fête
Joyeuse effusion !

Nicolas Graner

Vêtu de son pagne
Au milieu d'un champ
En pleine campagne
Au soleil couchant

Lorsque sa compagne
Interprète un chant
Sa voix l'accompagne
Spectacle touchant

( sélénet rimé sur les syllabes du mot-clef )

Robert Rapilly

Je me crus rude bandit
Mais lors qu’ont tinté nos flûtes
Une ivresse m’engloutit
À ce rebord où vous bûtes

Sous vos lèvres m’enferrait
Pour rouge sceau de mon bagne
L’évasement très secret
D’une coupe de champagne

Noël Bernard-Talipo

Nous mettrons nos pagnes
Pour aller aux champs
Loin de vos campagnes
Soldats aux durs chants

Dans notre montagne
Ne coule point sang
Personne ne gagne
Ne règne puissant

( sélénet aux rimes dictées par le mot-clef )

24 octobre – Journée mondiale des poissons migrateurs

Bernard Maréchal

Nageant sans frontières
Ils remontent les rivières,
Cherchant leurs gravières.
***
Anguilles, saumons, lamproies,
N’en faisons pas que des proies.

(tanka)

Elisabeth Maitre

Poisson migrateur
et poison mithridateur
passion gratte-coeur

( prosonomasie )

Annie

Les poissons migrateurs ? Sur les poissons migrateurs je n'ai rien à dire.
Saumons et aloses enfuis
gaves, nives restent marris
La pêche ? Sur la pêche je n'ai rien à dire.

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Jacqueline Jacquadit

Sur les poissons migrateurs "je redirai Annie"

( "..." : anagramme de "je n'ai rien à dire " )

Nicolas Graner

Le potamotoque
est amphihalin.
Le thalassotoque
aussi, c'est malin.

Quant au catadrome,
amphibiotique, il
n'est pas anadrome :
distinguo subtil.

( sélénet )
 
Vocabulaire : 
amphihalin = amphibiotique = poisson qui vit en eau douce et en eau de mer.

anadrome = potamotoque = poisson qui vit en mer et remonte les fleuves pour se reproduire.

catadrome = thalassotoque = poisson qui vit en eau douce et descend les fleuves pour se reproduire en mer.

Jacqueline Morel

Source scintillante
Au fond du bassin
Une ondulante ombre
M'hypnotise et m'offre
Orbe merveilleux
Noisette sacrée

( acrostiche )

Alexandre Carret

Mon signor Odon
J'ai mis du cynorhodon
Dans votre culotte.

Seule l'une vous démange,
C'est un poison mi-gratteur.

(tout ça pour ça)

et

Le poisson remonte
A la surface de l'eau.
Il est cuit. A table !

( Journée mondiale des Poissons Mi graTINES )

Noël Bernard-Talipo

Seul et net
Sers air, sel
À poissons.
Erres.
Nos si opales rias
Restent élues. 

( palindrome )

25 octobre – Journée mondiale des pâtes

Bernard Maréchal

Marier ce vieux poivre et sel
Pour en faire un coq en pâte ?
Je ne bois pas de cette eau !

Mon mariage tombe à l’eau ?
Ça ne manque pas de sel,
Mais je serai bonne pâte.

Je réussirai mes pâtes :
De la farine et de l’eau,
Plus une pincée de sel.

(Terine)

Elisabeth Maitre

Tata a testé
pâtes, pâtés et patates
épata Papa

( beau présent )

Jacqueline Morel

Spaghetto charmeur
Embobeline et séduit
Jolie coquillette

Celle-ci se moque et rit
La belle a du caractère !

Annie

menu d'écolier 
pâtes, purée, Nutella 
menu des ados 
pâtes, frites, plus ketchup 
menu de gourmet 
pâtes fraîches, carpaccio de crustacé
bon appétit, les amis

( HOG )

Alexandre Carret

Tu le ressens, Pat
Ton mille-pattes sans patte
S'ennuie et s'empâte

Greffe-lui au moins cent pattes
Et fais-le dîner sans pâte.

( rime induite par le mot-clef  )

et

25 octobre,
C'est la journée mondiale des Pâtes.
Noël veut qu'on oulipotise en moins de 280 lettres dont le hashtag #héméroméride (il y tient).
Je vais tenter une babeline mais ça risque d'être juste :
Je veux des potes
Comme Brad Pitt
Manger des pâtes
Fumer des pet's
Aller aux p

( twoosh-280 avec babebine )

Jacqueline Jacquadit

Près du chianti
Les spaghettis 
En Toscane
Mettent mon corps
Bel en essor
De pavane 

( cf. « Chanson d'automne » de P. Verlaine )

Noël Bernard-Talipo

Épuisé, t'assois.
T'apaise ta soupe épaisse.
Pâtes au pistou.

Ta payse est épousée.
Pot payé, tu suis ta poisse.

( d'après « brave marin » ; consonnes du mot-clef )

Bernard Maréchal

26 octobre – Journée de la visibilité intersexe

Hermès, Aphrodite,
Réunis en un seul corps ?
Fantasme tragique.
***
Mais leur visibilité
Prouve leur dualité.

(tanka sur mot-clef)

Annie

⚥
un parc animalier
deux roseraies
trois jardins botaniques
quatre squares
cinq ménageries

six zoos 


( chicago )

Jacqueline Jacquadit

Un se scinde en deux
Qui recolle les morceaux
Paie les pots cassés

Jacqueline Morel

Au lac, bel adolescent
Nage en eau voluptueuse
Nymphe ensorceleuse
Du beau jeune homme s'éprend
Il rejette l'amoureuse
Elle l'étreint fermement
Pour l'éternité
Les dieux exaucent son vœu
Les voilà unis
En un être bisexué
Salmacis Hermaphrodite


(HOG sur le thème)

Alexandre Carret

Ce bébé est né intersexe.
Les gens des villes se méfient.
Elle empêche ce i de se dresser.
Il inhibe l’e si distinctif.
Entre sexes, il se perd,
Elle vit discrètement.

( bivocalisme )

Nicolas Graner

Par nos tours espiègles,
déflorons ces pages vierges ;
que nos scripts s'y couchent.

( haïku épicène )

Noël Bernard-Talipo

défi invisible
devenir inespéré
liberté limpide

incivilité ? délit ?
enfin vient intimité 

( chaque mot se partage en deux segments monovocaliques, l'un en I et l'autre en E, l'un n'ayant qu'une occurrence )

27 octobre – Journée européenne de la dépression

Bernard Maréchal

Les creux dans le sol ?
La chute du cours du sol ?
Le cyclone en vol ?

Ma dépression, à Bandol ?
Je soigne tout à l’alcool.

(tanka sur mot-clef)

Alexandre Carret

Dis en poésie
Nos désirs désespérés,
Nos noires déprises.

Dépeins nos soirées de peine,
Nos espoirs si oppressés.

( beau présent )

Floriane Austruy

Des maux, déraison
Près de moi les jours s'en vont
Dans une oppression 


( DES maux, déraison
PRÈS de moi les jours s'en vont
Dans une oppresSION  )

Annie

ne rien posséder
ni prose, ni poésie
ni désir de soie

prisonnier de ses soirées
dessiner ses édredons 

dérision dernière
espérer se perdre

( beau présent en HOG )

Nicolas Graner

La dépression ? Sur la dépression je n'ai rien à dire.
Rien.
Sur le reste non plus.
Rien à dire.
Rien.
À quoi bon le dire ?
Sur le rien à dire je n'ai rien à dire.
Quel intérêt ?
Le rien ? Sur le rien j'ai la dépression à dire.

( cf.  Annie et " l'herbe " de Queneau )

Jacqueline Morel

Le temps est gris ce mercredi
Le nuage a tout obscurci

Nuageuse aussi ma pensée
Aspire à la légèreté

Le vent léger devient rafale
Une pluie violente s'installe

Des prunelles noyées, pluvieuses
Glissent des perles silencieuses

Cœur lourd, front au carreau perlé
L'arc-en-ciel j'ai espéré

( duplex  : le 1er vers de chaque strophe prend en adjectif un substantif du vers précédent )

Elisabeth Maitre

En prison sordide
désespérer, dépérir
idées noires poindre

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

déprime
m'imprime
la frime
qui rime
à brime
et grime
le crime


( monorime )

28 octobre – Journée mondiale du cinéma d’animation

Bernard Maréchal

Mickey tue Bambi !
Jacques Rouxel, tes Shadoks
Ont pompé Topor.

Je choisirai Fritz le chat :
Walt Disney, c'est trop sauvage.

( pangramme )

Alexandre Carret

A Nîmes s'amène
La mine amène d'Amine
La mène s'anime.

La mine l'a laminé
Et l'anémie l'a miné.

( allitération )

Jacqueline Morel

Parfum suranné
Du folioscope d'antan
Si enthousiasmant

Robert Rapilly

Épitaphe de Screwy Squirrel —

Sauf la chute enfin moins comique
souvenez-vous : vous avez ri
quand j'ai plaqué du mécanique
sur le réel (Tex Avery)

Annie

Image
( petite morale élémentaire portative )

Noël Bernard-Talipo

Corps innocents
Mus au devant
D'un œil malsain :
Tant pis, tournons.

Cœur qui consent ?
Marchand drivant.
Sentiment saint.
C'est oui ou non.

Ces chairs qu'on sent...
Musc au divan...
L'infirme essaim
Croit ciel ? Cornons.

( chaque strophe est primitive de « cinéma d'animation » )

29 octobre – Journée Mondiale du psoriasis

Bernard Maréchal

Ça me gratte fort, à Jouy-en-Josas.
Je pars en morceaux, momie de Ramsès,
Derme desquamé : j’ai du psoriasis.
Ma malédiction vient de Dionysos,
Paraît-il, ou bien du facteur rhésus.

( babebine sur mot-clef )

Elisabeth Maitre

Par Paris Papa
passa pria Râ, Isis,
aspira sirop

 (beau présent)

Alexandre Carret

Le psoriasis
Il passe, rosi,
sape loisirs.
Paroles : « Si … si ... »
Sais l’espoir !

(anagrammes)

Annie

Le psoriasis ? Sur le psoriasis je n'ai rien à dire.
Les médecins non plus. Compris !
Patience, on se gratte sans cris.
La peau ? Sur la peau je n'ai rien à dire. 

( cf. " l'herbe " de Queneau )

Jacqueline Morel

Jaunisse ? Pas d'bol !
Un psoriasis ? Pas de pot !
La syphilis ? Aïe !

Jacqueline Jacquadit

Isis à Saïs
Osiris pissa assis
A pris psoriasis

( beau présent )

Noël Bernard-Talipo

Apparaît au bras
Un invasif cramoisi.
Qui t'a cuit ainsi ?

Un Satan t'inscrivit-il
L'impur blason du Malin ?

( lipogramme en e )

30 octobre – Journée mondiale de la vie

Bernard Maréchal

Un parcours sans but
Pour un combattant faraud
Abattu trop tôt ?

Non ! Jouons-y jusqu’au bout,
Goûtons à tout, soyons fous !

(tanka et lipogramme en [VIE])

Alexandre Carret

VilaInEs VampIrEs,
VIeillEs VIpèrEs VicIeusEs,
VIvEz VIlemEnt !

et

Là, ce    viMe
Sur la      vOie ;
Le ver     viRe 
de bord  viTe.

(Chaque vers finit par VIE + une lettre de MORT)
(Un vime est un brin d'osier)

Bituur esztreym aka E-M Gabalda

vois la 
beauté 
inacceptable
de
vivre

Annie

Durer encore inassouvie ?
C'est la vie.

Alors, comment s'en consoler ?
Rigoler.

Humoristes, fête à gogo ?
Jeux de mots.

Boire et manger, jeux de crocs,
je regarde le monde et même
plein de bruit et de fureur, j'aime
vivre en riant de jeux de mots.

( ovillejo )

Jacqueline Morel

Image
( calligramme )

Jacqueline Jacquadit

Vie de patachon 
S'alimenter chez Fauchon
C'est bien folichon 

et

Et il a su oser vivre sous-alité !

( palindrome )

Noël Bernard-Talipo

Vous irez, errant,
Vers imaginaire Éden.
Vieux, idiots, enfants,

Veuves, innocents, escrocs,
Verrez îles écarlates.

( tanka en acronyme itéré )

31 octobre – Journée mondiale de l’épargne

Bernard Maréchal

économiser :
caresser ses sous à soi,
son or, ses écus,
***
ses ressources, sa monnaie :
voici un avare en caisse.

ma manière à moi :
écrire une œuvre serrée,
un menu minceur,
***
m’asservir à ce carcan :
économiser mon encre.


(double tanka et contrainte du prisonnier)

Elisabeth Maitre

Pape a engagé
gang. Gang a épargné pègre.
Rage gagne pape.

( beau présent )

Nicolas Graner

Bon Noël à tous !

J'aurais pu vous épargner
ce vieux gag de geek
qui dit que 31 oct.
est égal à 25 déc.

( tanka irrégulier ; traduction : pour le matheux 31 en base 8 = 25 en base 10 )

Annie

l'épargne rend fou
fange d'or en pleur
la fondre répugne

             et encore

le nord fagne pure
groupe en Flandre
glane peur refond
foule en grand pré

( anagrammes )

Jacqueline Morel

La tourterelle et l'écureuil

Voici la fin de l'été.
En cette contrée boisée,
Monsieur Écureuil s'agite.
De ci, de là, il court vite,
Accumule glands, noisettes
En ses multiples cachettes.
Dame tourterelle rit
De le voir si affairé.
Lisse ses plumes nacrées
Et se fait toute jolie.
Son bel amoureux l'attend
Pour jouer avec le vent.
Furieux, Boule de poil crie :
- Que me vaut ta moquerie ?
Tu riras moins cet hiver.
La faim te rendra moins fière !
L'oiselle de s'esclaffer :
- Tu devrais jouir de la vie
Et bien rigoler de même.
Tes caches, tu les oublies...
Je le dis : « carpe diem » !

(Fable d'après « la cigale et la fourmi » de La Fontaine)

Alexandre Carret

Règle leur donc leur compte épargne qui végète

     puis

Règle leur donc leur compte .
Épargne qui végète.

(Vers de terre)

et

Calcule le meilleur change de ton épargne !
Calcule le meilleur !
Change de ton !
Épargne !

(Vers de terre)

Noël Bernard-Talipo

Gêné, père, âgé,
Ragrée, arrange, répare.
A nappe gagé.
An par an, prépare panne.
Aragne a gagné.

( HOG en beau présent )
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Oripeaux

Bad trip

Part, ignorant du sens, délivré du temps.

Et pour cela préfère ciel gris
Diluant bien les rires plein bord.

Vorace ose le rêve encor cru
Que rien de fini, ni sec, n'usa.

Aisément perd-il noir tic latent
De compter mises, profits, digits, récrits.

Il n'hérite ni d'un lingot, ni fil d'or.
Nocif cheminot il bondit, l'instinct dru.

Un soir long, si long, l'idiot brisa
Sans un mot licol d'indics si impotents.

Déjà, d'un ton gris, dix cops vont-ils, suris,
Crier à fugitif « Oh corrosif porc ! »

Porc sied à l'idiot pur : mot congru.
D'un bond vif s'en vint, gris sur fond d'or colza.

Par un joli cri, pic mar sort uts contents
Et à l'unisson grive, d'uts, sort un ris.

L'ivre garçon vint droit au grand nord,
Profilé sur l'horizon tel cabéru.

Un croissant, d'un or pur, ciel brisa
Au bord des lacs qu'alors vit longtemps.

Le salut vint de l'astre : du Sol l'hubris
Vite ramollit le frimas sur l'abord.

L'osier, qu'or insole, cache ru.
Un robin au roux vif devisa.

Au flot égal d'un lac boit longtemps
Et dans un rire chasse butor surpris.

Il est alors investi par un castor
Dont il s'est cru honni comme rat ventru :

D'un noir salut fournit le visa,
Sans un nom, et sans un tampon nilpotent.

L'eau vive lave du corps mûri
Pieds, bras, poings, le livrant nu sans tort.

Sort piteux, froid, tombe là recru,
Un poil las du sort qui le grisa.

Au trot s'en va : « Tu as froid ! sors-t-en !
C'est dans un rire amer qu'on mûrit »

Fils de castor, il s'en vint à un grand port
Dont lit ne put s'offrir, forcé manger cru.

Un soir, au bord du rift, dégrisa,
Las du monde bas, du mal omnipotent.

Prenant un linge blanc et, d'un pot, un bris,
Il versa son kil de fin sang d'un plat-bord.

« Monsieur rosit flots ! de glas féru ? »
Plut voix : chaud, son surin remisa.

Dans un songe a vu bras. Doigts l'on tend.
« Et la suite ? » - L'ange nu sourit.




Après l’invention par l’Oulipien Jacques Roubaud du HOG ( haïku oulipien généralisé ) dans lequel tous les nombres (de syllabes, strophes, vers par strophes, syllabes par vers) sont premiers, diverses généralisations ont été proposées notamment par Gilles Esposito-Farèse ,TOG, ROG, pour tanka, renga, puis les métatogs qui relaxent la contrainte : ici toute troncation à un nombre impair de vers donne un total premier de syllabes. Le poème ci-dessus est un métatog alternant des vers de 11 et 9 syllabes. Voici sa structure, dont GEF a vérifié qu’elle est maximale en nombre de vers :

11 + 9+9 + 9+9 + 9+11 + 11+11 + 9+11 + 11+11 + 9+11 + 11+11 + 9+11 + 9+9 + 11+11 + 9+9 + 9+11 + 11+11 + 9+11 + 9+9 + 9+9 + 9+9 + 11+11 + 9+11 + 11+11 + 9+9 + 9+9

La longueur 9 m’a immédiatement dirigé vers « et pour cela préfère l’impair », deuxième vers de l’art poétique de Paul Verlaine, qui justement compte 11 voyelles. D’où l’idée de construire le poème sur des vers tous de 11 voyelles, dont les listes seraient générées par la contrainte du « jeu de la vie ».

Mais « et pour cela préfère l’impair » de longueur 9 ne peut malheureusement pas figurer, car sa liste de voyelles n’est jamais obtenue sauf en 1ère position dans le jeu de la vie. J’ai donc mis en 2e vers ce qui en approchait le plus. Il se trouve que par hasard ici la dernière voyelle des vers suit une périodicité sur les 5 voyelles, ce qui m’a conduit à respecter un schéma de rimes.

Posté sur la liste Oulipo le 27 septembre 2021

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Oripeaux

Pauvre sole

Pauvre sole
Au fond vit
Souffre et râle

Ô mer sale
Satan vole
L'homme rit

Comme si
Mort cavale
Et vérole 

Essai d’une nouvelle contrainte, la terine berrychonne, proposée sur la liste Oulipo par Michel Clavel, qui la décrit ainsi : « Les finales vocaliques permutent selon les règles de la terine et les consonnes d’appui restent fixes comme dans les rimes berrychonnes »

Posté sur la liste Oulipo le 7 septembre 2021

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Ballade damascène

On ne voit en ce funèbre goulet
Nulle couleur, nulle courbure belle.
Rien que pruine, rien que béton croulé
En ce long bourg qui penche et encorbelle,
Piège terrible, grotte où le cœur gèle.
Ni tourterelle en ce ciel boutonné,
Ni ritournelle, ni vol effréné.
Tige ni feuille le tronc noir ne porte.
Herbe flétrie, terre-plein retourné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?

Tel un fleuve qui peine pour filer
Pour ce qu’un bief étreint le flot rebelle,
En ce couloir fou grouille refoulé
Un cortège lent, et l’heure cruelle
Tourne. Que cherchent en cette ruelle
Jeune, vieux, fille, peuple confiné,
Front penché, lèvre pincée, œil tourné ?
Foule qui peine, piétine, reporte
Lutte et foi, pour ce vivre portionné.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?

Qui voit en cette robe, en ce gilet
Revêtu pour un jour en bleu prunelle,
Ce linge noir terreux, ce cou brûlé,
Coton bourré, brune coulure grêle,
Cette terreur qui hurle nue et frêle ?
Qui lit en ce bel œil vif étonné
Le récit horrifié qui vient ruiner
Le rêve en toute nuit lugubre et torte ?
Et ce ventre que brûle trop jeûner ?
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?

Peuple en tout lieu répète un cri tonné
Qu’en linceul jette un prince forcené.
Elève une voix inflexible et forte :
Que ceux qui pleurent voient le jour tourner.
O quel vent fier peut ouvrir une porte ?

Cette photo prise par un représentant de l’ONU montre une distribution de vivres le 31 janvier 2014 à Yarmouk, faubourg de Damas peuplé de réfugiés palestiniens. Elle m’a inspiré cette ballade lipogrammatique : en sont absentes les lettres du mot DAMAS.

Une interprétation musicale m’a été offerte par Jacques Ponzio, lisant le texte accompagné en improvisation par lui-même au piano et par le violoncelliste slovène Cosic. À écouter ci-dessous :


Posté sur la liste Oulipo le 8 mars 2014.

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