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L’opération de paix

ses sujets
nous le savons bien
sauront un jour la vérité
sauront qu'un puissant homme a fait d'eux des assassins 

ce jour-là
ils découvriront
sous des lambeaux de béton

un enfant 
dans des bras aimants

tout est mort

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Qui perd gagne

L’amour à la haine un matin
dit jouons donc à qui perd gagne
tu prends la mer moi la montagne
tu prends la sauge et moi le thym

La haine en puissants uppercuts
changea l’amour en serpillère
l’embrasa dardant sa torchère
lui inocula le scorbut

La nuit tomba sur les déserts
le froid figea ses stalactites
de la mort se dansa le rite
burle cingla champs et couverts

Démantelé foutu saigné
souriant comme un blé qui graine
comme au loin naufrageait la haine
l’amour chuchota j’ai gagné

L’attentat politique de ce jour en Tunisie a motivé des textes émouvants sur la liste Oulipo. Le présent poème, qui ne présente pas de contrainte oulipienne particulière, a tiré son inspiration de leur lecture.
Publié le 6 février 2013

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Atanase Périfan

Atanase Périfan
in ana: fêta repas

La lecture admirative d’un ambigramme malheureusement disparu de Basile Morin dans lequel par symétrie le mot voisinage se transformait en télévision m’a inspiré ces vers anagrammatiques concernant l’homme qui a instauré des fêtes des voisins à Paris.
Publié sur la liste Oulipo le 17 juin 2012

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Oripeaux

Crobonacci

sable
rocs
un homme
que comprime
une gangue froide
le balbutiement d'un dessein
à tire d'aile envolé vers le vide inconnu

Deuxième participation à l’hommage organisé par le site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien de l’année, qui pour 2022 est Étienne Lécroart. La longueur de chaque vers ( 1 1 2 3 5 8 13 ) renvoie au dessin correspondant. Cette liste est le début de la suite de Fibonacci de départ 1-1.

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le téléphone tous les jours

il faut cultiver l’impatience
dans le ciel gris de nos rues plates
où le vent s’est arrêté
le vent contrebandier de l’amitié
le vent s’est fait arrêter par imprudence
il sifflait
il faut libérer le vent
débrancher les éoliennes
débrancher le téléphone
décrocher les poupées du manège
tourner tourner comme la souris
la chauve souris qui cherche le vent de la nuit
il faut souffler tous ensemble
les verriers les sopranos les vestales
les bronchitiques les tuberculeux les amiantés
les dragons les aquilons les fujins
les phoques les vieillards les forgerons
ne pas arrêter de souffler
s’arracher les poumons
s’éclater les tympans
s’exorbiter les yeux
et si ça ratait
s’il ne repartait pas le vent
catastrophe s’il ne repartait pas
les murs aveugles des maisons resteraient visqueux dans l’ombre mauvaise
les parterres de lino glissant pueraient sans fin la lessive saint marc
les poussettes inutiles resteraient cadenassées aux cages d’escaliers
à l’hyper-drive le carbone ensevelirait la file des voitures
les bancs publics déserts se couvriraient de feuilles mortes
sur les bureaux que la mélamine aurait figés
sur les bureaux où se tapirait l’écran froid du touchpad
où pas une feuille vingt-et-un vingt-neuf-sept ne se tiendrait prête à l’envol
la sonnerie
la sonnerie dans le vide et l’incolore
toujours
tous les jours
grise et solitaire
la sonnerie d’appel masqué

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Articles

un de la une alla de l’un à l’une
las d’aduler le halo de la lune
de l’au delà héla un nul  élu
des « le » aux « la » l’un à la une est lu



Le 14/06/2012, Gilles Esposito-Farese a écrit :
« Parmi les dizaines de spams que je reçois quotidiennement,
j’ai vu ce matin le titre  » 3 articles pour le prix de 2! « .
Eh bien la liste oulipo fait mieux encore. En voici par
exemple quatre pour le prix de 2 :  » La une donne le la. « 
Qui tente d’en accumuler davantage ? »
J’ai fait la proposition ci-dessus, qui en contient 8 dans le premier vers et 8 dans le dernier

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Crash test incongru

L’asservi tondu
murant son dépit
-rituel maso-
opina du chef.
Le gros dur siffla.

Dévot du ricard,
l’appétit dodu,
rosi, parfumé,
cru salop festif,
il but des canons.

Dit: « Tu es bardot !
Le froc chu, migrant,
tu vas m’obéir. »
Après, rit tordu,
crocs brillants, du serf.

Orbital succès :
l’hirsute crado
cabré dit : « Mon cul!
L’ethno nu rira
sur ta tombe, zig ! »

Jurant comme dix,
l’occit sans ruser.
Démon rugissant,
il hume la mort,
part vers l’inconnu.

Partant des 5 voyelles aeiou on obtient par une quinine littérale 5 permutations (au lien que voici on trouvera l’explication de la quinine; la quinine littérale applique le même principe sur des lettres au lieu de mots):
aeiou
uaoei
iueao
oiaue
eouia
On réexécute les mêmes permutations, obtenant 5 strophes.
Enfin, chacune de ces voyelles est incorporée dans une syllabe pour donner le texte final.

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la rivière

mon enfant
tu vois la rivière
son courant t’invite au grand large
tu   redoutes   sa   fraîche   accolade   et   tu   frémis
de tes yeux
tu vois la rivière
ma voix tremble en t’encourageant
de ton corps
tu sens la rivière
t’accueillir

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Mosaïque

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

est-il sombre est-il clair cheveux bruns ou roux
parle-t-il fort ou doux
c’est un homme qui ne se voit pas en entier
c’est l’homme tout en mosaïque

les uns me disent qu’il inonde les couloirs des frais ruissellements d’une joie simple et belle
quelques amis le croient en voyage
la fille aux cheveux de cuivre connaît sa blessure enfouie
l’un sait qu’il prend le bus l’un connaît sa voiture

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux

qui l’a vu les armes à la main courir sans respirer dans les rues serpentines
pour quelle affaire chez le banquier son regard dur
une malade a reçu sa visite ce matin
oh sa voix métallique pour humilier son collègue au point de non retour

est-il grand baraqué porté sur le sexe
on m’assure qu’il s’agenouille à la messe
il emprunte certains jours le sentier qui s’enfonce à flanc d’ubac et traverse un bois saturé de senteurs de mousse et de chanterelle sans réduire son allure quand une échelle mal fixée franchit une barre de rochers en surplomb au dessus des lacs où se reflète le camaïeu vert des alpages

c’est l’homme tout en mosaïque
cligne des yeux
cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

lorsque la flamme bleue se coupe il relève sa visière et vérifie la soudure
on  dit qu’il déteste le gruyère
il possède un ami qui lui parle et rit fort
au parc la fillette orange considère un instant le monsieur qui s’est arrêté puis elle redémarre sa trottinette
il garde son portable sur vibreur

c’est l’homme qui attrape l’avion sans bagage
c’est le timide en arrêt devant une porte entr’ouverte
c’est l’ombre qui s’efface au bord du trottoir

cligne des yeux
si tu veux le voir un peu

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Clore sa nuit

« C’est où l’Iran ? »
Lou, se cirant
cil, se tourna :
« Où, n’est clair;
Oncle, iras-tu ?
— Un sort à ciel:
Car tu n’es loi. »
Lou, craintes:
« Croit à lunes ! »
Laïc, torse nu:
« L’arc tue soin,
Soin tue l’arc. »

Dialogue en ulcérations. Posté sur la liste Oulipo le 27 novembre 2012.

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