au fond de tes yeux je nage
une vague de larmes noie tes trop grands yeux sans rivage
telle une caravelle je cherche le rivage perdu
mais une mer de ténèbres ne livre pas rivage secret
mer de ténèbres ne livre pas
page de livre perdue
Le jeu de la vie est un modèle d’automate cellulaire imaginé par le mathématicien John Horton Conway. Un tel automate est constitué de « cellules » qui évoluent toutes simultanément, chacune en fonction des cellules qui lui sont proches selon des règles décrivant la naissance d’une cellule, sa mort ou sa survie : naissance s’il y a 3 cellules proches, survie s’il y en a 2 ou 3, mort dans les autres cas. J’ai déjà proposé une adaptation « oulipienne » du jeu de la vie dans une configuration à 1 dimension : les cellules étaient des voyelles disposées sur une ligne. Une adaptation à 2 dimension ( plus conforme au jeu de Conway ) vient d’être proposée par l’Oulipien Frédéric Forte : les règles ci-dessus sur les cellules sont reprises sans modification, les cellules étant garnies par des mots. Lorsqu’une cellule survit, le mot qu’elle contient est maintenu au coup suivant.
Le poème ci-dessus est obtenu en faisant évoluer l’automate suivant :
X X
X
X
X
X X
On trouvera ci-dessous cet automate garni des mots du premier vers, et son évolution ( jusqu’à disparition au 7e coup ) :
au fond
de
tes
yeux
je nage
________________
une
vague de larmes
noie tes trop
grands yeux sans
rivage
________________
telle une caravelle
je cherche
le rivage perdu
________________
mais
une
mer de ténèbres
ne livre pas
rivage
secret
________________
mer de ténèbres
ne livre pas
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de
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