À mes froids soirs,
clos, lis vers forts.
Recèlent l'or
brut d'un chant noir.
Jadis courut
l'enfant vers moi.
Là, scellent mois
longs des maux drus.
Tu crois voir l'huis
aux jours versants ?
Venin ! Le sang
au dégel luit.
D'un fol poignard
pourfends lourds airs.
Quand luit le fer,
au dégel, pars.
Comme dans le poème précédent « tes yeux » nous poursuivons l’exploration de la contrainte imaginée par Frédéric Forte se basant sur le jeu de la vie popularisé par le mathématicien John Conway. Un automate célèbre du jeu de la vie est le planeur, représenté ci-dessous :
. X . .
. . X .
XXX .
. . . .
Cette forme évoluant selon les règles explicitées en commentaire de mon précédent poème passe par une infinité d’états, selon un cycle de longueur 4. Si l’on parcourt le premier cycle en remplissant les cellules initiales les syllabes « Mes », « vers », « re », « cè », « lent » on obtient le titre de ce poème ( ce qui en explique la longueur ). S maintenant à chaque stade du cycle on complète les mots du titre en remplissant par des syllabes les cases vides du tableau rectangulaire dans lequel est disposé l’automate, on obtient le poème ci-dessus. Voici les quatre stades donnant les quatre strophes du poème :
À MES froids soirs
clos lis VERS forts
RE CÈ LENT l'or
brut d'un chant noir
-------
Ja dis cou rut
L'EN fant VERS moi
Las SCEL LENT mois
longs DES maux drus
-------
Tu crois voir l'huis
aux jours VER sants
VE nin LE sang
au DÉ GEL luit
-------
D'un fol poi gnard
pour FENDS lourds airs
Quand luit LE FER
au DÉ GEL pars
Notons que chaque voyelle dans l’automate contient exclusivement la voyelle E, et que chaque case hors de l’automate contient exclusivement les voyelles A,I,O,U.
Posté sur la liste Oulipo le 7 octobre 2026.
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