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TK

de l'oulipo
sois toujours
un héraut
jonglant
avec l'or

jaillis suivant
l'oiseau qui
clignant l'œil
fou
entonne un
chant puissant
surgi
des
étoiles

Usant d’un codage vocalique comme dans mon précédent poème « l’homme le chien rient au macadam » je l’applique ici pour un hommage à Louis Couturier dont le travail avait inspiré ce codage. D’une part « Louis Couturier » est un codage du titre, d’autre part il est lui-même codé par ce poème.
Voici une illustration en morse de ce codage
.-.. — ..- .. …
-.-. — ..- – ..- .-. .. . .-.
Posté sur la liste Oulipo le 30 mars 2026.

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l’homme le chien rient au macadam

rêve de bain tout bleu dans un lac
et c'est l'éveil froid couché sans lit
avec grand faim au creux d'estomac
chassant d'un coup lourd mouches et rats

dans la cohue houleuse des gens
tu restes sourd au courant hâtif
glissant dédaigneux toi sans parler
tu prends ton doux chien noir et tu ris

Une tentative d’inventaire des différentes variantes de l’okapi a été proposée par Louis Couturier sur la liste Oulipo. la 9e variante consiste à imposer une suite de nombres fixant les quantités de voyelles et de consonnes consécutives ( par exemple 1 v – 2 c -1 v – 2 c…). Dans l’essai ci-dessus, rien n’est imposé sur les consonnes, mais dans chaque vers les nombres de voyelles consécutives respectent la suite 1-1-1-2-2-2-1-1-1. Cette idée est réminiscente de la contrainte SOS de Nicolas Graner imposant dans chaque vers des mots dont les longueurs respectent cette même suite : l’effet mots courts/mots longs laissant entendre un codage en morse du SOS. Ceci laisse plus généralement envisager un codage morse vocalique.
Posté sur la liste Oulipo le 26 mars 2026.

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El Soltero

Je vis enténébré, rebut inconsolé,
Notable girondin sans castel, sans chemise,
Mon azur a pâli. Mon cistre constellé
Montre l'astre figé de ma chagrine crise.

Dans la tombe sans fond, tu vins me consoler ;
Chante Naples, son roc, la mer, la tendre brise,
Le floral présent cher à mon sens désolé,
Le clos dont le cep rend la rose tant éprise.

Cupidon ? Ra ? Non. Ni Lusignan ni Biron.
Mon front rosit à la caresse d'une belle ;
Dans la grotte gisant vis nager la rebelle...

Sans succomber mon pas traversa l’Achéron :
Modulant sans fin sur la lyre volubile
Des larmes en Carmel, des cris chez la sibylle.

Un regain d’activité se manifeste aujourd’hui à propos des couples de voyelles consécutives dans un texte. Certains, tel Gilles Esposito-Farèse, cherchent à réaliser des textes comportant tous les couples possibles; dans cette nouvelle réécriture du Desdichado (intégrée à la collection des « Avatars de Nerval » compilée par Nicolas Graner), on cherche au contraire à exclure tout couple de voyelles consécutives. Ainsi dans le premier vers sont interdits les mots « suis », « ténébreux » et « veuf » ainsi que, dans le deuxième vers « Aquitaine à ». J’ai proposé de baptiser « lipodivoc » cette contrainte.
Posté sur la liste Oulipo le 23 mars 2026.

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El Besdichadel

Sous le ciel ténébreux, le cœur inconsolé,
Contemplent l'Aquitaine à l'ardeur abolie
Celle au voile de mort, celle au luth constellé
Chantant le soleil noir de la mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, d'un même air désolé,
Content le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur dont le parfum les a su consoler,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

- Qu'est l'amour, qu'est le temps, quand le rire se rompt ?
Questionne rouge encor d'un baiser cette reine.
- Juste un rêve en la grotte, enrage la syrène...

Les deux femmes en pleurs leur néant maudiront,
Modulant tour à tour dans la crypte étouffée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Selon une tradition chère à la liste Oulipo, voici un « avatar de Nerval » : c’est une réécriture du Desdichado respectant une contrainte particulière. Ici, comme dans le texte « L’invention de Bechdel » publié hier, la contrainte consiste à respecter les trois conditions du test de Bechdel : au moins deux femmes doivent être présentes, elles doivent parler ensemble, et parler d’autre chose que d’un homme.
Posté sur la liste Oulipo le 16 mars 2026.

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nu intégral

Oie, à eau,
y a - aïe aïe aïe -
ouï youyou.

Une nouvelle contrainte intitulée « contrainte nudiste » ou « aconsonantisme final » (selon Gilles Esposito-Farèse) a été proposée récemment sur la liste Oulipo par Alain Chevrier. Elle impose que chaque mot se termine par une voyelle « toute nue ». C’est une forme adoucie de l’aconsonantisme (n’utiliser que des voyelles) dont le hog ci-dessus est un exemple.
Posté sur la liste Oulipo le 15 mars 2026.

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L’invention de Bechdel

Anne entre première
Jocelyne hésite un peu

- Oh là cette odeur
- J'ai horreur des araignées
- Et quel bric à brac...
- Rien de bon, tout à jeter
- Oh ! la belle malle !
- Attends, je t'aide à l'ouvrir.

Avalanche d'os.

- Super malle ! Je la veux !
Vingt ans que j'en cherchais une.

J’ai fortuitement découvert le « test de Bechdel » censé juger les représentations des personnages féminins au cinéma. Pour passer le test une œuvre doit satisfaire à une triple condition : « Il faut qu’il y ait au moins deux femmes dedans, qui parlent ensemble, et d’autre chose que d’un homme. »
Et en littérature, le test fonctionne-t-il aussi ? Voici pour l’essayer un dialogue en hypertog composé dans le cadre de l’« Oulipien de l’année », hommage du site Zazie mode d’emploi à l’Oulipien Bernard Cerquiglini.
Posté sur la liste Oulipo le 13 mars 2026.

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Hier est rayé

Quand se nippa sans lacs, grincha
ce campanile. Accent chagrin.
Rêvant mâchait. La coupa grain :
vent rêche aima, coula, grimpa.
Alors à joue larme sécha
l'orage où âme, l'art chassé,
elle a celé. Naître est passer.
La haie laisse traîner ses pas.

Une contrainte proposée sur la liste Oulipo par Rémi Schulz qui l’a baptisée « lohomeri » consiste à composer des vers dans lesquels chaque groupe de deux syllabes est inversé. Ainsi dans le poème ci-dessus les deux premiers vers s’écrivent phonétiquement : « kan se ni pa san lac grin cha » et « se kan pa ni lac san cha grin ».
Posté sur la liste Oulipo le 27 février 2026.

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La meuf de Nithard

À combien d'années ? Vingt ? Tu l'as bien cherché ! À son mari Martin, Jocelyne cria : Enfin !

À mon crâne, mes clavicules, mes tibias, mes fémurs, quand tu apparaissais, tu me faisais la lampe - oh cette lumière ! - le plastique, le sac... Je suis sortie en torche. À l'aide ! Une ouverture s'élargit, les administratrices par curiosité, malgré l'humidité, ouvrirent en bâillant. Comme du carton, l'étrange son qu'elles rendirent. Comme un choc poussiéreux sur un carton : l'une contre l'autre avaient buté Mme Potié et Anne. Celle-ci repartit, s'employant à aller jeter ce qui n'était à l'évidence que des rebuts. Tu éventras un meuble comme un rossignol, par le milieu. Tu marchais sur moi, dans un total abandon. Longtemps, depuis que je remontais, personne : des fientes, des araignées et leurs toiles, la poussière. Tu refermas. Ton odeur ! Tu me saisis.

La porte s'ouvrit : plein de dames. Moins deux...

Voici une nouvelle participation à l’hommage à Bernard Cerquiglini sur le site « Zazie mode d’emploi » qui comme chaque année honore un « Oulipien de l’année ». Ici le texte est repris à rebours : y figurent les mots essentiels de l’original ( modulo conjugaison ou synonymes ) dans l’ordre rétrograde, compte non tenu des mots accessoires.
Posté sur la liste Oulipo le 5 janvier 2026.

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L’inhumation de Sthard

Les paparazzi rouvrirent le cercueil, saisis par le visage fermé, la poudre, le teint d'araignée, les lèvres peintes : l'âme était morte depuis longtemps, l'absence était totale. Ils regardèrent tout autour les babioles, le mobilier chamarré, les stucs : à l'évidence, rien n'était trop beau ; on avait tout acheté cash. En refermant, Corio Papa lâcha le couvercle vernissé, dont le choc rendit un son caverneux. Le cadavre bâilla, entrouvrant les mâchoires ; par curiosité le journaliste élargit l'ouverture avec l'objectif de son appareil, en sortit un dentier fantastique ; la lumière du flash révéla deux rubis, des saphirs, une aigue-marine, un diam...

- Et voilà, murmura Lano Razzo ; elle ne mordra plus avant longtemps.

Voici une nouvelle participation à l’hommage à Bernard Cerquiglini sur le site « Zazie mode d’emploi » qui comme chaque année honore un « Oulipien de l’année ». Dans cette version, on trouvera un petit clin d’œil à Fellini, dont le personnage Coriolano Paparazzo de « La Dolce Vita » a fait naître un mot repris dans le monde entier. Toute coïncidence avec la mort plus ou moins récente d’une star est fortuite, croyez moi sur parole.
Posté sur la liste Oulipo le 30 décembre 2025.

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L’abécédaire de Nithard

Affreux bazar ! Capharnaüm ! D'entrer fait gémir huit intruses jalonnant la mansarde nauséabonde où pourrissent quelques ruines suintantes.

Toc, une vieille valise usagée tombe, se rompt. Quelle pluie ! Omoplate, naviculaire, maxillaire, lunatum... jonchent, innombrable horde, guéridon, fauteuil et dallage.

Copines beuglent : Alléluia !

Voici ma première participation à l’hommage à Bernard Cerquiglini sur le site « Zazie mode d’emploi » qui comme chaque année honore un « Oulipien de l’année » : un texte de ce ce dernier est proposé à tous pour en proposer des réécritures, le plus souvent en utilisant une contrainte oulipienne. Le présent texte est un abécédaire aller-retour, les initiales des mots successifs étant dans l’ordre A, B, C… Toutefois, sont évitées les lettres valant plus de 10 points au scrabbles ( K, W, X, Y, Z ) comme l’avait fait Georges Perec pour sa contrainte de la belle absente.
Posté sur la liste Oulipo le 27 décembre 2025.

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