( Le nom « Acacia » possédant une seule consonne « c », lui sont adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quartidi » ; seule « d » a été utilisée ici )
3 juin – 15 prairial – Caille
L’élue a cillé. A l’oeil coule l’eau celée, Calice lilial.
4 juin – 16 prairial – Œillet
Alitée, allaite. Il tâte l’étole et tète. L’étoile, elle, luit.
5 juin – 17 prairial – Sureau
Rare sueur russe Sûr ! Sa ruse a assuré ! Erreur ressassée
Ce projet d’un an a démarré le 1er mai 2015. Comme pour les deux cycles annuels précédent, le lipoméride et le zodianku, il a fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier républicain: chaque jour paraissait un haïku écrit en utilisant seulement les consonnes du nom donné par Fabre d’Eglantine au jour considéré. Si toutefois ce jour comportait une seule consonne ou aucune, on pouvait utiliser de plus les consonnes du nom du jour dans la décade (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi).
Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitaient étaient invités à me proposer ces haïkus, accueillis avec joie.
Voici le premier et le dernier des haïkus composés lors de ce cycle :
1er mai 2015 – 12 floréal – Sainfoin
Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.
30 avril 2016 – 11 floréal – Rhubarbe
Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !
A la fin de ce cycle nous avons fêté la fin de l’aventure : une pluie de textes ont répondu à mon invitation d’écrire sur des contraintes oulipiennes librement choisies des poèmes à partir de la chanson « Il pleut, il pleut, bergère » écrite par Fabre d’Eglantine, auteur des noms de jours du calendrier républicain. Cette page a été publiée le 1er mai 2016.
Variantes :
Chaque jour de nombreuses variantes ont été proposées par des amis sur la liste Oulipo et sur twitter. Merci à tous pour tant de richesse ! Elles sont rassemblées (ainsi que mes propres variantes) dans la page Variantes du Sankulipo
Illustration :
Un grand merci à « Mal traçadas linhas » alias @eujanymim qui m’a envoyé la belle roue calendaire illustrant le Sankulipo.
A partir du premier mai 2014 le Zodianku prend la suite du Lipoméride qui s’est achevé le 30 avril après un an d’existence. Dans ce nouveau projet qui durera un an si tout va bien, un poème sera écrit pour chaque signe du zodiaque et chaque décan dans ce signe : ainsi trente six poèmes verront le jour, grâce à la publication quotidienne d’une strophe sur twitter et sur ce site. Sur le modèle des renku traditionnels, ces strophes seront alternativement des haïkus (trois vers de 5/7/5 syllabes) et des strophes de deux vers de 7 syllabes. Ces vers suivront une contrainte lipogrammatique dictée par les voyelles du signe zodiacal et de la planète du décan :
Pour les haïkus: 1er et 3e vers sur les voyelles de la planète, vers central sur les voyelles du signe.
Pour les autres strophes: trois voyelles parmi celles du signe et de la planète, choisies selon l’ordre de préférence : u > o > i > e > a.
Ces poèmes ne sont pas de vrais renkus, ils sont plus courts, cependant chaque strophe répond à celle qui la précède. De plus tout lecteur le souhaitant peut dès la publication d’une strophe me proposer avant la fin de la journée la strophe suivante par un message sur ce site ou un tweet privé sur mon compte @noel_talipo. Je m’efforcerai, sauf lorsque je suis contraint de m’absenter, de publier cette strophe avec en note la mention de son auteur, pourvu qu’elle respecte bien la règle du jeu et naturellement l’étiquette du net. Proposez une seule strophe à la fois, merci : laissez-en un peu pour les autres !
C’est l’humble demeure
Du 1er mai au 10 mai – Signe : Taureau ; planète : lune
C’est l’humble demeure Aux fenêtres refermées Sur l’heure secrète
La rue à jambes pressées Se détache et prend le large
Que peuvent les clercs Passant là sans s’arrêter Qu’emmurent les brumes
La marelle des pavés Trébuche et saute en enfer
C’est le jeu des rues Les gagnants sur les perdants Prélèvent leur dû
En grec en russe en hébreu S’alarment de pauvres hères1
En quête fiévreuse Par les murs et les hangars Du secret perdu
Que vaguement se rappellent Ceux que nul ne veut entendre
Leur lèvre muette Que reflète la fenêtre Semble murmurer
Et la chatte paresseuse Seule entend leur testament
(1) Annie Hupé. Pour des raisons techniques cette strophe n’a pas figuré sur la version tweeter où on trouvait à la place:
Marchant à pas cadencé Sur l’asphalte craquelé
Tu es revenue
Du 11 mai au 21 mai – Signe : Taureau ; planète : saturne
Tu es revenue Ce sera fête au hameau Danse jusqu’à l’aube
A la lueur des flambeaux Et des regards éperdus 1
La table est dressée Parée de branches en fleurs Sur la nappe blanche
Le Père se penche un peu Te serre dans ses bras gauches
Tu sembles perdue Dessus le cercle d’épaules Que regardes-tu ?
Dans l’angle reste à l’écart L’étranger que tu cherchas
Un passé déferle Par delà ces années lentes Une lueur chaude
Cette paume s’attardant Sur les vagues de ta peau
Et près de l’étang Par un crépuscule calme De graves serments
Aucune phrase aucun geste Juste un tremblement de lèvre
Et la tarentelle Accélérant sa cadence Te happe et t’emmène
(1) Frédéric Martin-Delvincourt
Le chemin du ciel
Du 22 mai au 31 mai – Signe : Gémeaux ; planète : Jupiter
Le chemin du ciel Emmène au-delà du temps Celui qui le suit 1
Heureuse les pieds sur terre Je veux vivre « hic et nunc ». 2
Ciel vide et muet, Là, seule demeure l’eau, Le rêve s’enfuit. 3
Ici réside peut-être Un Dieu nu et humilié. 4
Lumière qui luit, Reflets dans l’eau de l’étang, Nuit de pleine lune. 5
Lugubres hululements… Je m’enfuis, demi-vêtue. 5
Je lève les yeux La flamme d’un feu rageur surgit et serpente
Meurtrie mutilée je tire Sur les lierres qui me lient 2
Embusquée je veille l’assaut du feu et de l’eau Pluie mêlée de cendres 6
Je cherche le fil perdu Vers un chemin de lumière
(1) La strophe de départ est proposée par Nicolas Graner (2) Annie Hupé. (3) Françoise Guichard. (4) Frédéric Martin-Delvincourt. (5) Elisabeth Chamontin (@Souris_Verte) (6) Strophe utilisant des éléments transmis par Philippe Simon.
Là dans la pampa
Du 1er au 10 juin – Signe : Gémeaux ; planète : Mars
Là dans la pampa Pauvre hère s’en alla Dansant la samba
Et battant des maracas De Bagé jusqu’à Valdès.1
Atlas parada tel un hacker, de Dunkerque à Java. Navrant !2
Mal chaussé jambes arquées Hère va sans se cacher
Ah ça ! Bâtard, là Hurle Atlas brute à peau d’ange, A fada passant
Que cherches-tu dans ce champ Gâchant cette herbe à ma vache
Santal blanc, safran Jaune ! Fastueux herbage Fragrant, ça flatta.2
S’excusant flâneur allègre En hâte changea de cap
Las ! ça n’alla pas Un bras rageur l’attrapa Frappa, tabassa.
Sur la steppe le vent passe Pauvre gars ne danse plus
Le monde est petit Du 24 août au 3 septembre – Signe : Vierge ; planète : Soleil
Le monde est petit Tes chemins tes errements Rencontrent les miens
Ton œil en mon œil se fond Tes peines mirent les miennes
L’ombre ensevelit Le timide scellement De nos connivences
De ton front posé léger Me sens poitrine imprimée
De brise jolie Tes mèches libres se bercent Et frôlent mes lèvres
De nos doigts entrecroisés Monte en nos seins même fièvre
Somnolent mélèze Frises de miel inclinées Protège nos liesses
Froment seigle ceps des vignes Rendez nos soleils torrides
Le vol obsessif De fébriles éphémères Fibrille le ciel
Est-ce moi le rêve éteint Dont loin s’envole ton rire ?
Le monde s’étire Sphère pleine de silence De silence immense
Du névé bleuté Du 4 au 12 septembre – Signe : Vierge ; planète : Vénus
Du névé bleuté Le reflet semble vibrer Vu de cette sente
Il cerne l’entrée du cirque Que défend un défilé
Un brusque vent d’est Se réveille et vient gifler Les pentes rugueuses
Siffle entre les jeunes pins Qui serpentent vers le ciel
Un reste de brume Préservé de cette fièvre Effleure les crêtes
Une excessive lumière Rend les neiges venimeuses
Juchées en dévers Pierres se clivent et brillent D’un feu ténébreux
Seul en un creux retiré Tremble le frêle lin bleu
Epure muette De l’invisible présence Que scelle le temps
Les muscles tendus Du 13 au 23 septembre – Signe : Vierge ; planète : Mercure
Les muscles tendus Ils entrent lèvres serrées Des hurlements fusent
Cernés de lumière blême Sentent le ciment trembler
Un vent d’hébétude Gifle ces virils éphèbes Qu’encercle une meute
Les curieux et les furieux De leurs yeux secs les fusillent
Seuls un peu perdus Respirent des sels fétides Restent suspendus
Puis virent d’un geste lent Vers ce centre qui les brûle
Fermeture crue Le ring en ligne brisée Creuse une fêlure
Vive splendeur des ceintures Rend leur figure plus grise
Un heurt de pendule Trépignements feintes punch Gerbes d’uppercuts
Ventre sueur nez plexus Erreur ! Une seule erreur
Pêle-mêle en feu Sirène civière perf Rumeur et ténèbre
Deux très jeunes femmes Du 24 septembre au 3 octobre – Signe : Balance ; planète : Lune
Deux très jeunes femmes S’avancent dans la venelle En quête de sel
Près d’elles une enfant chante Et saute sur une jambe
Un secret murmure Scande la marche sans hâte C’est le crépuscule
L’éclat d’une devanture Capture leur chaud regard
Plumes et dentelles Frangent des mantes légères Relevées de gemmes
Chasubles de taffetas Capes au reflet d’azur
Un brusque vent d’est Arrache ces passements Les élève en cercle
Aux épaules des rêveuses Drape parure céleste
Le temps d’un reflet Cette astrale majesté Effleure éphémère
Deux passantes attardées Et l’enfant à la marelle
Une vague lente Du 4 au 13 octobre – Signe : Balance ; planète : Saturne
Une vague lente Passe et dans la rade calme La barque un peu tangue
Le pêcheur d’un geste sûr Lance la canne et l’appât
La plage est déserte Le vent caresse le sable Dans le crépuscule
Une larme perle sur La peau saturée de sel
La lune se lève Sa belle face argentée Chevauche les nues
Dans sa tête autan répète Que la Femme s’est pendue
La marée s’empresse Dans la clarté d’amarante Que jette le phare
Tant de phrases étranglées Tant de caresses perdues
La sterne planante Penche et regagne sa place Sur l’embarcadère
une plume va tracer la frange crue des vagues1
(1) La belle strophe finale m’a été proposée par Louise Blau (@lignesbleues). C’est particulièrement intéressant, illustrant bien comment les contributions de chacun ont fait dériver les poèmes parfois loin de ce que j’avais imaginé. Ici, la finale m’évoque une sorte de rédemption empreinte de paix et de beauté, bien loin de la fin sombre à laquelle j’avais pensé : « L’eau claque elle se referme La barque ne rentre pas »
Quelques musiciens Du 14 au 23 octobre – Signe : Balance ; planète : Jupiter
Quelques musiciens Venant des terres étranges Epuisés cheminent
Des chiens se dressent et hurlent Des fenêtres se referment
Les gueux se dirigent Vers la place des marchands Près du vieux tilleul
Le vent humide et frileux Pénètre leur pèlerine
De fifres de vielles De basses tam-tams et sax Musique est métisse
Il s’élève de leurs lèvres Un merengue qui s’enivre
Sur un thème en vrille S’entrelacent les accents Se brise le gel
Des curieux levés en cercle De leur pied suivent le rythme
Filles ténébreuses Apres gars crâne rasé Cinglent le bitume
Et sur cette ville beige Le ciel des îles scintille
Hantant mastabas Du 24 octobre au 2 novembre – Signe : Scorpion ; planète : Mars
Hantant mastabas L’on voit son bob indigo Marrant caftan blanc
Il paraît avoir vingt ans Mais a la mort dans la voix
Cavalant sans cap Il bondit d’horizons noirs Bramant chants fadas
Passants marchands proprios Vont ignorant son galop
Navrant Artaban Front trop gros profil porcin Badant bras ballants
Mais à midi naît la faim Oignon par ci pain par là
Sans marks sans nafkas Finit trois trognons moisis Lapant ramas gras
Las choit dans l’abri si frais Dont s’ombrait lavoir banal
S’affalant hagard Son dos blotti l’idiot rit A sa baraka
Loin loin s’affaiblit l’aboi Loin loin la loi d’Osiris
Le vieil olivier Du 3 au 12 novembre – Signe : Scorpion ;
Le vieil olivier Tord son gros tronc gris rôti Et croise le vent
Il domine le vignoble De son ombre emplie de fièvre
Ton dos se détend Ton poing mollit ton front rit Ton sein frémit libre
Le ciel violet de midi T’inonde et te vrille l’œil
Ton vin de silex Dont on boit trop l’or rosi Monte vite en tête
Le grillon dolent grésille Entre les pierres torrides
Le sommeil te vient Long solo d’infinis fols Voile de l’ivresse
Personne ne te réveille Rien ne vient briser le vide
Mémoire immobile Corps pris d’indistincts frissons Isolement tiède
Roche sillons terre éprise L’olive penche et te berce
Une clé seule entre Du 13 au 22 novembre – Signe : Scorpion ; planète : Vénus
Une clé seule entre Fin profil croisillon d’or En cette serrure
D’un lumignon luit confus Un fin jour sous l’huis noirci
Un cerne de lune Inscrit son coloris froid Sur le mur sévère
Pour qui sourit l’inconnu Qu’introduit un bond furtif
Le pêne s’enclenche Son choc clôt sitôt l’octroi Et je me renferme
Oisif sur mon trottoir gris Sous un fronton tout moisi
Esseulé je guette Du portillon noir qui dort Le chêne lugubre
Surpris vois d’un tour du gond S’ouvrir un couloir obscur
Me rue et pénètre Sport idiot viol instinctif Qu’est-ce que j’espère
Poings sur un mur nu Jim rit J’y vis l’Intrus Primitif
Le feu de leurs yeux Du du 23 novembre au 2 décembre – Signe : Sagittaire ; planète : Mercure
Le feu de leurs yeux Reflète le tapis vert Du cercle de jeu
Le pur esprit d’une nuit Dure et sublime s’esquisse1
Splendeur désuète Pesante table d’ébène Tentures et stucs
Un merle serein épelle : Le silence est-il de mise ?1
Le temps se renverse Des chiffres le cliquetis Sème une stupeur
Ténèbres restituées Êtres et esprits enfuis2
Les lèvres serrées La narine d’air privée Geste suspendu
Une bille fuse et ruse Hésite évite et refuse
Le rêve se meurt L’abîme happe en braillant Les enjeux perdus
Superbe un instant s’élève Le rire qui devient ruine
Une fleur des prés Du 12 au 22 février – Signe : Verseau ; planète : Lune
Une fleur des prés Fendant la verte membrane Frêle se déferle
Ses pétales flavescents Se bercent au vent léger
Généreuse et pure Elle répand le parfum Des heures heureuses
Humble tâche de clarté Ancrée au versant abrupt
En brusque détente S’abat une sauterelle Semeuse de peur
Sa patte rugueuse gratte Ses antennes se démènent
Muette perdue La fleur aux tendres sépales Reste suspendue
Paf d’un saut fuse la bête Que chasse quelque danger
Lent et mesuré C’est le pas du taureau blanc Empereur superbe
Le végétal éperdu Rend grâce au géant sauveur
Le mufle se penche L’âpre langue arrache et happe Une fleur des prés
Une erreur dans le calendrier qui m’avait servi de source m’a amené à terminer prématurément ce zodianku, pour lequel j’avais prévu trois strophes supplémentaires, car le décan suivant aurait sans cela été réduit à 6 jours. Ainsi les trois dernières strophes, déjà préparées, n’ont en fait jamais été diffusées.
Grand jeu des saveurs Du 20 au 28 février – Signe : Poissons ; Planète : Saturne
Grand jeu des saveurs Oignon poivron potiron Sauce grand veneur
Jouissons du pot pourri Dont tous nos goûts font chorus
Un fumet suave Dont on voit nos rôts offrir Le charme s’élève
Du point du jour jusqu’où nuit S’obscurcit nous cuisinons
Prudente et secrète Du 10 au 20 avril – Signe : Bélier ; planète : Vénus
Prudente et secrète Petite vipère grise Lentement furète
Libérée d’une mue sèche, Ventre sur les pierres tièdes1
L’heureuse et légère Fillette remplit les prés De rumeurs de fée
Ses yeux emplis de lumière S’émerveillent du printemps
L’heure est verte et tendre Veille le fier épervier Belette s’enterre2
les fleurs de neige se penchent en secret vers leur psyché3
Fleurs bleues déclencheuses Resplendissez d’emblée chez Cent chercheurs chercheuses4
Puis vite détruisez presque Le rude chiendent livresque4
En culbute brusque Petite en plein met le pied Sur l’humble serpent
Mû d’un meurtrier réflexe Le reptile se détend
Dents cruelles fusent Cinglent se fichent instillent Le suc vénéneux
(1) Françoise Guichard. (2) Brigitte Pellat (@BrigittePellat) (3) Hélène Verdier (@h_verdier) (4) Gilles Esposito-Farèse. Les deux strophes écrites par Gef contienent l’évocation de trois romans de Raymond Queneau. De plus elles constituent un «isotankwoosh», contrainte définie par lui qui combine tanka, isocélisme et twoosh (140 caractères). On en voit mieux la forme sous la présentation suivante:
Vents, frères du fleuve Du 21 au 30 avril – Signe : Taureau ; planète : Mercure
Pour ce dernier texte du Zodianku j’accueille les membres de la liste Oulipo. Je leur suis très reconnaissant de me faire l’honneur de leur présence amicale.
Vents, frères du fleuve venus du sud, de la mer nés des steppes russes.1
Senteur exhalée d’Annan Que le sable a répandue2
Fureur des nuées Cet harmattan chaud s’abat, Sec dessus l’erg nu.3
Quel mascaret d’espérance Rechassa le vague à l’âme2
Prends l’heur en ces gemmes Sculptant tes gestes futurs Leurs splendeurs terrestres4
N’entends-tu pas cet augure Que le temps mène au hasard4
Bébé des blés bleus Né au creux du ruban blanc De brume et de vent…5
La murène est dans le seau Tu prends le râteau du temps5
Muse fuselée Traverse une austère épave Épure de fugue6
Flambeau fumant dans le vent S’achève un labeur astral7
(1) Annie Hupé. (2) Guy Deflaux ( @Wanatoctouillou ) Les deux premières strophes forment ensemble un tanka isocèle. La forme en apparaît mieux sous la présentation suivante :
(3) Françoise Guichard. (4) Gilles Esposito-Farèse. Les deux strophes offertes par Gef forment à elles deux un isotankwoosh, forme définie par ce dernier comme un tanka isocèle de 140 caractères. On en verra mieux la forme dans l’image suivante:
30 avril 2014 :Le zodianku est achevé, après un an de publication quotidienne. Un grand merci à tous les amis, Oulipotes et Twittérateurs, qui l’ont enrichi de leurs contributions tout au long de ces trente-six textes !
1 mercredi – dès le réveil, plein de sentiments célestes 2 jeudi – muguet si tu veux, que tu hurles ne peut te nuire 3 vendredi – c’est vers midi que mes intestins devinrent grêles 4 samedi – entre avec crainte dans l’envers sidéral 5 dimanche – le septième jour il posa son violon et s’envola 6 lundi – murs infinis d’un suburb gris 7 mardi – matins hardis, ravins alpins, grands sapins 8 mercredi – dériver lentement vers le rêve et s’éveiller en mer 9 jeudi – le jus de purin ne tue ni vigne ni ciguë 10 vendredi – vérifie bien : de l’infini, rien ne vient. rien. 11 samedi – il siffla la fille, elle le vit, il était grisâtre 12 dimanche – grâce furtive d’un brin de romarin fleuri 13 lundi – il fut surpris d’un si subit prurit 14 mardi – matin : lac salin mirant l’air carmin 15 mercredi – je t’interdis de m’enfermer en mes pensées 16 jeudi – le plus pur sentiment m’effleure dès que j’entends les fleurs rire 17 vendredi – le verbe, c’est l’ennemi : il perce les fenêtres 18 samedi – hélas il avait déjà l’âge des plaies saignantes 19 dimanche – dans les soirs alanguis tourne la chauve-souris 20 lundi – il fut puni : ni sushis ni surimi 21 mardi – l’air chagrin, l’Anglais s’attabla, cachant mal sa faim 22 mercredi – le névé scintille, le pied pèse et s’imprime, le ciel m’encercle de nimbes givrés 23 jeudi – de fureur il s’inflige des griffures sinueuses 24 vendredi – s’il est de tristes femmes, me désespère cette fidèle éphémère éprise de l’être divin 25 samedi – dix, valet, dame, tierce gagnante, tapis persan 26 dimanche – l’aréole du sein, ce cadran des nuits solaires 27 lundi – fuis si tu survis, fuis du puits qui mugit 28 mardi – jardin français, jardin anglais, sans avis j’avançai 29 mercredi – chenille s’échine et printemps chemine 30 jeudi – si tu suis les signes qui luisent tu meurs 31 vendredi – l’herbe fervente penche vers l’est et sécrète le bel encens
juin
1 samedi – la salive me vient en reniflant ces pintades 2 dimanche – le saule torsadé m’affole de sa fulgurante éruption 3 lundi – fruit d’hibiscus cuit sur du riz : un summum 4 mardi – partir agitant la main sans chagrin 5 mercredi – le chien, le réverbère, et le silence 6 jeudi – le vieux peuplier se redresse, ivre du tumulte des insectes butineurs 6 jeudi – (deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil. 7 vendredi – élèves en cercle, périmètre de pierre 8 samedi – farine tamisée, lait, malaxe la pâte 9 dimanche – à sa fenêtre une femme rit, son portable à l’oreille 10 lundi – du fil d’un surin l’Inuit punit l’intrus in situ 11 mardi – brandis l’appât : grandit la paix 12 mercredi – père ni fille, mère ni fils, le destin ne prévient de rien 13 jeudi – le sujet précède le verbe, depuis les nuits du temps, et rien ne les unit 14 vendredi – il mendie, il grêle, l’intestin crie 15 samedi – demain ta main câlinera l’échine 16 dimanche – avouerez-vous jamais la honte d’un regard détourné ? 17 lundi – du suc d’un fruit mûr il fit un jus qu’il but pur 18 mardi – à l’instar d’Hannibal gravissant l’arc alpin, fais pâlir l’invasif latin 19 mercredi – chez le généticien les bêtes engendrent cent chimères 20 jeudi – je m’éprends d’un buffet de chêne cérusé, ému de ses sculptures désuètes 21 vendredi – ses chélicères se refermèrent et le venin fit le reste 22 samedi – atteinte d’Alzheimer elle est femme elle est belle 23 dimanche – îles d’alors, étiez-vous inaccessibles ? 24 lundi – mini-flux qu’induisit un fil nu sur l’indium du circuit 25 mardi – caviar sans pain : il tartina sa main 26 mercredi – vérifie le frein : s’il est desserré, défense de lever le cric 27 jeudi – l’un veut, l’un refuse, l’un pleure 28 vendredi – le peintre célèbre en vermeil l’est irréel des ciels d’été 29 samedi – vahiné, lance ta danse, agitée de transes marines 30 dimanche – à l’origine du regard était le feu
juillet
1 lundi – brun mûrit un fruit, surgi du pistil d’un iris purpurin 2 mardi – gaz sarin. Bachar, riant, signa : sabbat final 3 mercredi – délimite le segment sensible, pénètre vivement et déclenche le cri 4 jeudi – tumeur détectée, une peur est instillée 5 vendredi – rire insensé des premières tendresses 6 samedi – églantine des vents rebelles cadran des temps déphasés calendrier des saints de braise balisent l’ère des errances 7 dimanche – robe qui flotte autour des jambes de velours 8 lundi – un cumulus surgit du sud, mugit, luit, puis il plut 9 mardi – malin, l’assassin signala l’alibi sans pâlir 10 mercredi – serment d’ivresse liesse des vignes 11 jeudi – il ripe sur une prise, perd l’équilibre, et dévisse 12 vendredi – pitre sempiternel risée des esprits élevés 13 samedi – paire de mitaines belles mains de laine 14 dimanche – sur l’étang qui miroite un lotus flotte et je souris 15 lundi – gus qui vit du minimum, gus surpris nutri d’un fruit chu d’un surplus, gus qu’un tribun punit 16 mardi – il prit sa main, dansa sans fin dans l’air matinal 17 mercredi – entre ses lèvres grises défibrille le rire 18 jeudi – bûches humides feu qui fume je m’enrhume 19 vendredi – impertinence belle impertinence dévie les destins rectilignes 20 samedi – narines flattées par l’air salin des alizés 21 dimanche – la conique se dérobe et suit sa route bifocale 22 lundi – un pli divin sur un surplis pur lin 23 mardi – paix à l’Islam s’avivant dans l’amical ramadan 24 mercredi – le ferment de liberté lève si le sel est mêlé 25 jeudi – chut ! plus de bruit, ses cils se ferment sur ces lueurs intérieures 26 vendredi – l’incendie se déclenche et crépitent mes sentiments 27 samedi – labiales, dentales, fricatives, palatales, vibrent sans fin dans l’air et dansent 28 dimanche – sur l’icône son pinceau promène une caresse dorée 29 lundi – cri d’un bikini rubis sur un cuir brun 30 mardi – j’arrachai l’animal tapi dans ma chair 31 mercredi – le silence est le siège des rêveries fertiles
août
1 jeudi – jeune fille qui pleure et l’heure s’éternise 2 vendredi – les dernières merceries ferment et le temps perd le fil 3 samedi – en plantant le pépin j’imagine l’arbre 4 dimanche – dans la farandole oublie paroles et projets 5 lundi – primitif, instruit, instincts indivis : surgir, s’unir, fuir 6 mardi – lapin nain, clapis dans l’abri câlin 7 mercredi – l’épeire tend ses fils en cercles invisibles, l’insecte vire sec, le piège se referme 8 jeudi – une erreur vint lui révéler l’entrée des chemins supérieurs 9 vendredi – geste lent de ces femmes nimbées de crêpe de Chine 10 samedi – dans la clarté rare de la cave, l’affinage mêle savamment le temps et le sel 11 dimanche – de l’âme raisonnable le front sera cerné d’une auréole en fer 12 lundi – d’un burin sûr, incisif, il inscrit un trip cursif sur un buis brut 13 mardi – assis dans sa datcha l’amiral trahi paraissait maladif 14 mercredi – le filet pèse empli d’espèces vénéneuses 15 jeudi – le tilleul infuse et viennent les pensées secrètes 16 vendredi – l’épervier glisse lentement, le silence règne 17 samedi – il vieillira sans haine et la fin sera claire 18 dimanche – du piano la note grave s’accorde à mon désarroi 19 lundi – but qui luit, tribus qu’unit un script divin, dur circuit juif 20 mardi – salam dit-il, avançant la main, la paix habita l’islam 21 mercredi – ensemble espèrent les chrétiens, et cherchent le chemin 22 jeudi – se dénuer triplement du désir élève le hindu vers une liberté pure 23 vendredi – le zen respecte le silence, vient l’éveil, le vide s’imprègne 24 samedi – dans l’ascèse le jaïn verra l’âme libérée 25 dimanche – l’homme cherche une réponse à la question jamais posée 26 lundi – turbin, rictus divin, crucifix nu 27 mardi – l’ami vrai n’a jamais l’air avili par la main l’agrippant 28 mercredi – il ensemence les terres desséchées, il extirpe les épines, il espère 29 jeudi – immersive ferveur des sexes qui s’unissent 30 vendredi – de frêles brins entremêlés il me fit cette ferme tresse 31 samedi – canines arrachées, le carnassier se régala d’herbes sapides
septembre
1 dimanche – au sommet de la montagne le soleil retentit d’un tintamarre de couleurs 2 lundi – il prit un biscuit, but un vin cuit, minuit vint 3 mardi – il s’assit, raidi par l’accablant handicap, mais il n’avait pas mal, disait-il 4 mercredi – le chien se lèche, il s’étire, les petites filles rient 5 jeudi – elle s’immerge nue et se berce des effleurements du fleuve 6 vendredi – les petits chefs en veste grise sentent le dentifrice 7 samedi – la cithare et la harpe égrènent cette villanelle cristalline 8 dimanche – elle est folle la parole qui s’emballe un jour de retrouvailles 9 lundi – un surfil mit un fini subtil sur l’uni du tissu 10 mardi – il s’affairait à rafraîchir la sangria 11 mercredi – les pierres des cimetières dessinent des grilles vierges 12 jeudi – le destin n’est qu’un muet cruel qui rit et me tire les cheveux 13 vendredi – le dentiste se penche et mes gencives serrent les dents 14 samedi – dans sa cabine le capitaine avec le sextant vise Rigel 15 dimanche – un brin de farigoule jeté dans l’aubergine ma cuisine donne envie de danser 16 lundi – mistigri ! rugit-il, puis il prit un pli 17 mardi – avanti, citadin, va sifflant : tapi dans l’arc crânial vit l’intact jardin 18 mercredi – des persiennes fermées se déversent les ténèbres de ces tristes fenêtres 19 jeudi – un lutin curieux glisse une pupille furtive sur le livre que je revêts d’une écriture nerveuse 20 vendredi – sentinelle enivrée, rentre te dégriser, le fifre et le serpentin te relèvent 21 samedi – l’accident de santé laissa des traces irrémédiables 22 dimanche – d’un sourire moqueur fut accueilli mon gauche compliment 23 lundi – clin d’un cil sur un iris gris 24 mardi – l’habit allait à ravir: satin clair s’irisant d’isatis 25 mercredi – les tennismen émerveillèrent Lenglen de ces revers pleins de finesse 26 jeudi – une virgule s’insinue et cette missive sereine devient un dur texte guerrier 27 vendredi – de cette belle femme enceinte le ventre est énigme et tendresse 28 samedi – le gardien s’abrite de la bise sa cigarette brasille 29 dimanche – d’un osier bien assoupli le vannier confectionne de robustes paniers à cueillettes 30 lundi – fruit qui dit «pur» distinct d’«impur», fruit qui fit du futur un mur
octobre
1 mardi – l’assistant signala l’imparfait signal : ah, ça va ! fit l’aspirant, fais fissa sans tralala 2 mercredi – il descendit cette cheminée de mine et les ténèbres l’enfermèrent 3 jeudi – ils endurèrent des pluies tumultueuses qui mugirent deux lunes entières 4 vendredi – les venelles excentrées recèlent les enfermements d’êtres désespérés 5 samedi – cavale interminable, balle dans la tête, le sanglier s’abat, le sang se fige 6 dimanche – sous le casque à vélo flot de boucles dorées que la vitesse fait onduler 7 lundi – bus dix-huit, flux d’individus fugitifs, but indistinct 8 mardi – tram à l’apaisant ballant, rails t’aspirant à l’infini 9 mercredi – le ticket de chemin de fer libère le destrier des rêves 10 jeudi – sur le fil du téléférique sinue le vertigineux destin 11 vendredi – bercement serein des péniches entre les rives serpentines 12 samedi – le deltaplane vire, cherche l’ascendant, il siffle et décale sa glissade 13 dimanche – par des rencontres imprévues sont déviés nos caps vers un archipel second 14 lundi – il fut pris d’un virus; six nuits fut-il cru fini. vint un sursis : il vit ! 15 mardi – l’anglais n’a pas l’air si gai sans bandana 16 mercredi – le chêne débité, bien empilé, le fermier prend le petit verre mérité 17 jeudi – les ruines du bunker servirent de refuge et leur secret fut préservé 18 vendredi – pressée de livrer le secret de cette divine terrine en gelée, Edmée rit, se penche et se renferme 19 samedi – sa main tient ferme la laisse, le chien mène sans hésiter, le regard vide il traverse la ville 20 dimanche – la chorale s’échauffe à grandes vocalises 21 lundi – un rubis purpurin luit sur un tissu fin 22 mardi – ni pain bis ni sarrazin mais il savait trahir sa faim par six brins d’ingrat plantain 23 mercredi – neige crisse, pied s’imprime, givre pince, se décèle enfin cette petite remise désertée 24 jeudi – tuteur et ficelle béquillent cette jeune tige de chèvrefeuille 25 vendredi – il inverse les termes de ce dilemme et l’entretien redevient serein 26 samedi – la veine cave est ravagée par tant d’années de tabagisme 27 dimanche – dans les golfes turquoise de Lampedusa rôdent au gré des eaux les espérances englouties 28 lundi – l’Institut lui fit tribut d’un prix qui l’imbut plus qu’un dictum divin 29 mardi – apaisant raisin, grains d’airain, plaisir matinal 30 mercredi – des pénitents en vêtements beiges serpentent lentement dents serrées en signe de regret 31 jeudi – du jujube le suc acidulé m’excite les gencives
novembre
1 vendredi – de cette reine exilée se délivrent les chimères 2 samedi – les ballerines bien lacées gainaient le pied de l’enfant exaltée par la danse 3 dimanche – une foule innombrable a traversé le pont et les barrières se sont disloquées 4 lundi – du cubit un jus brun : il but un rhum pur 5 mardi – j’admirai l’artisan tant il avait mis d’art dans l’arc parfait parant la villa 6 mercredi – l’invertébré s’étire et serpente entre les pierres persillées de lichens 7 jeudi – funeste erreur : le jeu s’inverse, ils perdent, le rire se fige sur leurs lèvres 8 vendredi – l’Eternel est le berger, rien ne m’est enlevé 9 samedi – le rejet de la race, maladie de la France 10 dimanche – son discours amoureux tel une aile m’effleure 11 lundi – du mutin qui fut mis sur un grill, fut-il pris un butin ? 12 mardi – santal citrin, ta paix s’instillait dans l’air fragrant 13 mercredi – le désir des filles rebelles emplit l’été d’impertinence 14 jeudi – le chien truffier renifle queue levée puis désigne le chêne qui détient les perles ténébreuses 15 vendredi – de s’être défié des périls vénériens il est resté privé des délires intimes 16 samedi – fanfare, mascarade, farces et attrapes : le mariage fit grand tapage 17 dimanche – opium volutes paresseuses lueurs nocturnes où fourmille notre absence 18 lundi – un bizuth dut subir dix trucs punitifs 19 mardi – la main flattant jars, cils, fit pâlir l’animal 20 mercredi – l’éther étend ses relents éphémères et je me sens dériver 21 jeudi – les Bleus, d’un pied plein d’énergie, récupèrent leur billet vers le Brésil 22 vendredi – elle ne s’entend ni ne se sent, elle chemine, s’inflige et sidère, l’électricité 23 samedi – la dame tire la draperie et disparaît dans la retraite de ses larmes 24 dimanche – l’ombre de l’ossuaire m’endort en sa fraîcheur immobile 25 lundi – un lutin gris fit un grigri d’un brin de gui 26 mardi – l’infant vivait ici jadis s’initiant à l’art martial 27 mercredi – il s’imprègne de vétiver et se brise l’indifférence 28 jeudi – les vergers perdent leurs feuilles et de brume s’ensevelissent 29 vendredi – de cette percerette bien vrillée, je fixe le cheminement des vis en cette pièce de merisier 30 samedi – il se rassasie des baies acides grappillées pendant la balade
décembre
1 dimanche – il peignait au couteau des paysages courbes 2 lundi – il crut viril un rictus qui fit fuir dix inscrits 3 mardi – la fantasia va dans Bahia balançant la samba sans fin 4 mercredi – le serre-tête en fil tressé retient ses mèches rebelles 5 jeudi – file l’écume des brebis l’hiver vient cliquette l’esguille 6 vendredi – en été le silène déplie timidement ses petites miettes d’incendie 7 samedi – la valise a gardé le charme des trains express crachant le panache éclatant de l’errance 8 dimanche – le papillon butine, rouge et noir sur la lavande ensommeillée 9 lundi – d’un vil biffin hutu qui dit punir un tri incivil, qui survit ? nul tutsi 10 mardi – il bâtit la Sagrada Familia, mais n’arriva pas à la fin : fatal tram 11 mercredi – retirée de l’existence elle médite ses lèvres rient les ténèbres se fendent 12 jeudi – bienheureux duvet préserve mes nuits des hurlements du vent frileux 13 vendredi – cécité : le pied hésite, le chien précède fidèlement, devine le chemin, évite les dévers difficiles 14 samedi – le pantin de papier mâché traîne sa mine de farine 15 dimanche – sa gueule s’ouvre sur une machoire constellée de poignards d’ivoire 15 dimanche – son poignard à manche d’ivoire est ouvré d’une Goule ciselée 16 lundi – sûr du but il s’inscrivit muni d’un curriculum riquiqui 17 mardi – Lin blanc, frais jardin virginal, l’amant imaginait l’instant sacral 18 mercredi – l’écrin de cette reine enserre dix ferrets sertis de pierres fines 19 jeudi – une cuillère de miel entre tes lèvres de sucre 20 vendredi – l’enterrement chemine entre les stèles de silence vers cette pierre descellée + livraison spéciale : 20 vendredi – je remercie vivement Christine de ce reflet plein de finesse 21 samedi – gabier de misaine prends le ris chante tes peines 22 dimanche – comme la poule est fière de l’œuf qu’elle réchauffe sous ses plumes 23 lundi – il lui fit un flirt intrusif qui finit sur un lit 24 mardi – Marx a mis sa chair dans l’abrasif Capital 25 mercredi – les petites pièces tintent l’engin crépite et verse le thé 26 jeudi – victime d’une rumeur venimeuse il s’en fut sur une île perdue 27 vendredi – les petits tremblent de fièvre les mères veillent les infirmières ferment les fenêtres 28 samedi – le tablier de ma grand-mère garde la trace des années 29 dimanche – du moulin tournent les ailes sous la meule gonflent les sacs 30 lundi – si tu t’instruis du jiu jitsu plus nuit l’instinct brut plus tu ris 31 mardi – dans sa Panhard châssis avachi il avança cahin-caha
janvier
1 mercredi – en ce temps premier plein de liesse je l’espère verrez venir liberté rires et tendresse éveil des rêves et désirs 2 jeudi – nimbée de lumière elle se tient nue le sculpteur pétrit l’esquisse de terre humide et le silence les unit 3 vendredi – tirez les fèves fêtez les reines versez le vin 4 samedi – ils se passent l’alliance en gage de ce serment à jamais échangé 5 dimanche – l’aiguille court l’ourlet parachève l’habit 6 lundi – du rhus qui luit d’un si vif rubis un vil purin finit un cuir fin 7 mardi – il va glissant patins crissant dans l’air glaçant 8 mercredi – l’être divin dicte dix préceptes de pierre le pèlerin redescend plein de fièvre 9 jeudi – luisent les muscles des lutteurs et l’huile qui les enduit 10 vendredi – l’ensemble des réels se représente en cette belle ligne infinie 11 samedi – le cachet d’aspirine fait baisser la fièvre mais la détresse reste irrémédiable 12 dimanche – son oreille se dresse il agite l’oriflamme de sa queue le maître est de retour 13 lundi – surgi du tumulus il fit fuir dix tribus Hun 14 mardi – matin clivant chagrin lancinant trains passant par instants 15 mercredi – des jets terribles sifflent des évents des baleines le skipper se sent petit 16 jeudi – se ruer vers le sud ne dissipe ni les nuées ni les regrets 17 vendredi – le filin me retient entre les ridelles respirer me devient difficile 18 samedi – ah la malle chargée de cahiers pleins de taches d’encre et d’écrits enfantins 19 dimanche – le chœur lance un long crescendo la voûte m’enveloppe de résonances irréelles 20 lundi – l’instit lui fit subir un flux discursif plus vacuitif qu’instructif 21 mardi – ici finit la saga narrant Qamar az-Zamân dit Shahrzad disparaissant 22 mercredi – il se penche il tend les fils de lisse le métier grince regimbe et tisse des merveilles 23 jeudi – ruines d’un empire déchu pierres que le lierre enlumine reflets lugubres des fêtes perdues 24 vendredi – les fils déshérités le greffier triste les mièvres ressentiments 25 samedi – verse le vinaigre et brasse la salade entrebâille ta lèvre à cette fraîche acidité 26 dimanche – une colombe à mon balcon roucoule la vie s’écoule toute douce 27 lundi – tu t’unis tu ris tu mûris ubuntu tu vis 28 mardi – scintillant dans l’air accablant la marina paraissait par instants s’agrandir à l’infini 29 mercredi – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles (Merci à Philippe Simon qui m’a suggéré une amélioration de ce texte en monovocalisme) 30 jeudi – sur les digues muettes circulent des pèlerines grises que les embruns rendent indistinctes 31 vendredi – elle verse les cendres et se penche figée le semis gris se mêle d’effervescences et dérive emmené vers des mers tièdes
février
1 samedi – la capeline enchâssait dans le taffetas blanc le frais visage de la servante 2 dimanche – gronde canon vole boule de feu l’aurore saigne l’enfant est froid 3 lundi – vint un plumitif qui, s’il fit du bruit, n’inscrivit qu’infinis chichis 4 mardi – à sa main zigzags carmin sang trahissant l’assassin 5 mercredi – de délices interdites se tissent des fidélités indélébiles 6 jeudi – celui qui titube celle qui le suit cette pluie qui pleure 7 vendredi – de ces ténèbres il t’entend rire il rêve de te retenir il sent le vent te prendre et s’éteint 8 samedi – j’ai traversé le ciel et j’ai tracé ma ligne dans la sphère armillaire 9 dimanche – dans un coin du porte-monnaie je conserve pour moi seul des photos jaunies par la tristesse des souvenirs 10 lundi – « Pluribus unum » dit un tribun. Un cri surgit : « Un fusil ! Un fusil ! » 11 mardi – Faim fait faillir l’ami banal, main d’airain aplatit l’ami craintif. 12 mercredi – Le cerf est dépecé, les lévriers reniflent les déchets. Venez, le festin est prêt ! 13 jeudi – lune qui glisses entre les nues tu mesures les heures cruelles 14 vendredi – les pénitents gris inclinent vers l’est des têtes semées de cendre et le délire les prend 15 samedi – Il tira sa rapière et s’élança, ivre de haine, vers ses enfants. 16 dimanche – du profond des cavernes rousses monte une plainte amère et douce dont l’écho pleure sur les mousses 17 lundi – un must : un ti’punch bu sur un plum pudding ! 18 mardi – Jadis parfait à ski : patatras ! Fart a trahi, paraît-il… 19 mercredi – elle entre fière et sereine derrière elle se ferment les grilles elle n’emmène regret ni désir 20 jeudi – nu humilié le supplice vrille ses pensées il n’est que muscles viscères et vertige 21 vendredi – être sensible n’interdit ni l’énergie ni le rire 22 samedi – de la carrière de marbre la plaie laisse perler le sang blanchâtre des Apennins éventrés 23 dimanche – le fromager serre le linge on voit goutter le petit lait sous la voûte moite reposent des formes lourdes alignées 24 lundi – un muid d’un vin du cru mit fin cuits dix biffins 25 mardi – jamais inactif s’affairant à l’ingrat travail il avait à la main d’irritants cals 26 mercredi – c’est le dégel les perce-neiges sertissent les prés de petite perles irréelles 27 jeudi – sur les ruines de Kiev enfumée des meutes hurlèrent des jeunes chutèrent une sève est revenue 28 vendredi – L’hiver est terminé. Rire de filles et temps léger.
mars
1 samedi – ah paresse amie fidèle jamais elle ne me délaisse 2 dimanche – roulé dans un brocart posé sur un fagot le corps devient vapeur volutes d’un amour 3 lundi – d’un fil tu pris un pipit : un cri furtif puis il chut. fini. 4 mardi – paria. sang infamant. à bannir à jamais. il parapha. 5 mercredi – elle revit pêle-mêle temps de liesses et temps de détresses enfin elle se sentit prête 6 jeudi – sur tes lèvres humides le timbre est humecté de ce pli qui renferme des feuillets pleins de feu 7 vendredi – les règlements interdisent de rire et de s’étreindre 8 samedi – la paix faite à l’apéritif tient le temps de se mettre à table 9 dimanche – la bulle s’arrondit se détache mon image inversée tourne avec lenteur puis d’une giclée savonneuse meurt 10 lundi – muni d’un trusquin il inscrivit un fil qu’il suivit du burin 11 mardi – il gavait à la main six canards blancs 12 mercredi – Dentelière, dès l’éveil, tire le petit siège et le métier, vérifie le dernier fil, reprends tes petits gestes vifs et le silence. 13 jeudi – Un petit tumulus de sciure : c’est sûr, des vers creusent d’un vestibule le buffet Henri II. Vite ! pulvérisez ce liquide, et tuez. 14 vendredi – il se fend de ce genre de repentir sincère et le Père s’irrite de l’entendre rire 15 samedi – le train s’arrête en rase campagne le passager regarde et s’avise de la présence de villages riants 16 dimanche – quelque part un piano joue du Chopin la couturière s’interrompt elle se souvient des insouciances d’enfant à Varsovie 17 lundi – Du lutrin, il lut un dit. Un dit cru : plus d’un fut surpris. 18 mardi – raidir sa main fait haïr à jamais s’avilir n’a jamais bâti la paix 19 mercredi – pénétré d’idées extrêmes, il rejette les différences 20 jeudi – une libellule mire sur le fleuve ce pendentif de dentelle bleue 21 vendredi – le pilier est de l’église penche des pierres se délitent le prêtre cesse de prêcher 22 samedi – avançant dans le sable enlacée par le vent la chamelle blatère et va la caravane 23 dimanche – sa parole est tarie son regard flotte vide son fauteuil est gris 24 lundi – buccins, luths, dizis : un tutti qui fit du bruit ! 25 mardi – train disparaissant à grands ahans dans la taïga l’amant blafard agitant la main 26 mercredi – derrière ces belles sentences il entend des pensées infectes 27 jeudi – les deux lés de tissu bien surfilés régler le juste pied de biche mettre cette fermeture zippée sur l’envers 28 vendredi – pied léger bergère chemine herbe frémit le chien mène les brebis 29 samedi – l’athlète a franchi la limite sa face baignée des larmes du calvaire s’éclaire le ciel danse dans sa tête 30 dimanche – il pose la nuque sur un lit de mousse fraîche écoutant dans l’ombre les frôlements de la forêt 31 lundi – Punir qui nuit, unir dix tribus, issir plus qu’un duc… puis finir nu ? Il rit.
avril
1 mardi – maman allaitant main câlinant matin chantant 2 mercredi – entre les récifs émergés retentit le cheminement des mers en éternel délire 3 jeudi – il est seul le merle endeuillé qui pleure entre les feuilles du tilleul 4 vendredi – le criminel se repentit le préfet le fit pendre le gibet giflé de vent émit le sifflement des drisses de l’enfer 5 samedi – les lacs pleins d’alevins dans les replis alpins s’animent en été de larmes argentées 6 dimanche – d’un pinceau léger l’artiste ajoute une ombre et l’ébauche prend vie 7 lundi – Minuit. Du night-club vint un bruit indistinct. Surgit un british qu’un gus mis d’un kilt fit fuir. 8 mardi – gamin s’inclinant, niña glissant sa main, jardin fragrant d’aimant jasmin 9 mercredi – Stridence de l’épervier, tremblement de ses victimes. Le bec se fiche, cherche, brise. 10 jeudi – le ciel s’énerve du cri bleu des sternes 11 vendredi – serein entre les infirmiers il se berce de cette civière emmenée en silence il se sent prêt 12 samedi – dans la paix de la palmeraie se tient l’assemblée des sages va la palabre et le temps laisse germer la phrase vraie 13 dimanche – pourquoi es-tu resté loin de moi si longtemps ? il a répondu : c’est le vent 14 lundi – tutu gris, Miss Childs fit un bis sur un vif pizz du luth 15 mardi – aria, final, art saisissant. Franck imprimant sa paix, la main paraît agrandir l’arc astral 16 mercredi – de lignes interférentes le peintre segmente ses perspectives et révèle des réels inversés 17 jeudi – du cube de pierre net d’impureté le sculpteur enlève d’infimes lunules et surgit une ligne de rupture qui suspend l’univers 18 vendredi – ceint de vêtements sélénites le mime épingle l’éphémère et le rire devient rêve 19 samedi – la mise en scène est achevée. dans des salles célestes se massent les fans avides des magies de l’image 20 dimanche – le poète est pendu. de son corps torturé la parole est éteinte mais la poésie flambe #HashemShaabani 21 lundi – T-shirts, fut’s, pulls, slips, plus un multi-kit : il prit un minimum. Nul surplus qui lui nuisît. 22 mardi – habitant parmi lavandins, anis, ricins, il invitait d’admiratifs amis saisis par l’anarchisant mistral 23 mercredi – bébé cherche le sein mère sent les petites gencives trêve tiède fête sereine 24 jeudi – viens cueillir sur l’épine du mur le fruit juteux qui sucre tes murmures 25 vendredi – hier est petit devenir est immense 26 samedi – les amitiés d’avril sentent le frais narcisse 27 dimanche – tout l’amour de la couturière dans la robe où tu devins flamme 28 lundi – ci gît un individu si fin qu’il fut lu du sud jusqu’ici, si mutin qu’il fut puni du fusil, si pur qu’il vit l’infini 29 mardi – instant calin mains s’alliant chair s’attardant matin passant 30 mercredi – dernier vers de l’éphéméride tristesse des rêves enterrés fête des semences levées
Cette page est une compilation des tweets lipogrammatiques envoyés quotidiennement du 1er mai 2013 au 30 avril 2014. Les voyelles de chaque texte doivent coïncider avec celles du jour courant. Pour le dimanche, repos dominical : simple pentavocalisme en a,e,i,o,u. Dans son poème «Semaine amnésie», Gilles Esposito-Farèse a fait encore mieux: seules lettres autorisées = celles du jour !
Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitent sont invités à me proposer, en plus du poème du jour, leurs variantes, accueillies avec joie. On les trouvera ci-dessous, regroupées par auteurs, dans l’ordre d’apparition de ceux-ci sur le Positiméride :
RER A
Cergy-Paris… Blaise n’y
croyait pas ! Forte idée neuve
choyée puis proscrite – Bien !
Cours-y, pitre, loin de nous
cours-y, parolier d’enfance.
Crayon, papier, lignes… Lien.
Pâlots, les boys ? Bordel ! Patrouillez-y ! Buvez ! Pour trois zlotys, baisez ! Pas vous, les psys benêts ! Papouilliez yeux baissés ? Pantouflards, beys baveux, Patrons, lobbys, banquiers Picoleurs s’y berçaient ? Profond, le Styx, bon dieu ! Hop ! On les y balaie.
5 mai – 14 César – Alexandre
À Claude, beaux agendas fervents :
dans l’âge doux, sans prendre trop cher,
dans le relax, attends donc rêveur.
Alors mes vœux t’auront déridé !
( pour l’anniversaire d’un Claude )
6 mai – 15 César – Junius Brutus
Je veux un discours sobre sur un ton puissant.
9 mai – 18 César – Annibal
Sans ennemis, bétail lent.
10 mai – 19 César – Paul-Emile
Partageux ? Les premiers bâillonnés !
13 mai – 22 César – Mécène
Magie ! Car ce printemps, Mai décoiffe nos chefs : Mèches courtes, longues, Mille cheveux gonflent. Mille coiffeurs chantent, Mais les chauves bronzent !
15 mai – 24 César – Nerva
Nous, les revenants, Bons êtres vivants, On peut rêver aux Nappes pour vin blanc Sans crever vegan : Viande, grives, champ’. Vingt degrés, voilà Un deal ravissant. Dans ce rêve-là, Bon retour : vingt ans !
Je sais ce que veut Vénus : Je vais croquer tous ses seins ! Jamais coquin ou pervers, Je fais ce que veut Éros…
21 mai – 2 Saint-Paul – Cyprien
Cent yens pour trois livres, non !
22 mai – 3 Saint-Paul – Athanase
Dans tout humain vient la stupeur Quand tout choit dans un grand sommeil. Rattachons la nuit au soleil !
23 mai – 4 Saint-Paul – Jérôme
Jeu des rois, tous menteurs, Jeunes très prometteurs : Jureront, promis, leur Job sera programmé. « Je peindrai vos mirages, juste pour vous mater ; Je serai vos Marcheurs, Je serai vos Messies ! »
24 mai – 5 Saint-Paul – Ambroise
Jamais boirez bon vin dans eau.
27 mai – 8 Saint-Paul – Constantin
Tchador noir, c’est trop chaud, mon taliban ! Chipons donc des tergals cintrés Vuitton !
et
Tchador noir, c’est trop chaud, mon taliban ! Courons en slip, et allons tapiner !
28 mai – 9 Saint-Paul – Théodose
Tu hais le noir dont on se vêt, Et chasses tous démons secrets. Tachant le soir désormais bleu, Tes hardes sont de rouges feux.
30 mai – 11 Saint-Paul – Martien
Matador, très fier chrétien, Matait, craintif, incertain, Maint taureau trop bienvenu. Maint taureau, taquin et nu, Mâchant, routinier, le foin, Mourrait pourtant dignement.
31 mai – 12 Saint-Paul – Geneviève de Paris
Graver dans le vif, Saigner, Vivre de ses plaies, Avoir vingt ans
1er juin – 13 Saint-Paul – Grégoire le Grand
Gourous et grigous : ils renient le ciel, gras croyants sans dieu !
2 juin – 14 Saint-Paul – Hildebrand
Hormis la dinde, bannir la viande.
3 juin – 15 Saint-Paul – Antoine
À notre tour crions-le : Quand nous tombons, rions-en. Avant tout, on doit chanter !
4 juin – 16 Saint-Paul – Austin
As-tu senti qu’il vient ? Là-haut, sur ton divan, L’Ankou se tient, riant. Sans ruser, tu fuis, loin, L’amour est ta raison. Mais tu sens ton guignon. Au bout des temps, il vainc, À coup sûr, c’est flippant…
6 juin – 18 Saint-Paul – Anselme
À nous seuls est le monde.
7 juin – 19 Saint-Paul – Béatrice
Brave sans tambour ni casque, Blessé au front, revient chanter, Bêcher sa terre, puis crever.
et
Belle à tomber, si chatte, Baise partout, revient comblée.
11 juin – 23 Saint-Paul – Frédéric Borromée
Frère le diable rit : Voici bientôt prostré L’homme heureux.
et
Faire le double crédit, c’est bon pour rentiers, fourmis bernées.
12 juin – 24 Saint-Paul – Catherine de Sienne
Couteau tranchant net : Trois cris noyés dans le sang Signent un non-lieu.
et
Coq avait chanté ? Rôti nous le déjeunons : Il est bien niqué !
13 juin – 25 Saint-Paul – L’abbé de l’Épée
Seul, là-bas, bleuté, doux, perle le pré secret, Le grand bourbier perdu, mes glèbes préférées, Le sable blanc cendré, le ciel épais, le vent…
14 juin – 26 Saint-Paul – Claude Fleury
Chaleur au bout du pré, fleurs blanches du grand lys, Cruel azur du ciel, fournil de durs rayons, Colère à fleur de peau, faillite du pur yin, Choir là-bas, sûr de rien, faible, le cœur broyé.
16 juin – 28 Saint-Paul – Bossuet
Brisons nos liens pour l’été.
17 juin – 1er Charlemagne – Théodoric le Grand
Tu cherches Godot ? Son ridicule sergent rital viendra Tacher tes godillots rougis, cailler tes sangs brûlants, nigaud !
18 juin – 2 Charlemagne – Pélage
Porter loin la grâce, Puis héler la gueuse, Prôner la sagesse Pour dealer la gueuze.
22 juin – 6 Charlemagne – Jean Sobieski
J’attends, patient, les lois bénignes des kremlins :
Je serai donc très bon bourgeois, c’est si kantien !
23 juin – 7 Charlemagne – Alfred
J’allais frimer, jeudi, Gauler fric, or, et diams, Alors faut rien merder. Mais les flics, mercredi, Salauds, firent les docks ! Fatal foutoir, ce deal.
24 juin – 8 Charlemagne – Charles Martel
Cherchons la règle de trois, mon amour : toi, et lui ? C’est charmant, triple le schéma. L’amour te déplaît ?
25 juin – 9 Charlemagne – Tancrède
Titan bancal bardé de fer, Attaquant courageux du feu, Tu vas rançonner le dieu grec. Tes mains vont châtrer ce damné Trop fat, rancunier et dément. Tombant noirci, rageur, dupé, Tu as encouru le danger Et ta fin criarde, déchue.
26 juin – 10 Charlemagne – Saladin
Pis aller mal défini, Scandale blanc dédaigneux, Spectacle sans désir, donc, Ces sangles au dos fripon ? Seins faiblissants : deux raisons ! C’est banal mais déprimant.
Parmi les rochers, Le loup ne remue, Craintif, Seul.
8 juillet – 22 Charlemagne – Clotilde
Ce val sourit, haillons d’argent, Creux lisse où tournoie l’onde bleue Coulant pour trois glaïeuls dorés, Cercle grouillant d’œillets diaprés, Ciel blanc. Pourtant il pleut du fer Cruel. Soldat si las, dors bien !
9 juillet – 23 Charlemagne – Mathilde de Toscane
Menaçant, hautain, Le dieu redouté, Typhon, Respecta Noé.
12 juillet – 26 Charlemagne – Blanche de Castille
Brouillard blanc, blanc, blanc, Hardes dans le ciel lassé, Terni, bleu, bleu, bleu.
14 juillet – 28 Charlemagne – Louis
Louis, roi qu’on dit seize ? Le choix Louis dix-sept ? Collot leur dit : « Stop ! » L’égorgeur dit : « Sang ! »
23 juillet – 9 Dante – Paul Véronèse
Pascal, pour léviter, raisonnait et songeait.
27 juillet – 13 Dante – Rubens
Rôdeur blasé, bon fils,
Cerveau baigné d’encens,
Gracieux brick en transit,
Ribaud, buveur, un saint.
Drapeau baissé, en sang,
Rebut boiteux, pensif,
Repu, blessé, nu, seul,
Rimbaud berce son spleen.
Arthur, brûle nous tous !
8 août – 25 Dante – François de Sales
Frère mal fiancé, Cousines déçues Soignant leurs regrets, Flairant la noirceur, Bouffaient les dragées, Puis bâillaient, blessées.
10 octobre – 4 Descartes – Le cardinal de Cusa
Le vieux craint l’affreux destin dans la laideur, et court au sauna.
11 octobre – 5 Descartes – Érasme
Écrivain sans magie
Exprimant sa myopie,
L’enfer assermenté
Le broya sans moufter.
19 octobre – 13 Descartes – Georges Leroy
Gelée, orages et soleil, je ris, choyé.
20 octobre – 14 Descartes – Le chancelier Bacon
Le feu cachera nos cendres,
Il brillera,
Brûlant cet or noir.
22 octobre – 16 Descartes – Maupertuis
Mon atout prend : deux cœurs et deux plis secs !
Maraud, tu perds : je prends tes vieux biftons !
23 octobre – 17 Descartes – Herder
Chez le roi du nectar
Chantaient trois doux fêtards.
24 octobre – 18 Descartes – Winckelmann
Swing d’instinct, c’est KO ! Et là, mec, attention !
25 octobre – 19 Descartes – D’Aguesseau
Dans l’eau, gracieux, les poissons se saluent,
Du danger du ressac ils ne s’avouent.
26 octobre – 20 Descartes – Oken
Koulak gueulant « Vodka, très sain !
Trois kopeks net, pour Kiev, c’est bon. »
Polka de sang, moujik bêlant
« Liokha, retiens ton knout pesant ! »
5 novembre – 2 Frédéric – Côme de Médicis l’ancien
« Cet homme ment » dit le menteur défait.
Coquins simplets s’annonceraient crétins.
( justifié )
7 novembre – 4 Frédéric – Isabelle de Castille
Il savait bien que le ciel est désert, Connaissait tout, lui, le lettré…
10 novembre – 7 Frédéric – Louis XI
Le fou qui voit tes yeux noirs,
Il croit mourir : c’est exquis.
( Justifié )
11 novembre – 8 Frédéric – L’Hôpital
Le héros puni tomba là. Les champions partiraient sans lui.
12 novembre – 9 Frédéric – Barneveldt
Bellâtre snob et vieux beau plein d’argent, Bagarreur enfiévré, zélé dévot, Barbare nu rêvant de plus de morts, Brigand grognon et voleur las de tout, Bavards fringants, révérez le destin ! Bouddha répond, et vante le désert.
13 novembre – 10 Frédéric – Gustave Adolphe
Grincheuses et bavardes, Adorons les pochardes.
14 novembre – 11 Frédéric – De Witt
Dormez, squaws, nuitamment.
et
Chaud, le wookie touillait Dans le wok six turbots, Lard de wapiti frit Dans deux whiskies toastés.
15 novembre – 12 Frédéric – Ruyter
Frayeur d’Yseult ce soir, Peur du mystérieux sort Car au Styx vient le Roy Sur un yacht peint en noir. « Cher doux Roy, c’est le port ! Reine aux yeux tristes, pleure ! Meurs, beau lys trop fleuri ! » Crient deux pythies en chœur.
16 novembre – 13 Frédéric – Guillaume III
Gracieux, voilé, ciel aux lumières invisibles.
18 novembre – 15 Frédéric – Ximénès
Doux, bien masqués, pondérés, Aux dieux menteurs nous dédions Dix grimaces convenues, Yeux grimés, et pantelants.
19 novembre – 16 Frédéric – Oxenstiern
Boxeur, bénis soient tes trois derniers rounds !
et
For Fox news, no doubts : Trump wins the Vermont !
20 novembre – 17 Frédéric – Walpole
Walhalla : portons le deuil.
21 novembre – 18 Frédéric – Louis XIV
L’Éros rougissait deux poivrots. Cléo boudait ces gueux triviaux, Le corps bouffi des vieux grivois. Leurs obnubilés yeux suivaient La môme au sein si doux, divin. Le froid punit les deux givrés.
et
Quel bonheur si tes yeux livraient L’émoi soumis des sphinx vivants !
22 novembre – 19 Frédéric – Pombal
Pieds morts, mes bras ballants, Puits promis ? Blablabla ! Pétrole imbuvable… Pardon, mon beau sable.
23 novembre – 20 Frédéric – Campomanes
Caviar, scampi, donc champagne très frais, Calmars, champignons, nems, chapon bressan, Cantal, marc, porto, macarons, dessert ! Caramel pour tous, moka : on est prêts ! Crack, khat, morphine : on mourra dans l’excès.
24 novembre – 21 Frédéric – Richelieu
Rôtir cochons est plaisir de loup.
Gros fricot chaud est le bienvenu.
( justifié )
25 novembre – 22 Frédéric – Lambert
Lâchant meubles et cristaux, Laissant meublés et gravats, Luttant morbides, troublants, Les amants brûleront tout.
26 novembre – 23 Frédéric – Hampden
Cherche amours prudes et nus.
27 novembre – 24 Frédéric – Kosciusko
Geeks top secrets, Bismuth, Sarko ? Non !
28 novembre – 25 Frédéric – Madison
Mort à dieu ! disait Cioran, Mi badin, mi sorbonnard.
et
28 novembre – 25 Frédéric – Madison
Mort à dieu ! disait Cioran, Mi badin, mi sorbonnard.
et
Maladif, puis somnolent, Minaudant mais si dolent, Mort à demi dans son bain, Mon Adonis sort tout sain.
29 novembre – 26 Frédéric – Toussaint Louverture
Tous nos jours Sont des matins sans nuit. L’amour trouvé se perd, Joint aux regrets.
Fredonner, miséreux,
Grisonner, s’emmerder,
Refoulé, mal crécher,
Grelotter mort de froid,
Récolter moins d’espoir,
Rencontrer male mort,
Rudoyé, mais rêver.
8 décembre – 7 Bichat – Galilée
Glaciales, six planètes !
et
Gourmand, le lion ? Il le nie.
9 décembre – 8 Bichat – Harriott
Harar ? Arthur ? Qui protestait ?
10 décembre – 9 Bichat – Fermat
Feu le roi mort la nuit, Folie, crimes, acteurs, Fille promise, eau lente, Fourberie, meurt Laërte, Femme charmée, amant, Fureurs, remords, gaieté. Fades rimes, vraiment ? Faible drame, Hamlet ?
11 décembre – 10 Bichat – Poinsot
Pour l’oubli on savourait Pinot, vin blanc surcoté.
12 décembre – 11 Bichat – Monge
Morpions négligeaient Mes moutons galeux, Mais loups sont gourmets : Méchouis bien goûteux, Mignons en goguette, Moutons sont gobés.
13 décembre – 12 Bichat – Daniel Bernoulli
Dedans mon lit, Exil blanc, Je renais, Bousculé, lascif.
31 décembre – Jour additionnel – Saintes Femmes
Sans ami, sans toit, Je suis faible, mou, Mais je suis.
1 janvier – 1 Moïse – Prométhée
Premier fou, mortel touchant le feu.
2 janvier – 2 Moïse – Hercule
Hydre crachant un flot vert, Chien d’enfer ? Cagoulés net ! Chez Géryon ? Cap sur les bœufs ! Chante, Héraclès, tu les tiens !
3 janvier 2021 – 3 Moïse – Orphée
Jour noir, plaie hideuse. Trop rapproché, l’enfer S’ouvre pour Hadès seul. Fou, Orphée hait les dieux.
4 janvier 2021 – 4 Moïse – Ulysse
Tous les voyants sont verts.
5 janvier 2021 – 5 Moïse – Lycurgue
Les yeux chassieux, rougis, pleuraient.
6 janvier 2021 – 6 Moïse – Romulus
Réformez-vous, les nu-pieds : Renommez-vous les bourgeois !
7 janvier 2021 – 7 Moïse – Numa
Ton vieux manteau en faux mohair Un jour tomba. Ton cul mignard vint sous ma main, Mon cœur flamba. Nous eûmes chaud, on nous maria Sans pieux micmac. Ton cœur mentait quand tu miaulais Un faux mantra ?
8 janvier 2021 – 8 Moïse – Bélus
Blonde, la rusée Baisse les yeux bleus. Beau vieillard usé, Blasé, las du sexe, Boude leurs lueurs, Brave le mousseux.
9 janvier 2021 – 9 Moïse – Sésostris
Soleils sans nom sur terre, uniques Astres sans ombres, terrifiques, Vous êtes nos tristes tropiques.
10 janvier 2021 – 10 Moïse – Manou
Menaçants, tout nus, Mes amants obscurs Marchaient dans mon jeu.
11 janvier 2021 – 11 Moïse – Cyrus
Ce lys meurt pour vous, Chers yeux grands ouverts Choyés pour un soir.
12 janvier 2021 – 12 Moïse – Zoroastre
Chez vos grands oracles, tout prend sens ? Zazou fripon va sans trop d’argent.
13 janvier 2021 – 13 Moïse – Les Druides
Plis de tes draps, Parfums, Lit du désir.
14 janvier 2021 – 14 Moïse – Bouddha
Baroudeur ? Dandy charmant ? Barbon poudré du chapeau ? Boulots maudits des humains.
15 janvier 2021 – 15 Moïse – Fo-Hi
Feu. Œuf chéri. Fiston Phénix. Four non chrétien…
16 janvier 2021 – 16 Moïse – Lao-Tseu
Là-haut tout te semble fou.
17 janvier 2021 – 17 Moïse – Meng-Tseu
Mon cœur languissant saigne, veuf.
18 janvier 2021 – 18 Moïse – Les théocrates du Tibet
Les seigneurs, trop heureux, vont crâner, Laissant les soldats au tapis, Bêtement.
19 janvier 2021 – 19 Moïse – Les théocrates du Japon
Les stèles tachées D’époux caressants Tombent sans douleur, Jamais plus soignées.
20 janvier 2021 – 20 Moïse – Manco-Capac
Marchant en cow-boy, chef blanc pétant sec, Monnayant coton, châteaux, pitance, Menaçant colon, chenapan rapace.
21 janvier 2021 – 21 Moïse – Confucius
Chinois confiant, Tu cherchais un sens.
22 janvier 2021 – 22 Moïse – Abraham
Pas bavard, lâché, l’amant Barbare crachait diamants.
et
Sans bonheur, cachez parfums.
23 janvier 2021 – 23 Moïse – Samuel
Jusqu’à mon au-delà,
Sans armes pour l’exil,
Jusqu’à ma chute, seul,
Hasta mi muerte, sol !
Mais jamais plus le ciel ?
24 janvier 2021 – 24 Moïse – Salomon
Sans ailes nous marchons nus.
Mais allons-nous mécontents ?
( justifié )
25 janvier 2021 – 25 Moïse – Isaïe
Qui saura lire,
Il saura vivre.
( Justifié )
26 janvier 2021 – 26 Moïse – Jean-Baptiste
J’aime quand un beau lapin Te vise, tireur.
27 janvier – 27 Moïse – Haroun-al-Raschid
Chevalier honteux, Noctambule errant, Se cache, hideux !
28 janvier – 28 Moïse – Mahomet
Tremblant cambre-toi :
Meurs au chaud comme en été.
( écho du poème de Noël )
29 janvier – 1 Homère – Hésiode
Thésée est-il condamné ? Hermès se tait ou dément.
30 janvier – 2 Homère – Tyrtée
Tityre tente de tutoyer Troyennes ; Troyens, retenez-le d’octroyer cet encens.
31 janvier – 3 Homère – Anacréon
Mangeons sans carême, mon bon ! Faisons l’accord truite et Corton. Garçon, va chercher les croûtons, Chapons farcis, crème, et Morgon.
1er février – 4 Homère – Pindare
Petit, plein de paresse, Papillon prend la brise ; Prévision : disparaître ? Promis, on démarre, prêt ? Pari vain, désastreux, et Premier bond dans l’araignée.
2 février – 5 Homère – Sophocle
Dans mon panthéon coloré, Son œil poché, fort éclopé, S’assoupit, cher pour Calliope Dans son pathos, mon Cyclope.
3 février – 6 Homère – Théocrite
Ta chérie, son corps ravit tes yeux. Tu cherches son cœur ? Pourriture !
4 février – 7 Homère – ESCHYLE
Le fils caché d’Ysolde Chez son cocher y solde Ce gros cruchon stylisé. Le sorcier Charly l’attend. Quel suc caché s’y glisse ? Quel secret chaud s’y loge ? Dès son coucher y flambe Le sacré whisky blended !
5 février – 8 Homère – Scopas
Saint Christophe passait, Sans credo, parnassien…
6 février – 9 Homère – Zeuxis
Chez les nouveaux bigots, Baez ne vaut pieux baisers, Liszt est un vieux grivois, Jazz est un faux frisson, Zeus vient du Bronx voisin.
7 février – 10 Homère – Ictinus
Fiancé trahi, nigaud las, Vaincu terrifiant, tout seul, Il chantait, vivant, surpris. Fiasco terminal ? Qui sait ? Il comprit qu’il en jouissait.
8 février – 11 Homère – Praxitèle
Placer sa voix, rituel glorieux, Prêcher la paix, critiquer les gueux, Parler aux cieux, victorieux clergé !
9 février – 12 Homère – Lysippe
Larmoyants, ils palpitent, Loyaux sorciers, prophètes, Les yeux, soleils palpables, Les yeux sont faits pour pleurer.
10 février – 13 Homère – Apelles
Lampyres, les seuls flemmards, Gaspillent leurs lumières : L’appel des allumettes.
Je suis vieux et nonchalant, J’ai su vendre mon talent : Je peux valser, endiablant.
17 février – 20 Homère – Lucien
Loin du chenil blessant,
Le loup chérit le chien.
( justifié )
et
Linceul Cardin™, design ?
Le plus chic, tissé main.
( justifié )
18 février – 21 Homère – Aristophane
Paradis souscrit ? Vos péchés s’annulent.
19 février – 22 Homère – Ennius
Vénéneux, Impulsif, Le néant, Intrus sourd, Règne, Naïf, Puissant.
20 février – 23 Homère – Lucrèce
La boucherie enchevêtre Les beaux carrés de côtes, Les lourds colliers découpés, Les rumstecks très recherchés. Le cœur sec, riche, comblé, Le boucher rêve, content. La bouchère le caresse.
21 février – 24 Homère – Horace
Huis clos. Rien à cacher. Chanson noire au Carmel.
22 février – 25 Homère – Tibulle
Tintin ? Blond sur la lune.
23 février – 26 Homère – Ovide
Souviens-toi des gueux, Souverain dormeur. On vieillit des yeux, Souvent loin du cœur.
24 février – 27 Homère – Lucain
Loin du cœur, taquine, Loquace et badine, La bouche sanguine Flatte un duc, câline. La nuit, ça fascine. Le puceau s’avine…
et
La gauche patine ? La meuf, c’est Marine ? Quel cauchemar vit-on ? Les fourches caudines.
25 février – 28 Homère – VIRGILE
Vieillir, voir grandir le temps ? Venin rongeur, pis-aller ! Vomir ? Rugir ? S’incliner ? Voltiger, gai, guilleret ? Vaciller grandit les vieux : Voltaire gardait le feu.
26 février – 1 Aristote – Anaximandre
Parents anxieux qui menacent de rompre, An neuf, cadeaux qui me laissent des regrets.
27 février – 2 Aristote – Anaximène
À nous la paix chimique : nouveau Vaccin sans prix qui me menace.
28 février – 3 Aristote – Héraclite
Homme grimaçant, L’esprit est né. Homme rabâchant, L’esprit stagne. Homme retranchant, L’esprit traîne. Homme recrachant, L’esprit tousse. Homme cravachant, L’esprit stoppe. Homme renâclant, L’esprit tombe.
1er mars – 4 Aristote – Anaxagore
Canal vaseux fait gondolier lent.
et
Sauvons la paix, agneaux courageux, Marchons au Styx, agaçons Hermès.
et
Flâneurs anxieux, anges modernes, Amants aux yeux sages, courage !
2 mars – 5 Aristote – Démocrite
Dans ce monde obscur, l’air maintient l’eau. Du feu, mon œil croirait qu’il est dieu. Dans l’eau mon corps choira s’il est seul. Du feu mourront contraints air, terre, eau. Donc demeurons cloîtrés : l’air est feu.
et
Do, ré, mi, do ? Donc ré, mi ? Zut ! Ré…
3 mars – 6 Aristote – Hérodote
Phèdre primo, deuzio Thésée. « Cher gendre, godichon, tu mens ! » Phèdre reçoit d’abord Thésée. Chef très ronchon, du coup, taiseux, Thésée, retour de loin, tremble. Ha ! Quel retour ! Dieux mortifiés ! Phèdre reçoit des outrages. Thésée, fripon, dit contrôler. « Hé ! Des ragots ? Prend-on ton cœur ? » Thésée, grand, fort, doit pontifier. Phèdre répond d’un cœur trompeur. Thésée, trop con, dingo, stresse. Phèdre crie : « Ton dévot te ment ! » Thésée, grognon, doit contenter Chérie pour son dégoût, c’est net. « Thésée, bravo ! Dis-moi, tu veux ? Thésée, crénom ! Déchois ! Tu peux ! » Thésée, grand roi, dit oui, très zen. Horreur, car loin, des flots, sort Dieu ! « Ha ! Le dragon ! Deux gros taureaux ! » Phèdre : « Pardon de mon stupre ! » Thésée répondit : « Trop tard, merde ! »
4 mars – 7 Aristote – Thalès
Tout chez Thalès, hélas !
Touchait ta laisse et l’as.
( holorime )
et
Nietzsche parle des lois :
Trop hautains les décrets,
Trop humains les devoirs !
( justifié )
5 mars – 8 Aristote – Solon
Vos soleils sont noirs ? Somnolez contents,
Symbole bouffon, dans vos lits trop blancs.
( justifié )
6 mars – 9 Aristote – Xénophane
Prix de nos joies, Proche, La nuit ment.
7 mars – 10 Aristote – Empédocle
Les murs parlent de moi ? Calomnies. Les mains pleines de vos colères, Je meurs pour mieux dénoncer le ciel : Je m’empare du volcan ! Quel feu !
Tapie sous le lit, Ronronnais plus sourdement. Tes yeux t’annonçaient.
11 mars – 14 Aristote – Pythagore
Playboy trop cher, malgré ton rire Passy te hait : range ton rêve !
12 mars – 15 Aristote – Aristippe
Arrivistes transis, prospérez, Farauds ministres qui papotez. Au travail, ouste, pimpants parleurs !
et
Arthur, si saturnien, part. Paul reste. Partir insatisfait, Prospérer, Marcher, brisé, Tenir, Puis perdre. Harar sinistre. Il peut pleurer.
13 mars – 16 Aristote – Antisthènes
Avant toi, qui fus-tu, homme ? Nul ne sait.
14 mars – 17 Aristote – Zénon
Chez Zénon dort l’UN, Zen et newtonien.
15 mars – 18 Aristote – Cicéron
Coquins charmés par son nom, Champions conviés pour l’honneur, Civils chez César, pourtant Complice des prétoriens…
16 mars – 19 Aristote – Épictète
En plein deuil, chantonner tout seul ? C’est permis, citoyens terriens.
17 mars – 20 Aristote – Tacite
Ta main, charitable ? Et la charité tue !
18 mars – 21 Aristote – Socrate
Savoir charmer cartésiens, Sans trop choquer malthusiens, C’est mon contrat platonien… Mais procès contre Athéniens !
19 mars – 22 Aristote – Xénocrate
Beaux enfants doucereux, attardés, Jeux bénins pour curés catarrheux, Vieux benêts ou charmeurs patentés, Pieux renards, procureurs plantureux, Aux méchants, on criera : « Châtiment ! »
20 mars – 23 Aristote – Philon d’Alexandrie
Pochard, l’hidalgo
Conduisait les chevaux blancs
Sans daigner ciller.
( haïku )
21 mars – 24 Aristote – Jean l’évangéliste
Jour de carnaval, Rêver au vent, Guetter le printemps trompeur.
22 mars – 25 Aristote – Justin
J’avoue mes trahisons : J’amuse tes instants, Je jouis sous tes chiffons, Je meurs dans ton lit blanc. Jaloux mais tatillon, J’en veux sortir vivant.
23 mars – 26 Aristote – Clément d’Alexandrie
Colère me prend sans toi. Défaillant, Ne peux t’atteindre, Résigné.
24 mars – 27 Aristote – Origène
Bouffer ? Digérer longtemps ? Pouvoir rigoler sans dieu ? Mourir, puis gagner l’enfer ? Pourrir ignoré ? Nié ? Douter ? Oui. Geindre ? Danger !
25 mars – 28 Aristote – Platon
Spécial Platon : tournoi philo, bac trois options.
Public payant, trois francs, prolos gratis, bonus !
Profil bas, ton copain polard battrait mon Kant ?
Pascal, Marx, triomphants ? Poids lourd gagnant : Cioran !
( lipogramme en E)
et
Peuple las trop commun,
Prélude à tout roman,
Pâles amants bornés,
Parleurs attentionnés,
Pillards flattant vos nuits,
Phallus ardents soudain
Puis le matin mort-nés,
Polis par trop d’honneurs,
Pour l’instant, taisons-nous !
26 mars – 1 Archimède – Théophraste
Ton chaste front Pour l’honneur Va s’entêter.
27 mars – 2 Archimède – Hérophile
Hermès, triomphant, chipait les bœufs
Chez le frérot puis cherchait le feu.
(justifié)
28 mars – 3 Archimède – Érasistrate
Feu brûlant senti sans toi, riante fée,
Désir passé, si souvent trop saturnien.
(justifié)
29 mars – 4 Archimède – Celse
Cesse le sel sec,
Celse, lèse-le !
Ces selles scellées,
Cèle-les, ces clés !
( monovocalisme et beau présent )
30 mars – 5 Archimède – Galien
Goûtant les vins rendons
Grâce à leurs vignerons.
( justifié )
31 mars – 6 Archimède – Avicenne
À vouloir crever on s’entête ?
L’avenir, cruel, nous enterre.
( justifié )
1er avril – 7 Archimède – Hippocrate
Chétif papillon caressant ta fleur, Hardi, palpai ton nectar, chastement.
2 avril – 8 Archimède – Euclide
Je veux, concluait Dante, Des jeux cruels qui dansent, De pieux couplets pleins d’enfer, Qu'en neuf cercles j'ai dépeints.
3 avril – 9 Archimède – Aristée
Avertissement des dieux : L’anarchie est tolérée ! Au revoir, les ténébreux Maîtres qui nous stressèrent Par leurs pieux sortilèges.
4 avril – 10 Archimède – Théodose de Bithynie
Tu cherches Godot ? Monseigneur Dieu te bat froid et chaud ? Dynamite !
Peuple broutant sans risque, tu veux Parler plus haut ? Bâfre quand tu peux !
22 avril – 28 Archimède – Pline l’ancien
Pauline ignore les anciens confinements.
23 avril – 1 César – Miltiade
Mais il lui plaît, Miltiade, Ce maudit Platon Qui plaide en grec ?
24 avril – 2 César – Léonidas
Leur ego plein d’idéal sain,
Les héros sont vides d’amis.
( justifié )
et
Les héros pleins d’idéal sain, Leurs egos sont vides d’amis.
25 avril – 3 César – Aristide
L’amour brisé ternit deux cœurs.
26 avril – 4 César – Cimon
Ci gît mon voisin,
Coquin, margoulin,
Cousin mal connu,
Craintif mais bougon.
Crois-moi, mon colon.
( lipogramme en e )
et
Craintif mais coquin,
Chopin, mal connu,
Cachait mal son plan.
Croyait mouvoir Sand :
Confirmant son nom,
Charmait moins Nohant
( second lipogramme e )
27 avril – 5 César – Xénophon
Feux de nos joues, Péchés prochains.
28 avril – 6 César – Phocion
Panthéon grec, diablotins Pachas cocufiés, cornus, Pour chanson comique ou non.
Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.
On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Homère
29 janvier – 1er Homère – Hésiode
Phalènes vifs, ondoyeux, Hadès servit vos desseins.
30 janvier – 2 Homère – Tyrtée
Tout tyran naît d’Éden, Suit l’Hydre, voit l’Enfer.
31 janvier – 3 Homère – Anacréon
L’amant Caché, L’archer Dormant.
1er février – 4 Homère – Pindare
Pétrirons des farines Plein cuirons de pains d’orge Parmi nous de grands rires Puis irons droit au prêtre Pour signer doux mariage Petit monde aimant rêve
2 février – 5 Homère – Sophocle
Sois fort, percheron, cheval fier. Dans ton pas, charroi court, valse, Sillon penche, au sol croît le blé.
3 février – 6 Homère – Théocrite
Tanches et loches, rondins, truites, Ont hanté nos clairs rus : dites-le. Tachés de noir, secs, morts, l’air et l’eau.
4 février – 7 Homère – Eschyle
Drossa, clochant, yole à sec. Vieux s’y cacha. Y logeait, En sa couche au nylon bleu.
5 février – 8 Homère – Scopas
Sois scorpion. Pique aux pieds.
6 février – 9 Homère – Zeuxis
Zygène aux beaux noirs sang. Zèle amoureux. Poison Chez teigneux expirants.
7 février – 10 Homère – Ictinus
Ici tu vins sans ruse. Ici tout rit sans soucis. Ici ta reine d’un soir.
8 février – 11 Homère – Praxitèle
Pour rien, à deux mains, tue l’élan fier.
9 février – 12 Homère – Lysippe
Les cygnes si purs passent Les lyres loin s’appellent Vieille yeuse fripée penche
10 février – 13 Homère – Apelles
J’ai peint les belles Et les grands. Puis en l’oubli versai.
11 février – 14 Homère – Phidias
Peur choyai, Dédain baisai.
12 février – 15 Homère – Esope
Le soir mort passe.
13 février – 16 Homère – Plaute
Par les champs sœurs trottaient Perles au cou tintaient Parlaient aux vautours dieux Paix là-haut outre obvieux
14 février – 17 Homère – Térence
Tout est repentance et deuil.
15 février – 18 Homère – Phèdre
Pencher, ne dire rien. Puis, honteux d’être en vie, Prêcher l’heur de ramper.
16 février – 19 Homère – Juvénal
Jour nouveau. Le mont pâlit. Juste ouvre le vantail bleu. Jumeaux, vont meuglant, ballant, joueurs, veaux. Le grand aigle jouit du vide, en long ballet. Jeu du vent errant dans les joncs où vit l’enfant sans loi.
17 février – 20 Homère – Lucien
Il peut choisir les vins Il peut courir les sprints Les sourcils bien peignés La bouche où brillent dents Lance un clair rire franc Lorsqu’on chute il tue net
18 février – 21 Homère – Aristophane
Bâtardise : Ethno penche, Marchandé Par surprise. Ton sort : planche Dans clandé.