Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Tous deux sentaient l’immortelle
Prisonnière des diktats
Lequel fit oeuvre éternelle
Lequel ne restera pas
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Qu’importe comment s’emmêle
Cette rumeur sur leur pas
Que l’un soudain s’ennobelle
Que l’autre y voie Carabas
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Tous deux se voyaient modèles
Des lèvres du coeur des bras
Tous deux roman ou libelle
Lançaient qui vivra verra
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Quand les blés sont sous la grêle
L’un cisèle délicat
L’autre attise ses querelles
Coeurs sourds au lointain combat
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Sentant la froideur mortelle
Une victime appela
L’un tonne et cherche querelle
L’autre défend son aura
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Ils sont écoutés Lequel
A les plus bruyants vivats
Lequel plus que l’autre excelle
Lequel fédère médias
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux tombeaux font un seul glas
Au crépuscule cruel
La balance pèsera
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
Egrenant les noms de celles
Qu’aucun des deux ne trouva
Et la nuit sur eux ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
La lune tourne fidèle
À la terre qui s’en va
Chaque saison renouvelle
L’appel que l’on n’entend pas
Celui qui versait du fiel
Celui qui ne parlait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De directoire en compta
Cannabis noire morelle
Quel grillon rechantera
Disant flûte ou violoncelle
L’amour que l’on refusa
Busard faucon crécerelle
La dose et le beretta
allons enfants longtemps bercés
le lange entravant bras et jambes
va-t-il enfin vous libérer
entendez-vous le vent frais qui vous invite à le suivre au delà des blés courus de vagues argentées pour jouer avec lui dans les futaies profondes
allons enfants de la patrie
le jour du grand large est levé
allons enfants à quatre pattes
la barrière au boulier pimpant
du parc s’ouvrira-t-elle en grand
devinez-vous derrière les ombres qui vous rassurent ce soleil ce désir ce basculement du haut et du bas cet énervement de rires et coups de poings cette faim déçue ce trésor débordant de perles irisées
allons enfants de la patrie
le jour de fièvre est arrivé
allons enfants inconsolables
la tétine aux lèvres boudeuses
va-t-elle ôter son clapet gris
ressentez-vous l’autre présence qui vous fait la courte échelle dans l’obscurité curieuse où votre maraude s’enfonce
allons enfants de la patrie
le jour de vertige est levé
allons enfants bien élevés
votre masque tombera-t-il
il empêche de respirer
sentez-vous dans vos bras qui l’étreignent le poids la chaleur le tressaillement de ce corps au votre enlacé
allons enfants de la patrie
le jour de l’homme est arrivé
elle est assise au bord d’un terrain vague
sans un mot
drapée dans un linge grisâtre elle attend immobile
des voix d’hommes récitent les écrits sacrés
se répondent en accéléré
les yeux sont durs mentons levés
Minotaure est par ici
sentez-vous le sol vibrer sous sa danse titubante
entendez-vous contre les murs de pierre le choc de ses cornes trop grandes
respirez-vous son odeur de bête
Minotaure aujourd’hui veut la femme
elle ne bouge pas sous les insultes
elle ne s’enfuit pas
aucun souffle de vent n’agite la bure sur sa tête
de sages chefs jugent et condamnent en chantant
tous les visages sont souriants
que s’avance l’homme vêtu de blanc
Minotaure est ivre
le sang déborde de sa chope qu’il balance
un vertige envahit l’esplanade qui se soulève et tangue
des vapeurs fétides brouillent la lumière
Minotaure aujourd’hui veut la femme
beau servant d’office joli froc
droit sur ses ergots de coq
spadassin blanc porteur d’estoc
elle ne sursaute pas au cliquetis du cran
elle se tient redressée devant la kalashnikov
elle est tombée
Note : ce poème m’a valu le beau commentaire en homophonie de Gilles Esposito-Farèse :
Probant talipot
Une violence à cris ficelés de barbarie
veut qu’atrocement cesse à Qimchok
une vie, ô lent sacrifice ! Les deux
barbes arrivent : quatre ossements…
C’est ça qui me choque.
J'avais répondu :
Où lit poète, ois: « Qu’ont damné là beaux minables ? »
Oulipo et toi condamnez l’abominable
pleure pleure mère
tes larmes au sel mauvais
pleure ton enfant
un beau militaire
l'est venu chercher
pour aller en guerre
te fut arraché
d'habits couleur terre
fut empanaché
de sa mine claire
fraîcheur a séché
au froid de brumaire
neige pose fins duvets
peau gèle et se fend
***
vénéneux mystère
hommes dans la nuit lovés
silence étouffant
sombre luminaire
fusée a lâché
l'horrible tonnerre
la course au bûcher
un dieu sanguinaire
donne son tranchet
à l'enfant sévère
à l'enfant boucher
éventre son frère
enjambe les gars crevés
sonne l'olifant
***
deux soldats sont venus à la porte sonner
sans un mot pauvre femme a d'un coup deviné
à genoux tombe folle arrache son bonnet
la terre à cet instant s'arrête de tourner
son manteau resserre
ses cheveux n'a pas lavés
son col dégrafant
erre par tous les chemins
parle en se tordant les mains
son fils est mort en assassin
va fuis la lumière
ton pied heurtant les pavés
sous l'arc triomphant
ces vivats sont-ils humains
pour toi point de lendemains
porte le deuil de l'assassin
Sur la liste Oulipo s’effectue actuellement un travail important de recherche de formes de sonnets généralisés, selon un programme lancé par Gilles Esposito-Farèse. Il s’agit de respecter une structure 4/4/3/3, ces nombres s’appliquant non plus forcément à des vers, mais à des mots, phrases, paragraphes, voire lettres… et un schéma ABBA ABBA CCD EDE dans lequel ces lettres ne représentent pas forcément des rimes, mais des propriétés quelconques ( nombres de lettres, initiales, composition en verbes, personnages, etc. ). Ici la structure s’applique à des strophes, et la propriété est la nature de ces strophes:
A = haïku
B = quatrain de sélénet
C = distique d'alexandrins
D = tanka
E = unique octosyllabe
Le schéma de rimes ne fait pas partie de la contrainte, mais j’ai pensé qu’il accentuait la perceptibilité de la structure. Le choix de l’octosyllabe venant après des tankas donne un petit effet clotilde. J’ai un peu fait attention aux rimes plurielles ; en revanche les é ouverts et fermés sont confondus, nul n’est parfait. Posté sur la liste Oulipo le 20 décembre 2021.
L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de décembre.
1er décembre – Journée mondiale de la générosité
Bernard Maréchal
Générosité ?
Le devoir mêlé de joie :
C’est préconisé.
(séquence vocalique E E O I E)
et
Bonté, charité ?
Bienveillance, humanité ?
Magnanimité ?
Pitié, prodigalité ?
Rien que générosité.
(tanka sur mot-clef)
Devant la générosité d’Eugène et Rosie
t’es là, gêné, rosi,
tes deux généraux «ite !» dégénèrent.
Aux cités de Gênes,
héros Sith et lants portent.
OU
Devant la générosité de générosité, la générosité de générosité des générosités de générosité l’emporte.
Nicolas Graner
Ce matin, ô délice, je fête ma nativité.
Je me remémore mon origine, ma genèse.
La même date, le site Héméroméride décide de la dédicacer à la générosité.
Ça me va, je dis OK !
( okapi )
Annie
( acrostiche double isocèle )
Jacqueline Morel
L'abondance il offre
Cernunos
En forêt sacrée
( trident )
Noël Bernard-Talipo
le lacet ôté
du sac a libéré le
rire de l'ami
( okapi, à l'instar du mot-clef )
2 décembre – Journée internationale de la samba
Bernard Maréchal
Un fou de Bassan,
Tête en bas et cul en l’air,
Danse la samba.
(Médaille)
Alexandre Carret
L’héméroméride
Propose parfois un thème
Dont on samba les c...
Nicolas Graner
Souvenir de voyages lointains
Au milieu des années quatre-vingts
Migrant de saklya en isba
Balloté sur de pauvres chemins
Au volant de ma Talbot Samba
( acrostiche )
Robert Rapilly
Potemkine en poussette
tangue haut roule bas
La vogue des sambas
chaloupe sans chaussette
Amateur d’algorithme
j’avale des gambas
Dans l’onde des sambas
on pêche l’algue au rythme
Qui danse en habit guigne
pendant « Marcel Sembat’s
Lonely Hearts Sambas »
la semelle qui couine
Pas un roquet n’enrôle
ni ne fait les cent pas
Seul le pas des sambas
ne se mêle de grolle
Croquenot croquenote
font cadences en bois
Mais où sont les sambas
d’antan faut que ça trotte
Journée internationale de la samba.
Occasion d’une chanson invitant les
jambettes aux jeux de mollets, dont
un calembour par strophe qui masque
le nom d’une autre danse (*) ; Rbt_
(*) Les danses cachées :
- tangue haut
- j’ava(le)
- (ha)bit guigne
- roquet n’enrôle
- faut que ça trotte
Pierre Lamy
À Rio, la foule
danse la Samba
chacun se défoule
comme au Macumba
Avec Eurydice
le bel Orphéo
fou de sa blandice
joue les Roméo.
Ce n’est pas un rêve
au loin sur les flots
le soleil se lève
quand chante Orphéo
À Rio, la foule
danse la Samba
( sonnet sélénite autant qu'élizabéthain inspiré par le film Orféo Négro )
Annie
carnavals du monde
la samba est là
elle nous débonde
sans grand tralala
pour faire un sonyme
un mot fait défaut
cherche un synonyme
carnaval est bot
( sélénet ; la deuxième strophe est un sonyme )
Jacqueline Morel
Seul se secoue
Sur swing syncopé, suave
Si souple sambiste
( tautogramme )
Bal sans rap sans slam
Sans jazz-band nana dansa
La samba sans bas.
( monovocalisme )
Noël Bernard-Talipo
la samba s'emballe
belle a mal mâle la lasse
la salsa la blase
( sur les consonnes de « la samba » )
3 décembre – Journée nationale du cinéma indépendant
Bernard Maréchal
Ancien cinéma
En panne d’indépendance,
Décadent, inepte.
Cinéma indépendant,
Émancipé, décapant.
(beau présent sur mot-clef)
et
Le cinéma indépendant ? Sur le cinéma indépendant je n’ai rien à dire.
Le cinéma recrée la nuit
Mais ne sera jamais gratuit.
L’indépendance ? Sur l’indépendance je n’ai rien à dire.
( cf. « L'herbe » de Queneau )
Alexandre Carret
J'hésite entre deux slogans pour mon restaurant.
Soit :
Là, rouleau impérial pauvre en jambon et assez mal refermé
soit :
Ci, nem à un dé pendant.
Pouvez-vous m'aider ?
et
Mon premier penche
Mon second est rhum et rides à la fois
Mon troisième est aimé par mon premier
( charade )
Réponses :
Mon premier penche,
c'est "Cin-" car "cin-" hoche.
Mon second est rhum et rides à la fois
C'est "ém-" car "ém-" est rhum et rides.
Mon troisième est aimé par mon premier
C'est "-a indépendant" car "cin-" aime "-a indépendant"
Cinéma Indépendant
Elisabeth Maitre
Loin des multiplex
il trace sa propre voie
mais dans le contexte
présent ça va pas de soi
Évitons qu'il ne se noie
Jacqueline Morel
Il veut s'affranchir
Des industries culturelles
Du mercantilisme
Il promeut la création
Une riche diversité
Annie
( haïkupé )
Alain Zalmanski
Fou de Bassan, fou de samba, fade sans bout, de bas s’en fout, Sade fend bout
( anaphones )
et
SARDANE
AVIONETTE
MENUET
BOURRÉE
ALLEMANDE
( acrostiche sur liste de danses )
et
BAMBA, BACHATA, CHAM, GARBA, KAKA, KATHAK, KWASA-KWASA, MBALAK, PARA-PARA, SABAR, SALSA, SAMAN, SAMBA, TAMZARA, ZAMBRA.
( monovocalisme sur liste de danses )
et
Mon premier se sauve
Mon second est une note de musique
Mon troisième aussi
Mon quatrième aussi
Mon cinquième également
Mon sixième se goinfre
( charade )
Noël Bernard-Talipo
Viscéral, pista,
tira, vida, ingéra.
Siesta, digéra.
Illégal ? - Piégeant ! Nia.
Riant, disserta : Vital !
( chaque mot a pour voyelles I[E..E]A )
4 décembre – Journée internationale des banques
Bernard Maréchal
Tous les banquiers aiment les banques,
Leurs coffres sont remplis de fric,
Ce fric attire les voleurs.
***
Les banquiers sont-ils les voleurs ?
Planquent-ils leurs sous dans leurs banques
Pour les remplir de plus de fric ?
***
Les voleurs aiment bien le fric,
Les flics attrapent les voleurs
En se planquant devant les banques.
(Terine)
Elisabeth Maitre
Dans mon bas de laine
j'ai caché mes sous
fruits de tant de peine
j'en avais beaucoup
Mais dans cette planque
sûr n'est plus l'abri
j'ai mis à la banque
mes économies
( sélénet )
Bituur esztreym aka E-M Gabalda
voulez-vous, tenons-nous,
ce n’est pas à la banque
où flancher, où flancherions,
que pourrions de même
ébaucher, tâcher moyen..
lâchons tout ça. haine !
(..)
il s’en faudrait que
nous te cédassions, gros fat !
Alexandre Carret
Prends un bic,
Fais un chèque
A la banque.
C’est un choc !
C’est d’un chic !
Cet ouzbéque
Sur ses tchanques
Prend un boc.
( variante birépartie de babebine )
Nicolas Graner
Détail des données :
émission universelle,
dépôt de pitons.
Sang des yeux, graines de sperme,
font sauter le domicile.
( filigrane )
Jacqueline Morel
Il pleut sur la ville
Un homme au pas lourd
Ravale sa bile
Gris et sombre jour
Sueur froide, angoisse
Il marche tremblant
La peur le terrasse
Son banquier l'attend
( sélénet )
Noël Bernard-Talipo
Faites sauter, là.
Sperme : mot alimentaire ?
- Compte en employé.
Le monde de la centrale
passe à la donnée du sang.
( filigrane )
5 décembre – Journée Internationale du ninja
Bernard Maréchal
Nippons légendaires,
Irez-vous, coqs samouraïs,
Nos beaux fiers Ewoks,
Jouter nunchaku, yumi ?
Aujourd’hui vient Naruto !
(tanka acrostiche et pangrammatique)
Jacqueline Morel
Noir vêtus, habiles,
Infatigables guerriers
Nippons shinobi
Jouissent d'une renommée
Agents secrets et espions
( acrostiche )
Pierre Lamy
Ninji ma cistude
se la joue tortue-ninja
Elle a pris cette attitude
ya trois mois déjà
La finaude élude
sur le sujet tout débat
Ce n’est pas son habitude
et j’en suis baba
Dans les renoncules
elle occis les libellules
et les campagnols
Un projet l’enfièvre
chasser à courre ce lièvre
qui fait le guignol
( sonnaïku contre-rimé )
Annie
Le ninja ? Sur le ninja je n'ai rien à dire.
Je m'effraie du peu de sursis
des eaux, grottes, chauves-souris.
Les janissaires ? Sur les janissaires je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Alexandre Carret
Janine l'enfile.
Dans la nuit, s'ennuie l'Adam,
Le filant ninja.
( Palindrome syllabique )
Robert Rapilly
L’enchère est à la bougie
le temps stratégie
5 décembre quoi déjà ?
Hokusai Manga :
Jaques Roubaud se dépêche
de gravir la mèche
numéro quatre-vingt-neuf
Ninja mais sans bluff
pour embraser une ligne
lyrique et maligne
( écrit pour l'anniversaire de Jacques Roubaud, poète, écrivain et mathématicien français, membre de l'Oulipo )
Noël Bernard-Talipo
Nuiras, noir ninja,
Nunchaku nippon narguant
Nobliaux nigauds.
Nantis naïfs noçons, nuls :
Nos nuits nourriront najas.
( tautogramme et lipogramme en E )
6 décembre – Journée des mineurs
Bernard Maréchal
Deux accords mineurs,
Des mineurs émancipés
Aux mineurs de fond,
***
Et dans les ordres mineurs,
Détournement de mineurs ?
(tanka obsessionnel sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Ils vont au charbon
et ils taillent dans les veines
mineurs à la peine
Annie
courir à sa mine
ne servir à rien
raser une usine
un savoir ancien
on a vu cousine
ce coron au cœur
un musée voisine
un soin massacreur
( sélénet et prisonnier )
Jacqueline Morel
L'enfant au visage de suie
Par le soleil est ébloui
Cette journée ensoleillée
Éclaire sa mine brouillée
Mais une ogresse antre minière
Sans son accord sa vie ingère
Être vivant insignifiant
sombre en un monde indifférent
( duplex )
Nicolas Graner
Au pied d'un nerium
La souris rumine
Sa bile murine
En mode mineur
( mots anagrammes )
Alexandre Carret
Mon premier prend la rue de Grenelle pour le Fort Boyard.
Mon second prend le théâtre de Dionysos pour un boulodrome.
( charade )
Solution :
Mon premier est "Minne" car au Fort Boyard, "Minne", y s'terre (ministère)
Mon deuxième est "Eur" car au boulodrome, "Eur" y pide (Euripide).
Noël Bernard-Talipo
Immenses murs nus
Urine sueur murmures
Ruines sur mes rues
( beau présent )
7 décembre – Journée de l’aviation civile internationale
Bernard Maréchal
L’aviation civile
Consomme beaucoup
D’énergie fossile.
Volons à Moscou !
L’internationale
Roule à la vodka.
La hutte finale
C’est en Alaska !
(sélénet)
Elisabeth Maitre
Trop de zincs en vol
leur pollution me désole
clouons-les au sol
Annie
L'aviation civile internationale ? Sur l'aviation civile internationale je n'ai rien à dire.
Voler en avion, c'est fini
Pour Al Ula prendre un tapis.
Les taxis ? Sur les taxis je n'ai rien à dire.
( cf. « L'herbe » de Queneau )
Nicolas Graner
urne de l’avion vil interné
urée de l’ion clé étiolé
orée de latin, vie terne
née de lit, île natale
joue de lait, cil trainé
e t ce tera
( avions )
Jacqueline Morel
L'armée de l'air,
respectueuse des convenances,
mobilise les prolétaires.
( LSD )
Alain Zalmanski
Je voudrais clamer l’intérêt
D’un séjour à Jérusalem
Pourtant depuis Mathusalem
Son aura ne fait que tomber
Moralité
Vive la vie à Sion, si vile
( fable express )
Alexandre Carret
CHARADE :
Mon tout est une chimère nageant, courant et volant
C'est aviation civile internationale car
aviation civile internationale est scare, élan, poule
A vie, ah !, si on scie, vilain, terne, assis, on a l'escarre et l'ampoule !
Robert Rapilly
Amy Johnson jamais ne veille,
son œil avion de l'oreille.
( exemple d'avion : en effet « œil » s'obtient de « oreille » par ce procédé, comme le dit textuellement le deuxième vers !
Amy Johnson : pionnière de l'aviation )
Noël Bernard-Talipo
( sonnet isocèle, tous les mots longs contiennent deux I ; rien à voir avec le sujet, sauf le double acrostiche )
8 décembre – Journée du climat
Bernard Maréchal
Le climat ? Sur le climat je n’ai rien à dire.
Des trous dans l’ozone aujourd’hui,
Demain, ouragans infinis ?
Les climatiseurs ? Sur les climatiseurs je n’ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
et
Son climat de rêve
Meurt faute de soin :
Adam regrette Ève
Disparue au loin.
La couche d’ozone
A rempli de trous
La planète atone :
Fini le Pérou !
( solénet )
Elisabeth Maitre
Camilla aima
lama amical, malt, lait
acclimata ail
( beau présent )
Jacqueline Morel
De tous mes voyeurismes, sous les lauréates du mongolisme, je rapporte le cervidé que le clinquant le plus difficile à supporter est le clinquant d'adulation qui nimbe la malformation.
( S+7 sur
« De tous mes voyages, sous les latitudes du monde, je rapporte la certitude que le climat le plus difficile à supporter est le climat d'adoration qui nimbe le mâle. »
(Sylvain TESSON.- Petit traité sur l'immensité du monde.- 2005)
et
Climat infernal
Notre monde se nécrose
En phallocratie
Clinquant infernal
Notre mongolisme se nécrose
En pharmacologie
( éclipse )
Alexandre Carret
A Marcel Lee : un climat à mil °C, nue, elle crama.
(palindrome)
et
Mon premier avale du whisky élevé en fût de chêne.
Mon second aussi, dès potron-minet.
Mon tout aussi, à Jérusalem.
( charade )
Solution :
Mon premier avale du whisky élevé en fût de chêne.
C'est "Clim-" car "Clim-" tise Wood (Clint Eastwood)
Mon second aussi, dès potron-minet.
C'est "a-" car "a-" boit tôt (aboiteau). Ou car "a-" picole.
Mon tout aussi, à Jérusalem.
C'est "climat" car "climat" tise à Sion.
Annie
climatosceptiques
vous êtes malins
par mots et pratiques
venez à vos fins
voir que la mer monte
n'est pas un souci
la bourse sans honte
bientôt monte aussi
( sélénet )
Noël Bernard-Talipo
( petite morale élémentaire portative )
9 décembre – Journée internationale contre la corruption
Bernard Maréchal
Sauver la Justice,
Empêcher sa corruption ?
Les deux solutions :
On peut la mettre sous vide,
Ou dans un congélateur.
(tanka sur mot-clef)
Alexandre Carret
Ton topo connu :
Tout proton croît ou connit,
Un trou noir unit tout.
( beau présent )
Jacqueline Morel
(HOG - Le mot-clé en deux segments est présent dans le poème)
Annie
( haïkupé )
Noël Bernard-Talipo
Porcin, tout tortu,
Un roi cornu croupit, nu.
Prurit court tronc noir.
( beau présent )
10 décembre – Journée Mondiale des Droits De l’Homme
Bernard Maréchal
(petite morale élémentaire)
Annie
Plus me plaît un homme droit que des droits de l'homme
et
droits des chats, bisons
hommes, tous autres vivants
et même zombis
( médaille )
Jacqueline Morel
Douleur, sang et feu
Fuir vers un autre horizon
Par-delà les mers
Hélas s'envole l'espoir
Rejet et indifférence
Alexandre Carret
Mon premier est laid de loin mais ne fait pas peur
Mon second est roi de Pologne
Mon troisième est l'homme jeté en pâture
( charade )
Solution :
Mon premier est laid de loin mais ne fait pas peur
C'est "laide" car "laide", hideux, n'hante (l'Édit de Nantes)
Mon second est roi de Pologne
C'est "roide" car "roide" est roi (roi des rois comme Jésus qui est aussi roi de Pologne)
Mon troisième est l'homme jeté en pâture
C'est "l'homme" car "l'homme" est au pâtis (l'homéopathie)
Mon tout est "laide", "roide", "l'homme"
Alain Zalmanski
Non pas du pain ou des sapins
Je pense à l’immense phobie
Que subissent dans les pétrins
L’akène que l’on torréfie
Moralité
La fournée d'effroi de l’orme
( fable express )
Noël Bernard-Talipo
( sonnet de dissyllabes acrostiche isocèle )
et
C'est le droit de l'homme.
C'est le devoir de la femme.
Tourne, ronde. Tourne.
11 décembre – Journée internationale de la montagne
Bernard Maréchal
Montagne géante,
Ton manège m’emmena,
Montée monotone,
Étonné, à ton étage,
Gaga, mano-a-mano.
(tanka et beau présent sur mot-clef, pour Poulidor et Anquetil)
Elisabeth Maitre
Gaétan et Anne
mangent tome montagnone
goémon tomate
( beau présent )
Jacqueline Morel
Gravir la montagne
Contourner tous les obstacles
Grimper à son rythme
Pour atteindre le sommet
Et embrasser l'horizon
MON te l'hélico.
TA G uibole à angle droit
NE dit rien de bon.
et
Qu'en
Me pognant,
Montaigne
M’engonçât.
( anagrammes du mot MONTAGNE dans lesquelles se sont glissées les lettres PIC )
et
O Mont, O Géant,
Mon âme monte et te gagne
Ton ange me mène.
( beau présent )
Robert Rapilly
Shield lisse granit
Moyen ultime restant
Succinct crochet simple
#héméroméride par Robert Rapilly ( montagnes russes ; cf Olivier Salon
https://zazipo.net/-2011-Crochet- )
et
Tabou toute pause
Sisyphe vibrant montait
cette paroi lisse
( Au contraire des montagnes russes, qui sans cesse montent et chutent, ce haïku est nivelé en 3 plateaux : les vers 1 & 3 comptent 5 syllabes et 5 lettres chaque mot, le vers 2 7 syllabes avec 7 lettres par mot )
Alain Zalmanski
( chicago )
Annie
( haïkupé )
Noël Bernard-Talipo
nous irons sans but
vers ces purs monts dont vents jouent
ivres fous gelés
voyant enfin sous nos yeux
luire vert nimbe irréel
(montagnes russes : chaque mot a une lettre de plus ou de moins que son prédécesseur)
12 décembre – Journée internationale de la musique heavy metal
Bernard Maréchal
Oyez, vieux gothiques,
Steppenwolf, Iron Maiden !
Joker : Black Sabbath !
(pangramme de 56 lettres)
Alexandre Carret
La vie mitée
---
Mélie, t’y vas ?
Limer ta vie ...
Lev imita
l’amie Yvette.
Ivy, t’aimas
l’ Heavy metal.
T’émis l’avis :
Livie matait
Mila. Évite
Amélie, vite !
Livia t’aime !
(contrepèteries)
Jacqueline Morel
Le grunt pour la voix
Bruyant volume sonore
Rythmique puissante
Chevelures tournoyantes
Look noir de cuir et de clous
Annie
Le Heavy Metal ? Sur le Heavy Metal je n'ai rien à dire.
Les métaux lourds - c'est non merci
Pomm' de reinette et pomm' d'api !
Les Rafales ? Sur les Rafales je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Nicolas Graner
Arsenic, cadmium,
cuivre, étain, plomb, sélénium,
mercure, thallium...
Prenez garde aux métaux lourds
dont la musique rend sourd.
Elisabeth Maitre
basse trépidante
guitare rugissante et
batterie qui cogne
Je vibre au rythme infernal
d'une transe heavy metal
Noël Bernard-Talipo
( sonnet « argentin » ( en imitation du haïku argentin ) : dans chaque vers 8 mots et 10 syllabes ; en mésostiche un doublet de Caroll de « lourd » ( heavy) à « metal » .
La loure est une sorte de biniou )
13 décembre – Journée du violon
Bernard Maréchal
Palissandre, ébène,
Sycomore, épicéa,
Bois de Pernambouc,
Quelques beaux crins d’étalon :
Et voilà, c’est un violon !
(tanka sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
dernier glissando
et sur une ultime note
le violon s'est tu
Annie
Un rouge lion
sur les bords du Nil
croque un novillo
La blanche Ninon
vêtue de linon
ne dit oui ni non
Rouge ou blanc le vin
rapproche de loin
Verlaine et Villon.
( tous les mots à la rime sont écrit avec les lettres VIOLN )
Jacqueline Morel
La fenêtre ouverte
Laisse s'échapper
La musique offerte
D'une mélopée
Grince à mon oreille
Le méchant crincrin
Du joueur qui essaye
Mais s'escrime en vain
( sélénet )
Nicolas Graner
Viens chez moi, musicien !
Il entre.
Occasion magnifique, incroyable.
Le violoniste est froid,
Orgueilleux, arrogant, méprisant.
Néanmoins là.
( acrostiche et morse : en remplaçant les mots d'une syllabe par un point et ceux de trois syllabes par un trait, chaque ligne code en Morse sa première lettre )
Floriane Austruy
VIens de la nature
Ô belle littérature
LONgue note pure
( acrostiche de syllabe par vers )
Alexandre Carret
J'ai dit au violon : rêve !
( lurapido : « Poème du violon lazare » - Louis Aragon)
et
Le goal-average n'est pas favorable à mon premier
Mon second ne marche pas (et ce n'est pas sans un certain paradoxe)
( charade )
Solution :
Le goal-average n'est pas favorable à mon premier
C'est "vi"
car "vi" perd aux points (Vipère au poing)
Mon second ne marche pas (et ce n'est pas sans un certain paradoxe)
C'est "olon"
car "olon" court (au long cours)
(paradoxe : haut-long-court)
et
Mort aux cons
Vie aux lourds
Mort aux courts
Violons
Noël Bernard-Talipo
Violon. Sanglots longs.
Sans fin l'automnal chagrin
D'un jour suffocant.
Vais, brin mort, m'abandonnant
Dans un tourbillon mauvais.
( lipogramme en E ; cf. « Chanson d'automne » de Verlaine )
14 décembre – Journée des singes
Bernard Maréchal
On voit leur cul rouge
Grimper aux barreaux rouillés,
Et leur queue qui bouge.
(Morseku)
Elisabeth Maitre
En siège enneigé
génie es signes, gêné,
enseigne gens, singes.
( beau présent )
Nicolas Graner
Le singe en sortant de sa cage
Voudrait perdre son pucelage
Gare au gorille
Ce petit étang si mignon
Est un bon coin à champignon
Mare aux morilles
En Afrique on voit des belettes
Aussi étranges que coquettes
Zarb beau zorille
Jacqueline Morel
De l'homme ou du singe
L'on pourrait s'interroger
Lequel singe l'autre ?
Zoopharmacognosie
Peut sauver humaines vies
Alexandre Carret
Mon premier arriva si facilement
qu'il étonnait mon deuxième.
( charade )
Mon premier arriva si facilement
C'est "sin"
car "sin" vint sans l'effort (Saint-Vincent-les-Forts)
qu'il étonnait mon deuxième.
C'est "ge"
car "sin" sciait "ge" (Saint-Siège)
Les singes transgenres (appelés aussi "rares guenons" désignés RG, faisant partie de l'espèce Cercopithèque) sont connus pour leur très grande intelligence depuis la préhistoire, mais ne supportent pas le sel et chantent complètement faux.
À l'âge d'airain, le singe RG a l'agreg, ni sel ni aria de gala.
( palindrome )
Annie
Laid, mais c'est pas à
ce malin qu'on apprend à
faire des grimaces.
Il sera au désespoir
payé en monnaie de bois.
( filigrane )
Alain Zalmanski
Dans les quartiers de nos prisons
Cent détenus sont bougons
Pensent-ils à l’ami Verlaine
Qui les chanta à perdre haleine
Moralité
Les cent grognons des violons
( fable express )
Noël Bernard-Talipo
Seing, engins, gésine...
Insigne génisse, geins.
Gneiss enneigé: signe ?
Signe, ignés gingsengs ?
Enseigne. Singe génies.
( HOG ; chaque mot est composé de toutes les lettres du mot singe )
15 décembre – Journée (universelle) de l’espéranto
Bernard Maréchal
Arrête ton pas,
Passante sans apparat,
Pense à ton trépas.
Et pense en espéranto,
Sans présenter passeport.
(beau présent sur mot-clef)
et
Orwell en novlangue ?
Zamenhof l’espérantiste
Bloque en volapük
Le faux Klingon de Star Trek
Et Johann Martin Schleyer.
(tanka et pangramme de 98 lettres)
Elisabeth Maitre
Espoir fraternel
d'une langue universelle
lien entre les peuples
Annie
crois en α
confie toi à ω
remets-t'en à β
repose-toi sur φ
fais fond sur π
augure bien de ρ
compte sur σ
( chicago )
Jacqueline Morel
Mi tre feliĉas
dividi kun vi cî tiujn
malmultajn versonjn.
( haïku en esperanto )
Traduction : Je suis très heureuse de partager avec vous ces quelques vers.
Alain Zalmanski
Mia unua, mia dua kaj mia tria estas muziknotoj
Mia ĉio estas fiŝo inter du fiŝoj
( charade en espéranto )
Mon premier, mon second et mon troisièmes sont des notes de musique
Mon tout est un poisson entre deux poisson
Solution évidente SOLRÉSOL
et
Alexandre Carret
Espagnols, Suédois ! Parlons Ensemble ! Rassemblons, Amis, Nos Terminologies Obscures.
( acrostiche de lettres par mots )
Noël Bernard-Talipo
Elle espère entonner d'heureux vers dits souvent
Et l'espéranto naît d'eux, reverdis sous vent.
( holorimes )
16 décembre – Journée Beethoven
Bernard Maréchal
Quatuors à cordes,
Sonates et bagatelles,
Symphonies, trios,
On n’en finira jamais
De recenser Beethoven.
(tanka sur mot-clef)
et
Surtout pas de vanne !
Beethoven a de la veine.
Mais quand je m’avine,
Pour amuser Maryvonne,
Il faut que j’en écrive une…
(tanka et babebine sur mot-clef)
et
Tête au soleil
Nez en l’air
Yeux à la pluie
Pieds dans l’eau
Beethoven
(chicago sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Noé, entêté,
tonne: Hop, ôte ton bonnet!
Et évente tête
( beau présent )
Annie
Tempête ! Or le vent emporte tête, bonnet, presse l'homme, secret poème émondé. En temps d'ordre et de procès le révolté perd, récolte enfer clos et serre mortelle. Dehors sèche le torrent vert, ensorcelé. En colère, déconcerté, je conte ce tempo, rêve ces rondes. Telles notes ne seront détente folle et les honnêtes gens lors les entendront.
( suite de voyelles EEOE, et plus exactement EEEO )
Jacqueline Morel
Aimer en musique...
Un Ludwig pour une Élise
Quelle bagatelle !
Robert Rapilly
Pomtoum Beethoven —
Pomme ! Pomme ! Pomme ! Pomme !
Ludwig déchiffrer tes airs
En quatrain ça fait qu’en somme
Le fruit sera dans le vers
Ludwig déchiffrer tes airs
En pantoum fera tout comme
Le fruit sera dans le vers
Pomme ! Pomme ! Pomme ! Pomme !
Alexandre Carret
Noël Bernard-Talipo
fol furieux vent
secouant ma baie
m'a réveillé tôt
je suis allé tôt
errer et le vent
sillonne la baie
fétu paille baie
fuse et vole tôt
mené par le vent
( terine isocèle pour ceux qui prononcent « baie-tôt-vent » )
et
vacances du trader
à l'ombre de vènes
suçotant des baies
surveille les taux
ordi web work taux
nu parmi les vènes
le sable des baies
lune sur les baies
crépitent les taux
murmures des vènes
( terine isocèle pour ceux qui prononcent « baies-taux-vènes » )
17 décembre – Journée internationale du pull de Noël
Bernard Maréchal
Un point à l’endroit…
Tricoter c’est fatigant…
Un point à l’envers…
Aujourd’hui c’est pull-over,
C’est bientôt la poule au pot.
(tanka sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
En laine de renne
et poils de barbe du Père
Noël je tricote,
avec des aiguilles de
sapin, mon pull de Noël
Nicolas Graner
Du Tarn au Jura
On aime ce jour de fête
Du pack de nabi
Du plat de naja
Du plan de nazi
Du poil de néné
Du punk de néon
Du pont de névé
Du prix de nota
Du prof de nova
Du pied de noyé
Du piaf de nuée
Du pull de Noël
(haïku étendu, en mots de 2 et 4 lettres)
Annie
Le pull de Noël ? Sur le pull de Noël je n'ai rien à dire.
Dix points irlandais bien jolis
Joli aussi, fin point de riz.
Le cachemire ? Sur le cachemire je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Jacqueline Morel
Rennes affolés
Aux sabots tout emmêlés
Entre fils coincés
De laine rouge enneigée
Jacquard de Noël raté
Alexandre Carret
Le militant vert
Porte son pull de noël
durant tout l’hiver
Il a peut-être l’air bête
Mais il sauve la planète.
Noël Bernard
Elle met un pull
Prend un rouge parapluie
Descend du trottoir
Ô Noël apporte-lui
Douceur et respect
( en solidarité avec les associations militant contre les violences faites aux travailleurs du sexe )
18 décembre – Journée internationale des migrants
Bernard Maréchal
Transis, amaigris,
Traînant matins gris sans gants,
Gamins sans amis,
Migrants sans train ni mamans,
Sans samaritains aimants…
(tanka et beau présent sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
A un passeur bien gras
il confia bon gré mal gré
ses sous, pris son gris-gris
En mer il risqua gros
Une histoire incongrue
( babebine )
Annie
( Haïkupé )
Nicolas Graner
Ni gras ni nantis
Agissant sans assistants
Transitant ainsi
( beau présent )
Alexandre Carret
C'est, en vérité, une terre de bonheurs discrets que l'on diminuerait en essayant de les décrire.
( lurapido sur « Les émigrants du Transwaal » (Mayne-Reid)
et
Un boxeur mi-lourd
Pris d’une migraine
Suivit la misère
d’un flot de migrants.
Son destin fut lourd,
Il sema des graines
d’idées dans les airs
Qui font l’Homme grand.
Jacqueline Morel
Loin
Il part
Sur son cœur
Une photo
Des êtres aimés
Dans le creux de sa main
Un peu de sable et de terre
Il ferme les yeux et respire
Une dernière fois les parfums
De poussière et d'épices de son monde
Reviendra-t-il ? Il ne le sait. Il part. Loin
( boule de neige syllabique sur le thème )
Noël Bernard-Talipo
Sans grain, sans matins,
Gamin traînait sans agir.
S'anima : migra.
Amaigri, gagnait air sain.
Sa main tint amis naissants.
( beau présent )
19 décembre – Journée du sapin
Bernard Maréchal
En haut du sapin,
Papa Noël bascula.
Bébé le pinça.
et
Ça sent le sapin :
Tombé sur le bûcheron,
La mort les pinça.
(deux médailles)
Elisabeth Maitre
Dans la forêt noire
y'a des sapins verts
Ma colère est noire
de rage suis vert
J'ai des idées noires
mais en vert j'espère
Et c'est le trou noir
pour mon dernier ver
( sélénet... )
Nicolas Graner
Quels sapins font les meilleurs taillis ?
Quels sapins ont les plus jolis teints ?
Des jeunes piteuses, des bonneteurs, vont de sapin en sapin
et ces sapins se font tuer.
( contrepèteries )
Alexandre Carret
Mets sur l’arbre le rouge et l’or
Et vois s’opérer la magie :
Le ciel rose et bleu devient gris.
Ses ustensiles se colorent.
Moralité :
Sape un sapin ! Ça peint sa pince à pain.
( allitération )
Bituur esztreym aka E-M Gabalda
avec la vigueur tenace d’un bûcheron
des Vosges ce petit nuage sous les autres
au-delà du fleuve on dirait Lenz se faufiler
parmi les fûts dans le gymkhana des bruyères
des tas de lentes caillasses colonisant
les combes compliquent ..
cf. https://seenthis.net/messages/464670
Annie
Jacqueline Morel
( sonnaïku )
Alain Zalmanski
Mon premier et mon second navre (au sens médiéval) une même note de musique
( charade )
et
Pierre Lamy
Ô Tannenbaum, roi des forêts,
méfie-toi de certains bipèdes
qui, pour pouvoir chanter Noël,
te bûchonneront en cinq sept.
Il te feront changer de site
afin qu’en leur foyer tu trônes.
Ô Tannenbaum, roi des forêts,
méfie-toi de certains bipèdes.
Affublé d’une étoile au faîte
et poudré de simili neige.
Dans moins d’un mois, jaunâtre et sec,
tu nourriras leur cheminée.
Ô Tannenbaum, roi des forêts.
( rondeau sans rime )
Noël Bernard-Talipo
Fêtards
J'ai vin
Où m'ombre
Un sombre
Ravin.
Nul, vain,
Encombre
Et sombre
Devin.
Un pote
Sirote
Au pot.
Par chance,
Impôt
Ne danse.
( sonnet acrostiche )
20 décembre – Journée internationale de la solidarité humaine
Bernard Maréchal
Ils morflent, vidés…
La retraite des chômeurs ?
Mon ami, on meurt !
( primitive )
et
À la racine de la solidarité,
Ce sera la minute de l’égalité,
La minute du rêve : petit à petit
On éliminera la rivalité bête.
Ce but exécuté ranimera mon âme,
La fête de l’égalité sera légale.
(okapi)
Elisabeth Maitre
Unis, solidaires,
les hommes sur cette terre?
Mais non, c'est la guerre!
Alexandre Carret
Mon premier dit manche, sanglant dimanche.
Mon second correspond au rôle (surtout si le personnage est timide et bégayant)
Mon troisième ne mérite pas ce qu’il fait.
Mon quatrième défrise @CostaElodie
Mon cinquième contre.
Mon premier dit manche, sanglant dimanche.
C'est "soli"
car "soli" cite U2 (sollicitude)
(U2 chante "Sunday, Bloody Sunday")
Mon second correspond au rôle (surtout si le personnage est timide et bégayant)
C'est "dari"
car "dari" colle (Darry Cowl)
Mon troisième ne mérite pas ce qu’il fait.
C'est "té"
car "té", salaud, nique (Thessalonique)
Mon quatrième défrise @CostaElodie
C'est "hu"
car "hu" lisse Elodie C. (Ulysse et l'Odyssée)
Mon cinquième contre.
C'est "maine"
car "maine" oppose (ménopause)
Annie
Solde hérité
Belle façon d'homme
me tendre la main
puis saluer comme
reprendre le train.
Qu'espères-tu homme
de ce geste vain ?
Habitude en somme
d'ancien souverain.
( sélénet )
Nicolas Graner
Solidarité ?
Des manœuvres dilatoires,
Des idolâtries.
( haïku sur anagrammes )
et
Journée internationale de la solidarité humaine :
soyez super hot ! Vive ce fameux grand blabla,
wokisme qui fustige trop sec !
( panscrabblogramme )
Noël Bernard-Talipo
Leurs corps lapidés
Quand rêvaient chant, et chaleur,
Main dans main, sont nés.
( primitive de « solidarité humaine » )
21 décembre – Journée mondiale de l’orgasme
Bernard Maréchal
Le jour de l’orgasme
Bride sur le cou,
Pour avoir le spasme,
Je tente le coup.
Je perds ma semence
Avant le dîner.
Mais je recommence.
Faut bien s’obstiner…
(sélénet sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Jouissons sans entrave
mais écrivons sous contrainte
bien sûr oulipienne.
Floriane Austruy
L'or est à portée
Gars, prends soin de mon amour
Me fais chavirer
Alexandre Carret
On se plut. Seins, fonds d’ouzo,
Encor deux foies, quatre huîtres.
Au lit, elle fit douze Oh !
Quant à moi, j’émis huit Rrh !
(rimes onomatopées)
(1er vers homophone de 11+1=12 Oh)
(2ème :encor 2x4=8 Rrh)
Jacqueline Morel
Briser les carcans
Faire l'amour, pas la guerre
Jouir de liberté
Annie
L'orgasme ? Sur l'orgasme je n'ai rien à dire.
En faire l'objet d'un pari
Retarde l'entrée du mari.
L'origine ? Sur l'origine je n'ai rien à dire.
(cf. « L'herbe » de Queneau)
Noël Bernard-Talipo
savante anarchie
longue vision d'infini
art sauvage art choc
( primitive de « aaaah ! ouiiiii ! aaaah... » )
22 décembre – Journée des ancêtres
Bernard Maréchal
Secret entêtant,
Cet ancêtre caressant,
Sa carcasse rance,
T’a tâtée et retâtée,
Et ce stress est sans sentence.
(tanka et beau présent sur mot-clef)
Alexandre Carret
Hante ces rus, ancêtre, mécréant, sans trace, en secret.
Ancien astre sacré, tente cent réas !
(Belles présentes - suite d'anagrammes du mot ANCETRES dans lesquelles s'insinue le mot HUMANITE)
Jacqueline Morel
Racines de l'arbre
Ils nourrissent notre histoire
Nos lointains ancêtres
Et nous, leurs fruits à la cime
Tout là-haut les honorons
Annie
( Haïkupé )
Elisabeth Maitre
Recense ces traces
carnées, ces crânes nacrés,
cernant cette race
( beau présent )
Noël Bernard-Talipo
Adieu altitudes,
Ambitieuses aiguilles,
Aïeux altaïques.
Aveulit jaunisse aiguë :
Humiliante inaptitude.
( tous les mots ont les mêmes voyelles que « aïeux » )
23 décembre – Journée des origines
Bernard Maréchal
Qui a commencé
La reproduction sans fin
Des générations ?
Si tu veux t’en plaindre il faut
Remonter aux origines.
(tanka sur mot-clef)
Alexandre Carret
Origines ??
I. Orge ? Singe ? Roi nisse ? Noir igné ?
Gii ?
Rose ? Giron ? Signe ? Iris ? Ogre ? Ions ?
II. Régions ? Orgie ? Nise ? Gin ? Soir ?
(Ulcérations - suite d'anagrammes du mot ORIGINES -)
(IORGESIN - GEROINIS - ... )
("Gii ?" signifie "Qui ?" en Same du Nord)
(Nisse est une créature légendaire scandinave)
(Nise pourrait désigner - en trichant - le noyau de la Terre)
("Gin" signifie "soleil" ou "jour" en Afchar)
et
Aux origines,
Les eaux d'régime,
Les heur's de gym.
On imagine,
Les os d' Régine
Hors de son jean.
et
Jacqueline Morel
Du souffle sacré
Du Dieu primordial
Naît mélodie envoûtante
Alors apparaît la Vie
Au cœur de l'immensité
( HOG )
Annie
( petite morale élémentaire portative )
Noël Bernard-Talipo
Mon premier vint furtif rôder entre deux mers
Mon second ne s'étend point, gardien de Nature
Mon troisième ne trouve à payer l'écriture
Revenir à mon tout nous rendra moins amers
( charade )
Solution :
Comme « Ori hanta l'isthme » ORI est mon premier
Et « Gi n'écolo gît » donc GI est mon deuxième
Puisque « Nes devis perd » en NES vois mon troisième
ORI-GI-NES sera le tout du fin limier
24 décembre – Réveillon de Noël
Bernard Maréchal
Dinde,
Huîtres,
Caviar,
Pain d’épices ?
Pour le réveillon,
On mange bien, pour s’endormir…
-----
Nuits,
Beaune,
Corton,
Montrachet,
Romanée Conti,
A-t-on choisi les bons bourgognes ?
-----
Nuit
Noire,
Misère,
Solitude
De la pauvreté
Qui tend la main jusqu’au matin.
-----
Nuit
Sainte,
Sacrée,
Religieuse…
Le petit Jésus
Plaira beaucoup aux bons curés…
( quatre Fib )
Alexandre Carret
En Réveillon de Noël
De loin, vole le renne
( anagramme )
et
Rêve : ayons deux Noëls !
Réveillon de Noël
( holorime )
et
De loin, vole le renne
En Réveillon de Noël
( anagramme )
et
Sur la dune, nous, hideux, rêvions
Sûrs, las, d'une nuit de réveillon.
( vers nord-sud : les deux vers sont holorimes si on les prononce avec deux accents différents)
Annie
Revenir de loin
ne rien renier ‒ l'ordre
le devoir, en rire
n'envier ni vieil olivier
ni viorne, violier.
Dévoiler l'envol
le noir, le néon
délirer en nonne
en roi, reine, en lièvre
Revivre en rivière
Nil, Orne, Don, Loire
inonder Lvov, Lille,
Lodève, Denver.
L'oreille en éveil
ironie de l’œil
rêver, dorer le réel
Relire Villon.
( HOG )
Jacqueline Morel
Réveillons Noël
De nos joyeux carillons
Puis ensemble ripaillons
( HOG )
Noël Bernard-Talipo
Fête des lumières
Couleurs au sapin
Familles entières
Partageant le pain
Ni mines altières
Ni fils de Jupin
Immeuble ou chaumière
Partout des copains
( sélénet )
25 décembre – Jour de Noël
Bernard Maréchal
Noël enjôleur ?
Jeûner, rond, jouer un rôle,
Un jour de lourdeur…
***
Neurone réordonné,
Dodo ! On ronronnera.
( tanka et beau présent sur mot-clef )
Alexandre Carret
On fête deux Noëls
Talipo, t’as la muse ?
T’as l’hypothalamus
En fête de Noël ?
( holorimes )
et
- A la Noël, euh, supportez Lens en la mi ré, Lore !
A l’anneau, elle sut porter l’encens, la myrrhe et l’or.
( holorimes )
Ce jour, pour Noël
Vêtirai robe sapin
Toute scintillante
Ce présent lui offrirai
Nœud doré de l'amitié
( tanka - utilisation du mot-clef )
Noël Bernard-Talipo
vienne le soleil
réveille petite ânesse
joli bovidé
aussitôt je danserai
avec ma troupe de fous
( accumulation agréable )
26 décembre – Jour des boîtes
Bernard Maréchal
Schrödinger, taquin,
Mit un cadeau dans sa boîte,
Sa boîte à malices…
***
C’était du papier doré,
Mais le chat l’a déchiré.
(tanka sur mot-clef)
Annie
boite
boiter
boitier
bois t'y es
tige tu y es
arbre te case
ramée t'abrite
sylve te reçoit
futaie t'accepte
bosquet t'héberge
bosquet te refoule
forêt te repousse
futaie te bannit
breuil t'écarte
sylve t'exclut
ramée te vire
bois te raie
boiterait
boiterai
boitera
boiter
boite
( boule de neige de signe par vers avec retour )
Jacqueline Morel
Que contient cette jolie boîte ?
De la ouate
Mais, dites-moi : quoi d'autre encore ?
Un sou d'or
À qui s'adresse ce présent ?
À l'enfant
Tout recroquevillé il dort
L'écrin précieux fut déposé
Là, près du petit né gelé
Pour l'enfant, sur l'ouate, un sou d'or
( ovillejo )
Alexandre Carret
Retire ta HOTTE,
Père Noël, et ta BOTTE
Nous partons en BOÎTE
( doublet de Caroll )
et
Ses boas te guettant, tu rejoins l’une de
ces boîtes gays (tentures, joints, lune d’eux).
( vers holorimes )
Nicolas Graner
Après avoir ripaillé,
Chanté, dansé, un peu bu,
On a déballé tous ensemble
Des paquets
Qui se retrouvent aujourd'hui
Revendus au plus offrant
( petite boîte )
Robert Rapilly
La boîte s'empile
— À qui sert ta boîte
qui grille semblant
que ta mine épate
et grime ton blanc ?
— Tu te désopiles,
voisine, tu ris
de ma boîte à piles,
ma boîte de riz.
( sélénet de contrepèteries)
Noël Bernard-Talipo
de chaussures à gants
de conserves à outils
ouvre à bac à savon
c'est dans la noire de nuit
de dérivation à malice
privée de vitesse
aux lettres à onglets ouvre la crânienne
mets en ferme ta vocale
( filigrane )
27 décembre – Journée nationale des urgentistes
Bernard Maréchal
Tu es urgentiste ?
Tu gères stress et terreurs,
Seigneur guérisseur,
***
Et, généreuse énergie,
Tu t’entêtes, tu guéris.
( tanka et beau présent sur mot-clef )
Jacqueline Morel
L'hélico vrombit
Amas nuageux défie
Sauver une vie.
Alexandre Carret
La confiture ? J’en toaste !
Le bromure ? J’en taste !
Les enflures ? J’en tuste !
Les césures ? J’en teste !
Et les urgentistes.
( sorte de chicago )
Annie
Chute ! Cris !
- Remue-t-il ?
- Presque rien
- Tu es bien du métier ? Juste ciel ! L'urgentiste cuve, ivre d'un vers miré :
"Une vie que mite (chut !) l'énigme d'une vie..."
( suite des voyelles UEIE )
Noël Bernard-Talipo
tu ris tu t'étires
nuit se retire sereine
tristesse s'éteint
tu nies ère urgente et règnes
sur une terre enneigée
( beau présent )
28 décembre – Journée du jeu de cartes
Bernard Maréchal
Bridge ou poker ? Whist, canasta, ou mieux, blackjack ?
Ces cartes snobs, vous n’y jouez qu’aux sept familles !
( pangramme alexandrin justifié )
Alexandre Carret
J'y fais des châteaux en Espagne,
J'y cherche mes châteaux en Espagne,
J'y écris depuis mes châteaux en Espagne,
J'y tire des plans sur les comètes,
L'homme, en siennes, devine
les oranges bleues
du menu du magasin de Mario.
Je suis, je suis ?
Jacqueline Morel
Le trèfle porte-t-il chance ?
Il prend sa pique acérée
Transperce mon cœur
Me laisse sur le carreau
Voyante a eu tort
( HOG )
Nicolas Graner
Mes jeux favoris :
poker, pyramide, bog,
couillon, quinze, whist.
( pangramme en haïku )
Quinine triste —
Belle de Cadix
Juan Martin Diaz
Scrute ton volet
Delà la paroi
L’exil le diffame
Fin d’épithalame
C’est de profundis
Orphée oit d’effroi
Qu’Eurydice hélas
Au Styx s'en allait
Fatum feu follet
Où bout amalgame
De soufre et de gaz
S’enclenche la vis
D’Érèbe au charroi
Vivace opéra
Et vierge ballet
Un cygne jadis
Secoué rétame
Horreur patatras
Point l’or de Midas
Touchant désarroi
Sans carte sésame
Ni rien qu’il fallait
Au jeu je perdis
Sans as roi ni dame
Ni valet ni dix
Règne neuf
( quinine selon Queneau + tornada,
5 strophes sur 5 vers pentasyllabes,
permutation gidouillesque de rimes :
- dix-as-valet-roi-dame
- dame-dix-roi-as-valet
- valet-dame-as-dix-roi
- roi-valet-dix-dame-as
- as-roi-dame-valet-dix )
Noël Bernard-Talipo
Art du jeu de carte.
Carré ! - Der raté.
Jarnac ruse et jarte.
Désastre arrêté.
Sécateur essarte,
Écrase as jeté.
Rudesse ? C'est tarte :
Écart décrété.
( sélénet en beau présent )
28 décembre – Journée du jeu de cartes et 29 décembre – Journée du dernier jour
Annie
Le jeu de cartes ? Sur le jeu de cartes je n'ai rien à dire.
Jeux de cartes, d'argent, paris
Roulette russe, et c'est fini.
La dernière heure ? Sur la dernière heure je n'ai rien à dire.
( cf. « L'herbe » de Queneau )
29 décembre – Journée de la dernière heure
Bernard Maréchal
C’est ma dernière heure,
La cloche a sonné.
La vingt-cinquième heure,
J’y suis abonné.
J’ai pris une cuite,
On va me juger.
Qu’y a-t-il ensuite ?
L’enfer horloger.
( sélénet )
et
Une dernière heure,
Avant de m'exécuter,
Monsieur le Bourreau.
C'est la dernière supplique,
Après, c'est la République.
( tanka )
Jacqueline Morel
Aiguilles vermeilles
Bientôt seront réunies
Sur le cadran arrondi
De l'horloge vieille
Regard sans sommeil...
Sous peu sonnera minuit
Et la fin de ses soucis
Un homme las veille
L'espoir n'est pas vain
Il croit en des jours meilleurs
Sûr, tout ira bien
Vite, être à demain
Que sonne la dernière heure
De ce jour chagrin
( sonnaïku - rimes vocaliques/consonantiques - Utilisation du mot-clé )
Alain Zalmanski
L’abominable râle,
cette respiration
semblable à une bulle
qui crève en surface
derniers souffles des corps,
Qui s'obstinent à vivre
Mais l’âme n’étant plus
( hexasyllabes blancs d’après R. ROLLAND, Jean-Christophe, Le matin, I, p. 127. )
et
Mon premier est une cité céleste
Mon second n’est pas leste
Mon troisième est presque este
Mon tout risque d’être funeste
( charade )
Alexandre Carret
Sans vie, ainsi elle est allée
Sans dromadaire, ni erreur :
« Sandro, ma dernière heure
S’en vient. Ciel étalé. »
( controlorimes )
Nicolas Graner
Gagner au finish
Vaincre d'extrême justesse
Coiffer au poteau
Rien ne sert de bien partir
Tout se joue à l'arrivée
( tanka en télostiche - reçu à 23h20, dans la « dernière heure de la journée » )
Noël Bernard-Talipo
De quel rang n'ont prise rancœurs ?
D'heureux cœurs.
Par quel don remercient lieurs ?
Par leurs chœurs.
En quel rêve dort l'égreneur ?
L'hiver meurt.
Le champ s'est ourlé de douceur.
D'or scintille, mûr, blé charnel.
Faucheurs lents dansent, regard sans fiel.
D'heureux chœurs, chant. Gelure meurt.
( ovillejo en primitive itérée de « Dernière Heure » )
30 décembre – Journée de la liberté (Église de Scientologie)
Bernard Maréchal
Liberté, Église :
Contradiction dans les termes.
Et scientologie ?
Liberté, scientologie ?
La liberté au logis !
(tanka sur mots-clefs)
Alexandre Carret
Éluard inscrit
Sur son cahier, le récit
Du tag de Stéphane.
Mitterrandien, sur un mur,
Bern écrit : « j'élis Tonton ! »
(Le dernier vers est une contrepèterie de « Liberté, j'écris ton nom ! »)
Jacqueline Morel
Repliant ses ailes
Il s'enferme librement
Si aveuglément
À genou face au gourou
Choisit l'endoctrinement
Noël Bernard-Talipo
secte des insectes
s'égosillent les idoles
des nèpes et lentes
ô céleste nitescence
innocente ontologie
( beau présent sur « Église de Scientologie » )
31 décembre – Réveillon du jour de l’an
Bernard Maréchal
Jeu du Jour de l’An :
Don Juan dénudera
Du lourd édredon
La doudoune de Lola…
La luronne l’a juré.
-----
Au jour du lardon,
Don Juan ne jeûnera,
Luron au donjon.
L’édredon annulera
L’odeur lourde de la lune.
(tanka et beau présent x 2)
Jacqueline Morel
Suis roi qui fait choix
Pour nouveau jour ai beau souhait :
Vous veux tous heureux !
( voyous liés )
Nicolas Graner
Les premiers de l'an
sont toujours quarante-trois
et quarante-sept.
Dès demain ils seront deux,
trois et trois cent trente-sept.
(tanka sur la décomposition en facteurs premiers des nombres 2021 et 2022)
Annie
Je donne un ordre de litanie
je donne un ardent élan au nu
je donne au rédimé les agneaux
je donne un radis délice au nez
je donne au radin le seul panais
je donne au roi de trèfle le nard
je donne aujourd'hui ce long rayon
***
(primitives en échelon sur J O U R D E L A N)
Alexandre Carret
Tu veilleras ce soir,
Guettant l’année nouvelle
qui naît à la nuit noire
Dans le ventre du ciel.
Si elle s’atermoie,
Retardant son envol,
Ripaille comme un roi,
Saute, embrasse, rigole !
( poème en rimes fautives )
Noël Bernard-Talipo
- Et... toquer à Dieu, l'haï nu ?
- On a trac ! On loupe ? Crade.
- Éden prête, évacué. - Oh là !
- Île d' honneur, riant jeu,
Le flot idéal où renoue
Muse en flirt trop dual.
Là mue Dieu : on ne tolère
Art, à pleur tu, d'angelot.
Soir de faune l'adducte.
( nonine littérale bouturée à partir de « tour de l'an »
On prend les 9 lettres toutes différentes
t o u r d e l a n
On fait la permutation de Queneau:
n t a o l u e r d
d n r t e a u o l
l d o n u r a t e
e l t d a o r n u
u e n l r t o d a
a u d e o n t l r
r a l u t d n e o
o r e a n l d u t
Une lettre est intercalée dans chaque interstice )
Au pavillon dansent fous, hein ?
Armenonville ouit cieux :
Arme non vile ou, ici, œufs,
Hop, avion dans ce foin.
Une exégèse :
Près d'un asile où chaque aliéné peut valser,
Un chasseur bombardier -non pas un piètre flingue-
S'écrase dans le chaume : ô tonnerre insensé !
Poules ont vite élu refuge en sa carlingue.
Sur la liste Oulipo, Gilles Esposito-Farèse a proposé de composer des controlorimes, contrerimes à la manière de Paul-Jean Toulet : « quatrain croisant octosyllabes et hexasyllabes 8/6/8/6 mais à rimes embrassées AbbA. La différence est que ces rimes doivent reproduire l’ensemble des vers, de la première à la dernière syllabe, en se servant de diérèses & synérèses (ou d’E caducs élidés ou non, si l’on est encore plus moderne) ». J’ai tenté de partir de l’alexandrin célèbre de Max Jacob « On fait les foins au pavillon d’Armenonville » en le triturant jusqu’à obtenir des diérèses et synérèses placées aux bons endroits. Posté sur la liste Oulipo le 4 novembre 2021.
Vers sauvages.
Œuvre où grave rage.
O Sœur à verve ravageuse !
Au rivage s’agrège vase où ruse s’égare :
Ose voguer, rouge gourse, sur vague susurreuse où vue ouvre vers aurore.
Aga voue
Œuvre où grave rage
A ses rouages égorgeurs.
Réseau gore agresse gueuse, rosse, serre gorge.
Sous servage,
Œuvre où grave rage
Verse sève à grosses gorgées.
Sage orage,
Son lied noir de rage
Sauve rêve.
Ce poème accueilli par Hélène Verdier sur son beau site Simultanées dans le cadre de La Ronde de septembre 2016 dont le thème est « ouvrage(s) », est dédié à Aslı Erdoğan, femme de lettres emprisonnée dans les geôles turques. Ce texte suit la contrainte du beau présent selon laquelle il est écrit avec les seules lettres eu mot « ouvrages ». La forme utilisée est le bigollo : dans chaque strophe les vers ont pour longueur les nombres successifs de la suite de Fibonacci 3-5-8-13-21… et les strophes sont de longueur décroissante; par ailleurs les vers de longueur 5 sont identiques, formant une sorte de refrain. En hommage à la dédicataire, un double clinamen (dérogation aux contrainte) est ménagé dans l’avant dernier vers : il ne respecte pas la règle du refrain, et ses lettres sont en beau présent sur le nom « Aslı Erdoğan ».
L’héméroméride, projet d’un an, conçu par Bernard Maréchal, débute le 1er mai 2021. Il se base sur les journées mondiales, internationales ou locales dont on trouvera une liste en page annexe. Une activité journalière est proposée : l’écriture d’un micro poème sur le thème de la journée, au format haïku, additionné d’une contrainte à son propre choix. On trouvera ci-dessous les contributions du mois de novembre.
1er novembre – Journée mondiale des végétariens
Bernard Maréchal
Elle va dîner,
Se repaît de belles graines,
Ce n’est pas si cher…
Elle aime becter lait, kelp,
Et ce pain, elle le paie.
(tanka et homovocalisme EEAIE)
Elisabeth Maitre
Virer travers, gîte
vénérer raves et navets
et vivre vegan
Nicolas Graner
Ingère tes tiges,
tes raves, tes grains variés
et tes graisses vierges.
Agis sans tergiverser,
ta santé s'arrangera.
( beau présent )
Alexandre Carret
Le végétarien
S'en va butter ses poireaux
Droit dans ses bottes.
Il les finit au gros sel
Et s'en charge le fusil.
(fusil : estomac (en argot))
Jacqueline Morel
Au loin cloche tinte...
Rumine en verte pâture
Celle qui pressent
Sa fin à venir, sans doute,
En barquette premier choix
Annie
( petite morale élémentaire portative )
Pierre Lamy
Qui n’a rêvé de loups végétariens
servant de proies aux brebis carnivores ?
Les chaperons rouges ne craindraient rien
en apportant à l’aïeule omnivore
un hamburger à l’aigle et au saurien.
Iceux nourris aux produits de la flore.
Jacqueline Jacquadit
Ne végète à rien
Un radis plutôt que rien ?
Ne végéta rien
Noël Bernard-Talipo
De ce monde vais-je,
Ignorant de son état,
Ne regarder rien ?
S'il ne reste rien
De vivant, que vois-je ? où vais-je ?
Quel est mon état ?
Les secrets d'État
Me laissent ne savoir rien.
Demeuré-je ? ou vais-je ?
( haïkus en terine sur « vég'-état-rien » )
2 novembre – Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité
Bernard Maréchal
Notre médecine
Parle dignité,
Mais la mort lancine,
C’est malignité.
Une main se lève
Pour bien discourir.
Est-ce ainsi qu’on crève ?
J’aime mieux mourir.
(sélénet)
Alexandre Carret
Il est mort comme un con en enflammant ses pets.
Un prêtre prononça une oraison à Digne :
« Sa flamme s'est éteinte ! Il est parti en paix ! ».
Personne ne craqua. Nous sommes restés dignes.
Jacqueline Morel
Droit et libre au bord
De l'abrupt rocher
Mourir et voler
Dans le vent léger
La tête étoilée
Dignité suprême
( acrostiche de mots )
Nicolas Graner
Journée mondiale pour le droit de mordre dans la dictature,
de morfler dans la dictée,
de se morfondre dans la didactique,
de se mortifier dans la diététique,
de moucharder dans la diffamation,
de se moucher dans la différence,
de se mouiller dans la difficulté,
de se mouler dans la difformité,
de mouliner dans la digestion,
de mourir dans la dignité,
de moutonner dans la digression,
de se mouvoir dans la digue,
de mugir dans la diligence,
de se multiplier dans la dilution,
de se murer dans la dimension,
de mûrir dans la dinde,
de murmurer dans la dînette,
de se muscler dans la dinguerie.
( variante de la méthode Caradec )
Annie
Peut-être aura-t-il le droit
de mourir à l'hôpital
l'homme de la rue
qui vit dans la dignité
sans toit, sans abri.
( tanka inversé incluant les mots clefs )
Noël Bernard-Talipo
Prêtre et penseur plus que moi vont droit ?
J'ai le droit.
Pour quoi tout le jour faut-il courir ?
Pour mourir.
De quoi veut le puissant m'amputer ?
Dignité.
Usé, meurtri, corps déchiqueté
Au monde ai donné plus que son dû
En échange me contente du
Droit de mourir dans la dignité
( ovillejo 9/3 : vers de 9 et 3 syllabes )
3 novembre – Journée mondiale de la gentillesse
Bernard Maréchal
Une fois par an ?
On serait gentil un jour,
Et méchant toujours ?
***
Journée de la gentillesse ?
Zazie lui dirait : « Mes fesses ! »
(tanka sur mot-clef)
Alexandre Carret
Le gentil instille,
tisse les liens essentiels
et intelligents.
(Beau présent)
Elisabeth Maitre
Les génies éteints
les élites enlisées
geignent, négligés
( beau présent )
Le monde est malade
Du manque de gentillesse
Pourtant quel plaisir
Et quel bien-être procure
Cette précieuse vertu !
Annie
Bêtises. Bref !
Ceci : fervent
désir d'être
étincelles
frémissement
gémir même
hennir, excès.
Je trime : ce
k, peine de
l'écrit, lettre
méprisée
négligée.
Pénitence ?
q vêt l'ivresse
résidence
servile de
tes misères.
Verdict des verts
Wessis et Grecs :
x est irréel
z derrière, enfin zébré
( suite vocalique EIEE ; alphabet -sans voyelles- en acrostiche )
Noël Bernard-Talipo
Là, tel ruse mal ailée,
ça n'emporte,
du tir,
gentillesse, têtes, sel, lit.
Négritude, trop menacée,
lia l'âme
sur l'étal.
( palindrome )
4 novembre – Journée du bon sens
Bernard Maréchal
Le faux bon sens commun ? J'y danse au giratoire !
Mon slow devient bizarre et plus kinesthésique.
(pangramme)
Annie
C'est une évidence
pas besoin de réfléchir
vois " bon sens né snob. "
( avec palindrome )
Jacqueline Morel
Bon sang de Bon Dieu !
« Mais c'est bien sûr ! » Dit Bourrel
Question de bon sens...
Alexandre Carret
Critique de toute œuvre, avec un goût très sûr,
Il s’abstenait pourtant pour la littérature.
---
devient 👇
---
Ultra, le bon sens ne snobe l’art lu.
(palindrome)
(il n'y a donc pas de bon sens pour lire cette phrase)
et
Au ministère, on réfléchit
A l’accroissant prix du pétrole
Subventions ou chèque énergie ?
Chacun s’agite et l’un s’affole :
Bon sang, ce bon sens
sent bon l’essence sans bons.
Cent bonbons s’encensent !
( allitération )
Elisabeth Maitre
Prendre du bon temps
et la vie du bon côté
faire les bons choix
en suivant sa bonne étoile
un peu de bon sens, bon sang!
Jacqueline Jacquadit
Le bon sens se baigne
Toujours dans le même fleuve
Du contre et du pour.
Nicolas Graner
Sens strict, rétrograde, pratique,
Sens des réalités, unique,
Sens commun, giratoire,
Sens de l’orientation, biblique,
Sens du ridicule, horlogique,
Sens large, obligatoire,
Sens dessus dessous, du comique,
Sens moral, trigonométrique,
Sens propre, de l’histoire,
Comment savoir quel est le bon ?
Noël Bernard-Talipo
Dans le scrub, mec solo
en vélo, loin du hub,
pense au club alcoolo
où, mollo, passait dub.
Pas de van, pas de bus.
S'est tiré, poing serré.
Trip vegan. Mort en sus.
( mi-sonnet : strophes de 4 et 3 (moitié exacte d'un sonnet) ; si on coupe aux hémistiches on obtient un sonnet, au schéma de rimes modifié pour suivre l'ordre des lettres de « bon sens » qui apparaissent aux places finales des rimes consonantiques/vocaliques )
5 novembre – Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis
Bernard Maréchal
Quelques vieux imploraient Fuji sur leur biwa,
Car le grand raz, plus loin, noyait Fukushima.
(pangramme justifié de 75 lettres)
Nicolas Graner
Terrifiante vague
Sinistre rouleau
Une triste blague
Noyant tout sous l'eau
Assaillant de plage
Mur de mer dressé
Il laisse un rivage
Salement blessé
( sélénet acrostiche )
Elisabeth Maitre
Tu sues, Mamie. Zut,
ta manie! Tu sus manier,
tu m'a mis k.o.
( prosonomasie )
et
Gigantesque vague
qui frappe et anéantit
tout sur son passage
Annie
Les tsunamis ? Sur les tsunamis je n'ai rien à dire.
Rime riche avec umami
deux poireaux, un vieux coq bouillis.
Le cock-a-leekie ? Sur le cock-a-leekie je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Alexandre Carret
7EβJT71TSUNAMI
Cette bête agité s’est teintée. Est-ce UN AMI ?
7EβJT71TSUNAMI
Cette bette a gîté. C’est un TSUNAMI.
( homographie )
Jacqueline Morel
Mes yeux douloureux
Sur le corps sans vie, si frêle
Se posent, s'embuent
Séisme gronde en mon être
Vague hurlante obscurcit tout
Noël Bernard-Talipo
Tu m'as su t'aimant.
Tu mis satin m'attisant,
Tu saisis ma main.
Sans un « Si » tu m'as mis nu.
Instant uni... Nuit... Matin.
( beau présent )
6 novembre – Journée mondiale sans papier
Bernard Maréchal
Arbres morts Papier blanc
Plume
Encre noire Lettre morte
Fume
Je t’écris
Du bout des doigts
Sur ta peau
Avec mon sang
Papier perdu Forêt vendue
Signe
(Petite Morale élémentaire portative)
Nicolas Graner
Bloquons tous son flot !
Nos stocks, foutus sous l'humus,
Font un bloc touffu.
( lipogramme en PAPIER pour en réduire la consommation )
Annie
pépins à ras
pain pressa
sans papier
ne prisa pas
saper sapin.
( anagrammes )
Jacqueline Jacquadit
Comment s'essuyer ?
La main sans prise bredouille
Surprise elle fouille
Jacqueline Morel
L'oiseau de sa plume
Écrit sur le bleu du ciel
Le nuage efface
Éphémère poésie
Lève ton regard et lis
Alexandre Carret
- Santa, t’y es ?
Samba, billets,
Sang, papille et
sans babiller,
s’en tâtiller
cent papiers.
( holorimes )
Noël Bernard-Talipo
Sous un commun joug
Doms, Modocs, Utus, Dogons
Ont connu knout, vol.
Du sol foutus, clodos fous
Vont sous un cosmos obtus.
( lipogramme en PAPIER, contrainte choisie sans concertation avec Nicolas Graner ! )
7 novembre – Journée internationale de l’écrivain africain
Bernard Maréchal
Le ressac tardif
Viendra, criant sa fureur :
Voici l’africain.
(primitive)
Elisabeth Maitre
Freiner ce fieffé
financier fier affairé
vie rivée à fric
( beau présent )
Alexandre Carret
Vouas-tu ta fée des poêtes ?
L’écrivain africain
L’écœure. Yvain, affreux ricain,
Vois-tu ? T’as fait des pouëts.
---
( controlorimes : en mangeant les mots du vers 1, on obtient le 4 ;
idem pour les 2 & 3 )
Jacqueline Morel
À l'ombre de l'arbre
Tous écoutent bouche bée
L'habile conteur
Langue rythmée, musicale
Ancestrale tradition
Annie
( petite morale élémentaire portative )
et
le cri vain nia CIRFA
( anagramme mixant homographie et palindrome. CIRFA: centre recrutement des armées )
Jacqueline Jacquadit
L'écrivain africain
Ici le nirvana à fric
( anagramme )
Noël Bernard-Talipo
entends-tu de l'homme qui tombacomme un chant noir et plaintifrevenir sous l'arbre nourricieril t'enchante et pénètre en toivibrant comme la corde de l'arcalors danse dans le vent qui vaivre sans savoir quel est l'aminouveau dont tu as pris la main
( double acrostiche isocèle )
8 novembre – Journée internationale de la radiologie
Bernard Maréchal
Carotte au jardin
Navet à la cave
Chou-rave au grenier
Raifort au cellier
***
Radis au logis
(chicago)
Elisabeth Maitre
La flèche invisible
indolore me traverse
et me fait squelette
Annie
Quel média passe par l'audio ?
La radio.
Quelle fée nettoie par magie ?
Du logis.
Pour quoi tabac vaut-il démon ?
Les poumons.
Fée du logis pousse un ramon
au sana Montagne magique
soigneuse hygiène domestique
et radiologie des poumons.
( ovillejo - ramon : en patois du Nord le dit-on encore ? )
Gérard Le Goff
Ma Chloé j'ai vu
D'après ta radiologie
Ce qui te dévore
Ce nénuphar qui t'effare
Le tuerai à coups de fleurs
( cf )
Jacqueline Morel
Son regard acier...
Effroyables rayons x
Dévoilent mon âme
Nicolas Graner
Pour faire un bon selfie radiographique, j'aime le tube à rayons X à vide segmenté.
C'est vite assez cher : un million du kilowatt.
( panscrabblogramme ; prix indicatif non contractuel )
Alesandre Carret
Ô aigle roidi, Dago, le roi rigolo, aide l'oie d'Igor à iodler.
O Gaïa, oeil d'or, giga idole.
O Rio, gloire à Didier, à igloo.
( Ulcérations :
suite d'anagrammes de RADIOLOGIE
OAIGLEROID
IDAGOLEROI
(...)
DIERAIGLOO )
Noël Bernard-Talipo
Ridé ? L'âge rue.
Deuil a guéri. Dieu l'égare.
Delà gué, raid long.
( consonnes RDLG du mot-clef dans l'ordre )
9 novembre – Journée internationale des stagiaires
Bernard Maréchal
Arrivant titré,
Stagiaire vaillant, fiché
Radicalisé,
Fait craindre la zizanie,
Mais bâille, sans vitamine.
(tanka et séquence vocalique A I A I E)
Elisabeth Maitre
Son stagiaire singe
scrupuleusement, sérieux
ses six salariés
( tautogramme )
Jacqueline Morel
Ils sont sous-payés
Le plus souvent pas du tout
Et si peu formés
Des stagiaires avilis
Des salariés supprimés
Annie
Les stagiaires ? Sur les stagiaires je n'ai rien à dire.
Les collégiens font bien du bruit
Se tairont-ils pendant la nuit ?
Les plagiaires ? Sur les plagiaires je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Nicolas Graner
Sans travail. Alors,
grimaçant, il accepte : il
restera en stage.
( acrostiche de lettres par mots )
Jacqueline Jacquadit
Stage dur apparu ? Dégâts !
Stage de nue jeune ? Dégâts !
Stage dogue : Feu ! Go ! Dégâts !
( trois palindromes )
Alexandre Carret
Là, si Anne osait dire l’eau :
Elle atteignait cet âge, hier.
La cyanose est dirlo
et la teigne est stagiaire.
( controlorimes )
et
Sage Terry jeta ses riz
A terre gît ce sagittaire
J’y serre ta stagiaire !
Et ce rite agite ses rages.
( homophones d'anagrammes
SAGETAIRI GETASAIRI
ATAIREGIS ESAGITAIR
GISAIRETA STAGIAIRE
AISERITAG-ITESAIRAG )
Noël Bernard-Talipo
Il ne sait le jour.
Il récite, espère et creuse
La mousse et la croûte.
Il reçoit le pain levé,
Dévore, et voit le soleil.
( accumulation agréable )
10 novembre – Journée mondiale du kératocône
Bernard Maréchal
Le kératocône
Des jeunes ou vieux
Déforme la zone
Qui couvre les yeux.
Cette maladie
Vient rapidement.
On y remédie
Difficilement.
(sélénet)
Annie
raconte ton trek
cratère en coton natté
entre crack et coke
torrent écarté
entre trace atroce
coron raté, carte en toc
a-t-on tant erré à tort ?
( beau présent en HOG )
Alexandre Carret
Ken, aux carottes !
Et Cath ? aux crosnes !
Caro, t’es conne !
Cœur, connais-toi !
( homophonie sur anagrammes
KÉNOCAROTE
ÉKATOCRONE
KAROTÉCONE
KERCONÉTOA )
Jacqueline Morel
Tâtonne l'asphalte
Du bout de sa canne blanche
Trouble incertitude
Noël Bernard-Talipo
Tonnant « Trône à terre ! »
Rock écorne art et cartonne,
Recrée Érato.
( beau présent )
11 novembre – Journée internationale des célibataires
Bernard Maréchal
Habitants du ciel,
Voilà l’étymologie
Des célibataires !
(haïku justifié sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Un célibataire
au cœur généreux
D'une solitaire
tomba amoureux
Elle était mégère
et leur vie à deux
fut une galère
pour ce malheureux
( sélénet )
Annie
Okapi du célibat
Arabe, Hopi, Lapon... Adam a dit : "Eve, non, inutile". No lady, no baby.
Déçu par une dame sévère – Kamala de luxe – ce libéral a juré de se tenir à l'aride célibat. Âme badine butine : mixité, parité, volatilité. Ni gage, ni licol. Ici, repas à la cafèt avec une copine, le pote de la copine. Là, cinéma, cabaret avec un ami, la nana de l'ami, la copine de la nana. Récapitulé, le bénéfice du binôme code zéro.
Hiver, été, cabotinage : parité, mixité, volatilité. L'épine virile, la vanité solide. Ça dure, ça dure.
L'âge venu la solitude le menace : lésé, démuni de câlin, état acide.
La solitude pèsera, la solitude ne pèsera pas... Imaginez.
Nicolas Graner
Fichtre, monstre goinfre !
Quatorze huîtres belges pourpres ?
Pauvre peuple stagne...
( tous les mots sont célibataires : sans mots pour rimer avec eux dans le
lexique courant )
Jacqueline Jacquadit
Égal ? Ô verbe, le célibataire pâle, tel a péri à ta bile, célèbre volage !
( palindrome, sur un mode déclamatoire ! )
Alexandre Carret
Célibataire :
Sa liberté
et
La disparition
de ces deux célibataires
inquiète la foule.
- Mais où sont-ils donc passés ?
- A-t-on recompté les couples ?
Jacqueline Morel
Jamais elle ne boira
à la coupe de l'union
ni un fiancé choisira,
Caelibatus,
sa vie aux dieux consacrera
telle une épouse céleste.
( petite boîte ; dans la boîte : un prénom )
Noël Bernard-Talipo
Comme le daim boit à ton eau claire versée
Coupe emplirai, bravant tes gardiens serpentins.
Car j'élis, libre enfant, ta bannière dressée.
Chaud m'est le vin bleu dans tes chavirants festins.
( quatre primitives du mot-clef )
12 novembre – Journée de la pneumonie
Bernard Maréchal
Ne plus dominer
Pneumonie et utopie
N’est plus prohibé.
(séquence vocalique E U O I E)
Jacqueline Jacquadit
Ô la pneumonie
A nié le poumon !
( anagrammes )
Elisabeth Maitre
Vous souffrez, Emma
d' un mal renommé
un vrai tsunami
destructeur pneumo
J'en suis tout ému
( babebine )
Alexandre Carret
Course, abdos, radis,
Je crois que ce pneu m’honnit
Crèvera bien qui ...
Jacqueline Morel
Toux
Frissons
Pneumonie ?
Essoufflement
Douleurs thoraciques
Infection pulmonaire ?
(Boule de neige syllabique et collier)
Noël Bernard-Talipo
L'ouïr, la sirène ?
Arrêt coûte et, cœur serrant,
mort me frôle, rose.
Louis, la sienne, a écouté :
Que céans môme folle ose.
( anaérobie, la deuxième strophe s'obtient en privant la première de tout ce qu'elle contient d'R )
13 novembre – Journée mondiale de la vasectomie
Bernard Maréchal
La vasectomie,
Pour un chaud lapin,
C’est l’autonomie.
Ça vous la coupe, hein ?
Peu de différence,
Stérile ou fécond.
Si c’est sans souffrance.
Est-ce un piège à cons ?
(sélénet)
Elisabeth Maitre
Avoir l'assurance
de n'plus procréer
oui car les naissances
je veux limiter
Que l'on me sectionne
ce canal presto
et qu'on emprisonne
mes p'tits spermatos
( sélénet )
Jacqueline Morel
( HOG)
Alexandre Carret
La vasectomie.
Coït. Sève à mal.
( anagramme )
et
La vasectomie.
Ose ça, vit mâle !
( anagramme )
et
la vasectomie
Calmos et à vie
( anagramme )
Noël Bernard-Talipo
vlan
j'ai
scellé
ce tiroir
empli de vos chants
vous mes spectres dormant si bien
( Fib et primitive du mot-clef )
12, 13 et 14 novembre – Journées mondiales de la pneumonie, de la vasectomie et du diabète
Annie
à l'infirmerie
on soigne le mal de tête
pas la pneumonie,
le diabète, on s'abstient
d'offrir la vasectomie
14 novembre – Journée mondiale du diabète
Bernard Maréchal
L’oulipote est un acrobate,
Mais quand il soufre du diabète
On doit le mettre sur orbite,
Lui interdire la ribote.
Dès que la maladie débute,
On le vaccine à l’hyperbate.
Redevenant analphabète,
Il risquerait la mort subite.
On l’interrompt quand il jabote
Ou quand sa prose nous rebute.
Qu’il soit Lillois ou Atrébate,
Ce familier du pense-bête
A toujours l’œil qui s’exorbite
Quand il sent qu’un goujat sabote
Son poème : il fait la culbute.
(triple babebine sur mot-clef)
Elisabeth Maitre
Ted, béat, aida
Dédé et a débâté
dada et bidet
( beau présent )
Jacqueline Morel
Je passe aux sucrettes...
Fini bonbons et sucettes
Rage, désespoir !
Adieu apéros, coca
Kouign amann et chocolat
Alexandre Carret
D iable été
I dée balte
A ile de bèt
B ide étalé
E lie débat
T ablée, ide
E t la bidée.
(anagrammes - acrostiche)
Nicolas Graner
Que de peurs elle a,
tout comme je les ai !
On l'entend crier aïe !
Dépourvue de tout étai,
sa glycémie s'est bâtie
et la laisse tout abêtie,
démunie devant le diabète.
( échelle ; isocélisme )
Noël Bernard-Talipo
À fond mit l'info :
La manif allait plan-plan.
Big binz à Nation.
Gaz ! LBD ! tank ! avion !
Ah, gain à la paix !
( lipogramme en SUCRE )
15 novembre – Journée mondiale des écrivains en prison
Bernard Maréchal
Dans ma prison noire
Souvent je voudrais
Un peu d’encre boire :
Libre je serais.
La porte se ferme ?
Nul espoir n’est mort.
Vous semez son germe
En criant mon sort.
(morsélénet sur « Incarcéré »)
Elisabeth Maitre
Leur libre écriture
haïe par les dictatures
prison et torture
Annie
Est-Ce Raisonnable ?
Il Vocalise, Activiste
Insolent, Navré
Et Ne Peut Réaliser
Ici Son Oeuvre Nouvelle
( acrostiche de lettres par mots )
Jacqueline Morel
Entre les murs gris
De la page griffonnée
Au cœur de la nuit
S'envolent les lettres oiseaux
Encrées de larme et d'espoir
Nicolas Graner
L'écrivain est au trou, jamais n'en sortira.
De son corps, l'asticot bientôt se nourrira.
Mais son œuvre est dehors, et tant qu'on la lira
À travers ses quatrains son esprit agira.
Moralité :
Allez les vers !
( fable express )
(au jour de l'enterrement de l'écrivain Cyrille Cahen, auteur et amateur de fables express)
Alexandre Carret
Prisonnier des mots,
des structures, des grammaires,
Cherche un nouveau signe.
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┷⤫̾⠜͈͈⠁⬣͚͚͚͚͚͚͚͚͚͚͜⧹⬣͚͚͚͚͚͚͚͚͚͚͜⧹┷⤫̾⠜͈͈⠁⬣͚͚͚͚͚͚͚͚͚͚͜⧹⌓͇͇͇⤫̸̽̽̿⌓͇͇͇͇⤫̸̽̽̿
( graphisme de Bituur esztreym aka E-M Gabalda )
et
Poète engeôlé,
Gratte au mur le temps perdu !
- Monogramme en I -
et
L’écrivain, en prison, à la bande :
« Prisons l’écrit en ballade !».
Un vent.
Les cris vains en prise à l’abandon.
(anagrammes phonétiques)
Noël Bernard-Talipo
D'encre un jour privé,
Ami qu'on serre et qu'on ploie,
Parle. Ils seront nus.
( primitive de « Écrivains En Prison » )
16 novembre – Journée internationale de la tolérance
Bernard Maréchal
L’île est répugnante
Le sable est pourri
La côte est puante
Le lagon est laid
***
L’atoll est rance
(chicago)
Elisabeth Maitre
Lorsque la croyance
défie la raison
et l'intolérance
répand son poison
Si la polémique
casse le débat
le buzz médiatique
signe son trépas
( sélénet )
Annie
Tolérance zéro
Ordre du chef!
Le slogan jeté
Électrise sans
Retard des gus
Armés et fiers
Nous fuyons le
Clash rêvant à
Être ensemble.
( acrostiche isocèle )
Nicolas Graner
La campagne, le roi, les fous, l'habitation,
La passe, le Seigneur, le thé, la correction,
Le maître, le repos, la culture, le jeu,
La retraite, l'arrêt, la presse, le bon Dieu,
Le peuple, la santé, les jeunes, l'édition,
Comme la tolérance, ont chacun leur maison.
( variante du filigrane )
Jacqueline Jacquadit
Le roi tolérant
Ne mit point à mort les pauvres
Restés dans les rangs.
Jacqueline Morel
Si douce et soyeuse
La fleur de la tolérance
Offre ses bienfaits
Alexandre Carret
le cran oté, le con rate la corne et le crâne.
Toto relance le cornet à électron à l'écran
et Océane trolle encor ta leçon ratée contre la colère tant clonée.
Raconter à l'école, en traçant l'orée, la contrée centrale.
Oracle, ton éclat en or écarte Noël.
Léon trace l'art.
En éco, on relate ce conte larréen :
la côte contre la récolte
(analecte ; ronce ; trône ; Lacan , lérot et olécrâne)
( suite d'anagrammes de TOLERANCE à la manière des ulcérations
LECRANOTE
LECONRATE
(...)
CANLEROTE
TOLECRANE )
Noël Bernard-Talipo
Au matin trait la vache en son cruchon de tôle
Charge au soir son bérot du blé battu à l'aire
Radieux en sa fatigue enfin son Dieu prie Hans
Un jour qu'arriva-t-il on n'a plus trouvé Hans
Les champs sont devenus durs et nus comme tôle
La ronce et l'ortie ont recouvert toute l'aire
Au camp de correction rassemblement sur l'aire
Tremblante ombre édentée avec cent autres Hans
À son tour tend vers la louche son bol en tôle
( terine isocèle )
17 novembre – Journée Mondiale de la prématurité
Bernard Maréchal
Prématurité,
Peau fripée au fil de l’eau,
Il est beau, l’hiver.
(séquence vocalique E A U I E)
Elisabeth Maitre
L'heure de ma naissance
a sonné trop tôt
je suis sans défense
pauvre vermisseau
Dans une couveuse
comme in utero
moi qui suis frileuse
on m'a mise au chaud
( sélénet )
Annie
Soient les pommes vertes
d'un camion frigo
les portes ouvertes
c'est le fiasco
la poule couveuse
du prématuré
au Koweït curieuse-
-ment semble hésiter
( sélénet )
Jacqueline Jacquadit
Actu : éventré, ver prématuré de rut amer ? Prévert ne veut ça !
( palindrome )
Nicolas Graner
À deux pas du port
La messe est finie
Près mâture, ite !
( fable express isocèle )
Jacqueline Morel
Grand prématuré
L'être humain néoténique
Aime à guerroyer
Sa survie dépend d'autrui
Pourtant toujours il détruit
Alexandre Carret
J’ai croisé cet aprèm,
Un ancien grand préma.
Ce vieil Harry têtu
vit à saturité.
( rimes renversées, à la manière des médailles )
et
Cet homme pressé
Fuit le monde à chaque instant.
Rien n'est assez vite.
Il veut un fils en sept mois
Et se demande « à quoi bon ? ».
(Résumé tankapproximatif de L'homme pressé de Paul Morand.)
Noël Bernard-Talipo
Sortir du pétrole ?
Ami tu n'y songes pas.
C'est prématuré.
Moi je pose un acte fort :
Taxe sur la lampe à huile.
18 novembre – Journée européenne d’information sur les antibiotiques
Bernard Maréchal
Les antibiotiques,
Selon mon docteur,
Sont automatiques.
C’est un amateur !
Quand j’ai une angine,
Mon remède est vieux :
Je prends ma bibine,
Ma gorge va mieux.
(sélénet)
Elisabeth Maitre
Un staphylocoque
robuste et fécond
mit sa femme en cloque
eut des rejetons
Un destin tragique
les frappa bientôt
des antibiotiques
les mirent k.o.
( sélénet )
Alexandre Carret
Vois cet ANTI-vaxx
Dans son caisson EN TItane
sous ANTIbiotiques
Nicolas Graner
Pipéracilline,
Acide clavulanique,
Métronidazole,
Furanes, spiramycine,
Latamoxef, sulfamides,
Pristinamycine,
Acide nalidixique,
Téicoplanine...
Pourtant, les antibiotiques
ce n'est pas onomastique.
Jacqueline Morel
Dans un grand chaudron
Je prépare une potion
Car ces derniers temps
Un mal décime les gens
De l'ail, de l'oignon
Du gingembre, du piment...
Il faudra surtout en plus
Quelques autres ingrédients
Aux très précieuses vertus
Ce savant dosage
Vient du fond des âges
( HOG )
Annie
Les antibiotiques ?
Balaie la boutique
Quoique sans tintouin
Bêlent les babouins
Titubant taquin
Questionne un bouquin
Tant qu'en botanique
Tisane tonique
( beau présent ; cf. « Frédéric », auteur anonyme)
Noël Bernard-Talipo
( rondel isocèle avec acrostiche diagonal )
19 novembre – Journée mondiale des toilettes
Bernard Maréchal
Il ne faut pas que tu te flattes
D’avoir un chiotte ou des toilettes.
Tu appartiens à ces élites
Qui doivent cesser les parlottes.
La propreté provient des luttes.
(babebine sur le mot-clef)
et
Aller aux toilettes,
Accroupi dans l’herbe fraîche,
À la belle étoile.
(médaille sur le mot-clef)
Elisabeth Maitre
Je vois à travers les lattes
du mur pourri des toilettes
le portail qui se délite
sous les assauts de la flotte
pourtant il résiste et lutte
( babebine )
Alexandre Carret
Tu Oublies Ici
Les Emmerdements Terrestres.
Tout Est Soulagé.
(acrostiche de lettres par mot)
Rémi Schulz
One evening T.S. Eliot
Wrote something that was quite hot.
Your perverse verse,
You should reverse,
And write it in the toilets.
( limerick ; reversed rhyme )
Jacqueline Morel
L'étoile est éteinte
La toile étouffe le monde
Toi, l'es tu en vie ?
( homophonie )
Jacqueline Jacquadit
Toi l'être asservi
Orgie de prurits
Ici poursuivi
L'envie te flétrit
Écure tes flancs
Tague cette amphore
Tamise ses blancs
Exit météore
Si pneumatophore !
( acrostiche )
Noël Bernard-Talipo
au bal m'éblouit
l'éclat de votre toilette
et je rêvai fou
tenant en ma main royale
votre escarpin de cristal
et
toilette dévoile ta peau veloutée
oliette épand un enivrant parfum
étiolé du dieu le cœur rajeunis
lotie abondamment rêves remuée
îlot au matin se pare de nuée
toi pureté soufre divin unis
io ravives rire déjà défunt
ô délice dual âme rachetée
( échelle descendante et isocélisme )
19 et 20 novembre – Journée mondiale des toilettesetJournée nationale contre l’herpès
Annie
Les toilettes ? Sur les toilettes je n'ai rien à dire.
Je ne pense jamais assis
- ou à l'herpès, voilà c'est dit.
L'herpès ? Sur l'herpès je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
20 novembre – Journée nationale contre l’herpès
Bernard Maréchal
Tes lèvres en feu
Transmettront l’inflammation
À tous tes amants.
Ta vengeance est en boutons :
C’est l’herpès des fleurs du mal.
(tanka sur le mot-clef)
Jacqueline Morel
Herpès rampe, rampe
Gratouille, s'étend partout
Ulcère et rend fou
Alexandre Carret
Arabesquons
ta lèvre épaisse
digne d’Eros
et cet air con
qu’offre en l’espèce
cette réhausse
Toi, le précon,
qu’un sale herpès
met dans les sauces.
(terine - permutation des sons qui précédent la rime "ES" - "RÉ" - "ER")
Entêté, j'espère
En ces lèvres vénérées,
Léger, me mêler.
Elle rejette mes rêves :
Eh, c'est l'herpès prétend-elle.
( lipogramme )
21 novembre – Journée mondiale de la télévision
Bernard Maréchal
Elle est le venin
Si elle éteint tes envies :
Lève-toi, éteins !
Elle enlève tes visions
Si elle t’ensevelit.
(beau présent)
Elisabeth Maitre
Visitons le site
On voit sitelles en vol
lions soles visons
( beau présent )
Alexandre Carret
télévision
si violente
Ino lit Sève :
“Love in site”
Livonie est
violiste en
OVNI et Lise
visite Noël
(envoi liste)
étoiles, vin,
île et vison.
Lison évite
l'été vinois
et le voisin
vient isolé,
vise l'ointe,
sein violet,
voit : le sien
est violine.
Nivôse élit
soit l'Envie
soit Nivelé.
( anagrammes du mot-clé )
Annie
télévision
soit lien
insolite
et loin
en toi
on te
note
ton
nô
ô
(effacement progressif de lettres ou de blancs)
Jacqueline Morel
Somnole un vieil homme
Seul en son logis
En fauteuil informe
Est tout avachi
Sur l'écran s'agite
Dans le vieux séjour
Un monde insolite
Tout au long du jour
( sélénet )
le copain le coke
le canapé la télé
méga soir de foot
on lape du mojito
émotions moderato
( accumulation agréable isocèle )
22 novembre – Journée mondiale du jeu vidéo
Bernard Maréchal
Final Fantasy,
Tomb Raider et Dragon Quest,
Warcraft, Pokemon,
Zelda et Grand Theft Auto ?
Gloire des jeux vidéo.
(tanka et pangramme sur le mot-clef)
et
Sur un grand écran,
Sa console le console :
Il joue à FIFA.
Bien assis dans son fauteuil,
Il marque des buts déments…
Annie
jeux de mains jeux de vilains
jeux de mâles jeux de virales
jeux de morts jeux de vibords
jeux de miss jeux de vibrisses
jeux de mai jeux de virelais
jeux de moire jeux de victoire
jeux de mages jeux de vitrages
jeux de monte jeux de vicomte
jeux de mois jeux de villageois
jeux de maux jeux vidéo
Nicolas Graner
Jeu de la vie
Jeu de dé
Jeu d'eau
Tomber de haut
Toute envie
Vidée
Jouer à garder
En cadeau
La vie
( terine sur les syllabes du mot-clef )
Alexandre Carret
Jeu vidéo et débat :
Je vis des hauts et des bas !
( holorimes )
Elisabeth Maitre
Main sur la manette
du réel je déconnecte
l'addiction me guette
Il faut que je me soumette
jusqu'à en perdre la tête
Jacqueline Morel
Elle est malheureuse :
Rêv' d'un amour idyllique
Lui ne la voit pas
Préfère jeux vidéo
L'amour file entre leurs doigts
Noël Bernard-Talipo
jour et nuit
vos cris dans le noir
je les trouve vides d'émoi
jeu mesquin
vains airs de héros
jeunes vieux
( bigollo en primitive des mots-clefs )
23 novembre – Journée mondiale contre l’impunité pour les crimes contre les journalistes
Bernard Maréchal
« Tous contre l’impunité,
Osons la moralité ! »,
As-tu édité,
« Liberté ! »
On t’enferme à la Santé,
Journaliste dépité,
Sans immunité…
Invité,
Le chef d’État excité
A dit « Quelle indignité ! »
Puis a cogité,
Agité,
Et créé un comité…
( TOG sur mot-clef )
Annie
la terreur, n'est-ce pas une erreur de la terre ?
l'impunité, l'unité dans l'impureté ?
( distique d'alexandrins, mots valises )
Nicolas Graner
Iel peut me harceler gaiement
Me dire des mots doux sans crainte
Pour me séduire à tout moment
Un peu me harceler gaiement
Nous nous en sommes fait serment
Il n'y aura jamais de plainte
Tu peux me harceler gaiement
Et dire des mots doux sans crainte
( triolet acrostiche )
Jacqueline Morel
Si impunité
Fallacieuse société
Crime organisé
Alexandre Carret
( double acrostiche justifié )
Noël Bernard-Talipo
dis
moi
pourquoi
nos fils voient
le jour s'obscurcir
quand jaillit clair l'astre aux yeux purs
( Fid en primitive de « impunité, journalistes » )
24 novembre – Journée internationale de la Bible
Bernard Maréchal
Bouquin vénéré,
Instrument des fanatiques,
Barbares modernes,
***
Livre sur quoi se reposent
Églises et synagogues.
(tanka acrostiche)
Elisabeth Maitre
Il me serait agréable
d'orner d'une branche d'hieble
(cette plante que la bible
désigne comme noble)
le plastron de ma chasuble
( babebine )
et
Est-il légitime
de lire et relire bible
et s'en imbiber?
( lipogramme en a, o, u )
Annie
( double acrostiche oblique isocèle )
Jacqueline Morel
À chacun sa Bible
Écrits sacrés, par Jérôme
Et d'autres traduits
Nicolas Graner
Livre si terrible !
Interdits, récits, énigmes,
Christ, l'Esprit, l'Église...
Il te dit ce strict édit :
Gens intelligents, (p)riez !
( voyelles alternées IE )
Jacqueline Jacquadit
Et Arès sema, la reine de la bible tua l'autel, biba le denier à la messe (raté !)
( palindrome ; verbe biber = sucer )
Alexandre Carret
Vois quel joli motif sur mon chapeau d'église !
Remarque mon jabot et ma poche à glands fauve !
Quand je prie à genou, de plat, mon cheveu frise.
Que Joseph rende grâce au top en fibres mauve
Fait par son vif garçon qui m'habillait jadis.
( belle absente en alexandrins de 37 lettres )
Noël Bernard-Talipo
Espérance ? Bible ?
Fanclub expansif trépigne.
Court avec furia.
Chef ( escroc ? prophète ? loup ? )
Tel aimant emmènera.
( kyrielle cousue littérale )
25 novembre – Journée mondiale anti foie gras
Bernard Maréchal
L’oie
Voit
Noël
Approcher.
Elle est très heureuse,
Et voudrait y participer !
Foie ?
L’oie
Gavée,
Rassasiée,
Le ventre évidé,
Pour qu’on s’en gave au réveillon.
Oie
Ou
Canard,
C’est leur foie
Qu’on va déguster.
Mais avant on doit les tuer.
(3 petits Fib)
et
De Beaune, foies
De bonne foi ?
Deux cas narrent
De canard…
#héméroméride ( ouïseaunet holorime )
Alexandre Carret
Vin anti foie gras
Cigarette anti cancer
Profitez à mort !
et
un gars froid et gros fait
du foie gras, de faux grès
Jacqueline Morel
Torture animale...
La stéatose hépatique
Plaît aux fins gourmets
Pierre Lamy
Quand le vent souffle du Nord,
qu’on se les pèle au dehors,
quand l’avenir nous consterne,
rien de mieux que le foie gras.
Quand le mental est en berne,
quand le petit chat est mort,
pour narguer le mauvais sort,
avec un glass de sauternes,
rien de mieux que le foie gras.
Le saumur ou l’hypocras
me semblent tout aussi dignes
de cette saveur insigne
qui nous flatte les chakras.
Foie de canard ou de cygne.
( sonnet irrationnel )
Nicolas Graner
( sélénet mésostiche )
NB : il s'agit d'un simple exercice d'écriture qui ne reflète pas nécessairement les positions de l'auteur ...
Alain Zalmanski
Ça va pas sans nanan ? sans abats gras d’halbran (Anas sparsa) à l’armagnac ?
( monovocalisme )
Annie
Cumul du duc
but : un tutu
un cul vu nu.
***
Lully plut
hum, hum, chut...
Lully chut
un luth tu.
***
( 3x4 puis 4x3, abstention des lettres FOIEGRAS )
Jacqueline Jacquadit
Foi grasse en foie gras
Une fois désabusée
Se ronge les foies
Envies graisseuses foisonnent
Qui ont fini par foirer
Noël Bernard-Talipo
Soif ? Rage !Foie carrément l'on me dévore,
Fore, piétine, sans pitié.
Gore destin d'un sans quartier,
Gone des fanges de Gomorrhe.
Gène abject qui prive d'aurore.
Rêne aux dents. Et si, cachottier,
Rune carrément l'on dévore,
Ruée piétine sans pitié.
Rues ont perdu spores et flore,
Gués sont à sec, à sec l'étier.
Guis ont tué l'arbre fruitier.
Gris je rampe et râle et j'implore.
Gras carrément l'on me dévore.
( quasi-rondel avec doublet de Caroll de « foie » à « gras » )
Le « quasi » vient de ce que les mots imposés au début des vers sabotent un peu le refrain caractéristique du rondel ( vers 1-2, 7-8 et 13 ).
26 novembre – Journée des enfants des rues
Bernard Maréchal
( petite morale élémentaire portative )
Jacqueline Morel
La ville luit, crache la pluie
Il est là, frêle et si petit
Dans sa tignasse ébouriffée
Le libre vent aime jouer
En son regard ensoleillé
Brillent des rêves insensés
La ville luit, crache la pluie
Il est là, frêle et si petit
Rayonne un sourire édenté
Dans sa petite main noircie
Il serre fort un sou doré
Fragile espoir, vibrante vie
La ville luit, crache la pluie
( rondel sur le thème )
Elisabeth Maitre
Eux n'ont luxe ni apparat
Ils sont condamnés à errer
Et à mendier leur part de riz
Pour eux justice vaut zéro
Eux ce sont les enfants des rues
( babebine )
Alain Zalmanski
Enfants des rues
En fut d’errants
Fendus en rets
Et en faon dur
En rude, en fée
( anaphones )
Annie
fête faraude
enfants des rues
enfants en fraude
têtes fendues
entre rudesse
fureur désert
danse tendresse
faste transfert
( beau présent )
et
des enfants traînaient
dans la rue, aux carrefours
d'autres y naîtraient
( médaille )
Alexandre Carret
Horde d'enfants des rues défendant dehors
Livrés sans répit au froid, au pire et sans vrai lit
Bande d'enfants des rues défendant deux bancs.
(palindromes syllabiques)
Nicolas Graner
La rue Madame et la rue Monsieur ont la joie de vous annoncer la naissance de la rue Mademoiselle.
La rue des Poissonniers et le boulevard Poissonnière ont la joie de vous annoncer la naissance de l'impasse de la Poissonnerie.
Le square du Mont Blanc et le passage du Montenegro ont la joie de vous annoncer la naissance de la rue Montbrun.
La rue de la Banque et la rue de la Bourse ont la joie de vous annoncer la naissance de l'allée Fortunée.
L'avenue du Coq et l'impasse Poule, accompagnées de la rue Poulet, ont la joie de vous annoncer la naissance de la rue Poussin.
La villa Poirier et la rue de la Cerisaie ont la joie de vous annoncer la naissance de l'allée des Vergers.
Le pont Marie et la rue Joseph Sansboeuf ont néanmoins la joie de vous annoncer la naissance de l'impasse de l'Enfant Jésus.
La rue du Pôle Nord et la place de la République de l'Équateur ont la joie de vous annoncer la naissance de la villa Méridienne.
La rue Vaneau et la rue Corneille ont la joie mêlée de quelque inquiétude de vous annoncer la naissance de la rue de Montfaucon.
La route Aimable et l'avenue du Bel Air ont la joie de vous annoncer la naissance de l'avenue de la Sibelle.
L'allée des Fortifications et la rue des Trois Portes ont la joie de vous annoncer qu'elles ont enfin trouvé la rue de la Clef.
La rue de la Lune et la route de l'Étoile ont la joie de vous annoncer la naissance de l'avenue de l'Observatoire.
Le boulevard Mortier et la rue des Boulets ont la grande tristesse de vous annoncer la naissance de la rue de la Paix.
La rue Margueritte et la rue des Roses ont la joie de vous annoncer la naissance de la cour du Panier Fleuri.
L'allée Verte et la porte Jaune ont la surprise de vous annoncer la naissance de la place Violet.
L'avenue Moderne et l'allée de l'Espérance ont la joie de vous annoncer pour bientôt la naissance de la rue de l'Avenir.
(toutes ces voies figurent au répertoire des rues de Paris)
Floriane Austruy
Retours en arrière
Utiles vers à revers,
Enfants de misère !
( acrostiche )
Noël Bernard-Talipo
( sonnet de dissyllabes acrostiche isocèle )
27 novembre – Journée sans achat
Bernard Maréchal
Gars sans cash passa,
Sa baraka l’accabla,
Sans francs, l’affama,
Passant lambda sans achat.
Grabat fatal, sans blancs draps.
( monovocalisme en A, en écho à celui de Noël )
Elisabeth Maitre
Voici la journée sans achat
je boycotte le supermarché
à ma conso je réfléchis
et puis j'enfile mon poncho
pour marcher sous la pluie pêchue
( babebine )
Jacqueline Morel
Journée sans achat
Ne se sent pas concerné
Qui est sans le sou
Alexandre Carret
- Hue !!
- Hein ?
- Hi hi !
- Hé… Hé…
- Ho ho ho ho ho ho ho ho !!!!!
- Ha !!!
- Perdu ! Hou ! Hou ! Journée sans HA !
Alain Le Pourhiet
Journée nationale du logement HLM (sans achat, donc) :
Ha ! che lème
Mon hachelème.
Jacqueline Jacquadit
Non achat ? Ah ça non !
( palindrome )
Annie
En fin du onzième mois
les noires journées.
Lors, lessivés, réjouis
ne serez plus éblouis
vos peines soldées.
( HOG, lipogramme en ACHAT )
Alain Zalmanski
À jour, né sans chat, chassant ajourné, chez sourd nageant
( anagrammes syllabiques )
Pas d'art sans achat
Pas d'amant sans charlatan
D'adam sans satan
( monovocalisme )
28 novembre – Journée du pain perdu
Bernard Maréchal
Battez vos quatre œufs,
Puis trempez-y des tartines.
Et hop ! Au grand wok !
Mais n’oubliez surtout pas
Lait, sucre et vieux beurre jaune !
( tanka culinaire et pangrammatique )
Jacqueline Morel
Ce parfum d'enfance
Chez grand-mère un soir d'hiver...
Un chaud réconfort
Alexandre Carret
Sans son ραίŋ perdu,
la ραTίEŋTE fait la TÊTE,
le ᎮαHOUίŋ fait « HOU ! ».
et
- Papa !! Pipi !
- Pot ! Pot !
- Pan ! Pan !
- Pin pon pin pon pin pon !!
- Pépé !! Popo !!
- Pouah !!
- Paf ! Pim ! Poum !
- Papy ! Pain !
- Perdu !
et
Lapine prude prend peu l'air.
Un appel : Dieu la prie d'en punir le pape, de lapider un peuplier panda.
Lundi, pépère, l'aï, pur, pend.
( suite d'anagrammes de LEPAINPERDU :
Lapine prude
prend peu l'ai
r. Un appel : Die
u la prie d'en p
unir le pape, d
e lapider un p
euplier pand
a. Lundi, pépèr
e, l'aï, pur, pend. )
Elisabeth Maitre
J'ai posé tout mon barda
en arrivant chez Dédé
aussitôt je lui ai dit
ne mangeons pas à Mac'Do
faisons plutôt du pain perdu
(babebine )
Alain Zalmanski
Pain perdu, pain d’épure, père du pin, pain du pair, pue d’impair, drain pet pue.
( anaphones )
et
Plat proposé par Pierre Perret parmi plusieurs possibilités : « pain perdu » parfumé. Pour profiter pleinement picorez posément.
( tautogramme )
Pierre Lamy
Je suis un pain perdu, sans beurre, inconsolé,
que l’on vient de plonger dans deux litres de lait,
barbotant au soleil de la mélancolie.
Dans une maisonnette à trois lieues de Biron.
Semblable atrocité devrait être abolie !
En sortir ruisselant ne m’a pas consolé.
Me voici d’œufs battus bien plus que constellé,
couché dans une poêle où du beurre s’allie.
Dans une maisonnette à trois lieues de Biron.
Pour les enfants d’ici, je ne vaux pas un rond.
Quand bien même ils allaient traverser l’Achéron,
les esclaves avaient meilleur sort dans l’arène.
Et me voici rôti, tel Jeanne la Lorraine,
et livré en pâture à un écriveron.
( sonnet irrationnel ; cf. « El Desdichado » de Gérard de Nerval )
Jacqueline Jacquadit
Être pâle, le pain érogène d'éden ego renia pelé la perte.
( palindrome )
Annie
( haïkupé, premier usage d'une forme inventée par l'auteure )
Noël Bernard-Talipo
Jonc d'or, qu'avait la chambre à combustion gonflé,
Surgi levé du four qu'un jeune emplit de bûches,
Quel gros fat, pour du veau, des jambons, quelques cruches,
Jeu vit gaffer qui t'a perdu, chambré, soufflé ?
( bel absent sur Pain contenant le mot Perdu )
29 novembre – Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien
Bernard Maréchal
Kalya, Bethléem, Gaza, Cisjordanie ?
Vieux conflits qu'a produits l'accord Fayçal-Weizman…
(pangramme de 72 lettres)
Elisabeth Maitre
Un peuple opprimé
territoires occupés
conflit enlisé
Annie
peuple oublié
terre partagée
vergers de Palestine
en Palestine
traités oubliés
absence partagée
mal partagée
mort en Palestine
hommes, fruits oubliés
( terine )
Jacqueline Morel
( calligramme - la cuillère : nouveau symbole du nationalisme palestinien )
Alexandre Carret
Solidarité avec le peuple palestinien !!
Eva, plains-tu ce sol aride, peiné et pillé ?
( anagramme )
Noël Bernard-Talipo
Les colons
guidés par leur soif
ont exclu le pâtre du pré
il ne peut qu'aller vers des terrains lointains et nus
C'est son lot
l'idéal promis
cette épave qu'empreint le feu
Pourtant là
en triste prison
naît l'enfant
( bigollo en primitive de « solidarité - [le] peuple palestinien » )
30 novembre – Journée contre la méthamphétamine
Bernard Maréchal
Quinze Crystal meth
Plus trois métamphétamines,
Cinq Strawberry Quick.
J’ai forcé sur le dosage :
Je veux l’hallucination.
(tanka et pangramme sur mot-clef)
et
Je veux fumer un peu de méthamphétamine,
Du Crystal meth gazeux, du bon Strawberry Quick.
(autre pangramme : alexandrins sur mot-clef)
Annie
La méthamphétamine ? Sur la méthamphétamine je n'ai rien à dire.
Drogue, si peu que j'ai compris
mais qui donc va au paradis ?
L'amphétamine ? Sur l'amphétamine je n'ai rien à dire.
( cf. " l'herbe " de Queneau )
Elisabeth Maitre
Cette tempête à Nîmes
Ô mais t'en fais une mine
Ecran fêta Line
(prosonomasie)
Jacqueline Jacquadit
Mais tant fait ta mine
Que tu as pris, je devine
De l'amphéthamine !
Jacqueline Morel
Tina on the ice
Sniffe, glisse sur la glace
Speede et s'extasie
( jeux de mots à partir du mot-clé )
Nicolas Graner
pipe à peine en main
ta tête minée patine
peinte en impatiente
(haïku isocèle, beau présent)
Marc Parayre
Une petite charade à tiroirs :
• Mon premier est la vitesse du Go ;
• Ce colporteur vous amène mon second ;
• Mon troisième est fabriqué par un fromage grec ;
• Le fortifiant t’encourage à profiter de mon quatrième ;
…et mon tout est sans doute responsable de ce délire.
Solution
• Mon premier est « lent » car le goéland ;
• Mon second est « fait » car le portefaix ;
• Mon troisième est « ta » car la feta ;
• Mon quatrième est « mine » car vitamine.
Mon tout est l’amphétamine
Alexandre Carret
L'âme est en fête, amis naissants à venir !
La méthamphétamine est sans avenir !
( holorimes )
Alain Zalmanski
Bavaroises au narcotique
Mon premier est mettant
Mons second est féta
Mon troisième est mine
Mon tout est une drogue sympathicomimétique
(N-methyl-1-phenylpropan-2-amine) pour vous aider
et
Mon premier émet
Mon second étang
Mon troisième effet
Mon quatrième état
Mon cinquième émit
Mon dernier haineux
Mon entier énerve
Luc Comeau-Montasse
1 croit aveuglément en la seconde note
2 sait lire dans la géométrie des villes
3 a le bas du dos ivre
4 est aimé de la mer
Solution
l'en car l'en ... FOI ré
fé car fé ... lit cité
tam car le cul ivre est le propre de celui qui est tam
in car in ... est galet
Noël Bernard-Talipo
Dieu dans sa cuisine
Nous a mal foutus
Nous mourrons cousine
Trop longtemps battus
Mais tant fait amine
Que nous rend têtus
Quand trépas clopine
Nous dansons tortus
( solénet avec une homophonie )
L'oulipathe,
fol qui gratte
pour d'ingrates
souris, hâte
ou dilate
nos nuits mates.
L'Aulipote
va, qui trotte
sans fuir grottes.
Maudit vote,
Car qui note
Vaut bigotes.
L'Oulapite
fou sans gîte
croquant frites
doubla vite
sots qu'agite
souk à rites.
Ce 21 octobre 2021 la liste Oulipo fête ses 25 ans ! Pour l’occasion un petit poème dans lequel chaque strophe est bâtie sur une séquence vocalique où les cinq voyelles sont rangées dans un ordre donné. Posté sur la liste Oulipo le 21 octobre 2021