Catégories
Oripeaux Uncategorized

La non consentante

L'étale
roi. On
la tale,
sus : - Non !

Elle -ire-
saut sut.
L'élire ?
- Son su.

Ce muret ( bobet d’ordre 2 ) suit la contrainte d’exagération, aussi appelée isosyllabovocaloconsonantisme introduite dans « Décis, mal en pis » : dans chaque vers on trouve le même nombre de syllabes, de voyelles et de consonnes. Une surcontrainte ajoutée par Gilles Esposito-Farèse impose que soient formés des couples voyelle-consonne apparaissant ensemble dans les mêmes vers, ici
a-t, e-l, i-r, o-n, u-s.
De plus on impose ici une répartition aussi équitable que possible : 3 a, 4 e, 3 i, 3 o, 3 u (4 e pour assurer les rimes féminines ). Les premières voyelles sont placées de façon à lire aeio…u et de même les dernières voyelles. Ceci détermine complètement la composition de chaque vers en voyelles et consonnes.
Publié sur la liste Oulipo le 8 mai 2023.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Le dol à Dole

Au delà du lit de l’eau dix lieues doit l’idole adulée, dit « le doux lad », aller, dit l’édile: « Deux loups dans lande : à l’aide ! Le deal est de  les delender ». L’édit lu dans la Dole ondulant de l’indolent Doubs, l’a dès l’ide, l’idiot lad allié des lois, duit.

L’Adèle aida lad : elle dit l’ode « Allez dans le Dieu », lui dola d’un long doigt le dos, l’adula, délia du landau le dais. L’on dut lui daller deux lieues de long. Dès le délai dû, le dos laid du lad alla dans l’oued au loin.

Des « l’on dit » l’ont, dès lundi, là, dit lot de l’adieu.

L’Adèle au doux lied alla de l’odieux lot du lad au lit de l’édile.

Une étonnante  version sonore réalisée par synthèse vocale… ( merci à Nicolas Graner !)

  

Nicolas Graner  et Gilles Esposito-Farèse ont donné des démonstrations magistrales de monoconsonantisme dont Nicolas distingue en définissant ce terme une version « phonétique » s’opposant à la forme qui doit s’appeler « littérale » illustrée par Gilles.
On peut de façon analogue définir le « biconsonantisme ». Dans l’essai que voici, phonétique, les deux consonnes s’alternent systématiquement: on peut parler de « biconsonantisme phonétique alterné ».
Posté sur la liste Oulipo le 11 avril 2013.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Rhèmes de l’invisible

Veille jeune fille,
Bravant jeûne et gel,
Qu’ombre fuit en vrille.
Joug mis sans appel.
Phot qu’ombre renverse,
Jabot cachant cou
D’abject corps adverse.
Vouloir bru qui coud.

Que signa Diophante
Chaude conjecture !
Prouver loi démente,
Chaque jalon. Pente
Droit vers thèse pure.

Son esprit gambade
Au majeur défi
Plus haut qu’onc nul fit.
Espoir pour décades.
D’ajours non pourvu,
Son génial projet
Par vassal sujet.
Haut prix jamais vu.

Ce poème n’est autre que la colonne de droite d’un autre poème « Théorème de l’invisible » , consacré à la mathématicienne Sophie Germain dans le recueil « Le prix de la vie ».
Posté sur la liste Oulipo le 25 novembre 2012.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Le prix de la vie

Théorème de l’invisible

Approchant modique bougie      veille jeune fille,
Nue, quand père craint défend maths.      Bravant jeûne et gel,
Tant sa foi juche algèbre en dieu      qu’ombre fuit en vrille,
Ose enfreindre brusque éviction,      joug mis sans appel.
Indécent jeu, bluff au gotha,      phot qu’ombre renverse.
Nom qu’il faut avoir pris d’un gars,      jabot cachant cou.
Empire technique affolé      d’abject corps adverse :
Amphi clos prof hagard jurant      vouloir bru qui coud.

Un vif ajout au lemme abscons      que signa Diophante
Grand but devint, presque infernal.      Chaude conjecture !
Un bien long chemin jusqu’enfin      prouver loi démente.
Savants de grand nom font tomber      chaque jalon. Pente
Toujours qui grimpe obstacles fous      droit vers thèse pure.

Enfiévré tel jars chassant coq      son esprit gambade,
Livre abrupts chocs au mur magique,      au majeur défi,
Et franchit divin jump global      plus haut qu’onc nul fit.
Beau théorème évoquant jongle,      espoir pour décades.
Long cours franchit obscur maquis,      d’ajours non pourvu,
Avant qu’enfin chauds bravi louent      son génial projet.
Naïf éloge acquis hors bord      par vassal sujet.
Coma brusqua fin d’un grand vol.      Haut prix jamais vu.

Le chrysonnet a été défini par Gilles Esposito-Farèse comme un poème formé de 13(5+8) vers de 13 (5+8) pieds; en effet chryso = or et 5,8,13 se succèdent dans une suite célèbre chère à mon esprit vagabond.
Le texte ci-dessous est un Chrysonnet allongé, formé de 21 (13+8) vers, afin de pouvoir placer en acrostiche un nom bien visible. Moins visible est le vrai nom de la personne qui emprunta ce nom pour avoir le droit de mener une recherche majeure en mathématiques. Belle absente, elle figure néanmoins dans ce poème. Comme le vrai nom n’avait que 13 lettres et non 21, j’ai dû le compléter par deux mots respectivement de 3 et 5 lettres: on trouve ainsi 3,5,8,13,21.
Ce poème a un jumeau « Rhèmes de l’invisible » publié simultanément dans le recueil « Oripeaux ».
Posté sur la liste Oulipo le 25 novembre 2012.

Le prix de la vie : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

le bateleur

il nous mène en pansway
montre en télé dolby
son bureau regency
parle en parfait dandy
la gouaille d’un jockey
la dégaine goofy
un petit air groggy

il nous mène en dinghy
nous dit c’est ainsi y
croirez-vous c’est vrai j’y
fus traité tel husky

nous roule en chantilly
nous déhanche un shimmy
qui vaut pas un penny
comme on vend un sextoy
comme on gruge  papy

ses ergots de coq y
furent cuits au curry ?
il faudrait un bon psy
quand confond penalty
et danse de Saint-Guy
quand dollar ou lev y
devient œuf de Longwy

chez lui reste sexy
sa cour sa gentry y
vénère star jazzy

Réponse à l’envoi par Gérard Le Goff sur la liste Oulipo d’un G20; il nomme ainsi des ouliporimes alphabétiques : une terminaison invariable est précédée tour à tour de chacune des 20 consonnes de l’alphabet. Une définition plus générale a pris le nom d’alpharimes ; ainsi, Gilles Esposito-Farèse a donné un très bel exemple d’une version dans laquelle les 26 lettres sont utilisées. J’ai voulu essayer à mon tour avec ce petit poème qui ne vise presque personne.
Vocabulaire:
pansway = type de bateau à fond plat qui voguait sur le Gange.
shimmy = danse dans laquelle s’illustra Mae West
Posté sur la liste Oulipo le 3 juillet 2014.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Arme lourde, éveil puni

Autrefois l’enfant poursuivait, attendri, l’envolante palombe.
Autrefois l’employée puisait, alanguie, l’eau placide
Arrosant l’éternelle plaine à l’envoûtant parfum.

Ah ! lamentable été précipitant ainsi l’enfer.

Paraît abruptement l’Echarneur,
Pareil au Léviathan,
Elevant pattes assassines,
Langue enflammée,
Pointes arséniées,
Liquéfiant écoles, ponts, ateliers, logis et panthéons.
Aveugle, lugubre, exorbité,
Poignarde, avale, lacère, émascule, pourrit.

Arpentant l’effondré paysage,
Ambulent loqueteux exsangues,
Pieds arrachés, les entrailles perforées,
Adjurant leurs enfants pour abréger leur existence.
Plus à l’est, parfum âcre :
L’embrasement pestilentiel
Assouvit l’exalté pyromane.
Appels lancinants, explosions, plaintes
Assourdissent l’étouffant pandemonium.

Ah ! lamentable été.

Pourtant, amis, l’espoir paraît.
Affluent les entêtés partisans
Amoncelant lestes escarmouches, préludes à l’éradication.
Pesamment acharné, l’écumant prédateur,
Attirant lacs profus aventureusement lancés,
Etranglé,
Périt, agitant lamentables élytres palpitantes.

Aurore lève enfin,
Pâlit astre lunaire.
Emerge peuple aux lèvres encor pantelantes,
Avançant lentement entre plâtreux amas,
Laissant enfants perdus ausculter les épaves profondes.

Au labour éventrées, parcelles argileuses
Lèvent exubérants plants
Aux lourds épis prometteurs.

L’acrostiche au sens original est un poème dans lequel sont placées en tête de chaque vers  successivement les lettres d’un mot ou d’une phrase. Une contrainte proche est l’acronyme, utilisé ici, qui s’inspire de la notion d’acronyme usuelle (PAF=Paysage Audiovisuel Français): les lettres d’un mot source sont placées chacune en tête  d’un mot du texte. Ici l’opération est réitérée tout au long du poème, et l’on parlera d’  « acronyme itéré » .
(Posté sur la liste Oulipo le 19 septembre 2012).

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Décis, mal en pis

Ai cessé
ressasser
ces cas rares,

Nu.

À rieuses tares
sus détresser
dur rets tissé
d'ardus tarares.

Nu,

aimai l'inconnu,
le clinamen calme :
ce moment ténu
où monta menu
un lent éclat alme.

Appelons ceci « sonnet exagérément irrationnel » : variante du sonnet irrationnel, il est tel que la strophe associée à la décimale k comporte k vers de k syllabes, composées avec k voyelles et k consonnes. Pour le reste, j’ai suivi les règles du sonnet irrationnel.
Publié sur la liste Oulipo le 13 avril 2023.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Oripeaux

Héroïne bord à bord

Clémence ? Pour imaginer,
asphyxier.
Un travail avec un métier.

             *****

Roman prêt à tisser.
À tisser, aux usines lyonnaises,
la coûteuse soie de femme. 

Ce texte est ma troisième contribution pour 2023 à l’hommage « L’Oulipien.ne de l’année » organisé par le site Zazie mode d’emploi, qui honore cette année Michèle Audin dont un texte tiré de son ouvrage « Oublier Clémence » est selon la tradition soumis à tous les traitements oulipiens ou autres. Un peu à la manière des bords de poèmes, ce poème est composé d’abord avec les premiers mots de chaque phrase, ensuite avec les derniers mots.
Publié sur la liste Oulipo le 6 avril 2023.

Oripeaux : Précédent Suivant

Catégories
Poteries

Poteries 2023

Sur la liste oulipo sont lancées quotidiennement des propositions de contraintes qui reçoivent de nombreuses réponses auxquelles j’ai joint ces petits textes.  J’ai commencé par les classer d’après la contrainte utilisée. A partir de 2018 j’ai renoncé à ce classement trop difficile en raison du foisonnement de nouvelles contraintes proposées, et mes contributions sont classées par année.

( Désolé pour la mise à jour retardée. Ça finira par se faire ! )

25 mars

Robert Rapilly nous écrit « Chantal Danjon, une amie des mardis d’Oulipo, de Zazie Mode d’Emploi et de Pirouésie, vient d’inventer une forme brève que l’on baptisera « aïekudur », proche du haïku sauf le découpage des 3 vers, 4-9-3 syllabes. La morale en sera proche de la fable « Le Loup & l’Agneau ». » Par la suite cette forme est rebaptisée haïkudur.

Il branle un peu
mais tient encor. Faut pas s'arrêter.
Ah, il tombe.

29 mars

Participation à un échange de contrerimes lancé par Pierre Lamy sur la liste Oulipo à l’occasion du 29 mars, journée internationale des nuages.

En cette fin de mars, c'est le jour du nuage.
Nuage de lait dans mon thé,
nuage gonflé de radioactivité,
ombre légère à ton visage. 

8 septembre

Une série de messages initiée par Gilles Esposito-Farèse sous le titre « Arleuquinades » proposait des palindromes utilisant des mots contenant le trigramme « uqu ». Voici ma contribution.

Il lia frère : Ça, marin, souque ! Pèse peu ! Qu'os n'ira macérer, failli.

11 octobre

Sur la liste Oulipo, Gérard Le Goff, bientôt imité par nombre de membres de la liste, a proposé une série de variantes oulipiennes ( à la manière des Exercices de Style ) prenant comme point de départ la célèbre phrase « La marquise sortit à cinq heures ». Voici ma contribution :

À marquise, bés, cédèrent

À boire !
Cinq ducs en frac : grandes heures !
Ils jouissent, kiffent la marquise.
N’on pense plus.
Pourtant quand, racoleuse,
sortait toujours une vieille walkyrie,
xénophiles, y zinzibulaient !

( cet abécédaire comporte tous les mots -dont trois P…- de la première variante due à Gérard Le Goff, le haïku :

« On n’y pense plus 
Pourtant toujours à cinq heures 
Sortait la marquise » )

13 octobre

Petit exercice :

Danse

Ainsi,
contre des cas qu'on fit pros,
vis hanté, sec, raidi,
scié ?
Viens : pure aise y danse.

Autrement écrit :

INCI- CONTRE- DÉCA- CONFI- PROVI- ANTÉCÉ- CRÉ- DISSI- ÉVI- IMPU- RÉSI-

19 octobre

Même exercice que la danse :

Joueur
perd. Tendre,
fuit sieur
se pendre.

et donc

Bel ami, raque as.
Qu'a ton pouls ? Sa honte à terre,
erre, lie brins, bêle.

Autrement écrit :

BE- LA- MIRA- CASCA- TOM- POU- SA- OM- TA- TERE- RE- LI- BRIM-

5 novembre

Imitant Alexandre Carret qui sur la liste Oulipo propose des « escalades » textes dont les vers sont de longueurs successives données par la suite de Fibonnacci, généralisant ainsi les Fib.

Cœur !
Pique !
Je coupe.
Ça va pas ?
T'a pas autre chose ?
Tu fous en l'air ma stratégie !
Tu te rends compte que t'as bousillé mon grand chelem ?
Qu'est-ce qui m'a pris de faire équipe encore un coup avec une andouille pareille ?
Combien de fois nom de nom faudra-t-il t'expliquer qu'il te faut faire attention aux enchères et avoir confiance en ton partenaire.
Oh fatche de con je sais pas ce qui me retient de les lui faire bouffer ses cartes à ce merdeux qui sait même pas compter jusqu'à treize et qui rigole bêtement quand je lui dis qu'il n'est qu'un gros couillon.
Pour résumer la suite de la soirée, Célestin s'est levé brusquement pour donner un coup de poing dans la figure de Maurice qui s'est affalé sur Jeanine : aussitôt Fernand s'est précipité pour étrangler Célestin sans voir qu'au même moment Adeline entrait dans la pièce tenant dans ses mains le gâteau d'anniversaire.

6 novembre

Daniel Fabre a proposé sur la liste Oulipo la surdéfinition express. Un peu à la manière de certaines fables express aboutissant à un calembour, la surdéfinition express se présente sous la forme d’un quatrain conclu au dernier vers par une surdéfinition telle que définie parmi les contraintes sur le site de l’Oulipo.
Pour remercier Alexandre Carret qui m’a gratifié d’une surdéfinition express, en voici une qui lui est dédiée.

Adepte des vers à multiples sens,
traversant l'oulipienne galaxie,
il cisèle ses haïkus ambisens,
à l'opposé de la paralexie. 

[ dans CNRTL : paralexie (-lexie, du gr. λ ε ́ ξ ι ς «mot»), subst. fém.,,Trouble de la lecture dans lequel le malade substitue des mots vides de sens aux mots du texte«  (Garnier-Del. 1972).]

[ « Il existe des virus appelés virus à ARN ambisens (cas de certains arbovirus comme les bunyavirus, tospovirus ou les arenavirus) parce que l’on ne peut attribuer à leur génome aucune polarité. » ( Initiation à la virologie, UCLouvain ) : ici j’affuble de l’adjectif ambisens un palindrome, parce qu’on ne peut attribuer à sa lecture aucune direction privilégiée ]

8 novembre

À l’initiative de Robert Rapilly décrivant une contrainte « impair pers » une série de propositions sur la liste Oulipo visaient à coder un mot à l’intérieur d’un autre mot, prenant soit les lettres de rang impair, soit de rang pair. Ainsi le texte ci-dessous code son titre, en prenant dans le dernier mot de chaque vers soit les lettres de rang impair si le vers est en position impaire, soit sinon les lettres de rang impair:

Où sont les névés d'antan ?

Pêcheur gascon trouvant bel oeuf
s'écria « J'aurai l'estornet ! »
Posa pièges trappes et liens.
M'apitoyant vite interviens :
« Oiseau, poisson ne sont ton dû.
Oublie appâts et canne-traîne. »

[ estornet = étourneau en gascon ; canne-traîne est usuellement en deux mots, le trait d’union est un peu triché. ]

9 novembre

Comme ci-dessus réponse à la proposition de Robert Rapilly, en respectant cette fois sa contrainte initiale : on prend les lettres de rang pair ou impair du mot final selon la présence dans le texte soit de la sonorité PAIR soit IMPAIR.

Le chêne croise l'olivier.
Du tyran Peuple se détache.
Pourquoi PERdure cette hache
dessus cet ovale ARMORIÉ ? 

13 novembre :

Sourire en tuant,
c'est, sous l'horizon rampant,
gestuer l'enfer.

« définition dichotomique » : Les syllabes du vers 1
sont les syllabes impaires des deux vers suivants ( contrainte due à Alexandre Carret )

( haïku composé à l’attention d’un politicien que je vois toujours sourire au milieu de ses soldats )

Ci-dessous une seconde « définition dichotomique » datée du même jour :

La déréliction
C'est, lapidé sans répit,
relique, onction, chier.

17 novembre :

Un anniversaire est l’occasion d’un hommage à Robert Rapilly, qui outre sa responsabilité fondatrice dans le site « Zazie mode d’emploi » contribue à animer la liste Oulipo par les nombreuses idées qu’il y propose.

Voici une nouvelle mise en œuvre, précédée de son exégèse, de la contrainte « impair pers » de Robert dans la version proposée par Gilles Esposito-Farèse, où un groupe de mots se décompose en prenant les lettres de rang pair d’une part, impair d’autre part, en deux autres groupes de mots.

À l'ode circulaire essayant preste plume,
ce héros décorant son foyer d'un poisson,
aboli bibelot qu'il bourre de moisson,
sous quelque pers imper chante l'eau qui écume.

Art, orbe écrit dru. As paille l'ayu.
Âtre. Cid, usa l'eau
Robert Rapilly.
a.t.r.e.c.i.d.u.s.a.l.e.a.u
.r.o.b.e.r.t.r.a.p.i.l.l.y

[ ayu = poisson d’asie du sud-est ]

18 décembre :

À l’initiative de Gilles Esposito-Farèse, la liste Oulipo s’est lancée dans la recherche de textes les plus absurdes possible. Dans ma contribution ci-dessous, il s’agit de rédiger un haïku le plus absurde tout en obtenant un second haïku homophone et lui aussi le plus absurde possible.

Voguant sous l'arme orde,
je badigeonnai sa peur
du parler des lunes.


Vos gants, soûlard, mordent.
Jeu bas, dijonnais sapeur :
dupe art. Laide, elle ? - Une !

19 décembre :

Un tanka 6/8… donc pas un tanka !

aujourd'hui j'ai pleuré
un homme ça ne pleure pas
le brouillard était froid

le mur avait pris la couleur
de la braise qui s'est éteinte

19 décembre :

Réponse à un message de Martin Granger citant une phrase mnémotechnique lue sur internet : « Optimistic aliens measure space typographically » dans laquelle « le O majuscule représente le Soleil, et les cinq i successifs Mercure, Vénus, la Terre, Mars et Jupiter, avec les distances proportionnelles. » Martin propose de trouver une traduction en français ayant les mêmes propriétés. Voici ma réponse :

« Ovni, dis l'intrigant arrangement des satellites ! »
Catégories
Le prix de la vie

Le 5 mars 1953

Sur ton piano
écoute. L'âme
russe s'exclame.
- Gronde rhino

« Eh, le jeunot,
pense à ce blâme :
rouge, une lame
occit sono. »

Karma clôt doute.
Ô folle écoute,
fauvette rit !

Ivre musique
ébauche un cri
vif et magique.

Le 5 mars 1953, meurent simultanément le grand compositeur Serge Prokofiev et Staline. Le premier figure en acrostiche de ce sonnet ; le second fait l’objet d’un « laid présent » ( parent pauvre du beau présent des Oulipiens ) : chaque lettre de son nom inversé est absente à tour de rôle d’un vers.

Le prix de la vie : précédent suivant