A Cor Et à cri Réclame le vent Arrache le calfeutrement Expose ta chevelure aux tourbillons Ouvre ta poitrine au gel qui déferle en sifflant
On trouve sur le site de Lirina Bloom une contrainte qu’elle a proposée ces jours-ci sur twitter, ainsi décrite: « 140 se trouve être la somme des carrés des sept premiers nombres entiers, ce qui en fait un nombre pyramidal carré : 1+4+9+16+25+36+49 = 140 … le fait que 140 soit un nombre pyramidal carré, va donner lieu a une forme poétique appelée carré pyramidal: [soit 6 vers de 1,4,9,16,25,36,49 caractères] … On constate cependant, un aléa de la contrainte 140 du tweet : l’alinéa est considéré, au même titre que l’espace blanc, comme un caractère. » Ceci interdit la diffusion de tels poèmes sur twitter ! La contrainte est donc modifiée en 1,3,8,15,24,35,48 caractères + 6 alinéas. Lirina Bloom a baptisé Ôde, puis septuor cette forme définitive. Le poème ci-dessus suit cette contrainte qui, outre le fait qu’elle produit automatiquement des twoosh, me plaît bien, mélangeant des idées proches de l’isocélisme et du bigollo qui m’est cher.
jusqu’au ciel délire ce sidéral chant chaque accord de lyre joue l’odeur des champs
d’un rire délivre du corbeau vainqueur quiconque doit vivre qu’assourdit rancœur
Ce sélénet est, avec « Chanson à boire avec modération », le premier essai d’une nouvelle contrainte « harmonique« . Partant de l’air de « Au clair de la lune », il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante: la: a,h,o,v si: b,i,p,w do: c,j,q,x ré: d,k,r,y mi: e,l,s,z fa: f,m,t sol: g,n,u A l’exception des dernières syllabes des vers 5 et 7, cette règle est appliquée à la première lettre de chaque syllabe. Posté sur la liste Oulipo le 12 mai 2013.
Vous, vos vieux principes Vexent bel idiot. Veule affable chipe Vos clés pour bon piot.
Puis bibine il rapte, Buvant goutte à seau. Va blâmable inapte : Vin coupé boit sot !
Ce sélénet est, avec « clinamen à l’harmonie », le premier essai d’une nouvelle contrainte « harmonique« . Partant de l’air de « Au clair de la lune », il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante: la: a,h,o,v si: b,i,p,w do: c,j,q,x ré: d,k,r,y mi: e,l,s,z fa: f,m,t sol: g,n,u A l’exception des dernières syllabes des vers 5 et 7, cette règle est appliquée à la première lettre de chaque syllabe. Ici cette contrainte est combinée avec celles du sélénet, notamment la rime. Posté sur la liste Oulipo le 12 mai 2013.
1 mercredi – dès le réveil, plein de sentiments célestes 2 jeudi – muguet si tu veux, que tu hurles ne peut te nuire 3 vendredi – c’est vers midi que mes intestins devinrent grêles 4 samedi – entre avec crainte dans l’envers sidéral 5 dimanche – le septième jour il posa son violon et s’envola 6 lundi – murs infinis d’un suburb gris 7 mardi – matins hardis, ravins alpins, grands sapins 8 mercredi – dériver lentement vers le rêve et s’éveiller en mer 9 jeudi – le jus de purin ne tue ni vigne ni ciguë 10 vendredi – vérifie bien : de l’infini, rien ne vient. rien. 11 samedi – il siffla la fille, elle le vit, il était grisâtre 12 dimanche – grâce furtive d’un brin de romarin fleuri 13 lundi – il fut surpris d’un si subit prurit 14 mardi – matin : lac salin mirant l’air carmin 15 mercredi – je t’interdis de m’enfermer en mes pensées 16 jeudi – le plus pur sentiment m’effleure dès que j’entends les fleurs rire 17 vendredi – le verbe, c’est l’ennemi : il perce les fenêtres 18 samedi – hélas il avait déjà l’âge des plaies saignantes 19 dimanche – dans les soirs alanguis tourne la chauve-souris 20 lundi – il fut puni : ni sushis ni surimi 21 mardi – l’air chagrin, l’Anglais s’attabla, cachant mal sa faim 22 mercredi – le névé scintille, le pied pèse et s’imprime, le ciel m’encercle de nimbes givrés 23 jeudi – de fureur il s’inflige des griffures sinueuses 24 vendredi – s’il est de tristes femmes, me désespère cette fidèle éphémère éprise de l’être divin 25 samedi – dix, valet, dame, tierce gagnante, tapis persan 26 dimanche – l’aréole du sein, ce cadran des nuits solaires 27 lundi – fuis si tu survis, fuis du puits qui mugit 28 mardi – jardin français, jardin anglais, sans avis j’avançai 29 mercredi – chenille s’échine et printemps chemine 30 jeudi – si tu suis les signes qui luisent tu meurs 31 vendredi – l’herbe fervente penche vers l’est et sécrète le bel encens
juin
1 samedi – la salive me vient en reniflant ces pintades 2 dimanche – le saule torsadé m’affole de sa fulgurante éruption 3 lundi – fruit d’hibiscus cuit sur du riz : un summum 4 mardi – partir agitant la main sans chagrin 5 mercredi – le chien, le réverbère, et le silence 6 jeudi – le vieux peuplier se redresse, ivre du tumulte des insectes butineurs 6 jeudi – (deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil. 7 vendredi – élèves en cercle, périmètre de pierre 8 samedi – farine tamisée, lait, malaxe la pâte 9 dimanche – à sa fenêtre une femme rit, son portable à l’oreille 10 lundi – du fil d’un surin l’Inuit punit l’intrus in situ 11 mardi – brandis l’appât : grandit la paix 12 mercredi – père ni fille, mère ni fils, le destin ne prévient de rien 13 jeudi – le sujet précède le verbe, depuis les nuits du temps, et rien ne les unit 14 vendredi – il mendie, il grêle, l’intestin crie 15 samedi – demain ta main câlinera l’échine 16 dimanche – avouerez-vous jamais la honte d’un regard détourné ? 17 lundi – du suc d’un fruit mûr il fit un jus qu’il but pur 18 mardi – à l’instar d’Hannibal gravissant l’arc alpin, fais pâlir l’invasif latin 19 mercredi – chez le généticien les bêtes engendrent cent chimères 20 jeudi – je m’éprends d’un buffet de chêne cérusé, ému de ses sculptures désuètes 21 vendredi – ses chélicères se refermèrent et le venin fit le reste 22 samedi – atteinte d’Alzheimer elle est femme elle est belle 23 dimanche – îles d’alors, étiez-vous inaccessibles ? 24 lundi – mini-flux qu’induisit un fil nu sur l’indium du circuit 25 mardi – caviar sans pain : il tartina sa main 26 mercredi – vérifie le frein : s’il est desserré, défense de lever le cric 27 jeudi – l’un veut, l’un refuse, l’un pleure 28 vendredi – le peintre célèbre en vermeil l’est irréel des ciels d’été 29 samedi – vahiné, lance ta danse, agitée de transes marines 30 dimanche – à l’origine du regard était le feu
juillet
1 lundi – brun mûrit un fruit, surgi du pistil d’un iris purpurin 2 mardi – gaz sarin. Bachar, riant, signa : sabbat final 3 mercredi – délimite le segment sensible, pénètre vivement et déclenche le cri 4 jeudi – tumeur détectée, une peur est instillée 5 vendredi – rire insensé des premières tendresses 6 samedi – églantine des vents rebelles cadran des temps déphasés calendrier des saints de braise balisent l’ère des errances 7 dimanche – robe qui flotte autour des jambes de velours 8 lundi – un cumulus surgit du sud, mugit, luit, puis il plut 9 mardi – malin, l’assassin signala l’alibi sans pâlir 10 mercredi – serment d’ivresse liesse des vignes 11 jeudi – il ripe sur une prise, perd l’équilibre, et dévisse 12 vendredi – pitre sempiternel risée des esprits élevés 13 samedi – paire de mitaines belles mains de laine 14 dimanche – sur l’étang qui miroite un lotus flotte et je souris 15 lundi – gus qui vit du minimum, gus surpris nutri d’un fruit chu d’un surplus, gus qu’un tribun punit 16 mardi – il prit sa main, dansa sans fin dans l’air matinal 17 mercredi – entre ses lèvres grises défibrille le rire 18 jeudi – bûches humides feu qui fume je m’enrhume 19 vendredi – impertinence belle impertinence dévie les destins rectilignes 20 samedi – narines flattées par l’air salin des alizés 21 dimanche – la conique se dérobe et suit sa route bifocale 22 lundi – un pli divin sur un surplis pur lin 23 mardi – paix à l’Islam s’avivant dans l’amical ramadan 24 mercredi – le ferment de liberté lève si le sel est mêlé 25 jeudi – chut ! plus de bruit, ses cils se ferment sur ces lueurs intérieures 26 vendredi – l’incendie se déclenche et crépitent mes sentiments 27 samedi – labiales, dentales, fricatives, palatales, vibrent sans fin dans l’air et dansent 28 dimanche – sur l’icône son pinceau promène une caresse dorée 29 lundi – cri d’un bikini rubis sur un cuir brun 30 mardi – j’arrachai l’animal tapi dans ma chair 31 mercredi – le silence est le siège des rêveries fertiles
août
1 jeudi – jeune fille qui pleure et l’heure s’éternise 2 vendredi – les dernières merceries ferment et le temps perd le fil 3 samedi – en plantant le pépin j’imagine l’arbre 4 dimanche – dans la farandole oublie paroles et projets 5 lundi – primitif, instruit, instincts indivis : surgir, s’unir, fuir 6 mardi – lapin nain, clapis dans l’abri câlin 7 mercredi – l’épeire tend ses fils en cercles invisibles, l’insecte vire sec, le piège se referme 8 jeudi – une erreur vint lui révéler l’entrée des chemins supérieurs 9 vendredi – geste lent de ces femmes nimbées de crêpe de Chine 10 samedi – dans la clarté rare de la cave, l’affinage mêle savamment le temps et le sel 11 dimanche – de l’âme raisonnable le front sera cerné d’une auréole en fer 12 lundi – d’un burin sûr, incisif, il inscrit un trip cursif sur un buis brut 13 mardi – assis dans sa datcha l’amiral trahi paraissait maladif 14 mercredi – le filet pèse empli d’espèces vénéneuses 15 jeudi – le tilleul infuse et viennent les pensées secrètes 16 vendredi – l’épervier glisse lentement, le silence règne 17 samedi – il vieillira sans haine et la fin sera claire 18 dimanche – du piano la note grave s’accorde à mon désarroi 19 lundi – but qui luit, tribus qu’unit un script divin, dur circuit juif 20 mardi – salam dit-il, avançant la main, la paix habita l’islam 21 mercredi – ensemble espèrent les chrétiens, et cherchent le chemin 22 jeudi – se dénuer triplement du désir élève le hindu vers une liberté pure 23 vendredi – le zen respecte le silence, vient l’éveil, le vide s’imprègne 24 samedi – dans l’ascèse le jaïn verra l’âme libérée 25 dimanche – l’homme cherche une réponse à la question jamais posée 26 lundi – turbin, rictus divin, crucifix nu 27 mardi – l’ami vrai n’a jamais l’air avili par la main l’agrippant 28 mercredi – il ensemence les terres desséchées, il extirpe les épines, il espère 29 jeudi – immersive ferveur des sexes qui s’unissent 30 vendredi – de frêles brins entremêlés il me fit cette ferme tresse 31 samedi – canines arrachées, le carnassier se régala d’herbes sapides
septembre
1 dimanche – au sommet de la montagne le soleil retentit d’un tintamarre de couleurs 2 lundi – il prit un biscuit, but un vin cuit, minuit vint 3 mardi – il s’assit, raidi par l’accablant handicap, mais il n’avait pas mal, disait-il 4 mercredi – le chien se lèche, il s’étire, les petites filles rient 5 jeudi – elle s’immerge nue et se berce des effleurements du fleuve 6 vendredi – les petits chefs en veste grise sentent le dentifrice 7 samedi – la cithare et la harpe égrènent cette villanelle cristalline 8 dimanche – elle est folle la parole qui s’emballe un jour de retrouvailles 9 lundi – un surfil mit un fini subtil sur l’uni du tissu 10 mardi – il s’affairait à rafraîchir la sangria 11 mercredi – les pierres des cimetières dessinent des grilles vierges 12 jeudi – le destin n’est qu’un muet cruel qui rit et me tire les cheveux 13 vendredi – le dentiste se penche et mes gencives serrent les dents 14 samedi – dans sa cabine le capitaine avec le sextant vise Rigel 15 dimanche – un brin de farigoule jeté dans l’aubergine ma cuisine donne envie de danser 16 lundi – mistigri ! rugit-il, puis il prit un pli 17 mardi – avanti, citadin, va sifflant : tapi dans l’arc crânial vit l’intact jardin 18 mercredi – des persiennes fermées se déversent les ténèbres de ces tristes fenêtres 19 jeudi – un lutin curieux glisse une pupille furtive sur le livre que je revêts d’une écriture nerveuse 20 vendredi – sentinelle enivrée, rentre te dégriser, le fifre et le serpentin te relèvent 21 samedi – l’accident de santé laissa des traces irrémédiables 22 dimanche – d’un sourire moqueur fut accueilli mon gauche compliment 23 lundi – clin d’un cil sur un iris gris 24 mardi – l’habit allait à ravir: satin clair s’irisant d’isatis 25 mercredi – les tennismen émerveillèrent Lenglen de ces revers pleins de finesse 26 jeudi – une virgule s’insinue et cette missive sereine devient un dur texte guerrier 27 vendredi – de cette belle femme enceinte le ventre est énigme et tendresse 28 samedi – le gardien s’abrite de la bise sa cigarette brasille 29 dimanche – d’un osier bien assoupli le vannier confectionne de robustes paniers à cueillettes 30 lundi – fruit qui dit «pur» distinct d’«impur», fruit qui fit du futur un mur
octobre
1 mardi – l’assistant signala l’imparfait signal : ah, ça va ! fit l’aspirant, fais fissa sans tralala 2 mercredi – il descendit cette cheminée de mine et les ténèbres l’enfermèrent 3 jeudi – ils endurèrent des pluies tumultueuses qui mugirent deux lunes entières 4 vendredi – les venelles excentrées recèlent les enfermements d’êtres désespérés 5 samedi – cavale interminable, balle dans la tête, le sanglier s’abat, le sang se fige 6 dimanche – sous le casque à vélo flot de boucles dorées que la vitesse fait onduler 7 lundi – bus dix-huit, flux d’individus fugitifs, but indistinct 8 mardi – tram à l’apaisant ballant, rails t’aspirant à l’infini 9 mercredi – le ticket de chemin de fer libère le destrier des rêves 10 jeudi – sur le fil du téléférique sinue le vertigineux destin 11 vendredi – bercement serein des péniches entre les rives serpentines 12 samedi – le deltaplane vire, cherche l’ascendant, il siffle et décale sa glissade 13 dimanche – par des rencontres imprévues sont déviés nos caps vers un archipel second 14 lundi – il fut pris d’un virus; six nuits fut-il cru fini. vint un sursis : il vit ! 15 mardi – l’anglais n’a pas l’air si gai sans bandana 16 mercredi – le chêne débité, bien empilé, le fermier prend le petit verre mérité 17 jeudi – les ruines du bunker servirent de refuge et leur secret fut préservé 18 vendredi – pressée de livrer le secret de cette divine terrine en gelée, Edmée rit, se penche et se renferme 19 samedi – sa main tient ferme la laisse, le chien mène sans hésiter, le regard vide il traverse la ville 20 dimanche – la chorale s’échauffe à grandes vocalises 21 lundi – un rubis purpurin luit sur un tissu fin 22 mardi – ni pain bis ni sarrazin mais il savait trahir sa faim par six brins d’ingrat plantain 23 mercredi – neige crisse, pied s’imprime, givre pince, se décèle enfin cette petite remise désertée 24 jeudi – tuteur et ficelle béquillent cette jeune tige de chèvrefeuille 25 vendredi – il inverse les termes de ce dilemme et l’entretien redevient serein 26 samedi – la veine cave est ravagée par tant d’années de tabagisme 27 dimanche – dans les golfes turquoise de Lampedusa rôdent au gré des eaux les espérances englouties 28 lundi – l’Institut lui fit tribut d’un prix qui l’imbut plus qu’un dictum divin 29 mardi – apaisant raisin, grains d’airain, plaisir matinal 30 mercredi – des pénitents en vêtements beiges serpentent lentement dents serrées en signe de regret 31 jeudi – du jujube le suc acidulé m’excite les gencives
novembre
1 vendredi – de cette reine exilée se délivrent les chimères 2 samedi – les ballerines bien lacées gainaient le pied de l’enfant exaltée par la danse 3 dimanche – une foule innombrable a traversé le pont et les barrières se sont disloquées 4 lundi – du cubit un jus brun : il but un rhum pur 5 mardi – j’admirai l’artisan tant il avait mis d’art dans l’arc parfait parant la villa 6 mercredi – l’invertébré s’étire et serpente entre les pierres persillées de lichens 7 jeudi – funeste erreur : le jeu s’inverse, ils perdent, le rire se fige sur leurs lèvres 8 vendredi – l’Eternel est le berger, rien ne m’est enlevé 9 samedi – le rejet de la race, maladie de la France 10 dimanche – son discours amoureux tel une aile m’effleure 11 lundi – du mutin qui fut mis sur un grill, fut-il pris un butin ? 12 mardi – santal citrin, ta paix s’instillait dans l’air fragrant 13 mercredi – le désir des filles rebelles emplit l’été d’impertinence 14 jeudi – le chien truffier renifle queue levée puis désigne le chêne qui détient les perles ténébreuses 15 vendredi – de s’être défié des périls vénériens il est resté privé des délires intimes 16 samedi – fanfare, mascarade, farces et attrapes : le mariage fit grand tapage 17 dimanche – opium volutes paresseuses lueurs nocturnes où fourmille notre absence 18 lundi – un bizuth dut subir dix trucs punitifs 19 mardi – la main flattant jars, cils, fit pâlir l’animal 20 mercredi – l’éther étend ses relents éphémères et je me sens dériver 21 jeudi – les Bleus, d’un pied plein d’énergie, récupèrent leur billet vers le Brésil 22 vendredi – elle ne s’entend ni ne se sent, elle chemine, s’inflige et sidère, l’électricité 23 samedi – la dame tire la draperie et disparaît dans la retraite de ses larmes 24 dimanche – l’ombre de l’ossuaire m’endort en sa fraîcheur immobile 25 lundi – un lutin gris fit un grigri d’un brin de gui 26 mardi – l’infant vivait ici jadis s’initiant à l’art martial 27 mercredi – il s’imprègne de vétiver et se brise l’indifférence 28 jeudi – les vergers perdent leurs feuilles et de brume s’ensevelissent 29 vendredi – de cette percerette bien vrillée, je fixe le cheminement des vis en cette pièce de merisier 30 samedi – il se rassasie des baies acides grappillées pendant la balade
décembre
1 dimanche – il peignait au couteau des paysages courbes 2 lundi – il crut viril un rictus qui fit fuir dix inscrits 3 mardi – la fantasia va dans Bahia balançant la samba sans fin 4 mercredi – le serre-tête en fil tressé retient ses mèches rebelles 5 jeudi – file l’écume des brebis l’hiver vient cliquette l’esguille 6 vendredi – en été le silène déplie timidement ses petites miettes d’incendie 7 samedi – la valise a gardé le charme des trains express crachant le panache éclatant de l’errance 8 dimanche – le papillon butine, rouge et noir sur la lavande ensommeillée 9 lundi – d’un vil biffin hutu qui dit punir un tri incivil, qui survit ? nul tutsi 10 mardi – il bâtit la Sagrada Familia, mais n’arriva pas à la fin : fatal tram 11 mercredi – retirée de l’existence elle médite ses lèvres rient les ténèbres se fendent 12 jeudi – bienheureux duvet préserve mes nuits des hurlements du vent frileux 13 vendredi – cécité : le pied hésite, le chien précède fidèlement, devine le chemin, évite les dévers difficiles 14 samedi – le pantin de papier mâché traîne sa mine de farine 15 dimanche – sa gueule s’ouvre sur une machoire constellée de poignards d’ivoire 15 dimanche – son poignard à manche d’ivoire est ouvré d’une Goule ciselée 16 lundi – sûr du but il s’inscrivit muni d’un curriculum riquiqui 17 mardi – Lin blanc, frais jardin virginal, l’amant imaginait l’instant sacral 18 mercredi – l’écrin de cette reine enserre dix ferrets sertis de pierres fines 19 jeudi – une cuillère de miel entre tes lèvres de sucre 20 vendredi – l’enterrement chemine entre les stèles de silence vers cette pierre descellée + livraison spéciale : 20 vendredi – je remercie vivement Christine de ce reflet plein de finesse 21 samedi – gabier de misaine prends le ris chante tes peines 22 dimanche – comme la poule est fière de l’œuf qu’elle réchauffe sous ses plumes 23 lundi – il lui fit un flirt intrusif qui finit sur un lit 24 mardi – Marx a mis sa chair dans l’abrasif Capital 25 mercredi – les petites pièces tintent l’engin crépite et verse le thé 26 jeudi – victime d’une rumeur venimeuse il s’en fut sur une île perdue 27 vendredi – les petits tremblent de fièvre les mères veillent les infirmières ferment les fenêtres 28 samedi – le tablier de ma grand-mère garde la trace des années 29 dimanche – du moulin tournent les ailes sous la meule gonflent les sacs 30 lundi – si tu t’instruis du jiu jitsu plus nuit l’instinct brut plus tu ris 31 mardi – dans sa Panhard châssis avachi il avança cahin-caha
janvier
1 mercredi – en ce temps premier plein de liesse je l’espère verrez venir liberté rires et tendresse éveil des rêves et désirs 2 jeudi – nimbée de lumière elle se tient nue le sculpteur pétrit l’esquisse de terre humide et le silence les unit 3 vendredi – tirez les fèves fêtez les reines versez le vin 4 samedi – ils se passent l’alliance en gage de ce serment à jamais échangé 5 dimanche – l’aiguille court l’ourlet parachève l’habit 6 lundi – du rhus qui luit d’un si vif rubis un vil purin finit un cuir fin 7 mardi – il va glissant patins crissant dans l’air glaçant 8 mercredi – l’être divin dicte dix préceptes de pierre le pèlerin redescend plein de fièvre 9 jeudi – luisent les muscles des lutteurs et l’huile qui les enduit 10 vendredi – l’ensemble des réels se représente en cette belle ligne infinie 11 samedi – le cachet d’aspirine fait baisser la fièvre mais la détresse reste irrémédiable 12 dimanche – son oreille se dresse il agite l’oriflamme de sa queue le maître est de retour 13 lundi – surgi du tumulus il fit fuir dix tribus Hun 14 mardi – matin clivant chagrin lancinant trains passant par instants 15 mercredi – des jets terribles sifflent des évents des baleines le skipper se sent petit 16 jeudi – se ruer vers le sud ne dissipe ni les nuées ni les regrets 17 vendredi – le filin me retient entre les ridelles respirer me devient difficile 18 samedi – ah la malle chargée de cahiers pleins de taches d’encre et d’écrits enfantins 19 dimanche – le chœur lance un long crescendo la voûte m’enveloppe de résonances irréelles 20 lundi – l’instit lui fit subir un flux discursif plus vacuitif qu’instructif 21 mardi – ici finit la saga narrant Qamar az-Zamân dit Shahrzad disparaissant 22 mercredi – il se penche il tend les fils de lisse le métier grince regimbe et tisse des merveilles 23 jeudi – ruines d’un empire déchu pierres que le lierre enlumine reflets lugubres des fêtes perdues 24 vendredi – les fils déshérités le greffier triste les mièvres ressentiments 25 samedi – verse le vinaigre et brasse la salade entrebâille ta lèvre à cette fraîche acidité 26 dimanche – une colombe à mon balcon roucoule la vie s’écoule toute douce 27 lundi – tu t’unis tu ris tu mûris ubuntu tu vis 28 mardi – scintillant dans l’air accablant la marina paraissait par instants s’agrandir à l’infini 29 mercredi – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles (Merci à Philippe Simon qui m’a suggéré une amélioration de ce texte en monovocalisme) 30 jeudi – sur les digues muettes circulent des pèlerines grises que les embruns rendent indistinctes 31 vendredi – elle verse les cendres et se penche figée le semis gris se mêle d’effervescences et dérive emmené vers des mers tièdes
février
1 samedi – la capeline enchâssait dans le taffetas blanc le frais visage de la servante 2 dimanche – gronde canon vole boule de feu l’aurore saigne l’enfant est froid 3 lundi – vint un plumitif qui, s’il fit du bruit, n’inscrivit qu’infinis chichis 4 mardi – à sa main zigzags carmin sang trahissant l’assassin 5 mercredi – de délices interdites se tissent des fidélités indélébiles 6 jeudi – celui qui titube celle qui le suit cette pluie qui pleure 7 vendredi – de ces ténèbres il t’entend rire il rêve de te retenir il sent le vent te prendre et s’éteint 8 samedi – j’ai traversé le ciel et j’ai tracé ma ligne dans la sphère armillaire 9 dimanche – dans un coin du porte-monnaie je conserve pour moi seul des photos jaunies par la tristesse des souvenirs 10 lundi – « Pluribus unum » dit un tribun. Un cri surgit : « Un fusil ! Un fusil ! » 11 mardi – Faim fait faillir l’ami banal, main d’airain aplatit l’ami craintif. 12 mercredi – Le cerf est dépecé, les lévriers reniflent les déchets. Venez, le festin est prêt ! 13 jeudi – lune qui glisses entre les nues tu mesures les heures cruelles 14 vendredi – les pénitents gris inclinent vers l’est des têtes semées de cendre et le délire les prend 15 samedi – Il tira sa rapière et s’élança, ivre de haine, vers ses enfants. 16 dimanche – du profond des cavernes rousses monte une plainte amère et douce dont l’écho pleure sur les mousses 17 lundi – un must : un ti’punch bu sur un plum pudding ! 18 mardi – Jadis parfait à ski : patatras ! Fart a trahi, paraît-il… 19 mercredi – elle entre fière et sereine derrière elle se ferment les grilles elle n’emmène regret ni désir 20 jeudi – nu humilié le supplice vrille ses pensées il n’est que muscles viscères et vertige 21 vendredi – être sensible n’interdit ni l’énergie ni le rire 22 samedi – de la carrière de marbre la plaie laisse perler le sang blanchâtre des Apennins éventrés 23 dimanche – le fromager serre le linge on voit goutter le petit lait sous la voûte moite reposent des formes lourdes alignées 24 lundi – un muid d’un vin du cru mit fin cuits dix biffins 25 mardi – jamais inactif s’affairant à l’ingrat travail il avait à la main d’irritants cals 26 mercredi – c’est le dégel les perce-neiges sertissent les prés de petite perles irréelles 27 jeudi – sur les ruines de Kiev enfumée des meutes hurlèrent des jeunes chutèrent une sève est revenue 28 vendredi – L’hiver est terminé. Rire de filles et temps léger.
mars
1 samedi – ah paresse amie fidèle jamais elle ne me délaisse 2 dimanche – roulé dans un brocart posé sur un fagot le corps devient vapeur volutes d’un amour 3 lundi – d’un fil tu pris un pipit : un cri furtif puis il chut. fini. 4 mardi – paria. sang infamant. à bannir à jamais. il parapha. 5 mercredi – elle revit pêle-mêle temps de liesses et temps de détresses enfin elle se sentit prête 6 jeudi – sur tes lèvres humides le timbre est humecté de ce pli qui renferme des feuillets pleins de feu 7 vendredi – les règlements interdisent de rire et de s’étreindre 8 samedi – la paix faite à l’apéritif tient le temps de se mettre à table 9 dimanche – la bulle s’arrondit se détache mon image inversée tourne avec lenteur puis d’une giclée savonneuse meurt 10 lundi – muni d’un trusquin il inscrivit un fil qu’il suivit du burin 11 mardi – il gavait à la main six canards blancs 12 mercredi – Dentelière, dès l’éveil, tire le petit siège et le métier, vérifie le dernier fil, reprends tes petits gestes vifs et le silence. 13 jeudi – Un petit tumulus de sciure : c’est sûr, des vers creusent d’un vestibule le buffet Henri II. Vite ! pulvérisez ce liquide, et tuez. 14 vendredi – il se fend de ce genre de repentir sincère et le Père s’irrite de l’entendre rire 15 samedi – le train s’arrête en rase campagne le passager regarde et s’avise de la présence de villages riants 16 dimanche – quelque part un piano joue du Chopin la couturière s’interrompt elle se souvient des insouciances d’enfant à Varsovie 17 lundi – Du lutrin, il lut un dit. Un dit cru : plus d’un fut surpris. 18 mardi – raidir sa main fait haïr à jamais s’avilir n’a jamais bâti la paix 19 mercredi – pénétré d’idées extrêmes, il rejette les différences 20 jeudi – une libellule mire sur le fleuve ce pendentif de dentelle bleue 21 vendredi – le pilier est de l’église penche des pierres se délitent le prêtre cesse de prêcher 22 samedi – avançant dans le sable enlacée par le vent la chamelle blatère et va la caravane 23 dimanche – sa parole est tarie son regard flotte vide son fauteuil est gris 24 lundi – buccins, luths, dizis : un tutti qui fit du bruit ! 25 mardi – train disparaissant à grands ahans dans la taïga l’amant blafard agitant la main 26 mercredi – derrière ces belles sentences il entend des pensées infectes 27 jeudi – les deux lés de tissu bien surfilés régler le juste pied de biche mettre cette fermeture zippée sur l’envers 28 vendredi – pied léger bergère chemine herbe frémit le chien mène les brebis 29 samedi – l’athlète a franchi la limite sa face baignée des larmes du calvaire s’éclaire le ciel danse dans sa tête 30 dimanche – il pose la nuque sur un lit de mousse fraîche écoutant dans l’ombre les frôlements de la forêt 31 lundi – Punir qui nuit, unir dix tribus, issir plus qu’un duc… puis finir nu ? Il rit.
avril
1 mardi – maman allaitant main câlinant matin chantant 2 mercredi – entre les récifs émergés retentit le cheminement des mers en éternel délire 3 jeudi – il est seul le merle endeuillé qui pleure entre les feuilles du tilleul 4 vendredi – le criminel se repentit le préfet le fit pendre le gibet giflé de vent émit le sifflement des drisses de l’enfer 5 samedi – les lacs pleins d’alevins dans les replis alpins s’animent en été de larmes argentées 6 dimanche – d’un pinceau léger l’artiste ajoute une ombre et l’ébauche prend vie 7 lundi – Minuit. Du night-club vint un bruit indistinct. Surgit un british qu’un gus mis d’un kilt fit fuir. 8 mardi – gamin s’inclinant, niña glissant sa main, jardin fragrant d’aimant jasmin 9 mercredi – Stridence de l’épervier, tremblement de ses victimes. Le bec se fiche, cherche, brise. 10 jeudi – le ciel s’énerve du cri bleu des sternes 11 vendredi – serein entre les infirmiers il se berce de cette civière emmenée en silence il se sent prêt 12 samedi – dans la paix de la palmeraie se tient l’assemblée des sages va la palabre et le temps laisse germer la phrase vraie 13 dimanche – pourquoi es-tu resté loin de moi si longtemps ? il a répondu : c’est le vent 14 lundi – tutu gris, Miss Childs fit un bis sur un vif pizz du luth 15 mardi – aria, final, art saisissant. Franck imprimant sa paix, la main paraît agrandir l’arc astral 16 mercredi – de lignes interférentes le peintre segmente ses perspectives et révèle des réels inversés 17 jeudi – du cube de pierre net d’impureté le sculpteur enlève d’infimes lunules et surgit une ligne de rupture qui suspend l’univers 18 vendredi – ceint de vêtements sélénites le mime épingle l’éphémère et le rire devient rêve 19 samedi – la mise en scène est achevée. dans des salles célestes se massent les fans avides des magies de l’image 20 dimanche – le poète est pendu. de son corps torturé la parole est éteinte mais la poésie flambe #HashemShaabani 21 lundi – T-shirts, fut’s, pulls, slips, plus un multi-kit : il prit un minimum. Nul surplus qui lui nuisît. 22 mardi – habitant parmi lavandins, anis, ricins, il invitait d’admiratifs amis saisis par l’anarchisant mistral 23 mercredi – bébé cherche le sein mère sent les petites gencives trêve tiède fête sereine 24 jeudi – viens cueillir sur l’épine du mur le fruit juteux qui sucre tes murmures 25 vendredi – hier est petit devenir est immense 26 samedi – les amitiés d’avril sentent le frais narcisse 27 dimanche – tout l’amour de la couturière dans la robe où tu devins flamme 28 lundi – ci gît un individu si fin qu’il fut lu du sud jusqu’ici, si mutin qu’il fut puni du fusil, si pur qu’il vit l’infini 29 mardi – instant calin mains s’alliant chair s’attardant matin passant 30 mercredi – dernier vers de l’éphéméride tristesse des rêves enterrés fête des semences levées
Cette page est une compilation des tweets lipogrammatiques envoyés quotidiennement du 1er mai 2013 au 30 avril 2014. Les voyelles de chaque texte doivent coïncider avec celles du jour courant. Pour le dimanche, repos dominical : simple pentavocalisme en a,e,i,o,u. Dans son poème «Semaine amnésie», Gilles Esposito-Farèse a fait encore mieux: seules lettres autorisées = celles du jour !
passer le balai ça peut s’apprendre à tout âge et ce n’est pas l’apanage des humbles valets
cesse de râler quand c’est ton tour de ménage au prétexte d’être en nage et de t’affaler
tout dans la maison doit embaumer doit reluire en chaque saison
cire la crédence ravive l’éclat du cuir l’aspirateur danse
Le précédent essai de sonnaïku a provoqué une grande activité sur la liste Oulipo qui a vu de nombreuses propositions de variantes de cette forme. Gilles Esposito-Farèse a remarqué que la forme qu’il a initialement définie ne permettait pas l’alternance des rimes féminines et masculines. Il a illustré dans son beau Sonnaïku pastoral une modification pour résoudre ce problème. Une autre solution est proposée ici… mais qui risque fort de ne pas être homologuée: tout en conservant le schéma initial, utiliser une rime « androgyne » (reluire-cuir, intrusion du consonantique au sein des féminines et masculines). A noter que l’alternance vocalique-consonantique n’est pas respectée: ce serait chose impossible pour les mêmes raisons que l’impossibilité rencontrée par Gilles sur les F-M. Posté sur la liste Oulipo le 4 mai 2013.
dans ton lit pliant au calme de la chambrette d’ombres l’horrible retraite te frôle en riant
viennent jours brillants où ta force de prophète d’arbres que bat la tempête rend le tronc vaillant
dans la nonchalance tiède en la maturité grandit le silence
puis la brume grise sur ton bel œil irrité pose son emprise
Essai de sonnaïku à la manière de Gilles Esposito-Farèse. Ce dernier a cherché à allier la forme sonnet et le haïku. Nombre de syllabes : 5 7 7 5 / 5 7 7 5 / 5 7 5 / 5 7 5 Schéma de rimes : a b b a / a b b a / c d c / e d e Posté sur la liste Oulipo le 1er mai 2013.
Le Positiméride, projet d’un an, a démarré le 1er mai 2020.
On trouvera ici les livraisons quotidiennes du mois d’Homère
29 janvier – 1er Homère – Hésiode
Phalènes vifs, ondoyeux, Hadès servit vos desseins.
30 janvier – 2 Homère – Tyrtée
Tout tyran naît d’Éden, Suit l’Hydre, voit l’Enfer.
31 janvier – 3 Homère – Anacréon
L’amant Caché, L’archer Dormant.
1er février – 4 Homère – Pindare
Pétrirons des farines Plein cuirons de pains d’orge Parmi nous de grands rires Puis irons droit au prêtre Pour signer doux mariage Petit monde aimant rêve
2 février – 5 Homère – Sophocle
Sois fort, percheron, cheval fier. Dans ton pas, charroi court, valse, Sillon penche, au sol croît le blé.
3 février – 6 Homère – Théocrite
Tanches et loches, rondins, truites, Ont hanté nos clairs rus : dites-le. Tachés de noir, secs, morts, l’air et l’eau.
4 février – 7 Homère – Eschyle
Drossa, clochant, yole à sec. Vieux s’y cacha. Y logeait, En sa couche au nylon bleu.
5 février – 8 Homère – Scopas
Sois scorpion. Pique aux pieds.
6 février – 9 Homère – Zeuxis
Zygène aux beaux noirs sang. Zèle amoureux. Poison Chez teigneux expirants.
7 février – 10 Homère – Ictinus
Ici tu vins sans ruse. Ici tout rit sans soucis. Ici ta reine d’un soir.
8 février – 11 Homère – Praxitèle
Pour rien, à deux mains, tue l’élan fier.
9 février – 12 Homère – Lysippe
Les cygnes si purs passent Les lyres loin s’appellent Vieille yeuse fripée penche
10 février – 13 Homère – Apelles
J’ai peint les belles Et les grands. Puis en l’oubli versai.
11 février – 14 Homère – Phidias
Peur choyai, Dédain baisai.
12 février – 15 Homère – Esope
Le soir mort passe.
13 février – 16 Homère – Plaute
Par les champs sœurs trottaient Perles au cou tintaient Parlaient aux vautours dieux Paix là-haut outre obvieux
14 février – 17 Homère – Térence
Tout est repentance et deuil.
15 février – 18 Homère – Phèdre
Pencher, ne dire rien. Puis, honteux d’être en vie, Prêcher l’heur de ramper.
16 février – 19 Homère – Juvénal
Jour nouveau. Le mont pâlit. Juste ouvre le vantail bleu. Jumeaux, vont meuglant, ballant, joueurs, veaux. Le grand aigle jouit du vide, en long ballet. Jeu du vent errant dans les joncs où vit l’enfant sans loi.
17 février – 20 Homère – Lucien
Il peut choisir les vins Il peut courir les sprints Les sourcils bien peignés La bouche où brillent dents Lance un clair rire franc Lorsqu’on chute il tue net
18 février – 21 Homère – Aristophane
Bâtardise : Ethno penche, Marchandé Par surprise. Ton sort : planche Dans clandé.