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Illumination fossilisée

La prise de la Bastille

Tout danse autour. J’ exulte. Je les ai déterrés et suis tendu. Invisible étoile, traîne des chevelures à scintillantes cordes, mais étoile mourant de bonheur. D’un clocher, dément or jette à coups d’ écope. Clocher sans chaînes tombe. Des faux des gueux, guirlandes flottent. Fenêtre, claque de plaisir ! À déraison, fenêtre, tambourine !
Sabbat

Tout autour exulte. Les déterrés suis, invisible traîne. Chevelures scintillantes mais mourant bonheur. Un dément jette coups, écope sans tombe, faux. Gueux flottent, claque plaisir, déraison tambourine.

Après les fossilisations de Proust et de Verlaine, c’est à Rimbaud cette fois-ci qu’on applique la fossilisation, suivant le même processus que pour Verlaine. On part du poème
« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. »
dont la permutation de Queneau-Daniel tire la suite de termes
« * danse * j’ * je * ai * et * tendu * étoile * des * à * cordes * étoile * de * d’ * clocher * or * à * d’ * clocher * chaînes * des * des * guirlandes * fenêtre * de * à * fenêtre * »
Cette fois on intercale exactement 1 mot dans chaque intervalle matérialisé par une étoile *.
Posté sur la liste Oulipo le 5 juillet 2026
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Fossilisation de Verlaine

Jours sans

Tramontane
sifflant, monotone,
nous dit les désirs, la langueur,
force les sanglots passionnés, gelant une soif
de longs jours sans, d'amorce stérile, des voix que cœur mord contrefaisant violons.

Sourire à
mon loisir sournois
de mort, que blessent simulacres ?

Mirent l'ombre,
amenant automne,

hiers gris.
Stérile voix

Tramontane, sifflant,
nous dit désirs : la force,
les passionnés gelant.
Soif de jours sans amorce.

Stérile voix que mord,
contrefaisant sourire,
à loisir sournois mort
que simulacres mirent.

Ombre amenant hiers gris.

Après la fossilisation de Proust, on applique le même procédé de fossilisation à partir de la première strophe de Chanson d’automne de Paul Verlaine. Cette fois-ci la permutation intervenant dans le premier temps est la permutation de Queneau-Daniel illustrée ci-dessous ; le visuel, évoquant la gidouille chère au Collège de Pataphysique, suggère l’idée d’un coquillage ( voir figure ci-dessous). Pour ce second essai on choisit au deuxième temps d’intercaler deux mots entre deux termes successifs de la phrase permutée. Les temps 2 et 3 fournissent respectivement les deux poèmes ci-dessus, dont le premier est en forme de bigollo, et le second se compose essentiellement de deux strophes rimées.

Posté sur la liste Oulipo le 26 juin 2026.

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Fossilisation de Proust

Contemplation

L'eau est bonne.
Le soleil est couché.
Une légère brise me berce.
Je contemple longtemps les vagues et je rêve
que je suis doucement englouti dans de sourdes profondeurs.
Dors, heure, ne tourne plus.
Torpeur

L'eau est le soleil,
est une légère brise. Berce.
Je contemple les vagues et rêve que je,
doucement englouti dans sourdes profondeurs,
dors.
Ne tourne plus.

Ces deux poèmes sont obtenus par un procédé de « fossilisation » à partir de la célèbre phrase de Marcel Proust « Longtemps je me suis couché de bonne heure. »
On obtient sa fossilisation en trois temps :on opère sa fossilisation en 3 temps :
1) coquillage : permutation selon une idée de spirale connue sous le nom de gidaille (voir figure ci-dessous) ;
2) enganguement :insertion de 3 mots entre deux termes successifs de la phrase permutée ;
3) disparition : les mots initiaux sont enlevés ; il ne reste que leur souvenir fossilisé.
Les deux poèmes sont obtenus en phases 2 et 3.

Posté sur la liste Oulipo le 12 juin 2026.

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