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l’escalier

l'escalier montait
jusqu'au seuil d'une porte
la porte s'ouvrait
sur une chambre torte
la chambre sentait
le parfum d'une morte
la morte dormait
pleine de grâce forte

Prendre un architog 5757575. Lui rogner les vers longs. Mettre un vers en trop.
Ça fait un architof ou « archi tanka oulipien frelaté ».
Oui, on pourrait aussi parler de quatrain d’hendécasyllabes.
Publié sur la liste Oulipo le 16 décembre 2023.

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Limerick inclusif

La bielle a coulé.
Lâche, iel, acculé.e,
fait sortir.e
de sa tire,
là, vieil.le à cou laid.

Pas mécontent, dans ce limerick, d’inventer un infinitif inclusif qui ne veut strictement rien dire ( ce qui n’est bien sûr pas le cas des substantifs et adjectifs inclusifs ).

Et… l’avant dernier mot c’est bien « cou » et rien d’autre, bande de chenapans.
Publié sur la liste Oulipo le 30 novembre 2023.

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Oasis d’un rêve nu

Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux
Arrondis pour mieux voir poindre un cortège d'anges
Sur leurs luths égrenant des mélodies étranges !
Île qui m'accueillit, naufragé studieux,
S'échouant d'une mer que n'animent les rides
D'aucun élan courant ses stagnations virides.
Un solitaire pas d'errances pénitentes
Nuitamment devant moi fit surgir, crues et belles,
Rêvantes ses splendeurs parmi d'ocres ombelles.
Ensemble allâmes loin des poteaux et des tentes
Vers le sombre refuge où les bêtes cruelles
Épousailles se font sous les fleurs éclatantes.
Nous ne parlâmes pas de nos peines latentes :
Un vent chaud effaçait consonnes et voyelles.

Une idée proposée par Pierre Lamy a été largement illustrée ces jours-ci sur la liste Oulipo : celle de poème inversé. Partant d’un poème connu, il s’agit d’en conserver le dernier vers et l’ensemble des rimes qui apparaîtront dans l’ordre inverse. Le sonnet inversé ci-dessus est composé selon cette nouvelle contrainte, à partir de « Voyelles » d’Arthur Rimbaud, selon une version augmentée dans laquelle ce sont les mots à la rime qui sont conservés. De plus le titre est repris en acrostiche.
Publié sur la liste Oulipo le 30 octobre 2023.

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Mad, on net ends, arose : Madonne tend sa rose.

Sur le divan dont j'ai rêvé
comment broder, tel un insecte,
une image simple et correcte
à l'étage où je dors, crevé ?

Can I decorate, normal a desire, couch on sleeping level, ant ?

Barked as a dog player of horn
at singer, whom awful desease
tortured as pins, and who like geese
cried, or like cow when calf is born.

Canidé, cor à ténor : malade sire ? Couchons le, épinglé, vêlant.

Nouvel essai d’un isogramme bilingue, déjà tenté il y a dix ans.
Publié sur la liste Oulipo le 28 septembre 2023.

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ma démesure made me sure

Ornements comme uniforme
De ces chimistes hors norme
N’obvient au triste bilan
Le monde est sanguinolant

Bridle, suitable dress, emblem, o insane green chem is equal. I’m on a desert.

He was followed by his boy
Such obsequious man enjoy
Equipped with a liquid mind
Bringing what you ought to find

Brid le suit à bled : ressemble moins à nègre en chemise qu’à limonade. Sert.

Ce poème est un essai d’homographie bilingue adressé au site littéraire anglophone HOAX qui m’a fait l’honneur de l’afficher en bonne place.
Posté sur la liste Oulipo le 11 juin 2013.

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Je crois que deux et deux sont quatre

Onc il eut, à son jeu libéral,
en art seul penchant
et aux dieux dédain.


Il eut ans,
  et à ce regard,
  temps
  différant,
en arc se pencha.


En air
  eau à crêts mêla
  feu
    et aux cieux versa
    le
    sang.


Ergs, aas
  à mer cédaient.
    Eaux à prés jetaient
    plein
    vrac.


Et as,
  à mer entrant,
    à ce néant
    va.


Eut art.
  A des géants
    le trépas.


Et a
  de
    grès
      le repas. 

Une citation de Dom Juan de Molière sert de titre à ce nouvel essai de la contrainte lambda, tandis que le texte s’inspire ( très librement ) de son destin.
En λ-calcul toute l’arithmétique est représentée. Voici comment on traduit
le nombre 2 : λe λa ( e ( e a ))
le nombre 4 : λe λa ( e ( e ( e ( e a ))))
et généralement le nombre k : λe λa ( e ( e ( e ( e … ( e a ) … )))) dans lequel sont présentes k occurrences de « e ».
l’addition est le terme λo λi λe λa ( o e ( i e a ))
et le calcul que traduit ce poème part de ( + 2 2 ) et aboutit à 4 ; comme auparavant les indentations remplacent les parenthèse compliquées :

λo λi λe λa ( o e ( i e a ))
λe λa ( e ( e a ))
λe λa ( e ( e a ))

->

λi λe λa
  λe λa ( e ( e a ))
  e
  ( i e a )
λe λa ( e ( e a ))

->

λe λa
  λe λa ( e ( e a ))
  e
    λe λa ( e ( e a ))
    e
    a

->

λe λa
  λa ( e ( e a ))
    λe λa ( e ( e a ))
    e
    a

->

λe λa
  λa ( e ( e a ))
    λa ( e ( e a ))
    a

->

λe λa
  λa ( e ( e a ))
  ( e ( e a ))

->

λe λa
  e
    e
      e ( e a )

Vocabulaire : aa = coulée de lave volcanique rugueuse.
Publié sur la liste Oulipo le 20 septembre 2023.

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Tabou

Ah, tout
à coup
l'amour
partout !

Bras... cou...
fard roux...
atours...
nard fou...

Va gnou,
va loup.
J'accours
à vous.

Mal ? ou
art doux ?
Ma cour
absous.

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Étreindre

On a toujours envie de longuement
étreindre
un ami.

Ah, étreindre ? Étreindre...
    Entier
    cet
    espiègle heur bref.
Us admis.

Étreindre ? Enfreindre ?
Éveil
en
entière mue, prêt.

Étreindre ? Enceindre ?
Étier
vers
enceinte vue : mer. 

Ce poème est la première tentative d’une nouvelle « contrainte lambda », adaptation de la théorie du λ-calcul importante en informatique théorique. On trouvera la description de cette contrainte très matheuse dans la page « Contraintes » de ce site.
Ci-dessous le terme représenté par la première strophe du poème, et les termes successifs du calcul dont le poème est l’habillage. Notons que la quatrième strophe est identique à la précédente : en effet le premier vers est un exemple classique de calcul infini en λ-calcul. J’ai choisi d’arrêter le poème dès que cette situation se présente.

Terme initial :

λo λa ( (ou ou ) λe ie e  ( o ue e ) ) λe (ei e) λu λa i

Le même en 3 lignes pour permettre la suppression des parenthèses dans la traduction :

λo λa ( (ou ou ) λe ie  e  ( o ue e ) )
λe (ei e)
λu λa i

[ réduction du λo ] ->

λa (λe (ei e) λe (ei e) )
   λe ie
   e
   λe (ei e) ue e
λu λa i

[ réduction du premier λa ] ->

λe (ei e)  λe (ei e)
λe ie
e
λe (ei e) ue e

[ réduction du premier λe ] ->

λe (ei e) λe (ei e)
λe ie
e
λe (ei e) ue e

Publié sur la liste Oulipo le 11 septembre 2023.

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Chantre vole

Et l'unique appris s'emmêle,
cordeau sabré par nos peurs.
Des trompettes, les clameurs
marines nous servent d'aile.

Dans ce quatrain isocèle on peut lire, en acrostiche de groupes de mots par vers, le poème « Chantre » de Guillaume Apollinaire. ( la terminologie unifiée « acrostiche de X par Y est due à Nicolas Graner ). C’est aussi un essai de codage gématrique binaire, une idée de Rémi Schulz : La gématrie de chaque vers est la somme des valeurs de ses lettres si l’on compte a=1, b=2, …, z=26. Chacune de ces quatre gématries est écrite en numération binaire, et la représentation de ces quatre nombres binaires sous forme de suite de carrés noirs (pour les 1) et blancs (pour les 0) donne une image. Dans l’image codée gématriquement par ce poème, visible ci-dessus ( et dont je n’ai su ôter une verrue ), je vois une anagramme du mot « FIL » en résonance à l’emmêlement du cordeau. L’isocélisme n’est pas affecté par le retrait de la ponctuation.
Publié sur la liste Oulipo le 9 septembre 2023.

Note : ci-dessous une variante qui m’a été communiquée par Gilles Esposito-Farèse. On y trouve un codage gématrique parfait de l’image du mot FIL qui le suit :

Et l'unique frontière,
Cordeau là, du balai !
Des trompettes à lai ?
Marines : à sa bière !

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Papin

De Papin
la marmite
lasse vite
tout copain.

En Chopin
tout s'effrite
quand le quitte
sa Dupin.

En surface
tout s'efface,
tout s'éteint.

Quand tout sombre,
au matin,
reste l'ombre.

La liste Oulipo voit surgir un ensemble de poèmes contenant le mot Papin ( Denis ) avec des contraintes diverses. Ici un sonnet de trisyllabes.
Publié sur la liste Oulipo le 3 septembre 2023.

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