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Prairial

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de prairial.

20 mai – 1er prairial – Luzerne

Louez le zéro !
Réel à relire en « rien ».
En lui, nulle erreur.

21 mai – 2 prairial – Hémérocalle

O calme rocaille :
Le marcheur aime l’arôme.
Murmure la mare.

22 mai – 3 prairial – Trèfle

Le troll affolé
Flotte et file au trot, fluet.
Fuit reflet fatal.

23 mai – 4 prairial – Angélique

Un geai nu qui nage
Illogique ! Non, que nenni
Le geai nu le nie

( Hélène Verdier )

24 mai – 5 prairial – Canard

Déçu, coi, rendu,
Candide a couru en rond,
Au cœur un accroc.

25 mai – 6 prairial – Mélisse

La simili-miss
Aimée, assimilée, lisse,
Sème la liesse.

( Nicolas Graner )

26 mai – 7 prairial – Fromental

La traite au matin.
Tarine a l’amour à l’œil.
L’été luit au Mont.

27 mai – 8 prairial – Lis martagon

Seul, agonisant,
Le mage mène à son terme
L’erre sans retour.

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Le pasteur est las.
Sa pelisse épaisse pèse.
Troupeau s’éparpille.

29 mai – 10 prairial – Faux

Affixé au fax :
Eau, feu, foie, oeuf, fée, faux yeux.
Fou fieffé a fui.

( Nicolas Graner )

30 mai – 11 prairial – Fraise

Sur sari s’affaire
Sûre fée sous frais sureau
Ô sœur ! ses souris

( Brigitte Pellat )

31 mai – 12 prairial – Bétoine

Ta tête bénie
Tantine au bonnet bénin
Bétonne la nuit.

( Nic Sirkis )

1er juin – 13 prairial – Pois

Oiseau épuisé
Se pose au pays sépia.
Epouse s’apaise.

2 juin – 14 prairial – Acacia

Caïd décida.
Cou coudé, ado céda.
Adieu, douce idée…

( Le nom « Acacia » possédant une seule consonne « c », lui sont adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quartidi » ; seule « d »  a été utilisée ici )

3 juin – 15 prairial – Caille

L’élue a cillé.
A l’oeil coule l’eau celée,
Calice lilial.

4 juin – 16 prairial – Œillet

Alitée, allaite.
Il tâte l’étole et tète.
L’étoile, elle, luit.

5 juin  – 17 prairial – Sureau

Rare sueur russe
Sûr ! Sa ruse a assuré !
Erreur ressassée

( Guy Deflaux , beau présent pour le sureau)

6 juin – 18 prairial – Pavot

Ta tête – ô toupie !
vite apitoyée pivote.
Veuve y vaut poupée.

( Annie Hupé )

7 juin – 19 prairial – Tilleul

l’été étalé
l’été ailé attelé
l’été à Etel

(Gérard Le Goff)

8 juin – 20 prairial – Fourche

ah friche cachée
chère ruche chère roche
riche huche fraîche

(Gérard Le Goff)

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Eau : Bébé a bu.
Beur à Auber ? Au barreau !
Ubu erre au bar

( Guy Deflaux , beau présent pour le barbeau)

10 juin – 22 prairial Camomille

momie calme lac
comme à la cime acclamé
aime le calame

(Gérard Le Goff)

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Février fleuri,
ferveur réveillée, férule
virile levée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le chèvrefeuille ‏)

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

L’élite était là,
la tata et le titi,
la telle et la tête.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le caille-lait ‏)

13 juin – 25 prairial – Tanche

Tanche tachetée
achetée à échéance,
tentante et cachée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour la tanche‏)

14 juin – 26 prairial – Jasmin

O joueuse amie.
J’aime son jeune minois.
Ma main à sa joue.

15 juin – 27 prairial – Verveine

Verveine rêvée,
reine ivre, venin en verre,
venin vénérien.

( Bernard Maréchal, beau présent ‏)

16 juin – 28 prairial – Thym

Meute, tête haute,
A tué homme au totem.
O mythe muet.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Epave nippée
VIP a eu pépin
Ni penny ni pain

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 juin – 30 prairial – Chariot

Tricheur au tarot
Cache roi, tire atout cœur.
Haro : riche à tort !

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Floréal

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de floréal.

Fin du Sankulipo (avril 2016 )

20 avril – 1 floréal – Rose

    Sérieuse erreur :
    Au soir, assise au rosaire,
    Sœur osa sourire !

21 avril – 2 floréal – Chêne

    Haïe ou choyée ? 
    Icône ou cachée ? Chou ? Ache ? 
    Noun ! Aucun écho. 
            
      ( Annie Hupé ) 

22 avril – 3 floréal – Fougère

    Fourrure ou gruyère,
Gère affaire où griffe égorge.
Grugé : Or a fui.

23 avril – 4 floréal – Aubépine

    Bénie ou bannie ?
    Une année à pouponner.
    Aubaine ou pépin ?

      ( Marie-Noëlle Bertrand )

24avril – 5 floréal – Rossignol

    Le sang ruissela
Ange s’en gargarisa
Goule agonisa

25 avril – 6 floréal – Ancolie

    Nul canal à Nice,
    le ciel a lancé la lune
    lucane inconnue


        ( Annie Hupé )

26 avril – 7 floréal – Muguet

    Matou mégotait…
    Gigot ? Mouette ? Méga miam !
    A goûté à tout.

        ( Marie-Noëlle Bertrand )

27 avril – 8 floréal – Champignon

    Un chêne penché.
Une magicienne mâche
Un pain non coupé.

28 avril – 9 floréal – Hyacinthe

    Chatte tachetée
Achetée un yuan huit
A tué ta chouette.

29 avril – 10 floréal – Râteau

    Erreur ! Atterré,
    tueur a raté artère,
    et tâté urètre…


        ( Bernard Maréchal ‏)

30 avril – 11 floréal – Rhubarbe

    Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !

Début du Sankulipo (mai 2015) :

1er mai – 12 floréal – Sainfoin

    Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.

2 mai – 13 floréal – Bâton d’or

    Barbier dort debout :
A tant tondu, tant natté.
Tout tourne au retour.

3 mai – 14 floréal – Chamerops

    Amère paresse.
Ah ! Reproche remâché
Empêche ma pose.

4 mai -15 floréal – Ver à soie

    O rêve irisé,
Vers susurrés sous osiers
Où sève se verse.

5 mai – 16 floréal – Consoude

    Assise, nouée,
Coud sans cesse, dé dansant,
Dos sec secoué.

6 mai – 17 floréal – Pimprenelle

    La perle opaline
Roule en mer, éparpillée.
Pleure, mariée.

7 mai – 18 floréal – Corbeille d’or

    Délie le rideau :
Bébé, au berceau brodé,
Babille à l’aurore.

8 mai – 19 floréal – Arroche

    Croc accroche hure !
Archer, accouru au cor,
Arrache cœur ocre.

9 mai – 20 floréal – Sarcloir

    Ses sous calculés
Elle a reçu son salaire
O son rire clair

10 mai – 21 floréal – Statice

    Coteau sec, tassé.
    Cesse et sous tes socs, écoute :
    Ici, tout s’est tu.


        ( David Bricout. )

11  mai – 22 floréal – Fritillaire

    Il fera la fête
Falafel et rire fou
La fleur à la tête

12 mai – 23 floréal – Bourrache

    Hère, cherche abri
Car bourreau abhorre cœur.
Broie. Ecorche. Roue.

13 mai – 24 floréal – Valériane

    Levain nourrira,
Vanille ouvrira narine,
Vin réveillera.

14 mai – 25 floréal – Carpe

    Par ce pré carré
Cria père au cœur pourri.
Rapière a percé.

15 mai – 26 floréal – Fusain

    Un faune assoiffé
A fini sa fine au seau.
Sonné, se noya.

16 mai – 27 floréal – Civette

    Ce tacot va vite !
Evite auto, tue cocotte.
Ceci vaut civet.

17 mai – 28 floréal – Buglosse

    La belle logeuse
A laissé l’asile au gosse
Bègue. Il la salue.

18 mai – 29 floréal – Sénevé

    Eau noya vaisseau.
Voisin sauva son neveu.
S’envasa sans vie.

19 mai – 30 floréal – Houlette

    L’huile, l’eau, le thé.
Louloute tête le lait.
Il lit, étalé.
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Oripeaux

Empédocle

Paradait, prince à dix balles.
Rouge habit. Ne reste rien
Qu’une paire de sandales.

Dans le gouffre tellurien
Jeté aux peurs minérales,
N’a laissé, mourant terrien,
Qu’une paire de sandales.

Du penseur aux cheveux longs
Dont les ardentes paroles
Frappèrent tant d’âmes folles,
Dressèrent tant de jalons,
Brillait au centre des salles
Rouge habit. Ne reste rien
Qu’une paire de sandales.

Explorant une contrainte de Jacques Bens, le sonnet irrationnel, dont les strophes ont pour longueurs respectives les premiers chiffres de l’écriture décimale du nombre π = 3,1415…, Gilles Esposito-Farèse a mis au jour une série de sonnets irrationnels forgés sur l’écriture en bases diverses des nombres célèbres (pourvu que l’on obtienne 14 vers). Ici j’expérimente l’écriture de π en base 30 : π = 3,47… et cette forme m’a paru inviter à une forme à refrain, à la façon des rondels d’antan.
Posté sur la liste Oulipo le 16 mars 2021

Oripeaux : Précédent Suivant

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Journal 2014

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31 décembre : A chacun de vous mes vœux sincères pour l’année nouvelle.

Quinze :
Qu’il t’enlumine l’univers,
Qu’il reluise d’un ciel sublime,
Qu’il feutrise pluvieux hiver
Quiet, qui ne nuise sur cime.

Quinze :
Puisses-tu tirer d’un vieux livre
Un vin né du riz et du miel
Qui rend surpris le furieux ivre.
Utile cuite, un bien d’Uriel !

Quinze :
Fruit des nuits, le gui s’est mûri ;
Pendu il réunit les druides.
Qu’il te guide d’un fil fleuri.
Ressurgis neuf, libre, lucide.

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25 décembre : Le tautavent s’achève: ses 26 tautogrammes ont occupé la période de l’Avent. Il s’achève sur le vœu suivant:

Ayez bon cœur, donnez encore, faites grandir heureux instinct, joyeux korrigans, lutins merveilleux : Noël opère paix qui règne sur tout univers. Vivez week-end xénophile, yeux zen.

30 novembre : Début de l’Avent. Un calendrier d’inspiration oulipienne commence aujourd’hui sur ce site.  Le texte du jour figure en en-tête, l’ensemble des textes dévoilés se trouve sur la page du Tautavent.

26 novembre : Il y a quarante ans, Simone Veil présentait le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Un pantoun :

Veil fit ce métier de ministre
En dépit des cris et rejets
Femme ris de l’hiver sinistre
Fière chéris les vents légers

18 novembre : L’exposition «Oulipo, la littérature en jeu(x)» a ouvert ses portes. Elisabeth Chamontin l’a signalé par le bel alexandrin  «Le quatrain était hier à l’expo Oulipo». A cette occasion :

A l’expo d’Oulipo :
Pôle où expie l’ado
Polit doxa loupée.
Hop ! L’ode, ou pâle exil.

(Le dernier vers est en clinamen : trois sons «l».  On pourrait mettre «Hop ! L’ode ou pas, exil.» Le maintien du vers à trois «l» est assumé).

13 novembre : Mort d’Alexandre Grothendieck, mathématicien majeur de notre temps. Un pangramme :

Faxez, web : Grothendieck mort, qu’y jouent pluies et vent.

Ajouté au recueil Le prix de la vie. Voir la page de ce texte.

10 novembre : En ce jour anniversaire de la mort d’Arthur Rimbaud, cette contribution  un peu spéciale à l’Oulipien de l’année rubrique que le site Zazie mode d’emploi consacre à Marcel Bénabou :

Rimbaud futur

Les voyelles que je n’ai pas écrites
– Noir corset bien velu des mouches qui bombinent
– Roi blanc tout frissonnant sous un brouillard naïf
– Pourpre du sang craché, lèvres dans la colère
– Divin cycle vibrant, rides des mers virides
– Suprême saquebute, étrange errance d’anges
Que cela quelque jour soit dit, elles sont comme latentes.

Elles naissent dans les mots, dans les groupes de mots, dans les phrases. Mais il y a tant de puanteurs cruelles, elles sont prises dans de tels pâtis semés d’animaux, que moi-même, malgré mon front studieux, n’ai pas réussi à en imprimer l’alchimie.

Les mondes me paraissent traversés de silences, ce qui fait de mon ivresse une longue pénitence, dans les rayons violets de tous ces yeux inexplicablement privés des voyelles omises.

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9 novembre : En mémoire d’un jour où l’on espéra, petit quatrain monovocalique :

Sur mur
Chu mûr
Plut dru
Rut cru !

18 octobre : Honoré de figurer dans le livre « Une poignée de pierreries« , collection de pantouns francophones constituée par Jérôme Bouchaud et Georges Voisset. Voici, pour fêter cet événement, un pantoun inspiré par le titre du livre, dédié à ses auteurs :

Pierreries

De pierreries semées sur ses cheveux de jais
Elle ouvre à mon regard la profonde lumière
Quelques graines d’amour aux hommes ravagés
Ferment des plaies la lèvre et renaît l’âme fière

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15 octobre : La liste Oulipo est rétablie grâce au travail magnifique de Nicolas Graner, Philippe Bruhat et David Verdin. Très heureux et soulagé, je marque l’événement par une morale élémentaire :

 école normale    services bons et loyaux    administration supérieure 
                         serveur arrêté 
 
 années longues      messages archivés          oulipotes listés 
                       reprise improbable 
 
raisons diverses      temps nécessaire         situation abrupte 
                      échanges déconnectés 
 
                         migration 
                         sur le temps 
                         libre 
 
                         Oulipo 
                         renaît 
                         enfin 
                         grâce à 
 
Philippe responsable   Nicolas secrétaire      David sympa 
                          un merci radieux

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30 septembre : La connivence internationale a favorisé la fulgurante apparition d’une organisation sanguinaire se parant des couleurs de la religion. Les lignes ci-dessous manifestent ma compassion envers cette religion qui n’est pas la mienne mais que je vois mutiler d’une façon qui m’horrifie.

A la religion de la paix
Des savants ont greffé des crocs
Des griffes à ses doigts sacraux
L’ont contrainte au sanglant souper

Pleurez ce beau corps mutilé
Partagez sa honte et sa peine
Retirez le masque de haine
Rendez-lui le ciel étoilé

11 septembre : La liste Oulipo vient de disparaître subitement fin août pour une raison technique. Face à ce coup du sort, quoi de plus approprié qu’une belle absente ?

Oh vite la revoir

Non, que jamais trépas ne fauche vos bonds d’anges,
Vous fantasques pêcheurs dans l’ajonc gambadant,
Jetant votre fil blond qui plonge au charme ardent
Qu’a le fleuve jonché d’improbables mélanges,
D’un maquis surplombant champs, vin, fragrant jardin.

Jeux, marquants graffiti, pleuvent en chants bien drus
Dont qat semble à l’envi plagier charme et joie forte.
Joutes, fresques, beaux vers, choux gras : pas de main morte
N’y vont choquants jongleurs, bardes frappant mots crus.
Quel fracas vient brusquer ce chœur, majeur gadin
Qui mâche, griffe, abat, jaspes et lavandin.

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14 juillet : En ce jour de fête nationale, je m’interroge sur les multiples tentatives, jusqu’ici infructueuses, de modifier les paroles de la Marseillaise. Comment procéder ?
La devise de la France, avec ses trois beaux mots, est un magnifique exemple de trivocalisme. Or le nom même de « France » est basé sur deux voyelles : une idée ne serait-elle pas de chercher du côté du bivocalisme ? Voici une tentative ajoutée dans le recueil Ouvrir :

Une autre Marseillaise

enfants des terres fraternelles
le grand appel s’est élevé
relevez les manches rebelles
détachez l’esclave entravé
détachez l’esclave entravé
entendez le chant d’espérance
scandé par les halls par les champs
le brave se lève arrachant
la gangrène et s’exalte la France

venez les affamés massés en rang serré
marchez marchez tête levée c’est la grande marée

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3 juillet : Je ne sais pourquoi, j’ai eu envie ce matin, sur une contrainte actuellement à l’étude sur la liste Oulipo, d’écrire ce petit poème  qui ne vise presque personne :

le bateleur

il nous mène en pansway
montre en télé dolby
son bureau regency
parle en parfait dandy
la gouaille d’un jockey
la dégaine goofy
un petit air groggy

il nous mène en dinghy
nous dit c’est ainsi y
croirez-vous c’est vrai j’y
fus traité tel husky

nous roule en chantilly
nous déhanche un shimmy
qui vaut pas un penny
comme on vend un sextoy
comme on gruge  papy

ses ergots de coq y
furent cuits au curry ?
il faudrait un bon psy
quand confond penalty
et danse de Saint-Guy
quand dollar ou lev y
devient oeuf de Longwy

chez lui reste sexy
sa cour sa gentry y
vénère star jazzy

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30 juin : Je découvre l’édition 2014-2015 de l’opération « Dis moi dix mots ». La liste de cette année se compose de mots empruntés aux langues étrangères : amalgame (arabe), bravo (italien), cibler (de cible, alémanique suisse), grigri (utilisé en Afrique et dans les Antilles), inuit (inuktitut), kermesse (flamand), kitsch (allemand), sérendipité (anglais), wiki (hawaïen), zénitude (de zen, japonais). Doutant de la possibilité de faire quelque chose avec un pareil attirail, j’ai fait ce petit essai, tout en plaignant les professeurs qui les années précédentes firent merveille avec leurs élèves :

Sérendipité

Que voulait dire au fait ce mot tant répété
Dans la grande kermesse aux jargons à la mode :
Sérendipité,
Brandi tel un grigri dans les salons de thé
Par les collectionneurs de parlers incommodes ?

Voulant me renseigner aux merveilleux wikis
J’ai tapé plein d’espoir sur mon clavier tactile
Sérendipité.
Las j’avais mal ciblé. Sur ce vocable exquis
Je n’eus comme retour qu’un contrepet futile.

Mais au détour du web, mystérieux amalgame,
Cherchant en vain le sens de cet étrange mot
Sérendipité,
Je découvris au coin d’un site à large gamme
Qu’il faut dire Inuit et non point Eskimo.

Mon Dieu je suis troublé dedans ma zénitude
Par ce renseignement auquel je dis bravo !
Sérendipité
Peut attendre demain. J’abandonne l’étude
Des mots kitsch… Le Grand Nord a conquis mon cerveau.

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27 juin : Je trouve un message de Géraldine Camile, Chargée de collections pour le Dépôt légal numérique à la Bibliothèque nationale de France me disant « Je vous confirme que votre site talipo.fr a été collecté ainsi que les textes présentés sur ce site le 1er juin 2014. La qualité des archives est bonne avec plus de 3 200 URL collectées. Vous pouvez consulter les archives dans les salles de recherche de la Bibliothèque. » Emerveillé par le travail d’archivage colossal réalisé par la BnF, je lui dédie ce quatrain:

L’œuvre qui se construit s’archive vers à vers
Grâce au travail patient qui collecte sans trêve.
Honneur à ceux par qui, prose ample ou ligne brève,
S’offre la création, flambant trésor ouvert !

29 mai : 150ème anniversaire de la Croix Rouge.

Hommage à celui qui ose
Ecouter son émotion
Et crée bravant les psychoses
Pour secours sans exception
La belle organisation

28 mai : L’Ouvroir de Littérature potentielle a coopté à l’unanimité
deux nouveaux membres, tous deux hispanophones, l’écrivain argentin Eduardo
Berti et l’écrivain espagnol Pablo Martin Sanchez. Pour fêter ça, un girondeau de dessous les fagots ajouté dans le recueil Oripeaux:

Berti, Sanchez

Berti, Sanchez (Eduardo, Pablo Martin)
Un jour furent pris dans le labyrinthe
D’Oulipo. Ce périlleux destin,
Que plus d’un fuirait avec crainte,
Ils l’épousent diamantins,
Mettant pieds en l’empreinte
De Pères mutins
Berti, Sanchez
Sous astreinte
Contrainte
Tint

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25 mai : Elections européennes. Les craintes se confirment. Cette strophe s’ajoute dans le recueil Ouvrir.

Dépression

Ce soir je suis un gnafron
Qui regarde avec effroi
L’approche d’un large front
Portant la vague de froid
Pluie viens laver cet affront
A l’honneur de mon beffroi
Ce soir je baisse le front

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22 mai : 5000 ! Un peu plus de deux ans après son ouverture, le site Talipo a reçu aujourd’hui sa cinq millième visite. Je suis très heureux de votre bon accueil et je souhaite à tous beaucoup de joies poétiques.

10 mai : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Un poème suivant la contrainte du bel absent:

Esclave, bel absent

Au champ jusqu’à la mort ils vont fauchant grains blonds.
Qui voit, au joug, l’homme perdu bêchant la fange ?
Visage aux joues de plomb, hère fantomatique,
Qu’on vend en groupe au troc, jambe enchaînée de fers.
Vient un jour blême un fruit gris qui pend, déchiré
Par des juges moqueurs dont blancheur se fait meurtre.
Aux ports marchands, joyaux qu’un gain blafard viola.

Ouvrir la page du poème.

6 mai : Oukaze interdisant les expressions grossières dans les arts et les médias. La strophe ci-dessous vise à se conformer à ce vertueux édit:

Talipo, c’est infect,
Contre toute décence,
Poutine, écrit, abject,
De grossières sentences

Note: Le lecteur tenté de déplacer ou changer les signes de ponctuation pour faire surgir quelque sens second de ce texte est avisé que de telles modifications sont tout à fait inutiles.

1er mai : Le lipoméride, après un an d’existence, s’achève pour être remplacé par un nouveau projet, le Zodianku

8 avril : Cela fait un an que mon compte sur twitter est ouvert. A cette occasion un twoosh (texte en 140 caractères):

un an de tweet aujourd’hui
oh tous vous m’avez séduit
amis en twittérature
anniversaire joyeux
du jour où fou furieux
entamai cette aventure

24 mars : En réaction au résultat des élections municipales:

Entre les fronts fuyants et le front de la haine
Des hommes affolés votent le déshonneur
Mars où rose fanée s’embrunit de malheur
Mars automnal bêchons semons une autre graine

23 mars : Premier tour des élections. Un pantoun :

Fatras de bulletins en tas
Scellés dans l’urne transparente
La vie se délite en quantas
M’ouvrant une marelle errante

21 mars : Le salon du livre ouvre ses portes. Ne pouvant y rôder, je me console avec ceci:

Là m’édite. La médite, l’âme dite.
Mot étalé, motet, ale, m’ôte, talé.
Livre livre l’ivre.

20 mars : C’est l’équinoxe ! Pour la fêter une petite médaille, à la façon d’Annie Hupé:

baiser du printemps
du bourgeon l’odeur légère
sur ma lèvre empreinte

15 mars : Honoré d’avoir été invité à participer au numéro 10 de la Revue Pantouns, revue française consacrée à cette forme poétique de Malaisie, avec le pantoun twoosh suivant:

Pêcheur qu’emportent les océans
Après treize mois la voix étrange
Qui longtemps plonge au froid du néant
Entend la musique bleue des franges

Pour l’occasion, sur une idée de @RevuePantouns voici un second pantoun lipogrammatique sur les voyelles du mot « pantoun »:

Sur l’atoll dormant court
Un paon au long dolman
D’art fol ornant sa cour
Tout brûlant va l’amant

8 mars : Journée internationale des droits des femmes. Une strophe m’est venue:

au cours d’une journée
la parole est donnée
la route illuminée
puis à la nuit sonnée
commencera l’année

28 février : le lipoméride vient de boucler son dixième mois. Une petite terine twoosh :

un lipogramme
de jour en jour
depuis dix mois

larmes émoi
merveille ou drame
y font séjour

de fin le jour
vient dans deux mois
du lipogramme

21 février : 111 ans. Quand en royaume ?

(anniversaire de Raymond Queneau)

17 février : Le site Oulipo vient d’adopter un nouveau look.

Quand le cétancodonte aime à brouter ailleurs
Renouvelant son stock de piquante pitance
Quand le fleuve perdu se détourne railleur
L’Oulipo de son site avive la prestance

L’hippo change de houx
Pô (où ?) change de lit
Ouli change de peau

15 février : Bon anniversaire à Gilles Esposito-Farèse, éminent membre de la liste Oulipo. A cette occasion lui a été offert aujourd’hui le Blogef, un ouvrage collectif auquel j’ai contribué avec  «Poésie : l’or faste glisse», poème écrit sous la contrainte harmonique et accompagné d’une partition musicale.

14 février : En cette Saint Valentin, cette strophe dédiée à tous mes amis mal voyants:

La fête est si belle aujourd’hui
Pour ceux dont la vue n’est pas claire
Car nous chantons d’un chœur célère
Le juste Valentin Haüy

Et cette autre:

L’amour est un fleuve puissant
Qui avance en de longs méandres
Parmi les glaces et les cendres
Vers le soleil en rougissant

10 février :  Monique Le Pailleur nous a quittés le 27 janvier. Pour celle qui vit encore dans les cœurs j’ai déposé sur son site cette strophe écrite selon la contrainte du « jeu de la vie »:

Monique Le Pailleur
Qu’on grave le mémorial
Car une reine du songe
Repart et le vent filant suit

7 février : Ouverture des jeux olympiques de Sotchi. A cette occasion une clotilde ajoutée au recueil « Ouvrir » :

la flamme noire de sotchi

le despote et le sportif
au bord d’une mer en larmes
oublient le soupir furtif
des anneaux passés par les armes

tombe neige sur le sang
des hommes qu’on emprisonne
qu’on assassine et crissants
skis glissent et stade résonne

de la flamme de la paix
qui brille aux yeux de l’athlète
la fumée d’un noir épais
noie le ciel le rire s’arrête

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1er février : le « lipoméride » a clôturé son neuvième mois de lipogrammes quotidiens. Il court toujours !

29 janvier : Mort de Cavanna. Ce poème est ajouté dans le recueil Le prix de la vie :

A Cavanna va ma stanza !
Parla sans fard, grand sans fatras.
Ah pars, hagard, va ahanant.
Mal tant fatal tant s’acharna,
N’abattant pas manant flambant,
Chantant, bravant, dardant chacals.
L’art s’amarra à ta saga.

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27 janvier : Mort de Pete Seeger. Exceptionnellement le lipoméride de demain mercredi a été envoyé dès aujourd’hui :

mercredi – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles

21 janvier : (information découverte le 27 janvier) Un faisceau d’antimatière a été créé pour la première fois. Voir le site de Guy Doyen. Ceci vaut bien la petite célébration que voici:

illuminés d’antimatière
j’ai vu des mondes inversés
qui connaissent d’autres versets
à l’Eden la Mort trône altière

21 janvier : C’est paraît-il aujourd’hui journée internationale des câlins. Pour l’occasion cette « médaille ». Il s’agit d’une forme de haïku, due à Annie Hupé, dont les derniers mots des vers courts se répondent par inversion :

joli jour d’hiver
où les câlins sont gratuits
et la rue verdit

16 janvier : Comme chaque mois le «jeudi de l’Oulipo». Cette année ces séances ont chacune pour thème une partie du corps, cette fois-ci le dos. Pour l’occasion une petite terine.

quenine d’un jeudi

Une rumeur qui sort d’où
Vient me tirer de mon lit
Moi qui suis sourd comme un pot

Ne tournons autour du pot
Vite à l’auditorium où
L’on fête l’Ouvroir qui lit

Ses mots coulent dans le lit
D’un torrent d’encre chaude où
J’emplirai mon petit pot

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9 janvier : Anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir. A cette occasion, un poème est ajouté au recueil Ouvrir. Ces lignes sont composées suivant la contrainte du jeu de la vie.

On ne naît pas femme, on le devient
Fruit de rage en elle régénère
La joie de finir l’instinct vil vient
Teuf osée ton poison ton tonnerre
Mit la femme hors joug brut jovien

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1er janvier : Meilleurs voeux pour cette année 2014 ! Dans le lipoméride dont les lipogrammes quotidiens se poursuivent depuis huit mois, on trouve à la ligne du mercredi premier janvier :

en ce temps premier plein de liesse
je l’espère verrez venir
liberté rires et tendresse
éveil des rêves et désirs

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5 décembre : Mort de Nelson Mandela. Cet hommage a été ajouté au recueil Le prix de la vie. Il  respecte la contrainte du beau présent.

Que le présent soit beau

O la lame de l’onde a donné l’élan mâle
Soldé les démons de sa lande désolée
Son nom sonna le la de danses en sandale
Old man somnole son âme à son sol mêlée

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1er décembre : le « lipoméride » a clôturé son septième mois de lipogrammes quotidiens. Il court toujours !

25 novembre :  Une triple terine à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

les yeux

tu as regardé ses yeux
qu’un khôl sertissait de noir
passé gourmette à son poing

comme épervier à son poing
la regardais dans les yeux
la nuit parliez dans le noir

tu mis un bel habit noir
pour l’anneau s’ouvrit ton poing
larme de bonheur aux yeux

mais d’où viennent dans ses yeux
qu’embrume un nuage noir
ces sanglots qu’essuie le poing

tu emprisonnes son poing
tu lis la peur dans ses yeux
tu l’enfermes dans le noir

honteuse du cerne noir
qui lui rappelle le poing
la douleur le sang aux yeux

plus d’étincelle à ses yeux
l’horloge égrène le noir
des jours que rythme le poing

ne sachant rouvrir le poing
ne la cherchant plus des yeux
tu peins la maison en noir

vois-tu dans le miroir noir
que tu brises de ton poing
la mort qui sourit des yeux

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20 novembre : Journée internationale des droits de l’enfant. A cette occasion un nouvel ajout au recueil de poèmes pour enfants Fête de linotte :

Ma rivière

Ma rivière au creux de son lit
Bercée par l’orage et la pluie
Dans l’automne aux arbres jaunis
S’assoupit en chien de fusil

La neige à son rêve frileux
Offre son édredon moelleux
Que le lièvre d’hiver joyeux
Décore de ses traces bleues

Elle s’éveille en souriant
Au rire des merles bruyants
A l’odeur des fleurs du printemps
Quand les bourgeons s’ouvrent au vent

Ma rivière fraîche en été
Danse au milieu des champs de blé
Dont les grains se gonflent dorés
J’aime son murmure enchanté

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Rappel: l’an dernier un poème avait été composé pour cette journée: Traits d’union, mis sur le site de la journée internationale.

31 octobre : déjà six mois de lipogrammes quotidiens dans le « lipoméride » !

7 octobre : Dans le lipoméride il y eut une semaine des religions en août.
Aujourd’hui débute une semaine des véhicules.

1er octobre : Le quatre-san-ku, un petit amusement chambérien, variante contrainte du haïku. Ci-dessous un exemple parmi les essais envoyés au cours du mois de septembre sur la liste Oulipo.

Pope pop épié.
Oie pipée, pipo pépie.
O pie épopée !

Retrouver les autres essais sur la page quatre-san-ku

17 septembre : un anniversaire très particulier. Le 17 septembre fut la date des accords de Camp David puis, quatre ans plus tard, la date du massacre de Sabra et Chatila. Ce sélénet placé dans le recueil «Oripeaux» est une façon de me souvenir.

l’ombelle

Que tu étais belle
Que le ciel brillait
La gracieuse ombelle
Nous émerveillait

Ta voix que j’écoute
Dans mes nuits toujours
Réveillait la voûte
Où l’astre a séjour

Cette fleur rebelle
Poison persillé
A taillé gabelle
M’a déguenillé

L’amour en déroute
Vit son dernier jour
Saignant goutte à goutte
Par un sombre ajour

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11 septembre : Mort d’Albert Jacquard. En réaction ce poème en bel absente, placé dans le recueil «Le prix de la vie».

Pleine vie

Qu’œuvre au beau changement, dans l’espace fragile,
Le gène, objet d’espoir qu’homme fit découvrir ?
Holà ! Magie fantasque, enjeu bien près d’ouvrir
Possible hiver grimaçant, fol jeu d’imbécile.
D’ample jabot, vocifère grand chant des coqs
Pour qu’éveil gifle bien chenus et jeune monde.
Flippant des blêmes vies qu’il juge chose immonde,
Brave flegme à chaque injustice porte estoc.

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28 août : Cinquantième anniversaire du discours de Martin Luther King « I have a dream ». Voici en son honneur un homosyntaxisme sur le texte de Jacques Jouet proposé cette année pour l’exercice « l’oulipien de l’année » sur le site Zazie mode d’emploi :

Le rêve

– La peur… Quand nous aurons fait un rêve, nous ne pourrons plus avoir la peur. Quand il y a le rêve, il n’y a plus que le rêve qui triomphe. Le rêve est un libérateur. Ce jour, regardez, l’homme a brisé toutes ses chaînes pour toujours ! Il a étalé sur la rue des pétales de roses, avec une fontaine vivifiante en geyser d’eau fraîche. On n’en est que plus ébloui, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, vient la lumière et des flots de lumière ! C’est vrai qu’il manque l’argent, mais l’homme n’est pas mal non plus comme projet de plénitude. On ne s’attendait pas à connaître une lumière aussi vive, et peut-être aussi décapante. Regardez cette couleur, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’accuse plus, s’il faut en croire les certitudes du cours de l’histoire.

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18 juillet : Alleg, Mandela – Une clotilde en ce jour où se croisent deux destins.

Alleg, Mandela

l’algérien et l’africain
deux résistants visionnaires
de l’un fête anniversaire
le second meurt jour arlequin

deux combats double mémoire
au prix d’années de prison
tortures et trahisons
pour que bascule enfin l’histoire

en ce jour de souvenir
le faible oublie sa faiblesse
l’humilié perd ce qui blesse
l’enténébré voit l’avenir

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16 juillet 1942 : rafle du Vel d’Hiv. Poème composé en ce jour anniversaire.

vel d’hiv

vel d’hiv
vent gifle
haine ivre
dents clivent

vel d’hiv
vieux vice
livides
veules suivent

vel d’hiv
vertige
livre veuf
feu vif

vel d’hiv
vielle juive
ciel vide
ailes vivent

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30 juin : Dans le lipoméride, un nouveau mois complet de tweets poétiques.

26 juin : aujourd’hui centième anniversaire de la naissance d‘Aimé Césaire. A cette occasion un sonnaïku ajouté dans le recueil Le prix de la vie.

danse

danse homme debout
piétine ce qui méprise
rejette ce qui dégrise
danse jusqu’au bout

refus du hibou
des paroles de traîtrise
des larcins en veste grise
du poison qui bout

danse bras ouverts
respire la plénitude
tu sors des travers

invente des vers
et rends à la négritude
place en l’univers

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21 juin : C’est l’été, c’est la fête. Joignons notre couplet:

c’est la fétuque âme de lis
c’est la mue d’elfe que tais
c’est la quête de fil à muse
c’est la fête de la musique

14 juin : Il y a un an aujourd’hui, j’annonçais sur la liste Oulipo la naissance du site Talipo. Fêtons cet anniversaire avec ce poème en bigollo , l’une des formes et contraintes qui ont vu le jour sur ce site.

déploiement

l’aventure aux jours chauds s’est envolée
mon arbre était enfin couvert de fleurs

c’est un vol
chatoyant de fleurs
qu’enlève un remous du mistral
sur la plaine enfiévrée des strideurs des sauterelles
dérivant sans crainte au dessus des champs de froment parcourus d’ondes argentées

c’est un arbre
chatoyant de fleurs
enroché dans les fonds magiques
très droit sous le cimier joyeux des guirlandes blanches

c’est un fleuve
chatoyant de fleurs
immobile et sans fin mouvant

un alpage
chatoyant de fleurs
en surplomb

un mois plus tard la Bastille est tombée

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12 juin 1964 : Une journée dans l’histoire.

– Mandela condamné à perpétuité
– Luther King arrêté
– et au Vietnam… lisez Anh Mat « lesnuitsechouees »

Trois hommes unis dans cette même journée, comme dans cette petite terine:

Geôle à vie pour Nelson
Prison contre Martin
Avions contre Oncle Ho

N’ont pas fait plier Ho
Pas bâillonné Nelson
Pas arrêté Martin

On descend de Martin
On hérite de Ho
On est fils de Nelson

11 juin : L’opération « Dis moi dix mots 2013-2014 » est lancée, sur le thème « Dis-moi dix mots… à la folie » célébrant l’invention verbale. Les dix mots sont:

ambiancer
à tire-larigot
charivari
faribole
hurluberlu
ouf
s’enlivrer (1)
timbré
tohu-bohu
zigzag
(1) « être ivre de lecture », néologisme d’un élève de CM2.

Voici une contribution:

Chahutant t’as eu chaud

A tire-larigot rigole augure hilare
Et l’herbe bue brait le bel air hurluberlu
Les lèvres enlivrées lit l’œuvre un livre rare
Fieffé fada fol ouf ô fêlé farfelu
Charrie richards ravis cherchant charivari
Fourbe roublard bouffi faribole élabore
Bête à tohu-bohu tombe tout ébahi
Sans cesser ces beaux sons censés bien ambiancer
Zig gaga dégrisé divague zigzags gores
Abruti trop beurré titubant et timbré

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5 juin : Tout le pays est bouleversé par la mort à Paris d’un jeune étudiant de 19 ans sauvagement agressé par des individus d’extrême droite, en raison de ses idées progressistes. A cette nouvelle le tweet du lipoméride de jeudi a été doublé du suivant :

(deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil.

17 mai au 6 juin Un poème-feuilleton ! Du 17 mai au 6 juin j’ai écrit chaque jour une nouvelle strophe du poème «Reflets de Liberté». Ce poème est une réécriture du poème de Paul Eluard «Liberté». Cette version est un bivocalisme en e et i.

29 mai :  Honoré d’être cité sur le site Blogs littéraires de Louise andréa. Ce site est une jolie contribution à la promotion de la littérature.

28 mai : Vote de la loi sur l’enseignement supérieur à l’assemblée nationale. Là où des monarques d’ancien régime s’attaquèrent aux faibles et aux démunis, l’actuel président s’en prend aux fondements de nos institutions. Ceci vaut bien une anagramme.

Roi voyou : flairas défuntes chenilles rondes ?
– François Hollande, fossoyeur de l’université.

27 mai : Dans le recueil « Poteries » une nouvelle rubrique consacrée à l’odécaphonisme, une contrainte inventée par Strofka. Basée sur une série de 12 phonèmes vocaliques, à la manière du dodécaphonisme en musique, elle vise à des vers phonétiquement équilibrés. Exemple ajouté aujourd’hui:

Il ne faut vendre ours qu’ont tué seize assommeurs.

ainsi que douze variantes assemblées sur la page « odécaphonisme ».

17 mai : Un poème-feuilleton !

Depuis le 17 mai j’écris chaque jour une nouvelle strophe du poème « Reflets de Liberté« . Ce poème est une réécriture du poème de Paul Eluard « Liberté« . Cette version est un bivocalisme en e et i. En tout 21 strophes sont publiées pendant  trois semaines.

17 mai: Une petite énigme harmonique !

L’air qui a donné le texte ci-dessous est, j’en suis sûr, connu de chacun de vous. Le reconnaîtrez-vous ? Ce poème suit la contrainte « harmonique» . Il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante:
la: a,h,o,v
si: b,i,p,w
do: c,j,q,x
ré: d,k,r,y
mi: e,l,s,z
fa: f,m,t
sol: g,n,u
Soit on impose que la consonne débutant la syllabe, soit que la voyelle de la syllabe corresponde à la note chantée.

Nos gorges ce jour rendent grâce
Car la joie vient tout raviver.
La disette et la terreur sourde
Dont étaient meurtris nos tisseurs,
Nos nounous, les chargeurs, les charrons,
Sur nos cœurs droits fondent, plaies douces.
Pourvu qu’en ces jours d’incurie
De ce peuple l’âme grandie
Scande ce chant que l’audace cabre:
Unis, nous déchirons,
Unis, nos nœuds coulants !
Un cri renflé tonne hardi:
Forgeons l’homme de vie.

Cliquer ici pour vérifier votre solution et connaître le titre du poème.

16 mai: Un « haïku à taille de guêpe », sur une idée de Gilles Esposito-Farèse qui a présenté un sonnaïku à taille de guêpe ! Ce haïku est homophone, autant que faire se peut.

Vingt, d’Yvain, d’hie vainc !
Vin, dive: indy vint, divin.
Vain dit: vint d’Yves, hein ?

et son exégèse:

Juste armé d’une dame il serait le vainqueur
Du noble chevalier qu’épaulerait sa suite ?
Dieu du skate il serait, contre une bonne cuite ?
Laissez : ce long babil est d’Yves la liqueur.

15 mai: Le lipoméride s’allonge quotidiennement depuis déjà deux semaines. Chaque jour est illustré par un texte comportant les mêmes voyelles.

14 mai: 2000 pages consultées sur le site Talipo ! Le cap a été franchi cette nuit.

12 mai: Journée internationale de l’infirmière. Métier engagé et courageux dont chacun a maintes fois éprouvé combien il est indispensable. A cette occasion mon premier essai de sélénet intitulé « l’infirmière« .

12 mai: Proposition d’une nouvelle contrainte « harmonique ». Partant d’un air musical, il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante. Elle est illustrée sur l’air de « Au clair de la lune », par deux sélénets : « Chanson à boire avec modération » et « clinamen à l’harmonie« .

2 mai: Une image de l’UNICEF a été détournée sur Twitter par « La manif pour tous », provoquant une vive mise au point de l’Unicef. J’ai soutenu ce message en ces termes: « Indigné par la manipulation de @LaManifPourTous, je renouvelle à @UNICEF_france mon soutien à l’action menée dans le monde pour les enfants. »

30 avril: Très fier d’avoir été classé premier, ex-æquo avec Frank Evrard, dans le concours Tweetoulipien organisé par Les Livreurs. Il s’agissait d’écrire un tweet, lipogramme utilisant uniquement les lettres figurant dans l’expression “Bal à la Page OuLiPo”. Ci-dessous le texte qui a été retenu, parmi mes trois propositions. Les autres lauréats se trouvent sur le site du concours. Occasion de découvrir l’activité des Livreurs, association consacrée à la lecture à voix haute d’œuvres littéraires : cette mise en honneur de la lecture est une chose que je trouve magnifique. Le concours était organisé dans le cadre du Bal à la Page OuLiPo ce 30 Avril à l’auditorium Saint Germain à Paris, auquel j’espère le plus grand succès.

O la page ailée, alliée à la bougie opale, appela, égale au bel aigle, piège aboli, l’obole épelée où, à l’œil ébloui, a lui l’élégie bleue.

Ce texte est un « twoosh »: il comporte exactement le nombre maximal de 140 caractères.

24 avril: La page « alphaberrations » est enfin complète. Cette collaboration avec Françoise Guichard rassemble des poèmes anagrammatiques formés sur les dix lettres les plus fréquentes (AEILNORSTU) plus une: tous les choix possibles de cette dernière ont été explorés.

17 avril: Démarrage d’un nouveau recueil. La participation à quelques textées organisées sur la liste Oulipo a fait naître quelques textes en prose courts dans le genre « tranche de vie ». C’est l’occasion d’ouvrir le recueil « Chromos » où de tels textes trouveront place. Les premiers textes sont « Varlope et Trusquin » et « Quelques éléments« .

16 avril: « Assez ! » L’appel des Nations unies pour la Syrie. Un poème à cette occasion de forme bigollo.

Syrie

ils sont morts
au milieu de nous
sens leurs doigts raidis qui t’agrippent
vois leur visage noir leurs yeux vides qui te fixent
ils ont mal
au milieu de nous
entends leur souffle qui s’éteint
ils ont peur
au milieu de nous
qui sont ils

Rappelons le poème « Arme lourde, éveil puni » publié sur le même sujet le 19 septembre.

9 avril: Hier mort de Margaret Thatcher. Un petit adieu en forme d’anagrammes:

1- Char gratta mer. – Thé ?

2- T’armer, GATT,  hacher !

3- Ta machette: arrrgh !

8 avril: Journée internationale des Roms. A cette occasion ce poème, un bigollo en acronyme itéré.

rire ouvre marges

rêve ou meurs
renverse ordre morne
rouvre obstiné murailles roides
oublie magisters rageurs oppression mutilante
rues ont mal
renverse ordre morne
rogue oukase médiocre ruine
or massif
renverse ordre morne
reste ô mage

4 avril : Journée internationale pour la défense d’Amina Tyler. Cette jeune Femen tunisienne est menacée de mort. Ci-dessous un acronyme itéré en bigollo:

rite n’y a mal

aidez moi
ils nous auront toutes
yeux lourds effrayantes rumeurs
à mort ils nous assignent tels yaks loups et requins

au matin
ils nous auront toutes
yeux lutés entravées rouées

après moi
ils nous auront toutes
yeux livides

étranglées

répudiées

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3 avril : Suite à la mort du dessinateur Fred cette pièce sur un principe proche de la bouture.

à Fred

perdu le chiffre du code
ouvrant naufrages tropiques
au parfum orthographique
terme échu maudit diacode

et l’explication de sa construction:

      perdu le chif|fre d|u code 
    ouvrant naufrag|es  t|ropiques 
           au parfu|m ort|hographique 
           terme éc|hu  m|audit diacode

25 mars: C’est paraît-il la journée mondiale de la procrastination ! Et si le soleil décidait de ne se lever que le lendemain ? Il faut dire (en quelques anagrammes) qu’il a ses raison, le vieux bouc.

20 mars: Très honoré de recevoir de Strofka ces deux strophes isocèles qu’il a réalisées en utilisant des passages de mes poèmes ! Le premier comporte des vers de deux poèmes du recueil « Fête de linotte« , « Le cheval » et « Le caillou blanc », le troisième utilise des extraits de « il bravo », un poème de « Vagabondages« .

13 mars: Un nouveau pape est élu ! A cette occasion deux poèmes jumeaux avant/après  s’inspirant de la clotilde, forme empruntée par Annie Hupé au poème éponyme d’Apollinaire.

8 mars: Journée internationale de la femme. Occasion du poème « Un jour la femme ? »  adoptant la forme de la morale élémentaire inventée par Raymond Queneau.

24 février : La page « alphaberrations » s’est enrichie. Il s’agit d’un ensemble de poèmes composés par Françoise Guichard et moi sur le principe des ulcérations, anagrammes de la suite de lettres « ulerations » à laquelle on ajoute pour chaque poème une lettre supplémentaire. Nous en sommes à 6 textes sur les 16 possibles.

18 février : Proposition d’une nouvelle contrainte, dite « téléphonique » . Pour l’illustrer, la forme sonate est utilisée pour composer la « sonate à Bell-Meucci » .

11 février : Annonce de la retraite du Pape. En son honneur une innocente effronterie holorime:

Missa est

Le Pape est élu
Le Pape est Pierre
Le Pape bénit : la famille est normale
Le Pape jouit de l’infaillibilité
Le Pape a droit à sa retraite anticipée

Le Pape était lu
Le Pape épie hères
Le Pape, bée, nie la femme : Hyène or mâle ?
Le Pape joue, hideux, lymphe haïe, bile : ite
Le Pape adroit : « Ah, Sartre est anti ? – si paie… »

10 février: un 250ème anniversaire oublié, signalé par Annie Hupé sur la liste Oulipo: « Le 10 février 1763, par le traité de Paris, la France met fin à la
guerre de Sept Ans avec l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal.
Négocié pour le compte de Louis XV par le duc de Choiseul, le traité se
solde par la perte de la Nouvelle-France (aussitôt rebaptisée « The
Province of Quebec »), de la Louisiane et de la plus grande partie des
possessions françaises aux Indes à l’exception des comptoirs de
Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé. » Ceci vaut un petit quatrain anagrammatique:

Louisiane Nouvelle France
Roi nu en faune olé les cliva
Lune force vue a soleil nain
Vanille sucrée, on a fenouil

9 février: Dans un mail à mon ami Marc, qui s’était gentiment payé ma tête en vantant ma « mémoire éléphantesque », ce petit quatrain:

Sonnez trompes en mi cornez doux olifants
Annonçant l’ennemi réveillez nos défenses
Contre ce noir griffon pesons comme éléphants
Chassons-le tels siphon sous le vase d’aisance

4 février: On a retrouvé les restes de Richard III dans un parking. Ce drame élisabéthain vaut bien un pangramme alexandrin:

Voyez coq fameux, joli parking de Bosworth

30 janvier: A l’approche d’une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur,  essai d’un tract en lipogramme: LRU et Fioraso. Et le monovocalisme que voici:

C’t’ LRU, tumulus du Sup, qu’un nul Ubu du cru crut l’humus d’un futur brun, fut un summum du truc cucul, but nul d’un club d’us durs. D’un CHU, d’UFR, du CNU, chut un « Zut ! » cru, mû d’un flux plus dru qu’un jus chu d’un cumulus.

29 janvier: Christiane Taubira, Léon-Gontran Damas, et le musée d’Orsay. La rose et l’odeur, mélange deux nouvelles de ce jour:

27 janvier: Journée doublement placée sous le signe de l’exclusion et de la résistance. D’une part revient la question du Mariage pour tous (voir le post du 10 janvier), d’autre part c’est la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité (informations sur  le site de l’ONU et le site Journées Mondiales). A cette occasion, le poème « pauvre absente à Dora », qui suit la contrainte de la Belle absente sur le nom d’Anne Frank.

10 janvier: Mariage pour tous… Un petit  poème en forme d’anagrammes

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26 décembre: Lendemain de fête…  La Vertu vaincue par le Vice, une pièce un peu fofolle en forme de Belle absente

20 décembre: Jour de fin du monde ! Pour célébrer ça, « Belle fin » un petit poème de circonstance (en forme de Bel absent)

5 décembre: Le fest-noz est inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité par l’Unesco ! Une petite pièce dans la forme mise en honneur actuellement par Annie Hupé sur la liste Oulipo, pour m’associer à la joie des Bretons:

1er décembre: Un bon anniversaire à Nicolas Graner !
En son honneur, un nouvel opus de la BLO (Bibliothèque Liste-Oulipienne) a été réalisé: BLO 16
Saluons Gilles Esposito-Farèse, qui a impulsé la réalisation de ce bel ouvrage collectif.

20 novembre: Journée mondiale de l’enfant. Un poème pour la circonstance a été mis en ligne « traits d’union« , contribution sur le site consacré aux journées mondiales.

10 Novembre: Le site Talipo a enregistré sa millième visite.
Pour l’occasion « El vino de cosecha » un poème dans la lignée des variations sur le poème de Gérard de Nerval El Desdichado, exercice cher aux Oulipotes (voir les trois cent réécritures réunies par Nicolas Graner)

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Oripeaux

Arrache

A
Cor
Et à cri
Réclame le vent
Arrache le calfeutrement
Expose ta chevelure aux tourbillons
Ouvre ta poitrine au gel qui déferle en sifflant


On trouve sur le site de Lirina Bloom  une contrainte qu’elle a proposée ces jours-ci sur twitter, ainsi décrite:
« 140 se trouve être la somme des carrés des sept premiers nombres entiers, ce qui en fait un nombre pyramidal carré : 1+4+9+16+25+36+49 = 140

le fait que 140 soit un nombre pyramidal carré, va donner lieu a une forme poétique appelée carré pyramidal:
[soit 6 vers de 1,4,9,16,25,36,49 caractères]

On constate cependant, un aléa de la contrainte 140 du tweet : l’alinéa est considéré, au même titre que l’espace blanc, comme un caractère. »
Ceci interdit la diffusion de tels poèmes sur twitter ! La contrainte est donc modifiée en 1,3,8,15,24,35,48 caractères + 6 alinéas. Lirina Bloom a baptisé Ôde, puis septuor cette forme définitive.
Le poème ci-dessus suit cette contrainte qui, outre le fait qu’elle produit automatiquement des twoosh, me plaît bien, mélangeant des idées proches de l’isocélisme et du bigollo qui m’est cher.

Publié le 6 août 2013

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Oripeaux

clinamen à l’harmonie

jusqu’au ciel délire
ce sidéral chant
chaque accord de lyre
joue l’odeur des champs

d’un rire délivre
du corbeau vainqueur
quiconque doit vivre
qu’assourdit rancœur


Ce sélénet est, avec « Chanson à boire avec modération », le premier essai d’une nouvelle contrainte « harmonique« . Partant de l’air de « Au clair de la lune », il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante:
la: a,h,o,v
si: b,i,p,w
do: c,j,q,x
ré: d,k,r,y
mi: e,l,s,z
fa: f,m,t
sol: g,n,u
A l’exception des dernières syllabes des vers 5 et 7, cette règle est appliquée à la première lettre de chaque syllabe.
Posté sur la liste Oulipo le 12 mai 2013.

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Oripeaux

Chanson à boire avec modération

Vous, vos vieux principes
Vexent bel idiot.
Veule affable chipe
Vos clés pour bon piot.

Puis bibine il rapte,
Buvant goutte à seau.
Va blâmable inapte :
Vin coupé boit sot !


Ce sélénet est, avec « clinamen à l’harmonie », le premier essai d’une nouvelle contrainte « harmonique« . Partant de l’air de « Au clair de la lune », il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante:
la: a,h,o,v
si: b,i,p,w
do: c,j,q,x
ré: d,k,r,y
mi: e,l,s,z
fa: f,m,t
sol: g,n,u
A l’exception des dernières syllabes des vers 5 et 7, cette règle est appliquée à la première lettre de chaque syllabe. Ici cette contrainte est combinée avec celles du sélénet, notamment la rime.
Posté sur la liste Oulipo le 12 mai 2013.

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lipoméride

Publié le

mai

1 mercredi   – dès le réveil, plein de sentiments célestes
2 jeudi          – muguet si tu veux, que tu hurles ne peut te nuire
3 vendredi    – c’est vers midi que mes intestins devinrent grêles
4 samedi      – entre avec crainte dans l’envers sidéral
5 dimanche  – le septième jour il posa son violon et s’envola
6 lundi           – murs infinis d’un suburb gris
7 mardi         – matins hardis, ravins alpins, grands sapins
8 mercredi    – dériver lentement vers le rêve et s’éveiller en mer
9 jeudi           – le jus de purin ne tue ni vigne ni ciguë
10 vendredi   – vérifie bien : de l’infini, rien ne vient. rien.
11 samedi     – il siffla la fille, elle le vit, il était grisâtre
12 dimanche – grâce furtive d’un brin de romarin fleuri
13 lundi          – il fut surpris d’un si subit prurit
14 mardi        – matin : lac salin mirant l’air carmin
15 mercredi   – je t’interdis de m’enfermer en mes pensées
16 jeudi          – le plus pur sentiment m’effleure dès que j’entends les fleurs rire
17 vendredi    – le verbe, c’est l’ennemi : il perce les fenêtres
18 samedi      – hélas il avait déjà l’âge des plaies saignantes
19 dimanche  – dans les soirs alanguis tourne la chauve-souris
20 lundi          – il fut puni : ni sushis ni surimi
21 mardi        – l’air chagrin, l’Anglais s’attabla, cachant mal sa faim
22 mercredi   – le névé scintille, le pied pèse et s’imprime, le ciel m’encercle de nimbes givrés
23 jeudi          – de fureur il s’inflige des griffures sinueuses
24 vendredi    – s’il est de tristes femmes, me désespère cette fidèle éphémère éprise de l’être divin
25 samedi      – dix, valet, dame, tierce gagnante, tapis persan
26 dimanche  – l’aréole du sein, ce cadran des nuits solaires
27 lundi          – fuis si tu survis, fuis du puits qui mugit
28 mardi        – jardin français, jardin anglais, sans avis j’avançai
29 mercredi   – chenille s’échine et printemps chemine
30 jeudi          – si tu suis les signes qui luisent tu meurs
31 vendredi    – l’herbe fervente penche vers l’est et sécrète le bel encens

juin

1 samedi        – la salive me vient en reniflant ces pintades
2 dimanche    – le saule torsadé m’affole de sa fulgurante éruption
3 lundi             – fruit d’hibiscus cuit sur du riz : un summum
4 mardi           – partir agitant la main sans chagrin
5 mercredi      – le chien, le réverbère, et le silence
6 jeudi             – le vieux peuplier se redresse, ivre du tumulte des insectes butineurs
6 jeudi             – (deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil.
7 vendredi       – élèves en cercle, périmètre de pierre
8 samedi         – farine tamisée, lait, malaxe la pâte
9 dimanche     – à sa fenêtre une femme rit, son portable à l’oreille
10 lundi            – du fil d’un surin l’Inuit punit l’intrus in situ
11 mardi          – brandis l’appât : grandit la paix
12 mercredi     – père ni fille, mère ni fils, le destin ne prévient de rien
13 jeudi            – le sujet précède le verbe, depuis les nuits du temps, et rien ne les unit
14 vendredi      – il mendie, il grêle, l’intestin crie
15 samedi        – demain ta main câlinera l’échine
16 dimanche    – avouerez-vous jamais la honte d’un regard détourné ?
17 lundi             – du suc d’un fruit mûr il fit un jus qu’il but pur
18 mardi           – à l’instar d’Hannibal gravissant l’arc alpin, fais pâlir l’invasif latin
19 mercredi      – chez le généticien les bêtes engendrent cent chimères
20 jeudi             – je m’éprends d’un buffet de chêne cérusé, ému de ses sculptures désuètes
21 vendredi       – ses chélicères se refermèrent et le venin fit le reste
22 samedi         – atteinte d’Alzheimer elle est femme elle est belle
23 dimanche     – îles d’alors, étiez-vous inaccessibles ?
24 lundi              – mini-flux qu’induisit un fil nu sur l’indium du circuit
25 mardi            – caviar sans pain : il tartina sa main
26 mercredi       – vérifie le frein : s’il est desserré, défense de lever le cric
27 jeudi              – l’un veut, l’un refuse, l’un pleure
28 vendredi        – le peintre célèbre en vermeil l’est irréel des ciels d’été
29 samedi         – vahiné, lance ta danse, agitée de transes marines
30 dimanche     – à l’origine du regard était le feu

juillet

1 lundi              – brun mûrit un fruit, surgi du pistil d’un iris purpurin
2 mardi            – gaz sarin. Bachar, riant, signa : sabbat final
3 mercredi       – délimite le segment sensible, pénètre vivement et déclenche le cri
4 jeudi              – tumeur détectée, une peur est instillée
5 vendredi       – rire insensé des premières tendresses
6 samedi         –
églantine des vents rebelles
cadran des temps déphasés
calendrier des saints de braise
balisent l’ère des errances
7 dimanche     – robe qui flotte autour des jambes de velours
8 lundi              – un cumulus surgit du sud, mugit, luit, puis il plut
9 mardi            – malin, l’assassin signala l’alibi sans pâlir
10 mercredi    – serment d’ivresse liesse des vignes
11 jeudi            – il ripe sur une prise, perd l’équilibre, et dévisse
12 vendredi     – pitre sempiternel risée des esprits élevés
13 samedi       – paire de mitaines belles mains de laine
14 dimanche   – sur l’étang qui miroite un lotus flotte et je souris
15 lundi            – gus qui vit du minimum, gus surpris nutri d’un fruit chu d’un surplus, gus qu’un tribun punit
16 mardi          – il prit sa main, dansa sans fin dans l’air matinal
17 mercredi     – entre ses lèvres grises défibrille le rire
18 jeudi            – bûches humides feu qui fume je m’enrhume
19 vendredi      – impertinence belle impertinence dévie les destins rectilignes
20 samedi        – narines flattées par l’air salin des alizés
21 dimanche    – la conique se dérobe et suit sa route bifocale
22 lundi             – un pli divin sur un surplis pur lin
23 mardi           – paix à l’Islam s’avivant dans l’amical ramadan
24 mercredi      – le ferment de liberté lève si le sel est mêlé
25 jeudi             – chut ! plus de bruit, ses cils se ferment sur ces lueurs intérieures
26 vendredi      – l’incendie se déclenche et crépitent mes sentiments
27 samedi        – labiales, dentales, fricatives, palatales, vibrent sans fin dans l’air et dansent
28 dimanche    – sur l’icône son pinceau promène une caresse dorée
29 lundi             – cri d’un bikini rubis sur un cuir brun
30 mardi           – j’arrachai l’animal tapi dans ma chair
31 mercredi      – le silence est le siège des rêveries fertiles

août

1 jeudi              – jeune fille qui pleure et l’heure s’éternise
2 vendredi        – les dernières merceries ferment et le temps perd le fil
3 samedi          – en plantant le pépin j’imagine l’arbre
4 dimanche      – dans la farandole oublie paroles et projets
5 lundi              – primitif, instruit, instincts indivis : surgir, s’unir, fuir
6 mardi            – lapin nain, clapis dans l’abri câlin
7 mercredi       – l’épeire tend ses fils en cercles invisibles, l’insecte vire sec, le piège se referme
8 jeudi              – une erreur vint lui révéler l’entrée des chemins supérieurs
9 vendredi        – geste lent de ces femmes nimbées de crêpe de Chine
10 samedi        – dans la clarté rare de la cave, l’affinage mêle savamment le temps et le sel
11 dimanche    – de l’âme raisonnable le front sera cerné d’une auréole en fer
12 lundi            – d’un burin sûr, incisif, il inscrit un trip cursif sur un buis brut
13 mardi           – assis dans sa datcha l’amiral trahi paraissait maladif
14 mercredi     – le filet pèse empli d’espèces vénéneuses
15 jeudi            – le tilleul infuse et viennent les pensées secrètes
16 vendredi      – l’épervier glisse lentement, le silence règne
17 samedi        – il vieillira sans haine et la fin sera claire
18 dimanche    – du piano la note grave s’accorde à mon désarroi
19 lundi             – but qui luit, tribus qu’unit un script divin, dur circuit juif
20 mardi           – salam dit-il, avançant la main, la paix habita l’islam
21 mercredi      – ensemble espèrent les chrétiens, et cherchent le chemin
22 jeudi             – se dénuer triplement du désir élève le hindu vers une liberté pure
23 vendredi      – le zen respecte le silence, vient l’éveil, le vide s’imprègne
24 samedi        – dans l’ascèse le jaïn verra l’âme libérée
25 dimanche    – l’homme cherche une réponse à la question jamais posée
26 lundi             – turbin, rictus divin, crucifix nu
27 mardi           – l’ami vrai n’a jamais l’air avili par la main l’agrippant
28 mercredi      – il ensemence les terres desséchées, il extirpe les épines, il espère
29 jeudi             – immersive ferveur des sexes qui s’unissent
30 vendredi       – de frêles brins entremêlés il me fit cette ferme tresse
31 samedi        – canines arrachées, le carnassier se régala d’herbes sapides

septembre

1 dimanche      – au sommet de la montagne le soleil retentit d’un tintamarre de couleurs
2 lundi              – il prit un biscuit, but un vin cuit, minuit vint
3 mardi            – il s’assit, raidi par l’accablant handicap, mais il n’avait pas mal, disait-il
4 mercredi       – le chien se lèche, il s’étire, les petites filles rient
5 jeudi              – elle s’immerge nue et se berce des effleurements du fleuve
6 vendredi        – les petits chefs en veste grise sentent le dentifrice
7 samedi          – la cithare et la harpe égrènent cette villanelle cristalline
8 dimanche      – elle est folle la parole qui s’emballe un jour de retrouvailles
9 lundi              – un surfil mit un fini subtil sur l’uni du tissu
10 mardi           – il s’affairait à rafraîchir la sangria
11 mercredi      – les pierres des cimetières dessinent des grilles vierges
12 jeudi            – le destin n’est qu’un muet cruel qui rit et me tire les cheveux
13 vendredi      – le dentiste se penche et mes gencives serrent les dents
14 samedi        – dans sa cabine le capitaine avec le sextant vise Rigel
15 dimanche    – un brin de farigoule jeté dans l’aubergine ma cuisine donne envie de danser
16 lundi             – mistigri ! rugit-il, puis il prit un pli
17 mardi           – avanti, citadin, va sifflant : tapi dans l’arc crânial vit l’intact jardin
18 mercredi      – des persiennes fermées se déversent les ténèbres de ces tristes fenêtres
19 jeudi             – un lutin curieux glisse une pupille furtive sur le livre que je revêts d’une écriture nerveuse
20 vendredi       – sentinelle enivrée, rentre te dégriser, le fifre et le serpentin te relèvent
21 samedi         – l’accident de santé laissa des traces irrémédiables
22 dimanche     – d’un sourire moqueur fut accueilli mon gauche compliment
23 lundi             – clin d’un cil sur un iris gris
24 mardi           – l’habit allait à ravir: satin clair s’irisant d’isatis
25 mercredi      – les tennismen émerveillèrent Lenglen de ces revers pleins de finesse
26 jeudi             – une virgule s’insinue et cette missive sereine devient un dur texte guerrier
27 vendredi       – de cette belle femme enceinte le ventre est énigme et tendresse
28 samedi         – le gardien s’abrite de la bise sa cigarette brasille
29 dimanche     – d’un osier bien assoupli le vannier confectionne de robustes paniers à cueillettes
30 lundi             – fruit qui dit «pur» distinct d’«impur», fruit qui fit du futur un mur

octobre

1 mardi             – l’assistant signala l’imparfait signal : ah, ça va ! fit l’aspirant, fais fissa sans tralala
2 mercredi        – il descendit cette cheminée de mine et les ténèbres l’enfermèrent
3 jeudi               – ils endurèrent des pluies tumultueuses qui mugirent deux lunes entières
4 vendredi         – les venelles excentrées recèlent les enfermements d’êtres désespérés
5 samedi           – cavale interminable, balle dans la tête, le sanglier s’abat, le sang se fige
6 dimanche       – sous le casque à vélo flot de boucles dorées que la vitesse fait onduler
7 lundi                – bus dix-huit, flux d’individus fugitifs, but indistinct
8 mardi              – tram à l’apaisant ballant, rails t’aspirant à l’infini
9 mercredi         – le ticket de chemin de fer libère le destrier des rêves
10 jeudi              – sur le fil du téléférique sinue le vertigineux destin
11 vendredi        – bercement serein des péniches entre les rives serpentines
12 samedi         – le deltaplane vire, cherche l’ascendant, il siffle et décale sa glissade
13 dimanche     – par des rencontres imprévues sont déviés nos caps vers un archipel second
14 lundi              – il fut pris d’un virus; six nuits fut-il cru fini. vint un sursis : il vit !
15 mardi            – l’anglais n’a pas l’air si gai sans bandana
16 mercredi      – le chêne débité, bien empilé, le fermier prend le petit verre mérité
17 jeudi             – les ruines du bunker servirent de refuge et leur secret fut préservé
18 vendredi       – pressée de livrer le secret de cette divine terrine en gelée, Edmée rit, se penche et se renferme
19 samedi         – sa main tient ferme la laisse, le chien mène sans hésiter, le regard vide il traverse la ville
20 dimanche     – la chorale s’échauffe à grandes vocalises
21 lundi              – un rubis purpurin luit sur un tissu fin
22 mardi            – ni pain bis ni sarrazin mais il savait trahir sa faim par six brins d’ingrat plantain
23 mercredi       – neige crisse, pied s’imprime, givre pince, se décèle enfin cette petite remise désertée
24 jeudi              – tuteur et ficelle béquillent cette jeune tige de chèvrefeuille
25 vendredi        – il inverse les termes de ce dilemme et l’entretien redevient serein
26 samedi          – la veine cave est ravagée par tant d’années de tabagisme
27 dimanche      – dans les golfes turquoise de Lampedusa rôdent au gré des eaux les espérances englouties
28 lundi              – l’Institut lui fit tribut d’un prix qui l’imbut plus qu’un dictum divin
29 mardi            – apaisant raisin, grains d’airain, plaisir matinal
30 mercredi       – des pénitents en vêtements beiges serpentent lentement dents serrées en signe de regret
31 jeudi              – du jujube le suc acidulé m’excite les gencives

novembre

1 vendredi         – de cette reine exilée se délivrent les chimères
2 samedi           – les ballerines bien lacées gainaient le pied de l’enfant exaltée par la danse
3 dimanche       – une foule innombrable a traversé le pont et les barrières se sont disloquées
4 lundi               – du cubit un jus brun : il but un rhum pur
5 mardi             – j’admirai l’artisan tant il avait mis d’art dans l’arc parfait parant la villa
6 mercredi        – l’invertébré s’étire et serpente entre les pierres persillées de lichens
7 jeudi               – funeste erreur : le jeu s’inverse, ils perdent, le rire se fige sur leurs lèvres
8 vendredi        – l’Eternel est le berger, rien ne m’est enlevé
9 samedi          – le rejet de la race, maladie de la France
10 dimanche    – son discours amoureux tel une aile m’effleure
11 lundi             – du mutin qui fut mis sur un grill, fut-il pris un butin ?
12 mardi           – santal citrin, ta paix s’instillait dans l’air fragrant
13 mercredi     – le désir des filles rebelles emplit l’été d’impertinence
14 jeudi            – le chien truffier renifle queue levée puis désigne le chêne qui détient les perles ténébreuses
15 vendredi      – de s’être défié des périls vénériens il est resté privé des délires intimes
16 samedi        – fanfare, mascarade, farces et attrapes : le mariage fit grand tapage
17 dimanche    – opium volutes paresseuses lueurs nocturnes où fourmille notre absence
18 lundi             – un bizuth dut subir dix trucs punitifs
19 mardi           – la main flattant jars, cils, fit pâlir l’animal
20 mercredi      – l’éther étend ses relents éphémères et je me sens dériver
21 jeudi             – les Bleus, d’un pied plein d’énergie, récupèrent leur billet vers le Brésil
22 vendredi      – elle ne s’entend ni ne se sent, elle chemine, s’inflige et sidère, l’électricité
23 samedi        – la dame tire la draperie et disparaît dans la retraite de ses larmes
24 dimanche    – l’ombre de l’ossuaire m’endort en sa fraîcheur immobile
25 lundi             – un lutin gris fit un grigri d’un brin de gui
26 mardi           – l’infant vivait ici jadis s’initiant à l’art martial
27 mercredi     – il s’imprègne de vétiver et se brise l’indifférence
28 jeudi            – les vergers perdent leurs feuilles et de brume s’ensevelissent
29 vendredi      – de cette percerette bien vrillée, je fixe le cheminement des vis en cette pièce de merisier
30 samedi        – il se rassasie des baies acides grappillées pendant la balade

décembre

1 dimanche     – il peignait au couteau des paysages courbes
2 lundi              – il crut viril un rictus qui fit fuir dix inscrits
3 mardi            – la fantasia va dans Bahia balançant la samba sans fin
4 mercredi       – le serre-tête en fil tressé retient ses mèches rebelles
5 jeudi              – file l’écume des brebis l’hiver vient cliquette l’esguille
6 vendredi        – en été le silène déplie timidement ses petites miettes d’incendie
7 samedi          – la valise a gardé le charme des trains express crachant le panache éclatant de l’errance
8 dimanche      – le papillon butine, rouge et noir sur la lavande ensommeillée
9 lundi              – d’un vil biffin hutu qui dit punir un tri incivil, qui survit ? nul tutsi
10 mardi          – il bâtit la Sagrada Familia, mais n’arriva pas à la fin : fatal tram
11 mercredi     – retirée de l’existence elle médite ses lèvres rient les ténèbres se fendent
12 jeudi            – bienheureux duvet préserve mes nuits des hurlements du vent frileux
13 vendredi      – cécité : le pied hésite, le chien précède fidèlement, devine le chemin, évite les dévers difficiles
14 samedi        – le pantin de papier mâché traîne sa mine de farine
15 dimanche    – sa gueule s’ouvre sur une machoire constellée de poignards d’ivoire
15 dimanche    – son poignard à manche d’ivoire est ouvré d’une Goule ciselée
16 lundi             – sûr du but il s’inscrivit muni d’un curriculum riquiqui
17 mardi           – Lin blanc, frais jardin virginal, l’amant imaginait l’instant sacral
18 mercredi      – l’écrin de cette reine enserre dix ferrets sertis de pierres fines
19 jeudi             – une cuillère de miel entre tes lèvres de sucre
20 vendredi       – l’enterrement chemine entre les stèles de silence vers cette pierre descellée
+ livraison spéciale :
20 vendredi       – je remercie vivement Christine de ce reflet plein de finesse
21 samedi         – gabier de misaine prends le ris chante tes peines
22 dimanche     – comme la poule est fière de l’œuf qu’elle réchauffe sous ses plumes
23 lundi             – il lui fit un flirt intrusif qui finit sur un lit
24 mardi           – Marx a mis sa chair dans l’abrasif Capital
25 mercredi      – les petites pièces tintent l’engin crépite et verse le thé
26 jeudi             – victime d’une rumeur venimeuse il s’en fut sur une île perdue
27 vendredi       – les petits tremblent de fièvre les mères veillent les infirmières ferment les fenêtres
28 samedi         – le tablier de ma grand-mère garde la trace des années
29 dimanche     – du moulin tournent les ailes sous la meule gonflent les sacs
30 lundi              – si tu t’instruis du jiu jitsu plus nuit l’instinct brut plus tu ris
31 mardi            – dans sa Panhard châssis avachi il avança cahin-caha

janvier

1 mercredi  –
en ce temps premier plein de liesse
je l’espère verrez venir
liberté rires et tendresse
éveil des rêves et désirs
2 jeudi              – nimbée de lumière elle se tient nue le sculpteur pétrit l’esquisse de terre humide et le silence les unit
3 vendredi        – tirez les fèves fêtez les reines versez le vin
4 samedi          – ils se passent l’alliance en gage de ce serment à jamais échangé
5 dimanche      – l’aiguille court l’ourlet parachève l’habit
6 lundi               – du rhus qui luit d’un si vif rubis un vil purin finit un cuir fin
7 mardi             – il va glissant patins crissant dans l’air glaçant
8 mercredi        – l’être divin dicte dix préceptes de pierre le pèlerin redescend plein de fièvre
9 jeudi               – luisent les muscles des lutteurs et l’huile qui les enduit
10 vendredi       – l’ensemble des réels se représente en cette belle ligne infinie
11 samedi         – le cachet d’aspirine fait baisser la fièvre mais la détresse reste irrémédiable
12 dimanche     – son oreille se dresse il agite l’oriflamme de sa queue le maître est de retour
13 lundi              – surgi du tumulus il fit fuir dix tribus Hun
14 mardi            – matin clivant chagrin lancinant trains passant par instants
15 mercredi       – des jets terribles sifflent des évents des baleines le skipper se sent petit
16 jeudi              – se ruer vers le sud ne dissipe ni les nuées ni les regrets
17 vendredi        – le filin me retient entre les ridelles respirer me devient difficile
18 samedi          – ah la malle chargée de cahiers pleins de taches d’encre et d’écrits enfantins
19 dimanche      – le chœur lance un long crescendo la voûte m’enveloppe de résonances irréelles
20 lundi               – l’instit lui fit subir un flux discursif plus vacuitif qu’instructif
21 mardi             – ici finit la saga narrant Qamar az-Zamân dit Shahrzad disparaissant
22 mercredi        – il se penche il tend les fils de lisse le métier grince regimbe et tisse des merveilles
23 jeudi               – ruines d’un empire déchu pierres que le lierre enlumine reflets lugubres des fêtes perdues
24 vendredi         – les fils déshérités le greffier triste les mièvres ressentiments
25 samedi           – verse le vinaigre et brasse la salade entrebâille ta lèvre à cette fraîche acidité
26 dimanche       – une colombe à mon balcon roucoule la vie s’écoule toute douce
27 lundi               – tu t’unis tu ris tu mûris ubuntu tu vis
28 mardi             – scintillant dans l’air accablant la marina paraissait par instants s’agrandir à l’infini
29 mercredi        – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles
(Merci à Philippe Simon qui m’a suggéré une amélioration de ce texte en monovocalisme)
30 jeudi              – sur les digues muettes circulent des pèlerines grises que les embruns rendent indistinctes
31 vendredi        – elle verse les cendres et se penche figée le semis gris se mêle d’effervescences et dérive emmené vers des mers tièdes

février

1 samedi            – la capeline enchâssait dans le taffetas blanc le frais visage de la servante
2 dimanche        – gronde canon vole boule de feu l’aurore saigne l’enfant est froid
3 lundi                 – vint un plumitif qui, s’il fit du bruit, n’inscrivit qu’infinis chichis
4 mardi               – à sa main zigzags carmin sang trahissant l’assassin
5 mercredi          – de délices interdites se tissent des fidélités indélébiles
6 jeudi                 – celui qui titube celle qui le suit cette pluie qui pleure
7 vendredi           – de ces ténèbres il t’entend rire il rêve de te retenir il sent le vent te prendre et s’éteint
8 samedi             – j’ai traversé le ciel et j’ai tracé ma ligne dans la sphère armillaire
9 dimanche         – dans un coin du porte-monnaie je conserve pour moi seul des photos jaunies par la tristesse des souvenirs
10 lundi                – « Pluribus unum » dit un tribun. Un cri surgit : « Un fusil ! Un fusil ! »
11 mardi               – Faim fait faillir l’ami banal, main d’airain aplatit l’ami craintif.
12 mercredi          – Le cerf est dépecé, les lévriers reniflent les déchets. Venez, le festin est prêt !
13 jeudi                – lune qui glisses entre les nues tu mesures les heures cruelles
14 vendredi          – les pénitents gris inclinent vers l’est des têtes semées de cendre et le délire les prend
15 samedi           – Il tira sa rapière et s’élança, ivre de haine, vers ses enfants.
16 dimanche       – du profond des cavernes rousses monte une plainte amère et douce dont l’écho pleure sur les mousses
17 lundi                – un must : un ti’punch bu sur un plum pudding !
18 mardi              – Jadis parfait à ski : patatras ! Fart a trahi, paraît-il…
19 mercredi         – elle entre fière et sereine derrière elle se ferment les grilles elle n’emmène regret ni désir
20 jeudi                – nu humilié le supplice vrille ses pensées il n’est que muscles viscères et vertige
21 vendredi          – être sensible n’interdit ni l’énergie ni le rire
22 samedi            – de la carrière de marbre la plaie laisse perler le sang blanchâtre des Apennins éventrés
23 dimanche        – le fromager serre le linge on voit goutter le petit lait sous la voûte moite reposent des formes lourdes alignées
24 lundi                 – un muid d’un vin du cru mit fin cuits dix biffins
25 mardi               – jamais inactif s’affairant à l’ingrat travail il avait à la main d’irritants cals
26 mercredi          – c’est le dégel les perce-neiges sertissent les prés de petite perles irréelles
27 jeudi                 – sur les ruines de Kiev enfumée des meutes hurlèrent des jeunes chutèrent une sève est revenue
28 vendredi           – L’hiver est terminé. Rire de filles et temps léger.

mars

1 samedi               – ah paresse amie fidèle jamais elle ne me délaisse
2 dimanche           – roulé dans un brocart posé sur un fagot le corps devient vapeur volutes d’un amour
3 lundi                    – d’un fil tu pris un pipit : un cri furtif puis il chut. fini.
4 mardi                  – paria. sang infamant. à bannir à jamais. il parapha.
5 mercredi             – elle revit pêle-mêle temps de liesses et temps de détresses enfin elle se sentit prête
6 jeudi                    – sur tes lèvres humides le timbre est humecté de ce pli qui renferme des feuillets pleins de feu
7 vendredi              – les règlements interdisent de rire et de s’étreindre
8 samedi                – la paix faite à l’apéritif tient le temps de se mettre à table
9 dimanche            – la bulle s’arrondit se détache mon image inversée tourne avec lenteur puis d’une giclée savonneuse meurt
10 lundi                   – muni d’un trusquin il inscrivit un fil qu’il suivit du burin
11 mardi                  – il gavait à la main six canards blancs
12 mercredi            – Dentelière, dès l’éveil, tire le petit siège et le métier, vérifie le dernier fil, reprends tes petits gestes vifs et le silence.
13 jeudi                   – Un petit tumulus de sciure : c’est sûr, des vers creusent d’un vestibule le buffet Henri II. Vite ! pulvérisez ce liquide, et tuez.
14 vendredi            – il se fend de ce genre de repentir sincère et le Père s’irrite de l’entendre rire
15 samedi              – le train s’arrête en rase campagne le passager regarde et s’avise de la présence de villages riants
16 dimanche          – quelque part un piano joue du Chopin la couturière s’interrompt elle se souvient des insouciances d’enfant à Varsovie
17 lundi                   – Du lutrin, il lut un dit. Un dit cru : plus d’un fut surpris.
18 mardi                 – raidir sa main fait haïr à jamais s’avilir n’a jamais bâti la paix
19 mercredi            – pénétré d’idées extrêmes, il rejette les différences
20 jeudi                   – une libellule mire sur le fleuve ce pendentif de dentelle bleue
21 vendredi            – le pilier est de l’église penche des pierres se délitent le prêtre cesse de prêcher
22 samedi              – avançant dans le sable enlacée par le vent la chamelle blatère et va la caravane
23 dimanche          – sa parole est tarie son regard flotte vide son fauteuil est gris
24 lundi                   – buccins, luths, dizis : un tutti qui fit du bruit !
25 mardi                 – train disparaissant à grands ahans dans la taïga l’amant blafard agitant la main
26 mercredi            – derrière ces belles sentences il entend des pensées infectes
27 jeudi                   – les deux lés de tissu bien surfilés régler le juste pied de biche mettre cette fermeture zippée sur l’envers
28 vendredi             – pied léger bergère chemine herbe frémit le chien mène les brebis
29 samedi               –
l’athlète a franchi la limite
sa face baignée des larmes du calvaire s’éclaire
le ciel danse dans sa tête
30 dimanche           – il pose la nuque sur un lit de mousse fraîche écoutant dans l’ombre les frôlements de la forêt
31 lundi                    – Punir qui nuit, unir dix tribus, issir plus qu’un duc… puis finir nu ? Il rit.

avril

1 mardi                     – maman allaitant main câlinant matin chantant
2 mercredi                – entre les récifs émergés retentit le cheminement des mers en éternel délire
3 jeudi                       – il est seul le merle endeuillé qui pleure entre les feuilles du tilleul
4 vendredi                 – le criminel se repentit le préfet le fit pendre le gibet giflé de vent émit le sifflement des drisses de l’enfer
5 samedi                   – les lacs pleins d’alevins dans les replis alpins s’animent en été de larmes argentées
6 dimanche               – d’un pinceau léger l’artiste ajoute une ombre et l’ébauche prend vie
7 lundi                        – Minuit. Du night-club vint un bruit indistinct. Surgit un british qu’un gus mis d’un kilt fit fuir.
8 mardi                      – gamin s’inclinant, niña glissant sa main, jardin fragrant d’aimant jasmin
9 mercredi                 – Stridence de l’épervier, tremblement de ses victimes. Le bec se fiche, cherche, brise.
10 jeudi                      – le ciel s’énerve du cri bleu des sternes
11 vendredi                – serein entre les infirmiers il se berce de cette civière emmenée en silence il se sent prêt
12 samedi                  – dans la paix de la palmeraie se tient l’assemblée des sages va la palabre et le temps laisse germer la phrase vraie
13 dimanche              – pourquoi es-tu resté loin de moi si longtemps ? il a répondu : c’est le vent
14 lundi                       – tutu gris, Miss Childs fit un bis sur un vif pizz du luth
15 mardi                     – aria, final, art saisissant. Franck imprimant sa paix, la main paraît agrandir l’arc astral
16 mercredi                – de lignes interférentes le peintre segmente ses perspectives et révèle des réels inversés
17 jeudi                       – du cube de pierre net d’impureté le sculpteur enlève d’infimes lunules et surgit une ligne de rupture qui suspend l’univers
18 vendredi                 – ceint de vêtements sélénites le mime épingle l’éphémère et le rire devient rêve
19 samedi                   – la mise en scène est achevée. dans des salles célestes se massent les fans avides des magies de l’image
20 dimanche               – le poète est pendu. de son corps torturé la parole est éteinte mais la poésie flambe
#HashemShaabani
21 lundi                        – T-shirts, fut’s, pulls, slips, plus un multi-kit : il prit un minimum. Nul surplus qui lui nuisît.
22 mardi                       – habitant parmi lavandins, anis, ricins, il invitait d’admiratifs amis saisis par l’anarchisant mistral
23 mercredi                  – bébé cherche le sein mère sent les petites gencives trêve tiède fête sereine
24 jeudi                         – viens cueillir sur l’épine du mur le fruit juteux qui sucre tes murmures
25 vendredi                   – hier est petit devenir est immense
26 samedi                    – les amitiés d’avril sentent le frais narcisse
27 dimanche                – tout l’amour de la couturière dans la robe où tu devins flamme
28 lundi                         – ci gît un individu si fin qu’il fut lu du sud jusqu’ici, si mutin qu’il fut puni du fusil, si pur qu’il vit l’infini
29 mardi                       – instant calin mains s’alliant chair s’attardant matin passant
30 mercredi                  – dernier vers de l’éphéméride tristesse des rêves enterrés fête des semences levées

Cette page est une compilation des tweets lipogrammatiques envoyés quotidiennement du 1er mai 2013 au 30 avril 2014. Les voyelles de chaque texte doivent coïncider avec celles du jour courant. Pour le dimanche, repos dominical : simple pentavocalisme en a,e,i,o,u.
Dans son poème «Semaine amnésie», Gilles Esposito-Farèse a fait encore mieux: seules lettres autorisées = celles du jour !