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Oripeaux

L’âge d’or

Au tournant de ma vie
Rencontrai l'âge d'or.

L'adolescent qui aime
Finit son chant en grave ut.
Se mire et ne voit que le tain,
Sans ouïr une sirène usant sa rage.
L'aurore nue chaque aune qu'il parcourt, nu,
Doigt désignant une tôle que domine la dune :
« De cet abri je contemple l'ère où toujours marais étouffe cris ».
Amis, entre les vents,
Qui sifflent la fillette issue de la rue
Où l'on peut s'envoler comme eider.


L'adolescent qui rime
Finit son chant en grave,
Et se mire, et ne voit que le nain sans cuir,
Une sirène osant sa nage.
L'aurore tue chaque rune
Qu'il parcourt au doigt,
Désignant une iole que domine la lune :
« De cet abri je contemple l'are où toujours garais ».
Étouffe cris, émis entre les dents qui sifflent,
La fillette ossue de la rue
Où l'on peut s'envoler, comme rider. 

Sur une suggestion de Nic Sirkis développée par Gilles Esposito-Farèse, la Déviation/Variation consiste à écrire deux textes identiques à l’exception de certaines lettres. Ces lettres mises bout à bout reconstituent deux phrases, l’une codée par le premier texte et l’autre par le second. Le poème ici présenté réalise ainsi le codage conjoint par les deux dernières strophes des deux vers du distique initial. L’identité des textes porte ici sur les seules lettres, compte non tenu de la ponctuation, et les lettres distinctes sont toujours placées au début d’un mot : ces propriétés ne font pas partie de la contrainte.
Note : on trouve dans le wiktionnaire « iole » admis pour « yole » et « garène » pour « garenne ».
Publié sur la liste Oulipo le 10 juin 2022.

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2 réponses sur « L’âge d’or »

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