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Brumaire

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de brumaire.

22 octobre – 1er brumaire – Pomme

Opium, mon appeau
mon api, mon ipomée.
Opium m’a pipé.

( Annie Hupé )

23 octobre – 2 brumaire – Céleri

Ciel clair à Collioure
où le réel couleur rouille
recueille le cri.

( Annie Hupé )

24 octobre – 3 brumaire – Poire

Peu ou prou, épeire
prépare au poireau parure,
proie y périra.

( Annie Hupé )

25 octobre – 4 brumaire – Betterave

Tout vibre à ta rave.
Rare beat baratte tête.
Vive tribu brute !

26 octobre – 5 brumaire – Oie (+ quintidi autorisé)

Io a ouï « Aïe ! »
Youyou à eau ? ou yoyo ?
Ou you-you yéyé ?

27 octobre – 6 brumaire – Héliotrope

Phytothérapie
Peut t’ôter ta pitrerie.
Plie-toi, ri tari.

28 octobre – 7 brumaire – Figue

Gaffe au feu, goofy !
Fieffé fou, égayé, gigue.
Ouf! gogo a fui.

29 octobre – 8 brumaire – Scorsonère

Un cri résonna.
Noire sorcière accusée,
Au soir, on roua.

30 octobre – 9 brumaire – Alisier

Sur le seuil, Louise
salue l’oiselle, sa sœur
à l’aile soyeuse.

( Marie-Noëlle Bertrand )

31 octobre – 10 brumaire – Charrue

Ecorché, cria,
Chair à cru, hure accrochée
Au croc acéré.

1er novembre – 11 brumaire – Salsifis

Laisse au seuil la soif,
le soleil flou ; seule loi :
fille à l’œil lilas.

( Annie Hupé )

2 novembre – 12 brumaire – Mâcre

ce mic-mac ici
ce commerce, ça a cru
comme amorce amère

( Annie Hupé )

3 novembre – 13 brumaire – Topinambour

Bâtirai pour toi !
Mur en pierre, porte peinte,
Beau toit en bambou.

4 novembre – 14 brumaire – Endive

Un nœud dévidé ?
Du nouveau en Voïvodine ?
Ô naïve ! un vœu !

( Annie Hupé )

5 novembre – 15 brumaire – Dindon

Ondine a donné
Un adieu noyé d’ennui
Au dieu dénié.

6 novembre – 16 brumaire – Chervis

Caché ou craché
ce courrier ricochera,
écho à vos cris.

( Annie Hupé )

7 novembre – 17 brumaire – Cresson

Nous rions ce soir.
Une sereine caresse,
Résonne en nos cœurs.

8 novembre – 18 brumaire – Dentelaire

Elle l’attend là,
Roide, en l’étole de laine.
Et lui rentre tard.

9 novembre – 19 brumaire – Grenade

Dragon goguenard
A dénigré garde noir.
Dégaina : adieu !

10 novembre – 20 brumaire – Herse

Héros, harassé,
A essuyé sa sueur.
Assis, a souri.

11 novembre – 21 brumaire – Bacchante

Honnête chanoine,
Hôte en ce château hanté,
A bu et chanté.

12 novembre – 22 brumaire – Azerole

Zèle auréolé
razzie laurier, azalée…
À l’arrière : azur.

( Annie Hupé )

13 novembre – 23 brumaire – Garance

Ce garçon ignare
a cogné une ingénue.
Arrogance crâne !

( Marie-Noëlle Bertrand )

14 novembre – 24 brumaire – Orange

Un ange naguère,
En rage noire, égorgea
Un aigre génie.

15 novembre – 25 brumaire – Faisan

Sa fine anisée,
Sans soin, s’affine en neuf ans
Si soiffeur n’y fouine.

16 novembre – 26 brumaire – Pistache

Tous puits asséchés :
Payai cash cette eau captée ,
Au pichet puisée.

17 novembre – 27 brumaire – Macjonc

Meccano, nain jaune,
Ancien comme jeune, on joue.
J’aime une âme en joie !

18 novembre – 28 brumaire – Coing

Un gang a cogné.
Agonie en Cacanie
on couine « OIGNON ».

( Annie Hupé )

19 novembre – 29 brumaire – Cormier

Emir emmuré
A remercié ce roumi,
Accouru au cri.

20 novembre – 30 brumaire – Rouleau

Laura ou Raoul ?
elle : rire, raillerie
lui le roi râleur

(JW Chan)

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Vendémiaire

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de vendémiaire.

22 septembre – 1er vendémiaire – Raisin

Un soir, un anar
raisonna ainsi : souris !
Ou nous surirons.

( Annie Hupé )

23 septembre – 2 vendémiaire – Safran

Au frais, fuir sa soif
s’offrir raisins, ananas…
Ainsi nos oisifs.

( Annie Hupé )

24 septembre – 3 vendémiaire – Châtaigne

Geint teigne égoïne.
Cognée guinche, gagne, aiguë :
Tige tangue… gît.

25 septembre – 4 vendémiaire – Colchique

Quoique la chéchia
calque le coquelic..oh !
Couic ! Échec au coq.

( Annie Hupé )

26 septembre – 5 vendémiaire – Cheval

Ai levé le voile,
Ai vu l’ovale, le hâle,
L’œil au cil ailé.

27 septembre – 6 vendémiaire – Balsamine

La muse se baisse.
Sa main sillonne le sable.
Son œil s’illumine.

28 septembre – 7 vendémiaire – Carotte

territoire étroit
accroc à ta carte outrée
ce cratère attire

( Annie Hupé )

29 septembre – 8 vendémiaire – Amaranthe

Ô Humanité
torturée, notre inertie
têtue t’a trahie.

( Marie-Noëlle Bertrand )

30 septembre – 9 vendémiaire – Panais

À peine épousée
sa poupée nous opposa
sa soupe, sa nappe…

Puis, ses nausées, puis
son poupon ! Si ! Pense un peu !
… Assassins, nous ? Poisse !

( Annie Hupé )

1er octobre – 10 vendémiaire – Cuve

Ça ! Où va ce cave ?
Au caveau, où vice couve ?
Ciao ! Evacue !

2 octobre – 11 vendémiaire – Pomme de terre

Mort emportera
Au trot petite âme prude.
A aimé trop tard.

3 octobre – 12 vendémiaire – Immortelle

Il tolère l’arme
Aime le rite martial
Il élit la Mort

4 octobre – 13 vendémiaire – Potiron

Torpeur opérant
ton troupeau rapporta peu
Piraterie pure.

( Annie Hupé )

5 octobre – 14 vendémiaire – Réséda

Odeur dérisoire
de rose ou de réséda
Sourd, rire de soi

( Annie Hupé )

6 octobre – 15 vendémiaire – Ane

Une année inane
N’ennuie ni eau ni noyé
En union nouée

7 octobre – 16 vendémiaire – Belle de nuit

L’obole donnée,
Nue, en la tente bénie,
L’idole a bâillé.

8 octobre – 17 vendémiaire – Citrouille

tercet écroui
cet écrit a écarté
l’acte créateur

( Annie Hupé )

9 octobre – 18 vendémiaire – Sarrasin

Ruinés, sans un sou
saurons-nous unir nos ruses
ironisa Ian.

( Annie Hupé )

10 octobre – 19 vendémiaire – Tournesol

Satan sursauta
tyran au trou sans aura
nous, nous sursoyions.

( Annie Hupé )

11 octobre – 20 vendémiaire – Pressoir

Son pré arrosé
Père a resserré sa serpe
Puis a pris sa pipe

12 octobre – 21 vendémiaire – Chanvre

renoncer à rien
avenir ancré en rire
arriver au havre

(Gérard Le Goff)

13 octobre – 22 vendémiaire – pêche

Hache coupa cou.
Pic cacha apache chu.
Hie appuya chape.

14 octobre – 23 vendémiaire – Navet

Ô vie envoûtante !
On invente un vin nouveau
Et tout tinte au vent.

15 octobre – 24 vendémiaire – Amaryllis

Il aime Marseille
Les ruelles où la mer
Mire le soleil

16 octobre – 25 vendémiaire – Boeuf

Fou, a aboyé :
Au baobab, éboué,
Beau boa a fui.

17 octobre – 26 vendémiaire – Aubergine

Un bébé gibbon
au biberon a gobé
– Bigre ! – une banane.

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 octobre – 27 vendémiaire – Piment

Menotte au piano
Tente amène menuet
Au tempo pointu.

19 octobre – 28 vendémiaire – Tomate

Automate ému
A mimé mouette aimée :
Tutoiement muet.

20 octobre – 29 vendémiaire – Orge

Rage ? Age ? Egaré,
Ogre au rire aigre égorgea
Egérie : erreur.

21 octobre – 30 vendémiaire – Tonneau

Toute ténuité
étonnée, une nuit naît
On y était nu.

( Annie Hupé )

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Révolution

Cette page spéciale du Sankulipo célèbre la sixième sans-culottide, ce jour qui n’apparaît que lors des années bissextiles. Ce jour porte le nom magnifique de « Révolution ». Pour le 29 février chacun était invité à composer, sur le nom de ce jour, un poème suivant la contrainte de la belle absente chère à Georges Perec. Vous trouverez ci-dessous l’ensemble de ces contributions, dans l’ordre où elles me sont parvenues :

Que le monde est bien fait ! Je le change en pavés…
Pourquoi vagir ? Jamais ! Touchons bois du fusil !
À bas, roi ! Je permets que le chagrin défoule
chaude pique et bagnards : j’enflammerai Versailles !
Hein ! Putain du bon roi qui fais juger vicomte,
des coqs vont te grimper, le joli bal s’affiche !
Bravo ! Champagne à qui gifla les joues de Louis !
Aux fers va-t-en, déchu que juge mon beau peuple !
Je plaide, griffe et bec. Que ma hargne survive !
Vite ! Dehors les chefs ! Juge, ma République !

Bernard Maréchal

Desmoulins au gibet, vache joufflue qui pue,
pâlot qui n’a jamais fui vos brigands chouans,
pourquoi Couthon blafard limoge-t-il Saint-Just ?
Quand Mirabeau vengeait les chefs, Hébert jappait.
Fouquier, gros chien bâtard qui va jouir aux baptêmes
va-t-il saigner, fier coq ? Déjà proche, mon brave
écrivaillon, biographe qui jamais deux fois
n’épargna Joubert défunt, va masquer Charlotte
que j’affranchis à temps, graves hallebardiers !
Bœuf qui juge voudrait castrer l’homme Capet ?

Bernard Maréchal

J’ai guinché d’un pas vif quand tomba la Bastille,
Disculpant l’humain fou jusqu’à rugir : bravo !
Dieu ! Marianne est jolie, qu’un bonnet phrygien coiffe…
J’ai vu, grand beau chant neuf, l’épique Marseillaise
Faire embrocher jadis aux piques vingt cocardes
Tels des coqs : ergots fiers, jambes plantées, bravaches !
Prends, chômeur efflanqué, bourgeois, jeune ouvrier,
Le fameux drapeau bleu, blanc, rouge – et qu’on vous juche !
Jugeant pendable et vil qui s’acharne et diffame,
J’absous qui, comme Hugo, Ferré, veut parler d’elle.

Nicolas Graner

L’outre-ovni

Figé quand l’homme objective une ellipse
Juchant d’aplomb, qu’un si griffu vautour
Subjugue au fond chaque amplifié retour,
D’ahan j’embarque et fugue vers l’éclipse.

Qu’au bord je fiche un temps gravitation ?
Déjà cinq champs forgent l’observation
Jusqu’à l’ogive, humble oeuf pour décennie.

Lorsque vos chants flambent, juge Doppler,
Jupiter flashe, embecque et vend génie…
J’achève et tombe, esquif gris de Kepler.

Gilles Esposito-Farèse

Je fais l’Ode qui change en plomb l’évolution.
Djougachvili, fils taquin, plomba Vladimir,
Et Marx, un jour qu’Engels, affranchi du baptême,
Digne, jurait que l’affranchi vaut plus à Brême,
Franchit grand bras de mer, provoquant Fred à jouir.
Déjà le coq Trotski (flegme !) voit Pancho bon.
Quels poncifs ! Rosa Luxembourg versus Hodja ?
Castro, chef des jaloux qu’au plomb Mao vengea ?
Kremlin, fusils chargés, java quand Berlin pète ?
Va, Spartacus, objet magique, fils d’Ilitch !

Bernard Maréchal

La Révolution,maintenant !

D’aucuns disent que les voilà passés ces temps, qu’ils ne sont plus imaginables…
« « Nous voulons du pain », criait la population, conspuant patrons, nantis »*
Assurément, « celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir »**.
Refuser la servitude. Fini, l’anesthésie médiatique et la patience !
Choisir de vivre, oser être insoumis, se dresser contre eux :
les politicards, les milliardaires à la lanterne, les économistes valets avec !
Courage ! Soulevons-nous ! Élevons-nous, ! Brisons nos chaînes ! Libérons nos consciences !
Espérons une révolte pour fonder un monde juste et généreux.
Il y a une alternative à la haine et à la guerre, au libéralisme et au capitalisme.
Oui, rêver, résister et se dresser est possible ! Debout, libres, égaux et frères désormais !

* Georges Perec, La disparition, Gallimard, 1969
** Charles Baudelaire, Le spleen de Paris, « Assommons les Pauvres », 1869

Marie-Noëlle Bertrand

[La contrainte suivie par M-N Bertrand diffère de la belle absente usuelle: Ici chaque ligne doit être exempte de la lettre correspondante du nom à honorer et doit en revanche comporter toutes les lettres de ce nom.]

Évolution, as-tu oublié ton initiale ? Pique à gauche, mon Ducon … ou je te défie:
« Abracadabra ! Figliliviti ! Phomotoquoto ! Stujunucunu ! »
Syllabes magiques, jupes de filles, chignons de mots… Trop
De charabia, de bavures en jérémiades, de gaffes en piteuses querelles ;
Que vivent nos imaginations ! Affichons nos peurs ! Brandissons nos joies !
Hier il fallait se taire… ben merde, pas d’accord ! Le coq cocoricote, viens, jalonnons les grottes,
Jouons, dévalons de la cime des falaises à la rivière où l’herbe de la berge nous pique…
Tels les scarabées fous du gang des coqs, avançons sur le thym des sentes juponnées
De filles à la vanille, de gars au banania, de vaches à la cuisine, de chats au ratafia, de jules à la manille, de pipes au quinquina !
Vas-tu soulever la digue de pavés pour que jaillisse la biche qu’elle camoufle?

Nic Sirkis

Noisette magique
déchois-tu jeune absolu
voeu patafisique
Houblon parfois dru
j’ai par ton gai chant acquis
l’immoral voulu
Sorgho bien joli
tu charmes prés en délice
lorsque tu fleuris
Timide écrevisse
qui nargue le bec happeur
fébrile jaunisse
Bigarade au coeur
dur comme un bijou de rêve
fiché quiet sans peur
Verge d’or ta sève
joint coq en pâte et blinis
le massif l’achève
Maïs en épis
chaque joie épiscopale
fond en bonds gravis
Marron qu’une Omphale
a vu débuter le clan
jeunesse frugale
Panier bienveillant
qu’enrichit le fier rebut
jardins d’agrément
Jour de la Vertu
bascule au charlot lubrique
formel peu goulu

ce ci-devant chef la révolution plurielle égale en jambique

Rémi Schulz

[  Voici l’explication jointe par l’auteur : Ma contribution, écrite ce jour, utilise le fait que la seule lecture en négatif de REVOLUTION dans le calendrier républicain part du jour de la NOISETTE, le 8 septembre qui est aussi le Jour de l’An ‘pataphysique, et aboutit au jour de la VERTU, le premier sans-culottide.
J’ai donc pondu 10 haïkaï en belles absentes, soit 170 pieds correspondant à la gématrie de REVOLUTIONS au pluriel, d’où un dernier vers pour en rendre compte. ]

Change au levant mon cap. Jusqu’au diable je souffle.
Fourguant branlants pouvoirs, quand j’avilis mon chant,
Dégonflant mon jabot, choisis quitter pantoufle.
Je chasse du quartier grave flambeur, prêchant
Abject coup de pub. Mords faquin vague aguichant.
Le poing levé jetons nasdaq, baffons  marchand.
Les gars, joli chambard va paniquer maroufle.
Fouette joue, rauque vent de sable : orage au champ
Ne plie vigne et blé mûr qu’au jardin vais fauchant.
Beau, déjà haut, magique espoir, vole l’écoufle.

Noël Talipo

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Sans-culottides

La période spéciale des « sans-culottides », dans le calendrier républicain, rattrape les jours manquants du fait de la durée des mois uniformément fixée à 30 jours. Cette période fut l’occasion d’un petit interlude dans le Sankulipo. Chaque jour un poème a été écrit selon la contrainte de la belle absente : le nom du jour est caché dans le texte, et en vous référant à cette contrainte vous êtes invités à le décrypter.

17 septembre – 1re sans-culottide

Quand les remous changeants fripent joncs bleus et louches,
Qu’au fond d’impurs gourbis vont jolis gars chantant,
Fille à jambe de vamp cogne insolents qui touchent
Beau jupon d’organdi. Fichu qui vole aux mouches
Fait rêver cinq jobards de grand charme à plein temps.

18 septembre – 2e sans-culottide

Les jardins imprévus défrichons tant qu’il brume
Qu’ont franchis, jour brutal, suppôts du gain mauvais,
Aveugles défroqués aux champs abjects rivés.
D’ample et fantasque charge, au vol enjambant grume,
Par longs maquis branchus, fort dans la nuit, j’y vais.

19 septembre – 3e sans-culottide

Vieux jargon du faucheur, auquel son pré ressemble,
Fauve et chaud, jubilant, mots qu’on mange à plein bec :
M’emplis de souvenirs qu’un jour chien gifle, et tremble.
Chômeurs que fric jonglant pend au mat du chebec,
Que friche grise emplume, et joue vent du rebec,
Font plus grand chaque jour valser le monde ensemble.
Vie et grand joie aux champs quand va fuir urebec.

20 septembre – 4e sans-culottide

Viens, mangeur de chapeau : que justice fébrile
Tombe et venge l’affront, jusqu’au ciel déchirant,
D’un jargonnant blasphème évoquant coup pas franc.
De quoi, veux fabuler, gauchiste où plomb jubile ?
Sache qu’on va, joufflu, dompter bavard trop grand,
Cravacher quidam fier jugeant ce temps débile.
Par vagues chaque jour flambera horde hostile.

21 septembre – 5e sans-culottide

Jouvenceau mal peigné, diable qui siffle et chasse,
Vis-tu par fol hasard joli magot qu’au banc
J’oubliai, fort hagard, quand empli de vinasse
Jusqu’au plumard vaguais, beauf déchu titubant.
Qui va, d’un jour infect abrégeant lâche passe,
Trouver mon dû juché sous quelque engin forban ?
Jovial, d’air gratifiant, promis choquant ruban.
Eh bé, dit gars fâché, quel vieux pou ! je me casse.
Quoi, d’un colifichet j’ai part, morve gobant ?
Mon cochon, j’avais rang pour flots d’acquis probant.
J’ai pigé, qu’enchaînai. Va pour dollar flambant.

6e sans-culottide

Il existe une sixième sans-culottide, ajoutée les années bissextiles. En contravention avec le fonctionnement normal du calendrier républicain, nous la fêterons exceptionnellement le 29 février 2016, permettant ainsi d’éviter un décalage dans les jours ordinaires. Son beau nom, Révolution, fera de même l’objet d’un poème en Belle absente.

Avis : En prévision de ce jour spécial, chacun est invité à m’envoyer une Belle absente sur le mot Révolution, qui sera publiée sur cette page le 29 février.

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Fructidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de fructidor.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Un poney au pré
apeuré par une épine
ira uriner.

( Annie Hupé )

19 août – 2 Fructidor – Millet

Emilie milite.
L’été, elle lit « Emile »
Tel le lit l’élite

( Guy Deflaux )

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Le Lord donne l’ordre :
Percer ce con de cyclope !
Perle de collyre…

( Guy Deflaux )

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Suresnes cernée
Se régénère. En ses rues
Son cœur secouru

( Guy Deflaux )

22 août – 5 Fructidor – Saumon

Un sumo s’amuse
Sous un mimosa moussu.
Se masse à main nue.

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Brest est berbère, Us
est serbe et reste sur Èbre.
Terrestre rébus.

( Annie Hupé )

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Ici, incursion.
Rions : sous nos cris nourris
Noirs, nous courons nus

( Guy Deflaux )

25 août – 8 Fructidor – Apocyn

Copain, paye un coup.
A ce pain coupe une pièce.
O couenne païenne !

26 août – 9 Fructidor – Réglisse

Sur le sol gelé
Glisse, sage auréolé.
Au soir l’air s’irise.

27 août – 10 Fructidor – Echelle

Elle alla, hâlée.
Aile liliale, a lui l’eau :
La houle huilée.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Poète apostat,
ta queste post-utopique
est aseptisée.

( Marie-Noëlle Bertrand )

29 août – 12 Fructidor – Fenouil

On foule le foin,
On effeuille l’aulne à nu.
On a la folie.

30 août – 13 Fructidor – Epine-vinette

Piéton, vent t’entête.
Pavé pointu tant avive
Ta peine, et te vanne.

31 août – 14 Fructidor – Noix

Nana nue, noyée ?
Nixe ? Aux yeux, néon. On ixe
à Oyonnax ! Na !

( Annie Hupé )

1er septembre – 15 Fructidor – Truite

Terreur et torture.
Royauté au rite étroit
A tué tout rire.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

cot-cot-cot, coin-coin
contrit, contraint, contrariant
crottin au tournant

( Annie Hupé )

3 septembre – 17 Fructidor – Cardère

Ce décor doré,
Ca écœure. Car derrière…
Ecrou, corde, roue.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Pair ou noir, parie !
Ni prière, ni rapine,
à peine une ornière.

( Annie Hupé )

5 septembre – 19 Fructidor – Tagette

A ôté gaîté
A agité yatagan
A tué otage

6 septembre – 20 Fructidor – Hotte

Hâte-toi, Hittite !
Etaie toit : hôte était tôt
A ta haute hutte.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

Grenouille et Triton
narguent Agouti englué.
Tête de linotte !

( Marie-Noëlle Bertrand )

8 septembre – 22 Fructidor – Noisette

Nuisette en satin
Toisa tonton et tonna
Tu sens anisette

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Au loin, un halo.
Un ânon a aluni !
Là ! Hi-han, hi-han !

( Annie Hupé )

10 septembre – 24 Fructidor – Sorgho

Gosse au sarrau gris,
Se hausse sur gros sureau.
Hors, au soir, erre. Ose !

11 septembre – 25 Fructidor – Ecrevisse

Ce rose caviar,
Servi sous sauce, a saisi
Sicaire écœuré.

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Aborde, gabare !
Gaie bayadère au boudoir,
aiguade à bâbord.

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

ô verger de rêve
rêve d’égo rêve rôde
doge gorgé d’or

(Gérard Le Goff)

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

Si ma muse aima
Suse, ses us, ses essais
Moïse m’assomme.

( Annie Hupé )

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Un roman noir, mou:
« “Mon romarin”, murmura
mon amour romain.»

( Annie Hupé )

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Au panier, un pain
une poire, épanoui
un païen opine.

( Annie Hupé )

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Thermidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de thermidor.

19 juillet – 1er thermidor – Epeautre

Pâtre réputé.
Poète à perpétuité,
Pote à parité.

( Bernard Maréchal ‏)

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Au bal le nabab
Câline noble inconnue.
La belle canaille !

21 juillet – 3 thermidor – Melon

La malle nouée,
Une mule au loin m’emmène.
Lune m’illumine.

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Ève, vouivre, eau vive …
Ore, ouvrière rivée :
évier ou voyeur.

( Annie Hupé )

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Belle bulle balle
la bouillie labiale bêle
obole au bla-bla.

( Annie Hupé )

24 juillet – 6 thermidor – Prêle

L’épeire à l’aurore
Ourle au pré parure ailée.
Y perle l’eau pure.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Marasme ès amour
Samouraï amer murmure
mamours à mousmé

( Marie-Noëlle Bertrand )

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Cachant ma terreur,
Monte ce chameau tortu.
M’accroche au cou rêche.

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Ramier mon ami,
aurore m’arrime à mai
erreur à rrou-rrou.

( Annie Hupé )

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Au soir, a souri,
Serré sa sœur, si rieuse…
Rusé, se rue. Erre.

29 juillet – 11 thermidor – Panic

En ce coin picnic
En nappe une ancienne cape
On y coupe un pain

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Curaillon ranci
sucera les seins nacrés.
Nourrice criera.

( Marie-Noëlle Bertrand )

31 juillet – 13 thermidor – Abricot

Cet abruti crie :
« Barbu, bière au bar berbère !
buté, ce cerbère ! »

( Annie Hupé )

1er août – 14 thermidor – Basilic

Belles au lac clos
Basse-lisse, boucles lasses
Basse-eau, l’aube coule

( Hélène Verdier )

2 août – 15 thermidor – Brebis

A buses rusées,
Bas abus au bar à bière
Beau rire brisé

( Céline Verdier )

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Vague a mugi, mauve.
Vigie a vu magie vive.
Emu, mime image.

4 août – 17 thermidor – Lin

Non ! Liée la lune ?
Un lion ailé l’a noyée,
loin, en Ionie.

( Annie Hupé )

5 août – 18 thermidor – Amande

Demande ma main,
Mon ami. Donne diadème.
M’emmène demain.

6 août – 19 thermidor – Gentiane

Ni gain, ni guignon :
ennui, gêne… Ô ingénue !
un anneau engage.

( Annie Hupé )

7 août – 20 thermidor – Ecluse

Classe close ou cul ?
Scelle écluse ou cluse éclose ?
Éclisse à l’école.

( Nic Sirkis )

8 août – 21 thermidor – Carline

Le cancre crana,
claironna caca con cul ;
Laure ricana.

( Marie-Noëlle Bertrand )

9 août – 22 thermidor – Câprier

Crêperie… repu…
Pur caprice : carpe ou raie ?
Au cap à Capri !

(Nic Sirkis)

10 août – 23 thermidor – Lentille

En latin l’alto
Entonne antienne atonale
A l’Etoile Lente

11 août – 24 thermidor – Aunée

Un nain ennuyé,
nu, ânonne. On a ouï :
« À nonne union ? Non ! »

( Annie Hupé )

12 août – 25 thermidor – Loutre

Terre-Loterie…
Lit et loto et terroir,
Terril et rotule.

( Nic Sirkis )

13 août – 26 thermidor – Myrte

Terreur au royaume.
Météore attire meurtre,
Met totem à terre.

14 août  – 27 thermidor – Colza

O louez le ciel !
L’eau coule le lac l’accueille.
Alizé à l’île.

15 août – 28 thermidor – Lupin

Le pain ou la pine ?
Pelle ou pleine lupuline ?
Lapin loupe-anal !

(Nic Sirkis)

16 août – 29 thermidor – Coton

À cette nana
Nattée, tannée, connotée,
Concocte ton coin !

(Nic Sirkis)

17 août – 30 thermidor – Moulin

Lamie lamina.
Nul moulin, nul môle ou mine…
Moi au milieu, loin.

(Nic Sirkis)

Catégories
Oripeaux

Messidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de messidor.

19 juin – 1er messidor – Seigle

Agile, le gosse
Glisse à l’aise au sol gelé.
A l’église, glas.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Veuve a vu voyou
Vive noue âne à niveau
Avoue envie neuve

21 juin – 3 messidor – Oignon

Ô gigue inouïe !
Gong ! Neige au nuage unie,
Gaïa égayée.

( Annie Hupé )

22 juin – 4 messidor – Véronique

Voirie n’a ravi
Ni riverain ni rêveur
Que rave ravive

23 juin – 5 messidor – Mulet

L’aïeul, au maillet,
Etale le métal mou.
Ultime tumulte.

24 juin – 6 messidor – Romarin

Narine aimera
Arôme, maure ou marin.
Amour mûrira.

25 juin – 7 messidor – Concombre

Un bric-à-brac morne
Encombre ce beau manoir.
A rien ne mène ombre.

26 juin – 8 messidor – Échalote

Il halète et halte,
Etalé, tête éclatée.
La hâte le lâche.

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Bestiau tabou
Tohu-bohu au bayou
Un tatou tué

( Marie-Noëlle Bertrand )

28 juin – 10 messidor – Faucille

Coiffe la filleule,
Fée à faucille fêlée
Ici accueillie.

( Nicolas Graner : en l’honneur du Tau Day le nombre de lettres des
mots successifs correspond aux chiffres du nombre tau = 2 pi = 6,28318530… )

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Anar au cœur d’or
Crâne, rude au donneur d’ordres.
Corne un rire cru.

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Archer, tire trait,
Touche au cœur et tue ce traître.
Raté ! Reître rit.

1er juillet – 13 messidor – Girofle

La rafle. La fouille.
Rafale effeuille la foule.
Guerre a gueule folle.

2 juillet – 14 messidor – Lavande

Ode au violon,
Villanelle à la vina.
Vive lune neuve.

3 juillet – 15 messidor – Chamois

Sachem, amusé,
A couché ce mioche aimé,
Au hamac cousu.

4 juillet – 16 messidor – Tabac

Ecoute à Cuba
Cette toccata : tuba
Et boîte battue.

5 juillet – 17 messidor – Groseille

Orgie au sérail
Oui, susurre l’algéroise
au sarouel rouge

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 juillet – 18 messidor – Gesse

Ses gosses assis
assagis, Sue aiguisa
sa saga osage.

( Annie Hupé )

7 juillet – 19 messidor – Cerise

Sorcier, accouru,
Secoue écorce sacrée.
Sa sœur se rassure.

8 juillet – 20 messidor – Parc

Père a reparu.
Ciré percé, cuir râpé,
Cape rapiécée.

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Un homme naît nu,
athée, en hâte ment, tue
thon et hanneton.

( Annie Hupé )

10 juillet – 22 messidor – Cumin

M’aime un mécano.
M’a connue : âme, cou, main.
A noce m’emmène.

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Hourra ahuri
Au crochet charcutier t’a
tatouée actrice

( Marie-Noëlle Bertrand )

12 juillet – 24 messidor – Orcanète

Traîne en cette rue,
Ruiné, ce notaire éteint.
Rencontre incertaine.

13 juillet – 25 messidor – Pintade

N’a point étudié.
Intendante, dépitée,
Donne punition.

14 juillet – 26 messidor – Sauge

Ô Iago, agis !
Ose ! Assiège ! Sus au sage,
sa gueuse se gausse…

( Annie Hupé )

15 juillet – 27 messidor – Ail

L’élu a la loi,
l’eau a l’île, lui a l’œil
elle… Alléluia !

( Annie Hupé  – Le nom « Ail » possédant une seule consonne « l », peuvent lui être adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quintidi » ; aucune n’est ici utilisée )

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Cocu coassa
Avoua vice assouvi
Occases cocasses

( Marie-Noëlle Bertrand )

17 juillet – 29 messidor – Blé

Oublie l’yèble, oublie
la libellule éblouie
l’abeille abolie.

( Annie Hupé )

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

Eole la hèle,
La lèche, emmêle le châle.
Emue elle houle.

Catégories
Twittérature

Prairial

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de prairial.

20 mai – 1er prairial – Luzerne

Louez le zéro !
Réel à relire en « rien ».
En lui, nulle erreur.

21 mai – 2 prairial – Hémérocalle

O calme rocaille :
Le marcheur aime l’arôme.
Murmure la mare.

22 mai – 3 prairial – Trèfle

Le troll affolé
Flotte et file au trot, fluet.
Fuit reflet fatal.

23 mai – 4 prairial – Angélique

Un geai nu qui nage
Illogique ! Non, que nenni
Le geai nu le nie

( Hélène Verdier )

24 mai – 5 prairial – Canard

Déçu, coi, rendu,
Candide a couru en rond,
Au cœur un accroc.

25 mai – 6 prairial – Mélisse

La simili-miss
Aimée, assimilée, lisse,
Sème la liesse.

( Nicolas Graner )

26 mai – 7 prairial – Fromental

La traite au matin.
Tarine a l’amour à l’œil.
L’été luit au Mont.

27 mai – 8 prairial – Lis martagon

Seul, agonisant,
Le mage mène à son terme
L’erre sans retour.

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Le pasteur est las.
Sa pelisse épaisse pèse.
Troupeau s’éparpille.

29 mai – 10 prairial – Faux

Affixé au fax :
Eau, feu, foie, oeuf, fée, faux yeux.
Fou fieffé a fui.

( Nicolas Graner )

30 mai – 11 prairial – Fraise

Sur sari s’affaire
Sûre fée sous frais sureau
Ô sœur ! ses souris

( Brigitte Pellat )

31 mai – 12 prairial – Bétoine

Ta tête bénie
Tantine au bonnet bénin
Bétonne la nuit.

( Nic Sirkis )

1er juin – 13 prairial – Pois

Oiseau épuisé
Se pose au pays sépia.
Epouse s’apaise.

2 juin – 14 prairial – Acacia

Caïd décida.
Cou coudé, ado céda.
Adieu, douce idée…

( Le nom « Acacia » possédant une seule consonne « c », lui sont adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quartidi » ; seule « d »  a été utilisée ici )

3 juin – 15 prairial – Caille

L’élue a cillé.
A l’oeil coule l’eau celée,
Calice lilial.

4 juin – 16 prairial – Œillet

Alitée, allaite.
Il tâte l’étole et tète.
L’étoile, elle, luit.

5 juin  – 17 prairial – Sureau

Rare sueur russe
Sûr ! Sa ruse a assuré !
Erreur ressassée

( Guy Deflaux , beau présent pour le sureau)

6 juin – 18 prairial – Pavot

Ta tête – ô toupie !
vite apitoyée pivote.
Veuve y vaut poupée.

( Annie Hupé )

7 juin – 19 prairial – Tilleul

l’été étalé
l’été ailé attelé
l’été à Etel

(Gérard Le Goff)

8 juin – 20 prairial – Fourche

ah friche cachée
chère ruche chère roche
riche huche fraîche

(Gérard Le Goff)

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Eau : Bébé a bu.
Beur à Auber ? Au barreau !
Ubu erre au bar

( Guy Deflaux , beau présent pour le barbeau)

10 juin – 22 prairial Camomille

momie calme lac
comme à la cime acclamé
aime le calame

(Gérard Le Goff)

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Février fleuri,
ferveur réveillée, férule
virile levée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le chèvrefeuille ‏)

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

L’élite était là,
la tata et le titi,
la telle et la tête.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le caille-lait ‏)

13 juin – 25 prairial – Tanche

Tanche tachetée
achetée à échéance,
tentante et cachée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour la tanche‏)

14 juin – 26 prairial – Jasmin

O joueuse amie.
J’aime son jeune minois.
Ma main à sa joue.

15 juin – 27 prairial – Verveine

Verveine rêvée,
reine ivre, venin en verre,
venin vénérien.

( Bernard Maréchal, beau présent ‏)

16 juin – 28 prairial – Thym

Meute, tête haute,
A tué homme au totem.
O mythe muet.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Epave nippée
VIP a eu pépin
Ni penny ni pain

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 juin – 30 prairial – Chariot

Tricheur au tarot
Cache roi, tire atout cœur.
Haro : riche à tort !

Catégories
Twittérature

Floréal

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de floréal.

Fin du Sankulipo (avril 2016 )

20 avril – 1 floréal – Rose

    Sérieuse erreur :
    Au soir, assise au rosaire,
    Sœur osa sourire !

21 avril – 2 floréal – Chêne

    Haïe ou choyée ? 
    Icône ou cachée ? Chou ? Ache ? 
    Noun ! Aucun écho. 
            
      ( Annie Hupé ) 

22 avril – 3 floréal – Fougère

    Fourrure ou gruyère,
Gère affaire où griffe égorge.
Grugé : Or a fui.

23 avril – 4 floréal – Aubépine

    Bénie ou bannie ?
    Une année à pouponner.
    Aubaine ou pépin ?

      ( Marie-Noëlle Bertrand )

24avril – 5 floréal – Rossignol

    Le sang ruissela
Ange s’en gargarisa
Goule agonisa

25 avril – 6 floréal – Ancolie

    Nul canal à Nice,
    le ciel a lancé la lune
    lucane inconnue


        ( Annie Hupé )

26 avril – 7 floréal – Muguet

    Matou mégotait…
    Gigot ? Mouette ? Méga miam !
    A goûté à tout.

        ( Marie-Noëlle Bertrand )

27 avril – 8 floréal – Champignon

    Un chêne penché.
Une magicienne mâche
Un pain non coupé.

28 avril – 9 floréal – Hyacinthe

    Chatte tachetée
Achetée un yuan huit
A tué ta chouette.

29 avril – 10 floréal – Râteau

    Erreur ! Atterré,
    tueur a raté artère,
    et tâté urètre…


        ( Bernard Maréchal ‏)

30 avril – 11 floréal – Rhubarbe

    Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !

Début du Sankulipo (mai 2015) :

1er mai – 12 floréal – Sainfoin

    Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.

2 mai – 13 floréal – Bâton d’or

    Barbier dort debout :
A tant tondu, tant natté.
Tout tourne au retour.

3 mai – 14 floréal – Chamerops

    Amère paresse.
Ah ! Reproche remâché
Empêche ma pose.

4 mai -15 floréal – Ver à soie

    O rêve irisé,
Vers susurrés sous osiers
Où sève se verse.

5 mai – 16 floréal – Consoude

    Assise, nouée,
Coud sans cesse, dé dansant,
Dos sec secoué.

6 mai – 17 floréal – Pimprenelle

    La perle opaline
Roule en mer, éparpillée.
Pleure, mariée.

7 mai – 18 floréal – Corbeille d’or

    Délie le rideau :
Bébé, au berceau brodé,
Babille à l’aurore.

8 mai – 19 floréal – Arroche

    Croc accroche hure !
Archer, accouru au cor,
Arrache cœur ocre.

9 mai – 20 floréal – Sarcloir

    Ses sous calculés
Elle a reçu son salaire
O son rire clair

10 mai – 21 floréal – Statice

    Coteau sec, tassé.
    Cesse et sous tes socs, écoute :
    Ici, tout s’est tu.


        ( David Bricout. )

11  mai – 22 floréal – Fritillaire

    Il fera la fête
Falafel et rire fou
La fleur à la tête

12 mai – 23 floréal – Bourrache

    Hère, cherche abri
Car bourreau abhorre cœur.
Broie. Ecorche. Roue.

13 mai – 24 floréal – Valériane

    Levain nourrira,
Vanille ouvrira narine,
Vin réveillera.

14 mai – 25 floréal – Carpe

    Par ce pré carré
Cria père au cœur pourri.
Rapière a percé.

15 mai – 26 floréal – Fusain

    Un faune assoiffé
A fini sa fine au seau.
Sonné, se noya.

16 mai – 27 floréal – Civette

    Ce tacot va vite !
Evite auto, tue cocotte.
Ceci vaut civet.

17 mai – 28 floréal – Buglosse

    La belle logeuse
A laissé l’asile au gosse
Bègue. Il la salue.

18 mai – 29 floréal – Sénevé

    Eau noya vaisseau.
Voisin sauva son neveu.
S’envasa sans vie.

19 mai – 30 floréal – Houlette

    L’huile, l’eau, le thé.
Louloute tête le lait.
Il lit, étalé.
Catégories
Twittérature

Sankulipo

Ce projet d’un an a démarré le 1er mai 2015. Comme pour les deux cycles annuels précédent, le lipoméride et le zodianku, il a fait l’objet d’une parution quotidienne sur ce site et sur twitter. Il se base sur le calendrier républicain: chaque jour paraissait un haïku écrit en utilisant seulement les consonnes du nom donné par Fabre d’Eglantine au jour considéré. Si toutefois ce jour comportait une seule consonne ou aucune, on pouvait utiliser de plus les consonnes du nom du jour dans la décade (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi).

Tous les amis, Oulipotes ou Twittérateurs, qui le souhaitaient étaient invités à me proposer ces haïkus, accueillis avec joie.

Voici le premier et le dernier des haïkus composés lors de ce cycle :

1er mai 2015 – 12 floréal – Sainfoin

Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.

30 avril 2016  – 11 floréal – Rhubarbe

Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !

Mois par mois, ensemble des haïkus du Sankulipo :

Floréal

Prairial

Messidor

Thermidor

Fructidor

Sans-culottides

et notamment Révolution : un ensemble de belles absentes composées pour ce jour spécial.

Vendémiaire

Brumaire

Frimaire

Nivôse

Pluviôse

Ventôse

Germinal

A la fin de ce cycle nous avons fêté la fin de l’aventure : une pluie de textes ont répondu à mon invitation d’écrire sur des contraintes oulipiennes librement choisies des poèmes à partir de la chanson  « Il pleut, il pleut, bergère » écrite par  Fabre d’Eglantine, auteur des noms de jours du calendrier républicain. Cette page a été publiée le 1er mai 2016.

Variantes :

Chaque jour de nombreuses variantes ont été proposées par des amis sur la liste Oulipo et sur twitter. Merci à tous pour tant de richesse ! Elles sont rassemblées (ainsi que mes propres variantes)  dans la page Variantes du Sankulipo

Illustration :

Un grand merci à « Mal traçadas linhas » alias @eujanymim qui m’a envoyé la belle roue calendaire illustrant le Sankulipo.