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Révolution

Cette page spéciale du Sankulipo célèbre la sixième sans-culottide, ce jour qui n’apparaît que lors des années bissextiles. Ce jour porte le nom magnifique de « Révolution ». Pour le 29 février chacun était invité à composer, sur le nom de ce jour, un poème suivant la contrainte de la belle absente chère à Georges Perec. Vous trouverez ci-dessous l’ensemble de ces contributions, dans l’ordre où elles me sont parvenues :

Que le monde est bien fait ! Je le change en pavés…
Pourquoi vagir ? Jamais ! Touchons bois du fusil !
À bas, roi ! Je permets que le chagrin défoule
chaude pique et bagnards : j’enflammerai Versailles !
Hein ! Putain du bon roi qui fais juger vicomte,
des coqs vont te grimper, le joli bal s’affiche !
Bravo ! Champagne à qui gifla les joues de Louis !
Aux fers va-t-en, déchu que juge mon beau peuple !
Je plaide, griffe et bec. Que ma hargne survive !
Vite ! Dehors les chefs ! Juge, ma République !

Bernard Maréchal

Desmoulins au gibet, vache joufflue qui pue,
pâlot qui n’a jamais fui vos brigands chouans,
pourquoi Couthon blafard limoge-t-il Saint-Just ?
Quand Mirabeau vengeait les chefs, Hébert jappait.
Fouquier, gros chien bâtard qui va jouir aux baptêmes
va-t-il saigner, fier coq ? Déjà proche, mon brave
écrivaillon, biographe qui jamais deux fois
n’épargna Joubert défunt, va masquer Charlotte
que j’affranchis à temps, graves hallebardiers !
Bœuf qui juge voudrait castrer l’homme Capet ?

Bernard Maréchal

J’ai guinché d’un pas vif quand tomba la Bastille,
Disculpant l’humain fou jusqu’à rugir : bravo !
Dieu ! Marianne est jolie, qu’un bonnet phrygien coiffe…
J’ai vu, grand beau chant neuf, l’épique Marseillaise
Faire embrocher jadis aux piques vingt cocardes
Tels des coqs : ergots fiers, jambes plantées, bravaches !
Prends, chômeur efflanqué, bourgeois, jeune ouvrier,
Le fameux drapeau bleu, blanc, rouge – et qu’on vous juche !
Jugeant pendable et vil qui s’acharne et diffame,
J’absous qui, comme Hugo, Ferré, veut parler d’elle.

Nicolas Graner

L’outre-ovni

Figé quand l’homme objective une ellipse
Juchant d’aplomb, qu’un si griffu vautour
Subjugue au fond chaque amplifié retour,
D’ahan j’embarque et fugue vers l’éclipse.

Qu’au bord je fiche un temps gravitation ?
Déjà cinq champs forgent l’observation
Jusqu’à l’ogive, humble oeuf pour décennie.

Lorsque vos chants flambent, juge Doppler,
Jupiter flashe, embecque et vend génie…
J’achève et tombe, esquif gris de Kepler.

Gilles Esposito-Farèse

Je fais l’Ode qui change en plomb l’évolution.
Djougachvili, fils taquin, plomba Vladimir,
Et Marx, un jour qu’Engels, affranchi du baptême,
Digne, jurait que l’affranchi vaut plus à Brême,
Franchit grand bras de mer, provoquant Fred à jouir.
Déjà le coq Trotski (flegme !) voit Pancho bon.
Quels poncifs ! Rosa Luxembourg versus Hodja ?
Castro, chef des jaloux qu’au plomb Mao vengea ?
Kremlin, fusils chargés, java quand Berlin pète ?
Va, Spartacus, objet magique, fils d’Ilitch !

Bernard Maréchal

La Révolution,maintenant !

D’aucuns disent que les voilà passés ces temps, qu’ils ne sont plus imaginables…
« « Nous voulons du pain », criait la population, conspuant patrons, nantis »*
Assurément, « celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir »**.
Refuser la servitude. Fini, l’anesthésie médiatique et la patience !
Choisir de vivre, oser être insoumis, se dresser contre eux :
les politicards, les milliardaires à la lanterne, les économistes valets avec !
Courage ! Soulevons-nous ! Élevons-nous, ! Brisons nos chaînes ! Libérons nos consciences !
Espérons une révolte pour fonder un monde juste et généreux.
Il y a une alternative à la haine et à la guerre, au libéralisme et au capitalisme.
Oui, rêver, résister et se dresser est possible ! Debout, libres, égaux et frères désormais !

* Georges Perec, La disparition, Gallimard, 1969
** Charles Baudelaire, Le spleen de Paris, « Assommons les Pauvres », 1869

Marie-Noëlle Bertrand

[La contrainte suivie par M-N Bertrand diffère de la belle absente usuelle: Ici chaque ligne doit être exempte de la lettre correspondante du nom à honorer et doit en revanche comporter toutes les lettres de ce nom.]

Évolution, as-tu oublié ton initiale ? Pique à gauche, mon Ducon … ou je te défie:
« Abracadabra ! Figliliviti ! Phomotoquoto ! Stujunucunu ! »
Syllabes magiques, jupes de filles, chignons de mots… Trop
De charabia, de bavures en jérémiades, de gaffes en piteuses querelles ;
Que vivent nos imaginations ! Affichons nos peurs ! Brandissons nos joies !
Hier il fallait se taire… ben merde, pas d’accord ! Le coq cocoricote, viens, jalonnons les grottes,
Jouons, dévalons de la cime des falaises à la rivière où l’herbe de la berge nous pique…
Tels les scarabées fous du gang des coqs, avançons sur le thym des sentes juponnées
De filles à la vanille, de gars au banania, de vaches à la cuisine, de chats au ratafia, de jules à la manille, de pipes au quinquina !
Vas-tu soulever la digue de pavés pour que jaillisse la biche qu’elle camoufle?

Nic Sirkis

Noisette magique
déchois-tu jeune absolu
voeu patafisique
Houblon parfois dru
j’ai par ton gai chant acquis
l’immoral voulu
Sorgho bien joli
tu charmes prés en délice
lorsque tu fleuris
Timide écrevisse
qui nargue le bec happeur
fébrile jaunisse
Bigarade au coeur
dur comme un bijou de rêve
fiché quiet sans peur
Verge d’or ta sève
joint coq en pâte et blinis
le massif l’achève
Maïs en épis
chaque joie épiscopale
fond en bonds gravis
Marron qu’une Omphale
a vu débuter le clan
jeunesse frugale
Panier bienveillant
qu’enrichit le fier rebut
jardins d’agrément
Jour de la Vertu
bascule au charlot lubrique
formel peu goulu

ce ci-devant chef la révolution plurielle égale en jambique

Rémi Schulz

[  Voici l’explication jointe par l’auteur : Ma contribution, écrite ce jour, utilise le fait que la seule lecture en négatif de REVOLUTION dans le calendrier républicain part du jour de la NOISETTE, le 8 septembre qui est aussi le Jour de l’An ‘pataphysique, et aboutit au jour de la VERTU, le premier sans-culottide.
J’ai donc pondu 10 haïkaï en belles absentes, soit 170 pieds correspondant à la gématrie de REVOLUTIONS au pluriel, d’où un dernier vers pour en rendre compte. ]

Change au levant mon cap. Jusqu’au diable je souffle.
Fourguant branlants pouvoirs, quand j’avilis mon chant,
Dégonflant mon jabot, choisis quitter pantoufle.
Je chasse du quartier grave flambeur, prêchant
Abject coup de pub. Mords faquin vague aguichant.
Le poing levé jetons nasdaq, baffons  marchand.
Les gars, joli chambard va paniquer maroufle.
Fouette joue, rauque vent de sable : orage au champ
Ne plie vigne et blé mûr qu’au jardin vais fauchant.
Beau, déjà haut, magique espoir, vole l’écoufle.

Noël Talipo

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Sans-culottides

La période spéciale des « sans-culottides », dans le calendrier républicain, rattrape les jours manquants du fait de la durée des mois uniformément fixée à 30 jours. Cette période fut l’occasion d’un petit interlude dans le Sankulipo. Chaque jour un poème a été écrit selon la contrainte de la belle absente : le nom du jour est caché dans le texte, et en vous référant à cette contrainte vous êtes invités à le décrypter.

17 septembre – 1re sans-culottide

Quand les remous changeants fripent joncs bleus et louches,
Qu’au fond d’impurs gourbis vont jolis gars chantant,
Fille à jambe de vamp cogne insolents qui touchent
Beau jupon d’organdi. Fichu qui vole aux mouches
Fait rêver cinq jobards de grand charme à plein temps.

18 septembre – 2e sans-culottide

Les jardins imprévus défrichons tant qu’il brume
Qu’ont franchis, jour brutal, suppôts du gain mauvais,
Aveugles défroqués aux champs abjects rivés.
D’ample et fantasque charge, au vol enjambant grume,
Par longs maquis branchus, fort dans la nuit, j’y vais.

19 septembre – 3e sans-culottide

Vieux jargon du faucheur, auquel son pré ressemble,
Fauve et chaud, jubilant, mots qu’on mange à plein bec :
M’emplis de souvenirs qu’un jour chien gifle, et tremble.
Chômeurs que fric jonglant pend au mat du chebec,
Que friche grise emplume, et joue vent du rebec,
Font plus grand chaque jour valser le monde ensemble.
Vie et grand joie aux champs quand va fuir urebec.

20 septembre – 4e sans-culottide

Viens, mangeur de chapeau : que justice fébrile
Tombe et venge l’affront, jusqu’au ciel déchirant,
D’un jargonnant blasphème évoquant coup pas franc.
De quoi, veux fabuler, gauchiste où plomb jubile ?
Sache qu’on va, joufflu, dompter bavard trop grand,
Cravacher quidam fier jugeant ce temps débile.
Par vagues chaque jour flambera horde hostile.

21 septembre – 5e sans-culottide

Jouvenceau mal peigné, diable qui siffle et chasse,
Vis-tu par fol hasard joli magot qu’au banc
J’oubliai, fort hagard, quand empli de vinasse
Jusqu’au plumard vaguais, beauf déchu titubant.
Qui va, d’un jour infect abrégeant lâche passe,
Trouver mon dû juché sous quelque engin forban ?
Jovial, d’air gratifiant, promis choquant ruban.
Eh bé, dit gars fâché, quel vieux pou ! je me casse.
Quoi, d’un colifichet j’ai part, morve gobant ?
Mon cochon, j’avais rang pour flots d’acquis probant.
J’ai pigé, qu’enchaînai. Va pour dollar flambant.

6e sans-culottide

Il existe une sixième sans-culottide, ajoutée les années bissextiles. En contravention avec le fonctionnement normal du calendrier républicain, nous la fêterons exceptionnellement le 29 février 2016, permettant ainsi d’éviter un décalage dans les jours ordinaires. Son beau nom, Révolution, fera de même l’objet d’un poème en Belle absente.

Avis : En prévision de ce jour spécial, chacun est invité à m’envoyer une Belle absente sur le mot Révolution, qui sera publiée sur cette page le 29 février.

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Fructidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de fructidor.

18 août – 1er Fructidor – Prune

Un poney au pré
apeuré par une épine
ira uriner.

( Annie Hupé )

19 août – 2 Fructidor – Millet

Emilie milite.
L’été, elle lit « Emile »
Tel le lit l’élite

( Guy Deflaux )

20 août – 3 Fructidor – Lycoperdon

Le Lord donne l’ordre :
Percer ce con de cyclope !
Perle de collyre…

( Guy Deflaux )

21 août – 4 Fructidor – Escourgeon

Suresnes cernée
Se régénère. En ses rues
Son cœur secouru

( Guy Deflaux )

22 août – 5 Fructidor – Saumon

Un sumo s’amuse
Sous un mimosa moussu.
Se masse à main nue.

23 août – 6 Fructidor – Tubéreuse

Brest est berbère, Us
est serbe et reste sur Èbre.
Terrestre rébus.

( Annie Hupé )

24 août – 7 Fructidor – Sucrion

Ici, incursion.
Rions : sous nos cris nourris
Noirs, nous courons nus

( Guy Deflaux )

25 août – 8 Fructidor – Apocyn

Copain, paye un coup.
A ce pain coupe une pièce.
O couenne païenne !

26 août – 9 Fructidor – Réglisse

Sur le sol gelé
Glisse, sage auréolé.
Au soir l’air s’irise.

27 août – 10 Fructidor – Echelle

Elle alla, hâlée.
Aile liliale, a lui l’eau :
La houle huilée.

28 août – 11 Fructidor – Pastèque

Poète apostat,
ta queste post-utopique
est aseptisée.

( Marie-Noëlle Bertrand )

29 août – 12 Fructidor – Fenouil

On foule le foin,
On effeuille l’aulne à nu.
On a la folie.

30 août – 13 Fructidor – Epine-vinette

Piéton, vent t’entête.
Pavé pointu tant avive
Ta peine, et te vanne.

31 août – 14 Fructidor – Noix

Nana nue, noyée ?
Nixe ? Aux yeux, néon. On ixe
à Oyonnax ! Na !

( Annie Hupé )

1er septembre – 15 Fructidor – Truite

Terreur et torture.
Royauté au rite étroit
A tué tout rire.

2 septembre – 16 Fructidor – Citron

cot-cot-cot, coin-coin
contrit, contraint, contrariant
crottin au tournant

( Annie Hupé )

3 septembre – 17 Fructidor – Cardère

Ce décor doré,
Ca écœure. Car derrière…
Ecrou, corde, roue.

4 septembre – 18 Fructidor – Nerprun

Pair ou noir, parie !
Ni prière, ni rapine,
à peine une ornière.

( Annie Hupé )

5 septembre – 19 Fructidor – Tagette

A ôté gaîté
A agité yatagan
A tué otage

6 septembre – 20 Fructidor – Hotte

Hâte-toi, Hittite !
Etaie toit : hôte était tôt
A ta haute hutte.

7 septembre – 21 Fructidor – Eglantier

Grenouille et Triton
narguent Agouti englué.
Tête de linotte !

( Marie-Noëlle Bertrand )

8 septembre – 22 Fructidor – Noisette

Nuisette en satin
Toisa tonton et tonna
Tu sens anisette

9 septembre – 23 Fructidor – Houblon

Au loin, un halo.
Un ânon a aluni !
Là ! Hi-han, hi-han !

( Annie Hupé )

10 septembre – 24 Fructidor – Sorgho

Gosse au sarrau gris,
Se hausse sur gros sureau.
Hors, au soir, erre. Ose !

11 septembre – 25 Fructidor – Ecrevisse

Ce rose caviar,
Servi sous sauce, a saisi
Sicaire écœuré.

12 septembre – 26 Fructidor – Bigarade

Aborde, gabare !
Gaie bayadère au boudoir,
aiguade à bâbord.

( Marie-Noëlle Bertrand )

13 septembre – 27 Fructidor – Verge d’or

ô verger de rêve
rêve d’égo rêve rôde
doge gorgé d’or

(Gérard Le Goff)

14 septembre – 28 Fructidor – Maïs

Si ma muse aima
Suse, ses us, ses essais
Moïse m’assomme.

( Annie Hupé )

15 septembre – 29 Fructidor – Marron

Un roman noir, mou:
« “Mon romarin”, murmura
mon amour romain.»

( Annie Hupé )

16 septembre – 30 Fructidor – Panier

Au panier, un pain
une poire, épanoui
un païen opine.

( Annie Hupé )

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Thermidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de thermidor.

19 juillet – 1er thermidor – Epeautre

Pâtre réputé.
Poète à perpétuité,
Pote à parité.

( Bernard Maréchal ‏)

20 juillet – 2 thermidor – Bouillon-blanc

Au bal le nabab
Câline noble inconnue.
La belle canaille !

21 juillet – 3 thermidor – Melon

La malle nouée,
Une mule au loin m’emmène.
Lune m’illumine.

22 juillet – 4 thermidor – Ivraie

Ève, vouivre, eau vive …
Ore, ouvrière rivée :
évier ou voyeur.

( Annie Hupé )

23 juillet – 5 thermidor – Bélier

Belle bulle balle
la bouillie labiale bêle
obole au bla-bla.

( Annie Hupé )

24 juillet – 6 thermidor – Prêle

L’épeire à l’aurore
Ourle au pré parure ailée.
Y perle l’eau pure.

25 juillet – 7 thermidor – Armoise

Marasme ès amour
Samouraï amer murmure
mamours à mousmé

( Marie-Noëlle Bertrand )

26 juillet – 8 thermidor – Carthame

Cachant ma terreur,
Monte ce chameau tortu.
M’accroche au cou rêche.

27 juillet – 9 thermidor – Mûre

Ramier mon ami,
aurore m’arrime à mai
erreur à rrou-rrou.

( Annie Hupé )

28 juillet – 10 thermidor – Arrosoir

Au soir, a souri,
Serré sa sœur, si rieuse…
Rusé, se rue. Erre.

29 juillet – 11 thermidor – Panic

En ce coin picnic
En nappe une ancienne cape
On y coupe un pain

30 juillet – 12 thermidor – Salicorne

Curaillon ranci
sucera les seins nacrés.
Nourrice criera.

( Marie-Noëlle Bertrand )

31 juillet – 13 thermidor – Abricot

Cet abruti crie :
« Barbu, bière au bar berbère !
buté, ce cerbère ! »

( Annie Hupé )

1er août – 14 thermidor – Basilic

Belles au lac clos
Basse-lisse, boucles lasses
Basse-eau, l’aube coule

( Hélène Verdier )

2 août – 15 thermidor – Brebis

A buses rusées,
Bas abus au bar à bière
Beau rire brisé

( Céline Verdier )

3 août – 16 thermidor – Guimauve

Vague a mugi, mauve.
Vigie a vu magie vive.
Emu, mime image.

4 août – 17 thermidor – Lin

Non ! Liée la lune ?
Un lion ailé l’a noyée,
loin, en Ionie.

( Annie Hupé )

5 août – 18 thermidor – Amande

Demande ma main,
Mon ami. Donne diadème.
M’emmène demain.

6 août – 19 thermidor – Gentiane

Ni gain, ni guignon :
ennui, gêne… Ô ingénue !
un anneau engage.

( Annie Hupé )

7 août – 20 thermidor – Ecluse

Classe close ou cul ?
Scelle écluse ou cluse éclose ?
Éclisse à l’école.

( Nic Sirkis )

8 août – 21 thermidor – Carline

Le cancre crana,
claironna caca con cul ;
Laure ricana.

( Marie-Noëlle Bertrand )

9 août – 22 thermidor – Câprier

Crêperie… repu…
Pur caprice : carpe ou raie ?
Au cap à Capri !

(Nic Sirkis)

10 août – 23 thermidor – Lentille

En latin l’alto
Entonne antienne atonale
A l’Etoile Lente

11 août – 24 thermidor – Aunée

Un nain ennuyé,
nu, ânonne. On a ouï :
« À nonne union ? Non ! »

( Annie Hupé )

12 août – 25 thermidor – Loutre

Terre-Loterie…
Lit et loto et terroir,
Terril et rotule.

( Nic Sirkis )

13 août – 26 thermidor – Myrte

Terreur au royaume.
Météore attire meurtre,
Met totem à terre.

14 août  – 27 thermidor – Colza

O louez le ciel !
L’eau coule le lac l’accueille.
Alizé à l’île.

15 août – 28 thermidor – Lupin

Le pain ou la pine ?
Pelle ou pleine lupuline ?
Lapin loupe-anal !

(Nic Sirkis)

16 août – 29 thermidor – Coton

À cette nana
Nattée, tannée, connotée,
Concocte ton coin !

(Nic Sirkis)

17 août – 30 thermidor – Moulin

Lamie lamina.
Nul moulin, nul môle ou mine…
Moi au milieu, loin.

(Nic Sirkis)

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Oripeaux

Messidor

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de messidor.

19 juin – 1er messidor – Seigle

Agile, le gosse
Glisse à l’aise au sol gelé.
A l’église, glas.

20 juin – 2 messidor – Avoine

Veuve a vu voyou
Vive noue âne à niveau
Avoue envie neuve

21 juin – 3 messidor – Oignon

Ô gigue inouïe !
Gong ! Neige au nuage unie,
Gaïa égayée.

( Annie Hupé )

22 juin – 4 messidor – Véronique

Voirie n’a ravi
Ni riverain ni rêveur
Que rave ravive

23 juin – 5 messidor – Mulet

L’aïeul, au maillet,
Etale le métal mou.
Ultime tumulte.

24 juin – 6 messidor – Romarin

Narine aimera
Arôme, maure ou marin.
Amour mûrira.

25 juin – 7 messidor – Concombre

Un bric-à-brac morne
Encombre ce beau manoir.
A rien ne mène ombre.

26 juin – 8 messidor – Échalote

Il halète et halte,
Etalé, tête éclatée.
La hâte le lâche.

27 juin – 9 messidor – Absinthe

Bestiau tabou
Tohu-bohu au bayou
Un tatou tué

( Marie-Noëlle Bertrand )

28 juin – 10 messidor – Faucille

Coiffe la filleule,
Fée à faucille fêlée
Ici accueillie.

( Nicolas Graner : en l’honneur du Tau Day le nombre de lettres des
mots successifs correspond aux chiffres du nombre tau = 2 pi = 6,28318530… )

29 juin – 11 messidor – Coriandre

Anar au cœur d’or
Crâne, rude au donneur d’ordres.
Corne un rire cru.

30 juin – 12 messidor – Artichaut

Archer, tire trait,
Touche au cœur et tue ce traître.
Raté ! Reître rit.

1er juillet – 13 messidor – Girofle

La rafle. La fouille.
Rafale effeuille la foule.
Guerre a gueule folle.

2 juillet – 14 messidor – Lavande

Ode au violon,
Villanelle à la vina.
Vive lune neuve.

3 juillet – 15 messidor – Chamois

Sachem, amusé,
A couché ce mioche aimé,
Au hamac cousu.

4 juillet – 16 messidor – Tabac

Ecoute à Cuba
Cette toccata : tuba
Et boîte battue.

5 juillet – 17 messidor – Groseille

Orgie au sérail
Oui, susurre l’algéroise
au sarouel rouge

( Marie-Noëlle Bertrand )

6 juillet – 18 messidor – Gesse

Ses gosses assis
assagis, Sue aiguisa
sa saga osage.

( Annie Hupé )

7 juillet – 19 messidor – Cerise

Sorcier, accouru,
Secoue écorce sacrée.
Sa sœur se rassure.

8 juillet – 20 messidor – Parc

Père a reparu.
Ciré percé, cuir râpé,
Cape rapiécée.

9 juillet – 21 messidor – Menthe

Un homme naît nu,
athée, en hâte ment, tue
thon et hanneton.

( Annie Hupé )

10 juillet – 22 messidor – Cumin

M’aime un mécano.
M’a connue : âme, cou, main.
A noce m’emmène.

11 juillet – 23 messidor – Haricot

Hourra ahuri
Au crochet charcutier t’a
tatouée actrice

( Marie-Noëlle Bertrand )

12 juillet – 24 messidor – Orcanète

Traîne en cette rue,
Ruiné, ce notaire éteint.
Rencontre incertaine.

13 juillet – 25 messidor – Pintade

N’a point étudié.
Intendante, dépitée,
Donne punition.

14 juillet – 26 messidor – Sauge

Ô Iago, agis !
Ose ! Assiège ! Sus au sage,
sa gueuse se gausse…

( Annie Hupé )

15 juillet – 27 messidor – Ail

L’élu a la loi,
l’eau a l’île, lui a l’œil
elle… Alléluia !

( Annie Hupé  – Le nom « Ail » possédant une seule consonne « l », peuvent lui être adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quintidi » ; aucune n’est ici utilisée )

16 juillet – 28 messidor – Vesce

Cocu coassa
Avoua vice assouvi
Occases cocasses

( Marie-Noëlle Bertrand )

17 juillet – 29 messidor – Blé

Oublie l’yèble, oublie
la libellule éblouie
l’abeille abolie.

( Annie Hupé )

18 juillet – 30 messidor – Chalemie

Eole la hèle,
La lèche, emmêle le châle.
Emue elle houle.

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Prairial

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de prairial.

20 mai – 1er prairial – Luzerne

Louez le zéro !
Réel à relire en « rien ».
En lui, nulle erreur.

21 mai – 2 prairial – Hémérocalle

O calme rocaille :
Le marcheur aime l’arôme.
Murmure la mare.

22 mai – 3 prairial – Trèfle

Le troll affolé
Flotte et file au trot, fluet.
Fuit reflet fatal.

23 mai – 4 prairial – Angélique

Un geai nu qui nage
Illogique ! Non, que nenni
Le geai nu le nie

( Hélène Verdier )

24 mai – 5 prairial – Canard

Déçu, coi, rendu,
Candide a couru en rond,
Au cœur un accroc.

25 mai – 6 prairial – Mélisse

La simili-miss
Aimée, assimilée, lisse,
Sème la liesse.

( Nicolas Graner )

26 mai – 7 prairial – Fromental

La traite au matin.
Tarine a l’amour à l’œil.
L’été luit au Mont.

27 mai – 8 prairial – Lis martagon

Seul, agonisant,
Le mage mène à son terme
L’erre sans retour.

28 mai – 9 prairial – Serpolet

Le pasteur est las.
Sa pelisse épaisse pèse.
Troupeau s’éparpille.

29 mai – 10 prairial – Faux

Affixé au fax :
Eau, feu, foie, oeuf, fée, faux yeux.
Fou fieffé a fui.

( Nicolas Graner )

30 mai – 11 prairial – Fraise

Sur sari s’affaire
Sûre fée sous frais sureau
Ô sœur ! ses souris

( Brigitte Pellat )

31 mai – 12 prairial – Bétoine

Ta tête bénie
Tantine au bonnet bénin
Bétonne la nuit.

( Nic Sirkis )

1er juin – 13 prairial – Pois

Oiseau épuisé
Se pose au pays sépia.
Epouse s’apaise.

2 juin – 14 prairial – Acacia

Caïd décida.
Cou coudé, ado céda.
Adieu, douce idée…

( Le nom « Acacia » possédant une seule consonne « c », lui sont adjointes selon la règle les consonnes du nom du jour « Quartidi » ; seule « d »  a été utilisée ici )

3 juin – 15 prairial – Caille

L’élue a cillé.
A l’oeil coule l’eau celée,
Calice lilial.

4 juin – 16 prairial – Œillet

Alitée, allaite.
Il tâte l’étole et tète.
L’étoile, elle, luit.

5 juin  – 17 prairial – Sureau

Rare sueur russe
Sûr ! Sa ruse a assuré !
Erreur ressassée

( Guy Deflaux , beau présent pour le sureau)

6 juin – 18 prairial – Pavot

Ta tête – ô toupie !
vite apitoyée pivote.
Veuve y vaut poupée.

( Annie Hupé )

7 juin – 19 prairial – Tilleul

l’été étalé
l’été ailé attelé
l’été à Etel

(Gérard Le Goff)

8 juin – 20 prairial – Fourche

ah friche cachée
chère ruche chère roche
riche huche fraîche

(Gérard Le Goff)

9 juin – 21 prairial – Barbeau

Eau : Bébé a bu.
Beur à Auber ? Au barreau !
Ubu erre au bar

( Guy Deflaux , beau présent pour le barbeau)

10 juin – 22 prairial Camomille

momie calme lac
comme à la cime acclamé
aime le calame

(Gérard Le Goff)

11 juin – 23 prairial – Chèvrefeuille

Février fleuri,
ferveur réveillée, férule
virile levée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le chèvrefeuille ‏)

12 juin – 24 prairial – Caille-lait

L’élite était là,
la tata et le titi,
la telle et la tête.

( Bernard Maréchal, beau présent pour le caille-lait ‏)

13 juin – 25 prairial – Tanche

Tanche tachetée
achetée à échéance,
tentante et cachée.

( Bernard Maréchal, beau présent pour la tanche‏)

14 juin – 26 prairial – Jasmin

O joueuse amie.
J’aime son jeune minois.
Ma main à sa joue.

15 juin – 27 prairial – Verveine

Verveine rêvée,
reine ivre, venin en verre,
venin vénérien.

( Bernard Maréchal, beau présent ‏)

16 juin – 28 prairial – Thym

Meute, tête haute,
A tué homme au totem.
O mythe muet.

17 juin – 29 prairial – Pivoine

Epave nippée
VIP a eu pépin
Ni penny ni pain

( Marie-Noëlle Bertrand )

18 juin – 30 prairial – Chariot

Tricheur au tarot
Cache roi, tire atout cœur.
Haro : riche à tort !

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Twittérature

Floréal

On trouvera ci-dessous l’ensemble des haïkus du Sankulipo pour le mois de floréal.

Fin du Sankulipo (avril 2016 )

20 avril – 1 floréal – Rose

    Sérieuse erreur :
    Au soir, assise au rosaire,
    Sœur osa sourire !

21 avril – 2 floréal – Chêne

    Haïe ou choyée ? 
    Icône ou cachée ? Chou ? Ache ? 
    Noun ! Aucun écho. 
            
      ( Annie Hupé ) 

22 avril – 3 floréal – Fougère

    Fourrure ou gruyère,
Gère affaire où griffe égorge.
Grugé : Or a fui.

23 avril – 4 floréal – Aubépine

    Bénie ou bannie ?
    Une année à pouponner.
    Aubaine ou pépin ?

      ( Marie-Noëlle Bertrand )

24avril – 5 floréal – Rossignol

    Le sang ruissela
Ange s’en gargarisa
Goule agonisa

25 avril – 6 floréal – Ancolie

    Nul canal à Nice,
    le ciel a lancé la lune
    lucane inconnue


        ( Annie Hupé )

26 avril – 7 floréal – Muguet

    Matou mégotait…
    Gigot ? Mouette ? Méga miam !
    A goûté à tout.

        ( Marie-Noëlle Bertrand )

27 avril – 8 floréal – Champignon

    Un chêne penché.
Une magicienne mâche
Un pain non coupé.

28 avril – 9 floréal – Hyacinthe

    Chatte tachetée
Achetée un yuan huit
A tué ta chouette.

29 avril – 10 floréal – Râteau

    Erreur ! Atterré,
    tueur a raté artère,
    et tâté urètre…


        ( Bernard Maréchal ‏)

30 avril – 11 floréal – Rhubarbe

    Hobereau bourru
A ri, ébahi ! Hourra :
Bru aura bébé !

Début du Sankulipo (mai 2015) :

1er mai – 12 floréal – Sainfoin

    Sonnée, affaissée,
Faneuse a son infusion.
Finie soif insane.

2 mai – 13 floréal – Bâton d’or

    Barbier dort debout :
A tant tondu, tant natté.
Tout tourne au retour.

3 mai – 14 floréal – Chamerops

    Amère paresse.
Ah ! Reproche remâché
Empêche ma pose.

4 mai -15 floréal – Ver à soie

    O rêve irisé,
Vers susurrés sous osiers
Où sève se verse.

5 mai – 16 floréal – Consoude

    Assise, nouée,
Coud sans cesse, dé dansant,
Dos sec secoué.

6 mai – 17 floréal – Pimprenelle

    La perle opaline
Roule en mer, éparpillée.
Pleure, mariée.

7 mai – 18 floréal – Corbeille d’or

    Délie le rideau :
Bébé, au berceau brodé,
Babille à l’aurore.

8 mai – 19 floréal – Arroche

    Croc accroche hure !
Archer, accouru au cor,
Arrache cœur ocre.

9 mai – 20 floréal – Sarcloir

    Ses sous calculés
Elle a reçu son salaire
O son rire clair

10 mai – 21 floréal – Statice

    Coteau sec, tassé.
    Cesse et sous tes socs, écoute :
    Ici, tout s’est tu.


        ( David Bricout. )

11  mai – 22 floréal – Fritillaire

    Il fera la fête
Falafel et rire fou
La fleur à la tête

12 mai – 23 floréal – Bourrache

    Hère, cherche abri
Car bourreau abhorre cœur.
Broie. Ecorche. Roue.

13 mai – 24 floréal – Valériane

    Levain nourrira,
Vanille ouvrira narine,
Vin réveillera.

14 mai – 25 floréal – Carpe

    Par ce pré carré
Cria père au cœur pourri.
Rapière a percé.

15 mai – 26 floréal – Fusain

    Un faune assoiffé
A fini sa fine au seau.
Sonné, se noya.

16 mai – 27 floréal – Civette

    Ce tacot va vite !
Evite auto, tue cocotte.
Ceci vaut civet.

17 mai – 28 floréal – Buglosse

    La belle logeuse
A laissé l’asile au gosse
Bègue. Il la salue.

18 mai – 29 floréal – Sénevé

    Eau noya vaisseau.
Voisin sauva son neveu.
S’envasa sans vie.

19 mai – 30 floréal – Houlette

    L’huile, l’eau, le thé.
Louloute tête le lait.
Il lit, étalé.
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Oripeaux

Empédocle

Paradait, prince à dix balles.
Rouge habit. Ne reste rien
Qu’une paire de sandales.

Dans le gouffre tellurien
Jeté aux peurs minérales,
N’a laissé, mourant terrien,
Qu’une paire de sandales.

Du penseur aux cheveux longs
Dont les ardentes paroles
Frappèrent tant d’âmes folles,
Dressèrent tant de jalons,
Brillait au centre des salles
Rouge habit. Ne reste rien
Qu’une paire de sandales.

Explorant une contrainte de Jacques Bens, le sonnet irrationnel, dont les strophes ont pour longueurs respectives les premiers chiffres de l’écriture décimale du nombre π = 3,1415…, Gilles Esposito-Farèse a mis au jour une série de sonnets irrationnels forgés sur l’écriture en bases diverses des nombres célèbres (pourvu que l’on obtienne 14 vers). Ici j’expérimente l’écriture de π en base 30 : π = 3,47… et cette forme m’a paru inviter à une forme à refrain, à la façon des rondels d’antan.
Posté sur la liste Oulipo le 16 mars 2021

Oripeaux : Précédent Suivant

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Journal 2014

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31 décembre : A chacun de vous mes vœux sincères pour l’année nouvelle.

Quinze :
Qu’il t’enlumine l’univers,
Qu’il reluise d’un ciel sublime,
Qu’il feutrise pluvieux hiver
Quiet, qui ne nuise sur cime.

Quinze :
Puisses-tu tirer d’un vieux livre
Un vin né du riz et du miel
Qui rend surpris le furieux ivre.
Utile cuite, un bien d’Uriel !

Quinze :
Fruit des nuits, le gui s’est mûri ;
Pendu il réunit les druides.
Qu’il te guide d’un fil fleuri.
Ressurgis neuf, libre, lucide.

Ouvrir la page du poème.

25 décembre : Le tautavent s’achève: ses 26 tautogrammes ont occupé la période de l’Avent. Il s’achève sur le vœu suivant:

Ayez bon cœur, donnez encore, faites grandir heureux instinct, joyeux korrigans, lutins merveilleux : Noël opère paix qui règne sur tout univers. Vivez week-end xénophile, yeux zen.

30 novembre : Début de l’Avent. Un calendrier d’inspiration oulipienne commence aujourd’hui sur ce site.  Le texte du jour figure en en-tête, l’ensemble des textes dévoilés se trouve sur la page du Tautavent.

26 novembre : Il y a quarante ans, Simone Veil présentait le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Un pantoun :

Veil fit ce métier de ministre
En dépit des cris et rejets
Femme ris de l’hiver sinistre
Fière chéris les vents légers

18 novembre : L’exposition «Oulipo, la littérature en jeu(x)» a ouvert ses portes. Elisabeth Chamontin l’a signalé par le bel alexandrin  «Le quatrain était hier à l’expo Oulipo». A cette occasion :

A l’expo d’Oulipo :
Pôle où expie l’ado
Polit doxa loupée.
Hop ! L’ode, ou pâle exil.

(Le dernier vers est en clinamen : trois sons «l».  On pourrait mettre «Hop ! L’ode ou pas, exil.» Le maintien du vers à trois «l» est assumé).

13 novembre : Mort d’Alexandre Grothendieck, mathématicien majeur de notre temps. Un pangramme :

Faxez, web : Grothendieck mort, qu’y jouent pluies et vent.

Ajouté au recueil Le prix de la vie. Voir la page de ce texte.

10 novembre : En ce jour anniversaire de la mort d’Arthur Rimbaud, cette contribution  un peu spéciale à l’Oulipien de l’année rubrique que le site Zazie mode d’emploi consacre à Marcel Bénabou :

Rimbaud futur

Les voyelles que je n’ai pas écrites
– Noir corset bien velu des mouches qui bombinent
– Roi blanc tout frissonnant sous un brouillard naïf
– Pourpre du sang craché, lèvres dans la colère
– Divin cycle vibrant, rides des mers virides
– Suprême saquebute, étrange errance d’anges
Que cela quelque jour soit dit, elles sont comme latentes.

Elles naissent dans les mots, dans les groupes de mots, dans les phrases. Mais il y a tant de puanteurs cruelles, elles sont prises dans de tels pâtis semés d’animaux, que moi-même, malgré mon front studieux, n’ai pas réussi à en imprimer l’alchimie.

Les mondes me paraissent traversés de silences, ce qui fait de mon ivresse une longue pénitence, dans les rayons violets de tous ces yeux inexplicablement privés des voyelles omises.

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9 novembre : En mémoire d’un jour où l’on espéra, petit quatrain monovocalique :

Sur mur
Chu mûr
Plut dru
Rut cru !

18 octobre : Honoré de figurer dans le livre « Une poignée de pierreries« , collection de pantouns francophones constituée par Jérôme Bouchaud et Georges Voisset. Voici, pour fêter cet événement, un pantoun inspiré par le titre du livre, dédié à ses auteurs :

Pierreries

De pierreries semées sur ses cheveux de jais
Elle ouvre à mon regard la profonde lumière
Quelques graines d’amour aux hommes ravagés
Ferment des plaies la lèvre et renaît l’âme fière

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15 octobre : La liste Oulipo est rétablie grâce au travail magnifique de Nicolas Graner, Philippe Bruhat et David Verdin. Très heureux et soulagé, je marque l’événement par une morale élémentaire :

 école normale    services bons et loyaux    administration supérieure 
                         serveur arrêté 
 
 années longues      messages archivés          oulipotes listés 
                       reprise improbable 
 
raisons diverses      temps nécessaire         situation abrupte 
                      échanges déconnectés 
 
                         migration 
                         sur le temps 
                         libre 
 
                         Oulipo 
                         renaît 
                         enfin 
                         grâce à 
 
Philippe responsable   Nicolas secrétaire      David sympa 
                          un merci radieux

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30 septembre : La connivence internationale a favorisé la fulgurante apparition d’une organisation sanguinaire se parant des couleurs de la religion. Les lignes ci-dessous manifestent ma compassion envers cette religion qui n’est pas la mienne mais que je vois mutiler d’une façon qui m’horrifie.

A la religion de la paix
Des savants ont greffé des crocs
Des griffes à ses doigts sacraux
L’ont contrainte au sanglant souper

Pleurez ce beau corps mutilé
Partagez sa honte et sa peine
Retirez le masque de haine
Rendez-lui le ciel étoilé

11 septembre : La liste Oulipo vient de disparaître subitement fin août pour une raison technique. Face à ce coup du sort, quoi de plus approprié qu’une belle absente ?

Oh vite la revoir

Non, que jamais trépas ne fauche vos bonds d’anges,
Vous fantasques pêcheurs dans l’ajonc gambadant,
Jetant votre fil blond qui plonge au charme ardent
Qu’a le fleuve jonché d’improbables mélanges,
D’un maquis surplombant champs, vin, fragrant jardin.

Jeux, marquants graffiti, pleuvent en chants bien drus
Dont qat semble à l’envi plagier charme et joie forte.
Joutes, fresques, beaux vers, choux gras : pas de main morte
N’y vont choquants jongleurs, bardes frappant mots crus.
Quel fracas vient brusquer ce chœur, majeur gadin
Qui mâche, griffe, abat, jaspes et lavandin.

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14 juillet : En ce jour de fête nationale, je m’interroge sur les multiples tentatives, jusqu’ici infructueuses, de modifier les paroles de la Marseillaise. Comment procéder ?
La devise de la France, avec ses trois beaux mots, est un magnifique exemple de trivocalisme. Or le nom même de « France » est basé sur deux voyelles : une idée ne serait-elle pas de chercher du côté du bivocalisme ? Voici une tentative ajoutée dans le recueil Ouvrir :

Une autre Marseillaise

enfants des terres fraternelles
le grand appel s’est élevé
relevez les manches rebelles
détachez l’esclave entravé
détachez l’esclave entravé
entendez le chant d’espérance
scandé par les halls par les champs
le brave se lève arrachant
la gangrène et s’exalte la France

venez les affamés massés en rang serré
marchez marchez tête levée c’est la grande marée

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3 juillet : Je ne sais pourquoi, j’ai eu envie ce matin, sur une contrainte actuellement à l’étude sur la liste Oulipo, d’écrire ce petit poème  qui ne vise presque personne :

le bateleur

il nous mène en pansway
montre en télé dolby
son bureau regency
parle en parfait dandy
la gouaille d’un jockey
la dégaine goofy
un petit air groggy

il nous mène en dinghy
nous dit c’est ainsi y
croirez-vous c’est vrai j’y
fus traité tel husky

nous roule en chantilly
nous déhanche un shimmy
qui vaut pas un penny
comme on vend un sextoy
comme on gruge  papy

ses ergots de coq y
furent cuits au curry ?
il faudrait un bon psy
quand confond penalty
et danse de Saint-Guy
quand dollar ou lev y
devient oeuf de Longwy

chez lui reste sexy
sa cour sa gentry y
vénère star jazzy

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30 juin : Je découvre l’édition 2014-2015 de l’opération « Dis moi dix mots ». La liste de cette année se compose de mots empruntés aux langues étrangères : amalgame (arabe), bravo (italien), cibler (de cible, alémanique suisse), grigri (utilisé en Afrique et dans les Antilles), inuit (inuktitut), kermesse (flamand), kitsch (allemand), sérendipité (anglais), wiki (hawaïen), zénitude (de zen, japonais). Doutant de la possibilité de faire quelque chose avec un pareil attirail, j’ai fait ce petit essai, tout en plaignant les professeurs qui les années précédentes firent merveille avec leurs élèves :

Sérendipité

Que voulait dire au fait ce mot tant répété
Dans la grande kermesse aux jargons à la mode :
Sérendipité,
Brandi tel un grigri dans les salons de thé
Par les collectionneurs de parlers incommodes ?

Voulant me renseigner aux merveilleux wikis
J’ai tapé plein d’espoir sur mon clavier tactile
Sérendipité.
Las j’avais mal ciblé. Sur ce vocable exquis
Je n’eus comme retour qu’un contrepet futile.

Mais au détour du web, mystérieux amalgame,
Cherchant en vain le sens de cet étrange mot
Sérendipité,
Je découvris au coin d’un site à large gamme
Qu’il faut dire Inuit et non point Eskimo.

Mon Dieu je suis troublé dedans ma zénitude
Par ce renseignement auquel je dis bravo !
Sérendipité
Peut attendre demain. J’abandonne l’étude
Des mots kitsch… Le Grand Nord a conquis mon cerveau.

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27 juin : Je trouve un message de Géraldine Camile, Chargée de collections pour le Dépôt légal numérique à la Bibliothèque nationale de France me disant « Je vous confirme que votre site talipo.fr a été collecté ainsi que les textes présentés sur ce site le 1er juin 2014. La qualité des archives est bonne avec plus de 3 200 URL collectées. Vous pouvez consulter les archives dans les salles de recherche de la Bibliothèque. » Emerveillé par le travail d’archivage colossal réalisé par la BnF, je lui dédie ce quatrain:

L’œuvre qui se construit s’archive vers à vers
Grâce au travail patient qui collecte sans trêve.
Honneur à ceux par qui, prose ample ou ligne brève,
S’offre la création, flambant trésor ouvert !

29 mai : 150ème anniversaire de la Croix Rouge.

Hommage à celui qui ose
Ecouter son émotion
Et crée bravant les psychoses
Pour secours sans exception
La belle organisation

28 mai : L’Ouvroir de Littérature potentielle a coopté à l’unanimité
deux nouveaux membres, tous deux hispanophones, l’écrivain argentin Eduardo
Berti et l’écrivain espagnol Pablo Martin Sanchez. Pour fêter ça, un girondeau de dessous les fagots ajouté dans le recueil Oripeaux:

Berti, Sanchez

Berti, Sanchez (Eduardo, Pablo Martin)
Un jour furent pris dans le labyrinthe
D’Oulipo. Ce périlleux destin,
Que plus d’un fuirait avec crainte,
Ils l’épousent diamantins,
Mettant pieds en l’empreinte
De Pères mutins
Berti, Sanchez
Sous astreinte
Contrainte
Tint

Ouvrir la page du poème.

25 mai : Elections européennes. Les craintes se confirment. Cette strophe s’ajoute dans le recueil Ouvrir.

Dépression

Ce soir je suis un gnafron
Qui regarde avec effroi
L’approche d’un large front
Portant la vague de froid
Pluie viens laver cet affront
A l’honneur de mon beffroi
Ce soir je baisse le front

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22 mai : 5000 ! Un peu plus de deux ans après son ouverture, le site Talipo a reçu aujourd’hui sa cinq millième visite. Je suis très heureux de votre bon accueil et je souhaite à tous beaucoup de joies poétiques.

10 mai : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Un poème suivant la contrainte du bel absent:

Esclave, bel absent

Au champ jusqu’à la mort ils vont fauchant grains blonds.
Qui voit, au joug, l’homme perdu bêchant la fange ?
Visage aux joues de plomb, hère fantomatique,
Qu’on vend en groupe au troc, jambe enchaînée de fers.
Vient un jour blême un fruit gris qui pend, déchiré
Par des juges moqueurs dont blancheur se fait meurtre.
Aux ports marchands, joyaux qu’un gain blafard viola.

Ouvrir la page du poème.

6 mai : Oukaze interdisant les expressions grossières dans les arts et les médias. La strophe ci-dessous vise à se conformer à ce vertueux édit:

Talipo, c’est infect,
Contre toute décence,
Poutine, écrit, abject,
De grossières sentences

Note: Le lecteur tenté de déplacer ou changer les signes de ponctuation pour faire surgir quelque sens second de ce texte est avisé que de telles modifications sont tout à fait inutiles.

1er mai : Le lipoméride, après un an d’existence, s’achève pour être remplacé par un nouveau projet, le Zodianku

8 avril : Cela fait un an que mon compte sur twitter est ouvert. A cette occasion un twoosh (texte en 140 caractères):

un an de tweet aujourd’hui
oh tous vous m’avez séduit
amis en twittérature
anniversaire joyeux
du jour où fou furieux
entamai cette aventure

24 mars : En réaction au résultat des élections municipales:

Entre les fronts fuyants et le front de la haine
Des hommes affolés votent le déshonneur
Mars où rose fanée s’embrunit de malheur
Mars automnal bêchons semons une autre graine

23 mars : Premier tour des élections. Un pantoun :

Fatras de bulletins en tas
Scellés dans l’urne transparente
La vie se délite en quantas
M’ouvrant une marelle errante

21 mars : Le salon du livre ouvre ses portes. Ne pouvant y rôder, je me console avec ceci:

Là m’édite. La médite, l’âme dite.
Mot étalé, motet, ale, m’ôte, talé.
Livre livre l’ivre.

20 mars : C’est l’équinoxe ! Pour la fêter une petite médaille, à la façon d’Annie Hupé:

baiser du printemps
du bourgeon l’odeur légère
sur ma lèvre empreinte

15 mars : Honoré d’avoir été invité à participer au numéro 10 de la Revue Pantouns, revue française consacrée à cette forme poétique de Malaisie, avec le pantoun twoosh suivant:

Pêcheur qu’emportent les océans
Après treize mois la voix étrange
Qui longtemps plonge au froid du néant
Entend la musique bleue des franges

Pour l’occasion, sur une idée de @RevuePantouns voici un second pantoun lipogrammatique sur les voyelles du mot « pantoun »:

Sur l’atoll dormant court
Un paon au long dolman
D’art fol ornant sa cour
Tout brûlant va l’amant

8 mars : Journée internationale des droits des femmes. Une strophe m’est venue:

au cours d’une journée
la parole est donnée
la route illuminée
puis à la nuit sonnée
commencera l’année

28 février : le lipoméride vient de boucler son dixième mois. Une petite terine twoosh :

un lipogramme
de jour en jour
depuis dix mois

larmes émoi
merveille ou drame
y font séjour

de fin le jour
vient dans deux mois
du lipogramme

21 février : 111 ans. Quand en royaume ?

(anniversaire de Raymond Queneau)

17 février : Le site Oulipo vient d’adopter un nouveau look.

Quand le cétancodonte aime à brouter ailleurs
Renouvelant son stock de piquante pitance
Quand le fleuve perdu se détourne railleur
L’Oulipo de son site avive la prestance

L’hippo change de houx
Pô (où ?) change de lit
Ouli change de peau

15 février : Bon anniversaire à Gilles Esposito-Farèse, éminent membre de la liste Oulipo. A cette occasion lui a été offert aujourd’hui le Blogef, un ouvrage collectif auquel j’ai contribué avec  «Poésie : l’or faste glisse», poème écrit sous la contrainte harmonique et accompagné d’une partition musicale.

14 février : En cette Saint Valentin, cette strophe dédiée à tous mes amis mal voyants:

La fête est si belle aujourd’hui
Pour ceux dont la vue n’est pas claire
Car nous chantons d’un chœur célère
Le juste Valentin Haüy

Et cette autre:

L’amour est un fleuve puissant
Qui avance en de longs méandres
Parmi les glaces et les cendres
Vers le soleil en rougissant

10 février :  Monique Le Pailleur nous a quittés le 27 janvier. Pour celle qui vit encore dans les cœurs j’ai déposé sur son site cette strophe écrite selon la contrainte du « jeu de la vie »:

Monique Le Pailleur
Qu’on grave le mémorial
Car une reine du songe
Repart et le vent filant suit

7 février : Ouverture des jeux olympiques de Sotchi. A cette occasion une clotilde ajoutée au recueil « Ouvrir » :

la flamme noire de sotchi

le despote et le sportif
au bord d’une mer en larmes
oublient le soupir furtif
des anneaux passés par les armes

tombe neige sur le sang
des hommes qu’on emprisonne
qu’on assassine et crissants
skis glissent et stade résonne

de la flamme de la paix
qui brille aux yeux de l’athlète
la fumée d’un noir épais
noie le ciel le rire s’arrête

Ouvrir la page du poème.

1er février : le « lipoméride » a clôturé son neuvième mois de lipogrammes quotidiens. Il court toujours !

29 janvier : Mort de Cavanna. Ce poème est ajouté dans le recueil Le prix de la vie :

A Cavanna va ma stanza !
Parla sans fard, grand sans fatras.
Ah pars, hagard, va ahanant.
Mal tant fatal tant s’acharna,
N’abattant pas manant flambant,
Chantant, bravant, dardant chacals.
L’art s’amarra à ta saga.

Ouvrir la page du poème.

27 janvier : Mort de Pete Seeger. Exceptionnellement le lipoméride de demain mercredi a été envoyé dès aujourd’hui :

mercredi – j’entends Pete Seeger le vent se lève et mes lèvres répètent les déferlements espérés de mes frères rebelles

21 janvier : (information découverte le 27 janvier) Un faisceau d’antimatière a été créé pour la première fois. Voir le site de Guy Doyen. Ceci vaut bien la petite célébration que voici:

illuminés d’antimatière
j’ai vu des mondes inversés
qui connaissent d’autres versets
à l’Eden la Mort trône altière

21 janvier : C’est paraît-il aujourd’hui journée internationale des câlins. Pour l’occasion cette « médaille ». Il s’agit d’une forme de haïku, due à Annie Hupé, dont les derniers mots des vers courts se répondent par inversion :

joli jour d’hiver
où les câlins sont gratuits
et la rue verdit

16 janvier : Comme chaque mois le «jeudi de l’Oulipo». Cette année ces séances ont chacune pour thème une partie du corps, cette fois-ci le dos. Pour l’occasion une petite terine.

quenine d’un jeudi

Une rumeur qui sort d’où
Vient me tirer de mon lit
Moi qui suis sourd comme un pot

Ne tournons autour du pot
Vite à l’auditorium où
L’on fête l’Ouvroir qui lit

Ses mots coulent dans le lit
D’un torrent d’encre chaude où
J’emplirai mon petit pot

Ouvrir la page du poème.

9 janvier : Anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir. A cette occasion, un poème est ajouté au recueil Ouvrir. Ces lignes sont composées suivant la contrainte du jeu de la vie.

On ne naît pas femme, on le devient
Fruit de rage en elle régénère
La joie de finir l’instinct vil vient
Teuf osée ton poison ton tonnerre
Mit la femme hors joug brut jovien

Ouvrir la page du poème.

1er janvier : Meilleurs voeux pour cette année 2014 ! Dans le lipoméride dont les lipogrammes quotidiens se poursuivent depuis huit mois, on trouve à la ligne du mercredi premier janvier :

en ce temps premier plein de liesse
je l’espère verrez venir
liberté rires et tendresse
éveil des rêves et désirs

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5 décembre : Mort de Nelson Mandela. Cet hommage a été ajouté au recueil Le prix de la vie. Il  respecte la contrainte du beau présent.

Que le présent soit beau

O la lame de l’onde a donné l’élan mâle
Soldé les démons de sa lande désolée
Son nom sonna le la de danses en sandale
Old man somnole son âme à son sol mêlée

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1er décembre : le « lipoméride » a clôturé son septième mois de lipogrammes quotidiens. Il court toujours !

25 novembre :  Une triple terine à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

les yeux

tu as regardé ses yeux
qu’un khôl sertissait de noir
passé gourmette à son poing

comme épervier à son poing
la regardais dans les yeux
la nuit parliez dans le noir

tu mis un bel habit noir
pour l’anneau s’ouvrit ton poing
larme de bonheur aux yeux

mais d’où viennent dans ses yeux
qu’embrume un nuage noir
ces sanglots qu’essuie le poing

tu emprisonnes son poing
tu lis la peur dans ses yeux
tu l’enfermes dans le noir

honteuse du cerne noir
qui lui rappelle le poing
la douleur le sang aux yeux

plus d’étincelle à ses yeux
l’horloge égrène le noir
des jours que rythme le poing

ne sachant rouvrir le poing
ne la cherchant plus des yeux
tu peins la maison en noir

vois-tu dans le miroir noir
que tu brises de ton poing
la mort qui sourit des yeux

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20 novembre : Journée internationale des droits de l’enfant. A cette occasion un nouvel ajout au recueil de poèmes pour enfants Fête de linotte :

Ma rivière

Ma rivière au creux de son lit
Bercée par l’orage et la pluie
Dans l’automne aux arbres jaunis
S’assoupit en chien de fusil

La neige à son rêve frileux
Offre son édredon moelleux
Que le lièvre d’hiver joyeux
Décore de ses traces bleues

Elle s’éveille en souriant
Au rire des merles bruyants
A l’odeur des fleurs du printemps
Quand les bourgeons s’ouvrent au vent

Ma rivière fraîche en été
Danse au milieu des champs de blé
Dont les grains se gonflent dorés
J’aime son murmure enchanté

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Rappel: l’an dernier un poème avait été composé pour cette journée: Traits d’union, mis sur le site de la journée internationale.

31 octobre : déjà six mois de lipogrammes quotidiens dans le « lipoméride » !

7 octobre : Dans le lipoméride il y eut une semaine des religions en août.
Aujourd’hui débute une semaine des véhicules.

1er octobre : Le quatre-san-ku, un petit amusement chambérien, variante contrainte du haïku. Ci-dessous un exemple parmi les essais envoyés au cours du mois de septembre sur la liste Oulipo.

Pope pop épié.
Oie pipée, pipo pépie.
O pie épopée !

Retrouver les autres essais sur la page quatre-san-ku

17 septembre : un anniversaire très particulier. Le 17 septembre fut la date des accords de Camp David puis, quatre ans plus tard, la date du massacre de Sabra et Chatila. Ce sélénet placé dans le recueil «Oripeaux» est une façon de me souvenir.

l’ombelle

Que tu étais belle
Que le ciel brillait
La gracieuse ombelle
Nous émerveillait

Ta voix que j’écoute
Dans mes nuits toujours
Réveillait la voûte
Où l’astre a séjour

Cette fleur rebelle
Poison persillé
A taillé gabelle
M’a déguenillé

L’amour en déroute
Vit son dernier jour
Saignant goutte à goutte
Par un sombre ajour

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11 septembre : Mort d’Albert Jacquard. En réaction ce poème en bel absente, placé dans le recueil «Le prix de la vie».

Pleine vie

Qu’œuvre au beau changement, dans l’espace fragile,
Le gène, objet d’espoir qu’homme fit découvrir ?
Holà ! Magie fantasque, enjeu bien près d’ouvrir
Possible hiver grimaçant, fol jeu d’imbécile.
D’ample jabot, vocifère grand chant des coqs
Pour qu’éveil gifle bien chenus et jeune monde.
Flippant des blêmes vies qu’il juge chose immonde,
Brave flegme à chaque injustice porte estoc.

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28 août : Cinquantième anniversaire du discours de Martin Luther King « I have a dream ». Voici en son honneur un homosyntaxisme sur le texte de Jacques Jouet proposé cette année pour l’exercice « l’oulipien de l’année » sur le site Zazie mode d’emploi :

Le rêve

– La peur… Quand nous aurons fait un rêve, nous ne pourrons plus avoir la peur. Quand il y a le rêve, il n’y a plus que le rêve qui triomphe. Le rêve est un libérateur. Ce jour, regardez, l’homme a brisé toutes ses chaînes pour toujours ! Il a étalé sur la rue des pétales de roses, avec une fontaine vivifiante en geyser d’eau fraîche. On n’en est que plus ébloui, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, vient la lumière et des flots de lumière ! C’est vrai qu’il manque l’argent, mais l’homme n’est pas mal non plus comme projet de plénitude. On ne s’attendait pas à connaître une lumière aussi vive, et peut-être aussi décapante. Regardez cette couleur, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’accuse plus, s’il faut en croire les certitudes du cours de l’histoire.

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18 juillet : Alleg, Mandela – Une clotilde en ce jour où se croisent deux destins.

Alleg, Mandela

l’algérien et l’africain
deux résistants visionnaires
de l’un fête anniversaire
le second meurt jour arlequin

deux combats double mémoire
au prix d’années de prison
tortures et trahisons
pour que bascule enfin l’histoire

en ce jour de souvenir
le faible oublie sa faiblesse
l’humilié perd ce qui blesse
l’enténébré voit l’avenir

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16 juillet 1942 : rafle du Vel d’Hiv. Poème composé en ce jour anniversaire.

vel d’hiv

vel d’hiv
vent gifle
haine ivre
dents clivent

vel d’hiv
vieux vice
livides
veules suivent

vel d’hiv
vertige
livre veuf
feu vif

vel d’hiv
vielle juive
ciel vide
ailes vivent

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30 juin : Dans le lipoméride, un nouveau mois complet de tweets poétiques.

26 juin : aujourd’hui centième anniversaire de la naissance d‘Aimé Césaire. A cette occasion un sonnaïku ajouté dans le recueil Le prix de la vie.

danse

danse homme debout
piétine ce qui méprise
rejette ce qui dégrise
danse jusqu’au bout

refus du hibou
des paroles de traîtrise
des larcins en veste grise
du poison qui bout

danse bras ouverts
respire la plénitude
tu sors des travers

invente des vers
et rends à la négritude
place en l’univers

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21 juin : C’est l’été, c’est la fête. Joignons notre couplet:

c’est la fétuque âme de lis
c’est la mue d’elfe que tais
c’est la quête de fil à muse
c’est la fête de la musique

14 juin : Il y a un an aujourd’hui, j’annonçais sur la liste Oulipo la naissance du site Talipo. Fêtons cet anniversaire avec ce poème en bigollo , l’une des formes et contraintes qui ont vu le jour sur ce site.

déploiement

l’aventure aux jours chauds s’est envolée
mon arbre était enfin couvert de fleurs

c’est un vol
chatoyant de fleurs
qu’enlève un remous du mistral
sur la plaine enfiévrée des strideurs des sauterelles
dérivant sans crainte au dessus des champs de froment parcourus d’ondes argentées

c’est un arbre
chatoyant de fleurs
enroché dans les fonds magiques
très droit sous le cimier joyeux des guirlandes blanches

c’est un fleuve
chatoyant de fleurs
immobile et sans fin mouvant

un alpage
chatoyant de fleurs
en surplomb

un mois plus tard la Bastille est tombée

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12 juin 1964 : Une journée dans l’histoire.

– Mandela condamné à perpétuité
– Luther King arrêté
– et au Vietnam… lisez Anh Mat « lesnuitsechouees »

Trois hommes unis dans cette même journée, comme dans cette petite terine:

Geôle à vie pour Nelson
Prison contre Martin
Avions contre Oncle Ho

N’ont pas fait plier Ho
Pas bâillonné Nelson
Pas arrêté Martin

On descend de Martin
On hérite de Ho
On est fils de Nelson

11 juin : L’opération « Dis moi dix mots 2013-2014 » est lancée, sur le thème « Dis-moi dix mots… à la folie » célébrant l’invention verbale. Les dix mots sont:

ambiancer
à tire-larigot
charivari
faribole
hurluberlu
ouf
s’enlivrer (1)
timbré
tohu-bohu
zigzag
(1) « être ivre de lecture », néologisme d’un élève de CM2.

Voici une contribution:

Chahutant t’as eu chaud

A tire-larigot rigole augure hilare
Et l’herbe bue brait le bel air hurluberlu
Les lèvres enlivrées lit l’œuvre un livre rare
Fieffé fada fol ouf ô fêlé farfelu
Charrie richards ravis cherchant charivari
Fourbe roublard bouffi faribole élabore
Bête à tohu-bohu tombe tout ébahi
Sans cesser ces beaux sons censés bien ambiancer
Zig gaga dégrisé divague zigzags gores
Abruti trop beurré titubant et timbré

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5 juin : Tout le pays est bouleversé par la mort à Paris d’un jeune étudiant de 19 ans sauvagement agressé par des individus d’extrême droite, en raison de ses idées progressistes. A cette nouvelle le tweet du lipoméride de jeudi a été doublé du suivant :

(deux) Un jeune nervi, triste brute, tue un jeune épris d’idées généreuses. Cité entière, prends le deuil.

17 mai au 6 juin Un poème-feuilleton ! Du 17 mai au 6 juin j’ai écrit chaque jour une nouvelle strophe du poème «Reflets de Liberté». Ce poème est une réécriture du poème de Paul Eluard «Liberté». Cette version est un bivocalisme en e et i.

29 mai :  Honoré d’être cité sur le site Blogs littéraires de Louise andréa. Ce site est une jolie contribution à la promotion de la littérature.

28 mai : Vote de la loi sur l’enseignement supérieur à l’assemblée nationale. Là où des monarques d’ancien régime s’attaquèrent aux faibles et aux démunis, l’actuel président s’en prend aux fondements de nos institutions. Ceci vaut bien une anagramme.

Roi voyou : flairas défuntes chenilles rondes ?
– François Hollande, fossoyeur de l’université.

27 mai : Dans le recueil « Poteries » une nouvelle rubrique consacrée à l’odécaphonisme, une contrainte inventée par Strofka. Basée sur une série de 12 phonèmes vocaliques, à la manière du dodécaphonisme en musique, elle vise à des vers phonétiquement équilibrés. Exemple ajouté aujourd’hui:

Il ne faut vendre ours qu’ont tué seize assommeurs.

ainsi que douze variantes assemblées sur la page « odécaphonisme ».

17 mai : Un poème-feuilleton !

Depuis le 17 mai j’écris chaque jour une nouvelle strophe du poème « Reflets de Liberté« . Ce poème est une réécriture du poème de Paul Eluard « Liberté« . Cette version est un bivocalisme en e et i. En tout 21 strophes sont publiées pendant  trois semaines.

17 mai: Une petite énigme harmonique !

L’air qui a donné le texte ci-dessous est, j’en suis sûr, connu de chacun de vous. Le reconnaîtrez-vous ? Ce poème suit la contrainte « harmonique» . Il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante, selon la clé de correspondance suivante:
la: a,h,o,v
si: b,i,p,w
do: c,j,q,x
ré: d,k,r,y
mi: e,l,s,z
fa: f,m,t
sol: g,n,u
Soit on impose que la consonne débutant la syllabe, soit que la voyelle de la syllabe corresponde à la note chantée.

Nos gorges ce jour rendent grâce
Car la joie vient tout raviver.
La disette et la terreur sourde
Dont étaient meurtris nos tisseurs,
Nos nounous, les chargeurs, les charrons,
Sur nos cœurs droits fondent, plaies douces.
Pourvu qu’en ces jours d’incurie
De ce peuple l’âme grandie
Scande ce chant que l’audace cabre:
Unis, nous déchirons,
Unis, nos nœuds coulants !
Un cri renflé tonne hardi:
Forgeons l’homme de vie.

Cliquer ici pour vérifier votre solution et connaître le titre du poème.

16 mai: Un « haïku à taille de guêpe », sur une idée de Gilles Esposito-Farèse qui a présenté un sonnaïku à taille de guêpe ! Ce haïku est homophone, autant que faire se peut.

Vingt, d’Yvain, d’hie vainc !
Vin, dive: indy vint, divin.
Vain dit: vint d’Yves, hein ?

et son exégèse:

Juste armé d’une dame il serait le vainqueur
Du noble chevalier qu’épaulerait sa suite ?
Dieu du skate il serait, contre une bonne cuite ?
Laissez : ce long babil est d’Yves la liqueur.

15 mai: Le lipoméride s’allonge quotidiennement depuis déjà deux semaines. Chaque jour est illustré par un texte comportant les mêmes voyelles.

14 mai: 2000 pages consultées sur le site Talipo ! Le cap a été franchi cette nuit.

12 mai: Journée internationale de l’infirmière. Métier engagé et courageux dont chacun a maintes fois éprouvé combien il est indispensable. A cette occasion mon premier essai de sélénet intitulé « l’infirmière« .

12 mai: Proposition d’une nouvelle contrainte « harmonique ». Partant d’un air musical, il s’agit d’associer à chaque note une lettre imposée à la syllabe correspondante. Elle est illustrée sur l’air de « Au clair de la lune », par deux sélénets : « Chanson à boire avec modération » et « clinamen à l’harmonie« .

2 mai: Une image de l’UNICEF a été détournée sur Twitter par « La manif pour tous », provoquant une vive mise au point de l’Unicef. J’ai soutenu ce message en ces termes: « Indigné par la manipulation de @LaManifPourTous, je renouvelle à @UNICEF_france mon soutien à l’action menée dans le monde pour les enfants. »

30 avril: Très fier d’avoir été classé premier, ex-æquo avec Frank Evrard, dans le concours Tweetoulipien organisé par Les Livreurs. Il s’agissait d’écrire un tweet, lipogramme utilisant uniquement les lettres figurant dans l’expression “Bal à la Page OuLiPo”. Ci-dessous le texte qui a été retenu, parmi mes trois propositions. Les autres lauréats se trouvent sur le site du concours. Occasion de découvrir l’activité des Livreurs, association consacrée à la lecture à voix haute d’œuvres littéraires : cette mise en honneur de la lecture est une chose que je trouve magnifique. Le concours était organisé dans le cadre du Bal à la Page OuLiPo ce 30 Avril à l’auditorium Saint Germain à Paris, auquel j’espère le plus grand succès.

O la page ailée, alliée à la bougie opale, appela, égale au bel aigle, piège aboli, l’obole épelée où, à l’œil ébloui, a lui l’élégie bleue.

Ce texte est un « twoosh »: il comporte exactement le nombre maximal de 140 caractères.

24 avril: La page « alphaberrations » est enfin complète. Cette collaboration avec Françoise Guichard rassemble des poèmes anagrammatiques formés sur les dix lettres les plus fréquentes (AEILNORSTU) plus une: tous les choix possibles de cette dernière ont été explorés.

17 avril: Démarrage d’un nouveau recueil. La participation à quelques textées organisées sur la liste Oulipo a fait naître quelques textes en prose courts dans le genre « tranche de vie ». C’est l’occasion d’ouvrir le recueil « Chromos » où de tels textes trouveront place. Les premiers textes sont « Varlope et Trusquin » et « Quelques éléments« .

16 avril: « Assez ! » L’appel des Nations unies pour la Syrie. Un poème à cette occasion de forme bigollo.

Syrie

ils sont morts
au milieu de nous
sens leurs doigts raidis qui t’agrippent
vois leur visage noir leurs yeux vides qui te fixent
ils ont mal
au milieu de nous
entends leur souffle qui s’éteint
ils ont peur
au milieu de nous
qui sont ils

Rappelons le poème « Arme lourde, éveil puni » publié sur le même sujet le 19 septembre.

9 avril: Hier mort de Margaret Thatcher. Un petit adieu en forme d’anagrammes:

1- Char gratta mer. – Thé ?

2- T’armer, GATT,  hacher !

3- Ta machette: arrrgh !

8 avril: Journée internationale des Roms. A cette occasion ce poème, un bigollo en acronyme itéré.

rire ouvre marges

rêve ou meurs
renverse ordre morne
rouvre obstiné murailles roides
oublie magisters rageurs oppression mutilante
rues ont mal
renverse ordre morne
rogue oukase médiocre ruine
or massif
renverse ordre morne
reste ô mage

4 avril : Journée internationale pour la défense d’Amina Tyler. Cette jeune Femen tunisienne est menacée de mort. Ci-dessous un acronyme itéré en bigollo:

rite n’y a mal

aidez moi
ils nous auront toutes
yeux lourds effrayantes rumeurs
à mort ils nous assignent tels yaks loups et requins

au matin
ils nous auront toutes
yeux lutés entravées rouées

après moi
ils nous auront toutes
yeux livides

étranglées

répudiées

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3 avril : Suite à la mort du dessinateur Fred cette pièce sur un principe proche de la bouture.

à Fred

perdu le chiffre du code
ouvrant naufrages tropiques
au parfum orthographique
terme échu maudit diacode

et l’explication de sa construction:

      perdu le chif|fre d|u code 
    ouvrant naufrag|es  t|ropiques 
           au parfu|m ort|hographique 
           terme éc|hu  m|audit diacode

25 mars: C’est paraît-il la journée mondiale de la procrastination ! Et si le soleil décidait de ne se lever que le lendemain ? Il faut dire (en quelques anagrammes) qu’il a ses raison, le vieux bouc.

20 mars: Très honoré de recevoir de Strofka ces deux strophes isocèles qu’il a réalisées en utilisant des passages de mes poèmes ! Le premier comporte des vers de deux poèmes du recueil « Fête de linotte« , « Le cheval » et « Le caillou blanc », le troisième utilise des extraits de « il bravo », un poème de « Vagabondages« .

13 mars: Un nouveau pape est élu ! A cette occasion deux poèmes jumeaux avant/après  s’inspirant de la clotilde, forme empruntée par Annie Hupé au poème éponyme d’Apollinaire.

8 mars: Journée internationale de la femme. Occasion du poème « Un jour la femme ? »  adoptant la forme de la morale élémentaire inventée par Raymond Queneau.

24 février : La page « alphaberrations » s’est enrichie. Il s’agit d’un ensemble de poèmes composés par Françoise Guichard et moi sur le principe des ulcérations, anagrammes de la suite de lettres « ulerations » à laquelle on ajoute pour chaque poème une lettre supplémentaire. Nous en sommes à 6 textes sur les 16 possibles.

18 février : Proposition d’une nouvelle contrainte, dite « téléphonique » . Pour l’illustrer, la forme sonate est utilisée pour composer la « sonate à Bell-Meucci » .

11 février : Annonce de la retraite du Pape. En son honneur une innocente effronterie holorime:

Missa est

Le Pape est élu
Le Pape est Pierre
Le Pape bénit : la famille est normale
Le Pape jouit de l’infaillibilité
Le Pape a droit à sa retraite anticipée

Le Pape était lu
Le Pape épie hères
Le Pape, bée, nie la femme : Hyène or mâle ?
Le Pape joue, hideux, lymphe haïe, bile : ite
Le Pape adroit : « Ah, Sartre est anti ? – si paie… »

10 février: un 250ème anniversaire oublié, signalé par Annie Hupé sur la liste Oulipo: « Le 10 février 1763, par le traité de Paris, la France met fin à la
guerre de Sept Ans avec l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal.
Négocié pour le compte de Louis XV par le duc de Choiseul, le traité se
solde par la perte de la Nouvelle-France (aussitôt rebaptisée « The
Province of Quebec »), de la Louisiane et de la plus grande partie des
possessions françaises aux Indes à l’exception des comptoirs de
Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé. » Ceci vaut un petit quatrain anagrammatique:

Louisiane Nouvelle France
Roi nu en faune olé les cliva
Lune force vue a soleil nain
Vanille sucrée, on a fenouil

9 février: Dans un mail à mon ami Marc, qui s’était gentiment payé ma tête en vantant ma « mémoire éléphantesque », ce petit quatrain:

Sonnez trompes en mi cornez doux olifants
Annonçant l’ennemi réveillez nos défenses
Contre ce noir griffon pesons comme éléphants
Chassons-le tels siphon sous le vase d’aisance

4 février: On a retrouvé les restes de Richard III dans un parking. Ce drame élisabéthain vaut bien un pangramme alexandrin:

Voyez coq fameux, joli parking de Bosworth

30 janvier: A l’approche d’une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur,  essai d’un tract en lipogramme: LRU et Fioraso. Et le monovocalisme que voici:

C’t’ LRU, tumulus du Sup, qu’un nul Ubu du cru crut l’humus d’un futur brun, fut un summum du truc cucul, but nul d’un club d’us durs. D’un CHU, d’UFR, du CNU, chut un « Zut ! » cru, mû d’un flux plus dru qu’un jus chu d’un cumulus.

29 janvier: Christiane Taubira, Léon-Gontran Damas, et le musée d’Orsay. La rose et l’odeur, mélange deux nouvelles de ce jour:

27 janvier: Journée doublement placée sous le signe de l’exclusion et de la résistance. D’une part revient la question du Mariage pour tous (voir le post du 10 janvier), d’autre part c’est la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité (informations sur  le site de l’ONU et le site Journées Mondiales). A cette occasion, le poème « pauvre absente à Dora », qui suit la contrainte de la Belle absente sur le nom d’Anne Frank.

10 janvier: Mariage pour tous… Un petit  poème en forme d’anagrammes

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