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Le prix de la vie

silence

le grand arbre
allonge ses branches
du vent les caresse l'archet
il fuse un rondeau joyeux dont les notes scintillent
au pied des montagnes rougeoyantes l'arbre et le vent en secret chantent l'amour
de sa voix claire à cet hymne le rossignol allie sa sereine mélodie et voici l'aurore qui frissonne de bonheur

de la sève
s'étanche la soif
dans les ténèbres de l'humus
la feuille aux oiseaux révèle un monde aborigène
elle écrit dans le ciel les stances d'un mystérieux poème où rire et pleur s'enlacent

fraîche l'ombre
qu'en ces rameaux goûtent
l'écureuil la bergeronnette
qui se cachent se rassurent sautillent s'affairent

mais de l'arbre
s'excave le tronc
de galeries où la mort rampe

vent mauvais
fracas de la chute

puis silence

Ma sœur Jacqueline est décédée le 14 janvier 2026. Pendant une partie importante de sa vie, elle s’est consacrée à la poésie. J’ai composé ce bigollo en pensant à elle. La structure en bigollo est plus visible sur l’image ci-dessous.

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Poèmes accueillis

Diois miroir de Pan

La Combe Noire

Au bois la nuit où tout est seul
La rivière parle à son vide.
Douce noirceur, chante en silence
Dans le songe d’un élan plein.




Le Haut Canal


Visage de cristal, dame de la rivière,
Etrange, étrange fée se mirant sous les eaux
Dans le revers du ciel, à plumage d’oiseau…
- Mais étaient-ce les algues au fil de l’eau légère ?




Le Petit Rossignol


Les prés aux yeux de marguerites
Voltigent de sourires bleus

Les prés aux yeux de scabieuses
Pleurent une alouette enfuie

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu devant sa tombe lors de ses obsèques. Il décrit trois lieux situés dans la commune de Châtillon-en-Diois chère à l’auteure.

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Poèmes accueillis

Armature

   Mes arbres sont morts et leur vêtement n’est pas de ce monde. Les feuilles des arbres ne sont qu’un printemps, leur éternité est dans leur carcasse qui prend son élan selon ce qu’ils sont – toujours différents.

O mes arbres morts ! Ordres pétrifiés d’une force vive ! Arbres de mon âme et de mes poèmes, dont toute harmonie est dans la structure – arbres rigoureux, oublieux du vent dans vos feuilles vaines, dressés vers les hauts de pleine lumière, à peine tordus, aux branches brisées qui s’écartaient trop. Arbres, mon amour se dépouille en vous pour un cri plus droit.

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.

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Poèmes accueillis

Assez j’ai pris une part affouagère,

Assez j’ai pris une part affouagère,
Brûlé mon dû à la hache gagné
L’herbe des champs qui est tant soulagère
Vient le moment qu’il faut l’écobuer.

Faut-il partir aux terres étrangères
Où je n’ai pas de lopin désigné
Sans savoir qui trouvera plus légères
Les mottes fauves après moi remuées ?

Ce n’est pas tant ce qui se perd ou reste
Qui peut compter, si je n’ai pas le choix,
Ni en plein vol la graine, ni le geste

Ni les cailloux en bout de champ lancés.
Mais c’est qu’il fait en cours de route froid
Et j’ai payé ma part de feu assez.

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.

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Les poèmes de Jacqueline

Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. On trouvera dans ce recueil les poèmes de Jacqueline que j’ai pu retrouver.

Assez j’ai pris une part affouagère,

Armature

Diois miroir de Pan