Assez j’ai pris une part affouagère,
Brûlé mon dû à la hache gagné
L’herbe des champs qui est tant soulagère
Vient le moment qu’il faut l’écobuer.
Faut-il partir aux terres étrangères
Où je n’ai pas de lopin désigné
Sans savoir qui trouvera plus légères
Les mottes fauves après moi remuées ?
Ce n’est pas tant ce qui se perd ou reste
Qui peut compter, si je n’ai pas le choix,
Ni en plein vol la graine, ni le geste
Ni les cailloux en bout de champ lancés.
Mais c’est qu’il fait en cours de route froid
Et j’ai payé ma part de feu assez.
Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.