Mes arbres sont morts et leur vêtement n’est pas de ce monde. Les feuilles des arbres ne sont qu’un printemps, leur éternité est dans leur carcasse qui prend son élan selon ce qu’ils sont – toujours différents.
O mes arbres morts ! Ordres pétrifiés d’une force vive ! Arbres de mon âme et de mes poèmes, dont toute harmonie est dans la structure – arbres rigoureux, oublieux du vent dans vos feuilles vaines, dressés vers les hauts de pleine lumière, à peine tordus, aux branches brisées qui s’écartaient trop. Arbres, mon amour se dépouille en vous pour un cri plus droit.
Pendant une partie importante de sa vie, ma sœur Jacqueline Bernard s’est consacrée à la poésie. Ce poème de Jacqueline a été lu lors de ses obsèques.